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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 28 octobre 2017 64 minContradictoireActualité / polémiqueOutre-merImmigration & asileÉconomie & entreprisesSécurité

Guyane : Macron en terrain miné #cdanslair 28.10.2017

Source d'origine 10 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:42OuverteRéponse directe

    Alain Boer, une visite présidentielle, c'est toujours un moment extrêmement important pour un département ou un territoire d'Outre-mer ?

  • 6:20OuverteRéponse directe

    Pascal Péry, est-ce qu'on peut rappeler ce qui s'est passé il y a six mois, la Guyane secouée par un mouvement social ?

  • 8:31OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'était le bon moment pour revenir et est-ce que ce genre de visite n'est pas quand même extrêmement risqué ?

  • 15:26OuverteRéponse directe

    Le discours d'Emmanuel Macron n'était-il pas infantilisant à l'égard des Guyanais ?

  • 23:09OuverteRéponse directe

    Mais êtes-vous d'accord avec ce que disait Célia Cléry il y a quelques instants, c'est qu'on a le sentiment que ce président n'est pas particulièrement sensibilisé aux questions de l'outre-mer pour l'instant ?

  • 25:45OuverteRéponse directe

    Il veut ouvrir une nouvelle page avec les territoires ultramarins, est-ce que ce sera suivi d'acte ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:29PrésentateurFait
    « « Je ne suis pas le Père Noël » »
  • 0:41PrésentateurChiffre
    « Un milliard d'euros d'investissement, pas plus, pas moins »
  • 5:30InvitéChiffre
    « La Guyane est le premier département en termes de cas de sida. »
  • 10:26InvitéFait
    « Il faut vous inscrire et aller faire les qualifications qui vont s'ouvrir en janvier par rapport aux besoins. »
  • 12:15Locuteur 2Fait
    « Moi je ne suis pas le Père Noël parce que les Guyanais ne sont pas des enfants. »
  • 13:24InvitéFait
    « La République, elle ne cède pas aux gens qui sont en cagoule. »
  • 22:28InvitéChiffre
    « Il faudra maintenant avoir passé 15 ans en Guyane pour obtenir le RSA. »
  • 25:33PrésentateurFait
    « Il ne veut plus de cette relation asymétrique où les territoires ultramarins voient l'État comme quelqu'un à qui on demande et qui ne fait jamais assez. »
  • 27:24Locuteur 8Fait
    « on l'a mis à Kourou parce que c'était le meilleur endroit pour installer un centre spatial »
  • 27:35Locuteur 8Fait
    « on a importé massivement des techniciens »
  • 27:36Locuteur 8Chiffre
    « on a doublé triplé quadruplé les salaires des expatriés »
  • 31:54InvitéChiffre
    « un millier de demandeurs d'asile en 2010, huit fois plus nombreux l'an dernier »
  • 33:27InvitéChiffre
    « ces Brésiliens assurent gagner 1000 euros par mois, beaucoup plus que dans leur pays d'origine »
  • 34:40InvitéChiffre
    « chaque année en Guyane, 5000 clandestins sont expulsés »
  • 36:49InvitéChiffre
    « 44% de la population qui vit sous le seuil de pauvreté en Guyane »
  • 48:04InvitéChiffre
    « le taux de chômage est deux fois supérieur à celui de la métropole »
  • 53:45InvitéChiffre
    « en Martinique ou en Guadeloupe, l'exploitation agricole moyenne c'est 5 hectares »
  • 53:20InvitéFait
    « il faut changer complètement le logiciel »
  • 53:44InvitéChiffre
    « l'exploitation agricole moyenne c'est 5 hectares »
  • 54:00InvitéFait
    « on a dans la constitution deux outils les articles 73 et 74 »
  • 54:16InvitéFait
    « les français de ces territoires ne veulent pas être indépendants »
  • 55:26InvitéFait
    « les jeunes partent et ne reviennent pas »
  • 56:45Locuteur 8Fait
    « l'état prévoit de renforcer le nombre de policiers de gendarmes accessoirement de douaniers »
  • 57:15Locuteur 8Fait
    « nul ne sait quelle est la population réelle de la Guyane c'est un mystère total »
  • 1:00:27InvitéChiffre
    « 500 millions d'euros pour les collectivités pour faire des écoles des lycées des collèges »
  • 1:00:42InvitéFait
    « la construction d'un tribunal de grande instance à Saint-Laurent-du-Maroni »
  • 1:02:30InvitéChiffre
    « il y a toujours cette revendication des 2,5 milliards »
  • 1:03:40InvitéFait
    « elle est le premier pourvoyeur de satellites dans le monde »

Temps de parole

  • Invité54 %
  • Locuteur 826 %
  • Présentateur14 %
  • ?4 %

≈ 26 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:10
Locuteur

Bonsoir

0:11
Présentateur

à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. Emmanuel Macron à l'épreuve du terrain. Depuis trois jours, le président effectue une visite mouvementée en Guyane. Six mois après le mouvement social qui avait paralysé le territoire, il est confronté à une colère d'une partie de la population. Une fois de plus, le chef de l'État a fait usage d'une formule choc. « Je ne suis pas le Père Noël », a-t-il dit. Petite phrase qui a été immédiatement très commentée. Pas de cadeau donc, mais la promesse que les engagements de l'État pris au printemps seraient tenus. Un milliard d'euros d'investissement, pas plus, pas moins, a néanmoins prévenu Emmanuel Macron.

Un président plutôt décontracté en bras de chemise qui n'a pas hésité à faire une visite surprise hier soir dans des quartiers sensibles de Cayenne, mais un président déterminé face à la réalité souvent difficile de ce département d'Outre-mer. On en parle avec nos invités. Alain Boer, vous êtes professeur de criminologie, professeur au Conservatoire national des arts et métiers. Vous avez réalisé le plan de sécurité de Cayenne il y a quelques années. Je rappelle votre ABC de la criminologie aux éditions du CERF. Célia Cléry,

1:13
Locuteur

vous

1:13
Présentateur

êtes journaliste politique à France O, réélectrice en chef adjointe de la radio Outre-mer Première. Soazie Kéméner, vous êtes réélectrice en chef du service politique de Marianne. Marianne qui titre cette semaine sur les vrais assistés de la République. Pascal Péry, vous êtes économiste, vous étiez rapporteur des États généraux de l'Outre-mer sur les questions économiques. Je rappelle votre livre, La Révolution Antillaise chez Erol. Bonsoir à tous les quatre. Merci beaucoup de participer à cette émission en direct. Nous attendons bien sûr vos questions par SMS et Internet.

Alain Boer, une visite présidentielle, c'est toujours un moment extrêmement important pour un département ou un territoire d'Outre-mer

1:49
Locuteur

? C

1:50
Locuteur 8

'est essentiel, c'est d'ailleurs aussi essentiel pour le visiteur que pour les visités. Le visiteur donne l'image de quelqu'un qui s'occupe de ces populations éloignées, excentrées et qui sont toujours dans une situation parfois complexe, alors avec des mots d'humour sur le transport aérien et les billets d'avion qui ont, comme il l

2:12
Locuteur

'a

2:12
Locuteur 8

dit lui-même, touché une corde sensible. Je ne

2:15
Locuteur

suis

2:15
Locuteur 8

pas le seul ici à comprendre ce que ça veut dire. Et puis aussi une forte revendication permanente sur le développement, l'immigration et l'insécurité qui soit s'exprime de manière brutale, soit s'exprime de manière gentille, démocratique, habituelle par les élus représentatifs et qui semble répéter de manière récurrente. Moi, j'ai souvenir qu'en 1988, quand j'étais auprès de Michel Rocard, nous avions déjà les mêmes problématiques et qu'on pourrait peut-être réutiliser les mêmes discours, avec ou sans Père Noël d'ailleurs.

Mais la question est qu'on n'a toujours pas trouvé la martingale pour permettre un vrai développement de ces territoires, ceux dont on parle comme ceux dont on ne parle pas d'ailleurs, parce que vous avez le territoire le plus nombreux, le plus divers, le plus, entre guillemets, développé qu'est la Réunion. Il y a eu le Chaudron il y a une quinzaine d'années. On a des moments particuliers, mais on ne sait toujours pas comment résoudre ce qui touche environ 2,5

3:19
Locuteur

millions,

3:20
Locuteur 8

3 millions de nos compatriotes. Donc voilà, la Guyane, c'est un sujet extrêmement sensible parce qu'il y a eu les émeutes. La Guadeloupe,

3:27
Locuteur

ça

3:27
Locuteur 8

a été un sujet extrêmement sensible. La Réunion a été un sujet extrêmement sensible. Saint-Martin l'a été, alors pour d'autres raisons qui sont plus tropicales, au sens de la catastrophe naturelle. Mais chacun revient à l'ordre du jour et régulièrement on a ce débat. Saint-Pierre-et-Miquelon, on ne se rappelle pas, mais on avait débarqué le préfet, il avait failli lui envoyer des forces pour reprendre le contrôle de Miquelon qui s'était révolté, une toute petite île qui vit essentiellement de la pêche. On a tout ce problème qu'on n'a jamais vraiment traité, tout en expliquant tout le temps que c'est évidemment absolument indispensable. Alors il y

4:06
Locuteur

a

4:06
Locuteur 8

des endroits où on le comprend, en Kourou, d'autres endroits qui ont été un territoire important d'essai nucléaire, la Polynésie. Certains qui sont des confettis de l'Empire où on expliquait que les nodules polymétalliques, le territoire ultramarin donnaient une dimension à la France immense. Mais en fait, comme Gibraltar, pour nos amis anglo-espagnols, on a souvent des endroits, les Malouines, où il y a eu une guerre entre l'Angleterre et l'Argentine. On a des espèces de points de fixation où on est à la fois très dans le symbole

4:39
Locuteur

et

4:40
Locuteur 8

très peu dans le développement.

4:41
Présentateur

Il faut quand même rappeler

4:43
Locuteur

que

4:43
Présentateur

pour ce qui concerne Emmanuel Macron, la Guyane, ce n

4:46
Locuteur

'est

4:46
Présentateur

pas forcément un bon souvenir parce que pendant la campagne présidentielle, il avait fait une gaffe.

4:51
Locuteur

Il

4:51
Invité

avait fait une gaffe, il avait dit que la Guyane était une île. Alors après, il s'est rattrapé en expliquant qu'il parlait de l'île de Cayenne qui effectivement est communément nommée comme ça. Mais la Guyane, c'est le seul département d'outre-mer justement qui ne soit pas une île.

5:03
Locuteur

Et

5:03
Présentateur

ça avait vexé les Guyanais ?

5:05
Invité

Ça avait beaucoup vexé les Guyanais.

