Les mères isolées comme front de lutte pour un féminisme populaire | #Amfis2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Donc je suis Zaya Hamdan, députée de la 2e circonscription de de la Somme. Euh je suis très heureuse d'ouvrir cette conférence avec vous ce matin. Alors je suis accompagnée de deux invités que j'aurai le plaisir de vous présenter dans un instant.
Céline d'kaoui et Régine Comokoli. On peut on peut les applaudir fort et on le fera encore je pense tout à l'heure. Alors avant de démarrer, quelques mots sur le déroulé.
Donc nous sommes ensemble jusqu'à 11h30. La première partie sera consacrée à nos interventions à trois voix. Puis il y aura un temps d'échange avec vous à questionréponse de la salle et nous conclurons avec un petit mot final de chacun des des intervenants.
Voilà pour le dérouler de cette conférence. Alors chers camarades, un grand merci à vous toutes et tous de votre présence et merci aux amphi 2025 et aux organisateurs d'avoir pensé à cette conférence pour la 2e année consécutive qui met en lumière un sujet encore trop souvent mis de côté. On en discutait tout à l'heure avec les différents intervenants où on se dit cette question des mères isolées, des parents isolés, des familles monoparentale n'a pas l'air de prendre encore dans le débat public.
Et en tout cas euh on va essayer avec nos forces à nous, avec vos forces également, essayer de mettre ça en lumière et que ça devienne quelque chose de une question qui traverse nos politiques publiques. Alors aujourd'hui en France, pour mettre un petit peu le contexte, près d'un/4 des familles sont monoparentales. Dans 8 cas sur 10, ce sont des femmes qui en portent la charge. et ses familles sont deux fois plus exposé à la pauvreté que la moyenne nationale. vous dire alors quand on parle de mè isolée, on parle de femmes qui cumulent des difficultés, les difficultés d'emploi, des difficultés de logement, des difficultés de garde d'enfants, des difficultés d'isolement, des difficultés au niveau de la fiscalité, des obstacles encore plus durs à surmonter lorsqu'on vient d'un quartier populaire ou d'un milieu rural. et lorsqu'on est en plus confronté au racisme systémique.
Et pourtant, malgré ces réalités, les réponses publiques restent trop souvent partielles, abstraites, voire déconnecté du vécu réel. Alors ce matin, notre objectif est clair, interroger les angles morts du débat et proposer une approche structurelle, pas seulement compassionnelle ou militante parce que derrière les chiffres, vous avez 41 % des enfants de famille monoparentale qui vivent sous le seuil de pauvreté. Il y a une réalité violente.
Des mères qu'on accuse de frauder la CAF, qu'on culpabilise en permanence, des enfants qu'on stigmatis écoles ou même dans les médias. Ces femmes sont au croisement de plusieurs luttes, les luttes féministes, antiracistes et sociales. Et leur combat mérite d'être porté au centre du débat. débat politique, débat sociétal comme un vrai test de notre volonté collective de justice sociale.
Alors aujourd'hui, on va essayer d'éviter deux pièges, deux écuelles d'un côté, le côté misérabiliste parce qu'on a pas besoin de ça et les mères isolées, les parents isolés n'ont pas besoin de ça. Et de l'autre côté, la récupération partisane. également ce que nous voulons c'est donner la parole ouvrir des pistes concrètes et rappeler que le droit de ces femmes et de leurs enfants, c'est une question de dignité mais aussi une chance, celle de refonder un féminisme populaire, radical et pour toutes.
J'ai donc le plaisir, je vous l'ai dit en introduction, de partager cette scène avec deux voix puissantes et engagées. Céime Derkai, Régine Comocoli. Merci de les accueillir chaleureusement. [Applaudissements] Céim, je veux me permet de te présenter très rapidement.
Si d'aventure tu as d'autres points à rajouter, tu n'hésites surtout pas. Alors, tu es né dans la banlieu Canaise. Aujourd'hui, tu vis et tu travailles en scène Saint-Denis.
C'est bien ça. Tu es journaliste indépendant et auteur également et tu mènes un travail d'enquête rigoureux, engagé, toujours au plus près des réalités sociales. Donc tu es l'auteur de plusieurs ouvrages parmi lesquels la guerre des mots, rendre des coups et plus récemment "Laisse pas traîner ton fils", comment l'État criminalise les mères isolées.
Ce sera peut-être sur ce point ou sur ce livre particulier que tu auras à réagir avec nous aujourd'hui. Donc dans ce dernier livre, tu explores en profondeur comment les institutions ciblent les mères des quartiers populaires en les rendant responsable des trajectoires de leurs enfants, souvent confrontés à la violence, à la stigmatisation, voire à la criminalisation. C'est le destin tragique de Naë Merzou, tué par un tir policier en 2023 qui t'a servi de fil donc conducteur pour ton enquête et ton ton ouvrage.
À travers cette enquête, tu donnes la parole à ses mères trop souvent invisibilisé et tu démontres comment tout un système entier de l'école à la justice en passant par les médias exerce lui une pression constante sur elle. Alors, j'aurais euh deux questions pour toi. Céime.
Qu'est-ce qui t'a motivé à enquêter sur le sujet des mères isolés ? Est-ce qu'il y a un déclic personnel, une rencontre marquante ou est-ce plutôt le fruit d'un constat plus large sociétal ? Et la deuxième question, au fil de ton enquête, qu'est-ce qui t'a le plus surpris, bouleversé dans ces parcours de femmes ?
Alors, tu as 20 minutes pour nous faire une synthèse de tout ce travail et toutes ces enquêtes. Merci. [Applaudissements] Bon ben, merci.
Ah oui, c'est comme ça. Bonjour à Bonjour tout le monde. Euh du coup, alors je vais commencer par le point de départ, enfin les points de départ parce qu'il y en a trois principalement.
Euh le premier point de départ, c'est que moi-même, j'ai vécu avec ma mère pendant plusieurs années, mes deux sœurs, suite au divorce de mes de mes parents. Donc c'est quelque chose que j'ai constaté aussi au quotidien la vie de mère isolée avec des enfants dans un quartier populaire. Donc c'est Hérroville Saint-Clair qui est une petite ville qui est dans la banlieue Canaise qui est un peu une banlieu qui est semi-rurale, semi-urbaine par ailleurs, mais ça j'y reviendrai peut-être plus tard.
Euh et par conséquent, c'est des choses que j'ai constaté sur le temps de travail à gérer, sur les mi-temps, sur les contrat aidés. Ma mère était en contre aidée euh comme aide maternelle à l'époque. Donc c'était vraiment pouvoir justement organiser son temps de travail.
C'est toujours quelque chose de très présent dans notre quotidien jour après jour. Euh il y avait aussi la question évidemment du salaire, du chômage et cetera, de l'école aussi. euh toutes ces questions-là en fait qui revenaient au quotidien euh dans ma vie et qui par conséquent m'ont inspiré aussi pour être journaliste par la suite, c'est-à-dire d'enquêter sur ces sujets, sur les sujets de la CAF, sur les sujets de la de France Travail, enfin de Pôle Emploi à l'époque, mais de France Travail aussi, des contrôles réguliers que ma mère pouvait avoir, que je pouvais constater.
Donc le point de départ, ça a été surtout quand ma mère, elle a vécu avec ma petite sœur pendant plusieurs années. Je sais pas, vous m'entendez bien ? Ça va ?
Ouais. pendant plusieurs années où j'ai constaté justement que toutes les deux elles ont vraiment créé aussi une synergie, même si le mot est très galvodé mais en tout cas une complicité plutôt toutes les deux par rapport à justement toute la pression institutionnelle qu'il pouvait avoir les contrôles pour avoir une maigre aide. Alors plutôt que aide, il faut parler de revenu de transfert justement parce que aide c'est très dépolitisant et puis ça donne quelque chose de plutôt de misérabiliste comme tu disais justement tout à l'heure, ce qui n'est pas du tout le cas justement de devoir à chaque fois justifier n'importe quel papier, n'importe quel document administratif juste parce que finalement on n' pas fait ses heures de travail pour toucher son allocation chômage de ces heures de ces nombreuses heures travaillées et cetera et cetera.
Donc ça c'est des choses que j'ai pu documenter aussi notamment une enquête que j'avais réalisé sur la CAF et France travail comme quoi ça malmène la santé mentale justement au quotidien le fait qu'il y ait des pressions administratives pour pas grand-chose et qu'à chaque fois il y ait un chantage justement à la justification permanente. Donc ça c'est des choses que j'ai pu documenter ce qui m'a inspiré aussi pour mon travail au quotidien. Donc ça c'est le premier point de départ.
Euh le 2è point de départ qui est euh très important, c'est celui justement que tu disais par rapport à Naël Merzou et les révoltes urbaines qui ont suivi euh juste après. Euh le chiffre qui m'a interpellé à l'époque, c'est que euh parmi les révoltés, 61 % des jeunes mineurs euh vivaient dans une famille monoparentale avec leur mère, comme c'était le cas justement de Naël avec sa mère Mounia. Alors, ça c'est un chiffre qui m'a interpellé euh notamment parce que il a été instrumentalisé aussi par l'État, par les médias, c'est-à-dire que finalement on culpabiliser plutôt la mère de Naël plus que justement l'État défaillant. et plus que l'État défaillant, c'est plutôt l'État qui justement comme tu le rappelais tout à l'heure qui va être justement responsable aussi de la mise en situation de ces familles-là d'une manière générale.
