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Podcast / conversationFrance Culture (sur YouTube)· 18 février 2022 42 minContradictoireActualité / polémiqueDéfenseEurope & internationalInstitutions & électionsSécurité

Fin de l’opération Barkhane : la France s’efface du Mali

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Cette fin de l'opération Barkhane était-elle inévitable ?

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Les buts de l'opération Serval étaient-ils clairs à l'époque ?

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Comment expliquer la dégradation des relations entre Bamako et Paris ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    La présence russe au Mali va-t-elle combler le vide laissé par la France ?

  • 7:00OuverteRéponse directe

    La France peut-elle se retirer sans subir d'attaques ou de manifestations ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30François HollandeFait
    « les terroristes doivent savoir que la France sera toujours là lorsqu'il s'agit non pas de ses intérêts fondamentaux mais des droits d'une population celle du Mali qui veut vivre libre et dans la démocratie »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

les matins de France Culture Guillaume Herner c'est aujourd'hui la Une du Figaro Paris et ses alliés cell la fin de l'opération Barc 9 ans après le début de l'intervention militaire au Sahel l'Europe prend acte du divorce avec la jeinte Malienne bonjour niagalé Bagayoko vous êtes politologue et présidente de l'African Security Network cette fin était-elle inévitable bonjour oui en effet hein je pense que ce retrait hein qui s'annonce était inscrit dans le droitfil de la dégradation extrêmement profonde de la relation politico- diplomatique entre bamaco et Paris qui ne date pas de ce qu'on appelle le coup d'État dans le coup d'État hein qui s'est produit le 24 mai dernier mais qui à mon avis remonte à au moins 2 ans encore sous le président IBK alors c'est ça il va falloir que l'on explique niagal Bagayoko comment les choses se sont déroulées à l'origine il y avait une intervention décidée il y a 9 ans par François Hollande avec un discours extrêmement fort puisque ce discours évoquait un jour extrêmement important pour le Mali et pour François Hollande on l'écoute c'était le 11 janvier 2013 le Mali fait face à une agression d'éléments terroristes venant du Nord dont le monde entier sait désormais la brutalité et le fanatisme il en va donc aujourd'hui de l'existence même de cet état ami le Mali de la sécurité de sa population et celle également de nos ressortissants ils sont 6000 là-bas j'ai donc au nom de la France répondu à la demande d'aide du président du Mali appuyé par les pays africains de l'Ouest en conséquence les forces armées françaises ont apporté cet après-midi leur soutien aux unités maliennes pour lutter contre ces éléments terroristes cette opération durera le temps nécessaire les terroristes doivent savoir que la France sera toujours là lorsqu'il s'agit non pas de ses intérêts fondamentaux mais des droits d'une population celle du Mali qui veut vivre libre et dans la démocratie les buts de l'opération étaient-ils clair à l'époque niagalé Bagayoko oui absolument même s'il est très intéressant de réentendre effectivement dans le détail les objectifs on s'aperçoit que l'opération Serval peut-être considérée comme un succès dans la mesure où ces objectifs qui étaient très ponctuellement définis reconquérir les villes du Nord empêcher l'enracinement des groupes djihadistes dans ces régions et enfin empêcher leur arrivée à bamaco ont tous été atteint par ailleurs la fin de cette opération a été relativement bien planifiée avec l'instauration d'une mission des Nations Unies et l'organisation d'un scrutin et présidentiel on a beaucoup discuté des conditions de cette intervention alors les conditions de cette intervention effectivement interrogent parce que ce qu'il faut rappeler c'est que le Mali en 2012 se trouve non seulement confronté à cette offensive non pas uniquement de groupe djihadiste mais d'une alliance et c'est très important de le souligner djihadiste avec des groupes rebelles indépendant indépendantiste toareg et d'autre part se trouve confronté à un coup d'État en mars 2012 et ce sont des autorités intérimaires qui après l'intervention de la CDEAO sont installées donc la demande formulée auprès de la France l'a été par le Président de la Transition d'Alor et c'est la raison pour laquelle celle-ci effectivement a été discuté et puis il s'agissait de lutter contre les islamistes mais on se rend compte là aussi il n a Bagayoko que les islamistes un terme vague Fourtout qui masque là aussi des différents et des contrastes entre ceux qu'on appelle des