Nicolas Dupont-Aignan invité de Guillaume Durand sur Radio Classique-LCI
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Questions et réponses
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- 1:04OuverteRéponse directe
Est-ce que vous avez l'impression que c'est un peu quand même la pratique de tous les grands dirigeants du monde ?
- 3:00OuverteRéponse directe
Est-ce que vous trouvez que le fait que François Hollande ait remis une Légion d'honneur discrètement au patron de Qatar Airways est un mauvais signe ?
- 4:13RelanceRéponse partielle
Je vais vous dire ce qui me choque beaucoup plus encore.
- 6:22OuverteRéponse directe
Cette affaire d'Uber, vous savez qu'on a beaucoup dit qu'en France, on manquait de taxis... Est-ce qu'il faut être solidaire des taxis classiques ?
- 8:36RelanceRéponse directe
François Hollande, cette semaine, j'ai regardé les déplacements. Qu'est-ce qu'il propose pour relever la France ?
- 10:47FerméeRéponse directe
Est-ce que vous êtes pour la suppression du RSI ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:22Invité politiqueFait
« parle évidemment de cette campagne pour les régionales et aussi de l'actualité avec ce voyage de Manuel Valls à Berlin qui ne passe pas. »
- 1:07Invité politiqueFait
« que c'est un peu quand même la pratique de tous les grands dirigeants du monde ? »
- 2:18Invité politiqueFait
« Angela Merkel est venue en France pour une finale de la Ligue des Champions féminine pour un club allemand. »
- 3:25Invité politiqueFait
« Oui. Très mauvais signe. »
- 6:08PrésentateurChiffre
« Ce pays a 300 000 habitants, ce pays investi, c'est pas ça qui me choque. »
- 9:20PrésentateurChiffre
« Cette directive, il y a 500 000 travailleurs détachés en France, roumains, polonais. »
- 11:10PrésentateurChiffre
« 75% des Français ne veulent plus de Hollande. 72% des Français ne veulent pas voir Sarkozy. »
Temps de parole
- Présentateur68 %
- Nicolas Dupont-Aignan22 %
- ?8 %
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7h30, 9h, la matinale de Radio Classique avec Guillaume Durand.
L
'invité politique sur Radio Classique et LCI.
Je
suis ravi de vous retrouver, il est inutile de présenter Nicolas Dupont-Aignan.
On
parle évidemment de cette campagne pour les régionales et aussi de l'actualité avec ce voyage de Manuel Valls à Berlin qui ne passe pas. C'est ridicule de le critiquer ou il y a un fond de justification pour vous
?
Bonjour Guillaume Durand. Bonjour. Écoutez, je crois qu'il
y a
un fond de justification. En fait, ce qui est inquiétant,
c
'est de se dire qu'à un certain niveau, tout à coup, ils pètent les plombs. C'est-à-dire, je veux aller voir un match à Berlin en plein congrès socialiste, je prends un avion de la République. Voilà, c'est ça qu'on se dit. Et quand on voit l'état du pays, mais il y a 15 jours, Nicolas Sarkozy prenait un avion pour aller au Havre. Et sa voiture suivait pour faire 300 mètres à
l
'arrivée du Havre. Enfin, tout ça, on se demande
s
'ils vivent dans les réalités. Ce qui
est
plus grave...
Est-ce que vous avez l'impression
que c'est un peu quand même la pratique de tous les grands dirigeants du monde ? Vous voulez quoi qu'ils fassent quoi ? Du vélo ? De la
patinette ? Non, ce n'est
pas ça. Mais écoutez, quand le général de Gaulle payait ses factures d'électricité à l'Elysée, il y avait une certaine éthique. Je ne dis pas. Je ne crois pas qu'il faille en faire l'affaire d'État. Mais ce qui inquiète, je crois, ce n
'est
pas qu'il aille à Berlin en avion. C'est que s'il est capable de ne pas comprendre
qu
'il n'a pas à prendre un avion de la République pour aller voir un match de foot et se faire plaisir, qu'est-ce qu'il va faire dans sa vie professionnelle ? Vous voyez, c'est plutôt ça, je crois.
Mais
lui, il dit « je travaille ». Il travaille, il
va
falloir arrêter. Il avait envie d'aller voir. D'ailleurs, s'il avait reconnu les choses en disant « oui, j'ai commis une erreur, j'avais envie d'aller voir ce match de foot ». D'ailleurs, ce n'était même pas l'équipe de France. S'il avait été soutenir l'équipe de France, à la rigueur. Mais voilà, bon, maintenant, je pense que dans la vie, il faut
toujours reconnaître ses erreurs. Mais ce n'est pas l'impression
que dans ce contexte-là, on peut passer, nous les Français, comme un pays dérisoire qui s'attache
à l'équipe. Mais non, parce que jamais dans les pays anglo-saxons,
jamais dans les pays anglo-saxons, jamais en Allemagne, jamais dans les pays scandinaves, jamais en Suisse, vous auriez ce type de comportement. Donc, ce n'est pas... Je crois qu'il ne faut pas en faire l'affaire d'État, mais il faut rappeler à nos élus qu'en période de crise, on doit s'attacher à être exemplaire.
