Louvre : braquage d’une France désargentée - C dans l’air - 20.10.2025
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 50 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 99 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:43OuverteRéponse directe
Le casse du siècle est-il en train de devenir une affaire d'Etat ?
- 1:26OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a un espoir de retrouver ces bijoux ? Les malfaiteurs ont laissé des traces.
- 2:10RelanceRéponse directe
Certains gants ont été retrouvés. Est-ce que ça les amènera à quelqu'un ?
- 2:53OuverteRéponse directe
Ce qui est marquant, c'est de voir à quel point c'était simple. Comment les malfaiteurs ont-ils pu agir ainsi ?
- 3:36OuverteRéponse directe
Le Canard enchaîné révèle qu'avant, on pouvait faire disparaître les bijoux dans un coffre-fort. Comment vous avez regardé ce braquage ?
- 4:20OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a eu un complice ? J'ai l'impression que vous dites que même un visiteur aurait pu organiser ce casse.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:10L.ValdiguiéChiffre
« Ils ont de grandes chances, les policiers, d'avoir de l'ADN. Est-ce que ça les amènera à quelqu'un? Vraisemblablement. »
- 2:53A.CasseChiffre
« Plus de 8000 diamants ont été volés. »
- 4:20M.de Saint-PulgentFait
« C'est un défaut d'entretien, d'investissement dans la sécurité de l'entretien. »
- 5:05M.de Saint-PulgentFait
« Ils ont été menacés. »
- 5:36L.ValdiguiéFait
« La porte a dû sonner dans un local de sécurité. Je ne sais pas où il est, le local de sécurité. Il doit être très loin. »
- 6:13M.de Saint-PulgentFait
« En 98, quand le Corot a disparu, le type est sorti avec. »
- 6:58M.de Saint-PulgentFait
« C'est comme l'alarme de Notre-Dame. Le temps que les pompiers arrivent, la moitié de la toiture a disparu. »
- 8:24A.RosencherFait
« Quand ils sont violés comme ça, c'est très douloureux pour les Français. »
- 9:09A.RosencherFait
« On a appris après coup que la sécurité incendie avait été ramenée de 2 à 1 personne. Ca rendait les pauses un véritable casse-tête. »
- 11:16N.Abbou VidalChiffre
« Il y avait eu le diadème d'une princesse, estimé en 2022 entre 400 000 à 600 000 euros. Il a été adjugé plus de 2 millions d'euros. »
- 12:42F.d'AlmeidaFait
« Beaucoup des pièces volées ont été vendues par la République française en 1887 parce qu'on n'en pouvait plus de ces familles régnantes. »
- 19:07L.ValdiguiéFait
« Ils n'ont pas volé le plus beau. Le plus beau, c'est le Régent. »
- 22:34R.DatiFait
« Cette opération a duré presque 4 minutes. Ca a été très rapide. Ce sont des professionnels. »
- 23:11G.DarmaninFait
« Nous avons failli. »
- 28:17L.ValdiguiéChiffre
« En 5 ans, ils ont mis 138 caméras. Il y a 8000 pièces. »
- 29:45M.de Saint-PulgentFait
« L'Etat sacrifie toujours l'investissement de fonctionnement. C'est plus facile de couper dans les crédits d'investissement que dans les crédits de fonctionnement. »
- 30:28M.de Saint-PulgentFait
« Il y avait un schéma directeur qui avait été établi à l'issue de ces études et qui n'a pas démarré, ou trop lentement. »
- 31:54M.de Saint-PulgentFait
« Les anciens directeurs du musée ont lancé des études, des schémas directeurs relatifs au renouvellement des équipements techniques électriques, à la sécurité incendie, à la sûreté et à l'accessibilité des espaces du musée. »
- 33:20A.RosencherFait
« La France alloue à sa culture. La question, c'est les affectations. »
- 35:20S.BernChiffre
« Le tourisme culturel, c'est 4,5 points du PIB. C'est autant que l'automobile. »
- 36:01S.BernFait
« La ligne budgétaire d'entretien du patrimoine est souvent effacée au profit de choses plus immédiates. »
- 36:45S.BernFait
« On attend vraiment un incendie, une catastrophe, une inondation pour faire des travaux. »
- 37:28S.BernChiffre
« 52 % du patrimoine est dans des communes de moins de 2000 habitants. »
- 38:13S.BernChiffre
« Près d'un quart des monuments historiques sont en mauvais état ou en péril en France. »
- 38:53F.d'AlmeidaFait
« Le Louvre, c'était la vache à lait des monuments. »
- 45:22L.ValdiguiéFait
« La bague de K.Kardashian... Les policiers ont suivi l'équipe de Géorgiens jusqu'à Anvers. Ils n'ont pas voulu intervenir à ce moment-là, de peur de perdre la bague. »
- 46:33L.ValdiguiéFait
« Depuis hier, ces bijoux sont invendables en tant que tels sur le marché. »
- 52:16G.LarcherChiffre
« Il est prévu que nous empruntions, pour tenir 2026, 393 milliards d'euros. »
- 56:33M.de Saint-PulgentChiffre
« Le prochain budget prévoit 100 millions de moins sur le budget du patrimoine. »
- 57:15M.de Saint-PulgentFait
« Il y aura des coupes. Le Louvre a en effet d'énormes recettes parce qu'ils ont énormément de visiteurs. »
Temps de parole
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Always. ... - A.Casse: Bonsoir. Le casse du siècle est-il en train de devenir une affaire d'Etat? Comment les joyaux de la Couronne ont-ils pu être dérobés si facilement au Louvre? C'est la question qui fait la une des médias du monde entier. Un braquage en plein jour devant les gardiens du musée et quelques visiteurs en 7 minutes seulement. On dirait presque le scénario d'un mauvais film où les cambrioleurs ont utilisé un monte-charge. Ils étaient déguisés en ouvriers. Ca a marché. E.Macron a promis que les bijoux seraient retrouvés et les malfaiteurs arrêtés. Ces joyaux ont-ils disparu à jamais? On est avec L.Valdiguié. Bonsoir. Vous êtes journaliste d'investigation à "Marianne". A.Rosencher, vous êtes directrice déléguée de la rédaction de "L'Express". M.de Saint-Pulgent, bonsoir. Vous êtes ancienne directrice du patrimoine au ministère de la Culture. F.d'Almeida, vous êtes vice-président de l'université Paris Panthéon-Assas. Est-ce qu'il y a un espoir de retrouver ces bijoux? Les malfaiteurs ont laissé des traces.
- L.Valdiguié: C'est une course contre la montre. Ils ont gagné la course pendant ces 7 minutes. Ils ont pu en sortir avec des trésors nationaux aux yeux de tous. On n'imagine pas un braquage de la couronne d'Angleterre dans la Tour de Londres en 7 minutes. Ca paraît impensable. Au Louvre, ils l'ont fait. C'est le casse du siècle. C'est un exploit. C'est des bijoux inestimables. Est-ce qu'on va les retrouver? Ils ont laissé derrière eux le monte-charge qu'ils devaient brûler. Il y avait des bidons d'essence. Il y avait des disqueuses, des gants...
- A.Casse: Certains gants ont été retrouvés. - L.Valdiguié: Ils ont de grandes chances, les policiers, d'avoir de l'ADN. Est-ce que ça les amènera à quelqu'un? Vraisemblablement. C'est la question que se posent tous les enquêteurs: s'ils ont un individu, un ADN, est-ce qu'ils y vont tout de suite ou ils attendent? Ils font l'entourage? Ils essaient de voir comment cet individu va les amener à tous les autres? Ce qui les intéresse, c'est les bijoux. C'est une course contre la montre. Plus de 8000 diamants ont été volés. Ils peuvent se revendre à la découpe un par un assez facilement.