islamistes alors à l'époque en 2012 je dirais que la situation était quelque part plus claire qu'elle ne l'est aujourd'hui en tout cas qu'il y avait moins de compétition entre les différents groupes djihadistes la plupart d'entre eux provenait d'Algérie hein qui avait en réalité repoussé les groupes islamistes qu'elle avait combattu sur son sol et une sorte de sanctuaire s'était constitué dans le nord du Mali il y avait des groupes issus du G des GIA devenu GSPC et ensuite donc les GIA algériens GIA algériens pardon Groupe islamique armé qui étaiit ensuite devenu GSPC et enfin qui avait adhéré à HMI il y avait aussi des groupes locaux comme en sardine ou le moujao plus proche de certains combattants saraoui ce qui est compliqué en fait c'est de comprendre la manière dont s'articulent ces mouvements islamistes la question Toir qui est une vieille question au Mali 60 ans de conflit et de questions Toir peut-être des éclairages à ce sujet alors c'est l'autre provenance extérieur de cette crise malienne c'est-à-dire que les rebelles toiré qui effectivement ont combattu l'État malien depuis l'indépendance dès 1963 ce sont pour beaucoup d'entre eux réfugiés en Libye et ont été membres de la garde rapprochée de Mamar khadfi et lorsque le régime de celui-ci est tombé à la suite de l'intervention occidentale conduite par la France et la Grande-Bretagne beaucoup de ces toirc sont rentrés au Mali et ont aussi pu rapporter une partie de l'arsenal libien pour l'utiliser et c'est cette fois-ci une alliance qui a été constituée entre ces forces indépendantistes et ces groupe djihadiste qui a permis de faire progresser paradoxalement la cause Touareg même si cette alliance a très rapidement éclater alors aujourd'hui la question qui se pose pour l'armée française c'est que celle-ci doit chercher à à démentir le sentiment d'échec qui prédomine aujourd'hui oui absolument il y a aujourd'hui le sentiment que la France par son intervention militaire n'a pas réussi à enrayer la dégradation continue l'enracinement de ces groupes djihadistes et plus encore leur expansion géographique jusqu'au nord des pays côtiers et c'est là que l'on mesure aussi la difficulté d'avoir mobilisé un instrument militaire qui il faut le rappeler a eu un nouveau mandat hein puisque l'opération servale est ensuite devenue l'opération barce avec une une extension géographique beaucoup plus large c'est-à-dire qu'on est passé à un mandat sous-régional qui couvrait les CIN pays du Sahel et on s'apperçoit que c'est cette extension est un mandat beaucoup moins ciblé beaucoup moins clair que pour l'opération Serval qui a dilué les objectifs politiques poursuivis et oui parce que la zone là devient immense on a donc aujourd'hui 4800 militaires français qui sont présents dans la zone avec ce fameux G5 sa qui rassemble cinq pays qui sont dans des situation très différente du point de vue politique et du point de vue de leur société respective la Mauritanie le Mali le Niger le Tchad et enfin le BurkinaFaso on a des contextes qui sont très variables là pour essayer de de les définir niagalé Bagayoko alors effectivement très rapidement il y a tout d'abord cet épicentre du Mali avec effectivement ce foyer du nord du pays mais qui s'est très rapidement propagé au centre le centre du Mali et plus largement la zone des trois frontières hein avec le Niger et le Burkina Faso a vu se concentrer la plupart des groupes djihadistes euh qui par ailleurs se sont cindés en des mouvances affiliées à Al-Qaïda avec le groupe de soutien à l'islam aux musulmans et ensuite des groupes affiliés à l'état islamique ça c'est la scène au Mali quand on regarde le Niger la la situation était différente jusqu'à très récemment le pays apparaissait comme plus solide à la fois politiquement et militairement mais depuis de l'année 2020 et 2021 plus encore on assiste à des attaques extrêmement violente de la part de l'État islamique au Grand Sahara ce qui concerne le Burkina Faso est encore différent les les groupes djihadistes se concentrent plutôt dans dans le Nord et dans l'est du pays et on a un pays il faut pas l'oublier qui a été soumis à d'abord une insurrection populaire hein qui a abouti à la chute du président bless compauré qui était au pouvoir depuis 27 ans donc seulement en 2014 et un nouveau coup d'État est survenu au tout début de l'année en janvier 2021 à la faveur duquel le président démocratiquement élu rockmar Christian caboret était renversé pour ce qui est de la Mauritanie c'est certainement le pays le plus stable de la région c'est une république islamique qui a eu une approche qui est très souvent étudiée parce queelle a concilié à la fois recours à l'instrument militaire hein l'armée mauritanienne est très solide mais également une