Le budget du gouvernement est mauvais ! - Jean-Philippe Tanguy (BFMTV)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:06OuverteRéponse directe
On va parler budget, on va parler tentation de la censure avec vous
- 1:19RelanceRéponse partielle
Est-ce responsable si demain le RN appuie sur le bouton motion de censure ?
- 2:47RelanceRéponse directe
Est-ce que ce n'est pas risqué d'ajouter de l'incertitude à l'incertitude ?
- 3:07RelanceRéponse directe
Est-ce que ce n'est pas risqué d'ajouter de l'incertitude à l'incertitude ?
- 4:24FerméeÉludée
Quand j'écoute votre discours, votre décision, elle est prise. Vous allez le censurer, ce budget.
- 5:31OuverteRéponse directe
Quelle garantie précise vous attendez de la part du gouvernement pour ne pas le censurer ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:32Invité politiqueFait
« Mais ce qui n'est pas responsable, c'est d'accepter un 51e budget de faillite. »
- 1:48Invité politiqueFait
« Ce gouvernement n'a respecté aucune des lignes rouges qu'il avait lui-même fait devant les Français. »
- 1:55Invité politiqueChiffre
« C'est qu'aujourd'hui le dernier consensus des économistes, c'est qu'on ne serait pas à 5% de déficit mais à 5,4% de déficit. »
- 2:02Invité politiqueChiffre
« Alors que l'année n'a même pas commencé, c'est quand même déjà un dérapage de 12 milliards d'euros. »
- 2:27Invité politiqueFait
« qu'il ne fallait pas dégrader le coût du travail comme veut faire Michel Barnier »
- 3:20Invité politiqueFait
« Ils n'ont pas respecté les engagements, ils n'ont pas trouvé de solution de fonds sur le revenu agricole »
- 4:00Invité politiqueFait
« On n'a jamais vu ça sous la Ve République. »
- 4:11Invité politiqueFait
« M. Barnier ressemble de plus en plus à Mme Borne, dans le sens où il se comporte comme s'il était majoritaire. »
- 5:53Invité politiquePromesse
« C'est les mesures qu'avait annoncées M. Barnier aux Français aux 20 heures de vos confrères d'un grand journal télévisé, à savoir pas d'augmentation d'impôts pour les classes moyennes et populaires et un rééquilibrage des comptes. »
- 7:27Invité politiqueChiffre
« un texte financier de fin de gestion où le gouvernement, en six mois, n'a pas réduit le déficit de 6,1%. »
- 7:46Invité politiqueFait
« Il n'y a pas de shutdown. Il n'y a pas de... La Constitution de la Ve République prévoit tout ce qu'il faut comme mesure pour avoir une continuité budgétaire. »
- 10:27Invité politiqueChiffre
« qui, avec sa politique économique complètement stupide, nous a emmené dans le mur, a créé mille milliards de dettes à lui tout seul. »
- 19:50Invité politiqueFait
« Jordan parlait de cette candidate qui avait fait une prise d'otage dans les années 90 »
Temps de parole
- Jean-Philippe Tanguy46 %
- Présentateur19 %
- Invité8 %
- Invité 26 %
- Invité 36 %
- Invité 45 %
- Invité 53 %
- Invité 63 %
- Invité 73 %
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Notre invité politique du soir, Jean-Philippe Tanguy, bonsoir député Rassemblement National de la Somme. On va parler budget, on va parler tentation de la censure avec vous, puisque hier soir, Jordan Bardella a dit que le gouvernement prenait la voie d'un siège éjectable. Marine Le Pen, ce matin que l'on a interrogé, nous a dit effectivement, la censure, oui, oui, on est en train d'y réfléchir, là du côté du Rassemblement National après le budget. Et écoutez ce soir la réaction d'Emmanuel Macron depuis Rio où il est en ce moment.
Évidemment, je souhaite la stabilité. Le gouvernement est engagé. C'est normal qu'il y ait des débats parlementaires. Je crois que le gouvernement, avec méthode, va continuer avec les forces du socle commun qui constitue aujourd'hui cette majorité relative et avec les oppositions d'avancer. Moi, je souhaite de la stabilité. Notre pays a besoin de continuer à avancer. On a besoin de continuer à mener des réformes. On a besoin de continuer à être ambitieux sur le plan économique, écologique, de notre sécurité, sur le plan évidemment de notre éducation également et de notre santé.
Et donc qu'il s'agisse de notre ambition économique et écologique, qu'il s'agisse de nos grands services publics, qu'il s'agisse de l'ordre démocratique, du rayonnement international, on a tant à faire.
