Défendre la Révolution française - Conférence des #AMFIS2021
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 72 %Attaque 25 %Défensif 2 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« le puy du fou impulsé il ya maintenant 40 ans par philippe de villiers et qui est un parc d'attractions qui se veut un lieu historique de transmission historique »
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« 2,3 millions de personnes chaque année chaque année visitent le puy du fou »
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« celui qui utilise ce mot c'est une pensée d'extrême droite il n'y a pas eu de génocide en vendée »
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« combien de personnages d'après vous ont été présentés liés à la révolution française sur 145 épisode 4 »
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« la souveraineté du peuple ne pouvait pas être mise sous condition »
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« nous sommes le premier pays à avoir aboli l'esclavage »
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« nous sommes le premier pays à avoir imaginé un gouvernement sans roi une république basée sur des droits politiques et l'égalité entre les citoyens »
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« la terreur commence le 14 juillet 1789 »
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« la révolution française hélas à partir de 1802 laisse la place à un empereur »
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« qui c'est qu'a inventé la devise liberté égalité fraternité respire incroyable tiac les mêmes qui nous présente robespierre comme un semi fasciste anti-fraude l avoir honte »
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« robespierre était la source d'inspiration des khmers rouges »
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« il ya une rue adolphe thiers à paris et que ça leur pose pas de problème »
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« le club des jacobins est un foyer un ferment d'idées qui sont magnifiques et qui sont des idées fondatrices de la république »
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« jules ferry père fondateur de la troisième république ça me fait rire quand on dit l'école jacobine de jules ferry disait tech jules ferry il ya pas plus anti jacobins que lui détesté de jacobinisme »
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« la marseillaise c'est un chant révolutionnaire »
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« la laïcité c'est pas seulement venir embêter nos concitoyens de confession musulmane »
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« le présidentialisme faut casser ça »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Voilà, rebonjour à tous. Merci d'être là ce matin. J'espère que ces amphis se déroulent bien. C'est-à-dire j'espère que non seulement vous êtes dans des conditions de confort tolérable pour un insoumis qui se respecte et puis surtout que vous assistez depuis le début à des conférences, des débats qui vous semblent être riches, utiles. C'est important. Quel est le sens de ces ? C'est un moment de transmission entre nous, de réflexion collective. Des militants, des militants sont là avec des compétences sur certains sujets transmettre ses arguments pour que chacun d'entre nous soit par la suite dans cette grande campagne qui s'ouvre un émetteur de ses idées. Voilà.
La politique est un combat culturel. Alors c'est une manière aussi de faire une introduction à cette drôle de conférence que on fait pour la première fois qui est un peu bizarre qui a été décidé euh dans des conditions euh et je remercie les organisateurs de de l'avoir accepté qui euh mériterait par la suite d'être enrichi d'autres d'autres invités. Euh mais défendre la Révolution française, sans doute vous vous êtes venus nombreux, je trouve. Euh vous êtes-vous interrogés mais de quel est ? De quoi ? Pourquoi il y aurait des choses qui doivent être ?
Alors cette conférence sera moins même s'il y aura des aspects historiques une chronologie de la Révolution française elle-même que vous connaissez encore qu'on prendra le temps après dans l'échange de préciser toute toute une série de choses que d'essayer aussi de de présenter les quels sont les enjeux d'une telle ? Y a-t-il d'ailleurs une problématique ? Et puis quels en sont les enjeux et quels en sont, je vais commencer par là, les symptômes de cette question que j'ai voulu euh développer devant vous. Commençons par un symptôme. Nous sommes en vacances. L'été, je ne sais pas ce que vous avez fait. Sans doute êtes-vous allés parfois dans différents lieux et des parcs d'attraction.
Savez-vous, après Disneyland qui a un rayonnement européen, qui est situé en région parisienne, qui a chaque année près de 15 millions de visiteurs, savez-vous quel est le parc d'attractions qui a le plus de fréquentation chaque année en France et qui a même une dimension parmi les parcs européens qui est classé dans le top 10 des principaux parcs ? Vous m'avez vu venir, vu venir, j'ai entendu la réponse. C'est ? C'est le Puy du Fou. Le Puy du Fou impulsé, il y a maintenant 40 ans par Philippe de Villiers et qui est un parc d'attractions qui se veut un lieu historique de transmission historique. Alors, vous êtes ici des militantes et des militants.
Vous savez très bien quel est le fil conducteur idéologique de celui qui a impulsé euh ce parc d'attractions. Mais revenons-y. Premièrement, il y a 40 ans, c'est pas innocent. C'est autour de 1981 et de la victoire de la gauche que ce parc ce parc d'attractions a été pour la première fois mis en place. Et clairement, il y avait une volonté de la part de son fondateur de défendre l'héritage, disait-il, du combat des Vendéens opprimés, massacrés, disait-il, par la Révolution française.
Et il a été, Philippe de Villiers, un des premiers à mettre en place, à faire circuler le mot avec d'autres, notamment un un homme qui se dit historien qui s'appelle Reynald Secher, sur ce qu'on appelle le génocide vendéen. C'est ainsi qu'il parle. Tendez l'oreille. Chaque fois que vous entendez parler de génocide vendéen, celui qui utilise ce mot, c'est une pensée d'extrême droite.
Il n'y a pas eu de génocide en Vendée, il y a eu des massacres terribles, une guerre civile, sans aucun doute, même si euh on prend les chiffres les plus euh réels, 150000, 200000 morts dans un moment terrible de notre histoire, certainement pas 1 million de morts et certainement pas une pensée génocidaire, c'est-à-dire de la volonté de faire disparaître un peuple. C'était pas ça les enjeux. Mais je reviens d'abord à pour pas trop m'éloigner euh de cette introduction, c'est quand même quelque chose que nous devons observer.
Comment se fait-il que dans ce pays qui parle de République très régulièrement, dont tout le monde se réclame de la République, dont le mot même de République, hein, on le voit bien, est devenu euh c'est dans le nom de du parti d'Emmanuel Macron, La République en Marche, au passage d'ailleurs son livre de campagne, n'oubliez pas qu'il s'appelait Révolution. Dans ce pays, c'est pas complètement inno- innocent d'utiliser ce vocabulaire. La droite aujourd'hui traditionnelle qu'on connaît s'appelle Les Républicains.
Bon, dans ce pays qui est aussi attaché évidemment au mot de République, mais qui est un mot devenu pour le moins suspect, fortement polysémique, voire même, comme je le dis souvent, si la République a de vrais ennemis, elle a indiscutablement aujourd'hui de faux amis. Et une des difficultés, comme toujours, le combat que nous avons à mener est un combat politique, est un combat social, est un combat écologique, combat démocratique, mais c'est un combat culturel. La bataille sur les mots, la signification des mots et aussi la signification historique des événements est un enjeu central.
Alors, je reviens à mon propos, ça n'est pas pour rien que un intellectuel d'extrême droite, je mets Philippe de Villiers dans la catégorie des intellectuels, on pourra en discuter, mais enfin, considérons, non mais, considérons quand même que le personnage mène des combats idéologiques. C'est ça que je qualifie comme un intellectuel, pas de débat entre nous, même façon que Éric Zemmour est un intellectuel d'extrême droite. Après, on peut discuter de d'un théoricien d'extrême droite.
Qu'il a jugé à un moment donné nécessaire de de mener un combat culturel par l'intermédiaire d'outils, notamment un parc d'attractions, dont le le but était de venir contester une lecture de la Révolution française et de réhabiliter ce qui avait été la principale force contre-révolutionnaire. 2,3 millions de personnes chaque année, chaque année visite le Puy du Fou. Alors, je sais bien peut-être certains ils sont allés que le spectacle du Puy du Fou aujourd'hui n'est pas qu'un long discours contre-révolutionnaire. Il y a des paraît-il des cavalcades magnifiques, des chevaux, il y a même si j'ai bien compris une espèce d'arène romaine où on voit des chars romains à la Ben-Hur.
Rappelez-vous Emmanuel Macron était même allé là lors de sa campagne se prendre en photo dans un char type Ben-Hur au côté de Philippe de Villiers. Bon. C'était peut-être pour penser à nous pauvres chrétiens sacrifiés au milieu de l'arène, je ne sais pas. Mais c'est pas pour rien qu'il a jugé utile ça. Mais 2,3 millions, ça veut dire en l'espace d'une décennie pratiquement 23 millions de gens qui vont là-bas. Et qui sur une manière plaisante, j'imagine que pour les enfants c'est fabuleux, il y a des feux d'artifice, des chevaux qui courent. On m'a expliqué qu'il y a même un lac où sur lequel il y a des spectacles de sons et lumières.
Et ça ne mais il y a évidemment un moment il y a une famille vendéenne qui est un des fils conducteur de cette histoire et qui explique tout le mal qu'a fait la Révolution française. Donc c'est un combat idéologique qui est mené par certains avec des outils puissants. Je le dis à l'échelle d'une décennie potentiellement un tiers de la population française peut être peut être allé au Puy du Fou. Alors, qu'est-ce que ça veut dire que quand on a ? Deuxièmement, autre symptôme je répète des choses pour les amis qui m'ont déjà écouté le service public aujourd'hui on a un pays passionné d'histoire.
Discutez avec un éditeur, on est un pays dans lequel on vend les gens achètent des livres d'histoire. C'est pas le cas dans tous les pays d'ailleurs hein. Mais il y a une passion de l'histoire française pour des raisons politiques. Nous sommes un peuple très politique qui s'est fondé autour de questions politiques et qui s'est fondé notamment c'est du moins la lecture que nous vous proposons dans ce moment très particulier qu'est la Révolution française. Mais dans ce pays passionné d'histoire aujourd'hui la principale émission du service public d'histoire s'appelle Secrets d'histoire.
Et là encore, c'est quand même à souligner que dans un pays qui ne cesse de dire qu'il faut défendre la République, la principale émission d'histoire est confiée à un homme tout à fait charmant au demeurant, Stéphane Bern, mais qui ne cache pas le fait qu'il est royaliste. Mais au-delà de sa propre ses propres convictions, parce que le personnage est plutôt bonhomme et souriant, vous le connaissez à travers la télé, j'ai fait le calcul, alors chaque fois je le remets au goût du jour dans mes différentes conférences, c'est la 15e saison de Secrets d'histoire. Il y a eu 145 épisodes payés par le service public, hein, payés par vous, la redevance, les impôts, et cetera.
Donc c'est vous qui participez au financement de ces émissions. Eh bien, sur 145 épisodes, 145, ça laisse le temps d'aborder tous les sujets, combien de personnages, d'après vous, ont été présentés liés à la Révolution française sur 145 ? Quatre. J'entends certains qui disent "Ah quand même." Mais ! Parce que ? Je commence chronologiquement. Le premier, c'est Louis XVI. Le deux- La deuxième, c'est une femme, Charlotte Corday. Le troisième, ça c'était plus intéressant, Les femmes dans la Révolution. Et le dernier, c'était un épisode sur Danton et la naissance de Marseille. Bon, Danton, voilà.
Donc quand même, non seulement 145 épisodes, quatre personnages seulement qui sont des protagonistes de la Révolution française. Et sur ces quatre personnages, quand on regarde dans le détail, au moins la moitié, une qui est une meurtrière d'un député, perdez pas ça de vue, hein, d'un journaliste en plus. Je veux dire, c'est ça l'histoire de Marat, hein. Marat est député, député de Paris, et est assassiné. Et je le dis, est député. Je sais pas qui me dit journaliste. Oui, ben on a le droit d'être député journaliste. Moi, je suis bien prof d'histoire et député, donc C'est Non, mais je veux dire, c'était un représentant du peuple, assassiné.
Je le dis parce que dans les différentes controverses Ah, ça y est, je commence déjà à faire des digressions. J'ai eu une controverse avec Michel Onfray, depuis longtemps. Je pense que Michel Onfray est vraiment sur une pente idéologique de plus en plus dangereuse. Et je m'en étais aperçu quand il y a quelques années, il avait sorti un bouquin qui s'appelait La religion du poignard, un livre d'une ode à Charlotte Corday, dans lequel il expliquait que le geste de Charlotte Corday était l'un des plus grands gestes révolutionnaires de la Révolution française, qui avait assassiné Jean-Paul Marat.
C'était un livre ordurier sur Marat, qui était un homme qui avait beaucoup de maladies, notamment à la fin de sa vie, des maladies de peau, et il y a toute une description de Marat sur son ses maladies de peau, ses Il décrit les bubons, c'est absolument dégueulasse. C'est vraiment un livre qui puise directement dans la pensée d'extrême droite sur le fait que c'est magnifique d'aller qui serait avec des citations absolument fausses, que j'ai posé la question à plusieurs historiens de Marat, et cetera et cetera.
Et déjà, il y avait à ce moment-là, de la part d'Onfray, une volonté de dire que Charlotte Corday était un personnage magnifique, notamment, il poussait même le vice jusqu'à dire que la preuve que Charlotte Corday était déjà une une des premières féministes. S'il lisait ce livre, il est absolument Enfin, ne le lisez pas d'ailleurs. Mais une féministe courageuse, et il disait même que c'était une des premières à lutter contre l'obscurantisme religieux. Figurez-vous ? Parce que Michel Onfray dit euh Corday, avant d'être exécutée, quand le prêtre vient lui octroyer le l'extrême-onction, euh elle le elle la refuse.
C'est une manière, il dit "Regardez, c'est la preuve que courageuse." Et en vérité, les historiens expliquent que c'est pas qu'elle la refuse, c'est que comme euh le prêtre qui vient est un prêtre jureur, c'est-à-dire qu'il avait prêté serment à la Constitution, et qu'elle elle était contre ça, elle ne veut pas parler au prêtre jureur parce que elle est elle sur le du côté de de l'Église catholique qui refuse la Révolution française. Donc, son attitude face à ce prêtre qui vient euh recueillir ses dernières volontés n'a rien d'une résistance à l'obscurantisme religieux, c'est même plutôt l'inverse. Bon bref. Alors, Stéphane Bern, c'est un vrai sujet, ne passez pas à côté.
Les combats culturels ont leur importance quand nous prenons du temps à diffuser quelques tracts, nos revues sur Internet et cetera nos et que vous avez le service public qui vous balance à plusieurs millions de vues des émissions qui ont un contenu idéologique, qui ont un regard idéologique, qui font des choix idéologiques de parler de certaines personnes et d'en oublier d'autres, ça a des conséquences évidemment politiques. Et d'ores et déjà, je commence par une provocation. Qu'est-ce que la cancel culture quand vous écoutez certains qui prétendument nous nous abreuvent de ce mot qui restera à définir ? Soi-disant, la culture de l'effacement.
Soi-disant qu'il y aurait parmi nous une volonté d'effacer une partie de l'histoire de France. Mais qu'est-ce qu'il y a de plus fina- significatif que cancel culture, je reprends ce mot, que ces 145 émissions qui racontent l'histoire de France notamment et qui effacent complètement des personnages majeurs d'un moment fondateur de l'histoire de France. Ceux qui font la vraie cancel culture, si je puis dire, la vraie culture de l'effacement, ce sont eux.