Et en faisant un rebond aussi au niveau des chiffres, c'est peu après que j'ai découvert que justement Macron s'intéressait à cette question-là de manière totalement opportuniste parce que finalement quand on s'intéresse aux ma isolé, on s'y intéresse que quand justement il peut y avoir des révoltes urbaines. C'était déjà le cas aussi pour la mort de la mort de Zied et Bouna à l'époque aussi en 2005. On avait un peu parlé de ces sujets-là, mais plutôt pour responsabiliser les parents comme quoi justement ils sont défaillants.
Et c'est souvent le mot qui a été utilisé pour désigner la mère de de Naë et toutes les mères aussi des quartiers populaires à ce moment-là, c'est qu'on a parlé des familles monoparentales mais d'un aspect négatif médiatiquement et politiquement. Et en creusant un petit peu et en réfléchissant aussi, je me suis rappelé que à chaque rentrée scolaire, il y a les débats sur la location de rentrée scolaire, comme là, il va y en avoir pas mal, sur le fait que ces mamans-là euh achètent des écrans plats et des choses comme ça pour leurs enfants plutôt que d'acheter des fournitures et des stylo bic comme tout bon parents responsable. Donc ça c'est des débats qu'on va voir là euh très récemment sur BFM, sur Ces News et compagnie euh pour justement culpabiliser les mamans.
Euh aussi euh tricher sur notamment les chiffres qu'ils connaissent aussi parce qu'il suffit juste de d'aller sur l'INC pour les découvrir. Comme quoi 99 % euh de l'argent dépensé euh de la location de rentrée scolaire qui est à 500 € environ par enfant, c'est-à-dire ce qui est le le le chiffre qui correspond à la dépense pour un enfant sur la rentrée scolaire. Finalement, 90 % 99 % même sont utilisés justement euh pour les fournitures scolaires.
Et quand bien même c'est pas utilisé que pour ça, il s'agit aussi de dépenses courantes, des vêtements et cetera qui manquent justement parce que euh les salaires sont pas très élevés comme on le sait tous et toutes. Euh ils sont pas justement indexés à l'inflation et cetera. Il y a un taux de chômage énorme aussi et cetera et cetera.
Donc par conséquent c allocation là est très très très nécessaire justement pour pouvoir subvenir à ses besoins et quand bien même encore une fois en plus elles ne sont pas forcément sollicitées parce qu'elles sont compliquées à avoir et finalement il y en a beaucoup beaucoup de ces femmes aussi qui renoncent à les avoir parce que administrativement c'est très compliqué et vu qu'on les culpabilise aussi médiatiquement ça ne donne pas envie justement de pouvoir le les avoir. Donc il y a ces discours là médiatique et suite aux révolte urbaines, je reviens là-dessus aussi, c'est qu'il y a eu tout un discours de culpabilisation très important à la fois sur les sur les mamans mais aussi sur les sur les enfants. Macron, il a eu cette phrase là.
Il a dit qu'il y avait tout un continent délaissé, celui des des mers seuls. Alors plutôt, en général, il parle pas de mers seul. Souvent, il parle plutôt de famille monoparentale.
Euh Mélenchon, on a parlé hier justement de famille monoparentale. Alors, il s'est un peu trompé dans ce qu'il voulait dire en fait parce que il dit que euh les il s'est après, il s'est bien rattrapé, il a dit des trucs intéressants. Mais le problème, c'est que oui, il a il a il a un peu inversé.
Le truc c'est que finalement quand on parle de famille monoparentale, le problème c'est queon masque une problématique qui est fondamentalement genrée parce que comme tu le disait tout à l'heure, c'est 82 % des familles monoparentales, ce sont des femmes et ce qui veut pas dire que le reste ce soit des hommes isolés pour autant. Euh donc voilà, donc ça c'est le la petite erreur. J'ai fact checké Mélenchon.
Donc euh du coup, j'espère qu'il entendra ça. Euh mais voilà, ça c'est très important de le signaler parce que du coup c'est bah c'est euh tout un raisonnement et justement quand on parle de féminisme populaire, c'est à ce sujet précisément. Donc je vais expliquer un un petit peu pourquoi les paires sont absents aussi par la suite.
Euh et c'est important aussi de dire autre chose. Moi ce qui m'a marqué aussi à ce moment-là, c'est que vu qu'on en a parlé pour beaucoup des familles monoparentales et notamment des Mersul au moment des révoltes urbaines et justement sur les quartiers populaires, je me suis demandé pourquoi euh il pourrait y avoir justement plus de mers dans les quartiers ou alors d'une manière générale dans les classes populaires plutôt classes laborieuses par ailleurs. J'utilise plutôt le terme de classe laborieuse.
Je trouve que classe populaire, il est un peu dépolitisant et un peu comment dire folklorique aussi. Enfin voilà. Bref, ça c'est des trucs sémantiques.
Mais en tout cas, parlons plutôt de classe laborieuse et en fait dans au fil de mes recherches, j'ai découvert aussi que finalement la plupart des mers seuls et de ces famillesl justement initialement elles sont plus susceptibles de rompre aussi lié à des problématiques économiques et sociales au quotidien. Moi, mes parents ça a été ça aussi, ça a été un problème de chômage et cetera, de dette aussi qui est très importante et qui ont un peu créé des conflits aussi sur la suite. Donc, il y a les problèmes économiques et social qui sont très importants à mettre en corrélation sur la question de la séparation et du divorce également.
Il y a un autre point aussi qui est très important à signaler, c'est le fait que la garde alternée euh qui est quelque chose aussi qui est plutôt de l'ordre des CSP+ et des cadres qui peuvent se le permettre, c'est seulement 15 % des familles qui sont en garde alternée. Quand on est en garde alternée, on est quand même considéré comme parents isolés par la CAF et par les impôts aussi. Euh mais finalement, c'est plutôt des cadres qui peuvent se le permettre parce qu'il faut avoir de deux appartements suffisamment grands pour accueillir les enfants dans chacun des appartements aussi.
Donc, il y a ces problématiques là financières qui rentrent en compte. Euh et du coup, par conséquent, on a la charge une fois sur deux et cetera. Donc il y a une dimension qui est très importante aussi là-dessus, qui est une dimension de classe sociale aussi euh qui est à mettre en en exer comme tu disais tout à l'heure justement.
Et la troisème dimension qui est justement une dimension raciale d'état de racisme d'état euh parce que finalement euh justement après les révolture urbaines, c'est là on en a parlé beaucoup de ces questionsl de mer isolé et aussi c'est là où justement le gouvernement a commencé à en parler de manière extrêmement négative. En fait, on en parle déjà de ce sujet-là, mais souvent on en parle mal. En fait, on en parle surtout pour stigmatiser, puis aussi pour diviser un petit peu les classes laborieuses entre elles, pour un peu pointer les doigts sur les mauvais pauvres, euh sur les mauvaises pauvres du coup en étant plus précis.
Et donc, par conséquent, pendant plusieurs mois, euh, il y a eu des plans banlieux qui ont été proposés. Il y a eu des réformes aussi qui ont été proposées, qui ont été aussi validées par la suite. Je prends un exemple aussi de Gabriel Latal qui a fait sa sa son projet de loi sur les enfants délinquants et sur le fait que la responsabilité parentale devait être accrue et sur le fait qu'il fallait justement faire un lien plus important entre la responsabilité des parents et l'acte de la délinquence des enfants, ce qui existe déjà, mais il a voulu appuyer dessus et insister davantage.
Et en fait, ça ça vient en fait des révoltes urbaines et des questions liées au mauir isolé. Donc finalement, c'est des choses en fait qui les inspirent pour justement créer un arsenal répressif sur ces familles-là tout en déresponsabilisant l'État et le système économique et fiscal d'une manière générale. Donc il y a ça, mais il y a aussi eu des des propositions sur le fait de par exemple refuser un HLM si l'enfant a fait justement à participer aux révoltes urbaines et cetera.
Donc pour venir revenir sur ces révtes là qui sont assez importantes parce qu'il y avait beaucoup justement d'enfants de parents isolés du coup de de mamans isolé c'est que finalement souvent comme Naël justement il travaillait en parallèle de son de ses études au collège il faisait ce qu'on appelle mettre la Doron à l'abri donc c'est-à-dire sa mère donc c'est-à-dire l'aider financièrement il était livreur en parallèle et il faut savoir aussi que son collège à Naner il n'y avait pas de preuve remplacé donc en fait c'est pour ça que du coup il y a un lien très fort par rapport à la situation de ces familles de ces mères là qui sont des liens par rapport au système éducatif, au système aussi du fait qu'il y a pas suffisamment d'AED de surveillants par enfin pas parascolair mais en parallèle justement de de activités et des cours et du non remplacement de prof euh du manque de AESH également du du fait que aussi il soit mal payé et cetera. Donc finalement tout ça c'est à mettre en en bout de chaîne justement sur ces mères là qui vont finalement être les victimes collatérales d'un système économique, politique et éducatif qui est moribon aujourd'hui. Et du coup en première ligne sur ces sur ces questions là et finalement la réponse va être plus de répression notamment après ces révoltes là c'était beaucoup de répression.
