Jean-François Copé : "“Jordan Bardella et Marine Le Pen sont dans la logique du populisme”
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Questions et réponses
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- 0:08OuverteRéponse directe
On va essayer de comprendre ce qui se passe à droite en vue de 2027 et qui vous soutient.
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Je voudrais commencer par prendre des nouvelles de vos relations avec Bruno Retailleau.
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Alors il s'avère que vous avez vu Bruno Retailleau avant-hier. Ça y est, vous vous êtes expliqué, tout est pardonné ?
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Qu'est-ce qu'il y a de façon Jean-François Copé-Poli de dire que vous ne croyez pas à sa candidature ?
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Mais donc la clarification qu'il vous demandait, vous ne la lui avez pas donnée ?
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Jean-François Copé, votre dernier livre, il s'appelle « Quand les populistes trahissent le peuple ». Vous ciblez notamment le Rassemblement national. Quand on entend Bruno Retailleau, hier, qui se dit favorable à la suppression du droit du sol. Au fond, qu'est-ce qui, sur les mesures, sur le programme, le différencie encore du Rassemblement national ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« moi je mets un signe égal entre le Rassemblement National et LFI »
- 3:00Invité politiqueFait
« Vous ciblez notamment le Rassemblement national »
- 3:42PrésentateurFait
« il a proposé un référendum sur l'immigration, il propose de supprimer le droit du sol, il considère que l'État de droit n'est pas intangible ni sacré »
- 4:05Invité politiqueFait
« ce qui fait la différence entre un parti de gouvernement et un parti extrémiste, c'est le rapport à l'État de droit »
- 4:27Invité politiqueFait
« Qu'on modifie le droit par la loi, voire par la Constitution, ça c'est très bien. Mais on respecte les juges, on respecte la séparation des pouvoirs »
- 6:43Invité politiqueFait
« le rétablissement de l'ordre dans les comptes, dans la rue, aux frontières, à l'école »
- 8:16PrésentateurFait
« Jordan Bardella qui tente une sorte d'ajornamento sur l'économie »
- 8:29Invité politiqueChiffre
« ils ont annoncé 200 milliards, puis après ils sont descendus »
- 8:34Invité politiqueChiffre
« En 24 heures, ils passent de 200 milliards à 40 milliards »
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Il est 7h48 et c'est le maire LR de Meaux qui est votre invité, Benjamin Duhamel. Bonjour Jean-François Copé.
Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter. On va essayer de comprendre avec vous ce qui se passe à droite en vue de 2027 et qui vous soutenez. Je voudrais commencer par prendre des nouvelles de vos relations avec Bruno Retailleau. Je rappelle le contexte à nos auditeurs. Après vos propos élogieux sur Edouard Philippe, selon vous candidat le mieux placé, il y a un mois, le patron et candidat des Républicains a exigé de vous une clarification en faisant même planer la menace d'une exclusion du parti sur le thème « on ne peut pas être à LR et ne pas soutenir son candidat désigné ». Alors il s'avère que vous avez vu, enfin, Bruno Retailleau avant-hier.
Ça y est, vous vous êtes expliqué, tout est pardonné, vous allez partir en vacances ensemble ?
Partir en vacances, je ne sais pas, mais en tout cas, oui, on s'est parlé, c'était bien qu'on le fasse. On a évidemment des points de convergence, notamment par exemple sur les questions de sécurité. Après, moi je lui ai redit que moi j'ai deux vrais sujets. Le premier, c'est que moi je mets un signe égal entre le Rassemblement National et LFI. Nous, on est des partis de gouvernement, on n'est pas des partis extrémistes. Et donc on doit être capable d'assumer une droite décomplexée par rapport à ça. Mais en même temps, sans se compromettre avec des gens qui racontent parfois n'importe quoi. Je pense aussi bien au RN qu'à LFI.
Et puis la deuxième chose, c'est que je lui ai dit, comme beaucoup d'autres, que je pense qu'il est capital que la droite et le centre-droite présentent un seul candidat à la présidentielle, le mieux placé. Voilà, on verra ce qu'il en est le moment venu. Qu'est-ce qu'il y a de façon Jean-François Copé-Poli de dire que vous ne croyez pas à sa candidature ? En tout cas, tout le monde est légitime à être candidat en juin, mais que lorsqu'arrivera l'automne, il faudra absolument que chacun prenne ses responsabilités. Parce que le pire du pire, et c'est notre objectif, c'est de tout faire pour éviter aux Français de tomber dans le piège mortel d'une finale LFI-RN.
Mais donc la clarification qu'il vous demandait, vous ne la lui avez pas donnée ? Non, la question n'était pas d'être... Oui, on n'est pas à l'école non plus, on n'est pas aux ordres.
Lui, vous avez écrit Jean-François Copé en disant, on ne peut pas être membre d'un parti qui a désigné un candidat, dont les adhérents ont désigné un candidat, et en réalité donner l'impression qu'on ne le soutient pas, voire qu'on soutient un autre candidat.
