SÉBASTIEN CHENU : « Les lycées ne peuvent pas rester bloqués ! » BFM TV
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Questions et réponses
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- 3:07OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'on fait pour ramener le calme ?
- 5:30OuverteRéponse directe
Vous au pouvoir, qu'est-ce que vous faites ?
- 6:22OuverteRéponse directe
Est-ce que le ministre de l'Intérieur est à la hauteur ?
- 6:41RelanceRéponse partielle
Est-ce que c'est suffisant, une plateforme de concertation ?
- 6:53OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous feriez, vous, ministre de l'Éducation ?
- 8:07ComplaisanteRéponse partielle
Témoignage de Lola sur les conditions en lycée
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:16InvitéFait
« D'abord, quand on n'a rien à faire sur le territoire français, on ne peut pas avoir de droits particuliers. »
- 0:22InvitéFait
« Et les personnes qui doivent quitter le territoire français ne devraient pas pouvoir se marier. »
- 2:10InvitéFait
« Jamais ce gouvernement macroniste ne fixera un ordre du jour dans lequel il y aura une proposition de loi qui dit que lorsqu'on est un OQTF, on ne peut pas se marier sur le territoire français. »
- 4:05InvitéFait
« Il y a le problème de fond, la revendication des lycéens, la situation des professeurs, la situation des établissements scolaires. »
- 4:22InvitéFait
« Nous ne pouvons pas laisser des lycées bloqués sur notre territoire, ça me semble être totalement inadmissible. »
- 7:02InvitéChiffre
« Notre député de Meurthe-et-Moselle, Anthony Boulogne, a proposé de réorienter 91 millions d'euros de l'administratif vers les postes d'enseignants, 1891 postes possibles. »
- 9:30InvitéChiffre
« C'est une augmentation de la revalorisation des salaires des professeurs de 3% par an sur 5 ans. »
- 9:42InvitéFait
« Nous avons des dépenses, nous avons des recettes, nous avons des économies. »
- 10:58InvitéFait
« Il y a un Conseil national des programmes dont il faut revoir le mode de fonctionnement. »
- 12:11InvitéFait
« Nous avions fait un certain nombre de propositions, nous n'avons pas attendu. »
- 14:02InvitéFait
« Il y a des mesures ciblées à avoir selon les catégories de fonctionnaires. »
- 17:07InvitéFait
« Absolument, et d'ailleurs, je trouve que le discours de Mediapart n'est pas aussi clair que ça. »
Temps de parole
- Invité66 %
- Présentateur17 %
- Invité 28 %
- ?6 %
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Oui,
c
'est assez consternant de dire qu'on laisse les maires à l'abandon face finalement à un serpent qui se porte la queue. Parce que finalement, ce sont les maires qui se retrouvent dans ces difficultés-là. Nous, ce que nous considérons, c'est plusieurs choses. D'abord, quand on n'a rien à faire sur le territoire français, on ne peut pas avoir de droits particuliers. Et les personnes qui doivent quitter le territoire français ne devraient pas pouvoir se marier. Et nous dénonçons cela, mais nous avons surtout déposé une proposition de loi en 25 avec nos collègues de l'UDR. C'est le député de Saône-et-Loire, Éric Michoud, qui avait porté ça.
On était bien seuls, le RN et l'UDR, il y a un an et demi, à défendre une proposition de loi. Tout comme nous étions bien seuls il y
a
quelques années à demander que les maires puissent avoir accès à l'information pour savoir qui est un OQTF sur son territoire.
Parce que ce que
disait Robert Ménard, c'est que là, si l'homme en question ne l'avait pas dit, il ne
l
'aurait pas su. –
Mais bien entendu, ou qui même d'ailleurs est fichesse sur son territoire, pas pour mettre le nom sur la porte de la
ministre. –
Ça n'a pas
changé
d'ailleurs. – Non, ça n'a pas changé. Mais nous avions déposé, c'était Brian Masson, député RN des Alpes-Maritimes, qui avait déposé cette proposition de loi. Nous étions bien seuls. Alors quand j'entends aujourd'hui, si vous voulez, un certain nombre de faux-culs qui disent « Ah oui, c'est bien dommage, mais il faudrait faire changer la loi ». –
Mais
nous avons proposé
de changer la loi.