- A.Casse: Ce qui est marquant, c'est de voir à quel point c'était simple. Il suffisait de venir avec un monte-charge le dimanche, alors qu'on sait qu'il n'y a pas de travaux le dimanche. Ils savaient sur quelle fenêtre taper. - L.Valdiguié: Cette même fenêtre avait été forcée en 1976 pour voler l'épée de Charles X qui n'a jamais été retrouvée. Ils avaient juste poussé la porte... La voisine de gauche a dirigé le patrimoine. C'est affolant qu'on puisse rentrer au Louvre, et en plus
par cette porte qui donne sur une des salles les plus... Ce n'est pas les objets les plus chers en termes de prix de tout le Louvre. Il y a des tableaux de Vermeer ou de Rembrandt qui coûtent plus cher. Mais là, ce sont des bijoux. Ca suscite les convoitises. C'est facilement revendable. Les vitrines sont blindées. En 7 minutes, ils se sont garés... - A.Casse: "Le Canard enchaîné" révèle qu'avant, on pouvait faire disparaître les bijoux dans un coffre-fort. C'était plus efficace, avant. Comment vous avez regardé ce braquage?
Ca convoque notre imaginaire. On pense à Arsène Lupin. - M.de Saint-Pulgent: A.Hepburn... - A.Casse: Avec P.O'Toole, au Louvre. - M.de Saint-Pulgent: Là, c'était un vol astucieux. Là, c'est un vol brutal et rapide. C'est très préoccupant. Ca montre l'état d'entretien de notre patrimoine, plus généralement. C'est un défaut d'entretien, d'investissement dans la sécurité de l'entretien. La sécurité, ça passe par des moyens physiques. On voit bien qu'il y a un problème... C'est trop facile de briser une fenêtre pour entrer dans le Louvre. C'est trop facile d'entrer par une fenêtre blindée. L'alarme a résonné.
Tout le monde a vu ce qui se passait. Le problème, c'est qu'ils ont pu emporter ce qu'ils ont emporté avant que qui que ce soit puisse réagir. - A.Casse: On voit un cambrioleur... Ils sont filmés. Les gardiens, qu'ont-ils fait? Pourquoi personne n'a réagi? - M.de Saint-Pulgent: Ils ont été menacés. - L.Valdiguié: Avec l'engin... C'est un gros truc, la disqueuse. Les gardiens ont fait le règlement. Ils ont mis en sécurité le public. C'était astucieux d'attaquer quand le Louvre venait d'ouvrir, le dimanche, car il y avait moins de monde. C'était astucieux de faire ça le dimanche. La porte a dû sonner dans un local de sécurité. Je ne sais pas où il est, le local de sécurité. Il doit être très loin. Il doit y avoir des gens armés. On ne sait pas où ils sont.
Personne ne les a vus. Tout est fait pour que, normalement, vous ne puissiez pas sortir. - M.de Saint-Pulgent: En 98, quand le Corot a disparu, le type est sorti avec. - A.Casse: L'épée de Charles X, c'est pareil. L'alarme se déclenche. Il y a une alarme qui est reliée du Louvre au ministère de l'Intérieur. Elle s'appelle Ramses. Elle fonctionne? - M.de Saint-Pulgent: Le temps qu'ils arrivent... C'est comme l'alarme de Notre-Dame. Le temps que les pompiers arrivent, la moitié de la toiture a disparu. Dans les 2 cas, c'est un défaut d'entretien. Ca aggrave le sinistre. - L.Valdiguié: Quelqu'un aurait surveillé un peu... On le voit physiquement aux images. Le mastic a l'air de tomber sur la fenêtre... La porte est vétuste. - A.Casse: Est-ce qu'il y a eu un complice... J'ai l'impression que vous dites que même un visiteur, en sortant du Louvre, aurait suffisamment d'informations pour essayer de penser à un casse. - L.Valdiguié: C'est pour ça que la situation actuelle est un désastre absolu.
Le mythe du Louvre inviolable est tombé. - A.Casse: C'est intéressant, le parallèle avec Notre-Dame. On est dans le symbole. - A.Rosencher: C'est un bien commun très particulier. Ca appuie sur des symboles. Quand ils sont violés comme ça, c'est très douloureux pour les Français. Quand il se passe quelque chose d'aussi effarant, on se demande de quoi c'est le symptôme symboliquement. Quand vous avez affaire à des symboles comme celui-là, du patrimoine aussi incroyable que Notre-Dame, vous vous dites que ça doit forcer l'humilité de ce dont on hérite et donc qu'on a le devoir de protéger, de chérir pour le bien commun. Pour Notre-Dame, on sait qu'il y a un rapport d'enquête. C'était de la négligence. On a appris après coup que la sécurité incendie avait été ramenée de 2 à 1 personne. Ca rendait les pauses un véritable casse-tête.
Dans le grand registre du chantier était consigné depuis 2015 qu'il y avait des mégots partout, des appareils thermiques qui pouvaient constituer une menace. On s'est dit rétrospectivement: "Comment a-t-on pu être aussi désinvoltes avec les quelques choses qui parlent autant aux Français et même au monde?" Il en va aussi de notre image et de notre fierté. Il y a quelque chose... Quand Napoléon parle, avant la bataille du Caire... Il dit: "Songez que du haut de ces pyramides, 40 siècles d'histoire vous contemplent." Il parle de "l'histoire", pas de nous. Ca veut dire que nous sommes regardés quelque part par cette histoire, par ce patrimoine, et nous devons être humbles face à cela et mettre les moyens
de cet héritage, de mériter cet héritage. - A.Casse: Je ne sais pas comment les joyaux de la Couronne nous regardent... - A.Rosencher: Ils nous jugent très sévèrement! - A.Casse: On est avec N.Abbou Vidal, professeure à la Haute Ecole de joaillerie. Le ministre de l'Intérieur dit que ces bijoux dérobés ont une valeur inestimable. On a la liste et les photos. Il y a des boucles d'oreilles, des colliers en émeraude, une broche reliquaire... Il y a le diadème de l'impératrice Eugénie. Est-ce que c'est vraiment impossible d'estimer ces bijoux? J'espère que vous êtes encore avec nous. - N.Abbou Vidal: Oui, c'est bon. Je suis là. - A.Casse: Je vous écoute. - N.Abbou Vidal: J'ai quelqu'un qui veut absolument m'appeler... Voilà... Pardon... - A.Casse: C'est une valeur vraiment inestimable? - N.Abbou Vidal: C'est totalement inestimable. Ca appartient à l'Etat français. On a une interdiction légale de les vendre. On ne peut pas faire une valeur sur ces bijoux. Si on devait rechercher des bijoux un peu équivalents... Il y a des bijoux un peu similaires qui ont été vendus sur le marché
et qui, par rapport à l'estimation que les experts avaient faite, avaient fait fois 3 ou fois 4. Il y avait eu le diadème d'une princesse, estimé en 2022 entre 400 000 à 600 000 euros. Il a été adjugé plus de 2 millions d'euros. Même l'estimation qu'on pourrait en faire ne sera jamais le prix que ça pourrait se vendre. Il y a une différence. - A.Casse: On parle d'une dizaine de millions d'euros au moins. C'est la fourchette basse. On va regarder ces bijoux. Sur la broche reliquaire, l'historien Eric Anceau dit: "Les 3 gros diamants venaient de Louis XIV et le plus gros avait été porté par Marie-Antoinette dont on sait combien Eugénie l'aimait." On parle des diamants les plus anciens de la Couronne. C'est ce qu'on a perdu hier. - F.d'Almeida: Oui. L'ensemble de ces bijoux...
