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Discours / meetingUnion Populaire Républicaine· 17 février 2015 38 minAutoproduitActualité / polémiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesEurope & internationalInstitutions & élections

Entretien d'actualité n°1 - 15/02/2015

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 85 %Défensif 15 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:00Locuteur 2Chiffre
    « Le PIB de la Grèce a baissé de 25 % depuis deux ans. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

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François Asselineau

La loi dite « Macron » est actuellement en cours d’examen par le Parlement, mais cette loi « Macron » ne porte le nom du ministre de l’Économie qu’à titre anecdotique. En fait, il s’agit des demandes de réformes qui sont faites par la Commission européenne au nom des traités européens, en particulier de l’article 121, qui fixe le principe des grandes orientations de politique économique (GOPE), et donc ça fait des années que l’on demande à la France de s’aligner sur l’ultralibéralisme ambiant.

Ça fait des années que l’on dit qu’il faut supprimer l’interdiction de travail du dimanche, qu’il faut faire travailler les gens la nuit, qu’il faut remettre en cause le droit prud’homal et toutes les protections du travail, etc. Ces remèdes étaient déjà par exemple dans le fameux rapport sur la croissance qui avait été demandé par Nicolas Sarkozy à l’inénarrable Jacques Attali dans les années 2007-2008. Et on y trouvait déjà les mêmes recettes. Alors, il y a plusieurs choses à dire : la première, c’est qu’il s’agit en fait de donner satisfaction aux détenteurs de capitaux et aux grandes entreprises. Par exemple, la Commission européenne dit « il faut flexibiliser l’emploi ».

Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu’il faut permettre aux employeurs de maximiser leurs profits. Je vais prendre un exemple qui va parler à tout le monde, celui de quelqu’un qui travaille dans un restaurant de restauration rapide, un « fast food » comme McDo, KFC, Quick… Nous avons vu fleurir ça un peu partout. Avec les lois de protection du travail telles qu’elles résultaient de tous les acquis sociaux obtenus par nos parents, nos grands-parents et nos arrière-grands-parents depuis la fin du XIXe siècle, il y avait des contrats de travail de 40 heures, 39 heures, puis ensuite de 35 heures.

Ça veut dire que quelqu’un qui travaille disons cinq jours par semaine à 35 heures était embauché pendant sept heures de travail dans un restaurant de cette nature. Le problème c’est que dans ce genre de restaurant, il y a une pointe de clientèle qui commence vers 11 h 30 – 11 h 45 et qui s’achève aux alentours de 14 h. Et puis qui recommence vers environ 19 h, puis qui s’achève vers 21 h. Et tout le reste du temps, il y a très peu de clients dans ce genre de restaurant.

Donc le résultat des courses, c’est que pour ces restaurants, s’ils sont obligés de payer des salariés pendant sept heures par jour pendant cinq jours, il va falloir qu’ils aient les employés nécessaires pour les périodes de pointe, aussi bien en cuisine que pour servir le client, et donc ils vont calculer leurs employés pour ce maximum pour éviter que les gens ne fassent des files d’attente pendant trente-cinq minutes avant d’avoir leur hamburger ou leur poulet, et donc, si on les embauche pendant ces périodes, au moment des périodes creuses on va se retrouver avec beaucoup d’effectifs qui n’aura pas grand-chose, voire rien à faire.

Avec maintenant le système dit de « flexibilisation de l’emploi », avec le morcellement du droit du travail et des contrats de travail, la volonté par exemple d’avoir des contrats de 10 heures par semaine, ça va permettre à ce genre d’employeur de n’embaucher des employés que, par exemple, entre midi et 14 h puis entre 19 h et 21 h. Et donc, là, on embauchera les employés pour les effets de pointe, et à d’autres moments il n’y aura qu’un ou deux employés. Donc tout ça, c’est bien, puisque ça va maximiser, en effet, le profit des entreprises, puisque ça va minimiser leurs charges sociales et salariales. Mais maintenant, mettons-nous du côté de l’employé.

