Eric Ciotti - Le Barbier du matin du 10/10/23
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:07ComplaisanteRéponse partielle
Éric Ciotti, bonjour.
- 1:58OuverteRéponse directe
Que fait, que pense, que doit penser l'homme politique par rapport à la phase qui s'ouvre maintenant ?
- 3:33OuverteRéponse directe
Vous portez une résolution à l'Assemblée nationale pour que la France arrête son aide à l'autorité palestinienne. Êtes-vous sûr que l'argent versé par la France aille vers le Hamas ?
- 4:34OuverteRéponse directe
L'aide européenne a été suspendue, puis finalement elle n'est pas suspendue. Des unions ont cacophonie.
- 5:16OuverteRéponse directe
Vous demandez aussi une clarification, une modification des relations avec certains États, dont le Qatar, qui eux aussi finance la Palestine. Qu'entendez-vous par là ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Aux Nations Unies, certains s'inquiètent du siège qu'Israël veut imposer à Gaza. Est-ce que vous partagez cette inquiétude ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:48Invité politiqueChiffre
« On nous parle ce matin de plus de 900 morts israéliens, civils. »
- 3:40PrésentateurChiffre
« 60 millions d'euros en 2021 »
- 5:22Invité politiqueChiffre
« Le financement du Qatar à l'autorité palestinienne, c'est 30 millions de dollars, je crois, par mois. »
- 4:15Invité politiqueChiffre
« 60 millions d'euros, dans le budget 2024 de l'État, pour l'autorité palestinienne »
- 1:40Invité politiqueFait
« Oui, ce sont des nazis. »
- 1:43Invité politiqueFait
« Oui, ce sont les mêmes visages que ceux qui ont frappé à Paris le 13 novembre. »
- 2:23Invité politiqueFait
« Je veux d'abord dire tout mon soutien au gouvernement israélien, tout mon soutien, bien sûr, au peuple israélien dans ces moments tragiques. »
- 4:08Invité politiqueFait
« On est sûr qu'une partie de ce financement se retrouve pour armer le Hamas, et ça ce n'est pas acceptable, ce n'est pas tolérable. »
- 5:49Invité politiqueFait
« Il y a un double jeu, Qatar. »
- 6:16Invité politiqueFait
« aujourd'hui, c'est Israël qui a été attaqué de la pire des façons. »
- 6:30Invité politiqueFait
« qui veulent supprimer les Juifs. »
- 7:55Invité politiqueFait
« de la Shoah, de l'Holocauste. »
- 8:50Invité politiqueFait
« Certains, oui. En tout cas, peut-être pas insoumis, mais ce qu'a dit le NPA participe très clairement de l'apologie du terrorisme. »
- 10:14Invité politiqueFait
« Les insoumis sont sortis depuis longtemps de l'arc républicain. »
Temps de parole
- Éric Ciotti84 %
- Présentateur16 %
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Éric Ciotti, bonjour. Bonjour. Président des Républicains, député des Alpes-Maritimes. L'émotion, Anna-Belle, qu'on a entendue en ce moment, l'émotion et la révolte, c'est ce que vous avez entendu hier aussi dans les rassemblements à Paris, à Nice et ailleurs.
Oui, je veux dire combien cette chronique est tout à la fois extraordinairement émouvante et vraie. Combien elle exprime cette émotion que nous ressentons, que je ressens personnellement depuis samedi matin. Nous avons reçu au réveil ces informations avec sidération. Et depuis chaque heure, chaque nuit, le bilan s'alourdit. On nous parle ce matin de plus de 900 morts israéliens, civils. On voit ces images, certaines circulent, d'autres ont été diffusées. Elles sont terrifiantes, de barbarie, d'horreur. On voit des personnes âgées extraire de leur maison, prises en otage. On voit des familles assassinées dans leur domicile. Des femmes ont été violées.
Des jeunes qui partageaient un moment de joie, de fête, de vie, dans un festival de musique électronique, ont été massacrés. C'est tout cela qui suscite cette émotion, qui suscite aussi une immense colère, parce que c'est l'expression de l'inhumanité, de la barbarie, la plus obscurantiste, la plus terrible, la plus terrifiante. Oui, ce sont des nazis. Oui, ce sont les mêmes visages que ceux qui ont frappé à Paris le 13 novembre. Ce sont les mêmes qui participent de cette volonté de détruire tout ce qui ne leur ressemble pas, de s'être animés par la haine.
Que fait, que pense, que doit penser l'homme politique, l'homme d'État, par rapport à la phase qui s'ouvre maintenant ? C'est-à-dire comment récupérer les otages ?
J'imagine le dilemme du gouvernement israélien, du Premier ministre, les choix stratégiques à faire. Je veux d'abord dire tout mon soutien au gouvernement israélien, tout mon soutien, bien sûr, au peuple israélien dans ces moments tragiques. Je suis sûr qu'Israël, parce que c'est une grande nation, parce que c'est une démocratie, et si elle est attaquée, c'est parce que c'est une démocratie, où la liberté règne dans l'État d'Israël, eh bien, je suis sûr qu'Israël va faire face, comme dans les pires moments de son histoire, à ce moment terrible, qui a voulu mettre en cause son existence, une nouvelle fois, Israël fera face, la situation est naturellement très compliquée.
