Le Grand Jury de Laurent Wauquiez, le 29 octobre 2017
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 26 %Attaque 53 %Défensif 21 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:53OuverteRéponse directe
La Catalogne, c'est une préoccupation européenne. Emmanuel Macron soutient Mariano Rajoy dans sa gestion de la crise catalane. Est-ce que vous aussi, vous êtes sur cette ligne-là ?
- 1:57RelanceRéponse directe
Est-ce que ce n'est pas la porte ouverte à une lointaine indépendance sous revendication d'indépendance ?
- 2:53OuverteRéponse directe
Est-ce que vous craignez une contagion de ce qui se passe en Catalogne aujourd'hui, à la Corse, par exemple ?
- 3:49OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous faites, vous, Laurent Wauquiez, de ces djihadistes français qui rentreraient éventuellement de Syrie ?
- 5:31OuverteRéponse directe
Est-ce que vous êtes d'accord avec Mme Parly, qui est la ministre de la Défense, pour dire qu'il faut, en priorité, déjà, essayer d'aller les tuer sur place ?
- 6:22OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous faites des femmes et des enfants qui rentrent également de Syrie et qui sont de nationalité française ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:17Locuteur 4Fait
« Et sur ce sujet-là, il est important que la voie de la France soit unique. Je suis attaché à ce que l'Espagne reste le seul interlocuteur de notre pays. »
- 1:30Locuteur 4Fait
« On n'aboutisse pas à encourager cette espèce d'explosion à laquelle on assiste potentiellement, qui est pour moi le danger de détricotage des États-nationaux. »
- 2:26Locuteur 4Fait
« Il ne faut jamais oublier que cette période a conduit souvent au chaos pour le continent. »
- 4:07Locuteur 4Chiffre
« assez abasourdie des récentes déclarations du ministre de l'Intérieur, qui a expliqué qu'il y avait donc aux alentours de 300 djihadistes qui étaient revenus sur le sol français, dont, et c'est le point important, 110 qui sont en liberté au moment où on part. »
- 5:02Locuteur 4Fait
« On a tout l'arsenal pénal, M. Tréard. Tout l'arsenal pénal qui permet de le faire. Ils peuvent être poursuivis pour association de malfaiteurs en vue d'une entreprise terroriste. »
- 6:46Locuteur 4Fait
« La réalité, c'est qu'elle a baissé le niveau de protection des Français. »
- 7:03Locuteur 4Fait
« Sur les djihadistes, l'état d'urgence nous permettait de leur fixer une assignation à résidence. Ils ne pouvaient pas quitter leur domicile. »
- 12:23Locuteur 4Chiffre
« Si on veut être au seuil de ce qu'est le niveau de prison qu'on a en Allemagne ou au Royaume-Uni, il en faut 20 000 supplémentaires. »
- 22:24Locuteur 4Chiffre
« Je suis la première région de France par le niveau de baisse de fonctionnement. Moins 5,9%. »
- 22:30Locuteur 4Fait
« La seule région en France à avoir réussi à baisser les dépenses de la masse salariale. »
- 22:39Locuteur 4Fait
« Si le gouvernement appliquait le même niveau d'exigence que ce que je fais dans ma région, le déficit public serait ramené à 0%. »
- 17:24Locuteur 4Fait
« Il n'a jamais exprimé ce qu'était sa vision de notre pays. »
- 26:18Locuteur 4Fait
« je ne crois pas qu'on a perdu 2012 parce que nos valeurs étaient trop claires »
- 26:35Locuteur 4Fait
« on a perdu sur l'instrumentalisation des affaires »
- 27:56Locuteur 4Fait
« j'avais dit que j'abandonnerais mon mandat de maire, j'ai abandonné mon mandat de maire »
- 28:00Locuteur 4Fait
« j'avais dit que je renoncerais à mon mandat de député, j'ai renoncé à mon mandat de député »
- 31:30Locuteur 4Fait
« ma légitimité naturelle c'est de reconstruire ma famille »
- 33:00Locuteur 4Fait
« la première menace de la laïcité en France c'est l'intégrisme islamiste »
- 36:56Locuteur 4Fait
« la réalité c'est que vous avez aujourd'hui en France des quartiers qui sont les quartiers perdus de la France »
- 40:55Locuteur 4Chiffre
« 84% de nos marchés publics sont ouverts totalement à la concurrence internationale »
- 41:19Locuteur 4Chiffre
« aux États-Unis les marchés publics sont ouverts à 18% à la concurrence »
- 41:22Locuteur 4Chiffre
« au Japon les marchés publics sont ouverts à 25% à la concurrence »
- 47:10Locuteur 4Chiffre
« Emmanuel Macron augmente la dépense publique de l'État de 2,2% »
- 47:18Locuteur 4Chiffre
« les dépenses publiques des administrations des ministères vont augmenter de 7 milliards d'euros »
- 50:30Locuteur 4Fait
« Le plus grand ennemi du Front National, c'est une droite qui assume à nouveau ses convictions et ses valeurs. »
- 51:06Locuteur 4Promesse
« Tant que je m'occuperai de notre famille, il n'y aura aucune alliance avec des élus du Front National. »
- 51:16Locuteur 4Fait
« Je ne veux plus que la droite se définisse par rapport au Front National ou par rapport à Macron. »
Temps de parole
- Locuteur 463 %
- Présentateur13 %
- ?12 %
- Locuteur 55 %
- Locuteur 23 %
- Locuteur 13 %
≈ 95 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous
regardez RTL.
Le
Grand Jury, RTL Le Figaro LCI. Invité aujourd'hui, Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, candidat à la présidence des Républicains. Le débat est dirigé par Benjamin Sportouche. Bonjour à tous, bienvenue dans ce Grand Jury. Bonjour Laurent Wauquiez. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation. Merci de m'avoir invité. Pour vous interroger à mes côtés aujourd'hui, Christophe Jacubicine de TF1.
Bonjour.
Et Yves Tréhard du Figaro. Et dans cette émission, c'est une tradition dorénavant, séquence droite suite avec les réactions des téléspectateurs et auditeurs qui nous regardent et qui nous écoutent. Et c'est Marie-Pierre Haddad de la rédaction numérique de RTL qui nous rejoindra pour vous relayer, Laurent Wauquiez, les commentaires, les interrogations de ceux qui nous regardent et nous écoutent. Alors première question, elle est d'ordre européenne. La Catalogne, c'est une préoccupation européenne. Le chef de file des indépendantistes, Carlos Puigdemont, est restera le président de la Catalogne. C'est ce qu'a dit son vice-président.
Emmanuel Macron soutient Mariano Rajoy, le Premier ministre espagnol, dans sa gestion de la crise catalane. Est-ce que vous aussi, vous êtes sur cette ligne-là
? C
'est
un point d'accord. Et sur ce sujet-là, il est important que la voie de la France soit unique.
Je
suis attaché à ce que l'Espagne reste le seul interlocuteur de notre pays.
Et
que par les prises de position prises par la France, on n'aboutisse pas à encourager
cette
espèce d'explosion à laquelle on assiste potentiellement,
qui
est pour moi le danger de détricotage des États-nationaux. Il y
a
un élu Corse, un
élu autonomiste, qui a approuvé cette indépendance. Il se trouve qu'en Corse, on doit voter au mois de décembre pour une nouvelle collectivité territoriale. Il y a de fortes chances pour que les autonomistes arrivent en tête de cette élection et qu'ils soient majoritaires dans l'île. Est-ce que ce n
'est
pas la porte ouverte à une lointaine indépendance sous revendication d'indépendance
? Laurent Wauquiez. Je pense qu'on doit être très vigilant.
Parce
qu'on voit bien la période dans laquelle on s'engage,
où
au fond, il y a une tentation de dire, on relègue les États-nations au placard, et les régions s'adressent directement à l'Europe, en reconstituant leur autonomie, qui vient parfois du fond des âges de l'histoire de l'Europe.