Il y avait d'autres bijoux plus anciens, des bijoux de Louis XVI ou de Louis XIV... Ils ont été réutilisés et ça montre qu'il y avait malgré tout une continuité entre les familles royales qui ont gouverné la France jusqu'en 1870. C'est une pratique, qu'il y ait des couronnes et des diadèmes. Ca renvoie à cette haute société presque d'Ancien Régime qui s'est perpétuée jusqu'au XIXe siècle. Beaucoup des pièces volées ont été vendues par la République française en 1887 parce qu'on n'en pouvait plus de ces familles régnantes. On vomissait ce que représentaient ces bijoux. Le plus comique, c'est qu'on a attendu patiemment. Petit à petit, on a tout reconstitué. On en a racheté en 92, en 79 pour refaire en quelque sorte l'histoire du bijou. Au Louvre, il y a de l'art, mais aussi des histoires
de savoir-faire. Ces bijoux rendent hommage à l'orfèvrerie française et à tout ce qu'elle est capable de faire. C'est pour ça qu'on avait envie de retrouver ces pierres. - A.Casse: Nathalie, vous vouliez nous parler du grand noeud de corsage d'Eugénie. Pourquoi vous marque-t-elle plus que les autres? - N.Abbou Vidal: Elle est magnifique. C'est un travail extraordinaire qui a été fait. Tous les bijoux sont extraordinaires. C'est un savoir-faire qu'on ne sait plus faire aujourd'hui. Les pierres sont chargées d'histoire.
Ce sont des bijoux qui ont brillé à Versailles, qui ont été desserties, resserties... Oh là là... Je suis appelée tout le temps. Je suis désolée. On fond l'or mais on récupère les pierres. Ca n'a pas de prix. Ah là là... Je suis désolée! - A.Casse: On vous retrouvera tout à l'heure. Je vous laisse dire à cette personne de ne plus vous appeler. Il y avait combien de diamants dans ce butin? - L.Valdiguié: Il y en a au moins 8000. Le grand reliquaire résume tout. Il y a des diamants de Mazarin. Mazarin était en bisbille avec Louis XIV. Il en a donné une vingtaine à Louis XIV. Ils ont été portés par Louis XIV. Louis XIV adorait les diamants. Marie-Antoinette s'en est fait des boucles d'oreilles.
Voilà... On voit le plus gros. Il a été fait en reliquaire par Eugénie, la femme de Napoléon III. Derrière, il y a le mot "reliquaire". Ca, c'est l'histoire de France à lui tout seul. Le saphir... Il y a une couronne avec des saphirs bleus. On ne sait pas trop d'où ça vient. C'était à Hortense, la fille de Joséphine. Ca a été racheté par Louis-Philippe pour la reine Amélie. On pense que les pierres étaient dans quelque chose de Marie-Antoinette. C'est l'histoire de France. Le grand collier, les émeraudes... C'est Marie-Louise. C'est Napoléon. C'est le cadeau de mariage à Marie-Louise. L'impératrice d'Autriche est partie avec. - F.d'Almeida: C'est peut-être l'objet le plus touchant. Il y a des objets d'apparat. Une couronne, c'est un objet d'apparat. Un diadème, pareil. Un collier, même si c'est un grand collier d'apparat, il y a quelque chose d'intime. On imagine que l'empereur lui a mis autour du cou... Il ne l'a sans doute jamais fait. Mais ça fait rêver. - L.Valdiguié: On a une chance dans tout ça. - A.Casse: Une chance et une malchance...
- L.Valdiguié: Ils n'ont pas volé le plus beau. Le plus beau, c'est le Régent. Le plus beau diamant du monde. - A.Casse: 140 carats. Pourquoi ne l'ont-ils pas pris? - L.Valdiguié: C'est le mystère de ce casse. Quand on a regardé hier la liste... La liste officielle a été volée. C'était facile de voir quel était le contenu de la salle. Dans cette salle, si vous et moi, on avait eu envie de voler quelque chose, on aurait choisi la couronne de Louis XV. - A.Casse: D'accord! - L.Valdiguié: Pour un profane, c'est le plus bel objet. C'est une énorme couronne de toutes les couleurs. Il y a du bleu, du rouge, du vert... Il y a tout. Seulement, tout est faux. La IIIe République a tout vendu. Au moment de la vente...
- A.Casse: Ca, c'est la couronne qui a été sauvée. On en parlera tout à l'heure. - L.Valdiguié: Tout est faux. S'ils avaient volé la couronne de Louis XIV, ils seraient allés à Anvers pour essayer de les revendre... La IIIe République a tout vendu. Pour garder la couronne de Louis XV, ils ont mis du verre. Seulement, autour de la couronne de Louis XV, dans la vitrine qu'ils n'ont pas touchée, il y a 3 diamants: le Régent, le Sancy et l'Hortensia. Le Régent, c'est un des plus beaux diamants de la Couronne de la collection. Il avait été volé en 1792, à l'Hôtel de la Marine, où les révolutionnaires avaient entreposé tout le butin royal. Tout a été volé, dont le fameux diamant bleu. Il est dans un musée à Washington. - A.Casse: Revenons au Régent...
Là, on se perd! - L.Valdiguié: Depuis hier et depuis qu'il y a tous ces soupçons sur le thème "est-ce que ce n'est pas un chef d'Etat étranger qui n'aurait pas commandité tout ça?"... Si un chef d'Etat étranger avait commandité tout ça, il aurait volé le Régent. Celui-là, il ne se vendrait pas à la sauvette comme les 8000 diamants en vrac qu'ils ont maintenant sur les bras. Celui-là, c'est le plus beau diamant du monde. Heureusement qu'il est resté. Il faudrait savoir ce que le Louvre va en faire. Il n'est pas question, j'imagine, de le laisser dans cette salle. - M.de Saint-Pulgent: La valeur de ces bijoux, c'est surtout une valeur patrimoniale. C'est de ce point de vue qu'ils sont inestimables. Ce n'est pas du point de vue monétaire. C'est la perte patrimoniale, la perte de ce qu'a été
la joaillerie française. Un des risques les plus évidents de cela, c'est qu'on ne retrouve pas les parures. - L.Valdiguié: Si c'est fondu... - M.de Saint-Pulgent: Que les voleurs se débarrassent des parures et négocient les pierres précieuses après les avoir retaillées. - A.Casse: On va continuer. On a encore une heure, ne vous inquiétez pas. On va d'abord parler du Louvre. Il était fermé aujourd'hui. Le rapport de la Cour des comptes est accablant. Il devait être publié à la fin de l'année. L'AFP a pu le consulter aujourd'hui. Il alerte sur le manque de vidéosurveillance et sur les équipements dépassés. - Dimanche matin, le monde entier se réveille
avec une histoire incroyable. - Gros cambriolage au Louvre. - Un vol de bijoux spectaculaire au Louvre en pleine matinée. - Ils n'ont pas fait cela la nuit mais en plein jour. Il y avait des visiteurs. - Le braquage du Louvre fascine et intrigue. - Ils étaient 4 et manifestement très professionnels. L'attaque a duré moins de 10 minutes. - Il est 9h hier. Le musée du Louvre ouvre ses portes. Comme tous les dimanches, les visiteurs affluent. 9h30, 2 motards remontent les bords de Seine. A bord d'un camion-nacelle, 2 cambrioleurs les suivent et stationnent sous les fenêtres de la galerie d'Apollon. Le braquage va durer 7 minutes. Les malfaiteurs se hissent Aux premiers étages, les visages cachés sous des cagoules noires, et fracturent la fenêtre à l'aide d'une disqueuse. Les voilà dans l'aile qui abrite les joyaux de la Couronne
de France. Ils s'enfuient avec les bijoux. Dans leur fuite, ils abandonnent la couronne de la reine Eugénie, 1350 diamants. - Par ici, s'il vous plaît! - Les visiteurs sont évacués en urgence. Les voleurs ont déjà pris la fuite. - On était dans la file d'attente. On nous disait qu'il y avait un problème technique. Pour l'instant, le musée est fermé. - C'est rocambolesque de se dire qu'il y avait les bijoux de la Couronne de France et que c'est possible de venir avec une nacelle, de monter, casser une vitre, les prendre et repartir avec. - On est en plein film hollywoodien! - Après l'émotion et la stupeur viennent les questions. C'est la ministre de la Culture qui annonce le braquage. Anticipant les critiques, elle intervient
au JT de 13h de TF1. - R.Dati: Cette opération a duré presque 4 minutes. Ca a été très rapide. Ce sont des professionnels. La criminalité organisée s'attaque aux objets d'art et les musées sont devenus des cibles. - Alors que le ministre de l'Intérieur, ancien préfet de police, évoque la piste étrangère... - L.Nunez: Il y a eu une attaque bélier il y a 10 ou 15 jours dans un magasin de luxe. Des sacs ont été volés. Les auteurs ont été interpellés très vite. Tout le butin a été retrouvé. C'était des auteurs étrangers. Il est possible aussi que ce soient des auteurs étrangers. - Hier soir, E.Macron promet de retrouver les coupables.