C'est Philippe de Villiers au Puy du Fou qui nous raconte l'histoire de France uniquement à travers le sort d'une famille vendéenne et qui décrit les régiments révolutionnaires comme étant les annonciateurs de tous les de de tous les les totalitarismes. Ceux qui font de la culture de l'effacement, ce sont les rédacteurs de Secrets d'Histoire qui font le choix systématiquement de transmettre l'histoire des têtes couronnées et leurs favorites et d'oublier celles et ceux qui ont été par leur courage, leurs idées, des éléments déclencheurs du moment fondateur de ce qu'est l'acte de naissance de la République. Donc tout ça n'est pas innocent.
Ce sont des symptômes significatifs que nous devons observer. Dans cette lecture qui vise à ? Je vais à l'essentiel. À vouloir dire à des millions de gens, à la jeunesse notamment, que cette Révolution française est un moment finalement honteux de notre histoire, marqué par la violence, marqué par des idées qui sont en réalité des fausses idées, des idées dangereuses, des idées qui amènent au totalitarisme. Cela a des conséquences politiques. Vous êtes d'une génération, moi j'ai 53 ans, quand j'avais une vingtaine d'années, j'ai un peu raté l'événement parce que j'étais pas encore intellectuellement construit comme aujourd'hui, du bicentenaire qui avait eu lieu en 1989.
Les copains qui ont un petit peu plus âgés que moi s'en souviennent. Mais ce qui aurait dû être un grand événement utile, et c'était la faute d'ailleurs à François Mitterrand et à la gauche, était passé à complètement à côté du sujet.
Et cela avait été ce moment-là une victoire idéologique notamment sur le plan intellectuel d'un courant intellectuel notamment symbolisé par un homme qui s'appelait François Furet, qui avait donné, par l'intermédiaire d'émissions très nombreuses, d'articles dans le Nouvel Observateur, c'était le Nouvel Obs qui était vraiment le journal de cette pensée-là, comme quoi finalement la Révolution française et sa deuxième partie, parce qu'il séquence beaucoup les événements, annonce les totalitarismes du 20e siècle. Et derrière la Révolution française et en particulier les Montagnards et en particulier le grand Comité de Salut public, s'annonce Joseph Staline, voire même Adolf Hitler.
Ne ne ne ne riez pas. Il y avait une émission à une époque, c'était Franck Ferrand qui l'animait sur France 3, où il y avait un homme qui était passé, je me souviens, lors de cette émission et qui disait "Les troupes révolutionnaires en Vendée annoncent les Einsatzgruppen d'Adolf Hitler." Et tout à l'heure, j'ai évoqué cet historien Reynald Secher qui est le grand historien dont se réclame Philippe de Villiers, a expliqué, par des livres à l'appui, que les techniques utilisées par les armées républicaines en Vendée sont les techniques que les nazis après vont mettre en place et cetera et cetera et cetera toute une série de choses on pourra en discuter si vous voulez tout à l'heure.
Et donc si on laisse se diffuser mais pas se diffuser uniquement dans des revues groupusculaires mais dans un parc d'attraction qui chaque année accueille 2,3 millions de personnes, dans des émissions du service public comme je l'ai décrit tout à l'heure, dans des journaux qui ont pignon sur rue et même qui sont des journaux de masse, l'idée que ce moment fondateur n'est qu'un moment de brutalité, que ceux qui sont les pères fondateurs de la République sont en quelque sorte des annonciateurs des totalitarismes, cela a des conséquences idéologiques évidemment. On pourra en parler mais que vous mesurez. Autre autre aspect de de la chose parmi ces petits symptômes parmi ces petits symptômes.
Pour résumer la Révolution française, est-ce possible de résumer un tel ?
C'est le moment où après huit siècles d'une dynastie monarchique la plus puissante d'Europe un peuple certes dans la dynamique des événements, dont les représentants n'imaginaient pas un instant que cela que les conséquences de leur première décision arriveraient à cela, à partir de ce moment de l'ouverture des États généraux du 5 mai 1789 qui sont convoqués notamment sur une raison toute bête comme toujours une question fiscale, le roi invite notamment les représentants du tiers état qui ne s'est pas réuni depuis 1614 pour notamment contraindre en quelque sorte une partie de la noblesse qui ne veut pas payer d'impôts supplémentaires et aussi certains représentants des États généraux qui font un nouveau système fiscal et que notamment vous avez une protestation de la part des représentants du tiers état que le vieux système de comptabilité en trois ordres n'est plus tolérable.
1000 délégués avaient été convoqués, 330 représentants du clergé, 330 représentants de la noblesse, 330 représentants du tiers état. Mais les représentants du tiers état qui disaient mais nous représentons 99 % de la population, nous n'acceptons pas ce système. Le roi à l'ouverture des États généraux un peu avant au mois de décembre 88 avait déjà accepté qu'il y aurait non plus seulement 330 représentants des États-Généraux mais 660 et il pensait le roi que ça suffirait et à l'ouverture et à l'ouverture des amis si chaque fois que je parle tu dis le mot je te déjà je t'entends pas et en plus c'est pas pratique. Excuse-moi. Si tu veux on débattra.
Les et qu'à l'ouverture des États-Généraux quand les représentants du tiers d'État disent "Nous n'acceptons toujours pas ce ce le vote par ordre." C'est-à-dire que en quelque sorte quel que soit ce qui aurait lieu les représentants des États-Généraux seraient minoritaires vu que il y aurait la nécessité d'avoir l'accord des deux ordres pour que une décision soit prise. Bref, autour de la question de qui décide va avoir la dynamique de la Révolution française que vous connaissez.
Les représentants du peuple qui disent "Dans ces conditions eh bien nous on se réunit, on prête serment qu'on se quittera plus tant qu'on aura pas donné une nouvelle constitution au pays." Et cetera et cetera et cetera qui amène à ce que dans une dynamique d'événements on met en place une nouvelle constitution, on proclame une Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. Le roi on continue à avoir une monarchie constitutionnelle. Le roi doit valider en quelque sorte par son veto les décisions de cette assemblée constituante qui a été mise en place et puis l'épisode de la fuite à Varennes. Ne perdez pas ça de vue. Le roi qui trahit et qui ment qui fuit.
Donc en plus par la suite ses mêmes représentants qui sont souvent des représentants de la bourgeoisie qui veulent des avancées mais qui veulent pas non plus que le désordre soit trop fort disent au peuple français "Il ne s'est pas enfui, il a été kidnappé." C'est contre sa volonté il est parti à l'insu de son plein gré comme dirait l'autre avec notamment le personnage de La Fayette. Ce même La Fayette personnage magnifique disait-on un libérateur de l'Amérique du Nord qui se pensait lui comme étant pourquoi pas enfin un personnage majeur.
Lorsque les pétitionnaires de Paris notamment venant du club des Cordeliers diront que cette histoire du roi kidnappé à l'insu de son plein gré ça tient pas la route et qu'il est temps d'en finir avec ce roi, ce roi fourbe, ce roi qui trahit, ce roi qui conspire. Pétitionnent notamment, ! Pétitionnent seulement pacifiquement et vont sur le Champ-de-Mars, là où il y avait eu notamment ce grand rassemblement du 14 février 1790 pour dire "Nous demandons d'en finir avec le roi." Et qu'est-ce qu'il fait ce La Fayette, le grand ? Il tire. Ils ont tiré sur le peuple.
Et cela amène par la suite une série d'événements où évidemment ce peuple qui avait été moteur de la première partie de la Révolution n'accepte plus qu'on le méprise, qu'on lui tire dessus. Et cela entraînera par la suite le deuxième temps de la Révolution que vous connaissez, le 10 août 1792, septembre 1792 et le 21 septembre 1792, pour la première fois, on entre en République. Pour certains qui sont moins connaisseurs de la Révolution française, ne perdez jamais ça de vue. 1789, il faut attendre 3 ans pour que vraiment on entre en République. Une drôle de façon d'ailleurs, elle est même pas vraiment proclamée la République.
Ils disent "À partir d'aujourd'hui, les actes que nous faisons porteront la décision de acte 1, l'an 1 de la République." Curieux d'ailleurs dans ce pays qui aime tant commémorer, fêter nombre de dates, et j'adore commémorer et fêter et cetera, que il ne se passe rien de significatif le 21 septembre 1780 et de le chaque 21 septembre. Et je vous dirai ça d'ailleurs dans les conclusions par la suite, pourquoi nous ne pas imaginer qu'à notre façon on fait un 21 septembre, un petit événement quand on peut, une discussion, une un colloque là où on peut, pourquoi pas un banquet et cetera, enfin bon. Parce que c'est important.
Parce que finalement c'est un peu amusant de se dire que la date de la fête nationale du 14 juillet que nous aimons tous, c'est pas une date de République, hein. C'est pas la République le 14 juillet 1789, c'est même pas la République le 14 juillet 1790, qui est la fête de la Fédération qui est un moment où le roi prête serment et euh Lafayette est là et cetera et on est dans un moment de monarchie constitutionnelle. Ça d'ailleurs a été l'objet d'une grande discussion en 1880 en 1880 quand la 3e République discute de quelle doit être notre date de fête nationale.
Certains députés avaient dit "Bah ça pourrait être le 4 août en référence à la nuit du 4 août." Certains avaient dit "Ça pourrait être le 21 septembre." Et ça a été une décision politique de dire "On va prendre le 14 juillet." Alors moi ça me va de garder le 14 juillet parce que je développe pas, vous connaissez, c'est un moment de mobilisation populaire, de révolution avec évidemment euh toute la dimension symbolique de la destruction d'une Bastille qui représente un système d'oppression et cetera et cetera.
Ah si un jour vous avez l'occasion, regardez les débats parlementaires en 1880, c'est amusant parce que la droite dit "Non non, on fait pas le 14 juillet 1789, on fait le 14 juillet 1790, la fête de la Fédération." Et en gros il termine en disant euh voilà euh il y a dans la manière dont c'est rédigé dans la loi, il y a un compromis, il précise pas si c'est 1789 ou 90. Des fois certains font les savants à la télé disent "Le 14 juillet c'est 1790 qu'on fait." Non non, c'est pas ça qui a été décidé, c'est le 14 juillet et il y a les deux lectures. Mais vous voyez ce que je veux vous dire par là d'ores et déjà, c'est que tout ça c'est de la politique.
Le 14 juillet qui nous semble comme une évidence, on aurait pu choisir d'autres dates pour fêter la révolu pour faire notre fête nationale. C'est pas le 14 juillet n'est pas plus fondateur me semble-t-il que le la journée du 10 août révolutionnaire ou pourquoi pas on aurait pu si on avait été un peu un peu échauffé, pourquoi pas décider que c'était le 17 juillet en référence au 17 juillet 1791, la fusillade du Champ-de-Mars parce que nous républicains quand on tire sur le peuple, on l'accepte pas. Et ainsi de suite.
Alors je veux vous dire tout ça parce que si la Révolution française devait être ramenée à une chose, c'est que de ces États généraux, ces représentants du tiers-état dont je parlais tout à l'heure, ils prennent la décision que la souveraineté du peuple ne pouvait pas être mis sous condition. Et il y a une dynamique d'événements qui amène à ce que progressivement ce qui semblait inimaginable dans la tête des des des des députés du tiers état qu'on rentre en République mais inimaginable même dans la tête de Robespierre en 1789 qui n'est pas un républicain.
Camille Desmoulins lui rappelait Camille Desmoulins vous savez c'est celui qui notamment quand le bruit court après la décision que euh le roi peut-être on est le 12 juillet 1789 a réuni des troupes pour réprimer les représentants du tiers état Camille Desmoulins c'est celui qui dit attention il va y avoir c'était le vocabulaire de l'époque une Saint-Barthélemy des patriotes et il invite le peuple de Paris à aller chercher des armes. Les uns du côté et notamment les armes pour aller à Bastille chercher de la poudre. Camille Desmoulins disait nous n'étions à Paris à l'époque pas plus de 10 républicains. Et c'est vrai.
Lisez d'ailleurs un livre magnifique qui s'appelle Par la souveraineté du peuple d'un historien anglais s'appelle Timothy Tackett qui à travers la correspondance de tous les députés du tiers état de l'époque, on voit bien comment le cheminement intellectuel des gens qui étaient des gens de bonne volonté qui étaient montés à Paris pour dire dans nos campagnes on aimerait qu'il y ait moins d'impôts, on aimerait qu'il y ait plus de solidarité, on aimerait plein de choses.
Ils et ils étaient très respectueux du roi dans un premier temps c'était l'image le bon roi vous voyez ce que je veux dire bah il faut que le roi il écoute mieux il est mal il est mal conseillé ah monsieur Turgot le conseille mal bon tous tous ces débats et dans la chaleur des événements un processus révolutionnaire c'est une dynamique révolutionnaire c'est pas des gens intellectuels qui savent enfin c'est des gens intellectuels mais c'est pas un concept très clair à ce moment-là c'est une succession d'événements.
Et alors là encore j'essaie de pas trop le grand événement c'est que pour la première fois naît l'idée d'un gouvernement sans roi qui est une idée bouleversante et révolutionnaire à l'époque. Alors certes, il y a eu la Révolution américaine, l'indépendance des États-Unis, mais c'est un pays très particulier où il y avait jamais eu de droit et cetera. Mais là, dans la plus vieille monarchie d'Europe, la plus puissante, un gouvernement sans roi, une république qui proclame des droits universels. C'est quelque chose d'incroyable. Un pays dirigé par des représentants réunis dans une Assemblée nationale. C'est magnifique. Alors, je vais boire un verre d'eau.
Parmi ces symptômes de quelque chose quand même qui est préoccupant, qu'est-ce que nous dit le président Emmanuel ? Alors qu'il était en campagne en 2016, je mets mes lunettes. Et parce que la citation, je l'ai plus ou moins lue, mais je l'avais mis dans un petit bouquin que je vous conseille, c'est le Il est de moi. Excusez-moi, j'ai pas pu l'en- Emmanuel Macron, non mais peut-être que vous la connaissez cette citation, mais je vous la redis parce que je m'en délecte quelque part. Nous sommes le 8 juillet 2015. Emmanuel Macron, candidat, pas encore président, donne une interview à une revue qui s'appelle Le 1. Le titre est, en toute modestie, Macron, {virgule} un philosophe en politique.
Voilà ce qu'il dit parce qu'il parle de beaucoup de choses et il parle d'histoire. La démocratie comporte toujours une forme d'incomplétude car elle ne se suffit pas à elle-même. Je continue. Dans la politique française, cet absent est la figure du roi. Dont je pense fondamentalement, il est fort le Manu, hein, que le peuple français n'a pas voulu sa mort. La terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif, deux points, le roi n'est plus là point d'exclamation. On a essayé ensuite de réinvestir ce vide, d'y placer d'autres figures. Ce sont les moments napoléoniens et gaullistes notamment. Le reste du temps, la démocratie française ne remplit pas l'espace.
Voilà ce que nous dit notre philosophe en politique. Vous mesurez avec moi ce que ça veut dire. C'est-à-dire de ce grand moment fondateur source d'inspiration dont nous devons être si nous sommes des républicains conséquents non seulement fiers mais continuer à le faire vivre, c'est-à-dire que le peuple considère que précisément nous passons d'une figure où le souverain c'était le roi le souverain désormais c'est le peuple. Emmanuel Macron nous dit 200 ans plus tard j'y crois pas. Il y a un vide. Il y a encore un petit traumatisme chez chacun d'entre nous. Il faut combler ce vide. Suivez mon regard et je vais m'en charger quoi.
