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interviewRMC — Face à Face· 21 avril 2025 20 min

Face à Face : Éric Coquerel - 21/04

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Vous écoutez RMC Face à Face. Bonjour à tous, bienvenue. Il est 8h32, vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Mon invité ce matin, Éric Coquerel, député de la France Insoumise, président de la Commission des Finances à l'Assemblée Nationale. Merci d'être notre invité. Dans un instant, on va bien sûr se pencher sur ce casse-tête du gouvernement qui cherche à trouver 40 milliards d'euros d'économies pour le budget de l'an prochain en 2026. Mais d'abord, cette image du chef de l'État qui vient d'arriver il y a tout juste un peu plus d'une heure à Mayotte, 4 mois après le cyclone qui avait fait 40 morts et près de 3,5 milliards de dégâts.

Il estime, au pied justement de l'avion qui vient de l'amener sur place, que le gouvernement, je cite, a répondu à l'urgence extrême et qu'il va falloir désormais donner un coup d'accélérateur. Il va dévoiler une loi spéciale pour la reconstruction de Mayotte avec notamment des nouvelles mesures de lutte contre l'immigration clandestine. Est-ce que c'est à la hauteur, selon vous ? Non. Et alors, sur les mesures d'urgence qui auraient été au rendez-vous, permettez-moi d'en douter un peu, d'après les échos et les informations qui nous viennent de Mayotte, ça ne correspond pas tout à fait à la réalité. Pourquoi ? C'est mieux parce que Mayotte n'est pas rétablie.

J'allais dire, mesures d'urgence, ça veut dire qu'on remet Mayotte dans un état où elle était avant la catastrophe. Donc, on n'en est pas là. Il avait même dit que Mayotte serait plus belle qu'avant le cyclone. Donc, on n'en est pas là. Donc, c'est des mots. Et deuxièmement, pourquoi ce n'est pas au niveau ? Parce que cette question migratoire, c'est un peu un leurre pour ne pas toucher le problème fondamental de Mayotte. Pourquoi c'est un leurre ? Mayotte, c'est que c'est un département qui fait partie du pays, la France, mais qui ne bénéficie pas du tout, j'allais dire, de ce dont, par exemple, profitent les départements dans l'Hexagone, en termes de services publics, en termes financiers.

Donc, c'est ça d'abord le problème de Mayotte. Et c'est là où l'état doit être au rendez-vous. La question migratoire, et notamment la question du droit du sol, ça, on s'est précipité pour remettre en question le droit du sol, qui, très sincèrement, parce que déjà, ça avait été largement ébréché, ne correspond pas au problème de fond que vivent aujourd'hui les habitants. Il y a une proposition de loi des Républicains qui a été adoptée, qui prévoit qu'il faudra désormais que les deux parents résident depuis au moins un an sur le territoire pour que l'enfant soit français. Ça doit encore être examiné par le Conseil constitutionnel. Donc, c'est surtout là-dessus qu'on a réagi.

Alors, outre le fait que ça pose un problème, parce que moi, je ne suis pas d'accord que l'acquisition de la nationalité à Mayotte soit différente du reste de la France. Je considère que Mayotte est en France, et qu'à partir de là, ça doit être la même façon d'envisager une citoyenneté. Il n'y a pas de problème migratoire à Mayotte. Attendez, je vous parle déjà du droit du sol, qui est la question qui n'est que minoritaire, en réalité, si on regarde les chiffres, réellement, par rapport à la question migratoire. Il y a une question migratoire à Mayotte, mais qui, d'abord, est à prendre dans un contexte.

Et c'est peut-être une réflexion qu'on devrait avoir la France, parce qu'on a des responsabilités régionales, que le contexte, vous le savez très bien, c'est Comore. Et Comore estime que Mayotte n'est pas français. L'ONU, de ce point de vue-là, n'a pas tranché la question, et s'il n'y en a pas en faveur de la France. Donc, on a une question régionale, et la France devrait avoir une préoccupation, j'allais dire, du développement de la région, parce que, justement, elle est partie intégrante de cette région. Pour vous, Mayotte est français ? Oui, Mayotte est français, les habitants ont voulu...