Eh bien, la conséquence pour lui, c’est qu’il va être obligé d’accepter ce que l’on appelle des « petits boulots ». C’est-à-dire 10 heures de travail par semaine, par exemple ; mais ça ne suffira pas pour assurer son train de vie. Donc il va végéter et avoir le strict minimum, il va essayer de trouver des « petits boulots » à droite ou à gauche. C’est la précarisation de l’emploi. Donc on voit bien en fait que ce genre d’initiatives, et c’est pareil pour le travail du dimanche ou de nuit, donne la priorité uniquement aux besoins des entreprises, et plus exactement des actionnariats des entreprises, et considère comme nul et non avenu, finalement, le besoin des salariés, "tant pis !".

Avant, un salarié qui était payé 35 heures par semaine ne sera plus payé que 10 heures par semaine et va donc verser dans la précarité, voire dans la pauvreté, ou en tout cas dans la gêne financière. De la même façon, l’interdiction de travail de nuit ou du dimanche avait une vocation sociale pour permettre aux gens d’avoir une vie, une vie de famille notamment, et du repos dominical. C’est quand même inscrit dans la Bible, ça remonte à loin. L’idée, c’est qu’un être humain… tout ne doit pas être soumis à la « loi de l’argent, du travail et de la rentabilité ». Il y a aussi d’autres choses dans la vie, comme le Christ le dit dans les Évangiles : « L’Homme ne se nourrit pas que de pain.

» Il y a aussi d’autres nourritures : spirituelles, familiales, la vie amicale : avoir le temps de vivre, en un mot. C’est tout ceci qui est en fait remis en cause par cette société où l’on impose la primauté absolue et définitive de l’argent. Alors, certains diront : « Oui, mais c’est ça qui va permettre de libérer la croissance », c’était la thématique du rapport de Jacques Attali que je citais tout à l’heure. Mais en fait il n’en est rien. Ce n’est absolument pas parce qu’on va permettre de travailler le dimanche que ça va changer la compétitivité de l’économie française.

La compétitivité de l’économie française est ruinée par notre monnaie : le taux de change externe de l’euro est beaucoup trop cher. Il est vrai que, depuis maintenant un mois, l’euro a beaucoup baissé par rapport au dollar, ou plus exactement c’est le dollar qui a beaucoup monté par rapport à l’ensemble des monnaies mondiales et par rapport à un certain nombre de matières premières. Mais disons que l’euro est encore trop cher. Il était il y a un mois ou deux à 1,35 $ pour 1 €. On sait que la compétitivité de l’économie française, ça devrait être 1 € pour 1 $. Ça veut donc dire que l’euro était encore 35 % trop cher.

Il est tombé ces jours-ci, au 15 février, aux alentours de 1,13 $ : il reste encore trop cher, même si ça s’est un petit peu amélioré. D’ailleurs, nous devrions voir les conséquences de cette baisse de l’euro sur l’emploi et la croissance en France dans les semaines et les mois qui viennent, où on devrait assister à une légère amélioration de la croissance en France. Il est difficile de faire pire, d’ailleurs, puisque l’année 2014 s’est soldée avec un taux de croissance de + 0,4 %, mais les statisticiens de l’INSÉÉ vous diront que cela ne veut rien dire. C’est en fait une stagnation complète. La baisse de l’euro sur les marchés des changes devrait apporter un petit ballon d’oxygène.

Mais insuffisant, puisqu’il reste encore trop cher, et par ailleurs cela ne corrige pas le différentiel de compétitivité à l’intérieur des pays de la zone euro, notamment de la France vis-à-vis de l’Allemagne.

D’autre part, nous sommes en concurrence frontale avec des pays, notamment les pays d’Extrême-Orient, d’Asie du Sud et du Sud-Est comme l’Inde, le Bangladesh, le Sri Lanka ou le Pakistan, et le fait de faire travailler quelqu’un le dimanche ou la nuit en France ne changera rien au fait que les salaires sont infiniment plus bas dans ces pays, et donc, tendanciellement et structurellement, nous allons continuer à voir se développer les délocalisations d’entreprises, et donc la perte de l’emploi. En d’autres termes, non seulement on remet en cause le droit du travail des Français, pour maximiser les profits des entreprises, mais ceci ne résoudra pas les problèmes de chômage structurel.