Il
ne faut jamais oublier que cette période a conduit souvent au chaos pour le continent.
Donc
moi, dans ma construction politique, je suis extrêmement attaché à la place de l'État-nation.
Donc centralisateur,
plutôt centralisateur.
Non, c'est une erreur qui est souvent commise.
L
'État-nation, ça ne signifie pas la centralisation.
L
'État-nation, ça signifie qu'on peut laisser une marge de soie, évidemment, à nos territoires. Ça signifie que chaque région doit pouvoir développer son orientation, sa politique économique,
que,
contrairement parfois à la tentation que je sens dans le gouvernement, tout ne doit pas se décider à Paris. Mais est-ce que vous craignez une contagion ?
De ce qui
se passe
en Catalogne, aujourd'hui, à la Corse,
par exemple ? Non, je ne la crains pas, parce que je pense que la France est un pays qui a 15 siècles derrière lui. Ça fait 15 siècles qu'on dit la France, pour nous désigner. Je n'ignore rien de la construction progressive, du fait que la Corse est rentrée en France plus tard, que l'histoire du ratassement du comté de Nice. Mais malgré tout,
cette
construction de la France, elle date de 15 siècles.
Et
j'ai une grande confiance dans sa force.
Mais
il faut la défendre.
Et
il faut rappeler que ce chemin-là est une impasse. Vous pouvez parler avec les autonomistes, quand même
?
Bien sûr. Moi, je parle avec ceux qui sont élus par le suffrage universel et avec du respect. On a même parfois mené ensemble des combats sur le sujet, par exemple, de la défense des politiques de montagne, qui, dans la Corse, qui est une île-montagne merveilleuse. Évidemment, on sait ce que ça veut dire.
Alors, il y a une autre actualité internationale plus lointaine. C'est la Syrie, avec Raqqa qui est tombée cette semaine, et le retour possible de djihadistes français. Il y en a quelques centaines dont on dit là-bas. Qu
'est
-ce que vous faites, vous, Laurent Wauquiez, de ces djihadistes français qui rentreraient éventuellement de Syrie
? C
'est un sujet sur lequel je suis extrêmement préoccupé.
Et
pour dire même les choses avec une grande netteté, assez abasourdie
des
récentes déclarations du ministre de l'Intérieur.
qui
a expliqué qu'il y avait donc aux alentours de 300 djihadistes qui étaient revenus sur le sol français,
dont, et
c'est le point important, 110 qui sont en liberté au moment où on part.
Et
le ministre de l'Intérieur nous déclare ça,
sans
même en tirer la moindre conséquence.
Sans
même proposer le moindre dispositif de protection pour les Français. Je
veux que nous soyons...
Vous voyez quoi,
vous ?
Pas du tout. Absolument pas, M. Sportouche. Et d'ailleurs, votre réaction pleine de bon sens, qui sort presque naturellement de vous, quel dommage qu'elle ne sorte pas avec autant de clarté du ministre de
l'Intérieur. C'est ce qui a
toujours été dit, me semble-t
-il,
par les autorités. Mais dites-nous... Absolument pas, justement.
Qu'est-ce que
vous faites
? Moi, ce que je
demande,
c
'est l'enfermement immédiat
de
tous les djihadistes qui sont revenus en France. Présomption de culpabilité ? Non, pas présomption de culpabilité. On a tout l'arsenal pénal, M. Tréard. Tout l'arsenal pénal qui permet de le faire. Ils peuvent être poursuivis pour association de malfaiteurs en vue d'une entreprise terroriste.
Ils
peuvent être poursuivis par le biais de l'intelligence avec l'ennemi ou du crime de haute trahison.
Ce
que je demande donc au gouvernement, c'est qu'on arrête de ce point de vue de fermer les yeux. Il est temps de réagir. Et qu'immédiatement, les poursuites pénales
et
les mesures permettant l'enfermement de tous les djihadistes présents sur le sol français soient prises.
Est-ce que vous êtes d'accord avec Mme Parly, qui est la ministre de la Défense, pour dire qu'il faut, en priorité, déjà, essayer d'aller les tuer sur place ?
Il est tant mieux s'ils se vendent sur place. Bien sûr, mais qu
'est-ce
que je constate, M. Tréard
? Et
malheureusement, souvent, c'est le cas dans ce gouvernement.
On
a beaucoup de communication et les faits, eux, ont la tête dure. Là, à l'heure où nous parlons, il faut que vos auditeurs sachent qu'il y a 110 djihadistes
qui
ont combattu en Syrie,
qui
sont formés aux techniques de terrorisme, à la barbarie la plus violente,
et
qui sont en liberté sur le sol
français. Donc vous
accusez le gouvernement d'être en péril de la sécurité des Français aujourd'hui ? Je
dis que le gouvernement ne réagit pas. Je dis que le gouvernement ne fait pas face à la menace. Et je dis qu'il manque de lucidité et de fermeté. Je demande donc très clairement l'internement
et
l'enfermement immédiat de tous les djihadistes qui sont sur le sol français.
Vous
n'êtes pas député, mais les députés LR ont très majoritairement voté contre la loi antiterroriste de M. Collomb. Comment vous expliquez qu'au Sénat, cette loi a été approuvée par la plupart des sénateurs les Républicains ? Vous n
'êtes
pas tous sur la même longueur d'onde, quand même.
M.
Tréard, d'abord, je voudrais revenir au fait.
Il
est bien que vous rappeliez cette loi sur la sécurité intérieure. La réalité, c'est qu'elle a baissé le niveau de protection des Français.
On
est en train de parler de la situation des djihadistes. Par rapport à l'état d'urgence,
mais par rapport à la loi précédente.
Oui, mais avant, on avait l'état d'urgence qui nous protégeait. Cette loi sur la sécurité intérieure, prenons un cas très précis. Sur les djihadistes, l'état d'urgence nous permettait de leur fixer une assignation à résidence. Ils ne pouvaient pas quitter leur domicile.
La
loi sur la sécurité intérieure ne le permet plus.
Elle
ne permet plus que de leur dire vous ne pourrez pas sortir du périmètre de votre ville. Voir même, dans certains cas, ils peuvent même se déplacer dans le périmètre d'ensemble de leur département.
C
'est de la folie. C'est de la folie.
Alors, comment vous expliquez que les sénateurs allaient
voter
?
Vos sénateurs ?
D
'abord, il y
a
eu un débat qui était un débat au premier tour sur la nécessité de concilier
à
la fois l'articulation des libertés publiques et la loi sur l'état d'urgence. Quelle est la réalité à laquelle on se heurte
?
C'est qu'il faut avoir le courage d'aller jusqu'au bout. Sur certains points, il est nécessaire de modifier la Constitution
pour
faire en sorte qu'on puisse adopter une vraie mesure de protection des Français.
Je
vais prendre un sujet
pour
lequel je plaide depuis longtemps.
C
'est que la France puisse mettre en place des mesures de rétention administrative.
C
'est-à-dire que, sans attendre le passage à l'acte, ce à quoi M. Traire faisait allusion, on puisse immédiatement,
quand
un individu est considéré comme étant potentiellement dangereux, prendre des mesures de rétention administrative,
à
l'image d'ailleurs de ce qu'on fait dans le domaine des fous ou de la psychiatrie. Eh bien, ces mesures-là ne sont pas possibles aujourd'hui en France pour les terroristes. Je demande qu'elles le soient. Dans les centres de rétention. Mais vous rendez
compte, M. Traire... Vous voulez construire plus
dans les
centres
de rétention ?
Juste pardon. Pour invoquer. Je voudrais à un moment qu'on prenne un tout petit peu de champ sur ce qu'on vient de dire.
