"On nous habitue à quelque chose qui pourrait tourner à l'état d'urgence", selon Me Jean-Louis Borie
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 70 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 70 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:31OuverteÉludée
Est-ce que c'est un abus de la préfète du Puy-de-Dôme d'interdire le centre-ville aux manifestants ?
- 2:14RelanceRéponse partielle
Mais en même temps on ne peut pas occulter la casse, l'épillage du week-end dernier. Il fallait néanmoins réagir.
- 2:58OuverteRéponse directe
Ce que vous dites c'est que cette interdiction finalement elle a ses limites aussi.
- 3:39OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est la preuve encore une fois qu'il faut revoir le maintien de l'ordre en France ?
- 4:51OuverteRéponse directe
Donc il faut revoir tout ça selon vous.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:36Invité politiqueFait
« Le problème c'est que petit à petit on arrive à une dérive des libertés publiques. »
- 0:42Invité politiqueFait
« Systématiquement le droit de manifester à tout le moins écorné, sinon complètement supprimé. »
- 1:07Invité politiqueFait
« On a eu gain de cause à Limoges. »
- 1:13Invité politiqueFait
« Et la préfète de Limoges ou le préfet de Limoges a pris par la suite un deuxième arrêté pour interdire les manifestations. »
- 1:51Invité politiqueFait
« L'ambiance générale pèse beaucoup dans la décision des juges administratifs. »
- 2:03Invité politiqueFait
« petit à petit on nous habitue à quelque chose qui pourrait à terme tourner à l'état d'urgence ou quelque chose comme ça. »
- 2:31Invité politiqueFait
« il y a eu des violences policières qui sont importantes, des nuages de gaz lacrymogènes. »
- 2:45Invité politiqueFait
« On avait les policiers de la BAC avec des LBD qui ont menacé certains de vos confrères et des journalistes. »
- 3:48Invité politiqueFait
« ce sont des armes de guerre qui sont utilisées. »
- 3:52Invité politiqueFait
« Des grenades, des encerclements, des grenades assourdissantes. »
- 4:10Invité politiqueFait
« Utilisation massive, massive des gaz lacrymogènes avec les fusils cougars qui lancent des palais lacrymogènes. »
- 4:42Invité politiqueFait
« grenades assourdissantes, grenades de désencerclement, ce sont des armes de guerre qui ne me paraissent pas adaptées dans une opération de maintien de l'ordre. »
- 4:58Invité politiqueFait
« Moi j'ai croisé des tas de gens qui m'ont dit avoir été victime de tirs de LBD. »
- 5:19Invité politiqueFait
« on a voulu étouffer dans l'oeuvre le mouvement lycéen en neutralisant par la force. »
- 5:25Invité politiqueFait
« Et ça a donné effectivement l'aversion de la jeunesse à l'égard de la police. »
Temps de parole
- Invité politique73 %
- Présentateur19 %
- ?4 %
- Présentateur 24 %
≈ 31,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Ici Pays d'Auvergne, ici Matin. Manifestations interdites, mais manifestations quand même. Samedi dernier dans les rues de Clermont-Ferrand, une journée avec des heures entre policiers et manifestants, mais sans casse. Lauriane Navarre, on en parle avec votre invitée. Bonjour Jean-Louis Bory. Bonjour. Vous êtes avocat au barreau de Clermont-Ferrand et vous avez déposé un référé au tribunal administratif vendredi soir pour demander la levée de l'interdiction de manifester dans le centre-ville de Clermont. La justice a maintenu malgré tout l'interdiction. Est-ce que c'est un abus de la préfète du Puy-de-Dôme d'interdire le centre-ville aux manifestants
? Le problème c'est que petit à petit on arrive à une dérive des libertés publiques. Systématiquement le droit de manifester à tout le moins écorné, sinon complètement supprimé.
Et
c'est logique, on l'a fait dans toutes les villes de France. C'est un nombre de confrères qui
ont
engagé les mêmes procédures que moi pour faire suspendre, dans le cadre d'un référé-liberté,
les
arrêtés préfectoraux.
On
n'a pas eu gain de cause dans beaucoup de villes.