Je souhaite la stabilité, dit ce soir Emmanuel Macron. Est-ce responsable si demain le RN appuie sur le bouton motion de censure ? Est-ce que c'est responsable de prendre le risque de plonger le pays dans un chaos budgétaire, économique et politique ?
Mais ce qui n'est pas responsable, c'est d'accepter un 51e budget de faillite. On ne vote pas un budget pour bouter un budget. On vote un budget pour rééquilibrer les comptes, pour de la justice sociale et fiscale. C'est-à-dire en fait exactement ce à quoi s'est engagé Michel Barnier. Ce gouvernement n'a respecté aucune des lignes rouges qu'il avait lui-même fait devant les Français. Donc la situation c'est quoi ? C'est qu'aujourd'hui le dernier consensus des économistes, c'est qu'on ne serait pas à 5% de déficit mais à 5,4% de déficit. Alors que l'année n'a même pas commencé, c'est quand même déjà un dérapage de 12 milliards d'euros.
Donc en fait on continue sur le mauvais chemin engagé par le gouvernement précédent. Marine Le Pen, lors de l'arrivée du budget au Parlement, avait pris la parole. C'est elle qui a fait la discussion générale pour notre groupe. Elle a rappelé qu'il fallait de la justice fiscale, à savoir que les classes populaires et moyennes ne soient pas mises à contribution, par exemple avec la taxe sur l'électricité, qu'il ne fallait pas dégrader le coût du travail comme veut faire Michel Barnier, qu'il ne fallait pas de taxes punitives, taxes sur le sucre, taxes sur les cigarettes, taxes sur je ne sais quoi. Bref, c'est un mauvais budget. Donc ça n'a rien à voir avec je ne sais quel chaos.
C'est qu'il faut redresser les comptes de la nation.
Mais le contexte, Jean-Philippe Tanguy, le contexte politique actuel, il fait du tort à un certain nombre de secteurs, les entreprises en premier lieu, les plans sociaux qui se multiplient. Et ce n'est pas sans rapport avec cette incertitude politique. Idem pour la crise agricole qui a reporté la mise en place de ces engagements. Est-ce que ce n'est pas risqué d'ajouter de l'incertitude à l'incertitude, tant pour les entreprises que pour les agriculteurs et pour un certain nombre de secteurs ?
Mais l'incertitude, vous le dites vous-même, Madame, c'est aujourd'hui. La crise de l'agriculture, elle avait déjà lieu l'année dernière, avec une majorité et un gouvernement de M. Attal. Ils n'ont pas respecté les engagements, ils n'ont pas trouvé de solution de fonds sur le revenu agricole, sur une juste concurrence, sur la fin de la surréglementation. Là, cet après-midi, on parlait par exemple d'un certain nombre de produits phytosanitaires qui sont toujours interdits et qui interdisent à ceux qui cultivent les noisettes. Moi, chez moi, dans la Somme, les baies travillées, de pouvoir affronter la concurrence étrangère de manière loyale.
Les incertitudes sur les entreprises, c'est aujourd'hui cette propre majorité qui se dévore. Vous avez les amis de M. Lemaire, les amis de M. Darmanin, les amis de M. Attal, les amis de M. Wauquiez, qui ne sont pas d'accord entre eux sur leur propre budget, qui ont déposé ici à l'Assemblée des amendements de suppression sur leur propre budget. On n'a jamais vu ça sous la Ve République. Donc le chaos, l'incapacité de M. Barnier à mettre ses propres troupes d'accord dans un premier temps et dans un deuxième temps, d'écouter les oppositions. M. Barnier ressemble de plus en plus à Mme Borne, dans le sens où il se comporte comme s'il était majoritaire.
Quand il est là, d'ailleurs, puisqu'en fait, la plupart du temps, c'est quand même le fantôme de la République. Mais moi, quand je vous entends, Jean-Philippe Tanguy,
je comprends ce soir que vous avez pris votre décision. Quand j'écoute votre discours, votre décision, elle est prise. Vous allez le censurer, ce budget.
Non, mais il y a un rendez-vous, enfin d'ailleurs, enfin. M. Barnier va recevoir Marine Le Pen lundi matin. Donc on va lui exposer ce qu'on lui a déjà exposé à ses ministres. Moi, j'ai envoyé notre contre-budget il y a plus d'un mois au ministre de l'Économie, au ministre des Finances. Bon, ben, j'ai eu un vague récipicé, mais on n'a eu aucun échange sur les 25 milliards d'économies qu'on leur proposait, les baisses d'impôts que l'on pouvait financer. J'ai eu aucun retour de ces ministres. Est-ce que vous trouvez que c'est normal ? Que le principal parti d'opposition ne soit jamais considéré. Donc j'espère que M.