Il y a eu deux ou trois morts justement de la police justement à ces moments-là pendant pendant ces révoltes là. Et la réponse à chaque fois, elle est elle est répressive et puis elle est aussi justement sur des aspects de culpabilisation plutôt de se remettre se remettre en question. Euh Emmanuel Macron, justement, il a eu cette phrase-là, il a parlé de bombes euh sociales et féministes.
Euh parce que Emmanuel Macron, il a aussi ce souvenir-là que pendant le mouvement des gilets jaunes, il y a eu aussi beaucoup de mères isolées sur les ronds-points. Euh justement pour ces raisons-là, pour les questions tout simplement de temps de travail aussi, de temps de pouvoir accompagner ses enfants à l'école, du de pouvoir justement les accompagner en voiture. Donc des choses extrêmement concrètes aussi au quotidien.
Par conséquent, il y avait beaucoup de mer sur les ronds-points. Le le 10 septembre, il pourrait y avoir aussi beaucoup de mers isolées justement qui vont se mobiliser par rapport à tout le plan berou qui peut y avoir et justement elles vont être touchées directement par toutes les réformes de Zabonde qu'il nous qu'il prévoit de mettre de mettre en place. Et moi ce qui m'a intéressé aussi à ce moment-là, ce que j'ai en tout cas observé de loin, c'est que finalement il y avait un lien entre les révoltes urbaines aussi et les gilets jaune qui était le lien justement des des mères isolées et des enfants. parce que dans les deux cas en fait, il y avait cette question là de la monoparentalité qui revenait en fait sur le devant de la scène de manière très politique et qui fait justement assez peur au pouvoir parce que dans les deux cas, dans le premier cas, Macron avait prévu un hélicoptère à l'Élysée au cas où ça pouvait dégénérer et dans le deuxième cas, il y a toujours avec les révoltes urbaines la menace d'envoyer carrément l'armée en cas où ça de dégénérer.
Donc et en plus dans les deux cas, ce qui est important, c'est que c'est des révoltes spontanées en fait qui ne sont pas forcément organisés entre guillemets dans le sens syndical. de manière assez classique entre guillemets mais plutôt spontané, c'est-à-dire qu'il viennent directement de la chair par rapport à la révolte par rapport aux révoltes urbaines. C'est effectivement bah la la mort de la police mais c'est pas que ça en fait, c'est aussi le fait des discriminations à l'embauche, au logement aussi.
Donc le logement, la question du logement qui revient souvent aussi évidemment, c'est très concret pour les mèes isolées sur la question des logements sociaux, il en manque beaucoup. Il y a beaucoup de mairies justement qui évitent de payer l'amende, enfin non, qui payent l'amende pour éviter de construire des logements des logements sociaux. Il y a aussi la question de la propriété lucrative aussi, le fait que des bourgeois et plusieurs logements qui qu' le voilà qui le propose enfin qui le plutôt impose aux gens d'une manière générale et qui accapare justement les richesses.
Le le propriétariat, on peut voir ça aussi comme une forme de patronat également. Et donc ça c'est ce qui met en concrètement en difficulté les mèes isolées. Donc c'est pour ça que je dis que c'est une problématique qui est à la fois de classe raciale aussi euh et féministe évidemment.
Euh sur la question raciale, je reviens un peu là-dessus aussi parce que finalement ça va être vraiment ce point-là qui va être le plus déterminant pour justement les mettre euh et les critiquer et les culpabiliser euh davantage. Finalement, quand on aura cette cette comment dire le côté de femmes justement qui sont comme tu disais tout à l'heure assister, c'est souvent le mot qui revient par rapport aux aides sociales entre guillemets qu'elles peuvent toucher, par rapport à à leur vie au quotidien, par rapport aux caisses d'allocation familiale, mais aussi par rapport à France travail, au temps de travail, le fait qu'elle soit au mi-temps et et compagnie, ça c'est quelque chose qui est raciste et qui vient justement faire en sorte de diviser les classes laborieuses entre elles. Et finalement, quand Macron et quand d'autres du gouvernement parlent des mèes isolées, parlent négativement, soit ils en parlent pas, soit ils en parlent de manière paternaliste et dépolitisé quand il s'agit à la limite plutôt de mère seul blanche ou alors du coup quand c'est très très de manière négative, c'est plutôt les femmes racisées.
Donc c'est tout ce que j'ai dit sur comment on va faire des réformes sur les délinquants entre guillemets sur justement sucré DHLM et cetera. Voilà. Et ça c'est ça c'était un point aussi qui m'a vachement vachement frappé par rapport à cette enquête là.
Et du coup historiquement euh ça vient de la ce qu'on appelle la welfare Queen aux États-Unis. C'est quand Ronald Rean, suite à au guerre aussi aux États-Unis dans les années 70 pour mettre fin justement à l'aide d'État pour les veuves de guerre, il a fait en sorte de créer l'imaginaire de la femme noire racisée qui a plusieurs enfants et qui a plusieurs aides qui multiplie les aides, les cartes vitales et cetera et cetera. Donc en fait, il a créé cet imaginaire là raciste pour pouvoir justement enlever des entre guillemets des aides d'état justement pour les mer à ce moment-là.
Et du coup, ce qui a fait effet rebond sur toute la population d'une manière générale en fait qui a été euh justement généralisée. Donc beaucoup de gens d'Américains à ce moment-là se disaient "Bah de toute façon, c'est légitime, elles sont assistées, elles le méritent pas." Et du coup en rebond c'est eux-mêmes qui ont été touchés par justement euh ce détricotement de comment dire de protection en fait sociale.
Donc cet imaginaire là raciste, il est venu aussi en France en fait finalement c'est la mère seule assister et cetera. Donc c'est ce que je disais sur la location de rentrée scolaire. En fait quand on creuse souvent sur ces questions-là, sur cette stigmatisation là, ce sont plutôt les mamans les mamans racisées qui sont en fait dans le viseur.
Pareil pour le RSA aussi, le chiffre qui est important, c'est que deux femmes sur trois au RSA sont des mères isolées aussi pour toutes ces raisons-là euh de précarité, de pas pouvoir justement lier la garde des enfants au quotidien et le travail en parallèle. le fait que parfois elles ont dû arrêter de travailler parce que le père l'imposait à l'époque que finalement elles ont pas eu une évolution de salaire. Il y a eu une guêpe qui est passée.
C'est pour elle est encore là. Elle est encore là. Ça ça va finir par arriver.
C'est bon. Finir par croire que c'est la DG ici qui est qui a envoyé. Euh voilà.
Je sais. Oui, j'en étais où ? Oui, sur oui, sur la Ouais. l'imaginaire et cetera.
Voilà. Euh et du coup par conséquent, moi j'ai commencé mon enquête aussi bah par tous ces points de départ là sur le chapitre 1. Justement, j'enquête justement sur le côté sur les aspects socio-fiscaux qui ont marqué en fait ma propre mère.
En fait, chaque chapitre, je le commence comme ça et du coup, je réponds à ta deuxième question en même temps. C'est en fait en interrogeant des mamans, c'est quand je leur posais la question "Ma isolée, qu'est-ce que ça signifie pour toi Euh finalement, elle me parlait directement de quelque chose qui les a marqué soit récemment, soit tout au long de leur vie plus en fait. Et finalement, tout est tout est un peu lié.
Donc ma mère quand j'en parlais, c'était plutôt les questions sociofiscales. C'était le fait que elle touchait un peu de pension, ce qui est extrêmement rare de la toucher en général. En plus, quand on la touche, soit c'est en retard, soit c'est pas du tout un montant qui est qui est approprié.
Elle me disait "ça normal. En fait, moi la pension, elle est fiscalisée pour moi, pas pour ton père." C'était des choses comme ça qu'elle me racontait. qu'elle me racontait aussi par rapport au RSA, par rapport au stress qu'elle pouvait avoir de gérer plein de papiers, de gérer aussi les rencontres par justement.
Donc l'humiliation aussi par rapport au à certains enseignants qui peuvent être aussi parfois bah assez favorable à l'institution de l'éducation nationale, c'est-à-dire à reproduire les inégalités sociales, à les à les justifier et cetera. Enfin, moi j'avais un prof pour l'anecdote quand je lui ai dit tout ce que je faisais maintenant, il m'avait dit "Ah, j'aurais pas parié sur toi." Enfin, c des remarques comme ça par exemple qu'on reçoit quelques années plus tard.
C'était même c'était il y a un an pour tout vous dire. Donc voilà, très sympa. Je j'ai gardé le mail, capture d'écran, ça pourra servir et ça sert du coup.
Euh et par conséquent, voilà, ça c'est très important. Du coup, elle c'est plutôt ça qui revenait, c'était plutôt la violence institutionnelle, économique et sociale. Le flicage aussi, le fait que la CAF essaie de vérifier à chaque fois si elle se remettait pas en couple.
Parce que si elle se remet en couple d'une entre guillemets, c'est que finalement son caution, le caution familial augmente et du coup c'est plus difficile pour elle d'avoir quelques prestations. Encore une fois, c'est extrêmement rare. On parle de fraude sociale, mais je pense que ça vous en avez beaucoup entendu parler, ça n'existe quasiment pas.
