Nicolas Dupont-Aignan invité de Christophe Jakubyszyn sur LCI
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15OuverteRéponse directe
Comment allez-vous ? Je vous pose la question parce que vous décrochez un peu dans les sondages.
- 0:27RelanceRéponse partielle
Quels faux pas vous avez fait pendant cette campagne ?
- 1:36OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous pensez quand même avoir peut-être commis quelques fautes de campagne ?
- 2:24OuverteRéponse directe
Pourquoi avez-vous voulu avoir un Gilet jaune au sein de votre liste ?
- 3:35OuverteRéponse directe
Il n'y a pas un peu, chez les Gilets jaunes, une arrière-pensée de se recaser ?
- 5:02OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est tous les week-ends, tous les samedis, des manifestations ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:39Invité politiqueFait
« Mais simplement, il y a eu une petite baisse récente, mais pour une raison toute simple, c'est que dans les sondages nouveaux, il y a pris en compte une liste gilet jaune. »
- 1:02Invité politiqueChiffre
« Donc, on répète ça. Et moi, je vais vous dire, je prends le sondage le plus fiable, qui est sur 10 000 personnes. »
- 2:09Invité politiqueChiffre
« D'ailleurs, à la présidentielle, on mettait à 0,5, 1, on a fait 5. Alors, si je fais 5 fois plus que ça, ça serait merveilleux. »
- 4:17Invité politiqueFait
« Personne ne peut dire que je représente les Gilets jaunes. C'est absurde. »
- 4:25Invité politiqueFait
« Qui est-ce qui a lutté contre la privatisation des autoroutes, qui a levé les barrières de péage ? C'est moi. »
- 4:27Invité politiqueFait
« Qui est-ce qui a lutté pour faire baisser le prix de l'essence ? C'est moi. »
- 10:49Invité politiqueChiffre
« Gaspillage de l'argent qu'on verse à l'Europe, 11 milliards. »
- 11:03Invité politiqueChiffre
« Il y a des milliards à récupérer. Plus de 30 milliards. »
- 12:16Invité politiqueFait
« Et pour qui ? Pour M. Benalla et le Premier ministre de la France, toute la majorité sont solidaires de M. Benalla. »
- 14:10Invité politiqueFait
« Et moi j'avais claqué la porte de la fausse commission qu'il y avait à l'Assemblée, parce que c'était une fausse commission. »
- 17:01Invité politiqueFait
« La Norvège n'est pas dans l'Union Européenne. »
- 17:10Invité politiqueFait
« L'Union Européenne fait tout pour rendre compliquée la tâche des Anglais parce qu'ils ont voté contre l'Union Européenne. »
- 17:25Invité politiqueFait
« Je sais qu'en France, on ne respecte pas le vote des Français. »
- 17:32Invité politiqueChiffre
« L'Angleterre, c'est le seul pays avec lequel la France est excédentaire commercialement. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan73 %
- Présentateur19 %
- ?5 %
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Bonjour
à tous, mon invité ce matin effectivement est le président de Debout la France, tête de liste aux élections européennes. Bonjour Nicolas Dupoignan. Bonjour Christophe Jacobizy. Comment allez-vous ? Je vous pose la question parce que vous décrochez un peu dans les sondages. Quand on regarde le sondage quotidien IFOP, fiducial pour Paris-Mages, 4,5% des intentions de vote aujourd'hui, c'est qu'un baromètre. Mais quand même, qu'est-ce qui s'est passé ? Quels faux pas vous avez fait pendant cette campagne ? Écoutez, c'est extravagant. Vous répétez ça en bout. Non,
non,
non, c
'est
la première fois que je vous le dis. Non,
pas vous. J'avais dit que ça montait,
vous étiez à 8%. Mais simplement, il y a eu une petite baisse récente, mais pour une raison toute simple, c'est que dans les sondages nouveaux, il y a pris en compte une liste gilet jaune.
Et
comme beaucoup de gilets jaunes votaient pour moi... Pas dans celui-ci ? Si, derrière, à la suite, il
y a
une liste gilet jaune. Il y
a
une porosité entre vous et les gilets jaunes. Et comme il n'y aura probablement pas de liste gilet jaune, vous verrez les sondages remonter dès qu'il n
'y
aura pas de liste gilet jaune. Donc, on répète ça. Et moi, je vais vous dire, je prends le sondage le plus fiable, qui est sur 10 000 personnes. Celui-là, il est sur 1 000.