–
D
'abord, le ministre, le garde des Sceaux, qui devait venir au secours de Robert Ménard à l'époque. On ne
l
'a pas entendu pendant le débat sur cette loi qui n
'a
pas pu être examinée parce que la LFI avait pourri le débat avec des centaines de milliers d'amendements. Mais donc la réalité,
c'est que des centaines de
milliers, c'est beaucoup.
–
Des centaines.
–
Des milliers.
– Des milliers, oui.
– En tous les cas, nous n'avions pas pu aller au bout de la discussion. Ce que je veux dire, c'est qu'il y
a
des solutions pour ne pas laisser les maires à
l
'abandon. Il y a des solutions pour ne pas laisser notre pays dans des situations aussi caricaturales que celles-ci. Nous les avons portées. Nous continuerons, nous, Rassemblement national, à les porter. Mais ce soir, je trouve que c'est un peu gros pour certains de venir pleurer sur l'air inversé. – Ça fait œuvre d'exemple, à votre avis ? Est-ce que là, maintenant, l'opinion publique est suffisamment alertée ? La pression populaire est là ? Est-ce que vous croyez que, effectivement, le projet de loi qui est en cours va finalement arriver ? –
Non, il n'arrivera pas,
il n'arrivera pas, parce que c'est le gouvernement qui fixe l'ordre du jour à l'Assemblée nationale. Jamais ce gouvernement macroniste ne fixera un ordre du jour dans lequel il y
aura
une proposition de loi qui dit que lorsqu'on est un OQTF, on ne peut pas se marier sur le territoire français. Jamais, ils ne l'ont pas fait en 10 ans, ils ne le feront pas davantage demain. Pourquoi ? Parce qu
'ils
n'ont pas le courage de le faire.
–
Surtout que cette loi, est-ce qu'elle ne pourrait pas être déclarée anticonstitutionnelle dans la mesure où le droit de se marier est dans la Constitution
?
–
C
'est ce que dit ce soir le procureur.
– Raison pour
laquelle nous portons aussi en parallèle un référendum sur l'immigration dans lequel cette question pourrait figurer, parce qu'évidemment, si ça passe par référendum, ça rentrera dans la Constitution et ça s'opposera effectivement au traité européen. Donc vous voyez, il y a la possibilité de faire changer les choses et de ne
pas
laisser les maires et finalement la France se
ridiculiser avec de tels débats. – Sébastien Chenu, dans un instant, les accusations de Mediapart contre Jordan Bardella, mais d'abord le mouvement de colère des lycéens. Avec ces images qui nous sont arrivées encore aujourd'hui des quatre coins de la France, je vous donne les tout derniers chiffres qui ont été donnés ce soir par le ministre de l'Intérieur et le ministre de l'Éducation.
Plus de 350 qui s'est touchés depuis le début du mouvement, 625 interpellations rien qu'aujourd'hui, 119 élèves et personnels de l'enseignement blessés depuis lundi, 119, 83 forces de l'ordre rien qu'aujourd'hui, 3 enquêtes de l'IGPN, la police des polices, ouvertes pour des soupçons de violence par des policiers sur des lycéens et des scènes, on en a choisi une, notamment aujourd'hui à Lyon. Voilà ce qui s'est passé. Il y a les revendications des lycéens, on en parlera dans un instant, mais qu'est-ce qu'on fait pour ramener le calme ?
– Vous avez raison, il y a deux problèmes. Il y
a
le problème de fond, la revendication des lycéens, la situation des professeurs, la situation des établissements scolaires, dans laquelle je veux bien vous dire un petit mot, si vous me le permettez, juste après,
mais sur la
violence, sur la violence d'abord, je pense qu'au-delà des appels au calme auxquels nous souscrivons, nous ne pouvons pas laisser des lycées bloqués sur notre territoire, ça me semble être totalement inadmissible, mais surtout, il va falloir aussi que chacun prenne ses responsabilités, puisque j'entends des leaders politiques, de la France insoumise, c'est toujours les mêmes, qui disent que la violence est légitime, – C'est le maire de Saint-Denis. –
Le
maire de Saint-Denis, M. Mélenchon, qui invite la jeunesse à se révolter contre la police et qui, en réalité, ne cherche pas à apaiser le débat, mais cherche à l'enflammer. – Jean-Luc
Mélenchon dit
ce soir qu'ils appellent les insoumis à la non-violence des méthodes de la lutte, Emmanuel Bompard dit que les insoumis sont partisans de la non-violence.