5:07
Locuteur

Et

5:07
Invité

puis surtout, au-delà de ça, ça leur avait donné l'impression que le président ne connaissait pas leur territoire et ne savait pas de quoi ils parlaient. Et là, par rapport au voyage présidentiel, il y a eu une deuxième bourde qui a été faite juste avant le départ. Il y

5:19
Locuteur

a

5:19
Invité

une note sanitaire qui a été envoyée aux journalistes pour leur donner des consignes, pour se prémunir de ce qui pouvait les toucher quand ils étaient en Guyane. Alors, il était fait allusion au fait qu'il n

5:30
Locuteur

'y

5:30
Invité

avait pas de l'eau potable partout en Guyane. Donc, il ne fallait pas boire l'eau du robinet, qu'il fallait se protéger parce que la Guyane est le premier département en termes de cas de sida. Alors, on ne voit pas bien ce que ça va faire peut-être dans un voyage présidentiel pour les journalistes. Mais en tout cas, cette note-là, elle a effectivement provoqué la colère sur place, non seulement de la population, mais des élus. Parce qu'à la suite de ça, il y

5:50
Locuteur

a

5:50
Invité

eu un communiqué, notamment de l'Association des maires de Guyane, qui a dit, puisque c'est comme ça, nous, on ne veut pas rencontrer le président de la République. parce qu'il ne vient pas parler des accords de Guyane. Il vient parler de l'Europe avec le sommet des régions ultra-périphériques qui a eu lieu pendant son déplacement. Il vient aussi nous parler de toute autre chose, mais absolument, des assises des Outre-mer qu'il a lancées en Guyane, qui est une promesse de campagne. Peut-être, on y reviendra. Mais il ne vient pas nous parler de ce qui nous intéresse concrètement, ces accords de Guyane signés sous le président de la

6:18
Locuteur

République. Le

6:18
Invité

quinquennat, et dont on veut savoir s'ils aboutiront concrètement.

6:21
Présentateur

Pascal Péry, est-ce qu'on peut rappeler, parce que quand même, c'est très important pour démarrer cette émission, ce qui s'est passé il y a six mois, la Guyane secouée par un mouvement social qui a été vraiment de très grande ampleur. Que s'est-il passé à l'époque

6:32
Locuteur

?

6:32
Invité

Alors, il y a effectivement une histoire des mouvements sociaux dans les territoires d'Outre-mer. C'était le mouvement des 500 frères. On s'en rappelle, parce que c'était des gens qui étaient cagoulés et qui réclamaient simplement des mesures de compensation pour le territoire. Alors, ça a été un mouvement assez radical, mais ça n

6:51
Locuteur

'a

6:51
Invité

pas été un mouvement violent en même temps, d'autant que ceux qui se cachaient derrière ces masques n'étaient certainement pas des délinquants ou des voyous, mais parfois des fonctionnaires, des chefs d'entreprise, des entrepreneurs, des salariés, des artisans, des gens qui souhaitaient simplement pouvoir vivre dans un territoire, dans des conditions économiques et sociales à peu près normales. Je pense qu'on prend mal le problème de l'Outre-mer. Si, comme le dit Alain Boer, très justement, régulièrement, il

7:21
Locuteur

y a

7:21
Invité

des mouvements sociaux dans ces territoires, c'est peut-être parce qu'on n

7:24
Locuteur

'a

7:24
Invité

pas posé la question du modèle. Ce sont des économies qui sont encore, pardon de la formule, mais des économies de comptoir, c'est-à

7:30
Locuteur

-dire

7:30
Invité

des économies qui fonctionnent avec la commande publique et avec le transfert de revenus sociaux. Ce sont des territoires qui sont assistés, reprenant un peu l'idée de Césaire, qui disait on ne souffre pas de sous-développement, on souffre de mal-développement. En réalité, l'argent public ne règle pas tout, si vous voulez, et à chaque fois qu'il y

7:48
Locuteur

a

7:48
Invité

un mouvement social, on augmente la dose et on se dit le problème est réglé. Non, il n

7:52
Locuteur

'est

7:52
Invité

pas réglé, il est simplement repoussé et moi je pense qu'il faut prendre le problème de l'Outre-mer ou des Outre-mer sur la base des promesses qui avaient été faites en matière d'économies endogènes.

8:03
Locuteur

C

8:03
Invité

'est-à-dire utiliser l'argent public qui est déversé sur ces territoires, non pas pour soigner les maux, mais pour retourner les économies, pour en faire des économies compétitives dans leur bassin économique et dans leur bassin d'emploi, c'est-à-dire aller progressivement vers une situation d'autonomie économique, sortir de l'assistance qui produit le poison qu'on voit assez régulièrement, des mouvements de mécontentement et qui repousse sans cesse la résolution des vrais problèmes.

8:31
Locuteur

Est

8:32
Présentateur

-ce que c'était

8:32
Locuteur

le

8:33
Présentateur

bon moment, deux questions en une, est-ce que c'était le bon moment pour revenir et est-ce que ce genre de visite n'est pas quand même extrêmement risqué ?

8:41
Invité

De toute façon, c'était risqué sur le papier dès le départ. Quand on regarde les résultats du premier tour de la présidentielle en Guyane, c'est quand même assez intéressant de voir que Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête avec 24,71% des voix, ensuite Marine Le Pen et ensuite Emmanuel Macron, troisième au premier tour de la présidentielle et ce n

8:58
Locuteur

'est

8:58
Invité

pas le cas du tout, ce n

8:59
Locuteur

'est

8:59
Invité

pas la même chose dans les autres territoires ou en région d'outre-mer. Donc déjà, il y avait cette spécificité politique, alors ensuite, il a gagné évidemment Guyane au second tour avec un point de moins que la moyenne nationale sur tout le territoire, métropole et outre-mer français. Donc déjà, il y a ce contexte politique particulier. Ensuite, il veut lancer les assises de l'outre-mer, il veut arriver juste après, juste au début de son quinquennat parce que lui n'a pas une histoire au long cours avec l'outre-mer. c'est un président neuf, un président nouveau, il ne

9:30
Locuteur

s

9:30
Invité

'est pas impliqué dans ce qui a été décidé, les accords de Guyane,

9:34
Locuteur

c

9:34
Invité

'était en avril dernier, il n'était plus au gouvernement, donc il veut réécrire une histoire. Donc il lance et il la lance à partir de la Guyane.

9:41
Présentateur

Emmanuel Macron achève donc aujourd'hui son déplacement en Guyane, une visite à haut risque, six mois après la grève générale, on l'a dit, qui avait paralysé le territoire pendant près de deux mois, trois jours sur place pour apaiser les tensions, trois jours de manifestations musclées, de bains de foule et de petites phrases l'occasion pour le président d'imposer son style. Julien Lenay et Aurélien Sanner.

10:03
Locuteur

La

10:04
Invité

visite n'était pas prévue. Hier soir, Emmanuel Macron, les manches retroussées, a surpris tout le monde. Dans ce quartier difficile de Guyane, il vient échanger avec la population et prendre la pause. Soucieux de soigner l'image d'un président protecteur et à l'écoute face à des jeunes sans travail. Il faut vous inscrire et aller faire les qualifications qui vont s'ouvrir en janvier par rapport aux besoins. Pour moi, c'est

10:32
Locuteur

comme

10:33
Invité

ça.

10:33
Locuteur

Ce

10:33
Invité

n

10:33
Locuteur

'est pas d'aujourd'hui. Non, ce n'est pas

10:34
Invité

d'aujourd'hui, mais ça peut changer aussi. Ce n

10:35
Locuteur

'est

10:35
Invité

pas une fatalité. Le chef de l'État entend se confronter au réel et au problème de la Guyane comme celui des personnes en situation illégale. C'est dur ici déjà. Oui. C'est dur. Oui. Mais c'est pour ça aussi qu'on ne peut pas donner les papiers à tout le monde. Et pour vous, ce n

10:53
Locuteur

'est

10:53
Invité

pas une bonne chose de faire ce que vous faites. Vous restez

10:57
Locuteur

sans

10:57
Invité

papiers.

10:57
Locuteur

Je n'ai

10:57
Invité

jamais tué. Je l'avais violé. Je l

11:00
Locuteur

'avais

11:00
Invité

fait à la prison. Moi, je suis professionnel. Je vous entends. Mais c'est Emmanuel Macron. Mais en même temps, vous n'avez pas vos papiers. Non. C'est pour ça que ce

11:07
Locuteur

n'est

11:07
Invité

pas une bonne chose pour vous. Moi, je l

11:09
Locuteur

'ai

11:09
Invité

dit à moi de vous quoi. Mais parce qu'il y a des règles. Encourager tout en faisant preuve de fermeté. En Guyane, c'est un numéro d'équilibriste auquel se livre Emmanuel Macron. Déplacement à haut risque après la révolte du printemps. A l'époque, le mouvement initié par des hommes en cagoule noire avait même contraint la ministre des Outre-mer à s'excuser.

11:34
Locuteur

Après

11:35
Invité

plusieurs semaines de paralysie, un accord avait été conclu. Un plan d'urgence et des aides de plus d'un milliard d'euros.

11:42
Locuteur

En

11:42
Invité

arrivant jeudi, Emmanuel Macron sait qu'il est attendu sur les engagements pris lors du quinquennat précédent. Première escale de ce voyage de trois jours, Marie Passoula, à la frontière du Suriname et du Brésil. Une enclave où les habitants veulent des solutions pour améliorer le quotidien.

11:59
Locuteur

Une

11:59
Invité

route

12:00
Locuteur

de

12:01
Invité

Marie Passoula à Cayenne, je ne

12:02
Locuteur

vais

12:02
Invité

pas vous

12:02
Locuteur 2

mentir, c'est très très compliqué à faire.

12:05
Invité

Insécurité, taux de chômage élevé, ici les problèmes s'accumulent, mais pas question de formuler de nouvelles promesses. Message répété à plusieurs reprises.

12:15
Locuteur 2

Moi je ne suis pas le Père Noël

12:16
Locuteur

parce

12:17
Locuteur 2

que les Guyanais ne

12:18
Locuteur

sont

12:18
Locuteur 2

pas des enfants. Je ne suis pas venu faire des promesses. Ce temps-là est fini. L'État a fait trop de promesses qui n'ont pas été tenues.

12:25
Invité

Quelques heures plus tard, à Cayenne, près de la préfecture, ces mots vont résonner comme un coup de tonnerre. S'il n'est pas le Père Noël, nous ne sommes pas ses enfants non plus. Les

12:34
Locuteur

Guyanais,

12:35
Locuteur 7

on crève, on crève, on n'a pas d'éducation, on n'a pas de santé, il n

12:39
Locuteur

'y

12:39
Locuteur 7

a rien qui est développé.

12:40
Invité

Ces manifestants en colère entendent bien s'entretenir avec Emmanuel Macron, reçu à ce moment-là par les élus locaux.

12:49
Locuteur

Une

12:50
Invité

délégation des manifestants sera reçue demain matin à 7h15. Fin de non recevoir, pas de rendez-vous dans l'immédiat, ce qui est vécu comme un affront.

13:00
Locuteur 5

En ce moment, il est en train de manger avec nos élus, on leur dit d'arrêter leur problème de la Guyane.

13:08
Invité

La situation dégénère entre jets de cocktails Molotov, de projectiles

13:14
Locuteur

et

13:15
Invité

tirs de gaz lacrymogènes. Les violences vont durer une partie de la nuit.