Alors, je voudrais signaler au passage que l’on voit ici ou là, à gauche notamment, des gens qui poussent des cris d’orfraie sur la loi Macron j’ai vu notamment une vidéo circuler de Gérard Filoche. Alors, c’est bien, d’ailleurs : cette vidéo, elle fait une critique en coupe réglée du projet de loi Macron. Ça, c’est tout à fait exact. Simplement, ce que je trouve tout à fait caractéristique, c’est que M. Filoche reste membre du parti socialiste ; donc, il soutient en fait de facto la politique qu’il condamne, ou qu’il fait semblant de condamner.

Il devrait mettre un peu ses paroles et ses actes en accord, et s’il décrit la situation et la loi Macron telle qu’elle est, il doit en tirer la conclusion qu’il doit claquer la porte du parti socialiste. Et puis il devrait aller au-delà et se poser la question de savoir : « Pourquoi il y a la loi Macron ? » Parce que je vois encore une fois tous ces gens, à droite ou à gauche, mais plutôt à gauche, qui tapent sur la loi Macron ; moi, j’ai pas tellement envie de taper sur le ministre de l’Économie. Il n’est en fait que le simple exécutant d’une politique qui est décidée par d’autres.

Donc nous, nous appliquons le proverbe chinois qui dit : « Lorsque le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt. » Donc nous, nous disons : « C’est pas Macron qu’il faut regarder, parce qu’il n’est que le doigt ; ce qu’il faut regarder, c’est la lune, c’est-à-dire qui décide et qui fixe ces grandes politiques. » Il s’agit encore une fois de l’oligarchie financière et industrielle euroatlantiste, et le bras séculier de cette politique, ce sont les traités européens. Tant que M. Filoche n’aura pas tiré la conclusion qu’il faut sortir de l’Union européenne et de l’euro et donc qu'il faut rallier l’UPR eh bien, M.

Filoche continuera à enfumer ses concitoyens en leur faisant croire qu’une autre Europe est possible, alors qu’il n’en est rien. La situation en Grèce est très évolutive, nous sommes le 15 février, il va donc se ternir demain ce que l’on appelle l’Eurogroupe, et nous verrons ce qu’il va se passer.

L’analyse que nous faisons de cette situation, c’est que le mouvement SYRIZA a été porté par une forte aspiration populaire en Grèce parce que je rappelle quand même qu’en Grèce il y a à peu près 28 % de taux de chômage dans la population générale, et parmi les jeunes de moins de 25 ans, on a atteint des sommets : c’est à peu près 60 % ou les deux tiers des jeunes Grecs, garçons et filles de moins de 25 ans, qui sont au chômage. La situation est catastrophique, le PIB de la Grèce a baissé de 25 % depuis deux ans et le taux de suicide a grimpé en flèche, je crois qu’il a été multiplié par deux ou trois depuis trois ans.

Voilà donc un pays qui a été saigné à blanc et dont les résultats macroéconomiques restent encore très faibles. Certains ont poussé des cris de victoire il y a quelques jours parce qu’on annonçait, je crois, que la Grèce connaîtrait un taux de croissance d’un peu plus de 1 % en 2014 ou 2015 ; ça reste encore une fois très faible, compte tenu de l’effondrement qu’il y a eu. Alors, Alexandre Tsípras a été élu à la tête du gouvernement grec, il a eu une très légère majorité à l’Assemblée grecque ou plus exactement une majorité à la condition de faire alliance avec un parti qui est un parti souverainiste de droite, l’ANEL, les Grecs indépendants. Bon. Ils ont été élus sur quoi ?

Ils ont été élus sur un programme complètement incohérent. Puisque d’un côté ils ont dit qu’ils n’acceptaient plus les politiques d’austérité imposées par ce que l’on appelle « la Troïka », c’est-à-dire la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international : donc, ils ont dit qu’ils ne l’accepteraient plus, qu’il fallait une autre Europe sociale et autre ; mais, dans le même temps, ils ont dit qu’il était hors de question de sortir de l’UE et de l’euro. Bon. Le problème, c’est que vous ne pouvez pas vouloir une chose et son contraire.

