Feux de forêt : ne pas débroussailler doit avoir des conséquences sur l’assurance, estime la sénatrice Françoise Dumont
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:08OuverteRéponse directe
Est-ce que la France a encore les moyens de nous protéger face aux grands incendies ?
- 1:08OuverteRéponse directe
On vous a dit quoi à Paris ? Il faut tout revoir ? Il faut tout changer ?
- 1:58RelanceRéponse directe
Est-ce que ça veut dire qu'on a pris beaucoup trop de retard ?
- 3:08RelanceRéponse partielle
Ils sont plus adaptés, ces moyens aériens, c'est ça ?
- 4:01FerméeÉludée
Est-ce qu'un propriétaire qui refuse de débroussailler correctement doit continuer à être assuré et indemnisé ?
- 5:37RelanceRéponse directe
Françoise Dumont, vous êtes d'accord avec lui ou pas ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:20InvitéChiffre
« près de 120 000 hectares brûlés en France. »
- 0:25InvitéChiffre
« Plus de 5 000, rien que pour le feu du Grand Bessillon dans les Vars »
- 1:12Invité politiquePromesse
« Il faut surtout compléter aujourd'hui, anticiper, prévoir et préparer nos massifs forestiers »
- 1:31Invité politiqueFait
« qui est la conséquence directe du changement climatique. »
- 1:43Invité politiquePromesse
« s'engager dans une politique de prévention qui est la mère des batailles. »
- 2:06Invité politiqueFait
« on a pris du retard, effectivement, par rapport à la loi sécurité civile »
- 2:49Invité politiqueFait
« la nature était tellement stress hydrique, le sol, mais tellement chaud. »
- 3:05Invité politiqueFait
« des Canadair qui peinaient à éteindre le feu. »
- 3:33Invité politiquePromesse
« les obligations légales de débroussaillement, il faut les faire respecter à la lettre »
- 4:59Invité politiqueFait
« dans des pays, pour vous assurer votre maison, on vous demande un certificat, on vous demande des photos »
- 5:48Invité politiqueFait
« l'écologie punitive qui vous empêche d'envoyer les moutons pour faire du pastoralisme. »
- 5:55Invité politiqueFait
« Le mouton et la chèvre, c'est les meilleurs débroussailleurs possibles »
Temps de parole
- Françoise Dumont60 %
- Invité25 %
- Présentateur12 %
- Invité 23 %
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Et il est 7h45, l'invité d'ici Provence, c'est cette question David Doucillou. Est-ce que la France a encore les moyens de nous protéger face aux grands incendies ?
C'est tout à fait légitime de s'interroger. Quand on a vécu l'été et dans la crainte, dès que le vent se mettait à souffler, il y a quand même eu des dizaines de feux, parfois simultanément, près de 120 000 hectares brûlés en France. Plus de 5 000, rien que pour le feu du Grand Bessillon dans les Vars, des milliers de pompiers mobilisés. Nos Canadair, 12 appareils, une flotte vieillissante, deux nouveaux avions commandés en juin, mais qui ne seront pas là de suite. Mais le gouvernement, lui, assure que nous avons les moyens de faire face. C'est justement là que le doute s'installe, parce qu'au même moment, les pompiers alertent sur leurs moyens, ils étaient en grève nationale le 13 août.
Derrière les Canadair, les camions, les effectifs et les budgets, il y a une question qui est très simple. Est-ce que notre système de sécurité civile est encore dimensionné pour les incendies que le changement climatique nous promet désormais chaque été ? Et c'est précisément la question sur laquelle travaille notre invité ce matin.
Bonjour Françoise Dumont. Bonjour. Bienvenue sur ICI Provence La Radio. Vous êtes sénatrice du Var. Vous venez d'être chargée par le Premier ministre d'une mission sur les feux de forêt. On vous a dit quoi à Paris ? Il faut tout revoir ? Il faut tout changer ?
Il faut surtout compléter aujourd'hui, anticiper, prévoir et préparer nos massifs forestiers à un phénomène qui a été d'un phénomène qui a été d'une extrême violence dans le Var, mais en Gironde et partout où on a eu des feux, qui est la conséquence directe du changement climatique. Et j'entendais vos propos au préalable, on n'a effectivement pas les moyens de faire autrement que de s'engager dans une politique de prévention qui est la mère des batailles. Tous les sapeurs-pompiers vous le diront.
Mais vous connaissez très bien le sujet, Françoise Dumont, parce que vous avez été rapporteur du budget 2026 de la sécurité civile au Sénat et vous aviez dit alors, nous gérons l'urgence, nous aurions dû rentrer depuis longtemps dans une phase d'anticipation plus active. Est-ce que ça veut dire qu'on a pris beaucoup trop de retard ?
Alors, on a pris du retard, effectivement, par rapport à la loi sécurité civile qui était issue du Beauvau de la sécurité et qui a été déjà présentée en septembre dernier. Et moi, j'étais présente à cette présentation. Donc, il y a un an qui s'est passé, on aurait dû agir beaucoup plus tôt. Moi, je veux aussi intervenir, si vous le voulez, sur le débat entre moyens techniques, moyens d'extinction, moyens aériens et sujets sur lesquels la mission dont j'ai l'honneur de faire partie travaille. Il faut, je crois, revenir à ce qui s'est passé. Vous savez, ces feux étaient d'une extrême violence.