Barnier va écouter ce qu'a à dire la présidente du groupe Marine Le Pen, et qu'on pourra avancer. Bon, il y a encore discussion au Sénat, il y a encore moyen d'avancer. Mais effectivement, la situation est grave, mais c'est leur responsabilité. Marine Le Pen avait dit au gouvernement, c'est vous qui, par votre incapacité à écouter l'opposition, est en train de préparer une crise. Nous, on ne va quand même pas céder à cette espèce de chantage du gouvernement.
Alors, soyons précis, Jean-Philippe Tanguy, vous savez très bien que le gouvernement ne va pas récupérer l'intégralité de votre contre-budget, parce que tout simplement, vous n'êtes pas au gouvernement. Néanmoins, il va effectivement vous rencontrer la semaine prochaine, ainsi que tous les présidents des groupes parlementaires. Quelle garantie précise vous attendez de la part du gouvernement pour ne pas le censurer ? Les mesures précises ?
C'est tout à fait simple, madame. C'est les mesures qu'avait annoncées M. Barnier aux Français aux 20 heures de vos confrères d'un grand journal télévisé, à savoir pas d'augmentation d'impôts pour les classes moyennes et populaires et un rééquilibrage des comptes. Ce n'est pas très compliqué comme ligne. Je pense qu'elles sont très consensuelles. Vous avez raison. Nous, on ne demande pas d'appliquer l'intégralité loin de là du programme du Rassemblement National. Malheureusement, nous n'avons pas gagné en nombre de sièges les élections, même sur nombre de voix, on a quand même eu une très grande avance de 11 millions d'électeurs. Mais vous avez raison.
On ne demande pas l'intégralité de notre programme. On demande le respect des engagements que Michel Barnier a pris devant les Français et que vous connaissez très bien. Vous en aviez fait le relais. Et c'est lui qui n'a pas respecté ses propres engagements. Donc le Rassemblement National ne va quand même pas s'excuser de demander qu'on respecte les promesses qu'il a faites à nos compatriotes.
La technique que vous utiliserez, est-ce que vous joindrez vos voix à celle du nouveau Front populaire ou est-ce que vous déposerez vous-même une motion de censure en cas de 49.3 ?
On verra bien ce que décidera Marine Le Pen et le groupe. Généralement, c'est ce que vous décrivez, c'est qu'on déposait une motion de censure et puis il nous arrivait de voter celle de la gauche quand elle se faisait dans des conditions respectables. La motion de censure, ce n'est pas un projet alternatif. La motion de censure, c'est bloquer un texte qui ne nous convient pas. Bon, excusez-moi, on ne va pas valider un budget qui augmente les impôts de tout le monde, qui ne rétablit pas les comptes et qui ne fait pas de réforme structurelle. C'est tout. Pourquoi ? Parce que ça veut dire que l'année prochaine, ce sera encore pire. Donc nous, on agit en responsabilité.
La responsabilité, c'est de réduire les dépenses maintenant. Ce soir, on a rejeté, malheureusement, parce que moi, je ne suis pas pour la politique du pire, un texte financier de fin de gestion où le gouvernement, en six mois, n'a pas réduit le déficit de 6,1%. C'est-à-dire qu'entre l'arrivée de M. Barnier au pouvoir et maintenant, il n'a pas été capable de faire une seule économie.
Eh bien, ça, je ne l'accepte pas. Ça veut dire qu'il n'y aura pas de budget pour 2025 ? La France n'aura pas
de budget pour 2025 à ce moment-là ? Non, pas du tout. Non, mais excusez-moi, on n'est pas aux États-Unis, vous le savez très bien. Il n'y a pas de shutdown. Il n'y a pas de... La Constitution de la Ve République prévoit tout ce qu'il faut comme mesure pour avoir une continuité budgétaire. Donc, rassurons tout le monde. Il n'y a pas de catastrophe si ce budget est refusé. On remettra à l'ouvrage le travail que l'on refuse et peut-être qu'on fera enfin de vraies économies. Nous ne sommes pas aux États-Unis, nous ne sommes pas un État fédéral et les fonctionnaires seront toujours payés. Les services publics seront toujours ouverts. Ça, il faut arrêter de faire peur aux Français.
