"On sort de cette réunion encore plus inquiets qu’on y était rentrés" (Marine Tondelier)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 70 %Défensif 30 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« on sort de cette réunion encore plus inquiet qu'on y était rentré »
- 1:45Invité politiqueFait
« on a pu s'exprimer mais en réalité il y a trois problèmes. Il y a la doctrine en elle-même. »
- 2:21Invité politiqueFait
« Quand il y en a un qui met pas par inadvertance, pourquoi pas ? Mais là, c'est pas de l'inadvertance, c'est une volonté de ne pas l'afficher. »
- 3:35Invité politiqueFait
« faut pas nous expliquer qu'ils ont pas eu le temps de réfléchir, de chiffrer. Ça fait un mois. »
- 4:13Invité politiqueFait
« c'est quand même eux les premières victimes qui sont souvent des gens enfin modestes »
Temps de parole
- Marine Tondelier100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Écoutez, on sort de cette réunion encore plus inquiet qu'on y était rentré et même je pense pouvoir parler au nom de tous les écologistes en colère. Il y a une chose sur laquelle tout le monde était d'accord, c'est que les manifestants, les casseurs et les pilleurs, c'était pas la même chose et y compris le directeur général de la gendarmerie nationale a dit clairement que dans les cortèges de manifestants, tout s'était bien passé. Mais sur le reste, j'ai le regret de vous annoncer qu'on ne se comprend plus. En réalité euh monsieur le Premier ministre a commencé par préciser en début de réunion que c'était une réunion technique enfin de qui se moqueon.
On a d'ailleurs eu en PowerPoint qui nous expliquait les trois piliers de euh la doctrine du maintien de l'ordre français. Enfin, c'était assez lunaire euh parce que à partir du moment où c'est les forces politiques de ce pays, tous les chefs de parti, les présidents de groupes parlementaires qui sont invités, non, c'est pas une réunion technique, c'est une réunion politique parce qu'on est là. Et par ailleurs, je ne pense pas que le président de la République quand il fait une une allocution face à tous les Français à 20h, ce soit pour convoquer des réunions techniques.
Donc, c'était bien une réunion politique euh qu'on a animé nous comme tel depuis la place où on était, c'est-à-dire une mise en scène assez enfantine où ils étaient sur une estrade chacun pour nous expliquer leur exposé et nous sur des chaises à prendre des notes sur nos genoux. Comme dans une conférence de presse, on serait venu poser quelques questions si vous voulez bien à la fin. Donc, on a essayé de reprendre un peu le contrôle sur cette réunion pour dire ce qu'on avait à dire, pour euh parler de l'ordre du jour que l'on voulait parce que on peut parler de doctrine de maintien d'ordre.
Évidemment qu'il faut parler du ce qui s'est passé le 17 et on était preneur de réponse mais il y a aussi des revendications des lycéens. On a été finalement très déçu parce que vous savez dans ces genres de réunions, on sort rarement avec des réponses mais souvent on a des éléments d'analyse qui peuvent être intéressants. Des fois, on apprend des choses, des éléments qui peuvent pas donner voilà hors rot. Et là en fait, on a rien eu de tout ça. Et je dois vous dire que on sort avec voilà beaucoup de colère sur la doctrine de maintien l'ordre. Euh on a pu s'exprimer mais en réalité il y a trois problèmes. Il y a la doctrine en elle-même.
Il y a comment elle est appliquer avec des ordres parfois illégaux, par exemple les nages et cetera. Et il y a aussi le sujet de de des comportements parfois individuels. On a tous vu, vous êtes journalistes, vous voyez ces vidéos sur les réseaux sociaux, vous avez même vous-même vu et et vécu peut-être des choses dans ces manifestations. Et ça, il faut pouvoir y répondre. On a voilà relevé rapporté des témoignages forts, des choses qu'on a vu qui sont pas admissibles, y compris les numéros de RO c'est quand même la base. Quand il y en a un qui met pas par inadvertance, pourquoi pas ? Mais là, c'est pas de l'inadvertance, c'est une volonté de ne pas l'afficher.