Bon, ça c'est je m'excuse de mon point de vue, je le dis tout de go, c'est une pensée profondément anti-républicaine. Considérer que nous serions un peuple finalement puéril, infantile parce que je vais vous le faire avec un autre vocabulaire, c'est la figure du père en fait qu'il faut hein, du père protecteur, le roi. Et que notre il y aurait toujours il utilise des mots hein, une incompletude, ? Non monsieur le président de la République, il n'y a pas d'incompletude dans la République. Nous n'avons pas besoin de combler l'absence de la figure du roi.
Nous avons besoin d'avoir des représentants que nous contrôlons, dont nous décidons démocratiquement qui ils sont, éventuellement que nous révoquons s'ils font pas le travail, qui nous rendent des comptes de ce qu'ils font, ça oui. Et nous avons sans doute à renforcer ce lien entre représentant et représenté. Mais nous n'avons pas besoin d'une figure symbolique qui en quelque sorte par sa majesté nous comblerait de bonheur par sa propre existence parce qu'elle viendrait nous rassurer. Ça c'est aussi idéologiquement quelque chose qui pose problème et c'est un des éléments de la période actuelle. Alors, c'est ça qui est aujourd'hui euh un des problèmes.
Alors au passage pour faire l'historien, c'est-à-dire que je rappelle pour ceux qui l'auraient plus en tête que considérer que la figure du roi aurait disparu en lors de la Révolution française est non seulement idéologiquement, je viens d'en parler, problématique mais historiquement totalement faux.
Je rappelle juste à monsieur Macron des fois qu'il l'aurait oublié que la Révolution française, hélas, à partir de 1802, laisse la place à un empereur qui à sa manière comble un petit peu le vide du roi voire même beaucoup plus que ce que faisait Louis XVI et puis accessoirement après, c'est juste la restauration, il y a un roi qui est revenu, c'était juste un des frères de Louis XVI et puis par la suite après 4 ans d'une République, il y a à nouveau un coup d'État militaire, le neveu là de Napoléon qui revient et qui jusqu'à 1870 met en place un second empire et cetera et cetera.
Bon, je veux dire l'histoire de France a été à tout moment, il y a eu plus que des bagarres et depuis 200 ans, on n'est pas, pour ceux qui seraient nostalgiques du roi, dans une situation où euh on n'a pas eu à nouveau des figures autoritaires. Tout ça est complètement faux. Pourquoi faire naître là euh quelque chose qui serait ? Mais vous voyez bien l'enjeu politique qu'il y a à essayer de faire dire qu'il y a quelque chose avec que fondamentalement nous n'aurions pas dû faire. Et que fondamentalement cette Révolution française elle a fait quelque chose qui est allée trop loin. Et vas-y que j'utilise le mot de de terreur. Là aussi, qu'est-ce que qu'est-ce que la ?
Bien sûr que la Révolution française est un moment au-delà des choses magnifiques, immenses, grandioses qui sont dites, aussi un moment de violence. Bien sûr que la Révolution française est un moment après huit siècles d'existence d'une monarchie, un système aussi profondément enraciné socialement dans les consciences ne s'effondre pas comme ça du jour au lendemain avec la noblesse et ceux qui en disant "On s'en va bon courage." Non. Ça s'est affronté violemment. Il y a eu des guerres civiles. Il y a eu des armées étrangères qui ont fait la guerre à la Révolution française. Il y a eu des erreurs de la part de la Révolution française.
Il y a eu d'ailleurs même dans la lecture même de ce qu'il fallait faire de la part de ceux qui étaient les représentants du peuple une double lecture des événements. Les amis, je vais pas vous apprendre que derrière l'idée de la proclamation des droits, il y avait évidemment un enjeu. Certains voyaient là des droits formels les bourgeois, la liberté, parce que nous souhaitons évidemment de payer moins d'impôts, faire du commerce et en gros d'une idée d'un proto-libéralisme économique. Et ceux qui disent "Liberté, égalité, fraternité", c'est un programme révolutionnaire. Parce que si on veut vraiment l'égalité, alors faut l'instruction pour tous.
Si on veut vraiment la liberté, alors on doit empêcher que certains remettent en cause leur liberté par de de trop fortes éventuellement inégalités sociales et cetera et cetera. La liberté, c'est évidemment la possibilité ah de d'avoir une représentation politique qui représente vraiment la volonté du peuple. Si on veut la fraternité, alors ça ne peut pas être dans un une société qui euh continue euh non seulement à entretenir, mais même à en en approfondir les inégalités.
Rappelez-vous ce que disait Robespierre, le Robespierre du premier temps, celui la première fois quand il est député en 1789, c'est je crois en 1790 qui dit "Mais vous allez remplacer l'aristocratie actuelle par une aristocratie encore pire, l'aristocratie des riches." Ce débat avait lieu, il avait lieu notamment sur la question du vote. Robespierre est fondamentalement celui qui est aussi attaché, ça peut des fois ça surprend, mais à la démocratie. Robespierre est celui qui est une des voix qui n'accepte pas l'idée qu'il y a un vote censitaire. Masculin, hein, la question des femmes, on pourra en parler à l'époque, évidemment.
C'est regrettable même si les femmes sont des actrices de premier rang de la Révolution française. Et notre travail aussi, au sens large du mot, s'il y a des historiennes et des historiens en herbe dans la salle, des étudiants, faut aider à cette recherche sur notamment le rôle des femmes dans la Révolution française.
Il y a déjà des choses magnifiques qui ont été écrites et des travaux considérables, mais perdez pas de vue que ce qui permet que le roi qui était à Versailles ait conspiré et se tenait éloigné des choses, mais il va revenir à Paris le roi le à partir du 5 octobre 1789 parce que notamment et parce que notamment tiens, il refusait de valider la déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Il avait écrit au représentant du peuple en disant mais ce texte ça me va pas, qu'est-ce que ? Et c'est les femmes par la manifestation du 5 octobre 1789 qui vont chercher le roi et qui après le ramènent à Paris et tout ça a une importance politique très importante.
Avec une personnage qui est une femme qui manifestant était d'un fort caractère qui ont appelé la la la la reine des Halles, les Halles qui étaient en haut lieu d'échange, Reine Audu qui était manifestement une dirigeante de masse et un personnage absolument magnifique et vu qu'on s'est réuni salle Claire Lacombe. Claire Lacombe aussi est une amie une camarade d'une autre personnage magnifique Pauline Léon qui avait monté un club de femmes qui notamment revendiquait pour des questions démocratiques le fait que les femmes puissent porter les armes comme les hommes pour défendre la République.
Donc il y a des femmes l'histoire justement la cancel culture vous savez des puissants a amené qu'à ce qu'elle soit effacée, c'est eux qui l'ont fait. La la culture de l'effacement c'est pas nous. Nous ce que nous voulons c'est pas rabougrir l'histoire de France. Nous voulons l'élargir, l'enrichir. La transmettre dans sa réalité et pas dans ses choix historiques. La toponymie est toujours une question politique. Pourquoi dans telle ville la rue porte-t-elle ? Pourquoi dans telle ville la place porte-t-elle ? Pourquoi y a-t-il la statue d'un tel au milieu d'une ? Toujours par un choix politique d'un conseil municipal. Toujours parce qu'il y a une volonté de célébrer un tel et pas un tel.
Et toujours avec cette idée, je vais dire les choses simplement que c'est les vainqueurs qui écrivent l'histoire et c'est les puissants qui écrivent l'histoire. Et il y a un effacement dans ce pays aussi de l'histoire populaire de notre pays, des luttes populaires qui ont été le ferment le moteur de beaucoup de choses. Donc aussi notre travail culturel c'est pas de dire que nous voulons détruire l'histoire de France.
Nous voulons permettre justement qu'elle soit transmise en direction des nouvelles générations parce que dans cet élargissement de cette transmission, nous pensions qu'il y avait là des idées magnifiques parce qu'on va redécouvrir des gens qu'on avait oublié, des gens humbles, des gens courageux qui sont morts précisément non pas pour leur ambition personnelle mais pour une idée collective qu'ils pensaient utile. Alors, pourquoi je racontais tout ? Je viens de perdre le fil de mon propos. Mais c'est que Macron lui, il fait un bien mauvais usage de sa parole quand il nous explique que il y aurait une figure royale à rétablir.
Il le fait évidemment parce qu'il pense que la 5e République actuelle est le cadre institutionnel le plus pertinent pour permettre l'existence de cette figure du roi, pour combler ce vide. Et bien je ne le crois pas. Je pense que c'est l'inverse. Je pense que quand on est fidèle à ce qui a été le moment fondateur de la Révolution française et la volonté de souveraineté populaire à travers des représentants élus et pourquoi pas révocables, rappeler la possibilité, le droit au rappel, c'était comme ça qu'on disait pendant la Révolution française, c'est-à-dire la possibilité pour les gens qui avaient désigné un député de mettre fin à son mandat.
Ça ne peut pas être résumé et réduit au fait que nous serions orphelins en quelque sorte d'un père politique. Et on l'a vu encore dans le débat qui a suivi à propos de Napoléon. Je me suis amusé, peut-être que vous serez là demain à inviter un personnage que que j'apprécie, même si je suis en désaccord avec lui sur quasiment beaucoup de choses, un jeune historien, Arthur Chevalier, qui est le commissaire de l'exposition Napoléon qui actuellement a lieu à la Villette. C'est un pro-napoléonien. Demain on va débattre de Napoléon. C'est passionnant. Napoléon est un personnage immense qu'il faut connaître mais faut discuter autour de quel Napoléon, enfin de de quoi ?
Aimer l'histoire de France c'est aimer Je veux dire c'est essayer de Ah vous voyez ce que je veux ? Moi je suis pas un censeur, c'est pas mon sujet. Mais puisqu'on discute, discutons jusqu'au bout et pas dans une exaltation des grandes figures. Quand il a rendu hommage à à Napoléon, notre ami euh Emmanuel Macron, encore lui, il a dit "Napoléon est une part de nous, une part de nous." Et il avait dit aussi dans son discours qu'il a fait le 5 mai 2021 "Napoléon comprit très vite la nécessité de répondre au vertige de la fin du droit divin." Il continue le bougre. Il y a eu un vertige dans ce pays.
Et il a dit "Et son ultime intuition fut de vouloir combler le vide laissé par la figure du roi." Encore, comme tu dis. Donc vous voyez, il y a là donc une volonté toujours de euh dire au peuple français que en quelque sorte, il y a une absence à combler. Et puisque on est sur Napoléon, le même président de la République, alors que j'avais essayé avec quelques-uns d'avoir la discussion sur "Bon ben Napoléon euh pour moi, j'avais utilisé cette formule un peu cash, discutable d'ailleurs, mais que je pense juste, mais discutable, que Napoléon était le fossoyeur de la République." Euh dans son courage intellectuel, Emmanuel Macron dans son discours avait répondu "Nulle volonté Il parle de lui.
Non plus de dire nulle volonté de ma part non plus de dire si Napoléon a concrétisé ou au contraire dévoyé les valeurs révolutionnaires." C'est Macron qui parle. "Je me garderai bien de m'aventurer sur ce thème. Mais après avoir Après des mois d'échecs, la France assiégée de violence, la tente, Napoléon a incarné l'ordre." Ah bah oui, tu as raison. "Et il a su donner une forme durable à la géniale intuition révolutionnaire de souveraineté nationale." Ça c'est le président de la République actuel qui parle, hein. Il parle à votre nom, hein. C'est comme ça qu'il a rendu hommage à Napoléon. Moi je dis attention, c'est du combat culturel tout ça. C'est du combat idéologique.
C'est nous dire que il y a quand même une géniale intuition du vide qui a été laissé et cetera et cetera, que Napoléon quand même il a ramené l'ordre et cetera. Et que il y avait une forme de à sa manière de représentation de la souveraineté nationale. Alors que c'est à mon avis un un radical opposition à tout ça. Et on ne peut pas être républicain en disant des choses comme ça. On doit expliquer en quoi Napoléon l'empereur la rétablissement de l'empire d'une noblesse d'empire la fin de véritable lieu de représentation nationale et cetera et cetera ça n'est pas la République. Un mot sur l'esclavage. Je le dis à l'attention quand je dis défendre la Révolution française.
J'ai des fois certains amis qui disent "Ouais mais à l'époque c'était des hommes blancs et cetera." Bien sûr que c'était des hommes, bien sûr que mais il y avait le grand sujet de l'esclavage à l'époque. C'est pas rien quand même cette affaire. Et ça a été une discussion à l'occasion de la Révolution française.
Dans un premier temps, en 1789 quand il y a l'adoption le 26 août 1789 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen dont je rappelle que l'article 1 dit "Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits." Évidemment, le débat avait suivi notamment porté par Napoléon par Napoléon par Maximilien Robespierre mais pas seulement porté par porté par nombre de gens magnifiques qui étaient dans une société qui s'appelle la Société des Amis des Noirs. Et notamment un homme, l'abbé Grégoire mais pas seulement qui était fondamentalement contre l'esclavage.
Avec des ambiguïtés parfois, il faudrait racheter les esclaves à leurs maîtres, il faudrait une certaine période pour que les esclaves sortent de l'esclavage mais quand même globalement qui était le lieu intellectuel à l'époque où on discutait du fait qu'il fallait mettre un terme à l'esclavage et ça c'était avant la Révolution française. Il y avait un autre club s'appelait le Club Massiac. Lui, c'était les colons, les représentants des colons qui aussi avaient leurs députés qui avaient eu désigné leurs députés aux États Généraux et qui eux avaient bien compris l'enjeu.
S'ils participaient à ces discussions sur les États généraux, ils étaient favorables parce que la bourgeoisie des droits politiques nouveaux, mais il fallait pas lâcher sur le fait qu'il y avait l'esclavage. Et c'est une discussion qui a lieu dans un premier temps durant l'Assemblée constituante. Et Robespierre notamment, alors à l'occasion des discussions parce que les représentants des colons c'est du club Massiac dans lequel on retrouvait les Girondins dont on vous dit tant de bien aujourd'hui qui défendaient l'esclavage.
Et qui disaient "Mais bon, OK, c'est peut-être pas bien de fouetter les noirs noirs tout ça, mais enfin bon quand même si on a voulu l'esclavage économiquement, ça va coûter cher quand même. Et puis les Anglais vont mettre la main sur nos îles, donc faut pas." Et Robespierre leur avait répondu "Mais périssent nos colonies plutôt qu'un principe. Périssent nos colonies plutôt qu'un principe." Et Robespierre avait été mis en minorité.
Et il y a ce paradoxe politique que on proclame en 1789 une déclaration des droits de l'homme et du citoyen magnifique, universelle qui reste encore d'actualité, mais à Saint-Domingue qui est l'actuelle Haïti qui était la grande île qui faisait la richesse de la couronne de France où l'on fabriquait du sucre parce que c'était la canne à sucre qui était le moyen de faire du sucre à l'époque, on n'avait pas encore invité inventé la betterave, et bien l'esclavage continue.