Ils ne veulent pas sortir de l’UE et de l’euro, il faut donc qu’ils acceptent les politiques qui leur sont imposées par les vingt-sept autres États membres de l’UE et par les dix-huit autres États membres de la zone euro, à commencer par l’Allemagne. Mais, par ailleurs, ils disent qu’ils refusent les politiques d’austérité ; donc ça veut dire qu’ils remettent en cause les accords qui ont été passés. Alors, on en est là, c’est une espèce de scène d’opéra, vous savez, ça donne un peu comme ces chœurs à l’opéra qui disent « Marchons, marchons ! » et qui font du surplace. Donc, en fait, M. Tsípras fait des rodomontades, et puis les Allemands, notamment, mais pas seulement les Allemands ...

on parle toujours de l’Allemagne, on fait toujours mousser l’Allemagne comme si l’Allemagne était l’empêcheuse de tourner en rond. Il est vrai que les Allemands sont particulièrement vent debout contre la remise en cause des accords, et pour des raisons que j’ai souvent expliquées, notamment dans mes conférences comme "La Tragédie de l’euro", où j’explique qu’au bout du compte c’est l’Allemagne qui risque d’être la dernière puissance sur laquelle tout risque de s’effondrer. Mais il n’y a pas que l’Allemagne : la Finlande, les Pays-Bas, le Luxembourg, le Royaume-Uni et même la France, le Portugal, etc. ont demandé à la Grèce de respecter les accords qui ont été passés.

Alors, qu’est-ce qui va se passer ? Il y a deux façons de voir le futur immédiat. Certaines personnes disent, avec des arguments solides et sérieux, que d’un point de vue technique… vous avez vu que d’ailleurs la BCE, M. Draghi, a retiré un petit peu le tapis sous les pieds du gouvernement Tsípras en retirant une facilité à la Grèce pour se refinancer… donc, il y a des gens qui disent qu’en réalité la Grèce ne va pas avoir le choix techniquement, elle va être obligée de sortir de l’euro. Moi, ces personnes ne m’ont jamais expliqué comment ça allait être possible techniquement, puisqu’il est impossible de sortir de l’euro, juridiquement en tout cas, sans utiliser l’article 50.

Alors, il est vrai qu’il y en a certains qui ont sorti d’un chapeau un autre article qui pourrait être utilisé en tirant les traités "dans tout les sens" … En gros, il y a aura quand même un énorme problème en matière juridique. Mais il y aura surtout un énorme problème en matière politique. Si la Grèce sort de l’euro, très probablement elle pourrait retrouver une politique monétaire, et très probablement elle pourrait retrouver à l’horizon d’un an ou deux une situation économique beaucoup plus florissante. Il est donc bien évident que, pour les partisans de la construction européenne et de l’euro, c’est un exemple qu’il ne faut surtout pas administrer aux populations européennes.

Je rappelle par ailleurs que les États-Unis suivent toute cette opération de très près. On a vu que M. Obama est venu voler au secours de M. Tsípras, ce qui est quand même assez curieux lorsqu’on pense que Tsípras se prévaut d’être la gauche « radicale ». On a vu cette gauche dite « radicale » avoir recours comme conseiller à la banque Lazard, grande banque d’affaires française, là aussi c’est un peu curieux.

La gauche radicale, pour moi, mais je suis peut-être un peu « vieux jeu », c’était le communisme, c’était Mao arrivant au pouvoir en 1949 à Pékin, c’étaient les Vietnamiens, le Việt Cộng, arrivant au pouvoir à Saïgon en 1975, ou bien c’était Fidel Castro prenant le pouvoir en 1959 à La Havane. Je ne vois pas dans toutes ces circonstances que ces gens aient eu comme premier souci, Mao, Hô Chi Minh ou Fidel Castro de se précipiter pour prendre comme conseil la banque Lazard ou la banque JP Morgan pour leur donner des conseils en matière économique et financière. Bon. Peut-être que le monde a-t-il changé, mais je trouve cela quand même curieux.

De même que je trouve curieux que le ministre des Finances grec, M. Varoufakis, a été pendant plusieurs années professeur à l’Université d’Austin dans le Texas. Ça ne donne pas l’impression, quand même, de quelqu’un qui soit résolument hostile à l’oligarchie euroatlantiste. Certains prêtent même au ministre actuel des Finances grec une certaine proximité avec George Soros, je n’en sais rien. En attendant, il faut voir également comment a été constitué le gouvernement grec. Le vice-premier ministre grec, dont on parle peu, si vous allez sur Internet, vous découvrirez qu’il se fait le chantre des réformes indispensables — on dirait lire du Attali.