Vous savez très bien que c'est faux. Donc, j'aimerais qu'on arrête parce que Mme Borne nous avait déjà fait le coup il y a deux ans. Il faut arrêter d'intoxiquer les Français. La Ve République prévoit toutes les mesures solides pérennes pour qu'il y ait des mesures budgétaires en janvier, même si on n'accepte pas le chantage de M. Barnier. Donc, qu'on parle sur des bases rationnelles, cessons d'effrayer tout le monde. Parce que, vous l'avez dit tout à l'heure, si aussi par exemple en juin, avec M. le maire, il y a eu le spread, c'est-à-dire l'écart des taux d'intérêt entre la France et l'Allemagne qu'on déraillait, c'est que pour faire peur aux Français, M.
le maire et ses amis ont raconté n'importe quoi sur les élections, ont raconté n'importe quoi contre le Rassemblement National et c'est les Français qui paient la facture avec la hausse des taux d'intérêt. Donc, j'aimerais qu'on arrête de mélanger la politique politicienne et l'intérêt général. Ici, on est là pour défendre l'intérêt général et c'est factuel, c'est vérifiable. La Ve République protège les Français de péripéties budgétaires et vous le savez tous très bien.
Si la motion de censure est votée d'une manière ou d'une autre, quelle que soit la tactique employée, donc le gouvernement tombe par définition, est-ce que vous avez un plan pour la suite ? Parce qu'on ne peut pas remplacer Barnier par Barnier, je suppose, parce que ce serait la même politique. Est-ce qu'on peut remplacer Barnier par un Premier ministre qui aurait le même socle ? À ce moment-là, on aura plutôt la même politique, donc il y aura une deuxième motion de censure. Et la seule majorité alternative, sur le papier en tout cas, c'est plutôt une majorité plus à gauche.
Donc à ce moment-là, vous aurez obtenu le contraire de ce que vous souhaitez, j'imagine, c'est-à-dire un gouvernement qui sera plus éloigné de vos positions que l'actuel. Donc est-ce que vous avez un plan pour après le renversement du gouvernement, puisque cette éventualité, vous l'avez maintenant ouverte ?
Mais vous savez, je le regrette, mais c'est Emmanuel Macron qui a été élu président de la République, et c'est lui qui a fait une dissolution avant les Jeux Olympiques, qu'on peut qualifier d'irrationnelle. Donc c'est à lui d'assumer ses décisions politiques. Dans la Vème République, les pouvoirs exorbitants, exorbitants du droit commun du président de la République, engagent une grande responsabilité. Donc il est temps que M. Macron arrête de pleurnicher en disant que c'est la faute des Français, c'est la faute des partis politiques, c'est la faute du Parlement, c'est la faute des Martiens.
Non, c'est la faute d'Emmanuel Macron, qui, avec sa politique économique complètement stupide, nous a emmené dans le mur, a créé mille milliards de dettes à lui tout seul. C'est la situation actuelle. Donc nous, j'ai été très clair ce soir, s'il devait y avoir une décision de censure, ce n'est pas spécialement contre la personne de Michel Barnier, qui n'a rien fait de positif ni de négatif. C'est sur un budget qui, aujourd'hui, ne répond pas aux obligations, aux attentes des Français. C'est ce budget qu'on pourrait être amené à refuser. Et la suite, elle est dans les mains d'Emmanuel Macron.
Jean-Philippe Tanguy, on va évoquer dans un instant, effectivement, la suite et le scénario d'une censure. Si le gouvernement Barnier tomberait, que se passerait-il ? Effectivement, parce que, de toute façon, Emmanuel Macron ne peut pas dissoudre l'Assemblée nationale avant juin prochain. Donc il y a un tas de questions qui se posent. Jean-Philippe Tanguy, je reviens vers vous dans un instant, mais j'aimerais qu'on revienne sur le budget avec vous, Lisa, parce que le fait est que le gouvernement a déjà lâché pas mal, en fait, sur le budget initial. Et à la force de faire des concessions aux uns et aux autres, le compte n'y est plus.
La revalorisation des retraites devrait coûter 800 millions d'euros. C'est une estimation du ministre du Budget. Pour la justice, rallonge du budget, vous le voyez, 250 millions d'euros. Le ministre de la Justice s'en félicite forcément. Ensuite, 275 millions d'euros de crédits supplémentaires pour Bruno Retailleau. Pour les agriculteurs, 115 millions d'euros pour des aides, comme des exonérations de cotisations sociales ou des fonds spécifiques. Les collectivités locales à qui on avait demandé d'économiser 5 milliards d'euros. Finalement, ce sera 2 ou 3. Et il y a aussi 300 millions d'euros au profit de la culture.