Moi, je suis allée sur le feu du Gros Bessillon les premiers jours et en fait, la nature était tellement stress hydrique, le sol, mais tellement chaud. Moi, j'ai vu des Canadair qui peinaient, vous savez, la force de frappe du Canadair, des Canadair qui peinaient à éteindre le feu.
Et ça veut dire quoi ? Qu'est-ce que vous êtes en train de nous dire, Françoise Dumont ? Ils sont plus adaptés, ces moyens aériens, c'est ça ?
Ce n'est pas qu'ils sont plus adaptés, mais ces moyens-là doivent être complétés de façon indispensable par une adaptation de nos massifs forestiers. Ça veut dire qu'aujourd'hui, il faut préparer nos massifs à ce qui va se reproduire de façon inévitable. Ça veut dire qu'il faut creuser des pistes beaucoup plus larges, il faut revoir les plus également, les obligations légales de débroussaillement, il faut les faire respecter à la lettre, mais il faut élaguer également.
Moi, j'ai vu l'exemple de maisons qui ont brûlé parce qu'elles étaient ombragées par des pains et la maison voisine n'avait pas été touchée parce qu'elle était entourée de lauriers roses et qu'il n'y avait pas de pains hauts au-dessus.
Alors justement, Françoise Dumont, vous avez des maires du Var qui disent qu'il faudrait que les habitants respectent d'abord leurs obligations. Est-ce qu'un propriétaire qui refuse de débroussailler correctement doit continuer à être assuré et indemnisé ? C'est ça une question, non ?
Il y a un sujet, il y a un sujet. Mais vous dites quoi ? Il faut y aller ? Il faut ? Alors, le sujet des OLD, des obligations légales de débroussaillement, il est très complexe parce qu'il y a ceux effectivement qui sont des malotrus, qui ne les respectent pas. Il y a des gens qui financièrement ont du mal à les faire respecter, ont du mal à les appliquer, donc il faut peut-être les aider et travailler sur les dispositifs qui peuvent. C'est un sujet qui est très complexe.
Mais moi, je considère qu'effectivement, que quelqu'un qui a les moyens de faire respecter et qui est dans un endroit difficile d'accès des maisons dans les pins et qui visiblement est une maison qui peut être la proie des flammes, il y a le sujet de l'assurance. Il y a le sujet. Vous savez, dans des pays, pour vous assurer votre maison, on vous demande un certificat, on vous demande des photos, il y a une visite pour vérifier que votre maison est correctement préparée et protégée par rapport aux éventuels incendies. Il y a un sujet absolument.
Tout le monde est d'accord pour dire qu'il faut débroussailler. Le préfet du Var nous explique que son arrêté d'obligation a été attaqué par la Ligue de protection des oiseaux. Écoutez, Simon Barbre, le préfet du Var. J'ai découvert récemment qu'il y avait bien eu un recours considérant que la période de débroussaillement possible était trop importante et qu'eux souhaitaient la réduire de novembre à février. Ce genre d'attitude intellectuelle est absolument pas possible. Françoise Dumont, vous êtes d'accord avec lui ou pas ?
Entièrement, entièrement. Je suis la première des respectueuses de notre environnement, de la sauvegarde de notre environnement. Mais il y a un moment où l'écologie punitive qui vous empêche d'envoyer les moutons pour faire du pastoralisme. Le mouton et la chèvre, c'est les meilleurs débroussailleurs possibles et les plus respectueux, je dirais, au motif que ça peut gêner les animaux, la tortue d'Hermann ou je ne sais quoi. Ça, c'est dangereux. Ça, ça n'est plus possible. Aujourd'hui, il faut concilier, effectivement, respect de l'environnement avec les mesures de préparation et de prévention de nos massifs.
D'ailleurs, la mission dans laquelle je siège réunit les trois ministères, agriculture, transition écologique et ministère de l'Intérieur.
Voilà donc les bases, Françoise Dumont. Vous êtes sénatrice du Var et c'est vous qui allez réaliser ce rapport, cette mission sur les feux de forêt. Merci de nous en avoir parlé ce matin sur ICI Provence.
Merci à vous. Il est 7h52. Voilà la Provence qui a brûlé cet été. La Provence qui a eu très, très chaud avec plusieurs vagues de chaleur cet été. Certains même se disent, David, je vais quitter la Provence, je vais aller habiter ailleurs.
18% des habitants de cette région, effectivement, disent j'en ai assez.
Et vous alors ? Est-ce que vous dites j'en ai assez, je vais aller vivre ailleurs ? Ou non, non, coûte que coûte, moi je vais rester en Provence. On a envie de vous entendre ce matin. D'ores et déjà, vous nous appelez au 04-42-38-08-08 et puis on en parlera tous ensemble. à 8h15. En musique tout de suite, Bruno Mars.
Ici Provence.
Premier sur l'actu locale en Provence.
Ici Matin.
Françoise Dumont