Ou alors c'est des réseaux qui sont très organisés. euh la fraude fiscale est beaucoup plus enfin beaucoup plus importante. C'est vraiment c'est très très euh c'est beaucoup plus que ça.
Mais bref, ça je pense que vous connaissez un peu les chiffres, c'est 100000 euh 100 milliards de fraudes fiscales. Donc voilà. Donc c'était plutôt ça, ce fliquage là au quotidien euh de se remettre justement en couple, c'est-à-dire concubinage.
Donc c'est une définition assez large, c'est le fait de même fréquenter quelqu'un qui vive pas forcément sous ton toit et cetera, mais déjà c'est déjà un acte et une justification pour les institutions justement d'augmenter le quotient et de te mettre encore plus en difficulté. Donc ça ça arrive à beaucoup de femmes aussi. C'est vraiment une intrusion dans la vie au quotidien.
Euh et justement c'est encore une fois le côté euh d'être dépendant soit de l'État euh soit du marché du travail donc du coup du système économique capitaliste ou soit alors finalement tout simplement des hommes aussi. Donc du coup c'est à chaque fois les trois trois à la fois des institutions qui sont faites aussi par les hommes, bourgeois, blancs aussi. Donc par conséquent, ça va être leur vision du monde qui va se concrétiser par justement ce que c'est pas bah des des des comment dire des aspects très concrets comme la pension alimentaire qui est fiscalisé pour les femmes.
Évidemment, elle ne passe pas par exemple au Sénat qui est composé justement d'hommes blancs et bourgeois. Donc pour qui finalement cette question là n'est pas du tout une question et au contraire enfin je pense qu'il faut pas dire tout le temps que c'est parce que ça les intéresse pas. Au contraire, ça les intéresse.
C'est une guerre de classe, c'est une guerre de genre aussi et c'est une guerre raciale aussi, enfin de de voilà euh de par rapport au racisme d'État. Donc il faut pas dire je trouve justement que c'est parce qu'ils s'intéressent pas, parce que ça les concerne pas. Non, c'est aussi volontaire de leur part justement de maintenir leur hégémonie.
Donc finalement, c'est très conscient euh en fait et c'est pas du tout un oubli de leur part de parler de ces questionslà. Euh voilà, c'est important parce que parfois on peut se dire aussi que finalement juste ils passent à côté du sujet mais non en fait le sujet il est sous leurs yeux, ils ont les chiffres aussi. Euh ils peuvent googler.
Il y a des choses très simples qu'on peut avoir. Euh le chiffre que je cite, ils sont trouvables sur internet euh sur l'INC. Euh il y en a d'autres qui sont peut-être un peu plus complexes à avoir mais les principaux, ils sont sous leurs yeux et ils sont responsables de leur de leur gravité.
Euh voilà. Donc ça c'est le premier chapitre. Enfin, c'est un peu chiant dans la chronologie mais en gros c'est un peu ça.
Et dans le deuxième, c'est plutôt sur les les quartiers populaires justement par rapport à Naël et les révoltes qui ont suivi sur la question de l'éducation nationale et sur la question de l'aide sociale à l'enfance parce qu'en fait ce qui m'a marqué justement sur ce sujet au fur et à mesure c'est que en fait c'est le sujet de tous les sujets en fait c'est que finalement quand on s'intéresse au méris isolé on est obligé de se confronter comme je commençais à en parler sur l'éducation nationale et les problématiques qui peut y avoir sur l'aide sociale à l'enfance aussi sur le fait que c'est un service public qui est qui est Le pire en fait au niveau de du financement qui est totalement inexistant, au niveau de l'organisation aussi où là c'est totalement laissé les laisser à l'abandon euh où il manque beaucoup d'éducateurs et d'éducatrices ou alors quand il y en a ils sont pas du tout formés et il y a des abus et des problématiques dans les familles d'accueil aussi. Euh les mères isolées aussi elles sont culpabilisées. Euh elles galèrent aussi au quotidien.
Donc il y a toujours la menace d'être contrôlée aussi. Une menace qui n'existe pas, c'est les chez les familles bourgeoises euh ou les mamans solo aussi euh de la bourgeoisie qui elles vont pas être forcément menacé justement de mal éduquer leurs enfants, ce qui va être plutôt une une suspicion et une critique qui va être plutôt faite par pour justement les classes laborieuses et plutôt les femmes racisées également. toujours cette menace là de mal éduquer ton enfant.
Euh justement euh du coup, on va pas leur dire que les parents sont défaillants dans ces cas-là. Euh moi, je prenais aussi l'exemple de du fils de d'Éric Zemour qui lui a eu pas mal de de problématiques juridiques sans rentrer dans les détails, mais quand même, il a provoqué un accident, il était sous sous stupéfiant. Il avait même une arme dans le coffre, enfin plein de choses comme ça.
Mais lui, il meurt pas d'une barre d'une balle dans le dans le thorax comme Naë Merzou. Et aussi euh Zemour ne va pas être considéré comme un parent défaillant. Il y a d'autres parents comme ça, il y a Nadine Morano aussi.
Il y a du du Pont Moretti. Vous regarderez dans dans les dans le dans le détail, c'est pareil, c'est sur Google hein. Enfin, il y a ça fait pas forcément la une, mais il y a des dépêches qui traînent.
C'est souvent comme ça, des dépêches qui traînent AFP ou dans la presse locale aussi parfois qui qui peut être très intéressante sur ces sujets. Voilà la question des paires évidemment. Attends, je regarde l'heure.
Ça va non ? Ouais. OK, d'accord, ça marche.
Je tournerai ma tête. Euh la question des paires, évidemment la question c'est où sont les paires ? Euh et ben les paires déjà ils sont par là, ils sont ils sont pas souvent là.
Euh du coup, alors ça comment dire moi le chapitre sur les paires en fait moi pareil ce qui m'a je voulais commencer un petit peu différent le la question des paires et plutôt la commencé par euh un comment dire un pareil un principe quelque chose que je voyais au quotidien mais que j'avais pas forcément réalisé. C'est la question de certains films, enfin même beaucoup de films en fait où finalement quand on parle de l'absence maternelle et que finalement c'est le père qui est tout seul avec les enfants, souvent c'est parce que la mère elle est décédée et vous regarderez dans pas mal de films notamment catastrophe d'ailleurs, je sais pas s'il y a un lien pour un père, c'est une catastrophe justement de se retrouver tout seul et souvent voilà, c'est plutôt la fatalité qui fait que le père se retrouve seul mais c'est jamais justement la séparation et c'est jamais aussi le fait que et ça c'est un chiffre aussi que j'ai découvert ouvert au fur et à mesure que au moment de la séparation euh il y a plus de 80 % des hommes qui ne demandent pas du tout la garde mais même pas la garde alternée. Donc déjà ça c'est le point de départ extrêmement important et en fait de ce que j'ai découvert aussi par rapport à des lectures et notamment un livre très important qui s'appelle idée reçu sur les familles monoparentales de plusieurs sociologues que j'ai interviewé aussi dont Marie Clémence le pape pour justement pas mal de précisions sur ces points-là c'est que finalement la comment dire la la défaillance et la démission paternelle elle se fait déjà au sein du couple et finalement elle se traduit et elle se concrétise au monde de la séparation.
Donc par conséquent, ils vont se dire qu'ils ont pas de de lien du tout. Pour la pension alimentaire, ils vont refuser de la payer parce qu'ils vont dire que finalement c'est un revenu pour la mère et enfin non. Oui, voilà, c'est ça, un revenu pour la mère plutôt que pour les enfants et voilà.
Ils vont pas du tout mettre en corrélation aussi que eux ils ont des salaires plus importants, qu'ils ont pu bénéficier aussi d'une évolution de carrière en s'occupant moins de de leurs enfants et toutes ces choses-là et cetera et cetera. Donc ça, il y a pas mal de livres aussi qui ont été écrits, le genre du capital notamment sur ces inégalités de genre dès le départ dans le couple. Ça c'était un point de départ pour moi notamment dans l'introduction et ensuite parler de ce qui arrive ensuite euh pour ces pour ces mères seuls.
Donc voilà, donc les pères sont pas là. Par contre, les pères les pères célibataires sont extrêmement bien vu en société, notamment dans les films aussi, j'en cite quelques-uns, notamment The Holly Day avec ce cher Jud qui est très très bien vu, le papa sexy qui a des enfants et qui les éduquent. Il est très courageux.
Donc du coup, il aura cette prime au courage parce que en fait c'est tellement surprenant que par conséquent décidemment par conséquent on va vachement le mettre en avant médiatiquement et aussi dans dans les films dans la culture populaire en fait en fait en général là ça ouais euh voilà et euh et du coup aussi moi ce qui m'a intéressé aussi par rapport à par rapport à ça c'est de parler des paires isolés euh des classes laborieuses euh aussi racisé euh parce qu'en fait il y a aussi le le point important, c'est que dans les familles voilà dans les familles Ouais, désolé, en plus je déteste ça, enfin tout le monde déteste ça, mais euh dans dans ces familles là, justement des des milieux populaires, il faut aussi prendre en considération la le côté encore une fois de la classe sociale et le côté racial parce qu'il y a aussi beaucoup de morts au travail chez les hommes aussi racisés, des milieux populaires. Moi, j'ai fait des enquêtes aussi sur les cancers professionnels euh notamment pour le monde diplomatique qui m'a pris plusieurs mois qui étaiit très difficile à faire. Euh et ça, il y a plusieurs bah beaucoup beaucoup de d'hommes racisés notamment en scène Saint-Denis euh qui sont morts justement de leur travail à l'usine euh plusieurs années.