Et moi, je lui ai répondu qu'à date, je n'en étais pas là, et que mon sujet, il était surtout de lui rappeler, pour avoir moi-même dirigé un grand parti politique, que ce qui compte, ce n'est pas d'exclure ou de séparer, mais plutôt de rassembler. Et c'est vrai que moi, mon sentiment, je l'ai partagé avec lui, c'est qu'il a une conception qui est respectable, mais qui est assez monocolore. Alors que moi, je pense qu'au contraire, il faut que, puisqu'on se dit gaulliste, tout le monde se dit gaulliste, je rappelle que le gouvernement de Gaulle, il a rassemblé. Il n'a pas séparé. Et je pense que c'est ça l'enjeu. Sinon, il n'y a pas d'espace pour prétendre réussir une campagne présentielle.
Et il ne va pas vous exclure, puisque c'était au fond la menace qu'il laissait planer. On n'a pas du tout parlé de ça, mais de toute façon, le sujet ne se pose pas, je suis membre de droit, parce que j'ai été président de notre famille politique.
Donc ça protège. Jean-François Copé, votre dernier livre, il s'appelle « Quand les populistes trahissent le peuple ». Vous ciblez notamment le Rassemblement national. Quand on entend Bruno Retailleau, hier, qui se dit favorable à la suppression du droit du sol. Au fond, qu'est-ce qui, sur les mesures, sur le programme, le différencie encore du Rassemblement national ?
Ça, vous le lui demanderez à lui. Mais d'abord, je voudrais quand même rappeler que le livre que j'ai écrit sur ce thème, c'est aussi bien sur le RN que sur LFI. Car en réalité, moi, je distingue, je décortique le mécanisme du populisme dans ce livre, avec le regard d'un politique, pas celui d'un universitaire, parce que je le vis en tant que maire de mots, parce que je le vois, et parce qu'en réalité, nous n'avons rien à faire avec ces gens-là.
Mais est-ce que vous voyez des différences entre la ligne de Bruno Retailleau et celle du Rassemblement national ?
Pour l'instant, il n'a pas déroulé son programme.
Écoutez, il a proposé un référendum sur l'immigration, il propose de supprimer le droit du sol, il considère que l'État de droit n'est pas intangible ni sacré.
On a quand même des éléments assez précis. Il y a beaucoup de sujets dans ce que vous dites. S'il s'agit de faire un référendum sur l'immigration, oui, pourquoi pas ? Ça n'a rien de tabou de parler d'immigration avec les Français. Au contraire, il y a une attente très forte. En revanche, sur l'État de droit, nous avons d'ailleurs eu cet échange. Moi, je considère que ce qui fait la différence entre un parti de gouvernement et un parti extrémiste, c'est le rapport à l'État de droit, justement.
Et on mélange trop souvent, et je le lui ai dit, l'État de droit, qui est l'essence même de la République, c'est-à-dire la séparation des pouvoirs et la lutte contre le danger de l'arbitraire, et l'État du droit. Qu'on modifie le droit par la loi, voire par la Constitution, ça c'est très bien. Mais on respecte les juges, on respecte la séparation des pouvoirs. Si nous ne le faisons pas, nous rentrons dans l'arbitraire. Et ça donne le désastre de la Hongrie avec Orban, des États-Unis avec Trump, ou de l'autre côté, du Venezuela avec Maduros.
Bruno Retailleau, qui a un autre problème, qui s'appelle Laurent Wauquiez. Hier, dans les colonnes du Figaro, il a tendu la main, Laurent Wauquiez, au candidat émerduave Edouard Philippe, en affirmant qu'il pouvait, je cite, « incarner l'ordre et le sérieux permettant de redresser la France ». Ceux qui se souviennent des déclarations de Laurent Wauquiez ont pu hausser les sourcils. Je rappelle, le 7 mai 2025, il y en a d'autres, il disait, « ouvrez les guillemets, avec moi, il n'y aura jamais d'alliance avec Edouard Philippe ». Franchement, Jean-François Copé, la politique, c'est parfois désespérant.
Écoutez, en tout cas, moi je ne suis pas là pour faire l'exégèse des commentaires, des autres, mais ce qui est sûr, c'est que moi je me suis pris une lettre me demandant de clarifier, parce que j'ai eu le malheur de constater qu'Edouard Philippe était en tête dans les sondages, factuellement. Donc lui, je ne sais pas s'il prend un avertissement ou je ne sais pas ce qui va lui arriver, mais en tout cas, au-delà de ça, nous sommes un certain nombre aujourd'hui à exprimer une inquiétude sur le risque de la multiplicité des candidats à droite. Le sujet, il est l'avenir de la France.
Est-ce qu'on peut permettre d'éviter aux Français de tomber dans le piège mortel d'être gouvernés par des populistes, c'est-à-dire des gens qui en réalité surfent sur les émotions sans jamais apporter de solution concrète, alors que nous, notre rôle est de reconstituer un parti de droite, de gouvernement, pour être efficace et courageux et s'occuper de l'avenir de nos enfants ?