Si vous regardez le nouveau ministre des Affaires étrangères grec, vous découvrirez qu’il a pondu un ouvrage collectif qui s’appelle « Repairing EU-US Ties » « Comment réparer les liens entre l’Union européenne et les États-Unis » Comme s’il y avait des problèmes entre les États-Unis et l’Union européenne, alors que l’Union européenne est en fait en train d’appliquer toutes les grandes directives géopolitiques fixées par Washington.

Si vous examinez de près le pedigree du ministre de la Défense, qui est d’ailleurs le seul représentant au gouvernement grec actuel de l’ANEL (le mouvement souverainiste de droite), vous vous apercevrez qu’il a fait un voyage en novembre 2013 à Washington, où il a plus ou moins été invité par Lyndon Larouche, l’inspirateur de M. Cheminade en France, qui est un personnage un peu trouble. Ce ministre de la Défense grec milite ardemment pour que la Grèce soit d'avantage investie dans l’OTAN.

J’oubliais de préciser, si vous allez sur Internet, que le ministre des Affaires étrangères grec a fait un article qui a paru dans le Monde diplomatique où il se disait partisan de l’entrée de la Turquie dans l’UE, ce qui est presque un chiffon rouge pour l’opinion publique grecque… Ce qui prouve en tout cas que le ministre des Affaires étrangères et le ministre de la Défense du gouvernement Syriza actuel sont en fait très atlantistes et proaméricains, en définitive. Il est encore trop tôt, mais si j'avais un pari à faire, même si c'était toujours audacieux de faire des paris.

je dirais qu’après des crises, des hurlements, la commedia dell’arte dont sont capables tous ces gens, on va ensuite expliquer que, à minuit moins deux ou à minuit plus trois, le 16 ou 17 février, on a trouvé une solution avec un rééchelonnement de la dette grecque, une petite suppression de quelques milliards d’euros, c’est possible, je n’en sais rien, pour solde de tout compte. Ce qui permettra à M. Tsípras de crier victoire et puis aux Allemands et aux pays d’Europe du Nord de faire valoir qu’ils n’ont rien lâché.

En conclusion, je dirais que le mouvement Syriza a bénéficié d’une couverture médiatique énorme en Grèce, et que, lorsque l’on bénéficie d’une telle couverture médiatique, cela veut dire qu’il se cache derrière des choses pas tout à fait nettes. Le mouvement grec que nous connaissons bien, l’EPAM, qui est totalement black-listé dans les médias grecs, lui, propose de sortir de l’UE et de l’euro et, comme par hasard, il n’a pas la voix au chapitre. J’observe que Syriza a toujours dit vouloir rester dans l’UE et dans l’euro, et qu’il a été très largement médiatisé.

En fait, il en est de Syriza en Grèce comme du Mouvement 5 étoiles en Italie, comme du mouvement Podemos en Espagne, comme du Front de Gauche ou du FN en France, ce sont des partis qui en réalité ne proposent absolument pas de sortir de l’UE et de l’euro, nous verrons ce que cela va donner dans les semaines qui viennent. C’est une affaire tout à fait brûlante, puisque nous sommes le dimanche 15 février, que les accords de Minsk ont eu lieu il y a 48 heures, et que normalement un cessez-le-feu a dû intervenir à partir d’hier.

Les dépêches de presse arrivent : on dit que le cessez-le-feu est à peu près respecté depuis ce dimanche matin, et puis, après, d’autres dépêches arrivent venant d’Ukraine, qui disent « Non, nous avons reçu soixante tirs de mortier en provenance des forces rebelles du Donbass. Il est donc un peu trop tôt pour juger. J’espère quant à moi que le cessez-le-feu va s’imposer, il y a quand même eu 5 500 morts, essentiellement des civils, dans cette affaire, et que les différentes parties vont revenir à la raison.