– Alors, ils ont dit exactement l'inverse, il y a quelques heures. Donc, ces espèces d'insurrections organisées entre la récupération, la politisation, la manipulation d'un certain nombre de lycéens sont totalement irresponsables et gravissimes pour l'état de notre pays. Je pense qu'effectivement, la première chose, c'est lutter contre les blocages de lycées, force doit rester à la loi, mais également traiter et ouvrir un certain nombre de discussions très concrètes, et moi j
'ai
des propositions très concrètes à faire, pour évidemment solutionner les problèmes de
lycée. – Vous dites d
'abord, force doit rester à la loi. Très bien, c'est un cas concret. Vous au pouvoir, qu'est-ce que vous faites ? Vous dites qu'il faut débloquer les lycées. Quand on essaie de débloquer les lycées, c'est ce qui se passe aujourd'hui. C'est-à-dire que vous avez un certain nombre des chauffourées, vous avez des élèves qui ne veulent pas partir, des élèves du lycée ou d'autres lycées, etc. Ce sont les tensions actuelles.
– Oui, vous avez aussi des leviers qui n'ont jamais été utilisés, la responsabilisation des familles, un élève qui est mis en cause, qui brûle la porte d'un lycée, comme je l'ai vu dans le Nord, dont je suis le député. Eh bien, je pense qu'immédiatement, les familles doivent être convoquées, et éventuellement, elles doivent être sanctionnées. Voyez-vous, si elles occupent un logement social, si elles ont un certain nombre
d'aides sociales,
etc. Parce que quand on est, parce que les lycéens, jusqu'à preuve du contraire, dans leur immense majorité, pas tous, mais dans leur immense majorité, sont mineurs, donc sont sous la responsabilité de leurs parents. Vous avez beaucoup de lycéens qui ont moins de 18 ans. Donc je pense qu'effectivement, ici, on a la nécessité d'activer ces leviers qui ne l'ont jamais été.
–
Est-ce que vous trouvez que le ministre de l'Intérieur, là, est à la hauteur de la situation, quand il dit qu'il veut ramener l'ordre, évidemment, mais il n
'a
pas de solution ? Le ministre de l'Éducation est venu dire que les moyens étaient là, il avait… – Il
annonce l'ouverture
de l
'Éducation d'une plateforme de concertation
avec les lycéens. – Est-ce que vous pouvez, c'est suffisant, c'est ? – Est-ce que vous pouvez, c'est suffisant, c'est un numéro vert ? – Je veux dire,
ça fait 10 ans qu'on
est gouverné par des
incapables. On nous a vendu que ces gens étaient bons dans tous les domaines, c'est la catastrophe, l'État s'affaisse de l'intérieur
dans tous les domaines. – Qu'est-ce que vous feriez, vous,
ministre de l 'Éducation ? – Eh bien, écoutez, je viens de vous le dire, c'est parce qu'on ferait, nous avons fait une proposition, là, puisqu'on est dans les discussions budgétaires. Notre député de Meurthe-et-Moselle, Anthony Boulogne, a proposé de réorienter 91 millions d'euros de l'administratif vers les postes d'enseignants, 1891 postes possibles. –
C
'est
comme dans l'hôpital, il y
a trop d'administratifs. – Bien entendu, mais on le sait, il y a beaucoup de gens qui, dans l'éducation nationale, ne sont pas devant des élèves. Donc voyez-vous, nous,
on
a regardé ce qu'il était possible de faire, nous n'avons pas tous les éléments, nous ne sommes que des députés d'opposition, mais nous faisons des propositions.
– 91 millions,
vous répondrez que c'est une goutte d'eau.