13:20
Locuteur

Le

13:21
Invité

lendemain, Emmanuel Macron se justifie.

13:24
Locuteur

La

13:24
Invité

République, elle ne cède pas aux gens qui sont en cagoule. La facilité, ce serait de leur céder.

13:29
Locuteur

Ce

13:29
Invité

n'est

13:30
Locuteur 2

pas l'idée que je me fais de l'autorité de l'État.

13:32
Invité

Emmanuel Macron à l'épreuve de la Guyane. Lui qui dit refuser la démagogie promet de tenir les engagements de l'État. Pas plus, pas

13:40
Présentateur

moins, précise-t-il. Bon, revenons quand même sur la formule. Je ne suis pas le père Noël Alain Beauvoir. C'est une formule maladroite, malheureuse ou au contraire, au fond, ça dit tout du style Macron.

13:55
Locuteur 8

Alors, je crois,

13:56
Locuteur

je ne

13:57
Locuteur 8

suis pas sûr, je ne suis pas un intime du président Macron, mais je crois que ces formules ne sont pas le fait du hasard.

14:03
Locuteur

Je

14:04
Locuteur 8

crois qu'aucune de ces formules n'a jamais été le fait du hasard.

14:08
Locuteur

Ni les coréants,

14:10
Locuteur 8

ni ceux qui foutent le bordel, etc. Non, je crois qu'elles sont choisies, qu'elles appartiennent à un style très, on va dire, Bonaparte, qui est le style qu'il a voulu imposer et qu'il considère comme l'élément marqueur de, non pas ce qu'il veut dire aux Guyanais, de ce que les médias doivent retenir de ce qu'est sa posture de président de la République ayant, s'étant réapproprié tous les symboles de l'État, E majuscule, en France qui avait été en partie réduit volontairement par Sarkozy, ignoré par François Hollande, il est le retour de la vision structurelle, posture monarchique de l'État républicain revisité. Donc je crois que c'est un choix et qu'il n

14:57
Locuteur

'a

14:57
Locuteur 8

pas. Mais en même temps, comme dirait le président, en même temps, le milliard est confirmé, le rendez-vous n'est pas le soir mais il est quand même le matin, il y a toujours une espèce de, derrière, la formule qu'on doit retenir,

15:10
Locuteur

il

15:11
Locuteur 8

y

15:11
Locuteur

a

15:11
Locuteur 8

toujours une sorte de compromis technique sur d'accord mais pas tout de suite, plus tard, avant mais autrement. Et donc, c'est un peu plus compliqué qu'il y

15:21
Locuteur

a

15:21
Locuteur 8

l'art de la formule et une certaine capacité au compromis.

15:24
Présentateur

Sois-y, Kémené, regardons ensemble cette première question SMS, le discours d'Emmanuel Macron n'était-il pas infantilisant

15:30
Locuteur

à

15:31
Présentateur

l'égard des Guyanais ?

15:33
Locuteur

Alors,

15:33
Invité

c'est parce qu'il utilise la formule, j'imagine, cette question, les Guyanais ne sont pas des enfants. Ce qui est intéressant,

15:39
Locuteur

c

15:39
Invité

'est que cette formule, il l'a déjà utilisée auparavant, c'est

15:42
Locuteur

-à

15:42
Invité

-dire que le Père Noël et les Français ne sont pas des enfants, ça a déjà été utilisé à de multiples reprises, donc ce n

15:49
Locuteur

'est

15:49
Invité

pas spécifiquement lié à la situation en Guyane. Je rejoins ce que disait là-dessus Alain Bauer, c'est-à-dire que c'est une façon de montrer son volontarisme politique, il arrive en disant « Regardez, moi, de toute façon, je ne ferai pas de promesses que je ne pourrai pas tenir. » Il essaie encore une fois de se différencier de ses prédécesseurs, mais c'est vrai que ce qui est intéressant, c'est qu'il prolonge quand même, il ne remet pas du tout en question les accords de Guyane signés par François Hollande et par Bernard Cazeneuve qu'il cite d'ailleurs, ce qui est une nouveauté, parce que d'habitude,

16:17
Locuteur

il

16:17
Invité

dit « mon prédécesseur », là, il parle de François Hollande, il parle de Bernard Cazeneuve, alors ce n

16:21
Locuteur

'est

16:21
Invité

peut-être pas tout à fait étranger au fait qu'on entend auprès des militants de gauche, donc il voit bien qu'il y

16:30
Locuteur

a

16:30
Invité

une figure qui existe, en tout cas dans le paysage politique, donc rien de ce qu'il fait n'est jamais lié au hasard. Mais qu'est-ce qu'il dit aux Guyanais et qu'est-ce qu'il dit à tous les Français d'ailleurs ? Il dit « regardez, je n'essaie pas de vous plaire avec des promesses, mais je fais le pari que vous me suivrez justement parce que je n'irai pas sur le terrain des promesses, mais qu'il y

16:51
Locuteur

aura

16:51
Invité

une continuité de l'État, une continuité dans mes propositions » et c'est très proche finalement de ce qu'il fait dans l'ensemble de son exercice politique. Pascal Péry. On peut le comprendre peut-être différemment aussi. Revenons sur l'histoire des relations entre les présidents et l'outre-mer. Moi je parle de l'histoire du doudouisme. Le président se déplace et puis il a quelques enveloppes,

17:11
Locuteur

on

17:12
Invité

lui met des fleurs dans les cheveux, on lui raconte de belles histoires, de temps en temps il danse, etc. Et tout ça, ça participe d'une espèce de feuilleton qui est en réalité très infantilisant. Et peut-être qu'il y a derrière la stratégie de Macron une autre stratégie politique, enfin derrière sa stratégie de communication, une idée qui est que ces territoires doivent être émancipés d'une certaine façon sur le plan économique. C'est-à

17:35
Locuteur

-dire

17:35
Invité

on sort de la politique de la seringue, vous

17:37
Locuteur

voyez,

17:38
Invité

je vous mets un peu plus d'argent public et tout ira bien pour aller vers une économie qui serait un tout petit peu plus autonome dans laquelle on soutiendrait l'investissement par la fiscalité, l'investissement public correctement orienté. Le doudouisme, l'incarnation du doudouisme,

17:52
Locuteur

c

17:52
Invité

'était, je me rappelle de cette réaction de Gaston Flos qui recevait Jacques Chirac à Tahiti et qui disait « Que peut-on vous demander de plus ? Vous nous avez déjà tout donné. » Mais c'est ça le doudouisme et en réalité ça ne fait pas grandir ni les territoires ni les populations. Il y a peut-être un changement de logiciel dans le discours qui peut traduire,

18:13
Locuteur

je

18:13
Invité

ne

18:13
Locuteur

veux

18:13
Invité

pas m'engager, ne

18:14
Locuteur

veux pas

18:14
Invité

mettre ma main au feu, qui peut se traduire par peut-être une nouvelle façon de regarder ces territoires.

18:19
Présentateur

Cédia Cléry.

18:20
Invité

Il y a quelque chose en tout cas effectivement avec Jacques Chirac qu'on pouvait parler peut-être de paternalisme par rapport aux Outre-mer. En même temps quand on parle aux ultramarins qui ont connu Jacques Chirac et vous disent qu'il

18:30
Locuteur

y

18:30
Invité

avait une affection pour les Outre-mer qu'avait Jacques Chirac que n'ont pas eu ensuite Nicolas Sarkozy ou François Hollande qui étaient plus dans un rapport électoral. On parlait tout à l'heure de

18:37
Locuteur

l

18:37
Invité

'élection d'Emmanuel Macron. François Hollande il devait en partie son élection aux Outre-mer ce qui n

18:41
Locuteur

'est

18:41
Invité

pas effectivement le cas d'Emmanuel Macron. Alors il a un discours qui est plus abrupt qui n'est pas propre à celui qu'il donne aux Guyanais mais à l'ensemble effectivement des Français mais en tout cas il y a quelque chose nous on observe entre l'Outre-mer et Emmanuel Macron qui ne se fait pas. Il y a un switch un relationnel qui jusqu'ici ne s'est pas fait. Il

18:58
Locuteur

n

18:58
Invité

'y a pas énormément d'élus en marche en Outre-mer. Il y en a un en Guyane l'Enaïc Adam qui est un jeune député ou Chilingui en plus pour le symbole qui est issu des populations du fleuve donc c'est symbolique mais même lui il s'étonnait pendant ce voyage qu'on n'ait pas fait plus appel à lui finalement pour faire le go-between entre les Guyanais et le staff élyséen et l'équipe d'Emmanuel Macron. L'équipe d'Emmanuel Macron il y a vraiment quelque chose de cet ordre-là qui ne se fait pas avec les Outre-mer parce que vous parliez tout à l'heure de l'île de Cayenne mais il n

19:25
Locuteur

'y

19:25
Invité

a pas que ça. Il y a eu plein de maladresses sur les expatriés à propos de la Guadeloupe

19:30
Locuteur

il

19:30
Invité

y a eu des maladresses à

19:31
Locuteur

d'autres moments Il avait évoqué

19:32
Présentateur

pardon juste pour rappeler effectivement il avait utilisé le mot expatrié au

19:36
Locuteur

sujet

19:37
Présentateur

des habitants de Guadeloupe qui

19:39
Locuteur

rentraient en

19:39
Présentateur

métropole et qui ne sont donc pas des expatriés en effet.

19:42
Invité

Donc il y a eu comme ça plein de maladresses qui ont été faites alors je ne

19:45
Locuteur

sais

19:45
Invité

pas si ce sont des maladresses je ne pense pas que ce soit volontaire mais il y a quelque chose en tout cas dans la communication de l'Elysée avec les Outre-mer et dans le lien avec les Outre-mer qui ne se fait pas.

19:54
Présentateur

Encore un mot sur le style on pourrait le comparer à Nicolas Sarkozy

19:58
Locuteur

?

19:59
Présentateur

Le style comme ça direct les formules il aime bien les bains de foule on l'a vu il aime bien aller dans les quartiers chauds

20:06
Locuteur

Alain

20:06
Présentateur

Bauer ?