Avec
une marge d'erreur de 4 points au-dessus,
4 points en dessous.
Mais
ça ne change rien.
Vous pouvez avoir un sondage sur 1 000 personnes fait tous les jours, ça ne change rien. Sondage sur 10 000 personnes du Monde, un journal qui m
'est
favorable, 6,5, il y a quelques jours. Donc, si vous voulez, moi, je pense qu'on part avec une bonne base. Et je suis convaincu qu'avec la campagne, les gens verront les arguments sérieux que je vais
proposer.
Est-ce que vous pensez quand même avoir peut-être commis quelques fautes de quart ? Le fait d'avoir dit qu'on allait vendre l'Alsace aux Allemands, des choses comme
ça ?
Écoutez, moi, je vois toujours plus de soutien. Je vois partout où nous allons, beaucoup de républicains qui viennent vers nous, beaucoup de gens du Rassemblement national. Donc, je ne suis pas inquiet. Et puis, j'en ai un peu assez, c'est vrai, de cette espèce de fable, les sondages baissent. Alors que quand, d'ailleurs, on regarde depuis le début, on est quasiment pareil. Donc, moi, je crois les vrais sondages sur 10 000 personnes et vous verrez qu'on fera beaucoup plus. D'ailleurs, à la présidentielle, on mettait à 0,5, 1, on a fait 5. Alors, si je fais 5 fois plus que ça, ça serait merveilleux.
Ça serait bien. Alors, vous avez annoncé ce matin le ralliement, justement, à votre liste de Benjamin Cauchy, porte-parole autoproclamé des Gilets jaunes en Haute-Garonne. Pourquoi avez-vous voulu avoir un Gilet jaune au sein de votre liste ? Est-ce que c'est pour la raison que vous m'indiquez ? C'est-à-dire qu'au fond, vous comptez quand même sur
un
vote d'une partie des Gilets jaunes en votre faveur. Mais
je n
'ai
pas voulu avoir un Gilet jaune. Benjamin Cauchy est venu me voir. Je l'ai écouté beaucoup. Il est passé beaucoup à la télévision. Et j'ai trouvé que c'était un des Gilets jaunes les plus modérés,
les plus responsables. C'est vrai ? On l'a eu sur LCI
à plusieurs reprises. Quelqu'un qui avait beaucoup de bon sens et qui, d'ailleurs, a dit très clairement qu'il ne prétendait pas, et c'est la grande différence avec la liste Gilets jaunes, il ne prétendait pas représenter tous les Gilets jaunes. Il a dit,
en
tant que Gilets jaunes, avec les convictions qui sont les siennes, il a été au RPR il y a 15 ans, il estime que ma liste et la vision que j'ai de l'Europe, que nous avons de l'Europe à Debout la France, correspond à la sienne et est susceptible de régler les problèmes de fiscalité, de raquettes fiscales qu'il y a dans notre pays. Voilà. Et je crois que c'est une démarche de sa part très sincère. Il ne vient pas dans le plus gros parti. Il vient dans un mouvement qui se développe.
Il
a le courage de faire ce choix. Et je pense qu'on va faire une belle équipe et qu
'il
va jouer un grand rôle pendant la campagne.
Il n
'y a
pas un peu, chez les Gilets jaunes, chez les leaders autoproclamés, en fait, au fond, ou une arrière-pensée depuis le départ, de se recaser et d'avoir des mandats dans telle ou telle élection. Je ne crois pas
parce que
Benjamin Cauchy, justement, vient en fonction d'un choix sincère personnel. Et vous savez, pourquoi beaucoup de Gilets jaunes me soutiennent ? Parce qu'ils savent que chez moi, c'est sincère. Moi, je n
'ai
pas commencé à m'occuper du référendum d'initiative citoyenne là. Je l'ai déposé en 2012, 2013.