–
Non, mais 1891 postes, ce n
'est
pas rien de postes qui sont des postes d'enseignement, des postes d'encadrement et pas des postes d'administration, c'est quand même du monde. Donc, je veux dire, on ouvre un certain nombre de, comment dire, je vous ai donné de solutions, je vous ai parlé de la responsabilisation des familles, je vous parle de l'ouverture d'un certain nombre de postes, il y a des choses à faire, mais entendre le ministre de
l
'Intérieur qui constate, alors vous avez vu, les chiffres de l'insécurité sont sortis aussi, aujourd'hui ils sont catastrophiques en ce qui concerne les violences, ou le ministre de l'Éducation nationale, je ne
sais
pas s'il se planque, s'il dit quelque chose, s'il imagine quelque chose, s'ils ont quelque chose à proposer pour le pays, vous voyez, nous on fait des propositions, vous en avez fait deux en quelques minutes. – J
'entends Sébastien Sonu, je voulais vous donner le
témoignage de Lola,
je
ne
sais
pas si vous l'avez lu, c'était dans Le Parisien aujourd'hui, Lola est élève de première, elle raconte son quotidien d'élève de première, 35 heures de présence par semaine au lycée, court du lundi matin
au
samedi midi, du lundi matin au samedi midi, dans une classe à 38, où il manque des tables, des chaises, où ils doivent aller chercher des tables et des chaises dans les différentes salles autour, où les profs sont absents, elle est en première, elle raconte que l'an dernier, en seconde, elle n'a pas eu cours de français jusqu'au mois de janvier, voilà l'urgence si je puis dire.
–
Absolument, absolument. – Et dans le même temps, on sait tous les problèmes de recrutement dans l'éducation nationale, les problèmes de formation, qu'est-ce que vous pouvez promettre à ces jeunes-là, si ce
n
'est de leur dire, désolé mais ça va prendre du temps.
– Non mais nous on ne dit pas désolé, ça va prendre du temps, c'est 40 ans de décrochage qu'il faut rattraper, que ce soit l'écrochage en termes de niveau, que ce soit le décrochage en termes de statut et de salaire pour les enseignants, ou que ce soit le décrochage en termes de bâtiments, parce qu'il
y
a beaucoup de lycées qui sont dans de salles états. Donc évidemment ça ne se rattrape pas en une fois, enfin ça fait 10 ans qu
'ils
sont en responsabilité, ils se gargarisent de cette formule en nous disant matin, midi, soir, nous sommes en responsabilité, ça non plus ils ne l'ont pas anticipé, c'est comme les Canadaires, c'est comme la canicule, enfin je veux dire, ils n'anticipent rien, il n
'y a
pas un moment où
ils
se disent que ça va craquer, c'est en train peut-être de craquer, alimenté par effectivement récupéré politiquement, excité politiquement par la France insoumise. Nous par exemple ce que nous proposons, c'était déjà dans le programme de Marine Le Pen en 2022, c'est une augmentation de la revalorisation des salaires des professeurs de 3% par an sur 5 ans,
ça
fait 15%. Donc ça,
ça
fait partie, tout n'est pas salarial. Ça
vous financez avec les
25 milliards
d
'économie ? Oui, vous allez le voir dans notre présentation budgétaire la semaine prochaine. Nous avons des dépenses, nous avons des recettes, nous avons des économies.
Et vous revalorisez
le salaire des
enseignants ? Oui, 3%
par an pendant 5 ans, jusqu'à 15% de revalorisation salariale. Nous sommes favorables à
ce
qu'il y ait des classes qui soient inférieures à 30 élèves, évidemment. Donc nous avons des propositions. Mais évidemment, nous ne sommes pas aux manettes, nous nous demandons quel est de venir, mais il va falloir rattraper ceci, l'éducation nationale. Je vous ai parlé des chiffres de l'insécurité. Enfin, on a l'impression que notre pays s'écroule de l'intérieur, s'affaisse de l'intérieur, mais ils n
'ont
rien vu venir. Il n
'y a
pas un moment où ils se sont dit que ça allait poser problème. Le problème de l'éducation nationale, au-delà des très mauvais chiffres,
des
classements PISA, c'est la détresse des professeurs.
Vous intervenez sur les
contenus, ça c'est très intéressant. Est-ce que le Rassemblement national au pouvoir, si ça arrive, s'intéresse au contenu ? Parce qu'on sait qu'à chaque fois, c'est une bagarre entre la droite et la gauche. Est-ce que vous estimez que les contenus, certains contenus scolaires, ne sont pas conformes à ce que vous, vous souhaiteriez que ça soit ? Non, mais ce n
'est
pas l'idée que ce soit conforme à ce qu'on souhaiterait que ça soit. Il y a un Conseil national des programmes dont il faut revoir le mode de fonctionnement, qui visiblement a des tocades, qui visiblement souhaite qu
'on
ne parle pas d'un certain nombre de sujets dans l'histoire de notre pays. Le Conseil national des programmes doit profondément être revisité. Mais vous voyez, il y
a
la question des salaires, il y
a
la question des enseignants des bâtiments, il y
a
la question de la protection aussi des professeurs, il n
'y a
pas uniquement leur salaire, il y a aussi la protection. Il y a la question du nombre d'élèves par classe. Enfin, je veux dire, le dossier éducation nationale, il est énorme, mais on ne
va
pas nous dire que ça explose ce soir, que c'est nouveau. Vous redoutez que ça se propage
?