20:06
Locuteur 8

Je crois que c'est un style qui ne se compare pas et au fur et à mesure des apparitions publiques du Président on sent bien qu'on est dans quelque chose de très différent alors il y a le genre chemise avec ou sans cravate et sans veste qui est plutôt plus sarkosien que chiracien le genre bain de foule est plutôt chiracien le genre abrupt

20:31
Locuteur

est

20:32
Locuteur 8

un peu compliqué parce que Sarkozy l'a été notamment dans l'affaire du Karcher mais en prenant le sens de ce que quelqu'un lui disait d'un balcon il n'allait pas contre la foule il allait avec il est assez rare que Sarkozy soit trouvé en opposition avec les gens qui étaient autour de lui dans la relation Macron peut l'être un peu plus parce que quoi qu'on pense du dialogue avec les fumeurs de cannabis ou les imri clandestins ou les gens qui cherchent du taf

21:03
Locuteur

ou

21:03
Locuteur 8

du travail on sent bien qu'il y a à la fois une dimension pédagogique une capacité à être en désaccord et un accompagnement quand même je dirais qu'il ressemble beaucoup à Clinton en fait d'accord

21:17
Locuteur

y

21:17
Locuteur 8

compris par la gestuelle par le côté tactile d'accord

21:22
Locuteur

ça

21:23
Présentateur

on va

21:23
Locuteur

on

21:24
Présentateur

compare donc peut-être pour la première fois à Bill Clinton en tout cas ce qui est intéressant dans les images notamment qu'on a vu à l'instant c'est à quel point ces territoires peuvent être

21:32
Locuteur

une

21:33
Présentateur

poudrière on a vu les images de grandes tensions ce sont souvent des situations compliquées alors il va sur place et il dit bon je tiendrai les promesses de François Hollande mais pas plus

21:44
Locuteur

il

21:45
Présentateur

aurait pu arriver avec déjà pas mal quelques éléments supplémentaires

21:49
Invité

il

21:50
Présentateur

fait aussi de la politique

21:51
Locuteur

il

21:52
Invité

y a quelques petits éléments supplémentaires on

21:54
Locuteur

parle

21:54
Invité

normalement quand il parle notamment de l'immigration qui est très importante venue d'Haïti venue du Suriname venue du Brésil là il explique il compare en fait la Guyane à Mayotte en expliquant que finalement certaines règles qui sont maintenant appliquées à Mayotte devraient l'être à la Guyane donc quand on regarde finalement dans sa conférence de presse d'hier dans son intégralité elle est très intéressante parce qu'il

22:13
Locuteur

y

22:13
Invité

a toute une série de micro-mesures il fait souvent ça Emmanuel Macron c'est-à-dire que il commence par une vision et puis après il part vraiment sur des micro-mesures qui peuvent parfois être technocratiques dans le langage mais là c'était intéressant dans cette conférence là précisément notamment sur l'accès au RSA il faudra maintenant avoir passé 15 ans en Guyane pour obtenir le RSA et il explique d'ailleurs ça c'est aussi très important dans le macronisme quand on dissèque la façon dont il présente ça il dit il veut une égalité mais une égalité qui ne passe pas par une équité c'est-à-dire que c'est exactement ce qu'il a fait pour les classes de CP dédoublées uniquement dans certaines zones d'éducation prioritaire c'est

22:53
Locuteur

-à

22:53
Invité

-dire qu'il dit qu'il faut des mesures spécifiques pour un territoire qu'on ne retrouvera pas sur le reste sur l'ensemble du territoire français ça c'est vraiment c'est encore une fois c'est ce qu'on retrouve dans l'esprit de sa campagne et ce qu'on retrouve c'est assez proche de ce qu'il dit en tout cas depuis son

23:08
Locuteur

arrivée

23:09
Invité

à l'Elysée

23:09
Présentateur

mais êtes-vous d'accord avec ce que disait Célia Cléry il

23:12
Locuteur

y a

23:12
Présentateur

quelques instants c'est qu'on a le sentiment que ce président n'est pas particulièrement sensibilisé

23:18
Locuteur

aux

23:19
Présentateur

questions de l'outre-mer pour

23:20
Locuteur

l

23:20
Présentateur

'instant alors est-ce que ça lui passe au-dessus de la tête est-ce qu'il ne connait pas ces dossiers-là

23:24
Locuteur

est-ce que c'est secondaire

23:26
Invité

pour lui

23:27
Locuteur

il

23:28
Invité

y a peu d'histoires personnelles en réalité il y a peu de présidents qui a eu beaucoup de proximité j'allais dire d'affection

23:34
Locuteur

le

23:34
Locuteur 1

dernier

23:34
Locuteur

c'est Jacques

23:35
Locuteur 1

Chirac

23:35
Locuteur

le

23:35
Invité

dernier c'est Jacques Chirac c'est vrai que c'est un exemple un peu unique quand même dans l'histoire de la Vème République mais ce qui est certain c'est qu'en Outre-mer les technos ça ne marche pas il y

23:48
Locuteur

a

23:48
Invité

un petit peu plus que de la politique il faut offrir aussi un partage d'émotions de l'intérêt on savait que Jacques Chirac avait un vrai intérêt pour l'histoire de ces territoires on ne

23:59
Locuteur

peut

23:59
Invité

pas si vous voulez on ne

24:00
Locuteur

peut

24:00
Invité

pas tirer un trait sur les 5 ou 600 années d'histoire commune qu'on a avec ces territoires précisément qui sont parfois des siècles tragiques le code Colbert la décolonisation certes mais la création d'un statut de salariat extrêmement précaire jusqu'à arriver à la départementalisation au fond notre histoire elle est complexe avec l'Outre-mer et celui qui ne l'a pas compris celui qui arrive simplement avec des mesures de caractère technique prend le risque d'être mal ou peu compris cela dit dans les mesures qu'apporte Emmanuel Macron il y a des mesures de progrès le soutien à l'hôpital public de Cayenne la création de postes de policiers le soutien aux filières agricoles on en parle très peu mais les filières agricoles ont fait énormément de progrès en Guyane à tel point qu'il y

24:50
Locuteur

a

24:50
Invité

même un petit secteur de production du lait ce qui est quand même plutôt étonnant en Amérique du Sud et de la transformation du lait on travaille sur la pharmacopée vous voyez ce n

25:00
Locuteur

'est

25:00
Invité

pas des territoires qui sont le tiers monde en réalité il y a de

25:03
Locuteur

l

25:03
Invité

'imagination il y a des chefs d'entreprise il y a des projets il y a des financements et la république elle serait dans son rôle si elle était dans le rôle de l'incitation de l'accompagnement je pense qu'il faut qu'Emmanuel Macron comprenne ça mais pas d'un point de vue technocratique

25:16
Présentateur

alors le président Macron qui vient de faire un discours sans doute le dernier discours avant son retour à Paris sur place à Cayenne il veut ouvrir une nouvelle page avec les territoires ultramarins alors je vous dis un peu plus précisément la phrase qu'il a prononcée il ne veut plus de cette relation asymétrique

25:35
Locuteur

où

25:36
Présentateur

les territoires ultramarins voient l'État comme quelqu'un à qui on demande et qui ne fait jamais assez et où l'État regarderait ces territoires comme une charge et non plus comme une chance ça c'est de la politique ou vous pensez que ce sera suivi d'acte

25:48
Locuteur

en

25:49
Invité

tout cas dire

25:50
Locuteur

que

25:50
Invité

je ne

25:51
Locuteur

sais

25:51
Invité

pas si la nouvelle page sera suivie d'acte c'est au Guyana notamment qu'il faut demander ça puisqu'il repart effectivement donc qu'est-ce qu'eux ils gardent de cette visite je ne

26:00
Locuteur

sais

26:00
Invité

pas ce qu'il en ressortira concrètement parce que c'était ça le vrai questionnement pourquoi la population a interpellé Emmanuel Macron pourquoi les maires je le disais au début d'émission ont refusé au départ de le rencontrer même s'ils ont fini par le rencontrer c'est parce que la seule rencontre qui était prévue avec les élus c'était un dîner républicain et eux ils le disaient et c'était dit dans le reportage qu'on a vu nous on ne veut pas manger avec le président on veut parler des accords de Guyane on veut qu'il soit pérennisé et on veut aussi savoir ce qui va se passer pour l'avenir et vous le disiez il ne s'est pas engagé finalement pour l'avenir après dire que les Outre-mer sont une chance pour la France et une richesse pour la France je pense que tous les présidents de la 5ème république

26:36
Présentateur

ont

26:37
Invité

dû le dire à un moment à un

26:38
Locuteur

autre c'est un

26:38
Présentateur

recyclage de discours peut-être Alain Boer c'est intéressant vous le disiez au tout début de l'émission c'est un sujet au fond tellement sensible que tous les précédents présidents ont échoué à rénover la relation qu'il y a avec ces territoires quand il parle d'une nouvelle page Emmanuel Macron qu'est-ce qu'il pourrait faire qu'est

26:58
Locuteur

-ce

26:58
Présentateur

qu'il devrait faire c'est quoi la

26:59
Locuteur 8

solution mais je crois que le problème il est culturel comme ce qui a été dit tout à l'heure en fait l'état central a toujours décidé que pour garantir la pérennité de son pouvoir sur les territoires d'Outre-mer il fallait empêcher que ceci ait une indépendance énergétique une indépendance industrielle et créer les conditions simplement d'une utilisation en fonction des besoins bon il fallait un endroit pour lancer Diamant 2B on l'a mis à Kourou parce que c'était le meilleur endroit pour installer un centre spatial

27:29
Locuteur

est

27:30
Locuteur 8

-ce que les Guyanais ont fait beaucoup pour ce centre spatial non on a importé massivement des techniciens on a doublé triplé quadruplé les salaires des expatriés c'est un sujet permanent récurrent quand vous allez en Outre-mer vous avez le débat sur le niveau des salaires des impatriés

27:46
Locuteur

pour

27:47
Locuteur 8

reprendre la formule c'est-à-dire des fonctionnaires venus de la métropole comme on dit pour s'installer là-bas la

27:54
Locuteur

sur

27:55
Locuteur 8

-émunération la sur-émunération et du coup une problématique de coût de la vie puisqu'on importe énormément tout le monde a un intérêt à l'importation et bien peu ont un intérêt au développement de cultures locales quand il y a des cultures locales elles sont monocultures genre la banane ou la canne à sucre qui ont toutes connu évidemment des crises agricoles majeures pour des raisons diverses liées au marché mais aussi liées aux évolutions des modes de consommation

28:18
Locuteur

donc

28:18
Locuteur 8

le problème essentiel il est d'admettre qu'on pourrait avoir une coexistence intelligente avec des outre-mer qui créeraient leurs propres infrastructures qui seraient en situation de les faire fonctionner évidemment tout le monde ne demande pas à avoir des ingénieurs spécialisés dans le lancement de fusées dont 100% seraient Guyanais mais l'idée qu'il puisse enfin y avoir une espèce de coproduction là changerait la nature complète de la relation et peut-être est-ce l'arrière-pensée

28:45
Locuteur

mais

28:45
Locuteur 8

ça suppose ça

28:46
Invité

suppose une chose ces territoires vivent dans leur bassin dans leur bassin économique prenons les Antilles ou la Guyane très bien qu'est-ce qu'il y a autour quand même des territoires socialement pauvres donc ça signifie que si on engage des politiques de coopération régionale puisque c'est de ça dont il s'agit les salaires qui sont payés avec les cotisations sociales l'égalité sociale parfaite voulue et réalisée par Jacques Chirac en 1995 elle se traduit par quoi ?