approche plus sociologique notamment fondée sur un dialogue interreligieux entre différents courants de l'islam et alors donc c'est dans ce pays où la question de l'islamisme est peut-être re la moins aigue aujourd'hui en tout cas c'est le pays où elle a été prise en considération d'un point de vue politique hein au Mali et pas militaire Militaire aussi hein attention hein l'armée mauritanienne est extrêmement bien organisée c'est réorganisée d'ailleurs parce qu'il ne faut pas oublier qu'elle a subi aussi des attaques sur son sol des enlèvements au tout début de la crise ou même avant son son son début donc c'est extrêmement important donc ne négligeons pas l'instrument militaire mais en tout cas il a été inscrit dans une stratégie beaucoup plus large visant à contenir ses courants radicaux enfin je terminerai le paysage en évoquant le Tchad qui est aussi très important dans la mesure où il a été notamment au moment de l'opération cal très mobilisé pour accompagner les troupes françaises et par ailleurs son président desfin Idriss debi a euh réussi à apparaître comme situé politiquement au cœur du G5 C en dépris des critiques extrêmement virulante qu'il adressé à ses partenaires occidentaux mais à la suite de son décès une jeunte militaire dirigée par son fils a été installé ce qui euh a fragilisé euh en partie je pense le discours de la France mais on pourra euh y revenir et pour euh parler donc de la situation de la France le la vrai le vrai retournement c'est donc le divorce avec la jeinte Malienne pourtant donc les choses n'avaient pas mal débuté puisque lorsqu'il y a eu le PCH du colonel Assimi Goita en 2020 au début ce premier Poch a été relativement bien accueilli par la France expliquez-nous pourquoi celui-ci a été relativement bien accueilli je pense qu'il est extrêmement important de rappeler ce fait euh puisque il permet de voir que la rupture à laquelle on assiste aujourd'hui entre la France et le Mali s'inscrit en réalité dans des visions divergentes euh qui euh concernent toutes les autorités c'est-à-dire que un différent a commencé à se faire jour entre les deux pays euh sous le président IBK euh lorsque celui-ci a euh d'une part montré une certaine rétisence à appliquer l'accord pour la paix et la réconciliation au Mali adopté en 2015 et qui porte sur la problématique du normalie uniquement mais qui n'inclut que des groupes euh indépendantistes toareg d'une part et d'autre part sur la fameuse question du dialogue avec les djihadistes puisque le président ibeka avait décidé d'engager des pourparler avec certains groupes en l'occurrence le gessim à filiia Al-Qaïda euh en application des recommandations formulées par deux instances deux assises pardon très très larges d'une part la Conférence nationale d'entente en 2017 et de d'autre part le dialogue national inclusif en 2019 les autorités civiles installé à la tête de l'État après le premier coup d'État moktarwan et le président bandao s'était engagé dans la même voix et on avait assisté à une passe d'armes assez tendue entre jean-v lededriillan et moktarwan en effet qui expliquait que en dépit de l'opposition extrêmement ferme de la France à toute négociation les a autorité maliennes continuerait sur cette voie parce que c'était à elle de décider la façon dont elle voulait politiquement gérer la crise en par la suite les différences se sont prolongées notamment à travers le deuxème coup d'État qui parce que ce qu'il faut expliquer c'est qu'il y a eu donc un PCH dans le PCH voà un P dans le PCH les autorités civiles dont je parlais bandao et moktarwan ont été renversés par le colonel Assimi Goita et c'est à ce moment-là engagé un véritable bras de fer autour de la question de la durée de la transition et de l'arrivée de d'instructeur venus de la Russie et alors c'est à ce moment-là donc c'est au moment du PCH dans le PCH que le divorce avec la France a été véritablement consommé l'attitude de la France ayant été perçu comme arrogante comme une manière donc de considérer qu'il y avait euh des liens de de suggestion trop fort en l'occurrence il faut euh rappeler niagalé Bagayoko ce qu' a été par exemple le sommet de peau qui a été paraît-il mal accueilli euh par certains maliens et dans quel contexte finalement le discours aujourd'hui prédominant au Mali alors à vous de de me dire s'il s'agit d'un discours qui est réellement convaincant ou bien d'une instrumentalisation d'une situation parce qu'on l'a déjà vu un discours qui est relativement il à la France alors ce fameux sommet de poau hein de janvier 2020 il faut rappeler qu'il se produit après l'accident d'hélicoptère qui coûte la vie à 13 militaires français et après des attaques extrêmement meurtrières contre les casernes des forces armées maliennes