Et cette affaire malgré tout, parce que les bateaux circulent, les idées, les esclaves entendent parler de cette révolution, il y avait déjà eu des révolu des des mouvements d'esclavage, ils avaient beaucoup lutté rudement réprimés par par les maîtres, terriblement réprimés. Ah vous avez si vous avez lu tout ça, la répression des maîtres pour mater les les les révoltes d'esclaves étaient terribles. Ils pratiquaient la terreur, décapitaient les gens, ils terrorisaient les esclaves sitôt qu'il y avait des volontés de de se soulever.
Mais les idées révolutionnaires qu'on a dit des choses incroyables que les hommes sont égaux en droits, tout ça, ça circule notamment parmi les esclaves et puis aussi parmi ce qu'on appelait les libres de couleur, c'était les métis parce que la société esclavagiste elle était incroyable parce qu'il y avait des des stratifications. Les libres de couleur, c'était souvent les maîtres avaient avait enfants avec des femmes esclaves. Et euh ces gens n'étaient pas esclaves, ils étaient même parfois euh ils faisaient partie de la famille du maître, mais ils étaient pas c'étaient des métisses.
Bien eux ils disent ils ont aussi leurs représentants, ils vont quand même au bout d'un moment dire "Mais nous on aimerait au moins avoir l'égalité des droits avec les blancs." Et on arrive à obtenir en 1791, à l'occasion des débats, le fait que bon allez, OK, il y a une décision qui est prise en 1791 que il y aura égalité entre les blancs et les libres de couleur, pas avec les esclaves, hein. Et on envoie deux représentants à Saint-Domingue pour annoncer le cette décision. Ces deux représentants s'appellent Sonthonax et Polverel.
Et une fois qu'ils arrivent sur place, les représentants des maîtres blancs disent "Il en est pas question." Et quasiment euh ils ils sont euh pourchassés par les représentants des maîtres sur place. Et là il y a une jonction entre les représentants de ce qu'était à ce moment l'assemblée législative, ces deux personnages, et les esclaves noirs, il va avoir une révolution dans la révolution. À tel point que cette révolution finalement va vaincre les maîtres et en août 1793 à Saint-Domingue, il y a abolition de l'esclavage. C'est pas le mandat qui avait été donné pour parler de pour les deux députés. Et ils élisent des représentants.
Ils décident six députés, deux blancs, deux métisses, deux noirs. Dont Jean-Baptiste Belley, dont vous avez euh un panneau ici, c'est le nom d'une salle. Et l'autre s'appelle Mills, les deux représentants noirs. Et qui vont aller annoncer la nouvelle que en en août 1793 on a aboli l'esclavage, malgré la volonté de l'assemblée législative. Entre-temps, c'est devenu la convention. Le voyage dure longtemps, il passe par New York, les représentants des maîtres blancs paient des gens pour assassiner durant le ce voyage les députés et cetera, c'est une histoire incroyable dont il faudrait faire un film.
Et ça arrive à ce que le 4 février 1794, alors que même dans un premier temps quand ils arrivent à Paris, il y a même la police qui arrête certains d'entre eux, ils se trompent de personnage, ils arrêtent un autre noir parce qu'ils veulent pas qu'ils puissent parler et puis des gens disent "Parlez colons parce que les le club Massiac représentant des colons, ils sont riches." Et ils disent "Mais non, ils sont pas vraiment élus députés et cetera." On arrive enfin à ce qu'après un moment à établir et là il y a cette journée magnifique du 4 février 1794 où il va monter à la tribune, il paraît que dans les tribunes il y a des gens qui s'évanouissent d'émotion, ça pleure et cetera, il raconte "Et on abolit l'esclavage." Ce que je veux vous raconter par là, c'est qu'il a pas suffit de dire "Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits et le même 26 août 1789" pour que concrètement ça devienne une réalité là où il y avait la plus grande escla- île d'esclavage.
Mais ce que je veux aussi dire à ceux qui se poseraient des questions que même au cœur de la Révolution ces questions-là de quelle est la réalité d'égalité entre les citoyens, de la lutte contre le racisme parce que c'était évidemment toute une série d'idées racistes qui a amené à ce que idéologiquement on accepte l'esclavage, d'une infériorité de certains êtres humains en raison de la couleur de leur peau. Tous ces débats ont lieu pendant la Révolution française.
Et que la libération aussi et l'abolition de l'esclavage c'est l'œuvre quelque part aussi des esclaves eux-mêmes, mais qui ont été en quelque sorte renforcés par la dynamique révolutionnaire et qui ont obtenu victoire aussi parce qu'il s'était passé un événement révolutionnaire. Alors oui, tout ça n'est pas parfait, on aurait aimé que dès le 26 août 1789 l'abolition de l'esclavage ait lieu sauf que il y avait déjà, on est entre nous, je peux le dire, une lutte des classes qui existait évidemment et parmi les députés il y avait différentes manières de voir les choses.
Beaucoup de ces députés étaient des riches marchands très puissants qui voulaient que la noblesse perde ses droits politiques pour la rem- placer, mais qui n'entendaient pas aussi que la canaille et que la question sociale soit aussi satisfaite et que tout ça est est une confrontation. Et que la Révolution française elle est magnifique, elle est fabuleuse parce que c'est ce moment-là. Vous allez avoir une dynamique des événements. Et pourquoi nous célébrons Robespierre pas par idolâtrie, il est un parmi tant d'autres, mais parce qu'il est celui parmi d'autres qui à tout moment pose la question démocratique, pose la question sociale.
Alors il le C'est pas un socialiste, c'est pas un marxiste, c'est dans le vocabulaire de l'époque, mais il voit bien lui que c'est pas possible qu'il y ait un suffrage censitaire qui soit limité uniquement à ceux qui sont les plus riches qui puissent voter. Il est pas d'accord avec ça et il lutte pour le suffrage universel. Il voit bien qu'il faut que la représentation politique soit à tout moment perméable, en lien avec les revendications sociales. Et vous avez aussi un peuple de Paris à travers ses sections, les sans-culottes, qui est lui dans une ébullition permanente et une exigence permanente. Une exigence à l'époque, c'est quelque chose de très euh fort.
Hein, c'est pas euh les gens qui envahissent les permanences et qui les badigeonnent de peinture, hein. Vous voyez ce que je veux dire. Mais en face, ils rigolent pas. J'évoquais Marat. Marat est est assassiné. C'est un député assassiné. Ils ont une discussion sur l'instruction et l'école et il y a un des amis de Maximilien Robespierre qui s'appelle Michel Le Peletier de Saint-Fargeau qui rédige un rapport sur l'école, qui était un grand personnage. Donc Jean-Luc Planchon m'a appris par la suite qu'il était un des ancêtres de Jean d'Ormesson.
Comme quoi la vie est parfois Jean-Luc m'a raconté qu'un jour il est invité par Jean d'Ormesson, il arrive chez lui, il y avait un tableau de Michel Le Peletier de Saint-Fargeau. L'ami de Robespierre. Et l'autre lui dit avec malice "Bah oui, c'était un de mes aïeux." Comme quoi Bah Le Peletier de Saint-Fargeau, il vote la mort du roi le 21 janvier 1793. Enfin il est député, il sort dans la rue et paf, il y a un royaliste qui l'assassine. Il y a plusieurs députés qui sont assassinés à cette époque. Donc perdez pas de vue que la terreur, comme dirait l'autre, c'était aussi la contre-révolution qui la faisait régner. Donc il y avait une tension extrême. Vous comprenez ce que je veux dire.
Et en même temps l'événement, il y a une dynamique dans cet événement. Parce que beaucoup de questions qui sont posées au cours de la Révolution française sont des questions brûlantes d'actualité. Notamment le fait que nous sommes fiers de cette histoire parce que malgré les énormes difficultés de la période, c'est des droits universels qui sont proclamés. Que les idées qui sont les ferments de dynamique de cette révolution sont des idées encore brûlantes d'actualité. Que nous sommes le premier pays à avoir aboli l'esclavage et que c'est magnifique de l'avoir fait.
Que nous sommes le 1er pays à avoir imaginé un gouvernement sans roi, une République basée sur des droits politiques et l'égalité entre les citoyens. Que nous sommes un pays qui a proclamé des idées de liberté, d'égalité, de fraternité et qui sont un moteur incroyable pour faire société et que c'est dans ce moment-là qu'une nation politique se fonde. Quand Jean-Luc Mélenchon vous dit que c'est la République qui fonde la nation, vaste débat. Évidemment, des copains disent "Mais enfin, la France a existé avant." Oui, ça existe avant, il y avait un royaume de France qui existait. Mais ce qui fait le sens, c'est pas la continuité, c'est la rupture.
C'est-à-dire que bien sûr qu'il y avait des gens qui Mais de quoi ? On parlait pas tous la même langue. Euh il y avait euh euh d'ailleurs les contours de ce qu'était le royaume de France ne sont pas les contours actuels, mais ce qui fonde le pays, ce qui fait nation, c'est le fait que nous voulons faire nation sur la base de droits civiques, de droits politiques, pas que nous sommes les héritiers d'un peuple qui précédemment, et d'ailleurs nous ne sommes pas tous, existait sur un lieu qui s'appelait la France. Et c'est dans ce moment politique que nous faisons République. Et ce que nous voulons faire vivre, c'est ce moment de naissance politique. Et là, il y a un enjeu.
Et on fait pas vivre ce moment politique si on explique que il y a un grand vide qui est la figure du roi et cetera et cetera et cetera. Vous ? Et on le fait pas vivre si on explique que tout ce que dit Corbière, c'est bien gentil, toutes ces planantes, mais en vérité, c'était la violence en Vendée, c'était je sais pas quoi, c'était la guerre civile, c'était toute une série de choses, oubliant quand même le contexte très particulier dans lequel tout tout cela avait eu lieu. Donc nous devons nous continuer à mener cette discussion. Alors, parmi les petits éléments parce que ça vous fait rire, l'extrême droite est évidemment j'évoquais Macron, mais je veux pas non plus euh l'acabler.
Encore que non mais bon, perdez pas de vue que c'est l'extrême droite quoi. Une des difficultés de la période dans laquelle nous sommes aujourd'hui c'est que moi je suis d'une génération, j'ai 53 ans où quand je militais il y a au début il y a une trentaine d'années, l'extrême droite, il y avait vaguement un journal comme on s'occupait, on était antifasciste, on allait acheter parfois, ça s'appelait Rivarol ou je sais pas le torchon genre Minute chez le mec du coin qui en avait deux exemplaires. Bon, c'était des feuilles de chou que personne lisait quasiment, il y avait plus d'antifascistes qui le lisaient que de fachos eux-mêmes, hein.
Enfin je plaisante à peine mais bon, aujourd'hui vous avez une chaîne de télévision qui euh tous les soirs balance à manger des idées d'extrême droite. Et en plus parce qu'elle a du succès, vous avez d'autres chaînes de télévision qui pensent malin des fois de de singer un peu ce genre de discours. C'est un vrai sujet. Alors par exemple, Éric Zemmour, pour parler de lui, lui il a déclaré "Il ne fallait pas faire la révolution." "Et la terreur commence le 14 juillet 1789." C'est ça la pensée Zemmour, hein. Vous savez, c'est lui qui est paraît-il le grand patriote, celui qui défend la France. C'est un type qui pense qu'aurait jamais dû avoir lieu la Révolution française.
Et c'est un type qui pense fondamentalement, il le dit là dans cette citation, il en a beaucoup d'autres, que la terreur commence dès le 14 juillet 1789. Il fait le malin des fois Éric Zemmour et tout mais c'est un des premiers néoconservateurs, hein, de ceux qui sont venus expliquer que le le totalitarisme stalinien et nazi étaient déjà annoncés dans la Révolution française. D'une pensée profondément anti-républicaine. Marine Le Pen avait dit des choses assez euh assez proches, hein.
Elle avait fait des déclarations elle disant une fois, bon elle était un peu acculée, elle allait vouloir aller un peu moins loin que son père avait dit mais on va arrêter de citer Jean-Marie Le Pen parce que maintenant c'est fini mais Marine Le Pen avait dit euh la la la France ne commence pas en 1789 et ne meurt pas en 1789. Sous-entendu et elle a et elle disait surtout après les idées de la révolution ne sont que la continuité des valeurs chrétiennes. Non.
La laïcité qui quelque part dans le temps des actes fondateurs, je rappelle qu'en 1795 véritablement il y a une rupture, une séparation entre l'église et l'État et que véritablement dans la confiscation d'une partie des biens de l'église, il y a déjà une volonté non pas de de faire du mal aux catholiques mais de pouvoir que la puissance publique récupère des moyens qui ne doivent pas appartenir à un culte et qui ne doivent pas être financés par le culte. Et au passage aussi, ne vous méprenez pas d'ailleurs sur toutes ces histoires. Puisqu'on parle souvent de Maximilien Robespierre, ça n'était pas un déchristianisateur, pas du tout. Pas du tout.
Robespierre très vite compris que à trop mettre le désordre sur les questions de religion, on embarrassait plus les paysans qu'autre chose et tout ça empêchait à ce que les idées de la Révolution française circulent. Et Robespierre n'est pas favorable comme les plus enragés à ce qu'on aille casser les églises, casser les choses parce que ça crée du désordre. Donc il était pas du tout anti anti contre l'église catholique. Sauf que l'église catholique, elle dans un premier temps, une partie est elle violemment contre la révolution. Une partie parce que beaucoup de curés, de curés locaux sont favorables à la révolution.
Ce que je disais tout à l'heure, les prêtres jureurs et ceux qui n'acceptaient et ceux qui n'acceptaient pas. Et au passage d'ailleurs pour ceux qui l'auraient oublié, pardon d'aller de fil en aiguille, quand en 1905 la loi est adoptée, vous savez la loi laïque, le Vatican demande aux catholiques français de ne pas participer aux élections. On l'a oublié ça. Et vous savez, il y a 1905 et il faut attendre beaucoup plus tard pour qu'il y ait un accord qui soit passé finalement entre la 3e République et le Vatican qui accepte non pas d'ailleurs la loi laïque de 1905 dans sa réalité telle qu'elle est aujourd'hui mais sous une autre mouture. Donc il y a toujours une tension, ?
Mais pourquoi je disais ? Parce que non Madame Le Pen, j'ai du respect pour les convictions spirituelles de chacun de nos ceux d'autres confessions, mais ça n'est pas intellectuellement juste que de dire que la Révolution française, c'est la continuité des valeurs chrétiennes. Non, ce n'est pas exact. Et le principe de souveraineté populaire, de souveraineté nationale, ne se retrouvait pas dans le roi de France qui tirait sa légitimité d'ailleurs et de la France comme fille aînée de l'Église. Et oublier tout ça, c'est donner de la bouillie intellectuelle aux Français sur notre propre histoire. Et c'est faire d'une certaine manière de la cancel culture, si je puis dire.