La liste de Gilets
jaunes, c'est vous ? Non,
je n'ai pas cette
prétention. Les Gilets jaunes, ils sont divers, politiquement. Il y a des Gilets jaunes de gauche, d'extrême-gauche, de droite, d'extrême-droite. Il y a des Gilets jaunes de partout. Personne ne peut dire que je représente les Gilets jaunes. C'est absurde. En revanche, je pense que beaucoup de Français reconnaissent qu'en 2006, qui est-ce qui a lutté contre la privatisation des autoroutes, qui a levé les barrières de péage ? C'est moi. Qui est-ce qui a lutté pour faire baisser le prix de l'essence ? C'est moi. Donc, ce n
'est
pas, si vous voulez, la volonté de récupérer quoi que ce soit. J'ai un combat que je mène, j'allais dire, depuis longtemps en sincérité. Et beaucoup de Français le savent. Et je suis heureux aujourd'hui que quelqu'un de raisonnable, qui a toujours appelé au calme, qui a toujours demandé qu'on revienne aux vrais enjeux du mouvement, c'est-à-dire le prix de l'essence, le raquette fiscale, la baisse des impôts, la lutte contre les gaspillages, le contrôle de l'immigration, viennent avec nous. Parce qu'en fait, ça prouve qu'à un moment, la vérité l'emporte.
Alors, c'est quoi la suite des Gilets jaunes ? Est-ce que c'est tous les week-ends, tous les samedis, des manifestations ? Est-ce que vous pensez que c'est ça, ce mouvement social, politique ? C'est que la protestation permanente ? Je crois qu'il y
a
deux choses.
Il y a ce qu'on a vu à Paris, chaque week-end, scénarisé, d'ailleurs, amplifié par le gouvernement, qui a voulu toujours utiliser ça pour discréditer ce mouvement social.
Vous l'accusiez
de susciter les violences, de
les encourager
? Non, de ne pas avoir lutté contre les violences, et d'avoir laissé les casseurs, je l'ai dit depuis le départ, et je demande une commission d'enquête. Mais ça, c'est un autre problème. Et puis, il ne
faut
pas oublier qu'il
y a
ce qui se passe en province. Et en province, il y a des Gilets jaunes très pacifiques, un mouvement social profond, pour pouvoir vivre de son travail.
Qui
ne va pas s'arrêter ? Qui ne va pas s'arrêter, puisque le gouvernement est aveugle, sourd et méprisant. Mais au-delà du mouvement,
qu
'est-ce que dit Benjamin Cauchy en me rejoignant ? Et qu'est-ce que je dis ?
Il
y a des élections. Profitons des élections pour désavouer Emmanuel Macron. Profitons des élections, parce que c'est un vote, et c'est toujours mieux de voter que de casser. Profitons des élections pour soutenir ceux qui sont sincères et qui ont des solutions. Parce qu'il y a les manifestations, elles sont respectables quand elles sont pacifiques, elles sont odieuses quand elles sont violentes, mais il y a aussi le bulletin de vote. Et moi, je vois beaucoup de Français qui me disent « on ne
va
pas aller voter ».
Et
je leur dis « vous avez tort ». Parce que si vous n'allez pas voter le 26 mai, M. Macron va se sentir conforté. Parce que les électeurs de M. Macron, ils vont voter.
Et
si on ne vote pas massivement sur ce scrutin à la proportionnelle, M. Macron va être encore plus arrogant, comme il l'est vis-à-vis du Sénat, comme il l'est vis-à-vis de... Enfin, c'est incroyable ce qui se passe dans notre pays. Voilà, donc il y
a
un enjeu
majeur. Alors, vous venez de dénoncer les manifestations lorsqu'elles dégénèrent en violence. Toujours. Ce samedi, le gouvernement a décidé de demander l'appui de l'armée pour sécuriser certains lieux publics. Est-ce que vous approuvez ce changement de stratégie ? Ce gouvernement est devenu
fou. Complètement fou.
C
'est très grave ce qui se passe. Vous savez, mettre l'armée contre le peuple français,
ça
finit toujours mal. Alors, heureusement, j'ai vu que Mme Parly, le ministre de la Défense, a rétro-pédalé, parce que M. Griveaux est complètement inconscient. Les paroles de M. Griveaux sont gravissimes. Lesquelles, précisément ? Il disait qu'il fallait qu'ils gardent les lieux publics contre les manifestants. Et Mme Parly a corrigé le tir, heureusement, en disant que, bien évidemment, les militaires n'utiliseraient pas leurs armes à feu contre les Français. Normalement, je croyais que les militaires étaient pour lutter contre l'ennemi. Donc, ça veut dire que dans la tête du gouvernement, le peuple est l'ennemi. C'est gravissime.