Angela Merkel est venue en France pour une finale de la Ligue des Champions féminine pour un club allemand.
Oui, mais c'était un club
allemand. Là, ce n'était pas un club français, que je sache. Barcelone,
c
'est en tourne. Le premier ministre de la République peut aller défendre les couleurs de la France, mais il n
'a
pas à se faire plaisir avec
les finances de la
République. Maintenant, moi, je ne
vais
pas l'accabler. Je dis simplement qu'on ne peut pas d'un côté reprocher à Nicolas Sarkozy de faire ça et ne pas dire la même chose. Je l'ai reproché à Nicolas Sarkozy. Je n'aime pas cette conception du pouvoir. Je le reproche autant à Manuel Valls. Mais il y a des choses très importantes qui se passent aujourd'hui dans le pays. Le chômage, la misère. Et c'est de cela qu
'on
peut parler.
Donc, au fond, finalement,
Debout la France est un peu sur les valeurs de l'éthique des pays du Nord. Oui. Les premiers ministres en vélo, les petits bureaux.
Non, mais ne pas passer d'un excès à l'autre. Un peu de sobriété, l'exercice de ses fonctions, le respect du peuple. Voilà. L'excès, dans tous les sens, est mauvais. Est
-ce que vous trouvez que le fait que François Hollande ait remis une Légion d'honneur discrètement, semble-t-il, au patron de Qatar Airways est un mauvais signe ? Oui. Très mauvais
signe. Parce que pour moi, de toute façon, les Légions d'honneur qui sont distribuées comme ça aujourd'hui, depuis des années, ce n
'est
pas la faute de Hollande ou d'un autre. La Légion d'honneur, c'est quand on rit sa peau. La Légion d'honneur, c'est quand on apporte
quelque chose. C'est vrai
qu'on les donne à n'importe qui, maintenant.
Je ne dirais pas ça, je ne
veux pas vexer les
récipiendaires. Mais moi, j'ai une autre conception de la Légion d'honneur. Vous voyez, quand on a des soldats qui se font tuer au Mali, quand on a des personnalités qui apportent énormément
à la France sur quelque chose. Mais ce
n
'est
pas parce que le Qatar achète des avions qu'on va lui donner la Légion d'honneur. C'est sans fin. C'est sans fin. Alors, revenons à l'esprit de la Légion d'honneur. Mais là aussi, vous allez trouver que je suis ringard, un peu
réactionnaire. Non, mais par exemple, ça a
furlé Philippot, qui considère
qu'il n'est pas protégé.
Il considère qu
'il
n
'est
pas protégé, après des propos, d'ailleurs, qu'il a tenu ici même contre le Qatar. Et que, de l'autre côté, il y aurait une version...
Je vais
vous dire ce qui me choque beaucoup plus encore.
Parce que la grande question, c
'est
la question politique. Est-ce que le Qatar est un danger pour la France ou un investissement productif pour la France ? Philippot dit que
c
'est un danger pour le pays, danger pour
la sécurité, danger
pour le terrorisme. Philippot en fait un peu trop dans un sens. Vous allez me trouver très normand ce matin. Ce qui me choque beaucoup plus aujourd'hui,
c
'est que DASH, le mouvement islamiste monstrueux, barbare,
c
'est un nouveau totalitarisme. Se développe au Moyen-Orient et que la Turquie, le Qatar et l'Arabie Saoudite ont un comportement trouble. Je ne dis pas qu'ils sont responsables et qu'ils l'arment. Ce qui me choque, c'est que la France ait livré des armes à des opposants syriens modérés et que ces armes se soient retrouvées chez les islamistes barbares. Ce qui me choque, c'est cela. Alors après que François Hollande distribue des légions d'honneur comme des hochets, soit, j'aimerais surtout
que
l'on se rende compte qu'aujourd'hui, un nouveau totalitarisme est en train de naître. Et j'ai le souvenir historique,
Guillaume Durand, je finis ma phrase,
que quand les totalitarismes naissent et qu
'on
ne les prend pas à temps, ça peut très mal finir.
Donc j'aimerais là
qu'on s'occupe de cela.