Elle se traduit en réalité par des coûts de production qui sont hors marché pour ces territoires donc ça suppose que si on va vers de la coopération régionale on pourrait prendre le cas des oranges pourquoi est-ce que les oranges qui viennent de Saint-Domingue sont moins chères que celles qui sont produites dans les départements français d'Amérique parce que les salaires à Saint-Domingue sont ridicules donc si on veut un secteur compétitif y compris dans le secteur de

29:38
Locuteur

l

29:38
Invité

'agroalimentaire pour ces territoires il faut ajuster le niveau des salaires est-ce que tout le monde y est prêt et je ne crois pas d'abord je ne

29:45
Locuteur

crois

29:45
Invité

pas qu'on puisse dire aujourd'hui aux ultramarins le confort social qui est celui de la République vous n'y aurez plus droit parce que vous ne vivez pas ni dans le 92 ni dans les bouches du Rhône simplement il faut et c'est mon point de vue c'est l'idée que je défends il faut utiliser aujourd'hui le stock d'argent public pour favoriser la transition vers ces économies régionales cesser d'augmenter la dose d'argent public pour aller vers des investissements orientés et orientés vers la production et la création de valeur en sachant dernier point que cette création de valeur elle doit être sédentarisée elle doit rester sur place

30:21
Locuteur

alors

30:22
Présentateur

parmi les mots de la Guyane l'immigration clandestine haïtien brésilien surinamien depuis quelques années le département français fait face à une vague migratoire sans précédent des clandestins qui s'entassent dans des bidonvilles à Cayenne et qui parfois servent de main d'oeuvre bon marché aux chercheurs d'or illégaux sur place policiers et militaires sont souvent débordés Walid Berisoul et Éric Chevalier

30:49
Locuteur

ils

30:50
Invité

sont des dizaines chaque jour à tenter leur chance à bord de ces pirogues

30:55
Locuteur

sous

30:55
Invité

l'oeil de cette patrouille de la police aux frontières

30:58
Locuteur

qui

30:59
Invité

ce matin-là multiplie les contrôles

31:02
Locuteur

bonjour

31:03
Locuteur 6

messieurs dames police stationnelle on trouve de police

31:06
Locuteur

des

31:07
Invité

milliers d'embarcations comme celle-ci franchissent quotidiennement le fleuve Maroni frontière naturelle entre le Suriname d'un côté et la Guyane de l'autre

31:16
Locuteur

c

31:17
Invité

'est le moyen privilégié par les clandestins pour entrer illégalement sur le territoire français ce jour-là la police arrête trois brésiliens

31:24
Locuteur

sur

31:25
Invité

leur passeport aucune entrée aucune sortie et surtout aucun visa leur permettant de venir sur le territoire français

31:32
Locuteur

la

31:33
Invité

Guyane

31:33
Locuteur

un

31:34
Invité

Eldorado européen au coeur d'un continent pauvre l'Amérique latine

31:38
Locuteur

avec

31:39
Invité

une frontière particulièrement difficile à contrôler

31:42
Locuteur

près

31:43
Invité

de 1200 kilomètres de jungles et de rivières

31:47
Locuteur

le

31:48
Invité

territoire connaît une vague migratoire sans précédent

31:51
Locuteur

un

31:53
Invité

millier de demandeurs d'asile en 2010 huit fois plus nombreux l'an dernier

31:58
Locuteur

ils

31:58
Invité

viennent principalement du Suriname

32:00
Locuteur

du

32:01
Invité

Brésil

32:01
Locuteur

et

32:02
Invité

de plus en plus

32:03
Locuteur

d

32:03
Invité

'Haïti notamment depuis le séisme de 2009

32:06
Locuteur

il

32:10
Invité

n'existe en Guyane aucun centre d'accueil pour gérer l'arrivée de ces milliers de migrants

32:15
Locuteur

alors

32:15
Invité

ce sont les bidonvilles qui se multiplient

32:17
Locuteur

des

32:18
Invité

abris de fortune comme celui où vit depuis deux ans cette haïtienne avec son mari et ses deux enfants

32:24
Locuteur

des

32:27
Locuteur 1

cabanes

32:37
Invité

construites sur des terrains occupés illégalement par endroit ces squats ont été multipliés par trois ces dernières années

32:44
Locuteur

face

32:45
Invité

au phénomène les gendarmes sont débordés et ne peuvent de toute façon pas faire grand chose

32:52
Locuteur

une

32:52
Locuteur 2

maison se fait en 24 heures ici vous prenez de

32:55
Locuteur

l

32:55
Locuteur 2

'électricité de manière illégale vous prenez de l'eau de manière illégale vous mettez une famille à l'intérieur et on ne peut plus toucher dans les 48 heures à ce domicile c'est le problème

33:03
Locuteur

une

33:04
Invité

lutte qui s'étend aussi jusque dans les profondeurs de la forêt amazonienne

33:08
Locuteur

dans

33:09
Invité

cette jungle se trouve le rêve de milliers de clandestins des pépites d'or des orpailleurs illégaux estimés à 4000 qui vivent dans ces camps de fortune

33:18
Locuteur

des

33:19
Invité

filières régulièrement démantelées par des patrouilles de l'armée française

33:23
Locuteur

à

33:23
Invité

chaque arrestation les mêmes histoires l'appât du gain ces brésiliens assurent gagner 1000 euros par mois beaucoup plus que dans leur pays d'origine

33:32
Locuteur 6

au

33:32
Présentateur

brésil tu gagnes l'équivalent de 10 euros par jour t'achètes de la viande des tomates et des oignons et t'as plus rien c'est pour ça que je suis venu ici

33:42
Locuteur

pour

33:43
Invité

autant ces clandestins interpellés ne seront pas reconduits à la frontière faute de moyens il faudrait pour cela plusieurs rotations d'hélicoptères par jour en pleine jungle une logistique uniquement réservée au chef de ces réseaux criminels c'est le cas de cet homme qui vient d'être arrêté par les militaires

34:02
Locuteur

il

34:02
Locuteur 7

va falloir le sortir et dans les 24 heures si on veut que la garde à vue ne soit pas illicite

34:09
Locuteur

il

34:10
Locuteur 7

fait partie d'une bande d'une douzaine d'étrangers en situation irrégulière qui participe qui

34:18
Locuteur

participe

34:18
Locuteur 7

à le ravitaillement logistique des étrangers en situation irrégulière qui orpaillent illégalement sur le sol français

34:25
Locuteur

et

34:26
Locuteur 7

qui sont armés donc c'est des individus qui sont considérés comme dangereux puisque armés et qui ont fait plusieurs fois l'usage de leurs armes sur le territoire français

34:33
Invité

exfiltrés de la forêt amazonienne pour être placés en garde à vue et présentés à un juge

34:40
Locuteur

chaque

34:40
Invité

année en Guyane 5000 clandestins sont expulsés c'est l'un des chiffres les plus élevés de tout le territoire français

34:48
Présentateur

hier soir Emmanuel Macron a visité c'est une visite surprise d'ailleurs deux quartiers chauds de Cayenne dans lesquels notamment vivent de très nombreux clandestins alors il a eu cette phrase en arrivant dis donc il

35:01
Locuteur

y

35:01
Présentateur

en a parmi vous qui ne fument pas que des cigarettes j'ai encore du nez on retrouve le style le style Macron là aussi assez direct mais il a dit aussi je voulais voir

35:11
Locuteur

je

35:12
Présentateur

voulais venir ici pour voir parce qu'il faut expliquer à ces jeunes qu'on ne peut pas donner des papiers à tout le monde

35:18
Locuteur

oui

35:18
Invité

alors c'est aussi une image pour effacer les images de jeudi soir il y a tout un processus de communication c'est à dire que normalement il devait aller au commissariat de Cayenne le fameux commissariat qui doit être déplacé vous le savez mieux que moi déplacé agrandi il s'est promis depuis des années et des années il en a parlé aussi hier et puis il n

35:35
Locuteur

'a

35:35
Invité

pas pu s'y rendre parce qu'il y

35:36
Locuteur

avait

35:36
Invité

une manifestation et donc contre communication et l'Elysée décide de ce déplacement donc dans deux quartiers sensibles alors toujours à la manière d'Emmanuel Macron la méthode d'Emmanuel Macron c

35:47
Locuteur

'est

35:47
Invité

à dire qu'on va au contact on reste au contact et on parle des sujets qui fâchent donc il décide d'aller parler directement au clandestin je ne pense pas que ça change grand chose sur le terrain mais une volonté toujours de dire j'affronte les problèmes je parle des problèmes et surtout je connais les problèmes vous savez que le procès qui lui est fait depuis déjà plusieurs semaines c'est d'être déconnecté d'une partie des réalités françaises et donc il voulait montrer qu'il était connecté enfin en tout cas qu'il comprenait qu'il était au courant de ce qui se passait notamment dans cette situation qui est un vrai problème une situation d'urgence criante d'urgence humanitaire criante pour toutes ces personnes qui ont cherché un meilleur avenir sur le territoire guyanais mais il a voulu montrer qu'il était sensibilisé à ces questions

36:30
Présentateur

Célia Cléry si on essaie d'expliquer comme ça à tous ceux qui nous regardent ce soir la situation de ce territoire bon d'abord on peut rappeler que la Guyane c'est très grand

36:38
Locuteur

que

36:39
Présentateur

c'est immense

36:39
Invité

comme le Portugal c

36:41
Présentateur

'est grand comme le Portugal bon déjà première chose la situation sociale

36:45
Locuteur

on

36:46
Présentateur

peut parler d'extrême pauvreté

36:47
Locuteur

on

36:47
Invité

peut parler d'extrême pauvreté je crois que c'est 44% de la population qui vit sous le seuil de pauvreté en Guyane

36:54
Présentateur

chômage

36:54
Locuteur

23

36:55
Invité

% de

36:56
Locuteur

la population

36:56
Présentateur

énorme 9% 9,5% pour l'ensemble du territoire français chômage des

37:02
Invité

jeunes

37:04
Présentateur

très supérieur

37:05
Locuteur

parce

37:05
Invité

que population très jeune aussi en Guyane 60

37:07
Locuteur

% de la population et

37:08
Présentateur

il y a quelque chose qui revient tout le temps qu'on a déjà abordé brièvement la vie chère alors pourquoi et est-ce une réalité

37:14
Locuteur

oui

37:15
Invité

c'est une réalité on parlait tout à l'heure de sur-rémunération effectivement des fonctionnaires ça crée aussi une société à deux vitesses parce qu'il y a des gens mais c'est pas propre à la Guyane vous parliez de la réunion un petit peu plus tôt c'est vrai aussi dans tous les outre-mer mais ça crée des sociétés à

37:29
Locuteur

deux

37:29
Invité

vitesses avec des gens qui ont les moyens et puis d'autres qui ne les ont pas

37:32
Locuteur

ça

37:33
Invité

crée il y

37:33
Locuteur

a

37:33
Invité

un double effet il y

37:35
Locuteur

a

37:35
Invité

un effet ciseau d'abord la sur-rémunération elle produit de l'inflation c'est-à-dire quand vous mettez beaucoup d'argent sur le marché de l'argent artificiel ça fait monter les prix ça augmente le volume de la demande donc c'est un phénomène économique connu et donc ça ça éloigne ceux qui ont de ceux qui n'ont pas et puisqu'on parlait de la relation entre ces territoires et la métropole 90% de la consommation de ces territoires est importée de métropole on mange très clairement un exemple on mange des carottes des pommes de terre qui ont été produites à Carquefou