Et puis, on a un amateur au ministère de l'Intérieur, complètement désavoué par les forces de l'ordre, M. Castaner, qui aurait dû démissionner plus longtemps. La situation est gravissime dans France. Et puis, on a un président de la République et un gouvernement qui ne supportent pas
qu
'on puisse accuser de faux témoignages M. Benalla. Ça veut dire
que le président de la République est solidaire de M. Benalla. On va parler ça tout de suite. Je voudrais vous faire écouter ce que disait Edouard Philippe cette semaine sur ceux qui, d'une manière ou d'une autre, soutiennent ou encouragent les violences.
Ce n
'est pas votre cas, mais on l'écoute.
Un
certain nombre de personnalités,
et
je mets personnalités entre guillemets, ont encouragé et légitimé les violences
et
continuent à le faire sans vergogne.
J
'ai demandé au ministre de l'Intérieur de saisir systématiquement la justice à leur encontre
en
utilisant les dispositions de l'article 40 du Code de procédure pénale.
Est
-ce que ça vous inquiète,
ce que
dit le Premier ministre ? Est-ce que ça ne peut pas conduire à une sorte de détournement de cet article 40 ? Mais cela veut dire de...
Je ne comprends pas ce qu'il veut dire. S'il parle de personnalités qui appellent à la violence, il est dans son rôle. S'il estime que quand on est contre la politique menée par le gouvernement et qu'on appelle à manifester pacifiquement en province, sur un rond-point ou à Paris, de manière calme, cela veut dire que ce pouvoir, je vous le dis, est complètement devenu fou. Ça veut dire que... Moi, je trouve qu'il se passe quelque chose de très inquiétant dans notre pays. Une dérive d'isolement, d'arrogance, de mépris du gouvernement et du président de la République qui sont contestés aujourd'hui par 70% des Français.
Et
je crois qu'il est temps d'arrêter de laisser pourrir, de lutter vraiment contre les casseurs
et
puis parallèlement de répondre à la crise sociale par des mesures de justice pour nos retraités, pour les bas salaires, pour les territoires qui crèvent, les territoires ruraux, les petites villes de province, en un mot, de rééquilibrer la
politique. Vous feriez concrètement, justement, à la sortie de ce grand débat, concrètement, vous proposez quoi ?
Nous avons proposé à Debout la France 12 mesures, c'est sur Internet, 12 mesures. Réindexation des pensions de retraite, augmentation... Toutes les pensions ou les plus
faibles ? Toutes les pensions, mais
la réindexation, c'est un droit, c'est que ça suit l'inflation,
c'est le contrat.
Donc 1,7%, 1,8% ? C'est ce qui s'est fait dans tous les pays du monde et en France depuis 1945.
Une
question, tiens,
est-ce qu'on
finance ça en
augmentant l'âge de départ à
la retraite ?
Oui, sûrement pas, mais sûrement pas. C'est un droit. Les retraités ont travaillé durement, ils ont construit la
France. Mais si dans 20
ans, vous avez deux actifs
pour un retraité,
comment vous faites ? Mais il faut créer de l
'emploi. D'ailleurs, on fait peur aux retraités et on les culpabilise de prendre leur retraite, mais c'est ahurissant ce qui se passe. C'est
ce
que fait Mme Buzyn ? Comment ?
Bien sûr,
mais Mme Buzyn, là aussi, le gouvernement ment par rapport d'ailleurs aux promesses d'Emmanuel Macron qui avaient promis de ne jamais augmenter la durée de... Alors, ils disent finalement qu
'ils
ne le feront pas. Ça restera sans besoin, mais qu'on encouragera les gens à travailler plus longtemps. Tout ça, c'est du pipeau. La réalité, c'est que je propose, et c'est nos 12 mesures, de faire des économies sur les gaspillages. Gaspillage de l'argent qu'on verse à l'Europe, 11 milliards. Gaspillage de l'argent pour
les... En
sortant d'Europe ? Non, pas du tout, on n'y reviendra pas du tout. On va en venir. Gaspillage en arrêtant les dépenses pour les migrations. Gaspillage sur la fraude sociale. Gaspillage sur la fraude fiscale. Il y a des milliards à récupérer. Plus de 30 milliards. Et je les redéploie vers ceux qui travaillent, vers ceux qui bossent, vers les territoires, vers les services publics. Notre projet Debout la France, il est équilibré financièrement. Nous sommes les seuls à avoir fait cet effort. On a présenté les économies et les surplus de dépenses. Et maintenant, il faut que le gouvernement sorte
de
l'attentisme. Ce n
'est
pas bon de laisser pourrir. Ce n'est pas bon ce climat pour
la France, pour nos commerçants. Il faut
pourrir l'après-grand débat qu'ils vont laisser... Ils ne
vont
pas
annoncer des choses très fortes, très vite. Mais bien évidemment,
vous avez vu la manœuvre. Mais vous savez, les Français ne sont pas dupes. Et c'est pourquoi je dis aux Français, vous allez aller manifester avec le bulletin de vote. Parce que... Je veux revenir sur ce qui se passe avec le Sénat.