Ou voir même de la repentance, puisqu'ils nous saoulent avec ça. C'est eux qui font de la repentance, qui font des s'excuser à tout moment de la Révolution, qui font des s'excuser de ce qu'a fait les gouvernements révolutionnaires. Non, on s'excuse pas. On est fier de tout ça, même si évidemment on souhaite que dans le grand changement que nous appelons, il n'y ait pas toutes les difficultés à laquelle nous sommes confrontés. Alors, ça fait que oh là là, ça fait trop longtemps déjà que je vous parle. Alors, bon, ben je continue. Merci. Je euh Bon, ben merci.
C'est la première fois que on fait une conférence comme ça, donc je suis un peu dans le fil de mon propos, mais manifestement vous suivez mon idée et puis vous avez même l'air d'y d'y adhérer. Éric Zemmour. Alors voilà, bon, je le dis, c'était amusant parce que moi j'ai fait un livre là, vous avez vous l'avez peut-être vu, il s'appelait Les Jacobins. Pourquoi j'ai fait ce livre ? Parce que j'ai jugé utile que dans toute cette bataille du vocabulaire, il y a des mots à défendre.
Quand Jean-Luc Mélenchon a pris la première fois la parole à l'Assemblée nationale, quand on a été élu, il y a un type qui au loin a dit "Ah, c'est !" Jean-Luc était s'est tourné vers moi disant Bon, et après, je sais plus ce qu'on disait, un jour il y en a un qui a dit "C'est du !" Bon. Et en plus quand Emmanuel Macron a réuni le Congrès et première fois à Versailles, nous on n'y est pas allé d'ailleurs mais il avait proposé me semble-t-il à sa majorité un nouveau pacte girondin. Et on voit bien aujourd'hui qu'on a dans le débat aussi parmi tous ces mots il y aurait les Jacobins.
Alors c'est les brutes les Jacobins, les ils sont ignobles, tout ce que vous voulez puis il y a les gentils les Girondins dont il faut se réclamer. Bon donc il faut défendre un peu le mot non pas pour dire en vérité que le club des Jacobins était le lieu de toutes les perfections. Par ailleurs ce qu'on appelle club des Jacobins est une nébuleuse, il y a eu plein de scissions, ils étaient tous Jacobins au point de départ. D'ailleurs au passage qu'est-ce que le club des ?
D'abord c'est le club breton, c'est les députés bretons qui se réunissent dans un café non loin du château de Versailles, le café à Maurice, ça s'appelait comme ça pour essayer de se mettre d'accord en quelque sorte faire une petite fraction si je puis dire au sein de ces États généraux parce que les types ils montent à Paris ils se connaissaient pas hein. Et puis progressivement ils s'aperçoivent au cours des discussions de ce qui est dit, des réactions qu'il y a des sensibilités communes. Donc certains se réunissent dans un café, d'abord c'est les bretons. Je dis ça parce que des fois j'ai des amis bretons qui disent soi-disant le jacobinisme serait en c'est breton.
Bah c'est des députés bretons qui ont fondé le club des Jacobins donc peut-être un peu plus compliqué que ça. Et puis progressivement nombre de députés se sont retrouvés là en parce que il y avait une volonté effectivement de défendre une forme de souveraineté de la représentation des représentants du tiers état et puis et puis et puis et puis c'est le lieu où qui a permis à ce que avant qu'il y ait des discours qu'il y ait lieu à l'occasion dans notamment quand après se met en place l'Assemblée constituante, c'était un lieu où on faisait un peu le brouillon de certains discours, on discutait, on confrontait des idées et cetera.
Bon Et mais dans ce club des Jacobins je dis on a dans un premier temps tout à l'heure je je rappelais Lafayette et d'autres faisaient partie du club des des Jacobins même eux. Et quand véritablement il y a une décision de la part du club des Jacobins de condamner ce qui s'est passé la fusillade du Champ-de-Mars et cetera, la fuite à Varennes et tout, toute cette équipe va quitter le club des Jacobins pour donner naissance à un autre club, le club dit des Feuillants. Bon et puis après il y avait d'autres clubs qui existaient qui étaient amis avec le club des Jacobins, le club des des à Paris dont il y avait notamment à laquelle il y avait la personnalité de Danton et cetera et cetera.
Bref, tout ça est très compliqué, mais aujourd'hui, quand on dit jacobin, en gros, qu'est-ce qu'on veut ? Montagnard, robespierriste, violent, fasciste et cetera. Donc, il faut expliquer un peu l'origine de tout ça. Que c'était pas ça. Moi, j'ai fait un petit bouquin pour montrer des portraits de différentes personnes qui se sont affrontées, d'ailleurs. Mais c'est le le club des jacobins est un foyer, un ferment d'idées qui sont magnifiques et qui sont des idées fondatrices de la République. Au passage, sans doute le savez-vous, mais je le redis, qui c'est qui a inventé la devise liberté, égalité, ? Robespierre. !
C'est-à-dire que les mêmes qui nous présentent Robespierre comme un semi-fasciste dont il faudrait avoir honte, au point que quand j'ai demandé, et Danielle Simonnet continue le boulot, est-ce que est-ce qu'on peut à Paris avoir au moins une rue ? On m'a rionné, on m'a insulté. Bertrand Delanoë m'avait écrit une lettre en disant que Robespierre était la source d'inspiration des Khmers rouges. Je l'ai publié la lettre. Des Khmers ! Le groupe socialiste m'avait répondu par l'intermédiaire d'un gars qui était sénateur socialiste. Ils avaient voulu me prendre sur la gauche à l'ancienne.
Eh, Corbière, on va pas défendre Robespierre parce que il n'était pas laïque et qu'il était déiste, il était pour euh l'immortalité de l'âme humaine, notamment par le culte de l'Être suprême. Le même rigolo avait décidé de baptiser la place devant Notre-Dame de Paris place Jean-Paul II. Là, il y avait pas de problème. Jean-Pierre Caffé, il s'appelait. Ils ont tout fait. Et celle qui m'avait refusé, notamment, qui avait parlé au nom du maire de Paris en séance pour me dire non à la rue Robespierre, elle s'appelait Anne Hidalgo. Je leur avais juste rappelé un petit détail d'un qui sans doute est très secondaire dans l'histoire socialiste aujourd'hui qui s'appelait Jean Jaurès.
Et qui quand il avait été battu en 1898 aux élections législatives, vous savez il a été battu par puis il a été réélu, qu'est-ce qu'il a fait ? C'est quand même assez incroyable d'ailleurs. Il s'est enfermé pendant un moment à la Bibliothèque Nationale et il a rédigé une histoire socialiste de la Révolution Française. Pour les mêmes raisons que ce que j'essaie de faire aujourd'hui très modestement, c'est qu'il voyait qu'il y avait un enjeu à l'époque à défendre une lecture socialiste et il y tenait Jaurès de la Révolution Française. Alors c'est une œuvre incroyable, incroyable d'ailleurs bon faudrait faire une conférence là-dessus.
Comment le type qui était dans 12000 sujets, dirigeant politique et cetera, avoir la capacité de produire vous l'avez déjà vu achetez-le si vous pouvez il a été réédité quatre volumes comme ça dont tous les historiens même si l'historiographie a beaucoup progressé aujourd'hui s'accordent à dire que c'est une vision d'une ampleur sur les questions économiques euh euh intellectuelles enfin bon incroyable. Et Jaurès dans le débat qui avait lieu déjà à l'époque disait malgré tous ses défauts et bien euh je vais m'asseoir aux Jacobins, je vais m'asseoir au côté de Robespierre dans le soleil de 93 vous connaissez la citation et bien je vais m'asseoir au côté de Jean Jaurès.
Bon faudrait juste Madame Hidalgo bon si vous aimez Jaurès bon au moins que vous m'aimez pas moi c'est une chose mais pourriez au moins en fidélité à Jaurès donner une rue Robespierre à Paris. C'est pas incongru une rue Robespierre. Je vais même vous raconter un truc. En 1946 en 1946 après la libération de Paris le conseil municipal il est composé majoritairement de gens qui ont été des résistants. Il y a beaucoup de socialistes, il y a des communistes. ? C'est ceux qui ont libéré Paris les armes à la main, pas des bavards. Et bien eux ils discutent notamment de rendre hommage aux martyrs de la résistance. Ils décident de nommer une place à Paris qui s'appellera Place du Colonel Fabien.
Et ils décident aussi de rendre hommage aux figures de la Révolution Française et ils décident que la Place du faubourg Saint-Honoré s'appellera place Maximilien Robespierre. Et il adopte et ils sont d'accord. Et c'est 5 ans plus tard à 1951 quand la droite revient en responsabilité à Paris qu'elle décide de ne pas respecter la décision du conseil municipal de Paris issu de la résistance. Donc les c'est des rigolos ceux qui comprennent pas l'enjeu qu'il y a à ne pas au moins rendre hommage, non pas exalter mais dire que ce personnage a existé, il était avec la quand même été député de Paris aussi Maximilien Robespierre.
Et je rappelle aussi qu'il y a une rue Adolphe Thiers à Paris et que ça leur pose pas de problème. Et d'ailleurs même euh Delanoë m'avait dit "C'est pas vrai Alexis." J'ai dit "Si c'est vrai." Il a découvert qu'il y a une rue. Elle est pas grande mais elle existe. Et elle existe encore. Et que lui Adolphe Thiers, il est responsable notamment du massacre des communards. 20000 au moins 40000 peut-être communards massacrés, ça c'est pas la terreur hein. Ça c'est bien. Quand on tire sur la canaille, c'est bien. Et on a droit à une rue. Par contre, quand on est un défenseur du peuple, c'est l'insulte.
Vous voyez bien tout ça, je le j'y mets du du du ton parce que comme vous, ça nous amuse et puis ça nous fait du bien. Mais c'est c'est une bataille idéologique. C'est une bataille idéologique. C'est de la politique ça. C'est de la politique et nous on doit essayer si notre courant politique fait sens, c'est d'être ceux qui portent ça, qui transmettent ça, qui mettent des livres entre les mains. Amis, notamment les plus âgés, quand vous avez des jeunes, faites lire des livres. Transmettons l'histoire, faisons aimer l'histoire, racontons-la bien sûr dans sa dans ses mouvements généraux mais aussi dans les personnages, les hommes, les femmes. Alors moi j'avais fait un petit bouquin Jacobin.
Alors Éric Zemmour m'avait répondu dans le Figaro, il avait fait un article pour me répondre, il avait lu mon livre. Le titre était "Encore un effort pour être révolutionnaire." C'était le la réponse d'Éric Zemmour, j'en étais très honoré hein. À mon livre. Et il dit Excusez-moi moi mettre en scène mais quand même, c'était pas mal. Il m'avait dit ça commence gentiment à il dit la révolution est une machine folle que tous ceux qui l'ont mise en œuvre essayaient d'arrêter. Ça c'est Zemmour qui parle. Mais surtout Eric Zemmour dit à propos de mon livre c'est le point aveugle de la démonstration de Corbière, c'est moi Corbière. Il ne veut pas voir que les patriotes ont une patrie.
Il prend au pied de la lettre l'universalisme la déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Ça c'est ce que me reproche Eric Zemmour et vous reproche à vous bande d'imbéciles vous prenez au pied de la lettre la déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Vous êtes quand même des c'est incroyable ça. Si vous êtes vraiment incroyable, faut pas le prendre à la lettre. Et il continue. Parce que dans mon bouquin je fais des portraits, il y a Bélay, il y a et il dit il a mis en avant une femme, un noir, un étranger. Ils n'ont garé d'importance dans l'histoire réelle des événements. Corbière le sait mais la passion du politiquement correct a des raisons que l'histoire ne connaît pas.
Mais alors ah là où après pardon mais c'est quasiment c'est indécent mais je je le dis pas. Et qu'est-ce qu'il dit parce que qu'est-ce qu'ils étaient ces patriotes il dit ils étaient catholiques et pas musulmans, européens et pas africains de culture, gréco-romains et pas arabes ceux qui ont fait la révolution. Voilà voilà ce que Zemmour nous Je vous le dis parce que honnêtement je sais pas si Eric Zemmour sera candidat ou pas tout ça me dépasse les enjeux qu'il y a machin bon bref. Enfin il participe à diffuser des idées d'extrême droite dans la société.
Et tout à l'heure par exemple là quand je suis arrivé en retard il y avait un débat sur BFM avant moi il y avait Sébastien Chenu on le questionnait sur Zemmour il dit bon il est contre la candidature Zemmour il disait mais mais je suis d'accord mais mais il disait mais je suis d'accord avec les idées d'Eric Zemmour. Donc tout ça pour dire que l'extrême droite et ses porte-paroles sont d'accord avec ce genre de saloperie. Parce que ça c'est une saloperie ça. Ça c'est des saloperies de dire aux gens que il faut pas prendre au pied de la lettre la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Nous prenons au pied de la lettre la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.
Ceux qui insultaient Robespierre disaient disaient Robespierre c'est la Déclaration des droits de l'homme ambulante. Bah oui, nous nous là vous vous êtes la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen ambulante. Parce que vous y croyez. Vous n'êtes pas naïfs, bien sûr, on sait bien qu'il y avait des ambiguïtés dans ce texte notamment qui sera complété par la Déclaration de 1793. Mais il n'empêche qu'au moins par l'article 1, le reste encore que l'article il y a beaucoup d'articles 3 est magnifique aussi et cetera.
Mais cette idée qu'on est libre et égaux en droits, oui, on y croit, on y croit et on veut que ça devienne une réalité et c'est pas Zemmour qui nous fera peur, bien au contraire, il nous motive. Bon. Je pourrais continuer toutes ces batailles idéologiques qui ont été menées. Marion Maréchal-Le Pen quand elle était à l'Assemblée nationale avait quand même déposé un projet de loi qui voulait la reconnaissance du génocide vendéen, elle avait quand même trouvé six députés à l'époque de l'UMP devenu Les Républicains pour le cosigner avec elle. Là aussi pour vous dire que ces gens-là travaillent et cetera et cetera. Bon, j'avance mais vous voyez quel est l'enjeu. Quel est ?
L'enjeu c'est on peut pas faire détester, on peut pas faire aimer la République si on fait détester ceux qui l'ont fondée. L'enjeu c'est que si progressivement quand on y fait rien parce qu'on prend ça à la légère, révolution égale violence. Mobilisation populaire égale violence. Peuple égale terreur. Jacobinisme égale nazisme. Les droits de l'homme une fumisterie et une hypocrisie qu'il faut pas prendre au pied de la lettre. Voire une lecture parfois un peu gauchiste, je le dis amicalement, tout ça c'est des trucs bourgeois, on s'en fout. Non, non non.
Moi j'ai été quand j'étais jeune dans les organisations trotskistes et les trotskistes disaient le travail des bolcheviques c'est de prendre sous leur la protection de l' du passé révolutionnaire de la bourgeoisie." Et c'est ce que nous faisons aussi. À notre façon, nous défendons l'héritage jacobin. Bien sûr, depuis ça a évolué. Bien sûr, nous sommes de ceux qui pensent que le peuple et le monde ouvrier doit avoir ses propres formes d'organisation. Bien sûr, la pensée socialiste est venue compléter tout ça. Mais nous sommes et du moins je suis et ce que je vous propose, là où nous aimons Jaurès c'est qu'il fait la synthèse entre la pensée socialiste et la pensée républicaine.