Je ne trouve, personnellement, pas très sain que la chancelière d’Allemagne et le président de la République française se soient à ce point mouillés dans cette opération, allant à Kiev, allant rencontrer Poutine, allant ensuite à Minsk. J’ai le sentiment que ce n’est pas le rôle d’un chef d’État, ou d’un chancelier de la République fédérale d’Allemagne, de s’investir personnellement et jusqu’au cou dans de telles négociations. Normalement, cela devrait être le travail de diplomates, cela devrait d’ailleurs être le travail de l’ONU, qui a été complètement mise de côté par la volonté américaine.

Mais cela serait normalement le rôle des diplomates que d’essayer d'aboutir à des négociations de paix et à un cessez-le-feu, quitte à ce qu’ensuite le Président de la République française, le Chancelier d’Allemagne, le Président de tel ou tel pays tiers viennent en caution. Mais là, en montant au créneau, ils sont "tout nus" : si ça se passe très mal, si le cessez-le-feu est violé dans les jours ou les semaines qui viennent, ils auront l’air de billes. M.

Hollande aura l’air de n’avoir servi à rien, d’avoir été manipulé, d’avoir été un ludion, un bouchon de liège sur l’océan, ce qui n’est pas bien pour la fonction, remarquez, il l'a déjà tellement dégradée qu'une fois de plus, ça ne sera pas si grave que ça. Ce que je note, en tout cas, c’est que le président des États-Unis est resté derrière en faisant la fine bouche, et cela donne l’impression qu’il envoie le Président de la République française et la Chancelière d’Allemagne en estafette, un peu comme si c'était ses envoyés, Ils les traitent un peu comme si c’étaient ses négociateurs à lui, en se gardant la possibilité de les désavouer si l’affaire tournait mal.

Encore une fois, en de telles circonstances, je ne vois absolument pas Charles de Gaulle en train de faire la navette pour essayer de faire aboutir… Ça ne va pas. Le Président de République française c'est un chef d’État, et un chef d’État ne doit pas faire ceci. La situation en Ukraine est très évolutive, je rappelle que ce sont les États-Unis qui sont à l’origine du problème, qui ont déstabilisé l’Ukraine, et qui ont organisé un coup d’État contre le Président Ianoukovytch, et que depuis lors tout s’est enclenché dans quelque chose qui paraît un petit peu échapper à tous les acteurs.

Je note que l’Europe et la France ont pris des mesures de rétorsion contre la Russie, qui d’ailleurs ne sont toujours pas levées, puisqu'il est même question de les aggraver si l’accord de cessez-le-feu n’est pas respecté. Je vois que le président Hollande a indiqué que les conditions n’étaient toujours pas réunies pour qu'on livre les fameux navires Mistral. Je pense qu’à la fin des fins les Russes nous les laisseront sur les bras. On a d'ailleurs au passage piétiné la crédibilité de la signature de la France.

Ce que je note en tout cas, c’est que ces mesures de rétorsion ont été très fortement aggravées après l’affaire de l’avion de la Malaysian Arline, le vol MH17 qui a été détruit en vol à l’est de l’Ukraine à l’été dernier. Sauf erreur de ma part, c’est arrivé aux alentours du 17 juillet 2014, on a découvert les boîtes noires, qui en fait sont oranges, de mémoire autour du 30 juillet 2014 nous voici le 15 février 2015 et on ne sait toujours pas quel est le contenu de ces boîtes noires. Par ailleurs, les analyses ont été déclarées secret défense par le gouvernement néerlandais.

Je trouve que l’on se paye la tête des gens, c’est un véritable scandale, parce qu’évidemment les boîtes noires ont été décryptées, elles n’étaient pas endommagées particulièrement, elles sont tombées sur le sol, elles ont donc été beaucoup moins endommagées à priori que celles que l'on a retrouvé par exemple pour l'avion Boeing d’Air France du vol 447 de Rio à Paris, qui s’était abîmé dans l’Océan Atlantique Sud. On avait retrouvé les boites noires plusieurs semaines où elles avaient séjourné par 4 ou 5 000 mètres de fond, elles ont été décryptées en l'espace de quelques jours. Il y a donc une volonté des pays occidentaux de cacher la vérité.