mais nigériennes aussi et donc effectivement le président Macron convoque le mot est employé ce sommet de pot en demandant au chefs d'État saélien de venir en France et cette convocation est très mal perçue dans tous les pays saéliens et non seulement par les chefs d'État eux-mêmes mais également par les opinions publiques et cela fait partie vraiment de ce qu'on considère dépêchés de de de la France et à partir de ce moment-là va se développer une alternative un tropisme proorusse au Mali avec l'arrivée de ce qu'on appelle des petits hommes verts les mercenaires Wagner qui sont donc une présence russe mais une présence russe évidemment non offficielle alors il y a deux types de présence russe il est extrêmement important de le préciser la Russie tout d'abord à travers la coopération du Mali avec l'Union soviétique est un partenaire historique c'est-à-dire que parmi les élites maliennes il y a beaucoup de personnes qui ont été formées aussi bien civiles que militaire dans le pays et qui est en pratique parfaitement la langue donc il y a quand même déjà ce terrro très favorable on ne peut pas parler d'un nouvel arrivant c'est très important d'autre part des accords bilatéraux parfaitement officiels ont été signés d'abord par le président attt ensuite par le président IBK et enfin ont été élargis par les autorités actuelle la question qui se pose est de savoir s'il y a également contractualisation de cette fameuse société militaire privée Wagner dont les liens avec le kremelin sont avérés mais extrêmement difficiles à montré juridiquement la question qui se pose aussi est de savoir quel type de personnel est affecté à des fonctions combattantes ou non on va continuer d'évoquer la situation là-bas vous nous avez présenté le théâtre des opérations et la raison pour laquelle Paris et ses alliés celle la fin aujourd'hui de l'opération barce on va voir maintenant comment le G5 Sahel ces CQ pays aujourd'hui qui sont dans une situation différente mais qui concerne aujourd'hui l'opération militaire en cours vont évoluer avec également d'autres pays où la France est présente comme par exemple la République centrafricaine avec là aussi de nombreuses interrogations niagalé Bagayoko on se retrouve dans quelques instants il est 8h sur France Culture 7h 9h les matins de France Culture guillaume Erner c'est à la une de tous vos journaux aujourd'hui barcan entre la France et le Mali c'est l'histoire d'une rupture nous dit le monde Paris devrait officialiser jeudi son retrait militaire sur fond de crise entre les deux pays et dimixion ruses grandissante on en parle avec niagalé Bagayoko politologue présidente de l'African Security Network et nous rejoint Pascal erud bonjour bonjour vous êtes journaliste au service international de l'opinion Couteur du piège africain de Macron avec Antoine Glazer aux éditions faayard on a end il y a quelques instants la voix de François Hollande il y a 9 ans justifiant l'intervention militaire Auel cette intervention Pascal HRO c'était une erreur selon vous non ce n'était pas une erreur je pense à à l'origine parce qu'il y avait une demande malienne mais il faut se rappeler que c'était une intervention qui devait être courte c'est ce que François Hollande avait dit au français à l'époque et 9 ans après on se retrouve dans une situation où le front terroriste n'a pas diminué il a plutôt évolué il descend vers le sud vers les pays du Golfe de de guné il a déstabilisé un certain nombre de pays dans la région qui ont été en proie à des contestations ces dernières années qui ont abouti aussi à des coups d'État et la situation aujourd'hui est pour la France est une sorte de bourb bourbier dont le président français tente de s'extraire on devrait avoir sauf coup de théâtre cet annonce lors de la conférence de presse là ce matin à 9h d'une annonce d'un retrait de la force barce sur le terrain il faut simplement rappeler que Emmanuel Macron je pense dès le début de sa campagne en 2017 avait compris la difficulté de de ce théâtre saélien d'ailleurs lors de son voyage à Alger en décembre 2017 il s'en ouvre à l'ex-président euh euh bouteflica et il lui disait je ne veux pas me faire piéger au Mali mais c'est un peu ce qui est arrivé en fin de compte après après toutes ces années est-ce que c'est le signe niagalé Bagayoko que la place de la France dans cette régionlà va devoir être réévalué comme on dit publiquement réaménager effectivement hein puisque ce qui se produit c'est que on s'aperçoit que à la faveur de cette intervention qui a été très mal expliqué et donc très mal perçu par les opinions publque sahélienne la France se retrouve aujourd'hui dans une posture extrêmement délicate c'est-à-dire qu'aux yeux unee grande partie des populations elle n'apparaît plus