Je le redoute quand je vois l'attitude absolument irresponsable de l'extrême gauche qui bordélise. Enfin, on le dit toujours, quand c'est pourri, c'est LFI. À partir du moment où il y a quelque chose, ils ont pourri les mouvements sociaux, ils pourrissent les mouvements lycéens, ils attisent le feu, ils bordélisent une société
qui a déjà bien des difficultés. – Mais c'est la Sassonu, eux, vous
répondrez, que s'il n'y avait pas ces mouvements-là aujourd'hui, on ne serait pas avec vous ce soir en train de parler de moyens pour l'éducation, de changer les choses dans l'éducation, et qu'il fallait aussi que ça explose d'une
certaine manière. – Oui, puisque
je vous ai indiqué que nous avions fait un certain nombre de propositions, nous n'avons pas attendu, ces propositions, elles ont été déposées, elles ont été défendues, nous n'avons pas attendu ceci. Mais en revanche, ceux qui ont attendu, ceux qui n'ont rien fait, ce sont les dizaines de ministres au discours, totalement opposés les uns aux autres, qui se sont succédés. Qu'est-ce que vous voulez avoir comme réponse ou comme cohérence entre Jean-Michel Blanquer et puis Nicole Belloubet, qui pense l'éducation nationale diamétralement opposée, et qui se succède ? –
Blanquer, qui était un bon
ministre de l'éducation pour vous ? – Qui était en tout cas meilleur que Mme Belloubet. En 10 ans, il y
a
eu combien de ministres de l'éducation nationale ? M. Jeffrey, on ne sait pas ce qu'il pense. Il a une pensée, ce ministre de l'éducation ? Il est venu vous expliquer quelque chose ?
–
Il est venu
il y a deux jours.
– Alors,
il pense quelque
chose ? – Il
est
venu il y a deux jours. – Visiblement, il
a un peu de mal. – Attendez, dans un instant, on parlera de Jordan Mardella. D'abord, question d'Olivier Babot.
– Oui, alors quand on vous écoute, on comprend que l'éducation nationale a à la fois un problème d'allocation de ressources, si on comprend bien, et un problème de moyens,
c
'est-à-dire qu'il n'y en a pas assez, d'où en particulier l'augmentation des salaires des enseignants. Est-ce qu'on peut extrapoler et parler de la question du point d'indice et de son gel qui est prévu dans le budget ? Quelle est votre position vis-à-vis de ce projet ? – Là, ça concerne
tous les fonctionnaires. – C
'est intéressant parce que je pense que selon les fonctionnaires, enfin, il faut des mesures spécifiques. Moi, je pense selon les catégories de fonctionnaires qui n'ont pas tous les mêmes contraintes, qui n'ont pas tous les mêmes difficultés. Ce n'est pas pareil d'être une aide-soignante, ce n
'est
pas pareil d'être un prof, ce n
'est
pas pareil d'être un fonctionnaire des impôts. Et je pense que chaque catégorie de fonctionnaires mérite globalement d'être revalorisée, mais il y a des mesures qui doivent être ciblées selon les catégories de fonctionnaires. Pourquoi ? Parce qu'évidemment, demain, si on veut attirer à nouveau des jeunes dans la fonction publique hospitalière ou des jeunes pour devenir policiers. Souvenez-vous, dans nos générations, peut-être pas vous, mademoiselle, mais dans certaines générations, les gamins rêvaient de devenir policiers et les gamines rêvaient de devenir infirmières. Je crois que ce rêve, c'est un peu éteint.
Donc, il y a évidemment des mesures ciblées et le gel du point d'indice fait partie d'un certain nombre de mesures, mais à mon avis, il
y a
des mesures ciblées à avoir selon les catégories de fonctionnaires.
–
Vous êtes à l'aise avec le
fait
de supprimer les postes de
fonctionnaires
? – Ça dépend lesquels.
– Au global,
à la fin, si vous arrivez au pouvoir,
il
y aura moins de fonctionnaires.