Et que Jaurès nous dit "Le socialisme c'est la République jusqu'au bout." C'est des promesses républicaines enfin réalisées. C'est tout ça justement pris au pied de la lettre et au sérieux. Et ça, comme disait Karl Marx, l'œuvre des travailleurs étant l'émancipation des travailleurs étant l'œuvre des travailleurs eux-mêmes, c'est notre boulot et l'émancipation du peuple sera l'œuvre du peuple lui-même. Ça c'est envolé, c'est pas grave. Bon, c'est pas très grave, allez. Bon, c'est Je vais vers ma conclusion. Que faire, comme disait ? Transmettre. On va essayer. Faire des petites choses comme ce que je fais aujourd'hui. Pourquoi ?
Moi, j'avais On faisait avec des amis, alors c'est un peu folklorique, le 21 janvier on faisait des banquets. Il y avait une tradition qui était Vous n'êtes pas obligés, hein, comme il y a beaucoup de copains qui sont qui aiment plus la nourriture carnée, on n'est pas obligés de manger de la tête de veau. Mais il y a une vieille tradition populaire, puis c'est pas toujours très bon.
Il y a une vieille tradition populaire, non mais n'hésitons pas aussi, quand on le peut, il y a beaucoup de camarades en province qui ont des connaissances, des compétences, à faire des petits événements d'explication autour de ce qu'est la République, ce qu'est l'histoire de la Révolution, parler de tel personnage, s'intéresser au passé d'un lieu. Le partout où vous vivez, il y a des luttes anciennes, des luttes sociales qu'il faut transmettre, qu'il faut rappeler. Nous sommes un maillon d'une longue chaîne. Même si nous aimons ce chant, nous ne pensons pas que du passé faisons table rase, c'est pas si simple. Le passé aussi nous inspire.
Partout dans vos lieux, éventuellement participer à ces combats culturels, ils ont leur importance. Faites-le habilement, subtilement. Parfois, il y a des combats qui sont tellement maladroits qui font qui qui font plus obstacle que clairement compréhension. Mais défendons tout ça. Pourquoi ? Ça arrive peut-être trop vite. Le 21 septembre, imaginez que symboliquement on fait un petit événement qui fait sens, toujours avec une volonté de transmettre, pas de créer des des barrages. Pas de faire un musée poussiéreux où on invite les gens à venir, ça intéresse personne. Mais montrer la modernité de tout ça. Moi, je suis pas jacobin.
Je suis à la fois jacobin, communard, socialiste, communiste, résistant, tout ça, je suis tout ça et je suis insoumis, ça veut dire tout ça. Vous comprenez ce que je veux ? Le problème, c'est pas de mettre des mots incompréhensibles. Mais d'essayer de montrer que il y a une longue continuité de tout ça et qu'il y a des choses, bien sûr, on a appris, on ne le refera pas comme ça. Mais ils nous ont C'est un héritage magnifique. Alors bien sûr, comme disait le poète René Char, notre héritage n'est précédé d'aucun testament. Oui, c'est compliqué.
De tout ça, on essaie, grâce aux historiens, grâce aux camarades qui sont euh parfois euh les plus intellectuels parmi nous, il y a On essaie cet héritage de se le transmettre, mais il y a un enjeu. Ne les laissez pas faire. Ne les laissez pas salir l'histoire de France. Ne les laissez pas transmettre cette histoire en l'amputant. Donc, il faut faire tout ce petit boulot, partout, quand c'est possible. C'est pas un à côté de la lutte. La bataille culturelle, c'est central. Aucune victoire politique n'est possible sans victoire culturelle. Et les défaites intellectuelles annoncent toujours les défaites électorales.
Le problème que nous avons aujourd'hui Aujourd'hui, c'est quelque part la faiblesse de certaines de nos idées. Et les idées, c'est pas seulement des slogans politiques, c'est des univers culturels. Et parmi les univers culturels que nous avons à défendre, il y a cette histoire. On a la chance d'être dans un pays où il y a eu des luttes sociales. Il y a Lisez les livres. Je pense au livre là, ça me vient à l'instant, de Gérard Noiriel, L'histoire populaire de la France, livre magnifique qui raconte tout ça. Il y a eu cette année, on l'a un peu loupé, mais le centenaire de la commune de Paris, on aurait pu faire des choses.
Elle est grande, elle est belle cette histoire, elle est source d'inspiration. On n'est pas des idolâtres, hein. On dit pas qu'ils avaient raison surtout, mais on essaie de transmettre tout ça pour qu'ils comprennent que ce qui a fondé la République, ce qui a fondé le sentiment d'être attaché à ce pays, ça vient de là. Alors, il y a des mots, je le répète, des mots de République, les mots de souveraineté qu'il faut défendre. Moi, je suis euh pour la souveraineté, la souveraineté du peuple. Pourquoi ça deviendrait un mot d'extrême ? Si c'est pas la souveraineté du peuple, c'est ? Je suis pour la République. Si c'est pas la République, on fait ? Mais la République sociale.
Mais la République sociale, c'est la République. Je suis euh quelque part quand on me dit tout le temps qu'il faut être girondin, décentralisateur. Non, je suis plutôt du côté des jacobins. Un mot là-dessus. Dans J'ai sorti mon bouquin en poche, excusez-moi, je fais pas de la promo, mais j'ai fait un chapitre sur les langues régionales dans l'édition de poche que j'avais pas fait la première fois. Souvent, des copains me disent "Ouais, les jacobins, c'est contre les langues régionales." C'est c'est pas vrai. Les révolutionnaires n'avaient pas pour ambition de faire disparaître les langues régionales.
Dans un premier temps, l'œuvre de la Révolution, quand ils proclament la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, ils la font traduire dans tous les idiomes qui existent dans le pays. Il y en avait 18 à 20 au moins qui existaient, qui avaient été répertoriés, il y en avait beaucoup plus. C'est un travail énorme, ils avaient pas les traducteurs, et ça coûtait cher. Et les traductions qui étaient faites, pour ils se s'aperçoivent qu'elles sont pas parfois toujours très fidèles à ce qui est dit, ça amène des incompréhensions.
Ils s'aperçoivent aussi que parfois, ils ont traduit quelque chose dans une langue locale, mais que la vallée d'à côté, ils parlent pas la langue locale exactement la même façon. Et à partir de 1792-1793, ils s'aperçoivent que c'est plus possible, donc il faut une langue commune. Et la langue commune à ce moment-là qui encore n'est pas parlée de tous, c'est le français. Et il est décidé à partir de là que euh alors, il faudra enseigner le français à tous, mais pas dans une volonté de faire disparaître l'occitan, le breton ou je sais pas quoi. Dans une volonté au moins qu'il y ait une langue pour qu'on se comprenne.
C'est une langue révolutionnaire à ce moment-là pour faire circuler des idées, pas pour brimer les autres. Alors après, il y a l'école de la 3e République, c'est autre chose. Donc je rappelle au passage que Jules Ferry, père fondateur de la 3e République, ça me fait rire quand on dit l'école jacobine de Jules Ferry, lisez les textes de Jules Ferry, il est il y a pas plus anti-jacobin que lui, il détestait le jacobinisme. Après l'école de la 3e République, elle enseigne le français mais elle le fait avec des méthodes pédagogiques de l'époque. Oui, c'est vrai que les gamins parlaient breton, ils prenaient une tarte. Mais quand ils parlaient, ils prenaient une tarte aussi, hein.
Quand ils travaillaient pas, ils allaient au coin, ils mettaient le bonnet d'âne. Bon, d'accord, donc c'est pas faut pas expliquer des trucs comme quoi il y avait une volonté jacobine, génocidaire, déculturelle. C'est c'est c'est nigaud tout ça, c'est c'est pas c'est pas ça le sujet. Vous ? Donc tout ça, il faut essayer de de le défendre. Je pourrais même, si j'étais provocateur, vous dire que moi je suis patriote. Et ça dépend quelle est la conception et la définition de la patrie, mais moi ma patrie, c'est la patrie révolutionnaire. Je suis pour la laïcité, bon sang, je suis pour la laïcité. Défendons le mot, la laïcité, c'est un idéal d'émancipation magnifique, et cetera et cetera.
Alors au passage, puisque c'est ça, je lisais un bouquin, La Marseillaise. Chantons La Marseillaise, c'est un chant révolutionnaire. Savez-vous, moi je le savais pas, il y a encore 3 semaines, je l'ai lu pendant les vacances, que le mouvement ouvrier allemand au 19e siècle avait pour chant La Marseillaise des travailleurs. Ils chantaient La Marseillaise avec des paroles allemandes qui étaient avec un contenu euh beaucoup plus socialiste. Savez-vous que quand le 1er député socialiste anglais, qui s'appelait Keir Hardie, a été élu à la Chambre des communes en 1892, 1er socialiste, il est rentré au Parlement anglais avec un cornettiste à côté de lui qui jouait La Marseillaise. Incroyable.
À l'époque, les gens qui étaient révolutionnaires, et les goûts les dans les polices, on les appelait, il a des idées françaises. Savez-vous que le parti socialiste chilien de Salvador Allende, le grand Salvador Allende, l'hymne du parti, c'était la Marseillaise en espagnol. Ça a été un chant révolutionnaire. Savez-vous que la première fois qu'il y a eu un représentant du gouvernement bolchevique qui s'est rendu à Paris, la garde euh il y avait une fanfare euh dite républicaine, mais pour le coup euh n'avait pas voulu jouer. À l'époque, l'hymne de l'Union soviétique, c'était l'Internationale.
Et donc, j'ai oublié son nom, le commissaire du peuple dirigeant de la euh de la Révolution d'Octobre, arrive, ils jouent la Marseillaise, puis normalement, on joue l'hymne du pays. Mais comme c'était l'Internationale, il voulait pas jouer.
Et le camarade bolchevique a dit au représentant français "Ben bien, rejouez une deuxième fois la Marseillaise, c'est un chant révolutionnaire et ça me va." Bon, ce que je veux illustrer à travers cet exemple historique, c'est de Moi, je crois qu'il y a dans ce pays des grandes hégémonies qui existent encore parce qu'on apprend encore à nos gamins que le 14 juillet, c'est le peuple de Paris qui se soulève pour faire valoir ses droits, que la Marseillaise c'est un chant révolutionnaire, que liberté, égalité, fraternité, c'est des valeurs révolutionnaires. Appuyons-nous là-dessus pour défendre nos idées. Vous comprenez ce que je suis en train de vous ?
Appuyons-nous sur cette grande hégémonie pour faire avancer nos idées. Ne nous marginalisons pas par rapport à cette histoire. Mais par contre, pied à pied, défendons vraiment la vraie lecture historique de pourquoi on en est arrivé là. La République, monsieur Macron, c'est pas la Compagnie républicaine de sécurité. On a une autre idée du mot. C'est pas seulement l'ordre, même si on n'est pas pour le désordre. C'est pas seulement hein la police, même s'il faut une police républicaine. La République, c'est un idéal, c'est des idées, c'est des principes. Et notamment, il y a pas de République sans République sociale.
La laïcité, c'est pas seulement venir embêter nos concitoyens de confession musulmane pour aller traquer de quelle manière ils sont organisés, tel qu'on leur demande actuellement, alors qu'on n'a pas du tout les mêmes exigences sur la manière dont les autres cultes s'organisent. Faut arrêter. Il y a rien qui doit être à géométrie variable, sinon ça rend les mots suspects. Et ça devient autre chose. Mais c'est quand des idées s'avachissent qu'alors l'ennemi prend le mot et en fait autre chose. Et nous, on doit mener ces batailles sémantiques. C'était ça l'objet de cette conférence, les amis.
Défendre la Révolution française, c'est défendre nos idées, défendre leur histoire, expliquer d'où elles viennent et dire que si on est fidèle à ce qui fonde ce pays, bah il y a qu'une possibilité de l'être, c'est être insoumis, c'est défendre notre programme. Je vous remercie de m'avoir écouté. Bon. Peut-être que il y a Moi, je suis pas pressé et euh il y a d'autres conférences après. J'ai été long, mais c'est votre faute parce que j'ai vu que finalement vous aviez envie. On peut se faire, si vous voulez, deux trois questions ou des remarques parce que je le dis euh sans C'est pas, comment on dit, euh du snobisme.
Moi, il y a Je sais, il y a beaucoup de copains qui sont historiens, compétents, il y a peut-être des précisions à apporter. Y a-t-il un micro pour les camarades qui veulent ? Sinon, tu viens là. Peut-être qu'il y a Ami, viens, viens, viens, c'est ce qu'il y a peut-être Rapproche-toi parce que moi j'ai pas de micro. Soit tu as un bel organe, en tout bien tout honneur. Tiens, tiens, tiens. Allô. Non, tu as un micro, vas-y, vas-y. J'ai pas cette prétention. Bonjour. Je Je voudrais simplement dire Je J'ai beaucoup apprécié ce qui a été dit. Je partage totalement euh la nécessité de contribuer à la bataille culturelle. Pour m'en rendre compte, je suis allé personnellement visiter le Puy du Fou.
Je sais pas si vous y êtes allés. Le euh le Puy du Fou, hein. Le Puy du Fou, avec mon petit fils, d'ailleurs. C'est c'est impressionnant. Alors, deux choses. Je suis allé voir le spectacle sur Charette. Je sais pas si vous y êtes allés. Mais là, c'est ça donne froid dans le dos. Ça donne froid dans le dos, c'est terrible. J'ai pas pu résister Je suis sorti. Euh j'ai Ma femme est restée avec mon petit fils. Et euh Et deuxième chose que je voudrais dire, c'est qu'en terme d'organisation et en terme de marketing, c'est champion, hein. À mon avis, ils sont même plus forts que Disney.
Alors, je voudrais faire une suggestion, c'est que si on prend le pouvoir, si si Alexis est Premier ministre ou quelque chose comme ça, eh ben, il faudrait qu'on fasse quelque chose de la dimension même même encore mieux que ce qu'a fait le Puy du Fou, mais dans la l'optique de ce qui vient d'être dit. Alors, je voudrais dire une deuxième chose. Je voudrais dire une deuxième chose. Personnellement, je j'essaie de contribuer à mon petit niveau à la bataille qui vient d'être citée. Je suis Auvergnat. J'ai été élu maire en 89, 1700 1800 989, pardon. Là, j'ai fini par tout mélanger. 1989, d'une petite ville, d'une petite commune de la banlieue de Clermont-Ferrand, qui s'appelle Chamalières.
Alors, elle a deux particularités. Premièrement, elle est voisine de la commune d'Orcet, où est né et où a vécu Couthon. Alors, je pense que Couthon, ça va vous dire que pour certains d'entre vous, ça vous dit quelque chose, hein. Couthon. Deuxièmement, c'est la commune où est né et où il y a encore la maison et dont maintenant c'est la mairie, d'ailleurs, de Rudel du Miral, qui est le doyen président de la convention qui a voté la peine de mort à Louis XVI. Alors, ça me euh pour pour Alexis, je veux dire, j'ai été élu maire et j'étais à l'époque à la gauche socialiste. Bon, tu vois. Bon, je passe là-dessus. Euh Nul n'est parfait, mais moi aussi. Et j'ai voulu écrire sur cette histoire.