comme une garantie de sécurité mais davantage comme un risque sécuritaire parce que ce qui s'est produit c'est que les moyens massifs qui ont été déployés y compris d'un point de vue technologique ont suscité énormément d'attentees localement et il y a une véritable foi et un enthousiasme que vous avez rappelé tout à l'heure en 2013 qui peu à peu ont été déçu on est passé d'une posture de doute à une posture de scepticisme mais récemment c'est de la colère de l'exaspération que l'on a vu s'exprimer y compris de manière très violente avec ce qu'on voit de ravitaillement de l'opération barcane qui était parti de Côte d'Ivoire pour ravitailler les forces à Gao qui a été prise à parti très violemment par des manifestant réclamant le départ de la France de la région donc son redéploiement aujourd'hui va fondamentalement dépendre de cette posture des opinions publiques saenennes mais alors ça on on en parlait avec vous il y a quelques instants en niagal Bagayoko c'est aussi une sorte de rhtorique qui est très souvent utilisée d'unir un peuple surtout dans des conditions donc de légitimité du pouvoir compliqué bien c'est une manière assez classique alors euh il y a effectivement une part de manipulation bien entendu avec des messages extrêmement violents qui circulent à la fois dans les rues des capitales et sur les réseaux sociaux mais il ne faut absolument pas mésestimer l'importance de la majorité silencieuse qui massivement considère que l'intervention pas uniquement de la France je pense qu'il est extrêmement important de le rappeler mais des forces internationales en général n'a absolument pas réussi à améliorer la situation individuelle ou collective des citoyens saéliens Pascal HRO aujourd'hui on parle d'imixion russe cela signifie-t-il que la Russie va prendre l'espace qui est laissé vacant aujourd'hui par la France ou par les Européens elle l' déjà un peu pris en se redéployant sur les bases où les France où les Français se sont retirés notamment t bouct tout elle est présente à Mopti on dit qu'il y a à peu près 800 à 900 paramilitaires de la société Vagner qui sont qui sont déjà opérationnelles sur le terrain est-ce qu'elle va prendre complètement la place de la France pour la Russie et pour et pour les les paramilitaires de Wagner c'est un théâtre aussi piégeux très dangereux ce que l'armée française l'une des plus puissantes du monde avec des soutiens occidentaux notamment des Américains des Anglais au niveau logistique n'a pas réussi à faire en 9 ans on peut douter que Wagner puisse pacifier euh toute la zone du centre et du nord du Mali à moins qu'il y ait un travail politique qui soit fait sur le terrain pour obtenir des euh des compromis avec les groupes djihadistes mais ça ça va dépendre aussi de la stratégie qui va être menée par les par les autorités de transition locales et les Modus vivand dit qui vont peut-être pouvoir essayer de trouver pour finir là pour revenir sur la sur la question précédente la France bien sûr est le Bou émissaire idéal pour un pouvoir qui a fait un double coup d'État et qui cherche à à se légitimer et à durer dans le temps et ne pas remettre le pouvoir au au civil donc oui c'est vrai la France n'a pas réussi dans sa globalité mais elle n'est pas seule c'était avant tout à l'armée malienne de faire le travail sur sur le terrain pour reconquérir son territoire alors dans ces conditions effectivement il va y avoir une rhtorique antifrançaise et hostile également à l'Europe qui pourrait monter les mercenaires russes les mercenaair Wagner Pascal Hero sont peut-être là avant tout pour protéger les pchistes alors il protègeent les pchistes effectivement bien que pour le moment on nit pas énormément d'éléments de leur présence à Bam autour autour des militaires des colonels qui sont au pouvoir mais ils sont là aussi pour essayer d'avoir des succès tactiques et médiatiques avec des opérations un peu coup de point dans certaines villes du centre qui permettrai de montrer à l'opinion publique qu'on a changé de paradigme et qu'on a à nouveau un discours vectorieux qu'on est en train de de faire le travail sur le terrain niagalé bagayoku oui absolumen moi je rejoins tout à fait Pascal herro sur les deux points qui vient de développer et notamment sur le fait que l'enthousiasme qui accueille l'arrivée des Russes euh va très certainement décroître au fil du temps et que l'impatience des populations que je soulignais va également s'exercer à leur rencontre donc quand on regarde le bilan des interventions de Wagner sur d'autres théâtres que ce soit en Libye que ce soit au Mozambique même en République centrafricaine dans une moindre mesure on ne peut pas dire que là non plus ils aient réussi à inverser l'évolution stratégique sur le terrain donc