Et le ministre du Budget des Comptes Publics veut diviser par 2 la Coupe budgétaire sur les allègements de charges des entreprises de 4 à 2 milliards d'euros. Ce qui nous ajoute 2 nouveaux milliards de dépenses totales, presque 7 milliards d'euros concédés par le Premier ministre.
Voilà, 7 milliards d'euros envolés comme ça.
Il y a un proverbe politique qui dit « La politique ne consiste pas à résoudre les problèmes, mais à faire taire ceux qui les posent ». Donc c'est exactement ce que fait Barnier. Il fait taire ceux qui posent des problèmes. Il y a une autre phrase qui sera payée par les contribuables, il faut le dire. L'heure où on doit faire des économies.
Moi j'ai une autre phrase, c'est celle d'Éric Wörth, l'ancien ministre du Budget, qui dit « Chaque annonce apparaît comme une victoire pour un tel ou un tel », mais en réalité c'est une défaite pour les comptes de l'État. On ne peut pas lui donner tort.
On ne peut pas lui donner tort. Ce qui manque, ce n'est pas cette addition-là qui peut être légitime. Tout ce qui a été débloqué, ça correspondait à des besoins, à des populations en difficulté. Ce qui manque à côté, c'est un vrai plan d'économie, c'est-à-dire de baisse des dépenses. Et on le sait, le seul moyen dans la réforme de l'État de baisser les dépenses, c'est de supprimer des postes. Évidemment pas sur le terrain. Enseignants, infirmières, soldats, policiers, etc. Il en faut plus. Mais dans les bureaux, ceux qui tatillonnent, ceux qui normatisent, ceux qui tamponnent, ceux-là, ils font très bien leur métier.
C'est donc en supprimant leur poste qu'on arrivera à la fois à libérer les agriculteurs, à libérer les entreprises et à avoir un État plus maigre. Ça doit s'accompagner aussi d'une puissante vague de décentralisation puisqu'on a des doublons en permanence. Or ça, Michel Barnier l'a évoqué dans les mots, dans son discours de politique générale, on n'en a pas vu la trace dans les actes budgétaires. Néanmoins, Jean-Philippe Tanguy crie avant d'avoir mal. Le budget qui l'inquiète, c'est le budget qui a été présenté et qui d'ailleurs n'a même pas été voté par l'Assemblée. Ce n'est pas le budget qui va revenir du Sénat. Ce n'est pas le budget qui va sortir de la commission mixte paritaire.
De nombreuses raisons du mécontentement du RN risquent de disparaître dans cette navette.
– Avant de revenir sur Jean-Philippe Tanguy, quand même effectivement un mot sur ce qu'avait dit Michel Barnier pendant sa déclaration de politique générale. il avait dit, moi s'il faut être impopulaire, je prends le risque d'être impopulaire. J'irais, et là on voit bien, les colères s'allument à droite, à gauche. Il essaie d'éteindre les incendies autant qu'il peut. Et au bout du compte, est-ce qu'il réussira à atteindre ce fameux objectif de 5% du déficit en 2025 ? – Alors clairement, il n'y arrivera pas.
La question c'est aussi, est-ce que véritablement il dit, bon je n'ai pas envie de, je m'en fiche d'être impopulaire. Sans doute, peut-être, je ne sais pas, mettons cela à son crédit. Effectivement, il est plutôt, et ce n'est pas lui faire offense que de dire ça, plutôt vers la fin de sa carrière qu'au début. Mais quoi qu'il en soit, il a quand même une belle carrière derrière lui. Mais là-dedans, ce qui est terrible, c'est que ce sont des choix corneliens. Comment est-ce que vous pouvez dire aux collectivités qui, elles, chaque année, votent un budget à l'équilibre ? Elles n'ont pas le droit d'être en déficit. Bruno Le Maire disait, si on en est là, c'est à cause des collectivités.
En fait, pas vraiment. Parce que là-dedans, elles votent un budget à l'équilibre. Donc, qu'est-ce qu'on peut dire aux collectivités ? C'est de votre faute, en fait, si tout dérape. Est-ce que vous allez, du coup, déterminer que les collectivités 5 milliards, ça veut dire moins d'écoles, ça veut dire des problématiques avec l'assainissement, ça veut dire moins de tournées pour les déchets, ça veut dire moins d'ATSEM auprès des enfants. On a des problématiques avec les enfants en situation de handicap et les AESH. Comment on fait ? Comment vous faites ? Est-ce que vous coupez la cantine ? Est-ce que vous coupez les voyages scolaires ?