Du coup, beaucoup de mamans se sont retrouvées aussi toutes seules par la suite. Donc ça c'est des éléments à prendre en question, les accidents du travail et cetera. Donc toujours croiser un petit peu toutes ces questionnements-l que ça va pas être la même chose justement pour les familles plutôt des CSP+ ou de la bourgeoisie qui vont pas connaître aussi ces morts-là au travail, cette problématique là de justement de pas même pas atteindre euh 60 ans si on est enfin si on souhaite justement que ce soit au moins ça l'âge légal de départ à la retraite mais qui à 58 ans sont déjà décédés pour la plupart d'entre eux.
Ça ça va mettre en corrélation et pareil pour les paires isolés justement là justement l'appellation est plus juste aussi pour pour eux euh des classes populaires justement des milieux racisés parce qu'en fait ils vont vivre aussi des discriminations et des problématiques liées à leur classe sociale et lié aussi au fait qu'il soi issu de l'immigration post-coloniale. Mais par contre ils vont pas vivre et plutôt subir aussi des discriminations liées à leur genre en tant que homme. que j'ai essayé de rester vraiment à la croisée des chemins d'une certaine manière en essayant d'être le plus rigoureux possible sur ces trois aspects-là tout au long justement de ma réflexion et aussi pour parler par la suite aussi des mers isolées en milieu rural.
Euh du coup, je parlais justement des mers isolées euh gilets jaunes. qu' y en a eu beaucoup comme je disais sur les sur les ronds-points pour des problématiques fiscales euh assez corrélé justement au mers seul euh des milieux populaires mais sans les questions justement liées au racisme euh évidemment euh mais voilà des questions qui seront quand même assez assez proches et qu'on peut retrouver justement pour le 10 septembre s'il y aura justement plusieurs mersel sur justement dans ces mobilisations sociales là en fait qui les concerne parce que finalement ça comme aussi c'est Agè Saoudé qui est présente ici du moment des mèes isolés qui m'a dit justement très très qui est là qui m'a dit très très très justement qu'en fait si on enfin on réfléchit bien d'une certaine manière, c'est que les mères isolées pourraient être justement en tête de cortège de toutes les manifestations parce qu'en fait elles sont vraiment à la croisée de toutes ces problématiques là au quotidien. Et du coup, j'en je peux emboiter le pas sur la suite et sur la question en fait de l'autoorganisation des Mersul qui est arrivé ces dernières années.
Finalement avec la généralisation du divorce et de la séparation au fil du temps. une question qui s'est imposée aussi au fur et à mesure mais qui a été forcément très difficile justement dans les parfois dans les milieux militants par rapport encore une fois au temps de au temps de travail autant disponible aussi au fait que des réunions justement se passent quand les murs mensules ne peuvent pas justement participer à ces réunions là syndicales ou politiqu euh le weekend le fait de pouvoir garder les enfants, pas garder les enfants. Donc toutes ces questions là d'organisation était aussi un frein pour pouvoir justement s'autoorganiser ou de participer aussi à des à des luttes un peu plus un peu plus général alors que paradoxalement comme je disais en fait elles sont à la croisée de de toutes les luttes et elles ont quelqu bah beaucoup de choses à apporter au niveau des chiffres au niveau justement de leur de leur vécu de l'analyse qu'elle peuvent avoir.
Je fais un petit parallèle par rapport à moi, par rapport en tant que journaliste. Moi, je documente, j'ai fait le lien en fait entre pas mal de mèes isolées, entre pas mal de collectifs aussi, comme disait Agnès aussi, mais d'autres mamans m'ont expliqué que le livre, je le voyais plutôt comme une boîte à outil, quelque chose auquel on peut s'en servir et s'en saisir par la suite euh pour justement bah être comment dire un bah un outil en plus en fait euh tout simplement et modestement euh par rapport à qu'est-ce qui peut changer concrètement. Et donc de ce collectif là, il y en a plusieurs.
Il y a la collectif des mers isolées, il y a le mouvement des mers isolées, il y a M des terres aussi. qui se sont auto-organisés par rapport à toutes à toutes ces questions-là. Et ça qui est important aussi, c'est que en fait euh intrinsèquement euh les mersoles elles sont atomisées en fait par rapport à leur travail, par rapport au fait aussi qu'elles ont différents mi-temps, que c'est plus difficile aussi à s'organiser, que finalement ça peut être différentes entreprises, différentes boîtes, ça peut être comment dire des des voilà des entreprises qui sont rattachées à d'autres.
Donc c'est plus compliqué aussi de de s'organiser et par conséquent c'est ça aussi qui a créé une entre guillemets une invisibilisation même dans les milieux militants à gauche et que la question commence à venir au fur et à mesure mais encore une fois grâce à à ces collectifs là au quotidien. Euh et finalement il y a plusieurs fronts en fait qui sont menés. Euh ça va j'arrête.
Ouais d'accord. Ouais je conclus. Très bien.
Voilà. Ben c'est très bien. J'avais été quasiment terminé.
Euh il y a plusieurs fronts en fait qui sont euh qui sont menés. Euh il pu y avoir des fronts parlementaires et cetera, des fronts aussi sur le statut de maire isolée euh euh justement dans plusieurs municipalités pour avoir accès à des droits euh plus facilement et prioritairement. Et en fait, et je terminerai là-dessus, euh finalement pour moi, c'est enfin j'ai fait beaucoup de d'enquêtes, beaucoup de de sujets et cetera et c'est le sujet pour moi qui a été le plus important à traiter en 10 ans de carrière journalistique parce que c'est le sujet de tous les sujets.
C'est le sujet qui nous concerne toutes et tous au fur et à mesure parce qu'en fait c'est elles qui sont d'abord en première ligne qui sont aussi les laboratoires pour des expérimentations, pour des réformes. Ensuite, comme je disais tout à l'heure, la réforme du RSA aussi, c'est elle en priorité. Puis ensuite, ce sera nous toutes et tous.
C'est les APL aussi, la baisse des APL, elles sont touchées et cetera. Donc en parlant d'elle, on parle de nous tous et toutes et aussi justement en insistant sur ce point d'avoir à chaque fois une vision de classe sociale, une vision aussi du racisme d'état et de et de et racial et une vision évidemment féministe populaire. Voilà. [Applaudissements] Merci, merci Céline pour cette cet éclairage et euh euh ces précisions denses et très riches.
Alors juste, je pense qu'il y a encore beaucoup de choses à dire sur ton livre. Il est à tu le dédicaces tout à l'heure à 13h. C'est ça.
Donc si vous êtes intéressé par ce livre Laisse pas traîner ton fils, comment l'État criminalise les mères isolées. Vous pouvez l'acheter et Céline se fera un plaisir de vous le dédicacer et surtout vous lire son contenu. Je pense qu'il sera intéressant.
Régine, pour euh pour passer la parole à Régine Comoli, tu es une militante engagé, une travailleuse sociale mais aussi une femme de terrain que beaucoup connaissent à travers tes tes prises de parole forte, sincère et percutante. Alors, tu es né dans le bassin du Congo. Tu connais les difficultés des personnes en migration étant toi-même arrivé en France sans papier il y a 25 ans et depuis plusieurs années, en parallèle de ton mandat de conseillère départemental en Ilviden, tu t'es investi à Rennes dans le quartier prioritaire de Villean où tu travailles au plus près des femmes, des familles, souvent en situation de précarité ou de grande violence institutionnelle.
Tu es aussi une maman solo et tu n'as jamais séparé ton combat personnel et ton engagement collectif. Ton regard aujourd'hui et à venir est très précieux parce que tu parles depuis l'intérieur de ces réalités, sans filtre, sans jargon, mais toujours avec beaucoup de justesse et de force politique. Alors, tu dis souvent que les mères isolées ne sont pas faibles, mais qu'elles sont volontairement rendues invisibles, usées, empêché alors qu'elle tiennent debout des familles, des quartiers et parfois même des luttes entières.
Alors pour commencer et te laisser introduire ton propos, deux questions également. En tant que femme engagée et proche du terrain, comment toi tu perçois les difficultés spécifiques que rencontrent les mères isolées aujourd'hui, notamment dans les quartiers populaires ou quand elles sont racisées ? Et deuxème question, quel levier à ton avis il faut actionner pour vraiment redonner à ces femmes du pouvoir d'agir, de la reconnaissance et un soutien structurel ?
Alors pareil 20 minutes. Bonjour à toutes et à tous. Merci beaucoup d'être là pour m'écouter.
Merci à à vous de m'avoir invité aussi. Je suis très honorée et très ému depuis hier. Donc je m'attendais pas, enfin à chaque fois je m'attends pas à être là où je suis.