Je note en tout cas que la Russie a fait part de ses analyses, a montré des relevés de ses satellites, a donné beaucoup d’informations ; la partie euroatlantiste cache la copie, tout ça n’est pas bon signe. C’est une honte que nous soyons lancés dans des mesures de rétorsion, des mesures agressives à l’égard de la Russie qui est quand même la deuxième puissance nucléaire mondiale. Avec des risques de dérapages, très, très graves, très sérieux, et tout cela sur la foi d’une analyse concernant la destruction en vol d’un avion sur lequel désormais tout le monde garde le silence.

Quand on garde le silence sur une affaire de cette nature, ça veut dire qu’à l’évidence les Occidentaux n’ont pas l’esprit tranquille. Franchement, j’ai vu ça et j'ai trouvé ça absolument ahurissant, c’est vraiment de la guerre psychologique : d’un seul coup, d’un seul, les Américains disent que Vladimir Poutine aurait un syndrome d’Asperger une espèce de maladie qui se rapproche de l’autisme. Rien ne leur permet de dire ça, ça fait partie des campagnes de dénigrement qui sont lancées absolument n’importe comment. La réalité, c’est que le président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, est quand même…

que l’on soit d’accord ou pas avec le régime et sa politique intérieure, c’est autre chose. Mais, pour n’importe quel historien ou observateur de la situation géopolitique actuelle, le Président russe est un très grand homme d’État, qui est en train de mener la barque de la Fédération de Russie pour le mieux des Russes. Quand je vois les Américains qui se permettent de faire des commentaires sur son état de santé, j’aimerais savoir ce qu’ils pensent de celui de M. Sarkozy, par exemple, ou de M. Hollande. Bref, tout ça n’est pas sérieux, tout ça est minable, et témoigne d’ailleurs du fait que les pays occidentaux "filent un mauvais coton", comme disait ma grand-mère.

C’est quelque chose qui n’est pas bien : au lieu de rechercher en toutes circonstances la sérénité, la réalité, la vérité et la paix, on fait du dénigrement, ce qui rappelle furieusement le bourrage de crâne qu'il y avait au moment de la Première Guerre mondiale. Où on expliquait alors à la population que Guillaume II était un assassin, etc. Tout ceci, de toute façon, tombera rapidement dans l’oubli. Oui, l’UPR va présenter des candidats. Pas dans beaucoup de circonscriptions, nous l’avions dit d’emblée, puisque tout a été fait par le législateur pour rendre difficile la présentation de candidats.

Je rappelle que le nombre de cantons a été diminué, mais que désormais il faut présenter deux candidats en même temps par cantons. On se demande quelle est la logique : si on diminue le nombre de cantons, c'est peut-être pour des économies, mais à ce moment là pourquoi alors avoir multiplié par deux les candidats ? C’est un peu dingue. J’ajoute que le législateur a imposé une parité stricte, homme-femme, à la fois pour les candidats et pour les suppléants, donc tout ça est quand même assez difficile, puisque ça nécessite de trouver des candidats et des candidates.

Or tout le monde sait, dans tous les partis politiques, qu’il est en général plus difficile de trouver des femmes qui acceptent d’être candidates, et c’est plus compliqué a fortiori pour des petits mouvements politiques, par rapport aux grands mastodontes financés par la puissance publique que sont l’UMP et le PS. Et pourtant, m’a-t-on dit, le PS lui-même a du mal à trouver des candidats dans tous les cantons. Pour ce qui nous concerne, nous avons toujours dit que ce n’était pas l’élection à laquelle nous allions concentrer le plus d’efforts en 2015, mais plutôt aux élections régionales, qui interviendront on ne sait toujours pas quand.

Ça devait être en décembre 2015, mais selon certaines rumeurs, ça pourrait être reporté à janvier 2016. En tout cas, ce sera probablement en fin d’année ou tout début d’année prochaine. Donc c’est à ça que nous allons consacrer nos efforts, il nous faudra d'ailleurs trouver de nombreux candidats et candidates. J'aurai l'occasion d'y revenir. Concernant les élections départementales, on s'est dit qu'on aller quand même faire un petit tour de chauffe, là où nous avions des adhérents, des militants, qui avaient envie de se tester face au suffrage universel là ou ça leur paraitraient possible.