effectivement cette offensive qui est menée aujourd'hui la question qui se pose et de savoir si l'objectif est véritablement de détruire l'adversaire ce qui paraît extrêmement douteux étant donné les capacités limitées de l'armée malienne et la très faible familiarité des troupes russes avec l'environnement saélien ou s'il s'agit effectivement d'arriver dans une posture beaucoup plus favorable dans le cadre d'un dialogue et d'une d'une négociation et ce que l'on voit là aussi dans la situation sont d'autres intérêts alors il faut lire la carte pour le comprendre donc on a ces cinq pays évoqués le G5 Sahel la Mauritanie le Mali le Niger le Burkina Faso et le Tchad et puis un autre pays où la France a des intérêts et peut-être que ça n'est pas sans lien avec les discussions qu'Emmanuel Macron a eu avec Vladimir Poutine au sujet l'Ukraine cet autre pays c'est donc la République africaine la France il a une base alors la France non n'en a plus hein de de de base hein la la la France a quitté la République centrafricaine et c'est notamment à la faveur de ce retrait qui n'était pas véritablement celui d'une base permanente mais d'une opération qui était l'opération sangaris que la Russie effectivement est devenue de plus en plus présente on a d'abord assisté à une passe d'armes entre la France et la R aussi au niveau du Conseil de sécurité des Nations unies à propos d'un embargo imposé sur les armes hein aux forces au FACA aux forces armées centrafricaines qui au fil du temps s'est mué en investissement de la Russie dans le règlement politique de la crise notamment lors de la négociation d'un accord de paix à Kartoum mais ce qui apparaît assez clairement c'est que la façon dont la la Russie et là de manière absolument caractérisée la société Wagner s'est insitué s'est insinué pardon dans les rouages de l'État centra-fricain suscite effectivement le mécontentement local alors il y a il n'y a pas une grande force de protestation de la part des des populations centrafricaines mais la façon dont ces acteurs russes sont imissés par exemple dans la gestion des services douiniers ou dans l'exploitation en effet de certaines mines suscite un certain rejet et alors ce rejet est-ce qu'il pourrait être exploité plus largement Pascal herro au-delà donc de ces cinq pays du Sahel oui bah c'est déjà un peu la stratégie opérée par les Français notamment avec la Centrafrique et on voit que même le discours de du président centfricain a un petit peu évolué nous n'avons aucun intérêt à nous mettre à dos la France disait-il au mois de au mois de novembre le problème c'est que quand on rentre dans un partenariat exclusif avec avec la avec la Russie les Occidentaux vous ferment la porte il coupent le robinet de l'aide et on peut pour le Mali ça va être un problème très rapidement parce que 30 % de l'aide budgétaire du pays est fourni par l'aide internationale notamment une grosse contribution euh européenne c'est aussi un pays maintenant qui est en défaut de paiement par rapport à sa dette intérieure on se demande comment il va pouvoir payer ses fonctionnaires dès le dès le mois prochain donc pour les pays qui font le choix de la Russie les occidentaux vont tout faire pour les assécher finan sièrement et pour les contraints d'un nouvelle négociation des négociations qui pourraient aboutir à quoi dans ce contexte là Pascal HRO là de toute façon on va rentrer dans une période je pense un peu long le retrait français du Mali il va pas se faire du jour au lendemain nos discussions avec les militaires français il faut 6 à 12 autre complication on va arriver dans la dans la saison des pluies très rapidement à partir de mai juin au Mali donc pour retirer à peu près 700 véhicules 280 blindés on va devoir utiliser la voie terrestre la voie aérienne le chemin de fer certainement qui va jusqu'à Abidjan donc cette présence va continuer dans les faits et puis l'un des premiers coups de fil que va passer après l'annonce certainement élyséenne de ce matin euh le chef d'étatmajor de l'armée française c'est appeler son homologue malien et lui dire voilà maintenant il y a une décision politique qui a été prise comment faisons- nous entre militaire sur le terrain nous pour que ça se passe le mieux possible il faut rappeler que jusqu'à la semaine dernière il y avait encore des opération conjointe armée malienne force spécial européenne takuba mais dont la tête de pont est barce d'autant qu'il ne va pas falloir que l'armée française prononce le mot d'échec bien entendu du nagalé nayoko il va falloir chercher à démentir ce sentiment alors ce n'est pas l'armée française à mon avis qui est en cause hein dans ce que de manière unanime l'on qualifie d'échec c'est plus exactement la politique étrangère qui a été menée