Est-ce que vous allez moins donner de colis alimentaires aux personnes âgées à partir du moment où on rentre dans l'hiver ? Qu'est-ce que ça veut dire ? En revanche, là où il y a un vrai sujet, c'est effectivement à la fois l'organisation de l'État, premièrement, et deuxièmement, l'augmentation des besoins des Français. Là, on est clairement face à une situation où on n'a jamais eu autant de besoins, que ce soit sur l'augmentation de l'âge de l'entrée dans la vie active, les études qui sont plus longues, le vieillissement de la population, le grand âge. On n'a toujours pas ce cinquième risque qui avait été appelé de ses voeux par Nicolas Sarkozy, souvenez-vous.
On ne l'a toujours pas, le cinquième risque d'épendance. Les besoins explosent et nous, derrière, on est à moyen constant. Donc là-dedans, moi je suis désolée, je ne suis pas du tout sur la ligne de mon voisin. En l'occurrence, l'idée, ce n'est pas de faire fondre l'État. C'est justement d'aller chercher dans tous les allégements de charges. 2 milliards de cadeaux d'allégements de charges sur les entreprises. Aussi, il faut tout regarder. Vous avez le crédit d'impôt de recherche. Il y a même des dépenses de collectivité au national qu'on peut regarder. Les dépenses de communication, les dépenses de protocole, les parcs immobiliers et automobiles. Il y a quand même du somptuaire encore.
Il faut réformer l'État, tout simplement, ce qui n'a jamais été fait. Il n'y a pas que l'État. Ce qui n'a jamais été fait. Il n'y a pas que l'État. La réforme de l'État, c'est la seule réforme qui n'a jamais été faite. La réforme de l'État sur son périmètre, sur l'élection. Il faudrait qu'il y ait un gouvernement de droite au pouvoir. Non, non, non, ça n'a rien à voir avec ça. Ah, il faudrait qu'il y ait un gouvernement de droite qui est au pouvoir, Laurent Jopin ? Non, non, non. C'est pas un gouvernement de droite qui est au pouvoir. Non, mais on peut s'amuser. On peut s'amuser, Laurent a raison.
Mais si vous prenez les pays scandinaves, quand les pays scandinaves ont été gravement atteints par la dette financière, tout comme le Canada d'ailleurs, qu'est-ce qu'ils ont fait dans les années 90 ? Ils ont tout mis à plat en disant, voilà, il y a des fonctions, des missions que l'État ne doit plus faire. En revanche, il y a d'autres missions sur lesquelles on doit mettre beaucoup d'argent. L'impôt, la recherche, l'éducation, évidemment le régalien. Ça, on doit être en train de s'encher.
Oui, mais vous voyez bien que c'est pas si simple. Yves-Laurent faisait une boutade, mais vous avez un gouvernement de droite au pouvoir, et même ce gouvernement-là ne va pas... Mais c'est pas un gouvernement... Et surtout, des corporations... Ce n'est pas un gouvernement de droite. C'est pas un gouvernement de droite. C'est un gouvernement...
Non, mais c'est un gouvernement qui... Laurent l'a très bien dit. C'est un gouvernement qui a empêché. Comme vous voulez faire ces réformes dont on parle tous là, qui sont plus ou moins adaptées, ces réformes-là, vous ne pouvez pas les faire quand vous n'avez pas de majorité absolue. Or là, on n'a pas de majorité absolue.
J'aimerais qu'on aborde un autre sujet avec vous, Jean-Philippe Tanguy, la question de l'exemplarité des élus dont on a beaucoup parlé ces derniers jours depuis les réquisitions du parquet à l'encontre de Marine Le Pen, qui est sous la menace d'une peine de 5 ans d'inégilibilité avec exécution provisoire et une menace d'une condamnation de 5 ans de prison, dont 2 fermes dans l'affaire des assistants parlementaires du RN. J'aimerais qu'on revoie ensemble la réaction hier de Jordan Bardella, invité de l'émission face à BFM.