Normalement, nous allons donc avoir des candidats, donc deux hommes et deux femmes : deux candidats et deux suppléants dans quatorze cantons à travers toute la France. Et puis ça va nous permettra, là aussi, de voir comment fonctionnent les slogans que nous avons les affiches, les tracts et évidemment de développer la notoriété de notre mouvement politique sur ces opérations, on aura l'occasion d'y revenir.

Oui, j’ai vu ça il y a quelques jours : d’un seul coup, d’un seul, France Télévision, le Figaro, le Parisien, Atlantico, etc., tout le monde s’est mis à parler d'un mouvement politique qui s'appelle l’UDMF, l’Union des démocrates musulmans français, qui paraît-il a été lancé en novembre 2012, donc un peu plus de deux ans, et d’un seul coup, tous ces grands médias n’ont pas arrêté de parler de ce parti politique, en disant "Voilà, c’était le communautarisme qui se développe..." Je crois même que M. Philippot du FN a sauté sur l’occasion pour dénoncer le communautarisme et l’Islam, etc.

Et si j’ai bien vu, un article du Figaro qui disait : "Oui, ils se développeraient beaucoup, ils prétendent avoir 900 adhérents." Je signale, quant à nous, que nous avons franchi le 5 février, à l’UPR, le cap des 7 000 adhérents et avons franchi ce jour, le 15 février, le cap des 7 100 adhérents, nous sommes actuellement sur un rythme d’adhésions de dix par jour. Or je signale que ni le Figaro, ni France TV Info, ni le Parisien, ni aucun de ces médias de grande diffusion n’a jamais éprouvé le besoin de faire le moindre papier sur l’UPR. En d’autres termes, je pose ici une question, c'est : Que cherchent exactement les médias de grande diffusion ? Quand ils donnent le maximum d’audience…

d’ailleurs, je trouve assez normal qu’ils parlent de ce jeune mouvement politique, ça ne me choque pas. En revanche, ce qui me choque, c’est qu’on lui donne une telle audience et une telle signification, "Le développement du communautarisme, un parti musulman, etc." alors que nous avons, nous, de façon certaine, huit fois plus d’adhérents que ce mouvement et que nous, nous sommes toujours comme si nous n’existions pas.

Ça veut dire qu’il y a quand même derrière tout ceci une véritable opération, voulue, qui consiste à jeter de l’huile sur le feu constamment en France, puisque la médiatisation de ce mouvement politique a été assortie, je le rappelle, d’un discours stigmatisant la communautarisation croissante de la société française.

Si les médias de grande diffusion recherchaient le bien public, la chose publique en latin, ça se dit « res publica » , « république » en fait, si les médias de grande diffusion voulaient la paix sociale, voulaient la concorde entre les citoyens français, ils ne donneraient pas autant d’importance que cela à tout ce qui est attentats, actes terroristes, mouvements communautaristes... Ils donneraient au moins autant d’importance, en tout cas à due proportion des adhérents, à un mouvement politique comme le nôtre. Je voudrais signaler que nous nous développons en ce moment très rapidement, et que nous avons à l’UPR des Français de toutes les origines et de toutes les convictions religieuses.

Y compris, d’ailleurs, des musulmans, des juifs, des chrétiens, catholiques, protestants, des bouddhistes même, et des agnostiques et des athées militants. Nous sommes justement le mouvement qui est là pour assurer la paix sociale. Nous, nous sommes pour la paix et la concorde entre les Français, nous sommes un mouvement anticommunautariste, un mouvement républicain, un mouvement laïc. La laïcité, je le rappelle, consiste à inciter tous les Français, quelle que soit leur religion, à la garder pour la sphère privée. Et à ne pas l’imposer publiquement aux autres.

J’observe que de plus en plus de Français qui nous rejoignent, notamment des compatriotes musulmans, qui sont extrêmement contents de trouver le mouvement politique qui est le nôtre, qui s’inscrit dans mille cinq cents, deux mille ans d’histoire de France, d’indépendance nationale, et dans plus de deux cents ans de République et de souci de la laïcité. Je terminerai en posant cette question : J’aimerais savoir pourquoi le Figaro, pourquoi le Parisien ne nous ont pas encore accordé un long article sur le développement de l’UPR, conformément à l’ampleur du nombre d’adhérents que nous avons désormais atteint.