On
est en train de se dire qu'on ne va pas enfermer des djihadistes parce qu
'il
n
'y
aurait pas assez de place dans les centres de rétention administrative.
Non,
mais il
faut
encore ce que je
veux
dire. Je suis bien d'accord.
Mais c'est précisément... Alors, on ne
parle pas de djihadistes, on parle de gens soupçonnés de pouvoir effectivement contribuer à l'opération terroriste. Je parle bien de djihadistes.
Qu'est-ce que vous faites des femmes et des enfants ? J'ai une
question très précise. Qu'est-ce que vous faites des femmes et des enfants qui rentrent également de Syrie et qui sont de nationalité française ? Vous
savez, M. Sportouche, moi, je suis favorable à ce qu'on arrête
de
prendre des risques avec la vie des familles françaises.
On
parle de mineurs.
On
parle de femmes.
Et
on parle dans les deux cas de personnes qui ont décidé d'aller en Syrie
pour
se préparer au djihad, à la plus grande barbarie
et
à tuer les autres. Donc, vous les enfermez aussi ? Donc, pour moi, le sujet n'est pas de savoir si on a affaire à des hommes
ou
à des femmes.
La
question, c'est est
-ce
qu'on a affaire à des gens
qui
sont capables de se faire exploser avec une ceinture d'explosif ? Si c'est le cas, je ne prends pas de risque.
Petit insiste,
M.
Wauquiez, il y a des procès-verbaux qui circulent actuellement dans la presse qui révèlent que de l'argent liquide sera arrivé à votre parti, celui de l'UMP, à l'époque, en 2007, pour la campagne de Nicolas Sarkozy. Éric Wirt en était à l'époque le trésorier. Il a reconnu qu'effectivement des enveloppes étaient arrivées et certains soupçonnent que ce soit des enveloppes qui puissent ressembler à de l'argent provenant de Libye et donc du colonel Kadhafi à l'époque.
Est-ce que
vous en aviez eu connaissance ?
Est-ce que vous connaissiez
ce sujet ? M. Tréhard, permettez-moi de souligner le caractère très doux de votre transition en passant d'un sujet à l'autre avec, je dirais, un peu un choc plus ou moins sympathique.
Je
vais répondre très simplement. Je ne commande pas des procès-verbaux. Je ne commande pas des procès-verbaux que je n'ai pas vus. Je ne commande pas des procès-verbaux qui ne devraient pas être dans la presse. Et je ne commande pas ce genre d'allégation. Donc, si jamais vous avez des faits, si jamais il y a des choses sur lesquelles elles sont établies, vous en parlerez avec plaisir en
tant d'heures. C'est des procès-verbaux dans
la
presse
avec
des déclarations d'Éric Wörth. Il ne vous a pas échappé que théoriquement un procès-verbal ne doit pas sortir.
Ça fait partie du secret de la procédure de la justice. C'est la liberté de la
presse. Sur les djihadistes, il
y
a juste une petite question sur laquelle vous n'avez pas répondu très clairement. Au sein de votre parti, sur la loi antiterrorisme, il y a une différence d'approche au sein de votre parti.
M. Sportou, je vais être très clair. Moi, Maline, vous l'avez compris, c'est la plus grande fermeté sur le sujet régalien.
En matière de sécurité,
il
y a
toujours
hier, le ministre de l'Intérieur a présenté un petit peu, une police de sécurité du quotidien.
Il va
le dépasser, pour vous. Qui remplace un peu la police de proximité de la fin des années 90. Est-ce que c'est quand même une bonne idée ? Est-ce
que
ça peut apporter quand même un plus à la sécurité des Français
?
Laurent Wauquiez. Soyons là aussi très simple.
C
'est le grand retour de la police de proximité Lionel Jospin. Cette police de proximité reposait sur quoi
? En
gros, les gendarmes et les policiers doivent faire un travail d'animation de quartier. C'est pas ce que dit le président de la République. Pas du tout. Il a dit que
c
'est pas la police
de proximité. Moi, j'aimerais bien
qu
'on
m'explique ce que c'est que la police de proximité si ce n'est ça.
J
'aimerais bien que vous m'expliquiez, M. Tréhard, quand ils disent qu'il faut qu
'il
y
ait
plus de discussion, qu'il faut qu
'il
y
ait
plus de concertation avec les gens dans les quartiers, qu'il faut que les policiers aillent gentiment au contact de la population, qu'on échange tranquillement
autour
d'une table.
C
'est parfois bien
justement pour identifier les... Vous savez surtout ce que moi je trouve bien.
C
'est que quand il y
a
un délinquant qu
'il
soit arrêté,
que
quand quelqu'un a commis un crime, il soit puni
et
qu'ensuite sa peine de prison soit exécutée. Là où j'ai parfois un sentiment d'incompréhension et M. Tréhard le disait pour le coup très bien, les places de prison.
Aujourd
'hui, la politique pénale dépend du nombre de places de prison qui sont libres
et
pas des personnes qui commettent
des délais. Combien vous
souhaiteriez en construire de plus Laurent Wauquiez de places de prison ? 20 000 ?
Je
crois que c'était ce qui était invoqué par...
Oui, 20
000.
En tout cas, si on
veut être au seuil de ce qu'est le niveau de prison qu'on a en Allemagne ou au Royaume-Uni, il en faut 20 000 supplémentaires.
Le
temps que vous décidiez et que ça s'exécute, il faut au moins 3 à 4 ans.
Le
gouvernement, là encore, sur tous les sujets régaliens, est beaucoup trop mou.
Il
fait preuve de faiblesse.
Et
donc, je le dis simplement...
Alors, Wauquiez, 2010, la loi Dati, pas assez de places de prison, on fait une loi pour faire en sorte que ceux qui sont condamnés à moins de
2 ans de prison ne
fassent pas de prison. Pardon ? Mais, M. Tréhard, il y avait dans la loi qui avait été adoptée les peines planchées et nous avions mis en place un grand programme de construction de prison qui a été arrêté par François Hollande et qui n'est pas relancé par ce gouvernement. Je voudrais là encore prendre un moment, un exemple assez simple et brutal.
Dans
ma région, dans l'Isère,
il
y
a
une caserne de gendarmerie qui a été incendiée, volontairement,
qui
aurait pu aboutir à des drames pour les familles et pour les gendarmes. Moi, ce que j'attends, ce n
'est
pas qu'ensuite les gendarmes aillent faire une grande séance de thérapie collective de proximité.
Ce
que j'attends, c'est qu'on aille chercher ceux qui ont fait ça, qu'ils soient punis et qu'ils aillent en présent. Et ce que je pense, c'est qu'on est sur le retour de, au fond, cette politique de sécurité dans laquelle on se trompe de combat. Le combat, c'est d'aller chercher les délinquants, ce n
'est pas
de faire de l'animation de quartier. Juste sur la police de sécurité du quotidien, Bruno Béchisa, qui est dans votre camp, qui est le maire
républicain
d'Aulnay-Soubois, et il n'est pas des plus laxistes, s'est proposé pour une expérimentation. Donc, il ne voit pas, lui, que du mauvais dans cette police-là.
Bien
sûr, j'ai eu l'échange avec Bruno là-dessus. Bruno, qui est un maire admirable de Seine-Saint-Denis, ancien policier, qui est extrêmement ferme sur ces questions. Précisément, ce qu'il veut, c'est se mettre dès le début dans l'expérimentation pour empêcher le gouvernement de partir sur la voie qu'il redoute, qui est celle de la police-proximité.
Pour dire tout
le mal qu'il en pensera une fois que l'expérimentation
sera réalisée. C
'est une taupe au sein de la police-proximité.
Permettez-nous de temps en temps de lutter pour nos idées.
Ah non, c'est une autre chose. C'est ça la stratégie.