au Sahel les militaires on ne peut pas considérer qu'ils ont totalement démérité ils ont eu un certain nombre de succès tactiques mais ce qui a manqué c'est une approche politique la difficulté aujourd'hui et en effet que la France affirme sa détermination à rester au Sahel elle quitte le Mali mais elle reste le au Sahel et donc comment va-t-elle pouvoir se redéployer dans les différents pays que ce soit au Niger que ce soit au Mali sa stratégie semble d'être d'invisibiliser sa présence de la rendre la plus discrète possible donc ce redéploiement auquel on va assister ne sera pas fondé sur de lourds contingents sur des déploiement massif mais sur des capacités beaucoup plus légères en termes aériens et de renseignement le cadre européen est-ce qu'il peut être un cadre adéquat alors le cadre européen il est extrêmement important de dire que contrairement à la façon dont est présenté la Tasque force takuba il ne s'agit absolument pas d'une force de l'Union européenne il s'agit d'un accord politique entre pays européen ce qui est différent mais en revanche l'Union européenne puisque elle est en cause aussi puisque le sommet Union européenne Afrique se se déroule aujourd'hui et demain elle est présente par le biais de deux missions deux missions de formation très importante la mission iutm militaire au Mali et la mission Eek de formation des forces de gendarmerie et de police son avenir est également en cause et la question de savoir si elle va pouvoir prolonger sa mission est aussi l'un des enjeux des discussions actuelles et est-ce que là aussi cela signifie que au final et bien l'Europe ou la France vont devoir se redéployer alors dans d'autres pays peut-être le Niger peut-être également en Mauritanie qu'en pensez-vous Pascal HRO sur la manière dont cette opération pourrait se redessiner dans les mois à venir puisque vous nous avez expliqué qu'il allait falloir effectivement du temps pour ces 5000 militaires français pour quitter le Mali alors la stratégie qui va être adoptée ou qui est en cours d'adoption par l'Union européenne c'est une sorte de stratégie du cordon sanitaire c'est-à-dire qu'on va essayer de se redéployer autour du Mali ou de renforcer des points d'appui des présences autour du Mali avec comme l'a dit niagale Bakayoko une stratégie médiatique complètement différente on est maintenant dans le copartenariat on est en appui logistique des armées sahéliennes c'est-à-dire que on les laisse planifier leurs opérations et nous on on est on peut être là en appui avec des forces spéciales avec du soutien aérien avec de la logistique pour pour réaliser leur leur leurs opérations donc on on peut penser qu'il va y avoir parce que le Niger euh est un partenaire essentiel dans dans cette lutte qu'il va y avoir peut-être cette base opérationnelle qui va être mise en place au Niger il n pas dans la même situation politique pardonnez-moi je vous ai coupé il n'est pas dans la même situation politique que le Burkina Faso et le Mali non qui n'est pas c'est un état où il y a eu une élection démocratique un président qui a été élu alors bien sûr c'est un pays fragile parce qu'à partir du moment où il est allié de de la France il y a l'opposition et sur les réseaux sociaux il y a des campagnes pour essayer de le de déc décrédibiliser ce ce ce pouvoir il va y avoir aussi une attention accrue qui va être mise sur les pays côtiers où le front de la menace terroriste attendant à descendre donc on peut penser à la Côte d'Ivoire au Togo au Bénin en fin de compte il y a trois il y a trois choses qui font peur au militair français un c'est comment se retirer sans subir des attaques des terroristes parce que les terroristes vont essayé de prendre leur place à Gao et cetera deuxièmement il y a partir sans être contraint ou exposé à des manifestations publ populaire qui serait dramatique en pleine campagne électorale française et puis la troisième chose c'est les attaques informationnelles euh que que l'armée française ou que la France peut subir et qui sont qui peuvent être piloté par des officines proches de Moscou qui pourrait par exemple consister en quoi bah qui que comme ça s'est passé dernièrement quand elles sont venu perturber euh un convoi logistique euh de ravitaillement de l'armée française des attaques quotidiennes que l'on voit comparant la France une puissance néocoloniale oui paren fait c'est ça la base de la rhtorique antirançaise oui c'est la base de la rhtorique antirançaise on appuie là où ça fait mal on rappelle le palais passé et en contrepartie on propose des alternatives à ces payslà notamment cell de la Russie bagoko oui absolument je pense cela dit qu'il faut être extrêmement prudent parce qu'on a tendance à entendre dans le discours français et européen que