Attendez, on y vient. Non, parce que c'est très grave.
Vous avez raison.
La guerre est déclarée, c'est ce qu'on a entendu toute la journée hier, de la part de la majorité du gouvernement. Est-ce que c'est le Sénat qui déclare la guerre à l
'exécutif ? On est dans un monde de fous. Mais je pense que le gouvernement a besoin de repos.
Qu
'est-ce que dit le Sénat
? Il
se dit...
Il
y a eu faux témoignages.
Nous
avons le sentiment qu'il y
a
un faux témoignage. Nous ne sommes pas... Devant la commission d'enquête, ce qui est très grave. Nous ne sommes pas juges.
Et
nous demandons juste à la justice d'enquêter.
Au
procureur. Au procureur de regarder. C'est le devoir. Et pour qui ? Pour M. Benalla et le Premier ministre de la France,
toute
la majorité sont solidaires de M. Benalla. Et je croyais... C'est ce qui s
'est
passé hier, selon vous
?
Ben oui. C'est la vérité. Puisque le Sénat accuse de faux témoignages M. Benalla, M. Crass, son complice, et le directeur de cabinet du Président de
la
République, et puis tout le gouvernement...
C'est ça
qui choque
le gouvernement, c'est que
le Sénat implique aussi le secrétaire général de l'Elysée
et le directeur de cabinet du Président. Mais pas seulement M. Benalla. M.
Macron n'est pas le roi de France.
Il
se dit progressiste,
mais
il n'est pas démocrate. Il ne supporte plus la moindre contradiction.
Il
est complètement isolé. Ce Président est dangereux, je l'ai toujours dit. Dangereux, c'est fort. Dangereux.
Parce
que quand on méprise à ce point une commission d'enquête, qui veut simplement qu'on puisse vérifier un témoignage d'un homme d'ailleurs qui l'a viré.
Il
l'a viré. Qui tabassait des gens dans une manifestation, qui a des faux passeports.
C'est pas sur
Benalla que le gouvernement...
Bah si. Faux témoignages de Benalla. Non mais c
'est sur le directeur de cabinet et le secrétaire
général
de l'Elysée. Mais parce que ça prouve bien qu'il y
a
eu quelque chose. Donc, le Président de la République veut cacher la vérité. Et il devra s'expliquer devant les Français en conscience. C'est très grave ce qui se passe. Et nous sommes dans un pays... Il donne des leçons à l'Europe entière. Emmanuel Macron donne des leçons à M. Orban, à la Pologne, à l'Italie. Et il refuse
qu
'on se pose juste la question de savoir si quelqu'un qui a été un petit voyou a dit un faux témoignage ou pas. Mais
enfin
c'est
incroyable. Regardez ce
que dit la majorité. Salislas Guérinic est le patron de La République En Marche. Il dit les sénateurs instruisent un procès politique contre l'Elysée. Leur attention cachée ? Attaquer le Président de
la République. Mais c'est
ridicule. Mais je croyais que le Président de la République, c'était des solidarisés de M. Benalla. Donc ça veut dire qu'en fait, toute la majorité fait corps avec M. Benalla. Alors est-ce qu'il y
a
quelque chose à cacher
? C
'est ça la réalité ? En fait, ce que tous les Français ont compris, et moi j'avais claqué la porte de la fausse commission qu'il y avait à l'Assemblée, parce
que
c'était une fausse commission, c'est que ce pouvoir s'estime propriétaire de la France, propriétaire de tout. C'est gravissime. Et moi j'appelle les Français à regarder en face les choses et à prendre leur bulletin de vote, parce que le 26 mai, il faut proposer une voie alternative. Et ce qui m'intéresse, c'est qu'on propose, qu'on ne soit pas que dans la critique, c'est qu'on propose des voies alternatives sur les retraites, sur les services publics, sur
les
économies.