C'est ça la stratégie. Je voudrais vous donner un cas très concret. Hier, j'étais à Franconville,
qui
est une commune où les effectifs des commissariens n'ont cessé de baisser,
où
le maire a été obligé de se battre pour relancer lui une police municipale qui a compensé le désengagement du commissariat
et
qui a été une police extrêmement efficace. Mais la base de son approche, c'est de la sanction. C'est de la fermeté. Ce n
'est
pas une police de proximité où au fond, on excuse tout et on ferme les yeux sur tout.
Il
y a un travail d'animation de quartier à faire.
Ce
n
'est
pas aux policiers et aux gendarmes de le faire. C'est aux éducateurs de quartier. Ne confondons pas les
choses.
Vous avez entendu sur ce que vous jugez être une politique laxiste, je comprends bien en matière de sécurité. Vous menez ce matin une charge très violente contre Emmanuel Macron dans le journal du dimanche. Vous dites du président de la République qu'il y a chez lui une haine de la province, qu'il n'y a pas d'amour charnel pour la France, qu'il n'est porté que par un seul projet lui-même. Est-ce que vous ne tombez pas, Laurent Wauquiez, dans la caricature, dans l'excès
? Vous
savez, et là encore, vous me connaissez, j'ai l'habitude d'être un peu franc. Parfois, quand je lis et j'écoute les commentateurs sur Emmanuel Macron,
j
'ai parfois l'impression que là, on est dans la caricature.
que
tout est si merveilleusement beau,
que
tout est si merveilleusement parfait,
que
Jupiter est sur son nuage et que tous les Français sont heureux.
Et
curieusement,
quand
moi je vais chez moi dans ma région,
quand
je sillonne la France comme je la fais,
je
vois très nombreux Français qui sont de plus en plus préoccupés par ce que fait Emmanuel Macron,
qui
comprennent de moins en moins son caractère et la façon dont il agit. Pendant quatre mois, j'ai été totalement silencieux
pour
laisser sa chance à ce président de la République.
Et
aujourd'hui, je pense qu'il est temps qu'on exprime clairement.
Quatre mois, ce n
'est
pas un peu
court pour réformer ? Vous voulez quoi ? Qu'on se teste pendant
quatre mois et demi ? Non, je ne sais pas,
mais...
Quatre mois, c'est court. Non, mais vous dites qu'il n'a pas d'amour pour
la France. Est-ce qu'on entend aussi que
c
'est un peu le parti de l'étranger ? Il oppose deux France ? Vous aussi, vous les émigrez aux Français de souche, les chômeurs à ceux qui ont un travail. Je
n'ai jamais opposé les émigres.
Je vais répondre très clairement à votre question.
D
'abord, la première chose, c'est que sur ce qu'il fait, j'ai des profondes divergences. Nous y viendrons. J'espère que vous m'autorisez quand même à l'exprimer. Mais sur la philosophie.
Et
que la voix de l'opposition peut encore se faire entendre dans notre pays. Il
n'y a pas qu'un parti unique en France. Laurent Wauquiez, ne vous inquiétez pas. C'est pour ça que vous êtes là, Laurent Wauquiez. Et je vous remercie.
C
'est le
désert de l'âme,
Emmanuel Macron. Je vais répondre à l'apprécieux, l'adulte,
arrogant. On va laisser répondre Laurent Wauquiez. C'est vous. C'est
de vous tout ça. Est-ce que vous me permettez de me placer un mot pour expliquer
? D
'abord, la première chose. Un, sur son programme, j
'ai
de profondes divergences. Sur l'économie, on y viendra. Oui. Je pense que son programme ne redressera pas notre pays. Deux, sur la fiscalité, je pense que son programme est profondément injuste
pour
les classes moyennes
et
pour les retraités. Enfin, sur le régalien,
on
en a parlé, je pense qu'il ne prend pas la mesure des menaces du pays. Deuxièmement,
je
ne sens pas chez lui une vision de la France.
Et
je le dis très simplement.
Au
fond, quel est le seul discours
où
il y avait vraiment un souffle qu'il a fait
? C
'est celui sur l'Europe.
Il
n'a jamais exprimé ce qu'était sa vision de notre pays.
À
Lyon,
je
l'ai entendu dire qu
'il
n'y avait pas de culture française. À Marseille,
il
a fait une superbe ode
à
la juxtaposition des communautés.
Il
parle de start-up nation,
il
ne parle pas de nation française.
Il
parle de nation européenne, il ne parle pas de nation française.
Et
je me permets d'ajouter
que
je trouve parfois chez lui,
et
visiblement, les Français le ressentent très fortement, beaucoup de froideur,
un
vrai manque d'empathie quand il va vers les Français.
Et
au fond, une forme d'arrogance.
Quand,
par exemple, il déclare dans une start-up,
en
France, il
y
a ceux qui réussissent
et
ceux qui ne sont rien.
Moi,
je ne crois pas à cela.
Je
ne crois pas que l'ouvrier de Belfort, je vais aller jusqu'au bout puisque vous m'interrogez,
je
ne crois pas que l'ouvrier de Belfort soit la France qui ne réussisse pas rien. Je ne crois pas que l'agriculteur, c'est la France qui n
'est
rien.
Je
ne crois pas qu'il y a juste ceux qui réussissent dans la mondialisation.
Mais quand il va
en Guyane et qu'il dit je ne suis pas le Père Noël, ça c'est ses propos qui peuvent parler.
Le
sujet, M. Tréhard, c'est qu'à un moment,
les
Français attendent de la fermeté.
Ils
attendent des convictions.
Ils
attendent une vision du pays, ce qu'Emmanuel Macron n'explique jamais.
Ils
n'attendent pas un petit président arrogant et capricieux qui, dès qu'on ose le contester, osse le ton et vous demande de vous taire. Je vais prendre des témoignages qui, moi, m'ont marqué.
Quand
je vais à Belfort,
il y a
un ouvrier d'Alsomme qui fait le déplacement pour venir me rencontrer
et
qui me dit M. Wauquiez, j'ai souvent voté à gauche et je vous soutiendrai
parce
que ce que nous, on sent,
c
'est que ce président ne nous aime pas.
Ce
que je pense profondément,
c
'est qu'Emmanuel Macron,
c
'est ceux qui réussissent dans la mondialisation
et
les autres, il ne les prend pas. Moi,
la
droite que je défends, c'est la droite qui défend la France qui travaille. Mais
Laurent Wauquiez, vous dites enfants
capricieux et adultes enroguants, arrogant, ambitieux, capricieux, ce sont aussi des reproches qui vous sont faits à vous, Laurent Wauquiez, par certains dans votre camp. Est-ce que vous avez changé ? Pardon, mais je n
'ai
jamais entendu ces reproches dans mon camp. Mais peut-être que vous avez du verbe à Tim. Non, mais
vous savez,
vous lisez comme nous les portraits qui vous sont consacrés et on l'entend. Est-ce que vous avez l'impression ? Je n
'ai
jamais entendu ça.
Pardon, c'était une création.
Dans votre région, par exemple, certains disent que vous avez une gestion assez dure, sans trop d'empathie. Pour certaines associations, vous les privez de subventions. Est-ce que vous avez l'impression que vous avez des choses à vous reprocher ? Vous êtes parfois
dans l'exemple.
C
'est une autre
touche.
Ça
m'a rarement été reproché.
On
a souvent d'ailleurs dit de moi que j'avais un côté assez chiracien dans ma façon de faire de la politique. Et je le revendique.
Vous voulez dire quoi
de clientélisme ? Parce qu'on parle des associations, des institutions.
Dites donc, M. Jacques Hubisine, il va apprécier Jacques Chirac. C'est un peu de respect, quand même, s'il vous plaît. J'ai dû rester pour lui, bien évidemment. Jacques Chirac, c'est un président auquel
tout le monde reconnaissait,
M. Jacques Hubisine. Et je
ne
vais
pas vous laisser dire ça,
même
avec
le sourire. Jacques Chirac,
c'est un président dont tout le monde reconnaissait.