Il y
a
quand même beaucoup de voix qui sont élevées contre le totalitarisme. On a même employé l'expression le fascisme vert. Oui, écoutez,
quand vous voyez des
gamines massacrées, quand vous voyez ce qui est en train de se produire et qu'il n
'y
a pas une prise de conscience suffisamment forte, quand vous voyez le martyr des chrétiens d'Orient, quand vous voyez par exemple sur la
Syrie... Mais
là on
n'était pas sur les gens d'honneur.
Oui,
mais
c'est la même chose parce que ça veut dire qu'on n'est pas clair
vis-à-vis des pays. Vous faites
le lien, vous dites que
c
'est trop, c'est
pas trop.
Je
demande à la République française
de
clarifier la situation dans ces pays et de prendre position de manière cohérente. Et j'aimerais savoir
ce que le Qatar fait et l
'Arabie
Saoudite.
Mais on est imbriqué, ils nous achètent des
airs. Non, on n'est pas imbriqué. Si c'est mon propriétaire du Paris Saint-Germain... Non, non, n'exagérons pas non
plus. N'exagérons pas non plus. Ce pays a 300 000 habitants, ce pays investi, c'est pas ça qui me choque. Les investissements sont colossaux. Ce n'est
pas...
Attendez, les investissements américains, allemands sont bien plus importants. C'est pas ça qui me choque. Ce qui me choque, c'est ce qui se passe aujourd'hui au Moyen-Orient.
Alors les questions sont variées ce matin. C'est le moins qu'on puisse dire, parce que l'actualité est variée. Cette affaire d'Uber, vous savez qu'on a beaucoup dit qu'en France, on manquait de taxis, que les taxis ne fonctionnaient pas comme il serait souhaitable qu'ils fonctionnent dans un certain nombre de pays. Et là, c'est la révolte à Marseille. C'est la révolte dans beaucoup de pays françaises, avec cette fameuse formule d'Uberpop, qui sont, pour être précis, des taxis non professionnels, qui, avec leur voiture, se mettent en lien avec des clients et réalisent des courses. Est-ce qu'il faut être solidaire des taxis classiques ? Est-ce qu'il faut arrêter Uber ?
Il
ne
faut
pas arrêter, mais il faut établir des règles.
Et
ces règles ne sont pas là, c'est l'anarchie. Il faut comprendre les chauffeurs de taxi qui payent cher leur licence, qui sont astreints à une formation et à une surveillance. Parfois, il y en a qui
n'ont
pas un comportement, tout le monde le sait, parfait, mais il y en a des très bien aussi. Ce qu'ils demandent, c'est qu
'il
y
ait
des règles. On ne peut pas d'un côté dire, il y a des règles très strictes sur les taxis, et de l'autre, on laisse faire n'importe quoi. Moi, ce que je demande, c'est que par exemple,
pour
les chauffeurs Uber, qui sont organisés,
qu
'on paye, qui est une surveillance, qui n'est par exemple pas une exploitation de ces chauffeurs, puisque vous savez souvent qu
'ils
sont auto-entrepreneurs, qu'au début, ils gagnent beaucoup d'argent pendant la première année, et puis qu'après, ils ont les charges sociales qui leur tombent dessus, que souvent, ils arrêtent l'exploitation. Donc bref, qu'Uber tourne les lois.
C
'est toujours la même question. Il ne faut pas renoncer au progrès. Il y a des évolutions. Et Internet révolutionne les échanges.
Dans
l'immobilier,
dans les
voyages, dans le
taxi.
Donc, il ne s'agit pas de mettre une ligne Maginot. Il s'agit en revanche de dire, il y aura les mêmes règles pour tout le monde. On accepte Internet, on accepte cette révolution participative, qui est fondamentale. Si on ne la comprend pas, on n
'a
rien compris. Mais en revanche, ces multinationales américaines ne peuvent pas échapper aux règles qui s'appliquent aux producteurs nationaux, si
je puis résumer.
Quand vous avez des nouvelles règles, que vous avez des chauffeurs de taxi, qui allaient dire qu'ils
ont
notre âge, ils ont payé leur licence avant, on se retrouve avec un système à
deux vitesses. Non, le vrai système, c'est les cotisations sociales. C'est l'égalisation des règles. Et c'est à l'État. Vous savez, quand l'État n'est pas présent au sens ne défend pas l'intérêt général, eh bien, les gens se battent. Eh
bien,
c'est ce qui se passe. Parce que les chauffeurs de taxi, on peut les comprendre. On peut comprendre aussi les clients qui veulent profiter d'une innovation. Il faut donc des règles. Et moi, je demande au gouvernement de clarifier.