Mais ce n'est pas parce que vous avez un territoire français dans un contexte qui, lui, ne l'est pas, que vous ne devez pas vous préoccuper du développement régional. Voilà, la France a des responsabilités, justement, parce qu'elle est dans ses mers, dans ses océans-là. Troisièmement, au niveau migratoire, moi, je demande à ce que, immédiatement, les conditions d'obtention de visa quand vous arrivez à Mayotte puissent vous permettre de partir en métropole, ce qui n'est pas le cas. La pression migratoire sur Mayotte, si elle était répartie dans tout le pays, si les gens pouvaient aller ensuite en France, elle serait bien moindre pour Mayotte. Donc, ça, ça me semblerait...

Appel d'air migratoire vont vous répondre vos adversaires. Oui, c'est ça. Écoutez, arrêtons les chiffres. Regardez les chiffres de gens qui arrivent à Mayotte, ça ne sera jamais suffisant pour faire un appel d'air qui, quelque part, poserait un problème sur l'Hexagone au milieu de 65 millions d'habitants. Donc, je vous dis, ça serait de sûr. Mais surtout, c'est une façon de ne pas parler du problème fondamental. Le problème fondamental, c'est les services publics. Le problème fondamental, c'est les équipements en eau. Ça fait longtemps, même avant le cyclone à Mayotte, qu'il y avait des problèmes d'eau, d'ailleurs, qui se posent dans d'autres départements et territoires d'outre-mer.

Donc, voilà, permettons qu'il y ait l'égalité républicaine dans ces territoires et ne nous servons pas de la question migratoire comme à l'heure pour en réaliser et ne rien faire. Alors, justement, cette question financière et économique que vous évoquez, elle est au cœur, on le disait, de ce casse-tête du gouvernement qui cherche à trouver 40 milliards d'euros d'économie pour l'an prochain. Ça y est, les ministres commencent à dévoiler certaines pistes ou en tout cas à ne pas en écarter certaines. Amélie de Montchalin, hier, chez nos confrères du Parisien, évoque l'abattement fiscal de 10% pour les retraités. Qui pourrait, effectivement, être supprimé ?

C'est un peu plus de 4 milliards d'euros par an, je crois. Il y a 8 400 000 personnes qui pourraient être concernées. D'après les études, ça pourrait faire rentrer 500 000 nouvelles personnes dans, justement, l'impôt sur le revenu. Supprimer cet abattement fiscal, est-ce que vous y êtes favorable ? Je vais y venir, mais j'ai l'impression que le gouvernement, à travers l'abattement fiscal, puis la question des niches, on va y venir, je sais, c'est un des sujets de l'interview, essaye d'éviter le problème. Le problème, c'est quoi ?

C'est que, par an, maintenant, il y a 60 milliards de recettes qui sont perdues du fait d'avoir fait des cadeaux fiscaux aux plus riches, et notamment aux plus riches détenteurs de capitaux. C'est ça qui nous manque aujourd'hui, notamment par rapport au déficit. Donc ça, pour y toucher à hauteur de plusieurs dizaines de milliards, il faut supprimer la flat tax et ce bouclier du capital. Il faut rétablir l'ISF, etc. Là, c'est des dizaines de milliards en jeu. Pour ne pas toucher à ça, j'ai l'impression que, finalement, on prend des cibles bien commodes.

Et les retraités sont des cibles bien commodes, parce que les 10% d'abattement, je vais vous dire pourquoi je suis contre, c'est que les retraités ont 10% d'abattement parce qu'on considère qu'en réalité, un, le revenu de retraités est inférieur à ce qu'ils avaient en tant que salariés, donc c'est la raison pour laquelle on a poursuivi ces 10% d'abattement, et deux, parce que c'est moins dit, c'est moins, comment dire, explicable, c'est la réalité. On pense que quand vous êtes retraités, vous avez un revenu fixe, en gros, vous pouvez moins contourner l'impôt ou jouer avec l'impôt que d'autres personnes. C'est pour ça qu'il y a ces 10%.

Est-ce que l'urgence, aujourd'hui, c'est de toucher les retraités dont la très grande majorité ne font pas partie des privilégiés de ce pays, ni même, j'allais dire, de ceux qui, justement, chaque année, coûtent des dizaines de milliards d'euros à l'impôt ? Je ne pense pas. Et en plus, il y aurait un autre désavantage, c'est que ça touche à la consommation populaire. Il y a un risque pour la consommation, vous pensez ? Pour la consommation ? Bien sûr. Je veux dire, quand vous touchez, j'allais dire, les revenus, notamment, des retraités, vous touchez la question de la consommation populaire.