... Ce matin, les braqueurs sont toujours en fuite et les bijoux introuvables. - G.Darmanin: Ca la fiche mal. Pour avoir été ministre de l'Intérieur, je sais qu'on ne peut pas faire non plus la sécurisation totale de tous les lieux. Ce qui est sûr, c'est que nous avons failli. On est capable de mettre un monte-charge en pleine rue de Paris, faire monter des gens quelques minutes pour récupérer des bijoux inestimables. - De la gauche à l'extrême droite, les critiques fusent.
... Au lendemain du cambriolage, un rapport de la Cour des comptes qui devait être dévoilé début novembre accable l'Etat et dresse un tableau alarmant de la sécurité au Louvre. - A.Casse: L'affaire prend un tour politique. E.Macron dit que les malfrats seront retrouvés et traduits en justice... Il va tenir cette promesse? - A.Rosencher: Il peut les retrouver. Le problème, c'est de retrouver les bijoux. Ca fait 2 fois qu'E.Macron doit gérer un symbole de cette nature. Notre-Dame, ça a été plus dramatique. Il y avait le feu et les flammes. Quand il rapporte le moment où il s'entretient avec le général des pompiers, qui dit qu'il va falloir envoyer 200 pompiers et qu'E.Macron demande ce qui va se passer
si ça se passe mal et qu'on lui dit qu'il peut y avoir des décès... Les drames sont des scripts de génie, parfois. Le script est un peu moins génial. On a l'impression d'être dans un film ou que sais-je. Est-ce qu'il va les retrouver? Probablement. Est-ce que l'opposition en fait son beurre? Bien entendu. On parlait tout à l'heure de quoi ça pouvait être le symptôme. Il y a quand même une petite crise de l'Etat en France, qui sait montrer ses beaux restes quand il se mobilise pour des choses exceptionnelles, les JO, la reconstruction de Notre-Dame... - M.de Saint-Pulgent: La restauration! - A.Rosencher: Oui, excusez-moi... En revanche, le rythme de croisière, il y a des dysfonctionnements systémiques. - A.Casse: On reçoit beaucoup de messages
sur ce thème-là. ... - F.d'Almeida: Beaucoup de gens réclament des démissions et disent qu'en France, on ne démissionne pas, on doit assumer la suite. L'humiliation nationale, ça arrive quand il y a un cambriolage. Je ne le prendrais pas dans ce sens. Ce musée avait été très peu cambriolé. Le Louvre, malgré tout, avait une bonne réputation. C'est ça qu'il faut rétablir. Il faut rétablir la crédibilité, la capacité dissuasive du monument à être attaqué
ou à faire l'objet de vols. La question d'humiliation nationale, ça va avec l'hypothèse d'une puissance étrangère ou d'un acte qui relève d'une tentative de renforcer le chaos français. Si on laisse cette question de côté et qu'on s'en prend simplement au fait qu'on a pu faire un cambriolage dans un grand monument français, c'est ça qui est en jeu: la dissuasion. La phrase du président de la République est là. Je ne pense pas que c'est seulement la dimension de rodomontades, de manifester une assurance excessive. Je crois qu'il y a cette idée qu'en garantissant qu'il y aura des conséquences pour ceux qui s'en sont pris à ce monument,
il essaye de restaurer la crédibilité du monument. Ca signifie qu'on va se donner les moyens de. - A.Casse: En même temps, il y a ce rapport accablant de la Cour des comptes, qu'on découvre aujourd'hui. Seulement un tiers des salles du Louvre est doté de caméras de vidéosurveillance. On est ébahi, quand on lit ça. - L.Valdiguié: En 5 ans, ils ont mis 138 caméras. Il y a 8000 pièces. La meilleure sécurité du Louvre... 98, le Corot... La dissuasion, c'est de penser qu'il y a beaucoup de monde à l'intérieur. C'est la dissuasion.
- A.Casse: Ca s'effondre aujourd'hui. - L.Valdiguié: C'est tellement violent... Je ne sais pas comment ils vont faire. Il y a 8000 fenêtres au Louvre. 33 000 oeuvres, 8000 fenêtres... - F.d'Almeida: Ca n'a pas été conçu... - L.Valdiguié: Je ne sais pas comment ils vont faire dès lors que cette possibilité de rentrer là-dedans comme un moulin est maintenant perçue par tout le monde. - A.Casse: Ca veut dire que c'est peut-être la fin du Louvre tel qu'on l'a connu. - L.Valdiguié: Ca veut dire que vous pouvez, demain matin, avoir une équipe...
Notre-Dame, c'était facile de monter dans les tours. Si c'est à ce point facile de rentrer dans le Louvre, vous vous rendez compte le nombre d'idées que ça peut donner à des gens? - A.Casse: Il ne va jamais rouvrir? - M.de Saint-Pulgent: Ca, c'est pour le coup impensable. Ce que souligne la Cour des comptes, c'est ce que nous connaissons bien, malheureusement, dans le fonctionnement de l'Etat. L'Etat sacrifie toujours l'investissement de fonctionnement. C'est plus facile de couper dans les crédits d'investissement que dans les crédits de fonctionnement. C'est la partie sacrifiée de la loi de finances quand il faut faire des économies.