38:07
Locuteur

qui

38:08
Invité

sont parties

38:09
Locuteur

en Loire-Atlantique

38:09
Invité

oui en Loire-Atlantique qui sont parties ou alors dans le nord de la France mais qui sont parties de Saint-Nazaire on va franchir une première zone douanière on va faire traverser l'Atlantique à des produits dont la valeur ajoutée est extrêmement faible des pommes de terre des bouteilles d'eau de la farine du sucre blanc évidemment et on refranchit à nouveau une zone douanière quand on arrive dans ces territoires il y

38:30
Locuteur

a

38:30
Invité

un contrôle de l'hygiène donc vous pouvez vous imaginer qu'un produit sans valeur ajoutée à qui on fait traverser l'Atlantique double ou triple de prix c'est-à-dire quand il arrive et comme on a des modes de consommation qui sont des modes importés des modes de consommation alimentaire qui sont souvent pour les expatriés en tout cas majoritairement ceux de la métropole même si on trouve des contre-exemples ça produit un autre effet qui est un effet d'imitation en réalité l'assortiment qui est proposé dans les supermarchés dans ces territoires ressemble à ce que vous pouvez trouver à ce qu'on trouve nous quand on fait nos courses ici ça n'a strictement aucun sens ça crée du malaise ça crée de l'inflation et ça éloigne les plus riches des plus pauvres ça en tout cas marginalise ceux qui sont dans une situation sociale difficile parce qu'il n

39:16
Locuteur

'y

39:16
Invité

a pas de production aussi autosuffisante l'autosuffisance alimentaire des Outre-mer c'est un vieux rêve qui est brandi par tous les présidents de la République justement mais pour l'instant ce n'est absolument pas le cas parce que les filières agricoles notamment ne

39:29
Locuteur

sont

39:29
Invité

pas développées donc effectivement on importe des produits de l'Hexagone et effectivement ces produits sont plus chers il y

39:36
Locuteur

a

39:36
Invité

une loi qui a été votée qui s'appelle la loi Lurel du nom

39:39
Locuteur

de l'ancien

39:40
Invité

ministre des Outre-mer qui était députée à l'époque qui est une loi contre la vie chère mais cette loi

39:46
Locuteur

les

39:46
Invité

prix continuent à être chers si vous voulez on a fait des paniers type avec des produits dont les prix ont baissé sauf que ces produits-là ne sont pas nécessairement ceux qui sont consommés des produits de première nécessité mais ce ne sont pas ceux qui sont consommés par les populations locales et on a dans le même temps augmenté les prix de produits qui étaient plus haut de gamme donc finalement le mécanisme des prix s'est reporté sur ces produits-là les marges elles continuent à être les mêmes et je crois qu'on parle un petit peu plus de la Guadeloupe la vie chère elle continue à être la même alors qu'en 2009 il y

40:12
Locuteur

a

40:12
Invité

une crise qui était partie d'ailleurs de la Guyane entre parenthèses et du prix du carburant

40:16
Locuteur

Alain

40:16
Présentateur

Boer sur l'immigration clandestine qu'est-ce qu'on peut faire

40:19
Locuteur

?

40:19
Présentateur

parce que là on entre en Guyane

40:22
Locuteur 8

facilement

40:22
Locuteur

on

40:23
Locuteur 8

entre on sort on re-rentre on ressort mais je disais il

40:27
Locuteur

y

40:27
Locuteur 8

a une trentaine d'années le grand problème de la Guyane était démographique il n'y

40:30
Locuteur

avait

40:30
Locuteur 8

pas assez d'habitants il fallait trouver un moyen de la repeupler je parle en termes politiques publiques comme quoi il faut être très prudent sur les questions d'immigration le grand problème c'est que les plus pauvres des habitants de la Guyane sont extrêmement riches par rapport à ce qui entoure Guyana on ne va pas beaucoup parler Suriname Brésil etc deux il y a de la ressource considérable forestière henrifère mais qui pose d'autres problèmes parce qu'on parle de l'or comme si c'était simplement l'appropriation d'un métal précieux mais c'est aussi une destruction environnementale considérable les moyens utilisés pour leur paillage clandestin détruisent l'environnement la forêt guyanaise dans des conditions qui sont absolument incroyables les débats que nous avons en Europe sur telle semence ou tel insecticide sont de la rigolade par rapport à la destruction quotidienne qui a lieu en Guyane donc le problème de l'immigration clandestine est un sujet récurrent et le vrai débat est est-ce que nous voulons fermer l'espace ou est-ce que nous voulons permettre une réalisation une espèce de co-développement intelligent qui amènerait à ce que justement il n

41:43
Locuteur

'y

41:43
Locuteur 8

ait pas ce processus du coup ça amène à des mesures comme on a parce qu'une des mesures par exemple annoncée par le Président c'est la démonétisation d'une partie des aides sociales la démonétisation d'une partie des aides sociales c'est le retour aux tampons aux timbres à la fiche c'est-à-dire il n'y a plus de valeur argent qui permet de faire du transfert monétaire qui attire des nouveaux clandestins donc il y

42:06
Locuteur

a

42:06
Locuteur 8

un espèce de choix visant à réduire l'attractivité sociale de la Guyane mais en même temps le débat il est sur l'hôpital sur l'éducation et sur le développement de ce qu'il y a autour car de toute façon la demande est

42:19
Locuteur

telle

42:20
Locuteur 8

aujourd'hui le fait que ça soit des haïtiens qui viennent en Guyane est une stupéfaction générale personne n'a jamais imaginé dans les plans de sécurisation de la Guyane qui ont commencé en 88 du temps de Rocard quand il y avait 20 ou 25 000 immigrants clandestins à Saint-Laurent-du-Maroni et que la question essentielle c'était comment on protège Kourou que ça viendrait d'Haïti on a pensé à peu près tout ce qui était dans

42:40
Locuteur

le

42:41
Locuteur 8

territoire et donc on sent bien que les processus aujourd'hui d'importation d'immigrés ont totalement changé de nature et que de toute façon si on ne règle pas la source on ne réglera jamais l'arrivée

42:51
Locuteur

j

42:51
Présentateur

'aimerais vous soumettre cette question SMS la Guyane est une véritable poudrière ne faut-il pas agir d'urgence

42:59
Locuteur

alors

43:00
Présentateur

est-ce qu'il y a une situation d'urgence en Guyane

43:03
Locuteur

quel

43:03
Invité

est votre sentiment il y a des situations de tension mais on n'est pas

43:09
Locuteur

ça

43:09
Invité

montre

43:10
Locuteur

aussi que les

43:11
Présentateur

images des incidents de cette fin de semaine ont marqué aussi les esprits

43:15
Invité

c'est la seule façon de se faire entendre il y a le rapport entre le centre et la périphérie imaginez-vous que ceux qui vivent dans ces territoires-là ne se sentent pas comme la périphérie ils se sentent vivre chez eux donc c'est pour eux le centre

43:28
Locuteur

la

43:29
Invité

seule façon d'attirer l'attention d'aujourd'hui c'est effectivement des manifestations non pas violentes mais en tout cas spectaculaires

43:38
Locuteur

mais

43:39
Présentateur

ce qui s'est passé par exemple vous coupez l'hiver dernier enfin le printemps dernier ne risque pas de se reproduire l'année prochaine dans

43:45
Invité

deux ans tant qu'on aura la même méthode de gouvernance tant qu'on tiendra des promesses qui sont difficilement réalisables tant que les progrès ne se verront pas dans la vie quotidienne de ceux qui vivent dans ces territoires vous aurez de la frustration et de la frustration parfois violente

44:02
Présentateur

alors on parle depuis le début de cette émission de chômage de masse de vie chère d'insécurité ce sont des problèmes qui touchent d'autres départements d'outre-mer aux Antilles en 2009 une grève avait paralysé la Guadeloupe pendant 44 jours un mois et demi de manif de blocage de tension avec l'Etat 8 ans plus tard la situation s'est-elle améliorée Clotilde Mravko Maxime Lugier et Michel Bouilly

44:29
Locuteur

sur

44:30
Invité

ce marché de Pointe-à-Pitre

44:31
Locuteur

on

44:32
Invité

trouve des fruits exotiques

44:33
Locuteur

des

44:34
Invité

poissons fraîchement pêchés dans les eaux claires des Caraïbes

44:40
Locuteur 5

mais

44:41
Locuteur

aussi

44:41
Invité

des légumes pas vraiment locaux que les Guadeloupéens paient deux fois plus cher qu'en métropole

44:48
Locuteur

on

44:48
Locuteur 1

peut trouver un kilo de

44:50
Invité

laitue à 5 euros

44:52
Locuteur

les

44:52
Invité

seuls produits qu'on va pas trouver chers c'est sur les bananes on dira

44:55
Locuteur

mais

44:55
Invité

les fruits les légumes ici c'est cher

44:57
Locuteur

à

44:58
Invité

plus de 6000 kilomètres de l'Hexagone l'île importe la plupart de ses produits de consommation des importations qui coûtent cher et qui sont en plus taxées jusqu'à 25% pour les produits de première nécessité comme le café ou la farine

45:15
Locuteur

tout

45:16
Invité

ce qui est confiserie c

45:17
Locuteur

'est

45:17
Invité

de l'import

45:17
Locuteur

partie

45:18
Locuteur 1

céréale

45:19
Locuteur

beaucoup

45:20
Locuteur 1

d'import beaucoup d'import ça peut aller entre 1,5 un coefficient de 1,5 ou 2 ou

45:26
Invité

3 même des fois donc voilà le

45:28
Locuteur

coefficient c'est-à-dire multiplié par

45:29
Invité

3 par rapport au prix de métropole d'achat

45:31
Locuteur

une

45:33
Invité

vie chère contre laquelle la Guadeloupe s'est pourtant battue 20 janvier 2009 l'île entame une grève générale les 115 stations services du département ne sont plus approvisionnées

45:45
Locuteur

partout

45:46
Invité

les rideaux de fer des magasins restent baissés

45:49
Locuteur

le

45:50
Invité

blocage va durer 44 jours

45:52
Locuteur

à

45:53
Invité

la tête du mouvement un collectif le LKP le comité contre l'exploitation outrancière

45:59
Locuteur

et

46:00
Invité

une figure emblématique

46:02
Locuteur

Elie

46:03
Invité

Domota leader syndicaliste qui s'impose peu à peu comme le principal interlocuteur du mouvement

46:20
Locuteur

Les

46:21
Invité

grévistes exigent plus de transparence sur les prix et surtout une hausse de 200 euros du salaire minimum

46:27
Locuteur

dans

46:28
Invité

un premier temps aucune réaction de la métropole puis début février

46:33
Locuteur

après

46:34
Locuteur 3

plus de deux semaines de grève totale la Guadeloupe ouvre aujourd'hui les négociations avec les quatre composantes des décideurs

46:40
Invité

le secrétaire d'état à l'outre-mer Yves Gégaud est sur place un accord est même sur le point d'être conclu qu'en coup de théâtre il repart à Paris et revient 48 heures plus tard