–
Il y aura probablement plus de policiers, plus d'infirmiers, évidemment, plus de gens pour traiter
la
faude sociale ou fiscale et
peut-être
moins dans les collectivités.
–
Et globalement, il y aura moins de fonctionnaires si vous arrivez à… – Il y aura en tous les cas une
affectation de la ressource qui sera plus cohérente.
– Pourquoi c'est
difficile à dire ?
– Parce que ce n
'est pas populaire
? – Parce que c'est ridicule, votre question. –
La question est
ridicule ?
–
Oui,
c
'est ridicule, parce que vous mettez des choux et des carottes, parce qu'un fonctionnaire dont on a besoin, des soignants dont on a besoin dans un hôpital public, on en a peut-être plus besoin à Strasbourg, à Lille, etc., qu'à Paris, alors qu'on a peut-être besoin de moins de fonctionnaires en collectivité
locale, dans les mêmes départements.
– Oui,
elle est tellement ridicule
que je l'ai posée hier soir et que les yeux dans les yeux, Jean-Philippe Tanguy m'a répondu que oui, si vous arrivez au pouvoir, à la fin du quinquennat, il y aurait moins de fonctionnaires.
– Eh bien, ça veut dire que nous aurons fait des choix qui permettront de définir des priorités. –
Ah, donc
elle n'était
pas très ridicule que ça. – Si,
parce que, en fait, je vais vous dire, ce n'est pas une question de nombre uniquement. Je viens d'expliquer qu'il fallait des mesures
qui
soient ciblées.
– Oui, mais
je pense qu
'il
est assez d'accord avec moi puisqu'on
en a parlé ensemble. – Vous ne faites pas la règle d'un fonctionnaire
sur deux qui part
à
la retraite non remplacé ? – Mais dans quel domaine ? Est-ce que dans la fonction publique
hospitalière… – Non, c'est ce qui a été sous Sarkozy. – Est-ce que dans la fonction
publique hospitalière, il faut un fonctionnaire sur deux qui parte à la retraite qui soit remplacé ? Est-ce que dans la police, il faut un fonctionnaire sur deux qui soit
remplacé ? – Mais vous dites qu'il y a trop d'administratifs. – Bien sûr que
non. – Il y a trop d'administratifs. – Dans une certaine forme d'administration. – Oui, donc vous voyez,
c
'est… Et d'ailleurs, je trouve que c'est presque aussi
un
peu insultant de considérer les fonctionnaires uniquement comme des numéros et de ne pas les considérer dans le service
qu'ils rendent à la nationale. – Oui, mais on ne va pas qu'en faire le débat,
c'est pas ça celui-là,
mais à
partir du moment où vous dites systématiquement au RN, il y a trop de strates administratives, il y a trop d
'agents de
l'État, etc., il faut aller jusqu'au bout du raisonnement.
– Je viens de vous
dire,
c
'est suite-à-dire,
il
y a moins
de fonctionnaires.
–
Vous
ne
m
'avez pas écouté,
je
viens de vous dire
que dans les collectivités
locales, par exemple, il y avait probablement trop de fonctionnaires. Dans les agences d'État, il y a trop de fonctionnaires. Moi, je suis fils d'une fonctionnaire de justice. Je pense que j'ai vu ma mère greffier dans un palais de justice pendant des heures, revenir très tard le soir. Eh bien, je pense que dans la justice, il n
'y a
pas assez de fonctionnaires, voyez-vous. – Et je suis doublement fils de fonctionnaire, donc comme quoi vous voyez.
– Comme quoi ? – J'en viens aux accusations de Mediapart contre Jordan Bardella, accusation d'antisémitisme. Est-ce que vous êtes impatient ce soir ? – Impatient de quoi
? –
Impatient que Mediapart abatte ces éléments de preuve, visiblement, ça arrive.
–
La suite de nos révélations, elles arrivent. On se prépare, le journalisme que nous essayons de pratiquer prend du temps. Il y a des doubles exigences de démonstration des éléments probants que nous détenons. Bien sûr que dans les jours qui viennent, il y aura la démonstration de ce que nous avons écrit. Et pourquoi nous sommes en capacité de démontrer que les propos attribués à Jordan Bardella sont de la main de Jordan Bardella.
–
Est-ce que vous dites toujours ce soir que c'est impossible, Cébastin Chenou ?