Si on va au bout de la logique, et ça rejoint aussi ce que dit Laurent Wauquiez, vous considérez qu'Edouard Philippe étant l'État le mieux placé, est-ce que ce ne serait pas un peu moins hypocrite Jean-François Copé que d'assumer, notamment de dire ce matin au micro de France Inter, « Ben oui, je soutiens Edouard Philippe et d'ailleurs je serai au premier rang de son meeting dimanche ». Est-ce que ça n'irait pas vite de le dire ?
Puisqu'au fond, c'est à peu près ce que vous pensez. On n'en est pas encore là. La réalité, c'est que moi j'attends comme je crois beaucoup ce que va dire Edouard Philippe dimanche. Qu'est-ce que vous attendez ?
Moi j'attends de savoir s'il va être ce qu'il est, je crois fondamentalement, parce que nous sommes de la même famille, c'est-à-dire un homme de droite moderne, c'est-à-dire ce que j'attends c'est qu'il porte un discours de droite que j'ai appelé moi la droite décomplexée, c'est-à-dire totalement hermétique avec le Rassemblement National, et là je n'ai pas de doute le concernant, et deuxièmement, qui porte des réformes courageuses, c'est-à-dire à la fois le rétablissement de l'ordre dans les comptes, dans la rue, aux frontières, à l'école, et de l'ordre de progrès parce qu'on n'est pas des réacs. Je veux dire, la droite, elle doit être... Et Bruno Retailleau, c'est un réac ?
Le progrès social, le progrès économique, le progrès environnemental, voilà, donc le progrès scientifique, on n'est pas des anti-vax quand même, donc ces sujets-là, la droite de gouvernement, elle doit le porter pour l'avenir des enfants. Et pour être tout à fait clair là-dessus, ces réformes qu'on doit faire, ce n'est pas, je veux dire, ras-le-bol d'entendre du sang, de la sueur et des larmes, ça c'était du temps de Churchill, de la guerre et de la déportation, c'est juste pour l'avenir de nos enfants, c'est-à-dire pour les protéger, pour les rassurer sur les décisions qu'on prend maintenant, pour eux.
Voilà, et pour aller jusqu'au bout de ce que je pense, moi j'en ai marre d'entendre toute la journée taper la France. J'attends qu'il y ait un sursaut, et qu'une bonne fois pour toutes, on rappelle qu'on est français et qu'on a envie de s'en sortir par le haut. Donc dimanche vous serai devant votre télé pour regarder ce meeting, mais vous ne le serai pas. Je ne sais pas où je serai, mais j'écouterai en tout cas, ça c'est sûr, son discours, parce que j'ai besoin véritablement de m'assurer que le candidat qui est le plus en pointe aujourd'hui pour nous faire échapper au populisme, il porte un discours de droite décomplexée.
Un dernier mot Jean-François Copé, dans 6 jours, même un peu moins, dans 5, on saura qui de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella sera le candidat du RN, puisque ce sera le jugement de la Cour d'appel dans l'affaire des assistants parlementaires du Front National. Quel est le candidat le plus dangereux entre les deux ?
Je ne sais rien. Dans tous les cas de figure, ce sont des candidats qui sont aussi bien au RN que à LFI, très haut dans les sondages, et donc constituent un danger. Et donc nous, notre boulot...
Vous ne faites pas de différence quand vous voyez Jordan Bardella qui tente une sorte d'ajornamento sur l'économie ?
Ils ont leur différence. Mais enfin la vérité, c'est que tout ce qui les entoure, ce sont des gens qui sont dans la logique de ce qu'on appelle le populisme. C'est-à-dire en réalité, c'est ce qui oppose les charlatans aux médecins. Voilà, ils vous disent qu'ils vont tout régler. Regardez le plan climatisation, ils ont annoncé 200 milliards, puis après ils sont descendus.
Maintenant ils sont à 20 milliards fois 2 avec des frais.
Benjamin Duhamel, en 48 heures. Moi, je dois vous le rappeler à nouveau, quand j'ai fait l'erreur sur un prix d'un produit célèbre qui est le pain au chocolat, on m'en a parlé pendant des mois. En 24 heures, ils passent de 200 milliards à 40 milliards. Il n'y avait pas que le prix dans le cas d'Espèce. Non, si, il y a deux sujets. Non, non, mais je vous assure, vous étiez très jeune. Mais je vous assure, je me souviens un peu. Bon, exactement. Non, non.
C'est une interview participative.
Voilà. Donc, pour finir juste là-dessus, ils sont passés de 200 milliards à 40 pour ensuite nous expliquer que ce seraient des prêts de la Banque Centrale Européenne qui ne prête jamais rien. C'est ça que dit le Rassemblement National sur les climatiseurs. Donc, après avoir dit qu'il n'y avait pas de problème de réchauffement climatique. C'est ça le danger. Et c'est là-dessus qu'il faut qu'on dise maintenant, ça suffit, la France est un grand pays. Elle doit absolument être réformée sérieusement.
Merci beaucoup Jean-François Copé qui sera donc dimanche devant sa télé pour écouter
Edor Philippe. Et merci Benjamin Duhamel. On se retrouve tout à l'heure pour le grand entretien avec qui ? Avec Mick Jagger. Mais oui, il est 7h57.
Jean-françois Cope