46:51
Locuteur

un

46:52
Invité

aller-retour qui fait polémique Oui politiquement j'aurais dû dire merde au premier ministre et rester sur place pour finir le boulot mais sur le fond ça n'aurait rien changé Le préfet n'avait rien vu venir à l'époque et les services de l'état avaient été catastrophiques

47:06
Locuteur

c

47:07
Invité

'est pour ça que j'ai pris mes responsabilités On a évité la violence on a évité les morts on a évité après 33 jours de blocage le pire

47:16
Locuteur

Le

47:17
Invité

pire parce que mi-février le mouvement se durcit des barricades apparaissent un peu partout sur l'île

47:24
Locuteur

et

47:26
Invité

la situation dégénère

47:27
Locuteur

Un

47:28
Invité

syndicaliste est tué sur l'un des barrages

47:33
Locuteur

Le

47:33
Invité

4 mars les accords sont finalement signés mais 8 ans plus tard rien n

47:38
Locuteur

'a

47:38
Invité

changé

47:39
Locuteur

Ces

47:44
Locuteur 5

accords n'ont jamais été respectés

47:46
Locuteur

ni

47:47
Locuteur 5

par les collectivités ni par les élus et ni par l'état

47:50
Locuteur

Voilà

47:51
Locuteur 5

la situation donc aujourd'hui nous sommes dans une situation similaire à 2009 on est toujours

47:57
Locuteur

dans

47:58
Locuteur 5

une colonie

47:59
Locuteur

et

48:00
Locuteur 5

la vocation de la colonie c'est de servir les intérêts de la métropole

48:03
Locuteur

Un

48:04
Invité

seul chiffre illustre ce fossé qui n'arrive pas à être comblé Ici le taux de chômage est deux fois supérieur à celui de la métropole

48:11
Locuteur

Il

48:12
Invité

atteint même 60% chez les moins de 25 ans

48:17
Locuteur

Question

48:17
Présentateur

SMS La situation économique est-elle la même en Guyane et dans les Antilles françaises ? Quel parallèle peut-on faire entre ces

48:24
Locuteur

territoires ?

48:25
Invité

Oui, globalement la situation économique est la même après il faut tenir compte des territoires de la taille des territoires de la population la Guyane c'est beaucoup plus grand il

48:32
Locuteur

y

48:32
Invité

a moins de population qu'aux Antilles mais globalement la situation est la même comme je le disais tout à l'heure le mouvement de 2009 il faut se souvenir qu'il était parti de Guyane avec une grève sur le prix des carburants et il a fait tâche d'huile sans mauvais jeu de mots et voilà il y

48:46
Locuteur

a

48:46
Invité

eu des mouvements en Martinique en Guadeloupe à la Réunion et à Mayotte contre la Vichère

48:51
Locuteur

et

48:52
Présentateur

on l'a entendu à l'instant

48:54
Locuteur

Elie

48:55
Présentateur

de Mota donc le responsable syndical qui dit nous sommes toujours une colonie

48:59
Locuteur

c

48:59
Présentateur

'est terrible d'entendre ce

49:00
Locuteur

c

49:01
Invité

'est toute la difficulté de la relation entre la métropole et les territoires parce que écoutez ce qui a été dit à l'encontre d'Emmanuel Macron notamment par David Riemann qui est un des leaders pour que la Guyane décolle alors lui il

49:17
Locuteur

a

49:17
Invité

une histoire c

49:17
Locuteur

'est le fameux

49:18
Présentateur

collectif

49:18
Locuteur

qui notamment a manifesté devant la préfecture

49:20
Invité

voilà exactement il parlait de mépris mais de mépris quand vous écoutez son discours le mot mépris revient toutes les phrases donc effectivement c'est toujours toute la difficulté si particulière de la relation entre la métropole et les départements d'outre-mer et c'est pour ça aussi qu'Emmanuel Macron en dehors de l'intérêt communicationnel de son déplacement dans certains quartiers avait besoin de dire je suis là je rencontre les habitants parce que c'est toujours de toute façon c'est un procès qui est toujours fait quels que soient les présidents et avant même qu'ils aient fait quoi que ce soit c'est toujours il y aura une indifférence ou en tout cas une relation conflictuelle avec la métropole

49:56
Présentateur

Alain Boer est-ce qu'on peut poser une question complètement tabou la France peut-elle se séparer de certains de ses territoires d'outre-mer est-ce que c'est quelque chose dont on peut parler ou on ne

50:07
Locuteur

peut

50:07
Présentateur

même pas en parler nous

50:08
Locuteur

ne

50:08
Présentateur

sommes pas en Espagne donc la

50:09
Locuteur

constitution

50:10
Locuteur 8

permet cette solution je rappelle d'ailleurs que nous l'avons fait dans une situation beaucoup plus tendue et beaucoup plus terrible qu'on ne s'est toujours pas d'ailleurs appelée guerre d'Algérie donc on dit les événements d'Algérie parce que nous sommes incapables de donner des noms aux choses donc on fait l'évitement mais l'Algérie était un département français un département français pas une colonie ou un territoire il y a des accords relativement élastiques dans ce qu'on appelait la communauté dans la constitution de 1958 qui permettait de trouver des solutions la décolonisation

50:40
Locuteur

cette

50:41
Locuteur 8

question donc la réponse c'est ça s'est déjà passé ça peut se reproduire un jour l'Écosse sera peut-être indépendante la Catalogne c'est un sujet complexe mais visiblement qui est plus à l'ordre du jour qu'il ne l'a jamais été donc il y a beaucoup de déconstructions des grands États centraux qui existent mais ce qui est important dans ce que dit M. de Mota et sur lequel il faut revenir et qui est le débat sur la Guyane

51:06
Locuteur

c

51:06
Locuteur 8

'est qu'en fait beaucoup des situations que nous connaissons auraient pu être résolues si l'État avait simplement tenu la parole qu'il avait donnée s'il avait reconnu la signature de ce qu'il a signé s'il avait investi dans ce qu'il a dit qu'il allait faire et pas seulement depuis 2009 l'État a pris la responsabilité de mentir effrontément de ne pas assurer le service après-vente des accords et de créer les conditions des troubles suivants c'est un investissement sur le trouble à venir enfin je voudrais rappeler qu'il

51:35
Locuteur

y a

51:35
Locuteur 8

une situation dont on n

51:36
Locuteur

'a

51:36
Locuteur 8

pas parlé mais qui est très importante c'est que le trio de têtes

51:39
Locuteur

de

51:40
Locuteur 8

l'homicide sur le territoire français c'est Guyane Guadeloupe Saint-Martin les Bouches-du-Rhône et Marseille sont des joyeux amateurs

51:51
Locuteur

en

51:51
Locuteur 8

nombre d'assassinats et en nombre d'assassinats par habitant nous avons une situation qui est extraordinairement atypique dans ces trois territoires au-delà de tout ce qu'on a pu se raconter là-dessus la Guyane est même passée en tête en 2016 devant la Guadeloupe Saint-Martin continuant une remontée remarquable au fil des ans c'est pas un hasard

52:10
Locuteur

que

52:11
Locuteur 8

la question sociale et la question criminelle se retrouvent associées dans ce processus de déresponsabilisation et d'incapacité à traiter de la question de simplement la sécurité au quotidien qui est un problème important et donc si l'État tient sa parole il est capable de désamorcer une partie importante des conflits le fait qu'il ne la tienne quasiment jamais crée les conditions en plus de tout ce qu'on a déjà abordé sur le double niveau de vie sur le double les deux sociétés qui existent là-bas les mêmes trois sociétés les autochtones les immigrés et les importés et bien c'est un problème qu'il va falloir un jour traiter faute de quoi on pourra faire la même émission dans dix ans en repassant des images d'archives de celles-ci

52:56
Invité

deux réflexions rapides pour revenir sur leur portal je ne pense pas que la France maltraite

53:02
Locuteur

ces

53:03
Invité

territoires d'outre-mer je pense qu'elle les traite de façon inefficace ce qui est pire pratiquement on aurait les moyens de faire bien

53:11
Locuteur

mais

53:11
Invité

on ne fait pas bien

53:12
Locuteur

parce

53:13
Invité

qu'on est sans arrêt dans le court terme alors que le plan auquel je pense qui est un plan de retournement de ces économies prendra au moins une génération il faut changer complètement le logiciel tout ce qu'on a vu ces produits importés ça doit cesser ça ne

53:29
Locuteur

va

53:29
Invité

pas cesser du jour au lendemain il y a une situation de transition à organiser pour soutenir les filières agricoles là il faut traiter quoi il faut traiter le problème du foncier

53:39
Locuteur

en

53:40
Invité

Guyane il appartient à l'État en Martinique ou en Guadeloupe l'exploitation agricole moyenne c'est 5 hectares comment voulez-vous être productif sur 5 hectares donc il faut un redéploiement de la ressource agricole et c'est à ce prix-là en travaillant sur d'autres éléments de valeurs ajoutées que progressivement on va aller vers des économies plus autonomes et puis deuxième réflexion je voudrais vous rappeler qu'on a dans la constitution deux outils les articles 73 et 74

54:04
Locuteur

on

54:05
Invité

peut demander aux populations ce qu'ils veulent vous disiez mais pourquoi est-ce que on ne donne pas d'indépendance pourquoi est-ce que c'est une question tabou mais on a posé la question on a déjà posé la question les français de ces territoires ne veulent pas être indépendants ils veulent simplement être considérés de façon décente il y a deux formules dans la constitution article 73 c'est l'article actuel c'est-à

54:25
Locuteur

-dire

54:25
Invité

la relation avec les départements français d'Amérique le 74 c'était Saint-Martin une collectivité territoriale avec de l'autonomie cet outil il faut peut-être le mobiliser donc ça suppose des réformes économiques ça suppose l'aide orientée de l'état et ça suppose des élus parce qu'il faut le dire ça aussi des élus locaux qui soient à la hauteur

54:46
Locuteur

voici

54:47
Présentateur

maintenant vos questions SMS et Internet

54:53
Locuteur

comment

54:54
Présentateur

lutter contre le chômage qui force les jeunes d'outre-mer à rejoindre la métropole subissant ainsi un éloignement non choisi qu'est

55:02
Locuteur

-ce

55:02
Présentateur

qu'on peut faire ?