C'est compliqué pour moi, mais je suis très très très contente. Merci beaucoup. Alors, puisqueon va parler des femmes racisées dans plus de quartiers populaires, permettez-moi de compléter un peu ma présentation.
Euh vous avez devant vous euh la prévuivante que le fantasme du grand remplacement est un mensonge puisque je suis la première femme ayant passé par la casse sans papier est devenue élu de la République française. Alors euh que dire ? La question est tellement vaste.
Je vais essayer euh moi je suis maman de trois filles que je laisse seule depuis depuis leur bah depuis leur naissance. Euh je vis à Ville, j'ai 43 ans, je suis arrivée en France à l'âge de 19 ans et donc je viens du bassin du Congo parce que je suis née au Congo démocratique, l'ancien Zaï et je suis passé par la République centrafricaine. Donc je fis la guerre.
Je suis j'ai été bah je le dis aussi parce que c'est aussi un combat, une lutte victime de viol comme arme de guerre. C'est ce qui se passe aussi pour les jeunes filles. Et puisqu'on parle aussi des femmes, ben j'aimerais aussi, permettez-moi de parler aussi des femmes à l'international parce que c'est aussi un vrai sujet.
Je suis arrivée ici donc me retrouver sans papier avec des parcours des sans papiers difficile quand on est maman. Vous avez parlé hein de de la violence qu'on peut vivre administrative et tout. Moi je dis souvent euh il y a les femmes blanches qui vivent du sexisme, c'est un premier handicap et ben les femmes noires ont vit.
Donc voilà notre réalité aussi. Euh j'ai été j'étais victime de violence conjugale. Je me suis retrouvée un peu dans la rue avec mes trois filles et le 115, j'ai j'ai arrêté de compter au bout de 1000 1000 et quelques jours.
Je vous parle là et puis je parle de la violence conjugale parce que c'est aussi important parce que dans mon quartier beaucoup de femmes qui se retrouvent seules. C'est aussi ça le sujet. Donc c'est VO franchement pour moi c'est c'est un tout qui fait aussi des fois qu'on se retrouve aussi en tant que femme seule.
Euh j'ai je vais voilà j'ai vu la mort et je en parler plus tard parce que je parlais de Marie. J'ai 17 coups de couteau dans mon corps aujourd'hui. Je me balade avec ça.
C'est aussi ça la violence. C'est ce que ça fait aussi. Et euh et j'ai connu aussi la mes enfants étaient aussi confiés parce qu'on était dans la rue.
Donc j'ai des fois j'ai l'impression c'est un peu de tout mais l'univers ou bah ceux qui croient en Dieu c'est mon cas où la foi fait que ben je me suis retrouvée aujourd'hui déléguée à la à la petite enfance aux parentalités. Voilà. Et euh donc avant que je puisse m'engager en politique, vous l'avez rappelé ici hein, c'est les femmes du quartier surtout sont stigmatisées.
Dès qu'il y a un poubelle brûlée, où sont les parents surtout les femmes, c'était on parlait du quartier de vigilant que du négatif. C'était toujours ce côté-là. Et pendant le confinement, j'étais encore au 115 avec mes copines puisque j'animais un peu le cours de couture et de zumba avec des femmes plus voilées puisque on s'organisait comme ça.
On a fabriqué plus de 3000 masques. pour distribuer, vous saviez, il y avait un appel de solidarité nationale par le président Macron et euh un jour, je regarde la télé et puis je vois le prix des masques tissus 5 € et je fais le calcul avec les copines et je me rends compte qu'on a fabriqué 3000 et je dis à ma copine Fatima, j'ai fait c'est dingue si on multiplie 3000 par 5 € bah ça fait beaucoup. Donc ça veut dire qu'on a fait le don de cela parce qu'on utilisait nos propres machines.
Il y avait aussi la facture d'électricité qu'on a pas forcément calculé et tout. Et en ce moment-là, j'ai eu la lumière. Je me suis dit mais en fait là, on vient d'avoir un ticket pour parler de nous, changer notre image en fait parce que personne va parler de nous.
Et euh quelques jours après, on continue bon sans sans plus ou moins en parler et on sort du confinement et puis là euh moi j'ai moi je suis très gardé trop mes traditions. Lex j'aime beaucoup et j'avais dit à Fatima, je sais pas quand on est suspecté tout le temps, je pense qu'on crée aussi des stratégies pour aussi avoir des preuves. Et je lui ai dit on va fabriquer tous nos masques avec les avec le wacin.
Et c'est ce qu'on a fait. Donc en sortie de confinement, on voyait tout le monde avec les masques, wax et tout et on leur disait à chaque fois "Ben c'est nous, c'est nous." Ah bon ?
Bah si, c'est nous. Et euh et ben donc là, j'ai dit à Fatima, "Ben, on va créer un collectif, on va faire quelque chose." Et c'est comme ça que le collectif cé est né.
Cé qui veut dire ensemble en espérant tôt. Et c'était comme ça qu'on a commencé. On s'est dit à partir de ce moment-là, on avait le moyen c'était de créer Facebook puisqu'on sait très bien queon allait pas avoir les médias comme ça.
On a pas de réseau non plus quand on est dans les quartiers comme vigant. Et donc on a créé Facebook et puis on a commencé à communiquer. Donc ça a commencé sur les masques.
On a appelé à tout le quartier. Ça commencé par le quartier. Après c'était la ville que les gens emmènent leur tissus.
On a avec l'association mosaïque, on a mis sur la dalle des machines à coudre et puis les personnes venaient et puis on fabriquait les masques ensemble. Et c'est comme ça que c'est parti. C'est comme ça qu'on a commencé.
On a décidé de tout communiquer, même des petites choses, aller ramasser les déchets parce que c'est on fait aussi quand on est au parc les mamans et ramasse les déchets les MGO alors qu'on ne fume pas pour d'autres raisons et on a commencé à communiquer et c'est comme ça que on a au niveau de vision, on a commencé à nous connaître et tout et euh et en ce moment-là et un jour dans les blagues entre femmes et puis on rigole en mode allez mère de reine et puis je fais bah ouais Pourquoi pas ? Pourquoi pas de passer de mère en mère, vraie mère et puis c'était rigolo entre nous et et puis ben en fait l'idée est partie et donc j'ai décidé de me dire ben oui, pourquoi pas ? on en parle et puis un jour ben il y a eu une personne c'était les la liste de de communes et puis il y a une personne qui est venue à l'association voir ma responsable qui était Malik et lui dire que bien en partie je dirais pas le nom qui cherche qui écrit sur la liste donc Malik et Malik dit je suis pas intéressée mais je pense que Régine elle elle peut parler des gens du quartier et puis c'est comme ça que je vais arriver ça été très compliqué parce qu'en ce moment-là j'étais encore au 115 avec mes filles et puis bon on se balada un peu. partout puisque ça changeait tout le temps.
Tous les jeudis, fallait appeler pour changer. Donc aller à la réunion, vous en avez parlé hein, c'est difficile parce qu'on n'a pas les moyens de garde forcément. Et puis aussi, il faut comprendre qu'en ce moment-là, j'avais pas non plus forcément les éléments de langage.
Je parlais pas comme je parle aujourd'hui. Je travaillais, moi j'ai pas fait des études. J'ai fini mon premier livre pendant le confinement pour vous dire.
Donc en fait, je commenca ma formation là à prendre le vrai français comme on dit chez nous, pas le français du quartier pour pouvoir intégrer ce milieulà. Et donc j'arrive comme ça en politique, je commençais par la violence conjugale, la situation des femmes parce que c'est aussi notre sujet et donc c'est comme ça que je vais arriver. personne paré sur moi forcément puisque du coup on m'attendait pas là mais mes copines ont cru en moi, les enfants aussi parce que du coup j'ai senti aussi finalement une fierté des gens du quartier commencé à parler politique des sujets entre nous et tout et donc les mamans, les femmes, les enfants m'ont accompagné, on distribuait des tractes, on attachait les enfants dans les dos et tout et puis ben ça a marché puisque puisque voilà, je suis arrivée Là euh autre chose aussi c'est que bah il y a une copine à nous qui était victime enfin qui était qui était tuée féminicide Marie et en fait la mort de Marie a déclenché aussi autre chose dans le quartier parce que on s'est dit on parlait de hashtag mitou partout et puis on s'est dit mais en fait hashtag mitou n'est pas arrivé dans nos quartiers et que en attendant que ça arrive fallait queon fasse quelque chose et donc il y a le collectif les clandestines.
Les clandestines c'est neuf femmes. Enfin, il y a un homme aussi, on était formé à l'écoute bienveillante parce qu'on s'est rendu compte que bah au fur et à mesure qu'on avançait dans nos passer de la solidarité aux luttes en fait, on a commencé à parler aussi de la politique parce qu'avant on considérait que ben c'était pas notre sujet, ça nous concernait pas. On décidait pour nous, on comprenait même pas pour être honnête aussi des fois des vocabulaires ou les éléments de langage.