Ne pas avoir de condamnation à son casier judiciaire est pour moi une règle numéro 1 lorsqu'on souhaite être parlementaire de la République. Si Marine Le Pen est condamnée ? Si au début de l'année, un juge décide de condamner, peu importe la condamnation, il y aura un appel. L'appel vous rend plus blanc que blanc. – Très bien, et si l'appel confirme la première sanction et qu'il y a des législatives en 2027 ou une présidentielle en 2027, Marine Le Pen ne peut pas être candidate parce qu'elle aura été condamnée, c'est ce que vous venez de dire. – Mais l'appel ne confirmera pas puisque Marine Le Pen est totalement innocente. – Oui, mais bon. – Mais bon quoi ? – Ça c'est ce que vous dites.
– Non mais c'est ce que je dis, c'est ce que je crois, c'est pas la conviction. – Mais vous venez d'édicter une position de principe qui est de dire – Mais qui a toujours été la note. – S'il y a condamnation, il n'y a pas de candidature. Et ça vaut pour tout le monde, on est d'accord.
– Bon, Jean-Philippe Tanguy, on a besoin d'explications parce que c'est vrai que c'est un petit peu déroutant d'entendre le président du Rassemblement national.
– On va essayer de comprendre comment elle peut ne pas être condamnée et faire appel.
– Voilà, dire que pour se présenter à une élection, il faut avoir un casier judiciaire vierge alors que Marine Le Pen est sous la menace d'une condamnation. C'est une bourde de la part de Jordan Bardella ou c'est voulu ?
– Non, moi je pense que c'est un mauvais procès. J'ai regardé cette émission sur votre antenne hier dans son intégralité, une émission très bien organisée d'ailleurs, qui s'est très bien passée. Donc ça fait un peu triste d'ailleurs que depuis hier, on ne parle que de ça. Je trouve que c'est un peu paradoxal pour votre propre antenne de réduire cette émission à cet extrait. – Dis donc que c'est déroutant, cette séquence est déroutante. – Non mais en fait, il se justifiait. Non mais écoutez, moi je me souviens très bien de comment ça s'est passé.
Jordan parlait de cette candidate qui avait fait une prise d'otage dans les années 90 et on lui posait la question, effectivement, si vous avez une condamnation pour une prise d'otage avec une carabine, c'est à votre casier judiciaire, est-ce que vous pouvez être candidat ? Ben non, donc c'était sur le cas d'espèce. Donc sur le cas d'espèce, évidemment, quand vous avez connaissance de choses scandaleuses avec de la violence, avec de la séquestration ou avec toute forme de crime crapuleux, évidemment, la commission d'investiture ne va pas vous sélectionner. Mais en l'occurrence, la commission d'investiture n'avait pas eu ces informations.
Par contre, si c'est des condamnations politiques, pour ne pas dire politiciennes, par exemple, on peut passer de la diffamation. Parfois, vous êtes condamné pour de la diffamation parce que vous avez dit du mal d'un adversaire politique qui n'était pas condamné pour corruption l'année où vous avez été condamné. Puis trois ans après, il a été condamné pour corruption. C'est arrivé dans le bassin minier à des élus du Rassemblement National qui avaient dénoncé la corruption, qui ont été condamnés. Puis en fait, la suite leur a donné raison. Dans ce cas-là, on ne va pas priver la commission d'investiture de donner quittus à des candidats.
– Alors pardonnez-moi, Jean-Philippe Tanguy, je suis désolée. Je vous pose la question parce que du coup, je n'ai pas bien compris. C'est quoi la règle au Rassemblement National ? La règle que vous voulez mettre en place ? Est-ce qu'un élu qui a un casier judiciaire, est-ce qu'il peut se présenter ? Parce que moi, j'ai compris hier soir que Jordan Bardella en faisait une règle et qu'il disait qu'en cas de condamnation d'un élu, il ne peut pas se présenter à une élection. – Même sans inéligibilité. – Même sans inéligibilité, exactement, juste une condamnation. C'est ce qu'on a tous compris autour de ce plateau. Et là, vous me dites, non, ce n'est pas ce qu'il a voulu dire ?
– Ah non, je pense que ce n'est pas du tout ce qu'il a voulu dire. Je pense que ce qu'il a voulu dire, c'est que quand la commission d'investiture est au courant d'un certain nombre de condamnations crapuleuses, évidemment, il faut écarter ces candidats.
– Il n'a pas des crapuleuses ?
– Mais il n'a pas des crapuleuses ? – Il n'a pas fait de distinguo ? – Là, c'est moi qui le dis, parce que j'explique l'opposition. – L'interprétation contredit la phrase initiale. – Mais non, pas du tout, parce que vous avez, dans votre extrait, et c'est le bon de guerre, c'est le jeu politique, mais vous savez très bien que l'échange a commencé sur le cas de cette candidate de mémoire en Mayenne, qui avait été condamnée pour une séquestration et une prise d'otages dans les années 90. – Donc vous vous distinguez entre les condamnations ?