Pour vous dire que j'ai besoin d'aide. Parce que j'ai fait trois bouquins déjà sur cette histoire. Euh l'histoire d'une dame dont tu as parlé et je regrette qu'il y ait pas son nom ici dans les espaces, c'est Louise Audu. Parce que je vais ajouter une précision sur ce que tu as dit par rapport à Louise Audu. Non seulement elle a fait ce que tu as dit, la marche des femmes de de 5 octobre 89, qui est l'événement à mon avis stratégique de la Révolution française, parce que c'est les femmes et parce qu'elles ont ramené le roi à Paris. Mais en plus, elle a fait autre chose, Louise Audu.
Elle a fait le le 10 août 92 et il paraît, enfin, je pense que c'est vrai, elle a trucidé deux gardes suisses qui tiraient sur la foule et elle a eu un droit à un sabre d'honneur de la commune insurrectionnelle de Paris à cette époque-là, Louise Audu. Donc, ça serait bien qu'elle ait son espace aussi, parce qu'elle a une dernière particularité, c'est qu'elle c'est une authentique femme du peuple, c'était une maraîchère. Voilà. Donc, j'ai fait un livre où je fais apparaître Louise Audu, une Auvergnate que j'ai inventée, qui s'appelle Jeanne. Il va être publié à la à l'automne là, chez une petite éditeur. Et puis j'en ai fait d'autres, mais j'ai du mal à trouver d'éditeur.
Alors, s'il y a quelqu'un qui peut m'aider ici pour trouver un éditeur qui fasse une vraie édition, eh ben, je le remercie. Parce qu'il y en a un deuxième qui est sur les la Chouannerie. La Chouannerie, il y en a pas eu que euh en Vendée, mais il y en a eu aussi en Auvergne. On l'a écrasée très rapidement, mais il y a une Chouannerie. C'est-à-dire, c'est les gens qui refusaient la levée en masse. Les paysans qui refusaient la levée en masse pour aller défendre la patrie, puisque on parle comme Zemmour. Euh et et ce genre-là, ils voulaient pas partir. Et donc ils ont fait ils se sont révoltés contre ça et c'est de là qui est parti la bande et hein.
Euh il y en a eu en Auvergne aussi, j'en ai fait un deuxième ça s'appelle Adélaïde et les chouans auvergnats. Et j'en ai fait un troisième, c'est une famille, c'est Justinien et le crépuscule du Grognard parce que c'est vrai qu'il y a des républicains ou des gens du peuple qui se sont laissés embobiner par Bonaparte qui était très fort, il était encore plus fort que Macron. Et et il y a des gens qui sont partis là-dedans. Et je voudrais trouver un éditeur pour ces bouquins et puis j'en ferai d'autres. Ce que je te propose, tu vas me laisser tes coordonnées enfin il y a peut-être d'autres copains, mais c'est un bel exemple c'est quoi ton ? Jean-Paul.
Jean-Paul, je suis sûr qu'il y a beaucoup de camarades et on pourrait imaginer ça pourrait être aussi une des décisions qu'on prend ceux qui aiment ça ce qui éventuellement mettent en commun tous ces travaux, pourquoi pas en aidant à leur édition. Moi je suis assez sensible à ce que on joue ce rôle là, vas-y. Pardon. Oui, moi aussi j'ai été très très impressionnée. Ah il faut que je le mette ? Comme ça, ça ? Ah il faut pas parler dans le ? Si parle fort dans le Ah fort dans le ? le micro en général c'est mieux. Oui, alors je me dis les la la question que je posais déjà les députés de l'assemblée révolutionnaire c'était la question de la souveraineté nationale et on en est toujours là.
Qui doit détenir la souveraineté ? Parce que dans les sections populaires euh révolutionnaires, il y avait des sans-culottes et qui voulaient vraiment discuter des lois. Même de la justice. Mais malheureusement comme tu l'as dit, il y avait des fractions dans la dans la révolution même parmi les jacobins qui n'étaient pas tout à fait d'accord et qui pensaient qu'il fallait qu'il y ait une classe politique qui décide elle qui représentait donc le peuple mais qui décidait elle. Et d'autres disaient oui mais il faut aussi écouter la volonté du peuple et c'était très et on en est toujours là d'ailleurs hein. Enfin je sais pas ce que tu en penses mais moi je trouve qu'on en est toujours là.
Voilà. Je suis totalement d'accord, hein. Je je crois qu'on partage tous les euh ceux qui vas-y vas-y je t'en prie je t'en prie vas-y vas-y Euh bon bon bonjour à tous. Euh d'abord merci Alexis pour cette belle conférence en ce jour du 10 fructidor 229. Bravo. J'admire, il y a toujours des camarades qui connaissent le calendrier révolutionnaire. Bravo. J'aime beaucoup celui-là. Et justement, tu parlais de célébrer ce 21 septembre.
Alors, comme j'ai fait référence à notre révolutionnaire qui était divisé en 12 mois de 30 jours, vers le 27 vers le 21 septembre tombent les ce qu'on appelle les cinq les les sans-culottides avec le jour de la vertu, le jour de Peut-être on pourrait nous faire un petit événement culturel autour de ça puisque c'était justement Tu habites où ? à Marseille. Je suis Toulousain exilé à Marseille. Voilà, en gros je peux me définir comme ça géographiquement. C'est Ah c'est c'est J'essaie de m'exiler à Paris une fois, j'y suis pas arrivé.
Euh Euh autre chose aussi par rapport au symbole, euh tu tu l'as très justement dit, on s'est on se fait un petit peu tchouravé quand même par l'extrême droite, la Marseillaise, le drapeau bleu blanc rouge. Et c'est terrible parce qu'ils en ont altéré le sens au point aujourd'hui d'en faire même un repoussoir. Et moi personnellement, je trouve ça extrêmement grave parce que on perd toute valeur, ça devient après très difficile quand on parle de laïcité maintenant limite on devient un nazi quand on ou un fasciste quand on dit que le bleu blanc rouge ben attention, c'est c'est presque un truc d'extrême droite. C'est ça.
C'est ça, c'est que ces ces valeurs-là qui sont à la base des valeurs révolutionnaires sont aujourd'hui devenues des repoussoirs et vues comme des choses de réactionnaire. Ça ça ça me gêne énormément. tu parles Évidemment que c'est une bagarre, mais c'est ce que moi j'ai essayé de faire tout à l'heure, il faut aussi raconter, le raconter parfois de manière plaisante et pourquoi pas humoristique sur sur tout ça, je suis d'accord avec toi.
Mais perdez pas de vue qu'en 2017, c'était quand même la dernière élection présidentielle, on a fait une campagne, on est entre nous, je dis qu'il y avait quand même des dimensions très républicaines, le drapeau bleu blanc rouge, ne nous perdons pas ça de vue et puis même à l'occasion du début du mouvement des gilets jaunes, moi ça m'avait frappé de quelle manière des gens portaient le bonnet phrygien, il y avait des drapeaux bleu blanc rouge, on chantait la Marseillaise et cetera.
Et on sent que ce pays, ce que disait tout à l'heure, ses grandes hégémonies intellectuelles, elles sont encore là dans la tête des gens et les gens par moment, dès qu'ils se remettent en mouvement, ils vont chercher là-dedans euh des symboles qui pour eux ont une dimension révolutionnaire. Et je suis d'accord avec toi, enfin avec nous tous, sur le fait que nous on doit pas lâcher là-dessus parce que bien sûr qu'on doit éviter aussi des des choses, des incompréhensions, mais notamment dans des conférences ou des débats, des machins, réexpliquer le sens des mots.
La bataille des mots, elle a son importance, c'est ce que la bataille culturelle dont dont je parlais et je suis d'accord avec toi, de la même façon, si tu permets, que moi euh mais après bon, je je mais si on pouvait être plusieurs à le faire, mais je suis partant si ça vous aide à ce que si localement des fois vous organisez une conférence sur un thème parce que localement il y a eu une lutte, parce qu'il y a une date qui est intéressante, ça peut être sympa aussi de de de faire un événement autour de ça. Parce que c'est aussi notre tâche, me semble-t-il. Et j'aurais peut-être une petite question pour l'historien euh que tu es.
Au départ, la Révolution de 1789, pour la faire très simple, c'était une révolution plutôt de droite contre un régime d'extrême droite. Elle est devenue réellement une révolution de gauche avec les journées d'août 1792 et ce jusqu'à la mort de Robespierre. Il y a deux exemples, c'est que avant, ils avaient voté le prix maximum du ils avaient voté le maximum du salaire, c'est-à-dire qu'on pouvait pas payer un ouvrier euh plus que un certain domaine, donc c'était pour protéger réellement le le patron. Alors que pendant justement la période du Comité de salut public, ils avaient fait un maximum du prix du pain. Vous voyez que c'est on n'est pas du tout dans la même logique.
Donc comment ça se fait qu'à un moment donné euh puisque là à un moment donné c'est vraiment une idéologie de gauche pendant 3 ans qui a qui a tenu la France, comment ça se fait qu'à un moment donné ben par exemple ils ont pas réussi à s'entendre et que c'est parti finalement et qu'ils ont et qu'ils ont fini par perdre le ? Comment ils se sont pas pu s'entendre finalement entre Danton, Robespierre et Hébert ou qu'est-ce qui s'est passé pour qu'il y ait eu finalement quelque part ce gâchis et cette première occasion ? Non mais euh bon vous avez vous avez 3 heures devant vous, je vais essayer.
Peut-être Non mais Premièrement là aussi bon ça se termine et moi je je je avec gentillesse hein je Moi je j'adhère pas à l'idée que c'est une révolution de droite contre un gouvernement d'extrême droite c'est c'est déjà toutes ces notions droite-gauche est beaucoup plus compliquée évidemment.
Non mais oui c'est mais euh mais moi je je je comprends bien, je suis pas idiot non plus mais sur l'idée d'une révolution bourgeoise attention lisez beaucoup beaucoup d'historiens aujourd'hui qui remettent ça en cause je pense notamment aux travaux de Yannick Bosk, Marc Belissa et puis même euh ce que fait Jean-Clément Martin et cetera sur c'est une révolution populaire euh mais évidemment qu'il a en premier temps accompli des tâches de satisfaction euh de de la bourgeoisie mais avec une tension permanente parce que la question sociale est permanente.
C'est une révolution qui quand même a lieu euh avec une mobilisation populaire ce que j'évoquais tout à l'heure le 14 juillet euh je vais pas remettre ça mal dans la machine mais pour quelle raison le le le le le quartier autour de la Bastille est autant un quartier en pleine ? C'est qu'au mois de mars 1789, dans le même quartier, il y avait un patron qui s'appelait Réveillon qui avait une manufacture de papier peint et qui avait souhaité baisser les salaires des ouvriers, il y avait une grande grève ouvrière dans le quartier euh du Faubourg Saint-Antoine et qu'on a envoyé la troupe pour tirer sur les ouvriers, il y a eu plusieurs dizaines de morts.
Imaginez le quartier l'ambiance qu'il y avait après cette ma- ces mobilisations ouvrières réprimées et le quartier est déjà dans une ébullition politique qui date de quelques mois auparavant autour d'une question sociale et d'une mobilisation prolétarienne, j'ai envie de dire, qui a été réprimée, et les gens se remobilisent en disant "Cette fois-ci, on va pas se laisser tirer dessus, et si le le roi, comme le bruit courait, c'était un peu une fake news en vérité, mais que si le roi réunit des troupes aux portes de Paris pour nous réprimer, il va pas nous mettre sur la gueule une deuxième fois." Et ce que je dis, c'est que la mobilisation popu- populaire, elle est permanente, de la manière que ce que disait la copine, bien sûr, il y a euh des représentants du tiers-état qui sont souvent des bourgeois, les plus lettrés, mais mais qui aussi il y a des mobilisations dans des sections et des clubs populaires avec une exigence et une tension permanente.
Bon, euh mais je veux dire, il y a après, pour le dire aussi simplement, la lutte des classes traverse traverse tout ça, et les tensions, et après vaste discussion de de l'affrontement entre les différentes factions euh qui existaient à l'époque euh je j'arriverai pas à le résumer comme ça, euh si ce n'est évidemment que il y a une erreur sans doute stratégique de la part de de Robespierre notamment et de cette de ce groupe-là de penser que il veut réprimer la droite et et aussi euh ceux qui autour de Danton sont quand même il y a beaucoup de corruption quand même, hein, qui est un des problèmes de de de de l'époque, qui qui louvoie, et il veut aussi réprimer sur sa gauche à travers les Enragés, et il y a la fin, il se retrouve notamment après avoir réprimé des représentants des de de tous ces clubs populaires, il a il perd une base sociale en vérité, et puis euh perdez pas de vue un aspect, c'est le caractère d'épuisement des événements.
Tout ce dont on parle, toutes ces dates là qu'on en a plein la tête, tout ça, c'est en moins de 5 ans, quoi. C'est tout si Robespierre, il est élu au Comité de salut public, il rentre au Comité de salut public le 27 juillet 1793. Et il est exécuté clin d'œil de l'histoire, le 27 juillet 1794, 1 an. Vous savez, ce dictateur dont on vous parle, il a exercé le pouvoir au sein d'un Comité de salut public composé de 12 personnes qui chaque mois était reconduit ou pas par la convention, il est 1/12 sur une direction. Tu parles d'un dictateur qui par ailleurs était en confrontation avec le comité de sûreté générale qui dirigeait la police et il était en baston avec eux.
Donc il ne contrôlait pas la police, il ne contrôlait pas l'armée, c'était plutôt Carnot qui était en conflit avec lui. Donc il était 1/12 du comité de salut public régulièrement élu tous les tous les mois par la convention. Si vous appelez ça un dictateur, enfin je c'est absurde. Par contre, donc mais mais voilà bon après les le débat sur entre les confrontations des différentes factions, c'est un débat sans fin et là on comment on termine les choses mais mais voilà je sais pas Il y a encore d'autres ? ? On s'en fait une ou ? Je vois que les copains s'en vont, il y a d'autres ? Euh bonjour à tous.
Euh je voulais dire que c'est vraiment très prégnant cette histoire comme quoi la révolution est vue comme une extrêmement violente. Maintenant quand on parle, moi j'essaie de parler avec des militants de la France insoumise euh impossibilité de parler, de faire une révolution parce que non non la révolution c'est violent, c'est négatif et cetera, c'est c'est mal. Et et il y a des gens qui mènent une forme de révolution depuis le 17 novembre 2018 euh si les gilets jaunes et les gilets jaunes ont été absolument abandonnés de tous les appareils politiques et les appareils syndicaux euh on les a considéré enfin ou presque, pardon, excusez-moi.
Euh mais c'est vrai que euh voilà, est-ce que je voulais dire c'est que si la France insoumise arrive à gagner aux élections elle ne pourra pas faire euh tout ce qu'elle a à faire si elle n'a pas le peuple derrière lui. Et pour qu'elle ait le peuple derrière lui, eh ben il faut descendre aussi avec lui quand il descend dans la rue, quand il va bloquer le pays et cetera, voilà. C'est c'était le message que je voulais passer, c'est extrêmement important. Les gilets jaunes, les ouvriers, ce sont pas des gueux, ce sont des des des gens qui qui mènent des batailles pour pour améliorer le pays comme comme la les les militants de la France insoumise.