François Hollande, cette semaine, j'ai regardé les déplacements. Le moins qu
'on
peut dire, c'est qu'il est en campagne. Alors, il est le 9 à Tulle, le 10 à Bruxelles, le 11 à Genève, le 12 à Nantes, Angers, et le 13, il sera au Mans pour les 24 heures, mais il sera aussi en Seine-Saint-Denis. Le 14, il est à Bordeaux, Vinexpo. Le 15, il est au Bourget. Il est même à Alger. Donc, on est en pleine campagne, là.
Oui, et la France s'écroule pendant ce temps-là. C'est terrible. Mais, c'est-à-dire, vous savez, vous pouvez vous agiter. On a eu le précédent président qui s
'était beaucoup agité. Il s'agit d
'une certaine manière et
est en
campagne en Israël. Il s'agit de tous.
Et
qu
'est
-ce qu
'il
propose pour relever la France
?
Rien.
Qu'est-ce qu'il
propose sur les migrations qui sont en train de déstabiliser l'Europe ? Rien. Qu'est-ce qu'il propose sur le chômage qui tue nos PME avec les travailleurs détachés ? Cette directive, il
y
a 500 000 travailleurs détachés en France, roumains, polonais. Ce n
'est
pas qu'ils soient roumains ou polonais qui me gênent.
C
'est que les entreprises ne payent pas les charges sociales françaises. C'est du dumping le règne de la com. La com pour la com. Ce système tourne en rond. Les Français ne regardent même plus.
Ce n'est pas
de la com.
C
'est
des rendez-vous. C'est de
la com. Je vais aux 24 heures du Mans parce qu'on va me voir. Mais est-ce qu'ils croient encore ? Attendez. Je crois qu'ils rêvent complètement. Ils croient encore qu'on va voter pour eux parce qu'on les voit à un match de foot ou à Roland-Garros. Mais ce n
'est
pas ça qu'attendent les Français.
Il
y
a
des déplacements qui sont des déplacements politiques. J'espère,
heureusement. J'ai
mélangé des déplacements politiques. Mais
il ne soutient pas
l'industrie du vin quand il accepte des règlements européens qui sont en train de casser
la viticulture. Quand il est au bon verre,
il défend aussi même
l'adresseur
français. Mais je ne
vais
pas vous dire ne me faites pas dire ce que je n'ai
pas dit. C
'est vous qui l'avez dit qu
'il est une sorte de
hochet qui se promène en disant votez pour moi, votez
pour moi. Ce
que je conteste,
c
'est ce règne de la com pour la com qui est complètement décalé par rapport à la dégradation des conditions d'emploi des Français qu'on ne traite pas à la racine. Donc, par exemple, vous avez eu un rapport très intéressant sur le RSI qui est sorti de parlementaire. La conclusion, c'est quoi ? C'est qu
'on
ne
fait
rien.
Qui concerne justement les auto
-entrepreneurs. La conclusion, c'est quoi
? C
'est qu'on va mettre un médiateur régional. Non mais on se fout de nous. Donc, moi j
'aime
bien...
Est-ce que vous êtes
pour la suppression du RSI
?
Oui. L'alignement, un régime unique... Mais il semble que Val soit pour, Bruno Le Maire est pour. Tout le monde est pour sauf qu
'on
ne
va
pas le faire. Et pourquoi ? Parce que l'absence de courage politique, l'incapacité à traiter les problèmes à la source.
Est
-ce que vous comprenez ? Traiter les problèmes,
ça
fait moins de vagues, d'esbrouf, de paillettes dans la com'. Donc, on est dans des stratégies de com'. 75% des Français ne
veulent plus de Hollande.
72% des Français ne veulent pas voir Sarkozy. Et on ne voit que sur tous les écrans. Comment voulez-vous que nos compatriotes reprennent espoir ?
Donc, il faut proposer autre chose. Vous savez
comme moi que les sondages en matière politique ont toujours été défiés. Chirac a été évidemment au très fond des sondages. Il a été réélu. Mitterrand pareil.
Sauf que la situation n'est plus la même.
Et Simone Veil et Bernard
-Couche-Durand ont
triomphé dans les sondages pendant des années
et ils n
'ont remporté aucune grande élection.
Guillaume Durand.
La
situation de la France
s'aggrave. Il faut la traiter. Les Français sont au bord de l'explosion. Donc, il
y a
un moment où il faut peut-être changer ce système et renouveler les solutions et les personnalités, les démarches aussi. On en parlait au début de l'émission.
Nicolas Dupont-Aignan, notre invité ce matin sur l'antenne de Radio Classique et de LCI où on retrouve nos amis. C'est Sophie Poligny qui va nous rejoindre.
Testo.
Nicolas Dupont-Aignan