Et je rappelle, pour ceux qui nous écoutent, parce que les gens se disent, oui, d'accord, mais 10% quand vous êtes extrêmement riche, est-ce que c'est normal ? Il y a un plafond. Il y a un plafond par foyer fiscal, qui est de 4 321 euros. Donc, c'est déjà plafonné. Donc, je dirais, moi, si demain, on veut, comme nous, nous souhaitons remettre l'impôt sur le revenu sur la planche, c'est-à-dire avec 14 tranches plus équitables, plus redistributifs, il n'y a pas de problème. Dans ce cas, on pourra revoir l'ensemble des abattements. Pourquoi pas celui des journalistes à 20% par exemple ? Mais tant que ce n'est pas que ça, je ne suis pas pour toucher.

Et comme par hasard, c'est toujours les retraités qu'on vise. Je suis contre ça. Alors, il y a dans le viseur de la ministre, une autre thématique qui est évoquée, c'est celui des arrêts maladiens. Boum des arrêts maladies, dit Amélie de Montchalin. Plus 25% dit-elle depuis 2021. Sanctionner plus sévèrement les fraudeurs comme elle le souhaite. Est-ce que vous seriez d'accord avec cela ? Donc, il faudrait peut-être s'interroger pourquoi les gens sont plus malades déjà. C'est peut-être la première interrogation, parce qu'il y a un boom.

C'est peut-être les problèmes de management, c'est peut-être les problèmes de santé en France, dont on sait que pour une grande partie de nos concitoyens, ça devient difficile au niveau accès. C'est peut-être parce qu'au niveau du travail, il y a des stress, des choses comme ça. On devrait s'interroger là-dessus. Au lieu de ça, qu'est-ce qu'on dit ? On dit qu'en gros, il faut réduire les congés. Comme par hasard, ça attaque toujours les mêmes, c'est-à-dire les salariés, ceux qui travaillent. Donc là aussi, je ne pense pas que ce soit le bon gisement. Et encore une fois, ça fait partie de ces leurs que vous mettez sur la table.

On dit aux gens, vous vous rendez compte, quand même, c'est scandaleux. Votre voisin à côté, il a encore j'ai dit, est-ce que c'est normal ? Et ça permet d'éviter de regarder tous ceux qui, chaque année, gagnent des dizaines de milliards d'euros grâce à... Très concrètement, regardez, il y a une autre mesure très concrète qui concerne les Français. Le fait, par exemple, de ne pas indexer pendant un an les prestations sociales sur l'inflation. Ça ne semble pas exclu par le gouvernement. La ministre juge que ce n'est pas la même chose de le faire quand l'inflation est à 4%, comme ça a parfois pu être le cas, ou à 1,5% comme elle le dit, comme en ce moment.

Sous-entendu, ce serait plus un de l'heure. Ça, pourquoi pas ? On attaque toujours les mêmes. Alors là, maintenant, c'est les prestations sociales. À défaut d'attaquer... Vous l'avez lu ? Oui, d'accord, mais à défaut. Non, mais ce n'est pas vous qui faites le traducteur. Mais est-ce que ce n'est pas moins un de l'heure ? Non, mais ce n'est pas le problème d'être un de l'heure. Est-ce que c'est juste ? Est-ce que, économiquement, c'est rentable ?

Est-ce que c'est rentable de baisser les prestations sociales de gens qui, par définition, parce que c'est des prestations, je veux dire, qui touchent la plupart du temps des populations qui n'ont pas de quoi épargner, vont, en général, la consommer ? Est-ce qu'on pense que ça va jouer ou pas sur un aspect récessif par rapport à l'économie ? Bien évidemment que, nous, ce genre de mesure n'est pas bonne. Vous savez que la baisse des dépenses publiques à 40 milliards, si on ne le fait pas sur les recettes, ça a un aspect, un coût récessif, allez, on va dire de 0,6 à 0,8 points du PIB l'an prochain. C'est-à-dire autant de recettes en moins. Donc ça, ce n'est pas des bonnes pistes.

Il faut arrêter de viser ceux qui travaillent, ceux qui ont des revenus qui dépendent de leur travail, comme les retraités. Je pense que ce n'est pas là-dessus qu'il faut aller. Dans la tribune dimanche au milieu de l'économie, Eric Lombard a appelé au patriotisme les patrons. Est-ce que vous êtes satisfait de la prise de position du ministre de l'économie ? Écoutez, satisfait, ça ne sert à rien. Voilà, c'est tout. Je ne sais plus quelle était la phrase de Bruno Le Maire. Vous aviez mimé Bruno, Bruno souhaite, je crois. Bruno réclame. Bruno réclame et maintenant Eric Lombard appelle. Écoutez, on sait très bien que ça n'a eu aucun effet. Ce n'est pas la question du patriotisme.