55:02
Invité

c'est toute la question qu'est-ce qu'on peut faire il faut développer notamment des filières peut-être de métiers propres à ces territoires et permettre aux jeunes de rester sur place et d'apprendre des métiers qui sont utiles et pas seulement miser sur le tourisme puisqu'Emmanuel Macron a notamment parlé du tourisme dans son discours aux assises des Outre-mer il y a ça parce qu'effectivement la fuite des cerveaux comme on dit elle est réelle notamment en Martinique les jeunes partent et ne reviennent pas et la population martiniquaise aujourd'hui est une des plus vieilles de France alors que ce n'était pas le cas précédemment

55:33
Présentateur

comment peut-on expliquer une telle pauvreté dans un département français

55:35
Locuteur

? c

55:37
Invité

'est le produit de l'histoire ce sont des territoires dans lesquels on a développé des activités comme le spatial en Guyane le tourisme ça a été le tout tourisme dans les années 80 aux Antilles en Martinique et en Guadeloupe on était à un million de visiteurs Paris les parents donc on pensait avoir trouvé l'arme fatale si vous voulez pour régler la problématique simplement on sait que le tourisme aujourd'hui est beaucoup plus volatile donc comment est-ce qu'on fait pour aller vers une situation plus stable ?

on y pense si les assises de l'Outre-mer pouvaient servir à ça une bonne fois pour toutes si on évitait de faire une fois des états généraux une fois des assises une troisième fois une espèce de

56:19
Locuteur

le Grenelle

56:20
Invité

un Grenelle de l'Outre-mer pour se dire à chaque fois les mêmes choses mais si on commençait à faire les choses tout simplement je pense que ça donnerait quand même un peu d'espoir aux

56:29
Présentateur

gens qui vivent sur place je vous rappelle qu'Emmanuel Macron a dit aujourd'hui qu'il voulait ouvrir une nouvelle page

56:35
Locuteur

c

56:36
Présentateur

'est formidable mais il faut que cette page ce soit du dur bien que prévoit l'état en termes de lutte contre la délinquance vous évoquiez des chiffres impressionnants il y

56:44
Locuteur

a

56:44
Présentateur

quelques instants

56:45
Locuteur 8

l'état prévoit de renforcer le nombre de policiers de gendarmes accessoirement de douaniers d'ailleurs et donc voilà mais ça ne règle pas les problématiques d'occupage illicite de législation sur l'occupation des sols de la manière dont on expulse ou pas des immigrés clandestins du stock et pas seulement du flux parce que le flux est considérable d'ailleurs au jour d'aujourd'hui nul ne sait quelle est la population réelle de la Guyane c'est un mystère total on a une estimation entre guillemets de ceux qui veulent bien se faire recenser c'est

57:24
Locuteur

-à

57:24
Locuteur 8

-dire environ 250

57:26
Locuteur

000

57:27
Locuteur 8

mais si vous m'expliquez qu'il y

57:29
Locuteur

en

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Locuteur 8

a 325 000 je vous dirais pourquoi pas parce qu'on n'en sait rien et donc on a cette problématique-là et donc je pense que la question essentielle va être la reprise du contrôle parce que les territoires dans lesquels Emmanuel Macron est allé sont des territoires enfin des quartiers en question les sans-boîtes etc.

sont des quartiers connus mais moi je voudrais vous raconter une histoire personnelle quand je suis allé m'occuper du plan de sécurité de Cayenne à la demande du préfet du président du conseil général et du maire on m'a logé dans un très bel hôtel à Cayenne donc ce très bel hôtel est situé très exactement à gauche du tribunal et à droite du commissariat de police au milieu de cet hôtel il y a un trottoir

58:07
Locuteur

sur

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Locuteur 8

lequel il y a 25 zombies

58:10
Locuteur

des

58:10
Locuteur 8

zombies est le seul mot que j'ai réussi à trouver voilà des squelettes vivants humains addictés au krach et c'est le seul endroit où ils ne

58:20
Locuteur

se

58:20
Locuteur 8

sont ni agressés ni violés ni dépouillés ni détruits mais par contre ils se piquent toute la journée et il n'y avait aucune entre le commissariat

58:29
Locuteur

entre le tribunal je ne vais

58:31
Locuteur 8

pas donner le nom de l'hôtel je ne voudrais pas lui faire une mauvaise publicité par ailleurs on ne peut pas trouver il n

58:34
Locuteur

'y

58:34
Locuteur 8

en a qu'un seul à l'époque donc voilà il

58:36
Locuteur

y a

58:36
Locuteur 8

le tribunal le commissariat le trottoir et les gens aimables jetaient des canettes parce que personne ne voulait s'approcher par ailleurs pour des tas de raisons diverses il y a voilà ça c'est la réalité de ce qui était vécu par le visiteur qui atterrissait à Cayenne pour une mission d'ordre public et qui évidemment lors de sa première réunion avec le préfet disait peut-être commencer par le trottoir d'en face et là vous avez la liste innombrable de tout ce qui s'oppose d'un point de vue légal administratif technique réglementaire moyen pas de centre d'accueil pas de centre d'accompagnement le problème ce n

59:08
Locuteur

'est

59:08
Locuteur 8

pas seulement l'hôpital l'école les services publics qui est un sujet majeur en Guyane mais c'est aussi tout ce qui va avec et qui pourrait paraître comme à peu près normal qui est où est-ce qu'on traite les malades puisque ce sont des malades de ce point de vue-là au sens sanitaire du terme notamment pour la drogue et particulièrement le krach qui est extraordinairement développé sur ce territoire qui est une des drogues les plus dangereuses et les plus destructrices avec une addiction quasiment immédiate et une sortie dont le taux est infinitésimal c'est vrai

59:40
Invité

Alain Bauer mais cela dit

59:42
Locuteur

j'ai

59:43
Invité

passé quelques j'ai vécu en Guyane je me rappelle qu'il

59:46
Locuteur

y a

59:46
Invité

des endroits où il ne fallait pas aller en effet mais à côté de ça j'ai rencontré des historiens des scientifiques des biologistes

59:53
Locuteur

des

59:54
Invité

profs des chefs d'entreprise ce que vous dites est parfaitement juste mais il y

1:00:00
Locuteur

a

1:00:00
Invité

une autre Guyane il

1:00:01
Locuteur

y

1:00:01
Invité

a une autre Guyane qui cherche

1:00:03
Locuteur

le paradoxe que vous l'évolez

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Invité

Alain Bauer

1:00:06
Locuteur

le paradoxe de cette insécurité entre deux lieux

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Invité

c'est tout à fait juste et on se protégeait de la même façon mais c'est un territoire dans lequel il y a aussi des ressources

1:00:16
Présentateur

le milliard investi par le gouvernement suffira-t-il à améliorer la situation et dans quoi sera-t-il investi

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Locuteur

? il

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Présentateur

y

1:00:23
Locuteur

a

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Présentateur

une longue

1:00:23
Locuteur 8

liste

1:00:24
Locuteur

une

1:00:24
Locuteur 8

très très très longue

1:00:26
Locuteur

liste qui a été l'inventaire 500

1:00:27
Invité

millions d'euros pour les collectivités pour faire des écoles des lycées des collèges la rénovation de l'hôpital de Cayenne et le paiement des arriérés de l'hôpital de Cayenne à hauteur de mémoire de 20 millions d'euros la construction la

1:00:42
Locuteur

construction

1:00:42
Invité

d'un tribunal de grande instance à Saint-Laurent-du-Maroni juste en face du Suriname et un soutien à un certain nombre de filières qu'on a évoquées qui sont notamment les filières agricoles donc ça fait une longue liste vous savez dans ce domaine l'homéopathie ne marche pas trop c'est-à

1:00:58
Locuteur

-dire

1:00:58
Invité

laisser marche ça ne marche pas trop il faut se concentrer et pour ça il faut une vraie stratégie de développement

1:01:03
Locuteur

comment

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Locuteur 8

aborder le problème du trafic de drogue en Guyane

1:01:08
Locuteur

c

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Locuteur 8

'est un double trafic il y

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Locuteur

a

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Locuteur 8

un trafic interne c'est-à-dire la capacité à se droguer et à disposer de la ressource qui vient d'à peu près partout Haïti la côte Suriname Guyana Brésil et il

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Locuteur

y a

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Locuteur 8

aussi le problème des mules

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Locuteur

car

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Locuteur 8

la Guyane a une capacité exportatrice insoupçonnée

1:01:30
Locuteur

qui

1:01:30
Locuteur 8

est la mule c'est-à-dire une personne qui avale 10, 20, 30, 40, 50 sachets de cocaïne et qui va vers la métropole en espérant éviter les contrôles et qui devient

1:01:41
Locuteur

une des sources

1:01:43
Locuteur 8

qui avale en sachets qui ne consomme pas en général autrement il meurt si le sachet éclate ce qui arrive hélas de temps en temps et donc il y a de plus en plus d'interceptions de mules payées pas très chères et qui transportent des doses de cocaïne qui viennent donc en général des autres pays d'Amérique latine sur le territoire national donc il y a un double problème de stupéfiants en Guyane et qu'il va falloir aussi traiter là aussi à la source Qu'est-ce qui a changé depuis la crise qui a paralysé la

1:02:12
Présentateur

Guyane il y a six mois

1:02:13
Locuteur

? Il

1:02:14
Invité

y a eu des élections présidentielles qui font de toute façon que alors

1:02:19
Locuteur

ce

1:02:20
Invité

qui est particulier c'est que donc Emmanuel Macron a choisi de continuer l'action de François Hollande mais pour l'instant rien n'a changé puisque le milliard est toujours en cours et puis il y

1:02:30
Locuteur

a

1:02:30
Invité

toujours cette revendication des 2,5 milliards c'est une autre revendication une revendication complémentaire du collectif pour que la Guyane décolle alors François Hollande avait dit qu'il allait examiner pour l'instant c'est une fin de non recevoir d'Emmanuel Macron pour ce collectif en disant mais regardez François Hollande de toute façon n'avait rien promis donc n'avait rien promis davantage donc rien vraiment n'a changé

1:02:52
Présentateur

Autre question à quoi a servi ce déplacement n'était-ce pas simplement un coup de communication ?

1:02:56
Locuteur

C

1:02:57
Invité

'était nécessaire de toute façon au début d'un quinquennat ce genre de déplacement est nécessaire alors après ça aurait pu se transformer en mauvaise communication qu'il essaie ensuite de rattraper mais le premier rendez-vous le premier rendez-vous c'est la première tranche des assises de l'Outre-mer ce sera la fin du mois de janvier

1:03:14
Présentateur

La Guyane veut-elle devenir indépendante

1:03:16
Invité

? Non La Guyane ne veut pas devenir indépendante et dans les revendications ça n'est pas dit noir sur blanc et dans les manifestations on entendait chanter la Marseillaise face au CRS

1:03:26
Locuteur

qu

1:03:27
Invité

'exporte la Guyane ? Du bois

1:03:29
Locuteur

un

1:03:30
Invité

peu de pharmacopée

1:03:31
Locuteur

un

1:03:31
Locuteur 4

peu

1:03:32
Invité

de canne à sucre et des satellites et des

1:03:35
Locuteur

satellites et elle est le

1:03:38
Invité

premier pourvoyeur de satellites dans le monde

1:03:42
Locuteur

Merci

1:03:43
Présentateur

beaucoup à tous les quatre merci à l'équipe qui a préparé cette émission dans un instant Ali Badou pour Célèbdo ce soir la redif est à minuit demain ne manquez pas ses politiques dès 18h30 avec Karim Rissouli qui recevra notamment les philosophes Gaspard Koenig Laurence Dubré et le candidat à la présidence des Républicains Maël Decalan Très bonne soirée sur France 5 Sous

1:04:01
Locuteur

-titrage Société Radio-Canada Gaspard Koenig