Retrouvez l'interview de Christophe Béchu, invité de la matinale de TF1
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Votre invité ce matin est Christophe Béchut, le maire d'Angers, secrétaire général du parti Horizon, ancien ministre. Bonjour Christophe Béchut. Bonjour Adrien Gindre.
On le voyait dans le journal, l'ancien ouragan, Kirk, devenu dépression, va balayer la France aujourd'hui en étant des pluies intenses, 30 départements en vigilance orange. Vous avez été ministre, vous avez eu à gérer pareille situation. Que peut faire le gouvernement dans un cas comme ça ?
D'abord être extrêmement précis sur l'information. Parce que cette dépression, elle n'arrive pas à n'importe quel moment, elle arrive dans un contexte où on a des nappes phréatiques qui sont très hautes. Et donc le vrai risque, avec les pluies abondantes, c'est d'avoir vide des inondations parce qu'on a des nappes qui vont être réactives.
Donc rappeler les gestes qui consistent à ne pas descendre de chez soi, à ne pas prendre sa voiture si on se retrouve avec des torrents d'eau, à faire en sorte d'écouter la radio, de suivre les informations. Ça peut sembler bête, mais c'est crucial et ça sauve des vies. Et on est dans un moment compliqué parce qu'on a effectivement ces précipitations extrêmement intenses qui sont attendues.
Vous diriez comme la nouvelle ministre en Espagne-Runaché, il y a quelques jours, quand il y a eu des inondations à Cannes, c'est la faute à l'urbanisation, ça avait déclenché la colère du maire de Cannes ? C'est un raccourci. Je crois qu'il y a deux choses.
On a à cause du réchauffement climatique une perturbation du climat qui conduit à avoir des épisodes de plus en plus compliqués, avec des pluies très intenses, etc. Et en parallèle, il y a ce que nous devons faire pour essayer de le limiter. On sait qu'il va faire de plus en plus chaud.
Il faut qu'on favorise la pousse de forêt, la plantation d'arbres pour l'éviter. On sait qu'on va avoir des épisodes de ruissellement de plus en plus intenses. On doit moins bétonner pour éviter d'aggraver ce que le réchauffement climatique.
Quand vous entendez Michel Barnier, qui il y a quelques jours disait dans sa déclaration de politique générale qu'il fallait faire évoluer la réglementation zéro artificialisation nette, c'est un nom barbare pour dire qu'il faut moins construire et laisser un peu plus la nature. Vous êtes d'accord ? Je me suis beaucoup investi sur ce sujet.
On ne peut pas transiger sur le fait de moins bétonner. Je crois profondément que c'est les mêmes débats que sur la loi littorale. Il y a 40 ans, quand on a dit aux élus du littoral, on va interdire de construire, ils nous ont dit vous nous mettez sous cloche, vous nous empêchez de vivre et de prospérer.
Aujourd'hui, tout le monde mesure qu'on a eu raison. De la même manière, il faut tenir bon sur le fait de limiter les droits à bétonner. Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas essayer de discuter avec les maires pour savoir comment on peut continuer à souplir ces dispositifs.
Mais il ne faut pas changer de cap, ce serait irresponsable. Christophe Béchut, le gouvernement présente demain son projet de budget. Il demande 5 milliards d'euros d'économie aux collectivités locales.
Vous êtes maire. Est-ce que vous considérez que ces 5 milliards sont faisables ? Je précise que le vice-président délégué de l'Association des maires de France dit nous n'acceptons aucune des mesures d'économie.
On ne peut pas dire ça. On ne peut pas dire qu'on n'accepte aucune mesure d'économie. On a un déficit public élevé dans un contexte de dette record.
Donc si on dit je suis contre les hausses d'impôts, je suis contre les baisses de dépenses, on entre dans une forme d'irresponsabilité. Et donc on fait ça qu'une guerre d'économie ? En revanche, moi j'attends la copie globale.
Ce qui me trouble à la minute où on se parle, c'est que globalement, il semblerait qu'on demande aux collectivités un effort qui représente 15-20% de l'effort global alors qu'elle ne pèse que 5% de la dette. Autant je suis attaché à ce que chacun prenne sa part, autant je pense qu'il faut de la justice dans la manière dont on le répartit. Sinon quoi ?
Ce sera quoi les conséquences concrètement ? S'il y a des économies dans les montants que vous venez d'évoquer, vous venez d'évoquer ? En fait, la difficulté elle est très simple.
Un mandat municipal, il commence en 2020, il se termine en 2026. Dans la quasi-totalité des communes de France, on est en plein chantier. Entre le chantier de ma bibliothèque chez moi, je ne vais pas l'arrêter en 2025 en disant « Désolé, on ne va pas faire la dernière tranche ».
Il faut comprendre que le mieux avec les collectivités, c'est d'essayer de passer avec elles des contrats sur un temps long en 10 ans, sur une période glissante. Mais c'est très compliqué de leur dire « L'année prochaine, vous devez faire ceci ou cela de plus ou de moins » parce qu'on est engagé dans des processus qui sont des processus longs. Et on a évidemment des domaines dans lesquels on peut faire des économies.