– Vous distinguez entre les condamnations ? Parce qu'il y a des condamnations pas graves et d'autres qui sont graves,
si je comprends bien. – Oui, effectivement, le fait d'avoir pris en otage les gens avec une carabine, M. Joffrin, c'est un peu plus grave que d'avoir dit du mal d'un socialiste qui a piqué dans la...
– Mais c'est parce que Mardella, il n'a pas dit ça du tout. – Il n'y a pas que dire du mal d'un adversaire politique, il y a aussi des détournements de fonds. – Pardon ? – Il n'y a pas que dire du mal d'un adversaire politique, il y a aussi le détournement de fonds.
– Vous avez raison, c'est le dossier de Marine Le Pen. – Comme s'il y a un vrai détournement de fonds, comme un imbaumont où Steve Brioua et Bruno Bill ont foutu dehors des élus socialistes qui avaient effectivement piqué dans la caisse, d'ailleurs même dans le coffre-fort qui était derrière le bureau du maire, oui, là il y a un sujet. Par contre, si c'est une espèce de mascarade, comme il est en train de subir malheureusement Marine Le Pen, qui est parfaitement innocente, évidemment la CNI gardera sa souveraineté pour protéger ceux qui sont victimes de procès politiques.
– Jean-Philippe Tanguy, je suis désolée de vous interrompre, mais c'est parce que j'essaie sincèrement de comprendre. Vous dites qu'il y a un sujet en cas de détournement de fonds publics. Donc ce que, si je vous comprends bien, ça veut dire qu'une condamnation d'un politique, d'une femme politique pour détournement de fonds publics, en cas de condamnation, il ou elle ne pourra pas se présenter. C'est ça que vous êtes en train de m'expliquer.
– Non, mais je suis en train de vous dire que le détournement de fonds publics ne concerne absolument pas Marine Le Pen, qui n'est absolument pas concernée par un détournement de fonds publics. – Non, mais moi je vous demande le principe, le principe c'est ça. – Le principe de base, quel est le principe ? – Le principe c'est ça, c'est que nous, membres, enfin moi je ne suis pas membre de la CELI, mais les membres de la commission d'investition du Rassemblement National, évidemment écarteront des candidats qui se sont enrichis à titre personnel, qui ont fait des emplois fictifs, mais sûrement pas un procès politique bidon qui consiste à qualifier des faits qui ne le sont pas.
Et donc Marine Le Pen, comme l'a dit Jordan Bardella, étant parfaitement innocente des faits qui lui sont reprochés, et comme l'a dit le secrétaire général, l'ancien secrétaire général du conseil constitutionnel, M. Schottel, les espèces de manipulations pour appeler des détournements de fonds, des choses qui ne sont pas des détournements de fonds…
– C'est une mauvaise référence, il a dit qu'elle était coupable. – Non, non, mais pas du tout, il a dit que c'était pas du tout… – J'ai bien lu l'article ? – Non, non, non, non, non, c'est important. – Vous vous référez à M. Schottel, qui a fait un article dans le Figaro, où il dit qu'elle est coupable ? – Mais pour vous, même si elle est coupable, elle est vraiment condamnée ?
– Non, mais il lui dit très bien qu'il ne s'agit pas d'étournements de fonds, c'est l'objet de la tribune, M. Schottel.
– Mais même si elle est coupable, elle est innocente, si j'entends bien. Même si elle est déclarée coupable fin février, elle est innocente.
– Mais bien sûr qu'elle est innocente, M. Le Pen est innocente des faits qui lui sont reprochés.
– Donc c'est pas la justice qui décide, c'est vous qui décidez de l'innocence de M. Le Pen ?
– En l'occurrence, pour investir un candidat, on décide si oui ou non, ce procès relève de la justice ou s'il relève du procès politique.
– En fait, c'est vous qui décidez si on peut se présenter ou pas ?
– C'est encore nous qui décidons effectivement qu'il peut se présenter pour le Rassemblement national. – En fonction du délit. – Ça, je ne vous le fais pas dire, mais c'est surtout les Françaises et les Français qui décident de qui peut être élu par leur suffrage et pas les juges.
– Bon, merci beaucoup Jean-Philippe Tandry d'avoir été avec nous en direct ce soir.
Jean-Philippe Tanguy