Mais qu'est-ce que vous
n'entendez pas ? Que dans son contact avec les autres, il y avait de la chaleur.
Et
vous voulez dire
quoi ? Il y avait
de la
générosité.
Quand vous
faites une
politique à la Chirac, ça veut dire quoi ?
Non, moi ce que j'aime, M. Jacques Hubisine,
et
pour moi, il y a deux filiations.
Il y
a d'une part cette empathie qu'avait Jacques Chirac
et
il
y a
d'autre part cette détermination
et
cette énergie qu'avait Nicolas Sarkozy. Vous m'interrogez sur ma région.
J
'ai été élu dans ma région au Verne-Rhône-Alpes avec un programme clair. Et c'est vrai, ce n
'est
pas si habituel en politique, je l'applique.
Et
je l'applique totalement.
Non mais certains vous accusent
d'intimidation, de menace. Par exemple, le maire de Saint-Sigolandi, il m'a appelé trois fois pour me dire de ne pas être sur la photo avec celle qui était contre votre députée, LR qui a été élu d'ailleurs. Et voilà, ils évoquent des menaces, des intimidations. En tous les cas, une manière assez dure de faire de la politique. Vous
oubliez juste de préciser que le maire que vous citez est en marche.
Et
donc certes, je n
'ai
aucun doute sur le niveau de son objectivité,
M. Sportouche. Mais
vous pouvez peut-être aussi citer par exemple les 135 parlementaires qui me soutiennent. Vous pouvez peut-être
aussi rappeler, M. Sportouche, que j'ai gagné ma région. Il y a plusieurs à le dire. Vous dites que ce n'est pas vrai.
Ce n
'est
pas ça. Je ne
vous
dis pas que ce n
'est
pas vrai. Je vous dis juste que ce sont des opposants qui ont une pratique et un discours d'opposition. C'est assez étonnant dans la démocratie. C'est vrai. Et je vous dis juste que moi, j
'ai gagné ma région.
que vous pouvez passer
dans cette attention-là, est-ce qu'ils ont existé ou pas
?
Vous savez, dans ce que je lis souvent, je vois beaucoup d'affabulations. Et d'ailleurs, notamment sur le portrait auquel vous faites allusion, je vais exiger un droit de réponse parce que j'en ai parfois assez qu'on dise tout et n'importe quoi. Parfois même avec des propos qui me surprennent.
Le
portrait code
du monde ? Non,
je vais revenir si vous me permettez parce que ça, c'est ce qui intéresse les Français. Ce n
'est
pas la question de la psychologie des élus.
Dans ma région...
Emmanuel Macron, vous en faites dans la tribune
aujourd'hui dans le JDD. Oui, parce que ce qui me préoccupe, c'est ses conséquences pour les Français. Si je peux revenir puisque vous m'interrogez dessus sur ma région.
Dans
ma région, j'ai pris un engagement
qui
est de lutter contre le gaspillage de l'argent public.
Je
suis la première région de France par le niveau de baisse de fonctionnement. Moins 5,9%.
La
seule région en France à avoir réussi à baisser les dépenses de la masse salariale.
Si
le gouvernement appliquait le même niveau d'exigence que ce que je fais dans ma région, le déficit public serait ramené à 0%. Alors oui, ça suppose de la détermination.
Oui,
parfois ça frotte. Parce que
on
a tellement été habitués à avoir des politiques qui font de l'eau tiède
et
qui n'ont pas le courage d'aller jusqu'au bout qu'on est surpris
quand
de façon étonnante on a un élu qui après l'élection applique la même chose que ce qu
'il
faisait avant.
Et
je n'augmente pas les impôts. Et c'est aussi ce que je veux que vous compreniez.
C
'est pour moi une vraie différence avec l'approche économique et budgétaire d'Emmanuel Macron
dans
laquelle il n
'y
a pas de lutte contre le gaspillage de l'argent public et dans laquelle les Français risquent de payer l'addition avec la hausse de la CSG.
Alors Marie-Pierre Haddad nous a rejoint pour les premières réactions. Je précise juste que vous avez eu votre droit de réponse ici même sur les articles parus ces derniers.
La famille de l'arrache quand même. Le feriez
-vous par ailleurs. Donc Marie-Pierre Haddad, bonjour. Quelles sont les premières réactions des auditeurs et téléspectateurs qui sont à l'écoute de l'émission ?
Bonjour à tous. Bonjour Laurent Wauquiez.
Bonjour Madame la Verve. Alors vous
parliez il y a quelques instants d'Emmanuel Macron et vos propos ont suscité beaucoup de réactions sur les réseaux sociaux. Donc sur Facebook Live on a Philippe qui estime qu'Emmanuel Macron vous craint et on a Pascal lui qui nous raconte avoir pris ses distances avec les Républicains. Pourquoi ? Parce que vous critiquez des réformes que vous auriez dû faire lorsque vous étiez au pouvoir. Et on a aussi un dernier message sur Facebook Live de Marie-Pierre qui vous demande pourquoi ne pas aider Emmanuel Macron que vous auriez pu engager depuis bien longtemps ?
Laurent Wauquiez.
C
'est Philippe qui... C
'est Philippe qui trouve qu'Emmanuel Macron vous craint.
D'accord. Et Marie
-Pierre qui vous pose la
question
pourquoi ne pas aider Emmanuel Macron à faire les réformes que vous
auriez pu en dire ? D'abord
Philippe a raison. Emmanuel
Macron
vous craint. Non, non, non, non, c'est pas Philippe qui dit qu
'il
me craint. Ça c
'est gentil et je le prends.
C'est gentil et je le prends. Vous voyez c'est toujours bien d'avoir les auditeurs qui réagissent. Mais c'est pas ça. Il y a une réaction d'un de vos auditeurs qui dit
vous
n'êtes pas allé assez loin.
Il
a raison.
C
'est précisément contre ça que je me bats.
Ce
que je veux c'est restaurer la voie de la droite et une droite qui assume sereinement mais
de façon très déterminée ses idées. sur la
Sarkozy auquel
vous avez participé.
Bien sûr et je m'applique à moi-même les leçons des endroits où je trouve qu'on n'est pas allé assez loin. Et je pense qu'en France
la
droite déçoit non pas quand elle en dit trop mais qu
'elle
n'en fait pas assez. C'est pour ça que pour moi cette question sur ma région est
-ce que la droite est de
retour ? Parce que du coup on se dit la droite s'est reniée même sous Nicolas Sarkozy quelque part.
Juste ça fait 5 ans qu'on est dans l'opposition.
On
vient de perdre dans des conditions lamentables une campagne présidentielle. On a déçu et on a été trahi. Mais il y a eu une élection il
y
a eu une primaire il y a eu aussi une confrontation
est-ce qu'à ce moment-là la
droite s'est reniée
?
Monsieur Sportou sauf parce qu'on n'ait pas vécu la même scène politique mais aujourd'hui mon camp est un peu en ruine.
Et
tout mon travail c'est de le redresser et de le reconstruire et
de
le rebâtir. Je
voudrais juste parce que je voudrais
ajouter à ce
que vous
dites
vous dites un discours de fermeté la droite doit être ce qu'elle est exactement ce que nous a dit Nicolas Sarkozy en 2012 il a été battu exactement ce que disait Jean-François Copé la droite décomplexée vous n'étiez pas tellement en phase avec lui à l'époque et aujourd'hui vous nous redonnez ce discours-là Fillon c'était aussi un peu ce discours-là est-ce que c'est pas un peu éculé quand même comme argument Monsieur Wauquiez quand même tout ça ?