– Ah oui, absolument. – Absolument, et d'ailleurs, je trouve que le discours de Mediapart n'est pas aussi clair que ça, pour tout le dire. Bon d'abord, il faut que chacun sache qui est Mediapart. Camarade, dis-moi d'où tu parles. Le slogan de 68 s'applique bien. Mediapart est un média tenu par des militants d'extrême-gauche, hostile au Rassemblement National. Il ne s'en cache pas, c'est une réalité. Mediapart est un média qui, en matière de lutte contre l'antisémitisme, n'a pas été très à la pointe ces dernières années. On va dire ça de façon très pudique, parce que les propos de M.
Plenel concernant le 7 octobre, ou en tous les cas sur le Hamas, ou sur des athlètes juifs qui avaient été assassinés. Il y
a
un passif entre Mediapart et l'antisémitisme qui les
privent. Il a dit qu'il s'est excusé. Oui, il s'est
excusé, bien sûr, donc il est pardonné, bien entendu. Mais ça veut dire qu'ils ont un passif. Ce ne
sont
quand même pas des gens qui sont... C'est aussi des gens qui ont mis en cause... M. Plenel a mis en cause des gens avant Mediapart, comme Dominique Baudis, qui n'avait rien à se reprocher dans l'ignoble affaire Allègre. Mais
pardon, Mediapart, c'est
aussi l'affaire Cahuzac,
c
'est aussi l
'affaire Sarkozy. Mais ce n'est pas des
gens à qui je donne immédiatement du crédit, puisque de toute façon, ils veulent la mort du Rassemblement national et l'échec de notre candidate Marine Le Pen. Et vous
dites que Mediapart
rendrait le risque d
'arriver les mains vides ?
Oui, je vous dis deux choses. Je
vous dis que ou
Mediapart manipule l'opinion avec une sorte de barbouserie un peu glauque, on l'a vu, je vous ai parlé de Plenel et Dominique Baudis, donc on sait ce dont ils sont capables, où Mediapart,
c
'est eux-mêmes, fait en fumée, en donnant du crédit, comme je le vois aussi dans les propos de M. Harfi d'ailleurs, à des gens totalement infréquentables, M. Soral, etc.
Infréquentables, pardon,
attendez.
Infréquentables, on les a sortis. Infréquentables, vous les avez fréquentés,
votre parti ? Votre
parti,
pas vous
personnellement, votre parti
?
On les a sortis justement
sur cette question.
Soral,
il était
dans les instances du Rassemblement National.
Non, il n'était pas dans les instances. Il
ne faut pas
dire n'importe
quoi non plus. Il était conseiller, il était conseiller EORN.
M. Switek, il a
été
sorti sur cette question-là. En 2009 ? Justement sur cette question-là. Donc, si vous voulez, un moment, moi je crois que les références de Mediapart sont plus que douteuses. Sébastien Chenu, est-ce que... Vous savez tout.
Je
m'explique. Les propos qui sont... Enfin, l'influence de Soral, c'était dans les années 2000-2010, début des années 2010.
Ce
qui est reproché, ce qui pourrait être reproché au conditionnel à M. Bardella, c'est ce qu'il a pu dire ou écrire ou communiquer en 2013-2014. Et vous, vous êtes arrivé au Rassemblement National, me semble-t-il, il n
'y a
pas très longtemps. En 2014 ? Voilà, en 2014. Donc, vous n'avez pas le passé qu'ont beaucoup de...
Pardon,
de l'expression de frontistes éprouvés, de vieux frontistes et tout ça. Vous, vous arrivez des Républicains, ce qu'était l'UMP, et vous êtes arrivé sur des idées, mais vous ne connaissiez pas les arrières-cuisines. Est-ce
que vous savez
vraiment tout ? M. Tréa, vous surestimez. Et c'est d'ailleurs bizarre qu'un certain nombre de journalistes, y compris dans une presse, j'allais dire, honnête, et qui, politiquement, est assez éloignée de Mediapart, soient fascinés par ce genre de racontards. Je dois le prendre
pour moi, là ?
Oui,
oui,
c'est pour vous que je dis. L'influence de Soral est
largement surestimée. Non, mais l
'influence de Soral est largement surestimée. Ce type était un marginal et le demeure d'ailleurs aujourd'hui. Mais en revanche, qu'il y ait des gens comme lui qui ont envie de régler des comptes et d'envoyer Jordan Bardella dans le décor... Pour
vous, ça vient de là.