l'un des objectifs de la présence à terme va être de contrer la présence de la Russie je pense qu'il faut faire extrêmement attention à ce que les Américains appellent une sorte de mission swing c'est-à-dire que les objectifs initiaux de l'opération change et que l'objectif là encore se dilue encore davantage donc il faut encore une fois à mon avis définir une stratégie politique extrêmement claire qui aujourd'hui ne se sititue plus seulement au Sahel mais en effet it en Afrique de l'Ouest où la France bénéficie d'une présence permanente il faut le rappeler en Côte d'Ivoire et au Sénégal alors justement avec quelle conséquence pour cette présence permanente c'est vraiment tout l'enjeu c'est-à-dire est-ce que les bases françaises prépositionné vont être augmentés en terme d'effectif quel va être leur rôle en terme de projection elles ont déjà été mobilisées he beaucoup en appui en formation et en logistique de l'opération barcane mais aujourd'hui est-ce que leur rôle va être premier pour se déployer à distance d'un point de vue logistique aérien et de renseignement ça c'est l'une des questions qui se pose et c'est pour cela je pose et qui doivent là aussi se discuter avec d'autres puissances par exemple avec la Russie alors ça c'est une question fondamental c'est-à-dire est-ce que la Russie si l'objectif premier est de lutter contre le terrorisme est-ce que la Russie est un allié ou non c'est une vraie question qui se pose d'ailleurs hein dans le débat politique français hein quelle est la relation véritable que la France doit entretenir avec la Russie qui sont nos ennemis là clairement on considère et que c'est très très bien défini par le chef d'état-major des armées que la Russie est un compétiteur sur le terrain sahélien dont l'influence est aussi importante que deux autres type d'acteurs ceux auxquels on se confronte à savoir les groupes djihadistes et ceux qui sont dans une posture de contestation à savoir les population mais al compétiteur ça veut dire ennemi c'est toute la question en tout cas sur le terrain saélien si on écoute la rhtorique et française et européenne la Russie est présentée comme un ennemi sur le terrain saélien votre point de vue Pascal HRO oui je je suis d'accord avec niagale bakaoko à partir du moment où on a un partenariat très fort au niveau opérationnel avec euh les pays wouest-africains avec les Américains et avec les Anglais euh la posture russe actuellement sur ce théâtre là sur ce théâtre sélien ne peut être perçu que comme la posture d'un ennemi je pense que les intérêts russes la Russie n'avait plus de politique vraiment africaine après la chute du mur de Berlin en en 1989 elle revient actuellement depuis quelques années sur ces terrainlà je pense que c'est pour les occidentaux notamment c'est le pendant du versant ukrainien on vient embêter la Russie à sa frontière toute proche en essayant au fur et à mesure de grignoter et d'avoir de plus en plus de pays qui intègrent l'OTAN et ben la Russie vient aussi nous chercher sur sur le théâtre voilà c'était ce que j'évoquais pardonnez-moi je vous coupe Pascal HRO c'était ce que j'évoquais tout à l'heure il est dit que dans les négociations que qu'Emmanuel Macron a pu avoir ou a actuellement avec Vladimir Poutine cette question là est posée non pas tant la question ukrainienne que la question africaine alors je ne sais pas j'ai pas je n'ai pas eu les contrerendus exacts des discussions qui ont été faites enfin qui ont été réalisé à Moscou entre le président Macron et le président Poutine si l'on en croit ce que nous dit l'Élysée le dossier malien saélien n'a pas été abordé mais on peut penser qu'en filigram et en arrièrecé il y a il y a toutes ces questions stratégiques de zone d'influence dans un périmètre d'influence qu'on estime le sien qui sont qui sont abordés un mot de conclusion niagalé Bagayoko je pense qu'il est absolument fondamental aujourd'hui de considérer aussi la situation au Sahel à travers le regard et les perspectives des acteurs locaux qu' se situ à l'échelle nationale à l'échelle décentralisée ou à l'échelle du terrain on s'aperçoit que ce par quoi l'intervention internationale en général à pêcher c'est par une approche beaucoup trop standardisée et beaucoup trop détachée des réalités locales du fonctionnement des dynamiques conflictuelles je pense que si l'on poursuit dans cette optique l'on continuera quel que soit le type de redéploiement que l'on envisage à se heurter à une impasse dans cette région merci niagal Bagayoko je rappelle que vous êtes présidente de l'African Security Network merci Pascal HRO on vous lit dans le journal l'opinion et on vous retrouve dans l'ouvrage intitulé Le piège africain de Macron coécrit avec Antoine Glazer c'est aux éditions faayar