Monsieur Trer d'abord un petit clin d'œil une petite fanfaronnale j'ai jamais perdu d'élection
je
parle de la droite je
parle pas de vous et j'ai toujours
gagné mes élections sur mes valeurs
et
en essayant toujours de ne pas avoir un discours qui cherche à plaire à tout le monde
mais
en tenant mes convictions et mes idées ma région qui était loin d'être une région facile
je
l'ai gagnée sans avoir besoin au second tour de petites alliances d'arrière boutique deuxièmement je ne crois pas qu'on a perdu 2012 parce que nos valeurs étaient trop claires
je
crois qu'on a perdu 2012 parce que les français ont considéré à tort ou à raison qu'on n
'est
pas allé assez loin je crois vous me posez des questions il faut au moins que je puisse répondre je crois qu'en 2017 on n
'a
pas perdu sur le programme défendu par François Fillon
on
a perdu sur l'instrumentalisation des affaires
et
je crois que l'avenir de la droite c'est pas de se déporter
en
jetant un voile pudique sur ses idées et d'aller le plus possible à gauche
je
crois que la droite c'est juste de défendre ses valeurs
ses
valeurs c'est quoi ? c'est le travail
c
'est le mérite c'est pas l'assistanat
c
'est la défense des classes moyennes
c
'est le sens de l'autorité
c
'est la lutte contre le communautarisme et pour répondre à Marie
-Pierre
qui pose sa
question oui parce
qu'il
y a
aussi Jean-Christophe qui a une question à vous poser très
rapidement c'est qui Jean-Christophe
?
notre livre
ça va
arriver
je
n'ai aucun problème à ce qu'on soutienne
toutes
les réformes qui ront dans l'intérêt général de la France parce que je ne veux pas que ma famille politique soit une secte c'est d'ailleurs pour ça que j'ai plaidé pour qu'on vote pour la réforme des ordonnances sur le code du travail
et
je ne veux pas non plus qu
'on
nous raconte des histoires
quand
vous
augmentez les impôts vous n'êtes pas à droite
quand
vous matraquez les retraités vous n'êtes pas à droite quand vous ne faites pas d'économie sur le gaspillage de l'argent public vous n'êtes pas à droite quand vous baissez le niveau de protection des français vous n'êtes pas à
droite alors
on va y revenir juste une dernière réaction de
Jean-Christophe donc
exactement Jean-Christophe il nous écrit il dit vous avez déclaré lors des élections régionales vouloir vous consacrer à 100% à votre région et aujourd'hui vous briguez la présidence des républicains et il vous demande où est la cohérence vous
avez 30 secondes si vous voulez bien avant la pause de Laurent Wauquiez d'abord j'ai été d'une cohérence totale j'avais dit que j'abandonnerais mon mandat de maire j'ai abandonné mon mandat de maire j'avais dit que je renoncerais à mon mandat de député j'ai renoncé à mon mandat de député je fais même partie des présidents de région contrairement à d'autres qui sont exactement restés à leur poste et qui n'ont pas trahi la confiance de leurs électeurs je ne peux juste pas rester les bras croisés quand ma famille politique est en lambeau ni plus ni moins mais qu'ils me fassent confiance je continuerai à veiller sur mon Auvergne-Rhône-Alpes parce que je l'adore
on fait une pause et puis on se retrouve pour la suite de votre grand jury Laurent Wauquiez dans quelques minutes à tout de suite avec plaisir
suite
du grand jury RTL Le Figaro LCI invité aujourd'hui Laurent Wauquiez président de la région Auvergne-Rhône-Alpes candidat à la présidence des Républicains le débat est dirigé par Benjamin Sportouche Laurent Wauquiez vos contradicteurs vos concurrents pour cette campagne pour la présidence des Républicains Florence Portelli et Maëlle Decalan réclament un débat public télévisé et radiophonique espérons-le et vous leur apportez une fin de non recevoir vous dites que vous voulez vous un débat uniquement face aux militants puisque c'est une élection militante est-ce que vous dites que vous n'avez pas la réputation d'être un planqué pourquoi ne pas avoir ce débat là est-ce que à la limite ça ne
vous
permettrait pas d'exprimer vos idées justement plus généralement aux français Laurent Wauquiez
d'abord
monsieur Sportouche
au
risque de vous surprendre
tous
les débats ne se passent pas nécessairement sur un plateau de télé devant des journalistes avec une radio
quand
je suis devant les militants de ma famille politique je considère que je peux débattre et je vais dire aussi simplement la presse n
'a
pas le monopole du débat en France ensuite je suis favorable à un débat
mais
je ne veux pas d'un débat qui divise
parce
que ma famille est en état de grande fragilité c
'est un peu le principe
du débat
c'est un peu d'affronter ces objets
c'est
votre
conception
du débat et c'est précisément celle dont je me méfie
parce
que j'ai trop vu les débats de la primaire
qui
ont abouti à quoi
? le
jeu des petites phrases
le
fait qu'on exagère les différences et les divisions pour plaire à qui ? pour plaire au jeu médiatique et c'est normal c'est le jeu j'en connais les règles
moi
ma responsabilité c'est ensuite de reconstruire
et
c'est de rassembler
donc
je ne veux pas que des failles s'ouvrent supplémentaires au sein de ma famille
et c'est sans appel
c'est sans appel vous
refuserez
ce débat large,
public et télévisé
mais
ce que j'ai proposé c'est un débat large public devant ceux qui votent les militants de notre famille politique
les
journalistes sont évidemment conviés vous pourrez filmer cela sans problème
mais
ce que je ne veux pas
c
'est qu
'on
soit dans un petit studio entre nous
et
qu'au fond on tourne le dos à ceux qui vont voter qui sont les bénévoles et les militants de notre famille politique pourquoi
?
parce que précisément quand on est devant les militants de notre famille ça oblige au sens des responsabilités et ça permet de sortir de ce jeu médiatique donc je suis pour un débat je suis pour un débat ouvert je suis même pour un débat avec un large public vous y serez évidemment conviés mais je ne veux pas qu'on retombe dans l'errance de ces débats qui divisent qu'on a eu lors de la primaire
Christophe Jacubis justement vous venez de souligner les divisions qu'ont pu créer les débats des primaires est-ce à dire que pour la prochaine élection présidentielle il ne faudra pas de primaire au risque d'affaiblir le candidat qui serait désigné
?
Laurent Wauquiez pour moi ce n
'est
pas le sujet
et
pour l'instant ça n'est vraiment pas le sujet pourquoi ? parce que ce que je veux c'est qu'on reparle au français
je
veux que la droite reparle au français
mais est-ce que si vous êtes élu président vous avez une légitimité naturelle d'être le candidat
des
républicains en 2022
?
ma légitimité naturelle c'est de reconstruire ma famille ma légitimité naturelle c'est de montrer que face à Emmanuel Macron il
y
a un autre chemin qui est incarné par une droite républicaine ça c'est ma légitimité et croyez-moi ce sera ma mission
Yves
Tréa
le conseil d'état vient de prendre une décision à propos du statut du pape du pape Jean-Paul II après Hermel dans le Morbihan il veut que le conseil d'état dit il faut enlever la croix qu'il y a au-dessus de cette statue quelle est votre réaction
?