Et c'est pour ça que j'invite tous les les gens, tous les militants de la France insoumise qui ne descendent pas dans la rue, et ben de nous rejoindre. Voilà. Euh bonjour, moi j'habite dans les Pays de la Loire et pas loin de la Vendée, voilà. On habite à côté d'Angers. Juste une petite question euh pratique, c'est sur l'effacement des mots. Moi j'habite dans une commune de 5000 habitants où euh après la la restauration de la mairie, il n'y a plus marqué sur le fronton "Liberté, égalité et fraternité". Je voudrais savoir en tant que citoyenne euh quel moyen j'ai euh de faire remonter ? Le j'ai j'ai trouvé je te coupe, ça m'intéresse, je vais vérifier, je crois que c'est interdit par la loi.
Voilà. Et que chaque commune a obligation de mettre sur son fronton "Liberté, égalité égalité, fraternité". Je ça me fait penser, si vous connaissez euh euh Marc Blondel qui a été dirigeant syndical, mais après quand il était euh président de la Libre Pensée, c'était un combat qu'il menait et il traquait tous les maires qui n'écrivaient pas ça et je crois savoir, mais si tu veux, tu tu me donneras tes coordonnées, ça vaut le coup, je pense qu'il y a un article de loi et c'est une obligation pour les communes et si c'est pas le cas, ça peut être intéressant à faire. Ouais.
Euh c'est à côté d'Angers, à une petite commune et il y a bien marqué "Liberté, égalité, fraternité" euh sur à l'école publique, mais euh c'est une assistante qui me l'a fait euh remarquer, elle a emmené ses élèves pour voir justement les les mots marqués sur la mairie. Quand elle est revenue, elle me dit "J'y crois pas, ils n'y sont plus, quoi." Voilà. Donc euh c'était très embêtant, voilà. Je vous donnerai euh les coordonnées. Hmm. Alors moi j'ai Alexis une question au sujet de ce que tu as dit tout à l'heure au niveau de d'Emmanuel Macron euh en tant que bonapartiste.
Euh pour tout te dire en fait il y a quelques années France 2 avait euh diffusé un un euh je trouve un excellent euh une excellente série sur en deux épisodes sur la vie de Victor Hugo lorsqu'il était député. Et euh donc on voit apparaître euh au cours du du de la série euh Napoléon III et euh moi j'ai tout de suite vu Macron en Napoléon III. Ça ça ça m'a fait comme un flash en fait. Et euh la question que je te pose c'est est-ce que est-ce que tu penses qu'il est possible qu'Emmanuel Macron euh fasse une sorte de coup d'État en ? Je te dis ça parce que ça commence à à C'est c'est des choses qui commencent à se entendre en fait.
Où il par exemple ce qui s'entend ce que moi j'ai entendu récemment c'est que il il de il le ferait en sorte de que le l'élection présidentielle ne puisse pas avoir lieu en euh en faisant ce qu'on appelle un euh je sais plus ce qu'il pouvait utiliser enfin Enfin bref il il a envie de torpiller quoi. Est-ce que tu penses que qu'il est capable de ça ? Non mais moi je moi j'y crois pas mais bon tout tout est possible par définition. Ce que je pense c'est que notre pays est un grand volcan que l'élection présidentielle qui va avoir lieu d'ici un an ne sera pas dans ce moment de tiédeur que certains croient et bon après les réactions de certains face à des événements on verra.
Non moi je pense que là où là où il y a c'est un débat alors demain il y a un débat que que qui c'est vous avez peut-être c'est un autre d'autres sujets tout aussi intéressant mais sur Napoléon avec quelqu'un qui est un pro Napoléon donc on va discuter de ça. Le le bonapartisme est là dans la vie politique ça c'est vrai. Alors moi pour moi Macron n'est pas un bonapartiste dans le sens où il va utiliser l'armée pour prendre le pouvoir. Mais par contre, il fait vivre ce que je disais tout à l'heure, j'ai pas développé, l'idée que on a besoin du grand personnage en quelque sorte qui transcende la lutte des classes, qui transcende les clivages, qui incarne le pays et cetera.
Il le fait avec des petits moyens, hein, bon. Mais c'est ça qu'il essaie de faire. Et c'est ça d'ailleurs que la 5e République fabrique elle-même. Le présidentialisme fabrique ça. Je pense que notre ennemi à nous, notre poison idéologique, c'est le présidentialisme. Le fait qu'une élection présidentielle qui vient n'est pas un moment de confrontation de programmes et d'idées, mais une confrontation de personnages qui sont le grand personnage qui va sauver le pays. Et c'est insupportable. Et ça nous infantilise intellectuellement. Et ça nous ramène à un état quasiment, hein, de de puérilité politique avec la caisse de résonance en plus de la médiatisation des choses aujourd'hui.
Où c'est des postures et cetera. Enfin, je veux dire, je veux pas être cruel, mais je voyais Patrick Kanner socialiste disant Hidalgo formidable, sa posture internationale, son Eh mec, et c'est quoi son programme, quoi, ? C'est qu'est-ce qu'il propose pour le ? Qu'on parle idées, qu'on parle pas personne. Il y a c'est on s'en fiche de de la la le caractère, je sais pas quoi. On m'a demandé ce matin de réagir à la primaire de la droite, mais ils pensent tous la même chose. Donc moi, je j'ai pas d'idées, quoi. C'est en gros à quelle température vous voulez être ? À 60°, 70° ou ? Bon, c'est pas passionnant, quoi. Ouais, c'est que je veux dire, bon. Donc le présidentialisme, faut casser ça.
Et ça, pour eux, pour faire vivre à leur truc, c'est le bonapartisme. La rencontre entre un peuple et un caractère, mais c'est des conneries tout ça. Je voyais Xavier Bertrand l'autre jour pour Il veut pas aller aux primaires, il a C'est une phrase célèbre de de de Gaulle, hein. Mais je n'irai pas aux primaires car l'élection présidentielle, c'est d'abord la rencontre entre un homme et un peuple. Non. Ça, c'est une pensée qui est pas une pensée républicaine. On n'a pas besoin de te rencontrer déjà. Bon, on s'en fiche déjà. On veut savoir éventuellement ce que tu as à proposer, mais bon, on a autre chose à faire.
Et puis même toi d'ailleurs, tu as pas les moyens de rencontrer 66 millions de gens enfin, on n'est pas con quoi. Faut arrêter de nous parler que que comme des imbéciles. Comprenez ce que je je veux dire par là. Et donc tous ces mots c'est et on a raison là sur tout ce qu'on s'est dit. Il y a des mots qui nous polluent le débat mais qui sont des mots qui sont pas des mots républicains. Et ils veulent transformer cette élection présidentielle qui doit être le grand moment républicain du pays à autre chose, à un moment bonapartiste où on se cherche un sauveur. Moi je cherche pas un sauveur. Je veux pas de sauveur, j'y crois pas en personne. Même en en nos propres camarades.
Tout peut arriver quand on concentre le pouvoir sur un homme ou une femme, c'est dangereux. Pas d'accord, faut des contrôles collectifs. L'histoire nous l'apprend. Donc vous voyez ce que je veux dire, donc je veux pas savoir qui c'est je cherche pas une campagne de remplacement, je cherche une campagne de changement. Je veux pas me substituer à Macron, je veux en finir avec le présidentialisme. Donc ça c'est des enjeux très importants. Et c'est pourquoi et c'est pourquoi Voilà, on s'auto applaudit hein parce que ce que je dis c'est notre programme à vous tous hein. Mais mais ouais.
Non mais genre le genre comme si j'avais dit un truc vachement intéressant mais mais ce que je veux dire c'est que et on va terminer là, c'est que la question démocratique et la question institutionnelle ne doit pas être un à côté de la campagne qui vient. Bien sûr la crise écologique, moi le rapport du GIEC cet été ça m'a cassé. Hier franchement c'est un c'est sidérant. L'idée quand je vois mes gamins quand ils auront 50-60 ans mais mais mes filles, possible qu'elles connaissent jamais ce qu'était le pôle nord. Enfin je veux dire qu'elles vont disparaître ça, tu te dis mais quand même qu'est-ce qui s'est passé, il y a un problème.
La question sociale, elle doit être présente aussi évidemment. Mais la question démocratique qui est la clé pour dénouer la question écologique et des et et sociale, elle doit avoir lieu dans la campagne. La 6e République, l'Assemblée constituante, faire vivre ça c'est pas un truc c'est pas une planante. Deux fois au moins dans notre pays il y a une assemblée constituante pour rédiger une constitution. Donc quand on dit ça, on renoue avec notre histoire, on puise dans ces hégémonies dont je parlais tout à l'heure de la longue histoire du pays. Et il faut que le peuple se mêle de ses affaires pour savoir pourquoi il veut vivre ensemble aujourd'hui.
Est-ce qu'on a encore envie de vivre ensemble les uns et les ? Ou est-ce qu'on se saute tous à la ? Faut qu'on en discute. Si on prend pas le temps de rediscuter de quels sont nos droits, quels sont les moyens de éventuellement avoir un contrôle sur nos représentants, comment on désigne nos ? Ce pays peut éclater, honnêtement. Il peut éclater, surtout que vous avez vu Macron, il en rajoute des tonnes. Chaque fois qu'il a un sujet où il peut cliver, il clive.
Le passe obligatoire, et vas-y, et je te montre du doigt ceux qui et tous les sujets, l'islam et tout, il chauffe, il chauffe, il chauffe, il chauffe parce qu'il pense, de ce point de vue-là, que lui il s'en sortira parce qu'il a un bloc, un bloc bourgeois qui se réunit contre lui. Donc il sait qu'il est minoritaire, mais il s'en fout, ça peut l'amener quand même au second tour et il pense à l'heure actuelle contre l'extrême droite il gagnera. C'est une stratégie minoritaire, il en a rien à mais il consolide un bloc. Et ça, c'est une logique qui peut fracturer le pays. la question démocratique pour répondre.
Mais il faut puiser pour faire comprendre l'enjeu démocratique dans justement cette tradition de de de républicaine, pas dans le côté "On a un grand sauveur à vous proposer, il s'appelle Jean-Luc Mélenchon." C'est pas ça le sujet. Personne n'y croit déjà. Enfin je veux dire, c'est pas ça qu'on veut. Donc bien sûr, on va mener campagne avec un Jean-Luc. Après, comme moi j'avais dit parfois une fois euh quand la Coupe du monde de football commence, bah viens pas avec un ballon ovale pour jouer, sinon euh tu as l'air Donc quand la présidentielle commence, bah tu viens avec un candidat et tu mets sa photo sur les affiches, sinon les gens comprennent rien. Hein, je veux dire évidemment.
Tu vas pas dire "Ah non, mais nous, on prend pas de candidat, on est un collectif." Bon, les gens comprennent rien. Enfin même si on est un collectif, vous comprenez ce que je veux dire. Bien sûr qu'il y aura des figures et Jean-Luc en est une et par ailleurs, c'est pas le plus maladroit d'entre nous pour faire circuler des idées, pour incarner quelque chose, pour symboliser quelque chose. Mais il faut sortir le débat de toutes ces fumées bonapartiste à la con comme quoi il y a quelqu'un qui a une vision, une grandeur, enfin vous comprenez ce que je veux vous dire, qui a compris, qui est plus intelligent, qui est machin. Enfin avec Macron, on a eu des choses incroyables.
Il est bon en piano, il est bien bon en philosophie. Vous rappelez-vous, il portait le maillot de l'OM, il est bon en foot. Enfin je veux dire, il était bon en tout le mec. C'est c'est quoi ? C'est bon, je veux dire, c'était ridicule. Pendant l'épidémiolo- pendant la la crise épi- et il y a un mec qui a dit, je sais plus qui c'était, qu'il était meilleur Non, il était devenu meilleur que les les les épidémiologistes. C'est je sais plus Blanquer. Enfin on en est venu au mec, il est encore plus fort que les savants, enfin.
Non mais quasiment, j'écrirais un roman dans lequel j'expliquerai "C'est une société où celui qui préside, il est plus intelligent que tout le monde." Et puis en gros, c'est un système démocratique, mais 70 % des gens vont plus voter. Vous me diriez "Mais en fait, tu es en train d'écrire une société totalitaire." Et puis ça vous ferait marrer. Bon, et ça s'appellerait plus euh 1984, mais euh 2024, quoi. Et pourtant, c'est ça, c'est la France, quoi. Et ça, c'est le présidentialisme qui qui qui rend dingue le truc. Donc faut en finir, faut abolir le présidentialisme, abolir la 5e République. Quand on est républicain, c'est la tâche qui est là. Merci les amis de m'avoir écouté.
Alors, si d'aventure ça vous intéresse sur la librairie là-bas, je fais une petite dédicace de du bouquin qui est sur qui est sur la table. Ah mer- Ah non non alors bon, il y a Non non non, je veux pas être censeur. On écoute la copine une dernière fois qui voulait dire un mot, parce que parce que je m'excuse, je m'excuse, je m'excuse. Ouais, c'est bon. Je voulais juste simplement parler des enfants ou de la des des nièmes générations de d'enfants d'immigrés. Parce que euh je suis militante à la FI, et c'est aussi un témoignage que je voulais apporter.
Je sais la difficulté que euh nombre de nos camarades de la FI ont du mal à militer dans euh les les quartiers dits populaires, et surtout avec les jeunes des des des 3e, 4e, 5e génération. Or, moi je suis je veux ici porter un témoignage, c'est que moi-même je suis fille d'immigrés et que la la façon que j'ai eu de me sortir des débats interminables sur les identités de est-ce que tu es du pays d'origine, est-ce que tu es française, ceci, cela, moi je m'en suis sortie justement par la Révolution française, par les idées d'universalisme.
Et là, c'est pour ça que je voulais insister là-dessus, c'est le créneau par lequel nous, militants laïcs, on peut intervenir auprès des enfants, auprès des dans les quartiers populaires, auprès des jeunes en développant l'idée d'universalisme. C'est être Ce n'est pas La question, c'est pas d'être Français au sens franchouillard, c'est de rejoindre les idéaux de la Révolution parce que ça donne une place, parce que les immigrés peuvent trouver une place en France par rapport aux idées de la Révolution. Et c'est comme ça qu'on peut les amener, entre autres, à voter et à prendre part, à prendre toute leur part dans ce dans notre débat, dans notre combat.
Et ça, il faut pas Il faut Il faut qu'on y pense parce que j'ai vu nombre de copains qui ont du mal et qui savent pas comment militer dans ces milieux-là. Et ben, moi je leur dis voilà, c'est comme ça que je m'y suis trouvée, c'est en parlant de la Révolution française, en parlant de de la lutte contre l'esclavage, en en remettant en question et en remettant à l'honneur toutes ces valeurs que que les jeunes ne auxquelles ils ils ne savent même pas que c'est les idéaux de la Révolution. Pour eux, la Révolution, c'est vaguement un truc de blanc.
Et ben, non, c'est justement les questions d'universalisme qu'il faut absolument remettre sur le devant de la scène et c'est comme ça que ces jeunes-là peuvent trouver leur place. C'est ça qu'il faut mettre en avant, je pense.
Alexis Corbière