Ça peut passer par exemple par le nombre de fonctionnaires ? On ne peut rien faire. C'est-à-dire qu'il faut baisser le nombre de fonctionnaires, notamment dans les collectivités ?
Il y a 36 000 collectivités. Il y en a certaines dans lesquelles il y a eu effectivement des recrutements qui peuvent interroger. Il y en a d'autres qui sont très en dessous des ratios.
Donc on a une disparité de situation qui fait que, sincèrement, c'est un sujet qui n'est pas approprié, j'allais dire, à des grandes déclarations comme celle de M. Lagnel, qui nécessite un travail sérieux. On a une ministre en charge du partenariat avec les collectivités locales qui a été élue locale et dont la porte est ouverte.
C'est avec elle très clairement qu'il faut qu'on discute. Très rapidement, il y a un chiffre qui est évoqué, 1,5 milliard de baisse du fonds vert. On parlait justement d'adaptation au climat, etc.
Le fonds vert, ça permet aux communes, notamment, des projets de transition écologique. Vous avez porté ce fonds vert. On peut économiser 1,5 milliard ?
Je vous confirme, on peut toujours économiser. Mais il faut bien mesurer que je pense que c'est un mauvais signal parce que c'est la subvention qui sert aujourd'hui à accélérer en matière de transition écologique. Et le problème en matière d'écologie, c'est qu'on ne parle jamais du coût de l'inaction.
Donc on compare ce que ça coûte avec ce qu'on pourrait économiser. Sauf que si on n'investit pas, par exemple, pour prévenir la montée des océans et l'érosion du trait de côte, ce que ça nous coûtera à la fin si on ne fait rien, ce sera 10 fois plus cher pour les finances publiques que ce qu'on fait. Donc dans les économies, c'est important de regarder les endroits où vous pouvez enlever, du gras ou de maître de la justice, et les domaines dans lesquels, à l'inverse, vous prenez demain des risques pour la suite. – Dans les sujets qui peuvent permettre de faire des grosses économies, il y a quelques années maintenant, Edouard Philippe, que vous soutenez, c'est votre parti, avait évoqué une retraite à 67 ans.
C'est toujours une proposition d'actualité ? – Edouard Philippe a dit que quand on compare ce qui se passe à l'échelle de l'Europe, il y a des pays qui sont à 65, 66, 67 ans. C'est la phrase exacte.
Il n'a jamais préconisé 67 ans pour notre pays. En revanche, laisser penser aux Français que dans le contexte dans lequel nous sommes, revenir sur la réforme des retraites, qui a au contraire permis de faire des économies, ça permettrait d'améliorer la situation budgétaire de la France, c'est leur mentir. – On voit quand même que votre parti, le parti Horizon, est quand même un peu le bon élève du socle commun, comparé aux députés Renaissance, qui encore hier se sont chamaillés avec le Premier ministre en réunion de groupe.
Votre soutien à Michel Barnier, vous, il est inconditionnel ? – Je ne dirais pas ça. Je ne connais pas de soutien qui soit inconditionnel, à part celui de ses parents pour leurs propres enfants. – Mais en politique, c'est rarement un mot qui a du sens.
Il faut être clair. Michel Barnier, il est pro-européen, attaché à la décentralisation, et il considère qu'il faut de l'ordre dans les comptes et dans la rue. C'est exactement ce qu'est la ligne d'horizon depuis trois ans.
Aujourd'hui, on est le 9 octobre. Et je vous remercie de m'avoir invité le jour de l'anniversaire de la création du parti. Nous, ce qu'on souhaite, c'est la réussite du pays.
On ne dit pas qu'on sera d'accord avec tout. On dit que si Michel Barnier échoue, c'est le boulevard pour que les extrêmes, pour que M. Mélenchon et Mme Le Pen se retrouvent à un moment face à face. – Ça veut dire que vous préparez aussi la présidentielle déjà maintenant ? – Je vous le confirme.
Et très clairement, à l'occasion de ce troisième anniversaire, on va, dans les minutes qui viennent, informer l'ensemble de nos adhérents d'un certain nombre de changements. D'abord, on va se doter d'une commission nationale d'investiture, dont la présidence va être confiée à Christelle Morancet, la présidente de la région Pays de la Loire, pour préparer des dizaines, des centaines de candidats pour les élections législatives au moment où elles arriveront et pour se tenir près dans tous les cas de figure. Ensuite, une autre femme, Stéphanie Guiraud-Chomeil, maire d'Albi, va prendre la présidence d'un institut de formation que nous lançons, parce qu'on est convaincu que si on veut aussi changer la politique, il faut qu'on aide les femmes et les hommes qui s'engagent en politique à se former.
Gilles Boyer va devenir déléguée générale du parti à mes côtés et on va, dans les semaines qui viennent, annoncer plusieurs dizaines de secrétaires nationaux thématiques pour que l'année prochaine, on puisse commencer à présenter le programme massif dont Edouard Philippe a parlé en annonçant sa candidature et en avançant de manière très méthodique sur tous ces sujets en 2025. Merci Christophe Béchum.
Christophe Béchu