Et donc la mort de Marie a déclenché bah quelque chose. On s'est dit nous aussi ça peut arriver chez nous, on peut mourir aussi et que il faut qu'on en parle et que ça que ça vienne de nous parce que c'est pas les autres qui vont parler. Et donc on a commencé par là avec les clandestines à sortir dans la rue, à manifester, à dire les réalités de des quartiers. euh des sujets où depuis lors on nous disait que ben il faut pas le dire aussi parce que en fait il y a autre chose aussi c'est que ben comme on est un peu piégé entre deux quand on dit les choses mais en fait on donne aussi des éléments à l'extrême droite pour nous rappeler bah notre situation notre condition parce que on sait très bien que l'extrême droite va dire que ben ce sont les hommes noirs et les hommes arabes qui violent qui frappent et tout donc en fait il y a des sujets qu'on peut pas dire aussi la question de sécurité pareil donc c'était é très compliqué.
Il y a un moment donné avec la mort de Marie, ben on s'est dit on y va parce que la vie de nos enfants compte parce que notre vie compte aussi. Et donc c'est comme ça qu'on a commencé à lutter. Je suis je suis devenue élu déléguée à la petite enfance PMI.
Là aussi compliqué compliqué parce que parce qu'on m'attendait pas parce que je viens avec mes codes dans le quartier pour faire simple. J'avais un collègue qui m'avait sorti, il y a pas de place pour les wesh ici. Donc c'était ça.
Et euh bah du coup je Ah mais vous m'entendez quand même ? Ça va, je vais continuer. Et donc c'était très compliqué et quand j'arrive gagne les compants cinq compants, cinq vice-présidences et là on me dit aussi pareil c'est compliqué.
C'est wesh wesh, on est là. Et là aussi, on me dit aussi bah c'est compliqué compliqué parce que ben une femme noire avec des accents forts, pas d'éléments de langage, trop coloré aussi, trop de wax partout, j'ai pas fait des études, pas science peau. Et d'ailleurs, j'avais sorti la petite blague, j'ai pas fait science peu, mais j'ai fait scienc science de la cité.
C'était pas mal. Et euh et voilà. Donc, j'ai pas pu j'ai pas pu obtenir la vice-présidence, je le dis aussi parce que c'est des violences qu'on peut subir aussi et on vous renvoie à votre place.
Mais par contre, je me suis dit bah puisque je pourrais pas avoir la vice-présidence de de de n'importe quoi, c'était pas grave. Ben, je vais négocier. Je voulais les parentalités, les parentalités au pluriel parce que parce que je suis maman maman solo.
Euh parce que pour moi les les la désormais on doit dire les parentalités au pluriel parce que je suis aussi euh d'origine africaine et qu'il faut tout un village pour lever les enfants et que donc on doit considérer toutes les toutes les formes des parentalités, homoparentalité, mais tout. Et donc, je vais négocier un S à la place de vice-présidence. Voilà, donc c'était chouette aussi.
Et c'est comme ça que c'est parti. Et moi j'aime j'aime bien aujourd'hui ce que je fais parce que en fait grâce à grâce à à cette enfin je sais pas c'est une place on peut dire ça comme ça parce que j'ai bougé un peu ben j'ai pu aussi pour arriver aux deuxè question bah porter un peu et déjà une fierté des femmes du quartier mais susciter aussi des dynamiques des copines parce que avec le collectif ciné avec les clandestines on on on milite on se parle on est on sort du mépris aussi, on est considéré vis-à-vis des autres aujourd'hui. Je pense que désormais quand on arrive à Rennes, ben on peut parler de nous.
Donc ça change aussi et ça va très loin. Les gens se rendent pas compte aussi, c'est pour nos enfants parce que quand on élève seul les enfants, il y a beaucoup de challenges, il y a beaucoup de paris sur nous. Limite on est comme dites, on est suspecté mais aussi surveillé en mode est-ce que va réussir ?
Est-ce que on va y arriver ? Et moi je constate que ben les enfants sont fiers, les jeunes sont fiers. Quand on organise des événements dans le quartier, ils viennent, ils disent "Ce sont les darons, ils nous accompagne, on discute avec nos enfants.
Et euh et la dernière événement qui a eu lieu dans notre quartier, c'était euh les fusillades à Villean. Donc c'était très très difficile. On a eu très très peur.
On a encore peur parce qu'on sait pas à quel moment ça peut arriver. Et euh on s'est rendu compte en fait que bah sur la dalle, il y avait pas de caméra. Voilà, c'est une dalle énorme, un lieu de passage, il y avait pas de caméra, c'était difficile déjà que c'est difficile de s'installer parce que c'est un espace très genré mais là de ne pas avoir les caméras alors que il y a des voilà, il y a le narcotrafic et tout et donc on avait décidé avec les mamans, les femmes du quartier à se mobiliser, à faire un goûter poussette.
Euh donc on a fait ça tous les mercredis de voilà, on a dit tant qu'on a'ura pas les caméras, on lâchera pas. Et tous les mercredi on a fait ça et bien on a une réponse, on a eu des caméras, on a gagné ce lutte là. Donc c'est c'est quand même des femmes même certains ne parlent pas assez français en tout cas pas le français qu'on attendait mais on a réussi ça.
On a réu aussi autre chose parce que du coup il y avait une demande de rencontre par le préfet qui évidemment vous en doutez qu'il voulait juste me rencontrer moi et ben c'était No way. parce que c'est aussi ça aussi ce qu'on essaie de faire et j'essaie aussi c'est-à-dire de pousser des copines aussi à avancer avec nos handicaps, avec ce qu'on peut dire de nous parce que c'est ce que les autres disent de nous ben de nous recevoir comme ça parce que l'idée c'est aussi de mobiliser, de pousser, de s'autoformer, de se passer des messages pour pouvoir aller plus loin. Parce que moi je pense aujourd'hui ce que je dis à mes copines qu'on a des choses à dire.
On porte un quartier, on porte des choses incroyables et même si ça se voit pas et que les médias n'en ont pas parlé mais quand il y a des fusillades, on parle avec nos enfants, on est parti faire des portes à porte, on essaie de discuter aussi avec des parents qui sont des fois bah complètement démunis parce que c'est un système. Les jeunes n'arrivent pas là par hasard, c'est parce qu'il y a une raison et des fois les parents sont même pas au courant. C'est un réseau qui va très très loin.
Donc on essaie aussi de discuter de comment on peut aider, comment on peut accompagner parce que moi je dis souvent que quand il arrive des drames en fait aujourd'hui nos enfants sont pris au piège, on les donne des armes pour s'entrettuer. Donc c'est soit en fait on enterre et quand je dis on enterre, on enterre parce qu'on l'a fait aussi. Il y a un règlement de compte en prison et en fait c'était une copine à nous aussi donc fallait aller au cimetière pleurer avec elle et puis c'est les autres aussi qui peutent prendre aussi des balles perdues qui sont aussi nos enfants.
Donc en fait les femmes dans les quartiers aujourd'hui en tout cas dans mon quartier on est victime de tout ça. une réalité et quand on est encore femme noire et puis des fois aussi avec des démarches derrière parce que pour beaucoup il y a des démarches administratives de la préfecture aussi il y a une violence là il y a des chantages c'est pas évident des fois il y a des manifes où on peut pas faire tout simplement parce que il y en a qui disent bah je vais être filmé euh j'ai j'ai ma démarche de papier aussi l'aide sociale plein plein de choses. Il y a plein de raisons qui font que ben aujourd'hui, je pense que ben c'est cette violence d'état qui nous empêche vraiment des fois de faire beaucoup de choses.
Mais moi je suis très optimiste. Je me dis à 6 mois Régine Comokoli partie du bassin du Congo à l'âge de 10 ans à migré arrivé là aujourd'hui et je suis assise là avec le bleu blanc rouge qu'on peut m'empêcher ben les femmes du quartier on peut y arriver les mamans solo peuvent arriver parce que nous sommes les mères et même même on est des femmes tout simplement et moi je profite parce que vous êtes là homme comme femme d'appeler à une sorité mais du vrai parce queen fait il y a une grande difficulté du féminisme et le féministe noir d'Afrique qu'on a besoin de Lune parce que en fait l'extrême droite, il y a un projet de politique qui va faire que on va être les premières à être victime de tout cela pour plein de raisons et queon a besoin de vous. C'est ensemble qu'on va y arriver.
Donc je sais pas si je suis dans les 20 minutes ou je vais continuer mais je merci. Alors pour conclure, je puisse faire hommage à mes copines parce que bah le trajet fait que moi je suis bretonne, c'était loin et tout le monde ne pouvait pas venir et je sais que c'est filmé mais moi je leur c'est vraiment une reconnaissance énorme parce que militer c'est pas rien. Croyez-moi, c'est très difficile sortir dans la rue, c'est prendre des risques énormes.
Et vous le savez, en tant que femme blanche, mais en tant que femme noire, femme d'Afrique, femme du quartier, maman, c'est très difficile. Et moi je je leur dis bravo pour leur courage et qu'il faut continuer. Et euh ouais, c'est vraiment je suis vraiment très reconnaissante et puis à toutes les femmes aussi dans toutes les autres quartiers de France, je pense que il faut vraiment se mobiliser parce que en fait la France a besoin de nous.
Merci. Merci beaucoup à Céline et à Régine pour leur témoignage très fort là ce matin. Alors, ce sont ces témoignages justement qui nous aident nous parlementaires à mettre en loi des solutions pour que chacun puisse vivre dignement.