Parce qu'il y a un dilemme, intervenir massivement,
c'est mettre en péril la vie des otages, ne rien faire,
c'est consacrer la victoire du Hamas. Mais je suis confiant dans la capacité d'Israël à faire face à cette situation et notre devoir, le devoir des États, de la France, de l'Europe, et d'être totalement, je dis bien totalement, je n'utilise même pas le mot sans réserve, totalement aux côtés d'Israël, dans ces moments, parce que nous avons les mêmes ennemis, nous avons face à nous les mêmes visages de la barbarie, nous les avons subis dans un contexte différent, mais nous devons les combattre avec la même force et dans la même unité.
Vous portez une résolution à l'Assemblée nationale pour que la France arrête son aide à l'autorité palestinienne. Êtes-vous sûr que l'argent versé par la France, 60 millions d'euros en 2021, aille vers le Hamas ? Il y a un risque ?
On ne finance pas Daesh. Il y a eu des procédures judiciaires en France, dans notre pays, parce qu'il y a eu des complicités de financement du terrorisme, et là on aurait un financement public. On ne sait pas où il va ce financement. Enfin, on ne sait pas. On est sûr qu'une partie de ce financement se retrouve pour armer le Hamas, et ça ce n'est pas acceptable, ce n'est pas tolérable. Donc il faut arrêter. Il faut arrêter aujourd'hui cette aide au développement, 60 millions d'euros, dans le budget 2024 de l'État, pour l'autorité palestinienne, mais aussi pour des organisations qui œuvrent sur ces territoires. Ce n'est pas acceptable, ce n'est pas possible. Il faut de la transparence.
En tout cas, à ce stade, il faut arrêter.
L'aide européenne a été suspendue, puis finalement elle n'est pas suspendue. L'Espagne n'est pas d'accord. Des unions ont cacophonie.
Oui, c'est regrettable d'offrir cette image dans ces moments. Il faut là aussi, et je l'ai écrit dès dimanche au président de la République, que la France, qui a une voix singulière et forte en Europe, prenne une initiative. L'Allemagne l'a fait également, pour dire que nous ne pouvons, dans ce contexte, continuer à financer une organisation dont les ramifications s'expriment dans le terrorisme le plus obscur.
Vous demandez aussi une clarification, une modification des relations avec certains États, dont le Qatar, qui eux aussi finance la Palestine. Qu'entendez-vous par là ?
Le financement du Qatar à l'autorité palestinienne, c'est 30 millions de dollars, je crois, par mois. Là aussi, il faut mettre tout à plat. Il faut dire les choses. Cet État ne peut pas avoir un double visage, celui d'une respectabilité qui serait couverte par une manne financière indéfinie, et puis de l'autre côté, avoir une face obscure. On l'avait déjà évoqué sur le terrorisme islamiste, qui participe au financement de ces réunions. Il y a un double jeu, Qatar. Donc, ce double jeu, il faut aujourd'hui qu'il s'arrête et le dénoncer, et que le Qatar sache où il se trouve, mais en tout cas arrête ce double jeu.
Aux Nations Unies, certains s'inquiètent du siège qu'Israël veut imposer à Gaza, c'est-à-dire de ce que les populations civiles palestiniennes pourraient subir. Est-ce que vous partagez cette inquiétude ?
Je fais confiance, je le redis à Israël, dans sa capacité à se défendre. Aujourd'hui, c'est Israël qui a été attaqué de la pire des façons. C'est Israël qui est en cause, dont la survie est en cause par le fait de terroristes qui veulent détruire Israël, qui veulent supprimer les Juifs. Vous l'avez dit tout à l'heure, dimanche, samedi, c'était une traque aux Juifs dans les rues d'Ezderot, dans les localités proches de la bande de Gaza. Ceux qui étaient en action voulaient supprimer, tuer des Juifs. Donc Israël doit se défendre et on doit être solidaires d'Israël. Et dans un deuxième temps, aider à chercher une solution politique.
Il faudra un jour trouver une solution politique.
Il faudra sans doute trouver une solution politique. Bien sûr qu'il faudra trouver une solution politique. Mais le temps aujourd'hui est à la survie des otages. à leur libération. Le temps est à la protection d'Israël et c'est ce qui prime dans cet instant.
Est-ce que la France devrait aujourd'hui, comme vous l'avez souvent demandé, reconnaître Jérusalem comme capitale ?
Moi je le crois. Je le crois. Il y a ensuite cette question des deux États. Il faudra dans l'avenir sans doute clarifier les choses. Mais je ne veux pas évoquer cette question aujourd'hui. Ce n'est pas le moment ? Ce n'est pas le moment. Aujourd'hui, il doit y avoir l'expression d'un soutien total à Israël dans sa capacité à se défendre. C'est un État qui a été, et un peuple qui a été attaqué, et un peuple particulier, un peuple qui a, par son histoire, de par son histoire, été la victime de la pire des barbaries, de la Shoah, de l'Holocauste.
