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Discours / meetingFrançois-Xavier Bellamy· 2 mars 2021 4 minAutoproduitActualité / polémiqueÉducation & rechercheSécuritéJustice

Là où disparaît la possibilité de parler un langage commun ressurgit la barbarie.

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 10 %Défensif 50 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30François-Xavier BellamyFait
    « La violence qui a marqué ces faits a ceci de très particulier qu'elle est très souvent gratuite : c'est une violence absurde, anomique. »
  • 2:00François-Xavier BellamyFait
    « je ne peux pas ne pas y voir, comme professeur, le résultat de la faillite de notre Éducation nationale, d'une crise éducative très profonde. »
  • 3:00François-Xavier BellamyFait
    « en 2009 [...] ma première rentrée dans un lycée de zone urbaine sensible, un jeune a été tué devant la porte du lycée à coups de tournevis quinze jours après la rentrée, et je vois dans cette mort au pied d'un lycée le signe de l'échec de l'école. »
  • 4:00François-Xavier BellamyFait
    « la réponse pénale fait partie de la dimension pédagogique. Il faut que pour toute atteinte aux biens, pour toute atteinte aux personnes, il y ait systématiquement une sanction. »
  • 6:00François-Xavier BellamyFait
    « l'inculture empêche toujours les hommes d'être complètement humains. »
  • 7:00François-Xavier BellamyFait
    « ce qui se joue dans cette violence gratuite que nous voyons monter aujourd'hui, c'est la pauvreté du langage, c'est la pauvreté des relations humaines créée par cet effondrement de la culture. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Ce que ça dit, c'est que ça n'est pas une collection de faits divers, comme le disait Vincent Trémolet de Villers dans Le Figaro récemment ; ce sont des faits de civilisation. C'est le signe que quelque chose est en train de s'effondrer de ce qui fait notre lien les uns aux autres dans une forme de civilité partagée. La violence qui a marqué ces faits a ceci de très particulier qu'elle est très souvent gratuite : c'est une violence absurde, anomique...

Dans le cas du jeune Yuri, qui a été passé à tabac sur la dalle de Beaugrenelle dans le 15e arrondissement, et dont le cas avait ému la France entière, dans le cas de ces jeunes qui se sont affrontés tout récemment, dans le cas de ces deux jeunes mineurs qui ont été tués tout récemment...

Il n'y a pas d'histoire de drogue, il n'y a pas de sommes d'argent en jeu ; il n'y a qu'une violence entre bandes, une violence gratuite et stupide. Et moi je ne peux pas ne pas y voir, comme professeur, le résultat de la faillite de notre Éducation nationale, d'une crise éducative très profonde. Je l'avais dit dès "Les Déshérités", le livre que j'ai publié en 2014 – je ne veux pas le citer pour faire de la promotion mais simplement pour dire qu'au fond, c'est le point de départ de mon engagement : en 2014 quand j'ai commencé – pardon en 2009 – ma première rentrée dans un lycée de zone urbaine sensible, un jeune a été tué devant la porte du lycée à coups de tournevis quinze jours après la rentrée, et je vois dans cette mort au pied d'un lycée le signe de l'échec de l'école.

Là où la culture n'est plus transmise, il ne faut pas s'étonner de voir ressurgir le contraire de la culture, c'est à dire une forme de barbarie. – Souvent dans votre famille politique, c'est la réponse pénale qui est mise en avant, ou la répression. Vous êtes un peu une voix isolée au fond, chez Les Républicains, sur cette question de l'éducation... ? – Non, je ne crois pas : d'abord il ne faut pas opposer les deux ; je pense qu'il ya évidemment – le psychiatre Maurice Berger qui est un spécialiste de la psychologie des jeunes l'a dit mieux que moi : la réponse pénale fait partie de la dimension pédagogique.

Il faut que pour toute atteinte aux biens, pour toute atteinte aux personnes, il y ait systématiquement une sanction. Parce que si ça n'est pas le cas, alors cela crée un sentiment d'impunité qui produit de fait cette violence désinhibée. Donc il ne faut pas opposer un système pénal efficace ] et de ce point de vue là il faut donner à la justice les moyens de faire son travail, de faire son travail de manière rapide, de faire son travail en particulier en matière de justice des mineurs d'une manière qui soit transparente, et qui soit du coup véritablement éducative.

Mais bien sûr il y a aussi en amont le signe, dans cette violence, d'une faillite de l'éducation. Parce que je ne dis pas que quelqu'un qui est éduqué, quelqu'un qui est cultivé, ne peut pas faire de mal : les gens les plus cultivés du monde ont parfois étaient des s*lauds et les peuples les plus cultivés du monde ont parfois été barbares. Ce que je dis, ça n'est pas que la culture empêche toujours l'homme d'être inhumain, mais que l'inculture empêche toujours les hommes d'être complètement humains.

Et ce qui se joue dans cette violence gratuite que nous voyons monter aujourd'hui, c'est la pauvreté du langage, c'est la pauvreté des relations humaines créée par cet effondrement de la culture. C'est le fait que lorsque les cadres n'existent plus – les cadres éthiques et moraux fondamentaux – lorsqu'ils n'ont pas été posés par l'éducation – et il y a quelque chose qui évidemment doit interroger les familles aussi, et notre rapport aux familles – lorsque tout cela n'est pas stabilisé, alors nous ne pouvons pas, encore une fois, éviter que la violence soit partout. Évidemment la réponse pénale est importante, mais on ne mettra pas un policier derrière l'épaule de chaque français.

Et donc, ce qui a été raté dans l'éducation sera très difficile à rattraper par le système pénal, par le système judiciaire. Je pense qu'on ne peut pas souhaiter une société de surveillance généralisée : on ne peut que souhaiter que l'éducation cultive en nous le désir d'une vie civile, d'une dans la civilité, qui est fondamentalement la condition de toute vie en société. – Et merci beaucoup, merci François-Xavier Bellamy.