c
'est une statue
récente elle date d
'après
1905 après la
loi elle
doit être très très récente
alors si elle date d'après 1905 non mais je peux préciser
la jurisprudence sera
la
même
avant ou après 1905 oui effectivement en ce moment on construit après 1905 est-ce qu
'on
voit la même chose
? est
-ce qu'on vit dans le même pays
? j
'ai parfois le sentiment qu'on a des débats surréalistes parfois quand je regarde ce débat sur la croix sur une statue de Jean-Paul II
ou
les débats sur les crèches c'est pas un débat c'est une décision de justice oui c'est une décision de justice j'en ai bien conscience je connais même assez bien le juge qui l'a donné ce sont les membres du conseil d'état quand je vois les débats sur les crèches
à
l'intérieur de nos mairies
et
qu
'on
donne le sentiment que le premier ennemi de la laïcité en France ce serait une croix sur la statue de Jean-Paul II
que
le danger pour l'avenir de la république ce sont les crèches dans nos communes
je
me demande est-ce qu
'on
vit au même endroit parce que moi je pense qu'on se trompe profondément de combat
que
la première menace de la laïcité en France c'est l'intégrisme islamiste et c'est peut-être pour
pouvoir mener tous les combats justement que le juge décide de faire la même chose
et bien je ne crois pas
ça je ne crois pas que c'est en abaissant nos racines
en
renonçant à notre histoire qu'on construit l'intégration de la France je pense même
que
c'est l'erreur mortifère dans laquelle on est tombé
qui
est cette culture de la repentance
où
au fond on demande à la France de renoncer à elle-même pour accommoder la diversité moi les combats que j'attends du juge les combats que j'attends du politique c'est pas contre la croix ou la crèche
c
'est contre l'intégrisme ordinaire décrit est
-ce que vous ferez une crèche au
conseil régional chez vous par exemple l'hiver est-ce que vous y avez pensé Laurent Wauquiez c'est une question concrète est-ce que vous en ferez une vous me permettez d'abord de finir ma phrase est
-ce
que vous pouvez me dire d'un oui ou
d
'un non sur cette question je vous réponds juste après non seulement c'est pas que est
-ce
que je vais le faire je l'ai déjà fait donc vous le referez d'accord je l'ai déjà fait et donc sur ces questions-là est-ce que par exemple on débat du proviseur de Marseille
de
ce collège
qui
dans un ouvrage décrit ce moment où il a une famille juive qui
vient
le voir pour venir très peu les politiques très peu relayés où il a une famille juive qui vient le voir demander à être accueilli dans son collège et qu'il est obligé de leur dire je ne peux pas vous accueillir dans mon collège parce que je ne pourrai pas assurer votre sécurité ça c'est les problèmes de la laïcité la menace de la laïcité c'est pas la croix sur la statue de Jean-Paul II la menace sur la laïcité c'est pas les crèches qui font partie de notre tradition la menace de la laïcité
c'est l'intégrisme
islamiste est
-ce que vous êtes
pour ou contre les menus de substitution dans les établissements scolaires
?
je rappelle que vous avez pris comme porte-parole Gilles Plâtré qui est maire de Chalons-sur-Seine et qui a supprimé dans sa ville les menus de substitution
Gilles
Plâtré est un maire que j'aime énormément qui a beaucoup de courage
et
qui a eu notamment le courage de dénoncer le communautarisme petit à petit et le recul de nos services publics
moi
je pense qu'on peut parfaitement arriver à respecter les convictions de certains sans s'enclencher dans les menus de substitution
je
pense qu'on peut parfaitement
c'est la réponse
hypocrite au fond
pas du tout ça a été la réponse de la république pendant des années moi vous savez je viens de la Haute-Loire
je
suis à côté de chez moi il
y a
une commune comme Firmini qui était une commune admirable
où
on avait des clubs de foot d'une aussi nérite ici présents où quand on jouait au foot on s'arrangeait pour que quand on donnait à nos gamins des sandwiches il y
a
un sandwich au fromage que certains pouvaient manger et puis un sandwich au jambon
ça s
'appelle la repatition
non ça s'appelle juste le fait de respecter chacun essayer de faire en sorte que ce soit organisé sans que ce soit la religion qui impose ces choses quand on bascule dans le repas de substitution c'est quand on vous met une viande halal non quand
on bascule non vous pouvez mettre du poisson je vous dis exactement alors ce que je considère vous m'interrogez
je n'aime pas cette démission
progressive il n'y a pas d'école avec
de la viande halal ça n'existe pas
pardon mais est-ce que vous savez que dans la plupart aujourd'hui de nos abattoirs ah oui
mais c'est autre chose c'est autre chose mais quand on propose un repas
de substitution on propose un repas pardon juste dans la plupart aujourd'hui de nos abattoirs on abat avec les techniques halal oui c'est vrai c
'est un autre problème un repas de substitution dans les écoles c'est jamais un
repas halal
mais c'est exactement le même problème
c
'est à dire que au fond
et
c'est ce thème dont on débat
moi
l'intégration à laquelle je crois
c
'est l'intégration qui était au fondement de la république française
où
on permet à tous ceux qui viennent chez nous de s'intégrer chez nous à condition qu'ils fassent leur le mode de vie de la France c'est ce qui a permis d'intégrer des générations d'Italiens d'Espagnols de Portugais de Marocains
là
on a basculé dans un autre système
où
petit à petit on pense que pour intégrer il faut faire la place au communautarisme
il y a
une phrase que j'aime beaucoup rappeler
et
en général quand je la dis on me dit au secours c'est la droite dure
moi
je considère que l'étranger qui arrive en France c'est à lui de s'adapter à la France
et
c'est pas à la France de s'adapter à l'étranger
et
je pense que c'est cela qui a permis à la France d'accueillir pendant quasiment 100 ans des générations d'étrangers
qui venaient chez nous mais à vous entendre on a l'impression
que
c
'est la théorie du grand remplacement culturel
c'est pas le grand
remplacement culturel c'est juste une réalité monsieur Sportouche
la
réalité c'est que vous avez aujourd'hui en France des quartiers qui sont les quartiers perdus de la France desquels ? vous venez avec moi sortez du plateau de RTL je vous prends dans ma voiture on part de la place de Lyon on fait 10 km en direction de l'ouest je vous amène à Saint-Etienne vous venez avec moi on ira à Firmini et vous verrez rapidement que la réalité va vous sauter au visage
je
pense qu'on a laissé petit à petit
s
'installer la pression du communautarisme dans notre pays
et
que la laïcité qui était notre règle n'a cessé de reculer depuis des années
la
droite que je défends
c
'est pas une droite dure
d
'ailleurs je ne sais pas ce que c'est moi droite molle droite humaniste droite centriste je suis juste de droite
mais
la droite que je défends elle est favorable à l'intégration républicaine celle que défendait Jaurès
celle
que défendait Ferry
celle
que défendait De Gaulle
celle
qui n'avait pas de parti et que Macron ne défend pas juste très factuellement
les
propos d'Emmanuel Macron parfois m'ont beaucoup choqué je rappelle quand même ce discours de Marseille où il s'adresse aux gens en disant c'est formidable je vois force à moi des Maliens des Sénégalais des Togolais
non la
France n
'est
pas une juxtaposition de communauté
la
France est un pays dans lequel j'aspire à ce qu'on puisse dire non avec la nation française c'est ça la France
est-ce que la droite que vous défendez et la laïcité que vous défendez est pour l'interdiction du voile à l'université c'est-à-dire qu'il n'y ait pas de voile à
l
'université est-ce que ça c'est quelque chose qui correspond à ce que vous appelez la laïcité offensive oui
je
ne suis pas favorable à ce qu'il y
ait
un port de voile à l'université
je
connais parfaitement les arguments consistant à dire ça fait partie de la liberté quand on a au-dessus de 18 ans c'est un choix qu'on peut faire mais moi c'est l'université française
et
le voile ou la qui pas dans l'espace public est-ce que ça vous pensez que c'est de la liberté de chacun ou à un moment donné ça doit être aussi réglementé