La question, c'est que le capitalisme tel qu'il est développé aujourd'hui, c'est un capitalisme qui essaye de produire le plus de bénéfices possibles pour nourrir les actionnaires. Je parle des très grandes entreprises. Je parle de ce qui domine l'économie. Je ne parle pas des PME, TPE, etc. Donc, penser qu'ils vont changer leur comportement sans règles, sans lois, etc. Eh bien, vous avez du mal à écrire depuis 2017. Eric Lombard a des mesures très concrètes qui concernent plus largement aussi, dit-il, ce qui se passe, on le voit avec les Américains.

Par les mesures qu'il met en avant, il y a le fait de vouloir taxer désormais, vous savez, tous ces petits colis qui viennent d'un certain nombre de sites chinois. Aujourd'hui, en dessous de 150 euros, c'est exonéré de droits de douane en Europe. Est-ce que vous dites, d'accord, il faut taxer ces... Regardez, nous, on est prêts à aller vite. Sur toute la question aujourd'hui posée par les Etats-Unis, même si là, comme vous remarquez, c'est les Etats-Unis qui posent après-mêmes, c'est les Chinois. Il y a beaucoup de gens qui, peut-être vous, peut-être moi, qui commandons parfois des colis comme cela.

C'est vrai que pour les commerçants en France, c'est vrai que pour ceux qui n'ont pas ces avantages-là en France, c'est une concurrence déloyale. Donc, je ne suis pas contre le fait de regarder. Nous ne sommes pas un protectionnisme solidaire. C'est-à-dire ce qui est fabriqué à des coûts sociaux et écologiques qui font une concurrence des loyers en France, on est pour regarder à l'avenir comment on fait en sorte de s'en protéger et de permettre une relocalisation industrielle. Maintenant, la question qui là est posée, excusez-moi, c'est pas aujourd'hui l'urgence, c'est pas la Chine.

L'urgence, c'est aujourd'hui les Etats-Unis qui nous disent, même s'ils ont fait une pause par rapport à l'Europe, le temps que l'Europe baisse la tête et accepte les contraintes de Trump, qui nous disent qu'on peut augmenter les tarifs douaniers. Moi, je suis plus pour taxer les capitaux. Par exemple, prenons les Etats-Unis, je serais plus pour aller taxer les GAFAM, les services, les entreprises financières américaines, que d'aller taxer les produits que du coup, les gens vont payer plus cher. Ça va faire beaucoup de mal à leur pouvoir d'achat. Vous évoquez justement la stratégie vis-à-vis de Donald Trump.

Est-ce que ça veut dire que la bonne stratégie pour vous, c'est plutôt d'aller au bras de fer comme la Chine, qui a décidé de surtaxer les produits américains à 125% ou ce que fait l'Europe de négocier ? Quelle est la bonne stratégie ? Ni l'une ni l'autre. Pour l'Europe, ni l'une ni l'autre. C'est-à-dire taxer de manière globale les produits américains de la même manière, je vous le dis, ça va faire que les gens vont acheter plus cher ici les produits et donc l'inflation va remonter et ça sera mauvais pour notre économie.

Je vous le dis, je suis plutôt pour aller faire des choses qui sont indolores pour le consommateur français, mais qui sont douloureux pour le capitalisme américain, pour aller vite. D'où les taxes dont je vous ai parlé tout à l'heure. Par contre, il faut mettre en place, avec l'Europe si c'est possible, et avec les pays européens qui le souhaiteront si l'Europe ne le veut pas dans sa globalité, il faut mettre en place à l'avenir ce que j'appelle un protectionniste solidaire, de façon justement à pouvoir à un moment donné éviter les désavantages du libre-échange, de ce grand déménagement du monde, de cette concurrence entre les pauvres qui est faite.

Mais dans l'instant, allons plutôt taxer les GAFAM, allons plutôt taxer ces entreprises. On a évoqué les différentes mesures, l'Europe je vais vous dire, pourquoi je pense que la solution, il ne faut pas dépendre seulement de ce que fera l'Union Européenne, c'est que j'ai peur qu'ils négocient, et j'ai peur qu'ils acceptent finalement les conditions de Trump, qui est de dire, on vous augmente moins les tarifs douaniers, mais vous nous achetez notre énergie, vous nous achetez nos armes, vous nous achetez nos produits, parce que c'est ça qu'il met sur la table, et là je ne suis pas d'accord non plus.