Au sein des investissements, ce qui est toujours sacrifié aussi, c'est ce qui ne se voit pas. Ce qui ne se voit pas, c'est la sécurité incendie, la sécurité vol... Ca ne s'inaugure pas. On peut inaugurer facilement une nouvelle salle, une nouvelle aile, mais on n'inaugure pas des caméras de surveillance ni un réseau de sécurité incendie pour faire Notre-Dame de Paris. Les chefs d'établissement, quand ils ont besoin de crédits supplémentaires, il faut quelque chose qui attire l'attention, j'allais dire, du "monarque". On voit très bien quels sont les choix,
malheureusement, faits au sein d'une part du budget qui sont malheureux. Je l'ai regretté en permanence. J'ajoute qu'il y a aussi une préférence dans les investissements dans la construction du neuf plutôt que dans l'entretien de l'existant. Sacrifice du schéma directeur du Louvre sur la surveillance... - A.Casse: Ca devient une affaire d'Etat? On reçoit beaucoup de questions qui demandent pourquoi il n'y a pas de démission. Démission de la ministre de la Culture, de la directrice du Louvre... Qui a failli?
- M.de Saint-Pulgent: La Cour des comptes souligne que les manques s'étalent sur plusieurs années. Ce n'est pas l'actuelle ministre ou l'actuelle présidente du Louvre... Ce n'est pas que. Le problème... L'an dernier, on a supprimé 200 millions d'euros sur le budget du patrimoine au ministère de la Culture. Ce n'est Pas la ministre de la Culture qui l'a fait, pas la présidente du Louvre... - A.Casse: Ce rapport de la Cour des comptes est important. Il faut le lire. Dès la fin des années 2000, les anciens directeurs du musée
ont lancé des études, des schémas directeurs relatifs au renouvellement des équipements techniques électriques, à la sécurité incendie, à la sûreté et à l'accessibilité des espaces du musée. Ces études sont très longues. Elles s'étalent sur plusieurs années. C'est aussi ça que ce rapport met en cause, le manque d'actions à court terme. - M.de Saint-Pulgent: Il y avait un schéma directeur qui avait été établi à l'issue de ces études et qui n'a pas démarré, ou trop lentement. On n'a pas mis assez de moyens pour mettre en oeuvre les préconisations des études. Mais c'est partout pareil. Il n'y a pas que ça qui ne marche pas au Louvre. Le réseau incendie n'est pas parfait.
A Versailles, on a mis plus d'un quart de siècle à mettre un réseau incendie. Quand j'ai interrogé C.Pégard il y quelques années, ce n'était pas encore fini. Le réseau incendie! - A.Casse: L'ampleur de cette affaire... On est en présence d'un scandale d'Etat? Quel mot on accole sur ce qui se passe aujourd'hui? "Nous avons failli", cette phrase a été prononcée ce matin par G.Darmanin, ministre de la Justice. - A.Rosencher: Oui, dans l'affectation des budgets. Il va toujours y avoir des gens Pour dire "est-ce qu'on alloue assez à la culture?"
Quand on regarde les enveloppes, les comparaisons européennes, la France alloue à sa culture. La question, c'est les affectations. La préférence pour l'inauguration, le fait de laisser sa petite trace, les politiques clientélistes qui vont subventionner telle ou telle chose et qui en oublient l'essentiel, l'essentiel étant la sécurisation d'un patrimoine inestimable et qui, quand il est touché, fait bouger quelque chose au sein des Français, parce que ce patrimoine, c'est le patrimoine de tous les Français... On a beau être en plein centre de Paris,
ça touche au coeur de tous les citoyens. M.Bloch disait: "Celui qui ne pleure pas à la fête de la fédération et au sacre de Napoléon n'a rien compris à la France." Ca touche à ces choses-là. En effet, il va falloir parler sérieusement de l'affectation de la dépense publique en France, notamment dans le ministère de la Culture. Mais il n'y a pas que ça. - A.Casse: Ce que dit Anne fait écho à cette phrase de S.Bern: "Ca donne un coup au moral des Français." Il avait déjà alerté sur le manque de moyens pour moderniser le Louvre.
- C'est un joyau du patrimoine français en péril. Il y a quelques mois, une note confidentielle alertait sur l'état de délabrement du Louvre, Le musée le plus visité au monde. Un signal Très inquiétant pour S.Bern, qui a fait de la défense du patrimoine son combat. - S.Bern: On regarde "La Joconde"... La salle se dégrade, on ne voit pas les peintures qui sont autour... Il y a des infiltrations d'eau... La pyramide n'est pas étanche. Elle fait un effet de serre avec cette chaleur insupportable... Il faut recréer d'autres entrées.
Il faut augmenter l'offre. - Repenser l'espace des sites français à l'heure du surtourisme, une urgence alors que la France a accueilli plus de 100 millions de visiteurs étrangers en 2024. - S.Bern: On est toujours la 1re destination mondiale, mais les gens ne s'arrêtent pas en France. Ils poursuivent en Espagne et ils y dépensent beaucoup plus d'argent. Ce n'est pas normal. On est le pays le plus attractif pour les touristes, mais les gens ne s'arrêtent pas. Ils viennent pour quoi? Pour nos trésors. Nos plages, évidemment, nos campagnes, nos villes, tous nos trésors patrimoniaux et architecturaux. Mais encore faut-il les présenter dans un bon état.
Si c'est pour montrer un pays en ruine, ce n'est pas la peine. Le tourisme culturel, c'est 4,5 points du PIB. C'est autant que l'automobile. Pourquoi faut-il le négliger? - Nommé à la tête de la Mission patrimoine par E.Macron en 2017, S.Bern appelle l'Etat à en faire une cause nationale et à ne pas sacrifier la culture sur le thème du budget. - S.Bern: La ligne budgétaire d'entretien du patrimoine est souvent effacée au profit de choses plus immédiates.
On attend vraiment un incendie, une catastrophe, une inondation pour faire des travaux, alors que si on entretenait au fil de l'eau, si je puis dire, année après année, le patrimoine, si on faisait des tranches de travaux chaque année... C'est notre conception de la sauvegarde du patrimoine qui ne va pas. - Selon lui, les communes ne devraient pas être obligées de vendre leurs vieilles pierres pour survivre financièrement. - S.Bern: C'est non seulement un crève-coeur, mais ça me révolte. Ca me révolte de voir qu'alors qu'on sait que 52 % du patrimoine est dans des communes de moins de 2000 habitants... C'est parfois la seule richesse d'un village. Quand les gens voient un patrimoine à l'abandon, ça accentue le sentiment de déclassement.
Il ne faut pas s'étonner si, ensuite, leur vote est protestataire. Ils ont le sentiment d'être abandonnés par l'Etat. Je pense que l'Etat devrait être plus modeste. Moi qui suis franco-luxembourgeois, je peux vous dire que dans mon petit pays, les ministres rendent leur voiture à 18h, prennent les transports en commun ensuite... Les réceptions, c'est à leurs frais. On ne fait pas de réceptions à tout casser. On veut toujours faire croire que la France est le pays où il faut dépenser. Non! On n'a plus les moyens. - S.Bern appelle les fonds de financement privés à prendre le relais pour sauver le patrimoine français.
Près d'un quart des monuments historiques sont en mauvais état ou en péril en France. - A.Casse: Comment vous réagissez à ces propos de S.Bern qui parle d'un sentiment de déclassement qui croît chez les Français? - F.d'Almeida: C'est un sentiment réel. Le Louvre, c'était la vache à lait des monuments. C'est un monument qui rapporte beaucoup d'argent. Aujourd'hui, il garde son argent et il doit se donner lui-même les moyens. La grande chance du Louvre, c'est qu'à un moment... On peut détester cette pyramide, mais elle a remis de l'investissement massif dans les investissements muséaux. Il manque peut-être ça aujourd'hui, un nouvel acte.