Du coup, je vais vais en profiter mais rapidement parce que il nous reste peu de temps pour les échanges dans la salle et j'aimerais bien qu'on puisse vous laisser aussi la parole et que vous puissiez poser vos questions à à nos intervenants. Donc je rappelle simplement qu'une réalité, cette réalité des mèes isolées, c'est une réalité qui est largement documentée. Aujourd'hui, près de 2 millions de familles sont monoparentales. 2 millions de familles, ça veut dire plus de 3 millions d'enfants qui vivent dans ces situations.
Les difficultés qu'elle rencontre, on les a a égrainé là tout à l'heure mais je je les évoque encore là maintenant. Précarité économique chronique, accès difficile au logement dignes, horaire de travail incompatible avec l'absence de relais parental et donc souvent des temps partiels subis, une surcharge mentale permanente et ça Céline Mégine, vous en avez parlé également la surcharge mentale qui est très très importante, un isolement social et souvent institutionnel mais ces réalités ne datent pas d'hier mais on le dit il n'y a pas de volonté politique aujourd'hui puisque on a un Sénat qui est composé de ce qu'il est composé aujourd'hui et c'est un problème de classe et de genre comme tu le disais Cim justement tout à l'heure. Donc c'est à nous et à vous de se battre pour faire que cette question soit dans le débat public le plus largement possible.
Alors, ce que les politiques publiques ne voient pas, c'est que c'est l'hyper individualisation des parcours. Tout repose sur la mère elle-même. Elle doit travailler, s'occuper de l'éducation des enfants, trouver une crèche, répondre aux convocations de l'école, remplir les dossiers CAF, se rendre au rendez-vous médicaux, s'organiser pour le périscolaire des enfants et parfois faire tout ça en affrontant des jugements sociaux et du mépris institutionnel.
Régine, tu en as témoigné tout à l'heure et ça, elle le fait seule. On exige d'elle une résilience constante et qu'est-ce qu'elles le sont résilientes ces femmes ces femmes isolées, ces mamans solo. Mais on ne leur fournit aucun cadre lisible, coordonné stable.
Le deuxième angle mort que je voulais partager avec vous, c'était l'instrumentalisation politique ou militante parce que ce sujet mérite mieux qu'un traitement dans l'émotion ou dans les slogans. Et je le dis là aujourd'hui, on ne construit pas une politique sociale durable dans notre soit idéologique. On l'a construit dans le dialogue, la nuance et le réel.
Et les témoignages que vous dont vous nous avez fait part aujourd'hui aide à tout ça justement. Alors, on peut s'appuyer sur le rapport de ma collègue et amie parlementaire Sarah Legrain qui a fait un un très très gros travail et qui a auditionné certaines certaines associations notamment le mouvement des femmes isolées, la collective des mères isolées. Céline également tu as des des des mouvement des mères isolés.
Merci pour le rectificatif qui a mené une mission parlementaire sur les familles monoparentales et son rapport met en lumière le caractère structurel des difficultés rencontrées par les maires isolés. Alors, il y a plusieurs recommandations, mais moi j'en ai retenu quelques-unes qui ont été aussi évoquées tout à l'heure. L'amélioration du recouvrement des pensions alimentaires.
Ça c'est un point qui est très très important et qui peut-être un vrai progrès pour les maires isolées. La défiscalisation, Céli en a parlé aussi longuement tout à l'heure de la pension alimentaire. Elle est reconnue comme un revenu par celle qui l'aperçoit et défiscalisé par la personne qui qui la donne alors qu'elle sert pour l'entretien et l'éducation de l'enfant.
Elle devrait sortir justement de cette fiscalisation. Le développement également des solutions de mode de garde. Régine parlait tout à l'heure de rendez-vous, de réunion même en tant que qu'élu ou alors qu'on travaille ou des personnes travaillent éventuellement.
Les rendez-vous, les réunions se font bien souvent à des heures après l'école alors qui garde les enfants. Donc il y a une impossibilité pour les maires isolées de euh de participer en tout cas à ces à ces réunions. L'idée d'un guichet unique également pour simplifier les démarches et éviter l'épuisement administratif.
Donc un centre de coordination monoparentale que je développerai peut-être tout à l'heure. Et un point également moi qui me semble important, la déconjugalisation des revenus en cas de séparation pour les enfants en étude. Et je vois une maman qui était là l'année dernière et qui avait témoigné justement pour pour sa fille majeure et elle devait donner les revenus du papa alors qu'il n'était plus Voilà.
Tout à fait. le papa n'était plus dans le circuit, elle était obligé de de donner les revenus du papa. Donc ça c'est quelque chose de très très important.
Ah mais on va dire que ce travail doit aller plus loin parce que il y a il y a il y a le rapport avec toutes les recommandations qui existent mais il doit être budgétisé. Ça ne doit pas rester théorique, hein. Donc le gouvernement doit pouvoir budgétiser toutes ces mesures et il doit mieux intégrer la question du logement, de l'emploi stable, interroger les modèles institutionnels actuels qui parfois aggravent l'isolement au lieu de le réduire.
Alors quand je dis ça, limite, je dis que le projet de société doit être révisé de la cave au grenier pour que justement les maires isolées puissent vivre dignement. Alors, je me permettrai trois propositions concrètes qui ne demande pas forcément une révolution idéologique mais simplement du courage politique et un peu de méthode. La première proposition, ça serait la création des centres de coordination monoparentale.
L'idée du guichet unique dont je vous parlais plus tôt, ces centres ne seraient ni des centres socio classiques, ni des guichets d'a ponctuelle, mais de véritables espaces d'accompagnement global où serait réunis aux coordonnées la CAF, le CCAS, la PMI, le Pôle Emploi, ce qu'on appelle aujourd'hui France France travail, les bailleurs sociaux, les crèches. un centre de coordination monoparentale et pourquoi pas départemental avec pour objectif de centraliser justement tous les droits, les démarches, les suivis et surtout briser l'isolement administratif. La deuxième proposition que je ferais serait de passer à des droits socio-automatiques.
On dit "Je ferai". nous ferons puisque ça a été euh tout un un travail de de ces dernières années des différentes associations et collectifs parce que l'une des grandes souffrances des maires isolées, c'est la charge mentale administrative. Ça, on l'a dit et on l'a redit et on le redira encore.
Pourquoi pas ne pas instaurer un système à déclaration unies qui déclenche automatiquement l'accès au droits liés à la situation. Mais non de non, pourquoi ni ne pouvons-nous pas penser à ça ? l'accès automatique des droits, c'est valable pour la question des maires isolées, mais c'est valable également pour d'autres pour d'autres personnes et d'autres cas de figure.
Les revenus modestes, le statut de parents isolés, le besoin de garde, tout est déjà connu par l'administration hein. Vous payez des impôts, vous êtes faites une sans payer d'impôts, vous faites une déclaration aux impôts, vous êtes connu, votre situation familiale est connue. Donc le recours au droit devrait être automatique.
Donc je dis les outils technologiques existent et ce qui manque c'est effectivement la volonté politique. La troisème proposition serait de créer un indice d'employabilité monoparentale dans les entreprises. Ce serait un outil incitatif pour évaluer la capacité d'une entreprise à intégrer des parents solo.
Flexibilité des horaires, accès au télétravail partiel. soutien à la garde d'enfants, stabilité des contrats, autant de mesures qui seraient bénéfiques au quotidien de ces familles et les entreprises bien notées pourraient être pourquoi pas pourquoi pas valorisé dans les marchés publics voir bénéficier d'avantages fiscaux. Alors, Céline m'a évoqué également la question des pères isolés.
Je je veux dire un petit mot par rapport à cette question parce qu'ils existent effectivement, ils sont peut-être moins nombreux pour x pour x raison parce qu'ils ne revendiquent pas forcément la garde des enfants et cetera mais ils existent, ils sont moins nombreux mais ils sont aussi totalement absents du débat public. Ils cumulent aussi eux des difficultés, des fois les mêmes que les maires isolées. Mais les oublier à mon sens en tout cas serait réduire cette question à une simple bataille genray même si elle est genre puisque 80 % une majorité sont des mères isolées.
Mais ça serait ne pas réduire justement à cette bataille rangée. Moi, il me semble que ce que nous devons construire, c'est une vision plus globale inclusive de la parentalité isolée dans toute sa diversité. Voilà en gros en tout cas les propositions que je pourrais je pourrais faire et de ma place.
Alors oui, il est urgent d'agir, mais agir c'est pas céder non plus à la panique médiatique, c'est pas suivre les mots d'ordre militant les yeux fermés et c'est pas non plus distribuer des aides malpensées au coup par coup. Il faut sortir du face- à face stérile entre d'un côté un état jugé défaillant, il est défaillant hein, et de l'autre côté des collectifs qu'on admire mais qu'on laisse seul. On laisse seul ces collectifs.
Donc ce que nous devons construire c'est un modèle structuré. stable, pragmatique, un modèle qui ne donne pas de la pitié mais qui redonne aux mères isolées et aux pères aussi leur juste place dans la société et pourquoi pas un statut. Voilà, merci [Applaudissements]
Zahia Hamdane