On évoque ces propositions, que ce soit au niveau international ou au niveau français, pour le budget. Le Premier ministre a dit, rendez-vous avant le 14 juillet, pour faire le point. Concrètement, avant le 14 juillet, est-ce que ça veut dire qu'à ce moment-là, vous, vous lui promettez la censure ? Il est génial, parce qu'il fait d'une chose normale et constitutionnelle, une nouveauté. Le 14 juillet, ça s'appelle le tir à part, normalement, c'est les grandes lignes du budget, et normalement, on le reçoit tous les ans, il n'y a que la dernière, on ne l'a pas reçu. Mais est-ce que déjà, vous lui promettez une motion de censure avant le 14 juillet ?

Avant le 14 juillet, moi, je le souhaiterais, parce que je pense qu'il va y avoir des rendez-vous, notamment, on va s'apercevoir qu'en réalité, la réforme borne est prolongée sur les retraites, donc il y aurait déjà des sujets. Mais comme vous le savez, par exemple, des groupes nous ont manqué, notamment un groupe qui est le groupe socialiste. Alors, très concrètement, toute la gauche est prête à faire une motion de censure. Nous, on sera à ce moment-là prêts. Qu'est-ce que vous dites ce matin, justement, aux socialistes ? Parce que pour que cette motion de censure soit votée, il faut que le RN la vote. Ce n'est pas le plus improbable.

Et qu'est-ce que vous dites aux socialistes, à Olivier Faure, ce matin ? Nous, on attend. S'il nous dit, OK, on est prêts pour voter une motion de censure, on sera prêts pour la déposer. On ne fera pas semblant, on ne mettra pas une motion de censure, comme ils l'ont fait à un moment donné, après ne pas avoir censuré le gouvernement Bérou sur le budget, qui en réalité ne servira à rien. François Bayrou, qui a annoncé qu'il allait engager une consultation sur la proportionnelle à partir du 28 avril avec les partis et les groupes parlementaires, quand vous serez consulté, qu'est-ce que vous lui direz sur cette proportionnelle ? Qu'est-ce que vous souhaitez, vous, à la France Insomésie ?

Moi, je ne souhaite pas de proportionnelle qui serve des intérêts, j'allais dire, conjoncturels. C'est-à-dire que si c'est pour essayer de s'arranger, d'aller jusqu'en 2027, de faire plaisir au RN ou je ne sais quoi, je ne suis pas d'accord. Nous, on est pour une Cidème République, pour une Constituante. Donc, par exemple, une proportionnelle intégrale qui remettrait en question, qui remettrait l'équilibre, je ne suis pas contre, mais une proportionnelle, j'allais dire, pour s'arranger comme ça, je trouve ça à la limite de ce que je comprends. Donc, elle serait différente selon les départements pour être élue selon des modalités dans un département et selon d'autres.

Ça, je ne suis pas d'accord. Je pense qu'il faut qu'on soit élus tous de la même manière. Et donc, je ne crois pas que l'urgence soit, au cours d'un mandat, d'essayer de s'arranger avec une proportionnelle. Éric Coquerel, il y a des élus français qui avaient prévu d'aller en Israël. Ils ne pourront pas le faire. Une délégation d'élus de gauche interdite d'accès. 27 parlementaires élus français qui ont dénoncé hier, je cite, une punition collective après l'annulation de leur visa à deux jours d'un déplacement prévu en Israël. Ils en appellent à Emmanuel Macron dans la délégation. Il y a par exemple François Ruffin, Alexis Corbière, qui était précédemment avec vous à la France insoumise.

Le ministère de l'Intérieur israélien a confirmé avoir annulé les visas en invoquant, je cite, une loi permettant d'interdire l'entrée du territoire à des personnes qui veulent, je cite, agir contre l'État d'Israël. Qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce que vous aussi vous en appelez comme eux à Emmanuel Macron ? En tout cas, oui. Le président de la République devrait plutôt s'occuper du fait qu'il y a peu de temps, Benjamin Détagnabu a pu survoler l'espace aérien français alors qu'il est recherché, je vous le rappelle, pour crime de guerre, alors même qu'il interdit à des parlementaires.