Il faut un nouvel acte présidentiel qui remette le Louvre... Sur le patrimoine local, on est un pays où le privé s'est beaucoup occupé du patrimoine. Il n'y aurait pas tout ce patrimoine sous nos yeux Si, au XIXe siècle, ça n'avait pas été des privés qui s'en étaient occupés. Ce serait pareil dans beaucoup de zones centrales, dans des petites villes ou des villages. S'il n'y avait pas eu la loi Malraux, on n'aurait pas eu tous les investissements de personnes privées qui ont permis de maintenir le patrimoine debout. Le privé est là, mais on a quand même besoin
d'une politique d'Etat. C'est notre patrimoine national. On a de grands monuments nationaux. On en a beaucoup. C'est un aspect qu'on ne peut pas laisser seulement au privé. L'Etat doit aussi gérer ce qu'il a. - A.Casse: L'écrivain S.Tesson, qui était sur France Inter, parle d'un casse de la mémoire française. - S.Tesson: Je ne suis jamais allé voir les joyaux de la Couronne. Il faut aussi s'interroger sur le petit hold-up intérieur qu'on fait avec l'histoire française. La prochaine fois, je m'intéresserai aux joyaux de mon pays avant de déplorer que les systèmes de sécurité ne soient pas assez performants. - A.Casse: Il parle d'un "hold-up de notre mémoire". On ne s'intéresse pas forcément à nos joyaux. - A.Rosencher: C'est vrai, sauf qu'en l'occurrence,
c'était une salle très visitée, notamment par les écoles. On peut parfois déplorer le fait qu'on aille moins voir le patrimoine. Je ne suis pas tout à fait sûre de ça. Les Journées du patrimoine sont toujours un grand succès. Il y a toujours un rapport charnel des Français avec leur patrimoine. C'est ça qui fait mal, quand il nous arrive quelque chose comme ça. Juste un mot sur ce que disait S.Bern... Il y a un chiffre à avoir en tête. L'Etat, au dernier pointage, dépensait 139 euros par Francilien pour la culture, contre 15 euros par habitant dans le reste de la France.
Cette histoire de patrimoine est aussi vécue comme quelque chose d'un peu inégalitaire. On peut se dire qu'avec ces 139 euros, on n'arrive pas à sécuriser le Louvre. Il y a donc quelque chose qui passe mal.. - A.Casse: Vous parliez de ce rapport charnel qu'on a à ces bijoux. Regardez la couronne de l'impératrice Eugénie. Elle a été retrouvée et on est ravis, mais elle est abîmée. On ne sait pas dans quel état. On la voit sur ce tableau. Regardez sa main. C'est la couronne qu'elle ne portait jamais.
Elle préférait le diadème. - L.Valdiguié: Quand on regarde les objets volés, c'est peut-être le seul... C'est curieux qu'ils l'aient abandonné. Dans la précipitation de la fin, ils ont oublié de mettre le feu et ils ont laissé ce trésor. C'est un trésor. Je crois qu'il y a 1900 diamants sur cette couronne. - A.Casse: Près de 2000, en effet. Elle incarne quoi, cette couronne? Quel rapport vous avez à cette couronne? - M.de Saint-Pulgent: En dehors des couronnes de la République, c'est ce qu'il y a de plus précieux, de plus emblématique, de plus symbolique. Cela dit, l'impératrice Eugénie n'est pas la plus populaire de nos reines. - A.Casse: Elle incarne aussi la fin de la monarchie. - M.de Saint-Pulgent: Et surtout un régime très détesté. - L.Valdiguié: Ce n'est pas Marie-Antoinette. - M.de Saint-Pulgent: Quand on pense à la charge symbolique de l'affaire du collier de Marie-Antoinette... Toutes ces histoires de joyaux célèbres sont extrêmement romanesques. D'ailleurs, ce sont des histoires permanentes,
les bijoux volés, disparus, réapparus... - A.Casse: Vous nous dites qu'un bijou est fait pour être volé? - M.de Saint-Pulgent: Il y a des livres entiers sur les bijoux disparus. Le collier de la reine a été démantelé. se sentent personnellement atteints dans cette affaire, probablement dans leur honneur. - L.Valdiguié: On est effectivement très choqués par cette perte, aussi facile, d'un bien national. C'est notre patrimoine. - F.d'Almeida: Sauf que celle-là, on l'a gardée. C'est intéressant.
Ils n'ont jamais été ni couronnés ni sacrés, Napoléon III et sa femme. La couronne était, d'une certaine manière, le symbole d'un événement qu'ils n'ont pas vraiment réalisé. Il n'y a pas eu l'équivalent du sacre de Napoléon Ier. Il n'y a pas eu de cérémonie. Il n'y a pas eu Reims. - M.de Saint-Pulgent: Mais l'empereur a fait baptiser son fils dans la cathédrale de Notre-Dame et il a dit que cette cérémonie valait bien un sacre. Effectivement, il n'y a pas eu de sacre. - F.d'Almeida: Cette couronne, elle l'a très peu portée. Elle s'en est parfois servie pour poser, mais ce n'était pas vraiment l'objet qui lui rappelait un événement de magnificence particulier.
Elle préférait son diadème. - L.Valdiguié: Il faut qu'ils nous trouvent la couronne de Louis XV. - A.Casse: Laurent a une demande pour la régie. Il veut voir l'image de cette couronne. Où sont passés les bijoux? Est-ce qu'il y a encore l'espoir de les retrouver? Qu'est-ce qu'on doit craindre le plus? Les magnifiques diamants qu'on a montrés tout à l'heure sont peut-être en train d'être retaillés. - L.Valdiguié: Le scénario catastrophe, c'est que tous les bijoux soient déjà... Le pays proche, c'est Anvers, c'est la plaque tournante.
La bague de K.Kardashian... Les policiers ont suivi l'équipe de Géorgiens jusqu'à Anvers. Ils n'ont pas voulu intervenir à ce moment-là, de peur de perdre la bague. Finalement, on n'a jamais retrouvé la bague. Elle a été retaillée. - A.Casse: Qui enquête? - L.Valdiguié: Il y a Interpol, les polices européennes. Il y a une base de données assez forte. Les policiers en charge de tout ce qui est trafic, vol d'oeuvres d'art et de bijoux sont très bien mariés dans le monde. C'est invendable. Depuis hier, ces bijoux sont invendables en tant que tels sur le marché. Mais depuis hier, le risque, c'est qu'ils soient retaillés. C'est assez facile. Ils avaient une disqueuse... Ils sont passés à 1,50 m du plus beau diamant du monde. - A.Casse: On sait que les receleurs sont en lien avec les enquêteurs. On sait qu'il y a des tontons, parmi les enquêteurs. - L.Valdiguié: C'est tous les tontons de la police des polices, tous les indics... Ca va se voir, s'il y a tout d'un coup 8000 diamants, des saphirs et des émeraudes sur le marché.