On
a eu gain de cause à Limoges. Et la préfète de Limoges ou le préfet de Limoges a pris par la suite un deuxième arrêté pour interdire les manifestations. Donc l'efficience des recours se discute. Le juge administratif il est là pour contrôler la nécessité, la proportionnalité des atteintes aux libertés individuelles, aux libertés publiques. Là il considère qu'au regard des troubles précédents c'était justifié. C'est une appréciation. Mais ce qui m'inquiète beaucoup moi c'est cette dérive. Pas la dérive du juge puisque encore une fois dans les délais ils ont pu statuer. C'est une course contre la montre pour nous. On a un arrêté à 16h. Il faut qu
'on
fasse un recours en urgence. Le juge administratif le fixe le lendemain à 9h et rend sa décision à 10h. L'ambiance générale pèse beaucoup dans la décision des juges administratifs. Et moi ça,
je
ne
vais
pas critiquer une décision de justice naturellement mais
c
'est vrai que cette dérive des autorités
publiques, des pouvoirs publics,
oui, oui, oui, petit à petit on nous habitue à quelque chose qui pourrait à terme tourner à l'état d'urgence ou quelque chose comme ça. Moi je suis très inquiet.
Mais en même temps on ne peut pas occulter la casse, l'épillage du week-end dernier. Il fallait néanmoins réagir.
Il
fallait réagir mais moi je vois comment ça s'est déroulé. Il y avait un périmètre interdit, il n'en demeure pas moins qu'en dehors du périmètre interdit, notamment
vers la
gare, notamment vers la gare ou en dessous de la place de Lille, il y a eu des violences policières qui sont importantes, des nuages de gaz lacrymogènes. Moi je n
'ai
pas entendu de sommation non plus, les syndicalistes qui étaient présents non plus. D'un seul coup on s'est mis à gazer. On avait les policiers de la BAC avec des LBD qui ont menacé certains de vos confrères et des journalistes. Bon, ce n
'est
pas en totale sérénité que tout ça se déroule.
Ce que vous dites c'est que cette interdiction finalement elle a ses limites aussi.
Oui mais là c'était le centre-ville qui était interdit. Moi je maintiens qu'il y a eu des charges contre les manifestants en tout cas des jets de gaz lacrymogènes en dehors de ce périmètre. Donc les pouvoirs publics vont bien au-delà des mesures qu'ils édiquent eux-mêmes.
Et
il y a eu un jeune qui a été gravement blessé à la main en place de Jaude. Une enquête est en cours, il y a des images qui circulent
sur
les réseaux sociaux où on voit une grenade rebondir et exploser à hauteur de la main du manifestant. Ce n'est pas malheureusement le premier accident de ce type depuis le début du mouvement lycéen. Est-ce que c'est la preuve encore une fois qu'il faut revoir le maintien de l'ordre en France ?
Le terme d'accident me dérange un petit peu mais on peut l'utiliser certes.
Mais
ce sont des armes de guerre qui sont utilisées.
Des
grenades, des encerclements, des grenades assourdissantes. Et régulièrement lorsqu'elles tombent, elles blessent. M'a arraché... Là
ce
n
'est
pas le cas,
il n'y a pas de doigts ni de m'a arraché.
La main n'a pas été arrachée mais elle a été gravement traumatisée semble-t-il puisque ce jeune homme a été tout de suite transféré à la Châtaignurée. Non mais c'est le problème de l'utilisation des projectiles. Utilisation massive, massive des gaz lacrymogènes avec les fusils cougars qui lancent des palais lacrymogènes. L'opération c'était
de
dégagement de la place de Jaude.
La
place de Jaude était encerclée, les policiers divers, CRS ou gendarmes avaient ménagé une ou deux sorties possibles. Mais c'est tout. Et d'un seul coup la charge est intervenue et les grenades ont été utilisées. Mais encore une fois, grenades assourdissantes, grenades de désencerclement, ce sont des armes de guerre qui ne me paraissent pas adaptées dans
une opération de maintien de l'ordre.
Donc
il
faut revoir tout ça selon vous.
Bien sûr, bien sûr qu'il faut en tout cas ne pas utiliser ce type. Et les LBD, ça pose la même question. Moi j'ai croisé des tas de gens qui m'ont dit avoir été victime de tirs de LBD. Donc il y
a
un problème de disproportion dans l'usage de la force, oui. Je crois qu'une démocratie s'honore en restant maîtrisée. Ce que je veux dire, c'est que les violences qui sont intervenues, j'ai fini, c'est la manière dont le maintien de l'ordre a été mis en oeuvre depuis le début de la grève des lycéens. C'est-à-dire que dès le départ, on a voulu étouffer dans l'oeuvre le mouvement lycéen en neutralisant par la force. Et ça a donné effectivement l'aversion de la jeunesse à l'égard de la police. Mais c'est logique, c'est logique. Et qui sème le vent récolte la tempête et c'est ce qui est arrivé là.
Jean-Louis Boré, avocat au barreau de Clermont-Ferrand. Merci beaucoup d'avoir été avec nous ce matin sur ICI Pays d'Auvergne.
Merci à vous.
Belle journée.
Il est
7h53.
Sous
-titrage
ST' 501