Une dernière question sur l'affaire justement Sénat-exécutif. Est-ce que le Sénat est quand même dans son rôle ?
Est
-ce que vous pensez que, dans notre Constitution, la Seconde République, le Sénat a le droit d'aller regarder ce qui se passe à l'intérieur de l'Elysée ? Mais qui a accepté que M.
le directeur de cabinet aille devant le Sénat ? C'est le président de la République. Ça ne
s
'était jamais
fait. Jusqu'à présent, les précédents présidents avaient refusé que
leurs collaborateurs répondent à des commissions
d'enquête. Et pourquoi il
l'a accepté
?
Parce qu'il voulait montrer qu'il n'y
avait
rien à cacher. Donc il a cru manipuler le Sénat
et
se dire « Allez, ça va être comme ça, je vais les... » Et puis le Sénat a joué son rôle. Qui peut reprocher à un sénateur de demander la vérité dans une commission d'enquête ? S'il n'y a plus de vérité, si tout le monde ment, mais quelles sociétés ont construit ?
On va parler d'Europe. Les Italiens, qui sont un peu vos amis quand même, ont reçu le président chinois pour signer un accord sur les routes de la soie de la Chine. Trieste, le port italien, va devenir la porte d'entrée de cette nouvelle route de la soie chinoise. Est-ce que ce n
'est
pas un peu l'Europe du chacun pour soi de la surenchère ? C'est exactement
comme Emmanuel Macron avait vendu l'aéroport de Toulouse quand il était ministre aux Chinois. Et je m'y étais opposé.
Et
je pense que ce n'est pas bon.
Je
pense qu'il faut que l'Europe ne s'occupe pas de la vie quotidienne des Français, les services publics...
Non mais là c'est l'Italie qui signe
avec les Chinois. Attendez,
attendez,
la taille des pommes. Moi je veux que l'Europe rende aux nations la vie quotidienne et
je
veux qu'en revanche, l'Europe serve à bâtir des projets communs comme Airbus mais pas à 28 pays, à 4 ou 5 pays sur des sujets fondamentaux pour lutter justement contre la Chine et les Etats-Unis. Donc je pense, si vous voulez, qu'on arrive à cette situation ubuesque où on a une Europe qui fait tout, qui s'occupe de tout... Mais ce qui
est ubuesque, c'est ce que fait l
'Italie aujourd'hui. Mais comme l'a fait la France, comme le fait exactement la France, l'Allemagne qui accepte des investissements chinois, je ne cherche pas à défendre l'Italie. Tous les pays jouent, divisés face à l'Italie et aux Etats-Unis. Il faut arrêter d'embêter les Français avec des normes européennes sur les détails et il faut concentrer l'Europe sur des projets industriels.
Une dernière question, nouveau délai donné aux Anglais cette nuit à Bruxelles. C'était nécessaire ou il fallait aller sur un Brexit dès le 29 mars ?
Mais moi je ne comprends pas cette affaire, je veux vous dire. Nous non plus. Écoutez, les Anglais ont voté. Arrêtons ces combats d'arrière-garde. Ils ont voté. Le Brexit peut très bien fonctionner si chacun y met du sien. La Norvège n'est pas dans l'Union
Européenne. On a proposé un accord de sortie avec les Anglais. Non,
c'est pas vrai. L'Union Européenne fait tout pour rendre compliquée la tâche des Anglais parce qu'ils ont voté contre
l'Union Européenne. Eux
aussi, les Anglais, ça a
l
'air d'être compliqué.
Eux ne sont pas
cohérents de leur côté. Moi je pense que chacun doit faire un effort car il faut inventer une belle relation avec l'Angleterre. Les Anglais ont voté. Je sais qu'en France, on ne respecte pas le vote des Français. Respectons le vote des Anglais. Et trouvons une belle relation. D'ailleurs, je vous signale que l'Angleterre, c'est le seul pays avec lequel la France est excédentaire commercialement. Donc on aurait peut-être intérêt à s'entendre avec. On essaye,
mais on a
du mal.
Merci beaucoup.
Merci beaucoup Nicolas Dumont. Égnant d'avoir été notre invité, on retrouve tout de suite la matinale.
Nicolas Dupont-Aignan