Et quand vous avez dans un groupe 3 4 5 6 10 qui l'affichent pas, personne ne leur dit bah là faut le mettre. Donc c'est aussi que il y a un dérapage aussi au sein des forces d'ordre parfois dans les dans dans ce qui relève de la dégalité et qui doit être rapporté.
Et ce qu'on a quand même dit, c'est que dans le rapport de confiance entre une population et sa police, bah en fait c'est important que les règles soient respectées parce que quand on porte l'uniforme et qu'on exerce la violence au nom de l'État et ben en fait ça ça engage fortement et que si on veut et c'est important pour tous les démocrates de ce pays une relation saine entre une population et sa police et ben en fait il y a des règles qui doivent être respectées. Ce qu'on a dit aussi évidemment, c'est que un mouvement social ne pouvait pas avoir comme seule réponse du maintien de l'ordre et que la force publique à un moment ne pourra pas contenir la colère.
Et donc nous, on fait vraiment la différence entre les casseurs, les pilleurs, on condamne toutes leurs actions et les manifestants. Mais enfin, on voit bien que les casseurs profitent des manifestations et que si on veut éviter ça, faut aussi pouvoir répondre aux manifestations. Et en fait là-dessus, nous on est comme beaucoup de Français, ben on reste avec nos questions. C'estàd qu'on se met à la place des lycéens euh de leurs professeurs, de leurs parents et des étudiants aussi qui attendent toujours des réponses à leur revendication depuis maintenant plus d'un mois. Donc faut pas nous expliquer qu'ils ont pas eu le temps de réfléchir, de chiffrer. Ça fait un mois.
Donc à ce stade de non réponse, c'est pas sérieux. Deuxièmement, à la place des commerçants, moi j'étais à la rencontre des commerçants du 11e arrondissement avec David Bell, le le maire écologie de cet arrondissement qui ont vécu des scènes de non droit qui nous ont dit "L'État ce soir-là n'existait plus pour nous. Pendant des heures, ils ont défendu seul leur magasins. La police ne répondait pas et il marque le début du chaos au retrait des forces de police qui été protégé l'Élysée." Donc c'est bien lié au au mauvais dimensionnement du dispositif ce jour-là. Voilà pour cette réaction de Marine Tondelier.
Vous avez entendu précédemment Manuel Bompard euh È cheftel, on le voit bien cette réunion euh extrêmement critiquée par en tout cas c'est les les oppositions. Il fallait s'y attendre. Il fallait s'y attendre quoi voulait dire à à à à leur réaction. Bien sûr. Ouais. Oui, rien de nouveau. Oui. Alors, au moins Marine Tondelie a fini parler, j'attendais le moment où elle en parlerait, des commerçants parce que en fait c'est quand même eux les premières victimes qui sont souvent des gens enfin modestes he pardon, qui ont tout perdu.
Et moi, je suis étonnée par le manque de responsabilité que ça soit la France insoumise ou ou les écologistes là, c'est-à-dire que ils sont partie prenantes de la solution. C'est-à-dire que là, l'enjeu euh comme l'a bien dit Henri Vernet, c'est quand même de restaurer le pacte social qui est très abîmé entre les citoyens et l'État. C'est-à-dire que aujourd'hui euh les citoyens ne se sentent plus protégés or euh par par une police qui voilà qui a été débordée, hein, c'est pas seulement une question d'insuffisance, elle a été débordée par les par la les violences et c'est pour ça que certains sont tentés quelque part de se faire justice soi-même ou de se protéger.