Pour vous, ça vient de là. Je pense que ça peut venir de là. Et que Mediapart se soit laissé embobiner par ce genre de choses, aveuglé par la haine qu'ils ont de nous,
je pense que voilà, tout ça se termine au tribunal, voyez-vous. Sébastien Chenu, Jordan Bardella a repris la parole ce soir. Très très long message sur les réseaux sociaux.
Je
vous donne un extrait de début. Non, tout n'est pas permis. Salissez, salissez, il en restera toujours quelque chose. Cette épreuve, j'en suis convaincu, ne fera que renforcer chez les millions de Français de tous bords la certitude qu'il existe un traitement déloyal, injuste et mensonger, réservé à notre famille politique par des militants d'extrême-gauche à carte de presse. Les Français seront juges. Cette dernière phrase, qu'est-ce qu'elle signifie, Sébastien Chenu ? Est-ce qu'elle signifie
que
même si Mediapart arrivait demain après-demain avec des éléments
probants,
tangibles, Jordan Bardella ne bougerait pas ?
Mais c'est quoi probant et tangible ? Moi, j'attends de voir ce
que...
Ce que dit Mediapart,
c'est-à-dire des messages. Encore une fois, je cite Mediapart. Des échanges de mail, des messages sur Facebook, des messages sur
Messenger
signés Jordan Bardella.
Mais moi, si je vous dis que tout ça peut être largement bidonné, je pense qu'il est...
Ça peut être
défaut. Voilà, et d'ailleurs, c'est la plainte. D'ailleurs, je vous rappelle que la plainte que dépose Jordan Bardella, la première plainte qu'il dépose, elle est pour faux, usage de faux. Ce sont des faux grossiers, je reprends ses propos. Donc voilà, Jordan Bardella va se défendre parce que derrière lui, c'est aussi notre mouvement, nos électeurs que nous défendons,
c'est des millions de gens.
Pourquoi il ne fait pas une citation directe, d'ailleurs, qui permettrait au pénal d'avoir accès aux preuves plus facilement et d'obliger l'autre
partie de fournir les preuves ? Je ne
sais pas répondre à cette question, vous lui poserez. Mais je veux
dire,
nous, on n'a pas de doute. On n'est pas du tout fébrile sur cette question-là. On voit bien que tous les coups vont être permis pendant cette campagne sous une certaine forme de déloyauté. Et pendant ce temps-là, on ne parle pas de la réforme pourrie des retraites d'Édouard Philippe. Et pendant ce temps-là, on ne parle pas des chiffres pourris de l'insécurité. Pendant ce temps-là, voyez-vous, il y a beaucoup de choses qui permettent de passer à l'as. Donc moi, je pense que les Français attendent d'autres choses.
Et que ceux qui imaginent priver les Français d'une campagne électorale avec un débat de fond sur des propositions auxquelles les Français sont en droit d'attendre des réponses, enfin, je veux dire, les carburants, le budget, la sécurité, enfin, le logement...
–
Je vais faire
un petit zin, ce sont tous les sujets qu
'on
va aborder après, mais pas dans cette ligne, je suis désolé, mais il y
a un débat. – Et pas avec
moi.
– Pas avec vous, j'en suis désolé, mais on a parlé d'éducation, notamment, c
'est
Bessin Chonu. Une toute dernière question, Emmanuel Macron appelle le Rassemblement national à clarifier la ligne, les mots et les gens dans leur parti.
Qu
'est-ce que vous répondez ce soir ?
– On
aurait envie de lui dire, commence d'abord par t'appliquer ce bon conseil à toi-même. Parce que, bon, d'abord qu'un président de la République à l'étranger, mais d'ailleurs je crois qu'il
y a
un accord avec l'Espagne qui a été refusé dernièrement au Parlement, donc un président de
la
République s'occupe à l'étranger de la politique politicienne nationale, me semble être assez loin du rôle qu'on attend de lui. Et puis surtout, il est le gardien du droit, le président de la République. Donc balancer des affirmations, alors qu'il ne connaît pas le début, ni la fin, ni les tenants, ni les aboutissants de cette affaire-là, me semble être très aventureux. Encore une fois, Emmanuel Macron aurait mieux fait de tourner cette fois la langue dans sa bouche. – Merci Sébastien
Chenu, merci beaucoup d'avoir été en direct ce soir sur BFM TV.