En général, c'est mis en sommeil pendant quelque temps. La piste la plus sérieuse, c'est celle de l'ADN de tous les objets retrouvés... On les a vus comme des cosmonautes blancs. Voilà la couronne! La couronne de Louis XV. C'est le plus bel objet, sur le papier, pour les profanes que nous sommes. C'est là qu'il y a le plus de bijoux, de toutes les couleurs... C'est la seule couronne royale qui soit parvenue jusqu'à nous sauf que tout ça, c'est de la verroterie. C'est du verre. Ca ne vaut rien. - A.Casse: Est-ce qu'il y a d'autres pièces qui sont fausses au Louvre? Le Régent, est-ce qu'on a mis un faux
pour protéger le vrai? - L.Valdiguié: "La Joconde", qu'on a retrouvée après son périple en Italie, certains pensent que ce serait un faux. Je n'en sais rien. Je parle sous votre contrôle. - A.Casse: Ce serait un scoop mondial! - F.d'Almeida: Il dit ça parce qu'il y a 3 "Joconde". Et il y a un débat entre "La Joconde" de Lausanne, celle de Paris et celle de Madrid. C'est la nôtre qui est la bonne. - M.de Saint-Pulgent: Ce n'est pas une hypothèse envisageable. Il n'y a pas de faux au Louvre. On ne présente pas des faux dans les musées. Il y a quelquefois des répliques de statue sur les cathédrales,
sur les églises. On a mis à l'abri les originaux. Dans un musée, c'est impensable. Un musée est fait pour présenter des oeuvres authentiques. Cela n'empêche pas les débats entre experts et musées pour savoir si tel Rembrandt est vraiment un Rembrandt. Ca fait tout de suite une histoire d'experts et de débats. Les musées, à ce moment-là, revoient leurs cartels. La couronne de Louis XV n'est pas fausse. La parure est vraie. Ce sont les pierres qui sont fausses. - A.Casse: Question. - L.Valdiguié: C'est vrai que là, il y en a tellement... Ils avaient dû préparer quelque chose. C'est un casse préparé. Ils ont bien repéré les lieux. Ils ont la taille exacte de l'échelle.
- M.de Saint-Pulgent: On prend son temps pour les écouler, tout simplement. On les dessertit, on les retaille et on prend son temps. - A.Casse: On ne va pas donner trop de conseils aux cambrioleurs! - L.Valdiguié: Il y a la piste de l'ADN et la piste des 2... Ils sont quand même partis en scooter. On peut imaginer qu'ils aient été Suivis le plus longtemps possible par les caméras. - A.Casse: Peut-être que l'enquête avance plus vite qu'on ne le croit. L'examen du budget a commencé à l'Assemblée.
L'addition est salée. - E.Coquerel: Nous entamons aujourd'hui l'examen de la 1re partie du PLS pour 2026. - Ce matin, à l'Assemblée, début d'un marathon semé d'embûches pour les députés. - E.Coquerel: 1862 amendements ont été déposés en commission. -1862 amendements à examiner en 3 jours. Copie de départ: le texte de S.Lecornu qui prévoit 14 milliards d'euros de recettes publiques supplémentaires, notamment en maintenant un impôt exceptionnel sur les plus hauts revenus, une taxe de 2 % sur les holdings, mais aussi un gel
du barème de l'impôt sur le revenu qui rendra de nouveaux Français imposables, ou encore la suppression de 3000 postes de fonctionnaires. Pas de 49-3, promet le Premier ministre. Le gouvernement appelle les parlementaires au compromis, mais fixe une exigence après la nouvelle dégradation de la note du pays par l'agence Standard and Poor's. ... illustrent l'ampleur du défi. - On commence à examiner un nouveau budget de brutalité sociale qui vise prétendument à réduire les déficits. - Ce n'est pas la réalité.
La dépense publique reste à un niveau trop élevé, à mon goût. - C'est d'ailleurs l'ex-socle commun qui a déposé le plus d'amendements. Plus de 750 provenant notamment des LR, vent debout contre la suspension promise de la réforme des retraites. - Si vous ne remettez pas le système des retraites à l'équilibre, vous ne pouvez pas rétablir les finances publiques. Ce n'est pas possible. - Et contre les hausses d'impôts sur les plus riches ou certaines entreprises. - G.Larcher: Depuis 15 ans, on ne parle plus de fiscalité comme si on avait déjà oublié la nécessité de la réduction de la dépense publique, de la réduction des dépenses de l'Etat. Je veux vous redonner un chiffre. Il est prévu que nous empruntions, pour tenir 2026,
393 milliards d'euros. - Donc vous ne voterez pas la suspension de la réforme des retraites au Sénat? - G.Larcher: Je pense que la majorité sénatoriale sera cohérente avec sa suspension. - Un tel scénario agite déjà la gauche. Si députés et sénateurs ne se mettent pas d'accord, le budget Lecornu pourrait être adopté sans vote, et ce, même sans passer par le 49-3, alerte déjà LFI. - E.Coquerel: Vous avez une méthode qui consiste, quand on démarre un budget 2 semaines en retard, à faire en sorte de laisser traîner les débats pour que, au bout de 70 jours,
pour le budget de l'Etat, vous puissiez dépasser ces délais. Dans ce cas-là, le gouvernement applique le budget par ordonnances et le budget initial. C'est une façon de faire. - Pour le PS, cela voudra dire censure, mais les élus PS veulent croire en la bonne foi du gouvernement et n'abandonnent pas leur exigence d'une taxe Zucman, appelant même au soutien des députés RN de M.Le Pen. Dans ce programme, il y avait le rétablissement de l'ISF. - La taxe Zucman est un ISF moderne. - Le RN promet déjà la chute de ceux qui bâtissent ce budget. - S.Chenu: Il faut qu'on puisse donner un cap à ce pays.
- Quand sera la prochaine motion de censure déposée par le RN? Vous n'avez pas un calendrier en tête? - S.Chenu: Nous ne sommes pas pavloviens. Nous n'avons pas de réaction immédiate. On écoute, on voit, on prend acte et on tire les conséquences de ce qu'ils font. Ce budget est inadmissible. - Les lignes rouges de chacun s'effaceront-elles d'ici au 23 décembre, date butoir pour l'adoption du texte? Il ne reste plus que 64 jours. - A.Casse: Ce reportage inspire cette question. - A.Rosencher: Rénovation, surveillance de nos musées... C'est une question d'allocation des ressources, déjà. C'est, de manière générale, le problème de la France.
On ne peut pas être le pays qui a le taux de prélèvements obligatoires le plus haut de l'OCDE, la dépense publique une des plus hautes de l'OCDE par rapport au PIB et avoir ce genre de catastrophes qui se produisent. Il y a un problème... Où va l'argent? Ca va être la question des années à venir. On ne va pas pouvoir continuer d'augmenter la dépense publique. Il va falloir se poser la question des priorités, des réallocations et regarder l'efficacité de la dépense publique.
Voilà pour répondre à la question de votre téléspectateur. C'est une question d'allocations et d'où on met les priorités. - A.Casse: Question. - F.d'Almeida: Il y a énormément de dépenses d'entretien. Tout est très fragile. Les derniers grands travaux qu'on a faits au Louvre datent d'il y a pratiquement une trentaine d'années. Il y a un besoin de renouveler. C'est de l'immeuble, mais les immeubles sont fragiles. Ceux qui possèdent leur maison le savent. Il y a tout le temps de l'entretien à faire. C'est un des monuments les plus visités.