Et je trouve que tous les partis politiques devraient faire preuve de responsabilité, hein. Ce sont euh et ce sont des responsable politique, hein, le mot et et participer à trouver une solution plutôt que euh critiquer, voilà, critiquer le gouvernement. OK. euh appeler euh parler comme LFI de gigantesques opérations de diversion euh de bascules autoritaires euh on a l'impression presque qu'il la souhaite hein, c'est-à-dire euh voilà, on quelque part euh ben on incite à la violence, la violence se produit, euh l'État montre son visage répressif et comme ça on va dire hein, c'est une vieille stratégie de de l'extrême gauche et on va pouvoir crier au fascisme.
Sylvin justement vous qui êtes historien des radicalités politiques et qui connaissez bien les les mouvements sociaux à ce que l'on assiste aujourd'hui c'est quelque chose d'exceptionnel ou on l'a déjà connu avant ? Alors d'abord c'est pas exceptionnel 8 ans, il y a eu exactement la même chose le 1er décembre et le 8 décembre on va demander gilets jaunes aussi janvier avec l'attaque des ministères. Oui, mais c'est pas la même chose. C'était extrêmement circonscrit de ce côté massif de de pillage généralisé, ça a été exactement la même chose le le 1er et le 8 décembre. Et cette réponse des oppositions en l'occurrence là de LFI et de des écologies, ça vous surprend ou pas ?
Mais quand on parle de pacte pour citoyen, si on oublie la dimension sociale, il y a pas de pacte citoyen. C'est il faut pas il y a pas que le sécuritaire, il y a l'ensemble des éléments qui doit être pris en compte. Et euh quand on dit bah juste on répond d'abord sur la question sécuritaire, ça rappelle des éléments historiques assez précis. C'est une forme de de bonapartisme au sens Napoléon 3 du terme, c'est-à-dire que c'est le parti de l'ordre, rien que l'ordre et la question sociale, on verra après. On pense pas qu'il faut d'abord rétablir l'ordre quand même avant de Oui, mais quand on a créé le désordre, c'est après c'est une question de qu'est-ce qui s'est passé ?
Ça fait quand même comment se fait-il que des lycéens soient pendant un mois dans la rue ? sans qu'il y ait moins de dialogue social. C'est pas c'est moi je veux bien mais si on vous laisse pas de perspective, s'il y a pas un débat qui s'engage euh on peut laisser les gens dans la rue. C'est pas les mêmes, c'est pas les mêmes en fait. Et en plus non mais ça c'est ce qui vous l'expliquez d'ailleurs très bien. Il y a l'ultra gauche, il y a la gauche, l'extrême gauche et puis il y a des casseurs qui sont pas c'est pas les mêmes les gens qui son ont considère un certain nombre de parurs, il y a eu des réponses quand même aux revendications lycées. Donc pas dire qu'il y en a eu zéro.
On peut juger qu'elles sont insuffisantes mais il y a eu les les 3000 remplaçant avoir un dialogue plus important avec les lycéens mais ça aurait pas empêché les casseurs d'interven de quoi. Non mais il y a deux choses. Alors après il y a mais c'est deux éléments différents. Le le pillages qui ont eu lieu, il faut vraiment distinguer le pillage des petits commerçants. Je vais vous prendre une autre un autre exemple pour me faire comprendre. Euh je sais pas si vous vous souvenez, le 1er mai 2018, il y avait un black block constitué assez impressionnant de près de 2000 personnes. Euh il y a une chaîne de restauration rapide qui avait été euh détruite entièrement.
Il y a un concessionnaire de voiture qui avait de luxe qui avait également été détruit. Entre les deux, il y avait plusieurs petits commerçants qui n'avaient pas été touchés. Donc on n'était pas dans la même symbolique. Là il y a autre chose qui s'est passé. C'est un déferlement de violence qui est différent, qui était pas forcément prévisible pour une raison très simple en ayant assez observer pas mal les choses. Et justement, je termine juste le jeudi soir, il se passait pratiquement rien. Personne ne pensait qu'il y aurait qu'il y avait autant de monde dans la rue. Le vendredi c'est devenu viral et le samedi ça a été explosif.
Marine Tondelier