Ça a été fait aussi avec des parlementaires européens qui ont été empêchés d'arriver notamment avec ma collègue Rima Hassan. Donc c'est absolument scandaleux. Mais ça fait longtemps que la France devrait... Alors, la France devrait taper beaucoup plus du poing sur la table par rapport à ce que fait Israël et pas seulement vis-à-vis des parlementaires français, mais vis-à-vis des actes génocidaires qui se poursuivent malheureusement à Gaza où on compte des dizaines de morts par jour sans que ça fasse les unes de l'actualité. Hier, notre invité était Bernard-Henri Lévy. On l'a écouté dans BFM Politique.

Il a évoqué notamment celui qui est votre ancien candidat à la présidentielle, peut-être futur aussi candidat à l'élection présidentielle. Il s'est montré très sévère à l'égard de Jean-Luc Mélenchon. Je vous propose de l'écouter.

17:15
Éric Coquerel

Il n'est plus républicain, il n'est plus laïc et il tient des propos qui flirtent dangereusement avec la ligne rouge. Pourquoi il n'est plus républicain ? Pardon ? En quoi est-il sorti ? Pourquoi il n'est plus républicain ? La police républicaine vient perquisitionner dans les locaux de son parti et il brutalise le policier. Il en vient quasiment au main et il dit « La République, c'est moi ».

17:41
Présentateur

Ah non ! Jean-Luc Mélenchon n'est plus républicain, dit Bernard-Henri Lévy. Qu'est-ce que vous lui répondez ? Rien, ce n'est pas nouveau. Ça fait sept ans qu'il raconte ça. Écoutez, moi, je trouve que les attaques vis-à-vis de Jean-Luc Mélenchon et les filles qui viennent de l'extrême droite, qui sont relayées par des gens comme Bernard-Henri Lévy, ce n'est pas l'extrême droite, Bernard-Henri Lévy. Non, il relaie les attaques d'extrême droite. Donc, c'est pareil, il relaie les calomnies. Au départ, c'est l'extrême droite, maintenant, c'est la droite, maintenant, c'est des gens comme Bernard-Henri Lévy. Ce n'est pas nouveau.

Je vais vous dire, qu'est-ce qu'on nous reproche depuis maintenant, le 7 octobre, parce que ça participe de ça, c'est le fait d'avoir dit que les droits des peuples palestiniens devaient être reconnus et que les actions génocidaires du gouvernement d'Étienne, je ne parle même pas d'Israël, mais du gouvernement d'Étienne, devaient cesser. Et on se reçoit des calomnies, des attaques incessantes. Donc, je ne suis pas d'accord avec ce que dit M. Lévy.

Et je trouve qu'il faudrait peut-être arrêter, parce que le jour où, si jamais, un jour, à force de ces attaques, nous étions marginalisés, si Lévy était dans la capacité de peser, vous verriez que la question en France du racisme, la question en France de la lutte contre l'antisémitisme s'en porterait plus mal. Il y en a une qui s'est montrée très sévère avec Jean-Luc Mélenchon il y a quelques semaines et qui le continue parfois, c'est Marine Tondelier. Marine Tondelier qui a été réélu à la tête des Verts. Bonne ou mauvaise nouvelle pour vous ? Je n'ai pas envie de commenter. C'est les questions internes au Vert. Je n'ai pas envie de commenter.

C'est un partenaire ou ce n'est pas un partenaire ? Si, c'est un partenaire. On souhaite, par exemple, les rencontrer pour les municipales. Donc, ça peut être un partenaire. Le groupe Vert à l'Assemblée, à partir du moment où ils votaient la censure avec nous, est un partenaire. Pour le reste, je n'ai pas envie ni de commenter les petites phrases, ni le fait qu'elle ait été élue ou pas. C'est la question des Verts. C'était assez prévisible. Des listes communes avec les Verts au municipal ? Nous, on propose d'avoir des accords. Peut-être pas des listes communes partout. On propose d'avoir des accords nationalement avec les Verts au municipal ou partout. Partout, ça ne sera pas possible.

Parce qu'ils ont des modalités qui font que les décisions se prennent localement. Mais là, pour la première fois, ils acceptent de discuter. J'espère qu'on va pouvoir trouver dans un certain nombre de villes, j'allais dire, des façons d'avancer ensemble. Ne serait-ce que parce que souvent, au niveau municipal, on a des programmes quand même assez proches de rupture. Merci beaucoup, Éric Coquerel. Merci d'avoir été mon invité. Il est 8h52 sur RMC et BFM TV.