Des millions de visiteurs viennent chaque année. Ca veut dire qu'il y a un mouvement constant sur ce bâtiment. Ce sont des consolidations permanentes à mener. Il y a plus de 8000 pièces. C'est un palais gigantesque. Ca demande beaucoup d'argent. - A.Casse: Il n'y a pas de solution simple? - F.d'Almeida: Pour la sécurité, la solution qu'on a envisagée pendant très longtemps, c'était d'accroître les maraudes aux alentours. C'est comme ça qu'on en parlait dans les années 60 pour réduire les risques de délinquance
à l'époque où un feuilleton faisait peur à tout le monde, "Belphégor". - M.de Saint-Pulgent: Là, ce n'est pas un problème de maraude, puisque c'est en plein jour. Le prochain budget prévoit 100 millions de moins sur le budget du patrimoine. 100 millions de moins! Il ne s'agit pas d'une progression... - A.Casse: Ca reste quand même le 1er budget du ministère, avec un montant de 1,143 milliard d'euros. - M.de Saint-Pulgent: C'est 100 millions en moins par rapport
à la loi initiale. Il y aura des coupes. Le Louvre a en effet d'énormes recettes parce qu'ils ont énormément de visiteurs. Cela dit, il y en a aussi qui sont exonérés de droits d'entrée. L'un des projets très critiqués à l'intérieur du Louvre, mais que je soutiens, c'est d'augmenter le droit d'entrée pour les étrangers non communautaires. Ca coûte plus cher. - A.Casse: C'est déjà 22 euros le billet, il me semble. - M.de Saint-Pulgent: Oui, mais regardez les tarifs dans les autres pays pour les grands musées. Il n'y a aucune raison de ne pas agir sur la billetterie.
Il faut qu'à l'intérieur des ressources du Louvre, les allocations prioritaires soient les allocations de sécurité et d'entretien. Il faut voir aussi que tous les grands projets qu'on a faits sous l'ère Mitterrand ont tous besoin d'être repris avec des centaines de millions d'euros aujourd'hui. Il ne faut pas oublier ça. Quand on fait du neuf, ça dure 30 ans. Au bout de 30 ans, il faut réinvestir la même chose. - A.Casse: On passe aux questions SMS. Question. - L.Valdiguié: Ce serait un drame, d'autant plus que les réserves du Louvre sont pleines. Il y avait déjà un rapport de la Cour des comptes qui alertait sur l'état des réserves. - M.de Saint-Pulgent: Et on peut aussi cambrioler les réserves et les coffres-forts.
- A.Casse: Question. - L.Valdiguié: On peut envisager qu'il y ait, en interne, des gens qui aient pu dire qu'il y avait un accès fragile. C'est vrai que si j'étais directeur du Louvre, je réunirais les gardiens et j'essaierais de voir avec eux quels sont les endroits fragiles. Je suis persuadé que les gardiens le savent. - A.Casse: Question. - L.Valdiguié: Il y a toujours un raté. Là, il y a un gros raté de leur part, en n'ayant pas mis feu à la nacelle avec tous leurs objets. S'ils retrouvent un ADN et que l'ADN est dans la base de données, il y a déjà des pistes pour aller chercher
les malfaiteurs. - A.Casse: Question. - L.Valdiguié: La procureure de Paris a dit que ça pouvait être le cas. Là, oui et non. Louer un camion de déménagement, acheter 2 disqueuses et avoir la jugeote d'aller à cet endroit, ce n'est pas très cher. Le narcotrafic a des capacités d'investissement dans des gros braquages avec des équipes importantes. Là, il n'y a que 2 scooters, un bus et une nacelle. - A.Casse: Question. - F.d'Almeida: Il y a plusieurs personnes qui en ont parlé et qui envisagent cela, y compris dans les rouages importants de l'Etat. - A.Rosencher: Il me semble que L.Nunez ne l'a pas exclu, hier. - A.Casse: Question.
- M.de Saint-Pulgent: Dans le statut du Louvre, il est prévu un pourcentage des recettes qui va à l'achat d'oeuvres. Il applique son statut, sur ce point. C'est plutôt dans les investissements eux-mêmes qu'il faut privilégier davantage de sécurité. Les schémas de sécurité doivent être prioritaires. Ca n'a pas été le cas. - L.Valdiguié: La Révolution a vendu des bijoux. On pourrait en vendre quelques-uns. On pourrait vendre un Vermeer pour... - A.Rosencher: Surtout pas! On ne va pas se déclasser comme ça! - L.Valdiguié: Il vaudrait mieux en vendre 1 ou 2 plutôt que de se les faire voler. - M.de Saint-Pulgent: Affronter le Parlement,
dans la situation actuelle, je ne vous le conseille pas. - A.Casse: Question. Les malfaiteurs ont fait ça pour demander une rançon? - L.Valdiguié: Dans le trafic, ils pourraient les écouler pour en profiter. Ce qui pourrait faire une rançon... On voit mal l'Etat se laisser plumer une 2e fois. - A.Casse: Est-ce qu'on serait au courant? - L.Valdiguié: Oui. Si l'Etat les rachetait... D'ailleurs, la plupart de ces bijoux ont été rachetés. C'est le paradoxe.
Ils ont disparu. Marie-Louise était partie avec après les Cent-Jours. - A.Casse: Question. - L.Valdiguié: Ca, c'est le protocole. Ils ne sont pas armés. Toute la philosophie de la sécurité veut que les braqueurs ne partent pas avec les oeuvres. Les gardiens n'ont pas d'arme. Ils sont là pour protéger les touristes. - M.de Saint-Pulgent: On ne met pas en danger la sécurité des hommes pour sauver des objets. - A.Casse: On peut se féliciter qu'il n'y ait pas eu de blessés ou de décès dans ce cambriolage. Beaucoup de questions pour vous, Laurent. Je continue. Question. - L.Valdiguié: Ils sont dans la Tour de Londres. C'est comme dans les "James Bond". Je ne sais plus si c'est un "James Bond" ou un "Mission: Impossible". Il y a des lasers, des hommes en armes... Ils sont totalement intouchables. - A.Casse: Je pensais que c'était comme ça aussi au Louvre. - M.de Saint-Pulgent: On n'a pas gardé la Bastille. C'est dommage. Sinon, on les aurait mis à la Bastille. - L.Valdiguié: Il y a plein d'enfants qui vont visiter cette galerie. La couronne de Louis XV, c'est vrai que c'est de beaux objets. Il y a toujours plein d'enfants. Les vitrines sont épaisses. On a l'impression que c'est inviolable.
Le fait que ces 2 vitrines aient été ouvertes en quasiment une minute, on est aussi dans l'ordre de l'impensable. - A.Casse: Question. - M.de Saint-Pulgent: Oui. C'est des grands tableaux de moindre... La préciosité des objets de Versailles est considérable, mais c'est en général des tailles gigantesques. C'est plus difficile à décrocher. - A.Casse: Vous dites que tous les musées sont en danger aujourd'hui, y compris le château de Versailles. Ils devraient être tous fermés pour être protégés? Ca peut donner des idées. - M.de Saint-Pulgent: Les musées font régulièrement l'objet de tentatives de vol et de vols réussis.
Il y en a tous les jours, malheureusement. Là, ça frappe énormément parce que c'est le Louvre, mais d'autres musées ont été victimes de vols, et pas seulement en France. Je crois que même les joyaux de la Couronne britannique n'ont pas échappé à des vols au cours de ces dernières années. - A.Casse: Question. Vous avez 10 secondes. - L.Valdiguié: Il y en a 138 qui ont été achetées en 5 ans. C'est famélique. Ce n'est pas à la hauteur des lieux et des objets qui sont gardés en notre nom à tous. - A.Casse: Merci à tous les 4. Tout de suite, "C à vous". - A.-E.Lemoine: Dans un instant, le meilleur de "C à vous". Chanteurs, acteurs et écrivains, comédiens...
Ils ont tous été nos invités. Séance de rattrapage tout de suite. - A.Casse: Cette émission est disponible en replay et en podcast.