L'État d'Israël, c'est aussi la conséquence d'un peuple qui voulait se protéger dans une terre où il y aurait, après la terreur de la Seconde Guerre mondiale, un havre de paix. Aujourd'hui, cet État, il est à nouveau avec les mêmes ferments attaqués. Donc, il y aura des débats politiques, et on voit bien la séquence, l'émotion naturellement qui nous frappe, et puis il y aura une forme de banalisation, voire de contestation, de ce que fera Israël. Et c'est là qu'il faudra être solidaire.
En France, le débat porte aussi sur la vie politique et sur l'attitude de la France insoumise. Est-ce de l'apologie du terrorisme, ce qu'ils ont dit ?
Certains, oui. Certains, oui. En tout cas, peut-être pas insoumis, mais ce qu'a dit le NPA participe très clairement de l'apologie du terrorisme.
Vous demandez leur traduction en justice, leur dissolution ?
J'ai écrit au président de la République pour dire là aussi qu'il faut que l'action judiciaire se mette en marche pour poursuivre tous ceux qui tiennent ce discours de haine. On ne peut pas soutenir des hommes qui tuent, qui assassinent, qui prennent un otage, qui violent, qui massacrent des enfants, des personnes âgées. Ça, ce n'est pas possible. Mais il ne peut pas y avoir de camouflage à des actions de haine.
La France insoumise, Arnaud Rominelle, maire de Reims, demande la levée de l'immunité parlementaire de certains députés dans le cadre des plaintes qui seront déposées. D'abord, il faut que l'action judiciaire soit activée.
La levée de l'immunité parlementaire, parlementaire, ce sont les procureurs généraux qui doivent le faire auprès de l'Assemblée nationale. C'est une procédure qui est très codifiée. Donc, si l'action judiciaire le demande, je suis membre du bureau de l'Assemblée nationale, je voterai la levée de ces immunités parlementaires.
On est, pour vous, dans le franchissement d'une ligne rouge par la France insoumise. On a eu les polémiques sur Médine, on a eu des polémiques diverses et variées. Là, c'est autre chose.
Les insoumis sont sortis depuis longtemps de l'arc républicain. Ils sont là. Aujourd'hui, on le voit animé par une idée, quelque part, de détruire nos institutions. Ils veulent changer nos institutions. Leur parcours, leur dérive est totalement terrifiante. Et je vois quand même, avec stupeur, qu'ils ont encore des alliés socialistes, qu'ils ont encore des alliés écologistes, qu'ils ont encore des alliés communistes, je ne mets pas tout le monde dans le même sac. Je fais la distinction entre des élus communistes comme Fabien Roussel, des élus socialistes. Comme Jérôme Gage, qu'on a entendu ce week-end. Absolument. Mais ce sac, il existe, il s'appelle la NUPES.
Mais à eux d'en sortir, aujourd'hui. À eux d'en sortir. C'est le moment pour eux de rompre. Ils sont en train de perdre leur dignité s'ils restent et s'ils côtoient des gens aussi toxiques et aussi dangereux.
Les LR, qu'est-ce que les LR peuvent préparer comme politique diplomatique, géopolitique, comme politique de protection de la communauté juive ici en France pour aller vers les électeurs ensuite avec un programme complet ?
Ce que nous devons faire, c'est d'aller pas simplement vers une communauté. Nous avons une histoire, un rôle. c'est en Europe d'être ceux qui garantissent la paix et la sécurité au Proche-Orient, qui garantissent la paix et la sécurité d'Israël et sur notre territoire. Ce qu'il faut, c'est que les Juifs de France ne soient pas, ne se sentent pas aujourd'hui en péril sur notre territoire, ne soient pas des cibles et on sait que c'est le cas. On sait que c'est le cas aujourd'hui. On sait que c'est difficile pour un Juif aujourd'hui de sortir dans la rue avec une kippa parce que c'est quelque part déjà à poser une cible sur lui.
On sait qu'il y a des Juifs de France qui sont contraints de quitter certains territoires, de quitter certains quartiers. On sait que dans certaines écoles, sur certains territoires, il est difficile, de plus en plus difficile d'être Juif. Et ça, ce n'est pas possible. Donc il faut aussi, c'est notre mission, c'est notre engagement que ces valeurs qui ont fait la force de notre nation, celles d'une sécurité garantie pour tous et pour toutes, quelle que soit leur origine, quelle que soit leur religion, reviennent cimenter ce pacte républicain qui est aujourd'hui dangereusement ébréché.
Éric Ciotti, président des Républicains, député des Alpes-Maritimes sur Radio-J, merci et bonne journée. Merci. Merci beaucoup, Christophe Borbi. On vous retrouvera évidemment demain matin à 7h45 avec David Amiel, député Renaissance de Paris. On parlera bien sûr de cette situation en Israël à demain.
Éric Ciotti