on
parle de l'espace public là si ce que
vous m'interrogez c'est la rue
sur les trottoirs non évidemment c'est pas le même sujet le sujet pour moi c'est quand on est dans une enceinte
où
au fond
l
'affichage très volontariste de ces signes religieux est en réalité un travail de propagande
moi
je respecte très bien les convictions personnelles les convictions intimes
mais
je n'aime pas que progressivement les lieux qui sont nos lieux républicains
soient
de plus en plus pris d'assaut par ces signes religieux ostentatoires
Christophe Lacubis est-ce que ça vous gêne ou ça vous agace quand Marine Le Pen dit que vous faites partie de ces responsables politiques qui en réalité tiennent exactement les mêmes propos que nous
en
gros que vous parlez comme elle
voilà ce qu'elle
dit
il
y a une
différence
fondamentale pour moi
par
rapport au Front National et sa conception de la France
et
je vais essayer de l'expliquer très simplement
la
conception que défend le Front National
c
'est une France qui se recroqueville sur elle-même et s'enferme derrière la palissade du village gaulois
la
conception de la France que je sens chez Emmanuel Macron
c
'est la France est sommée de sauter dans le train de la mondialisation
et
pour réussir elle doit se renier
la
conception que moi je défends
c
'est la France doit retrouver ses valeurs
elle
doit se retrouver pour réussir et rayonner
parce
que ce que je pense c'est que notre pays était assis sur un certain nombre de colonnes du temple
qui
était le travail
qui
était la méritocratie républicaine qui était la laïcité
et
qu'en 30 ans et c'est sans doute un cas unique dans l'histoire d'un pays on a tout mis à bas
on
a quasiment inversé la totalité de nos repères en pensant que c'était comme cela qu'on allait construire la réussite de notre pays
moi
et c'est cette politique là que j'aime
c
'est une politique qui repose sur des fondations solides qui repose sur un passé qui n'est pas une nostalgie mais une promesse d'avenir
et
je pense que c'est en se retrouvant que la France
retrouvera son énergie Et quand vous
parlez de préférence
régionale
par exemple pour les commandes publiques dans votre région pourquoi vous ne le déclineriez pas au niveau national par exemple ce que prône Marine Le Pen la préférence nationale
Qu
'est-ce que je dénonce par là
? C
'est en réalité un sujet de réflexion qui est beaucoup plus large
je
le fais en tant que président de région mais j'aimerais bien qu'on élargisse un peu notre périmètre de réflexion
Aujourd
'hui si vous prenez à peu près l'Europe 84% de nos marchés publics
sont
ouverts totalement à la concurrence internationale
C
'est-à-dire que dans 84% de nos marchés publics une entreprise d'où qu'elle soit peut venir concurrencer nos marchés
C
'est une très bonne nouvelle
Je
crois avec Virginie Calmel et avec Eric Wörth au fait que notre famille politique croit à la liberté Juste la question que
je
me pose
Les
autres pays
font
-ils pareil
?
Aux Etats-Unis les marchés publics sont ouverts à 18% à la concurrence
Au
Japon les marchés publics sont ouverts à 25% à la concurrence Pour la préférence nationale Dans ma région j'ai par exemple les pneus Michelin
et
j'en suis fier c'est quand même un des flambeaux national et européen Les concurrents japonais peuvent vendre sans aucun problème et sans aucun contrôle la totalité de leurs pneus en France et en Europe
Les
pneus Michelin n'ont que des barrières non tarifaires qui les empêchent de vendre au Japon
Ce
que je souhaite c'est qu'on secoue un peu la poussière
et
qu'on ouvre les yeux
en
se disant ok pour être ouvert mais on n'est pas ouvert avec ceux qui sont fermés
et
il faut qu'on reprenne le sens d'une stratégie industrielle et d'un patriotisme qui peut être à la fois français
et européen Maël Decalan qui est donc l'un de vos concurrents pour cette élection dit que vous entretenez une ambiguïté avec le FN en parlant de droite identitaire et que vous terminerez comme Benoît Hamon c'est à dire avec 6,5% des voix à la prochaine présidentielle parce que vous serez replié sur un socle
très
fermé de la droite aujourd'hui qu'est-ce que vous lui répondez
? D
'abord la première chose vous l'aurez sans doute remarqué
c
'est que je n'entretiens aucune polémique avec aucun membre de ma famille politique
et
que je ne réponds à aucune attaque
je
ne réponds à aucune caricature parce que ce que je suis en train de faire c'est que moi je rassemble ma famille j'ai plus de 135 parlementaires qui m'ont soutenu
vous
avez ici sur ce plateau des gens qui viennent d'horizons différents qui étaient des soutiens de Nicolas Sarkozy de François Fillon d
'Alain Jipé mais il a tort
ou pas mal de câlins ? ne vous inquiétez pas vous aurez votre réponse et elle sera oui et non en même temps non
non
vous verrez il n'y
a
pas tellement d
'en
même temps chez moi et ce que j'essaye de faire c'est de rassembler
à
l'image par exemple de ce que j'ai fait dans les Alpes-Maritimes où il y avait à mes côtés Eric Ciotti
et
Michel Tabarro qui avait été un soutien de Jean-François Copé et Jean Léonetti qui vient du centre et auquel j'ai demandé de s'impliquer pour reconstruire la voie des centristes au sein des Républicains
s
'agissant de la question de Maël Decalan Benoît Hamon est intéressant à analyser
et
ce qui s'est passé avec Benoît Hamon est intéressant à regarder
au
fond au moment de la primaire il a beaucoup séduit
parce
qu'il assumait fortement les valeurs de la gauche c'est pas les miennes
mais
à ce moment là il l'a séduit
et
puis ensuite quand il a été le candidat désigné à la primaire il a baissé l'étendard
il
a baissé le pavillon
il
a commencé à faire des petits accommodements
et
là il a sombré je suis toujours surpris
quand
parfois certains pensent que quand la droite assume ses idées elle se recroqueville
moi
je crois exactement l'inverse donc
il n'y a pas de droite
irréconciliable comme il
y
a de gauche
irréconciliable
pour certains je crois exactement l'inverse monsieur Sportouche je crois que c'est quand la droite assume ses idées qu'elle a la confiance et l'estime des français
et
je crois que c'est quand elle cherche à acheter les bons points des censeurs du débat en France qu'au contraire elle mérite le mépris des français l
'ordre
qui est Emmanuel Macron songe à commémorer 1968 il
y
a 50 ans qu'est-ce que ça vous inspire
? qu
'est-ce que vous voulez que je vous dise c'est moi les bras m'en tombent enfin c'est le même genre de débat que celui qu'on vient d'avoir il s
'est
rien passé en 68
?
bien sûr qu
'il
s'est passé quelque
chose est-ce que c'est le
début de la fin
? voilà est-ce
que moi je songe à commémorer mai 68 et à le fêter honnêtement je préfère qu'on fête Austerlitz honnêtement je préfère qu'on fête Valmy honnêtement je préfère qu'on fête l'appel de l'ombre et mai 68 Nicolas
Sarkozy
disait que tu allais liquider l'héritage de mai 68 oui parce que c'est très simple
on est la droite mai 68 c'est il est interdit d'interdire mai 68 c'est au fond le début de la déconstruction porté
d'ailleurs par des
philosophes comme Bérida moi je crois au contraire qu'il faut reconstruire je crois au contraire qu'il faut redonner
des retards je crois que vous alliez
dire que vous vouliez interdire
non
c'est à quoi je crois par exemple c'est
quand même beaucoup de progrès non vous ne pensez
pas sur le plan sociétal pas du tout évidemment monsieur Sportou je ne suis pas caricatural contrairement à vous
non je vous pose des questions je vous pose des questions Laurent
ça
ne m'empêche pas de vous titiller aussi je vous pose des questions
évidemment que je ne suis pas dans cette caricature je suis historien je sais quand même un peu tout ce
que mai 68 a aussi apporté vous êtes historien
mais juste ce que je pense c'est que mai 68 a aussi fait des dégâts et c'est d'ailleurs très amusant de se poser cette question il n
'y
a pas un pays en Europe qui songe à commémorer mai 68 il n
'y a
que nous qui faisons ça pourquoi ? il y
a
peut
-être une
question à se poser sur le mariage pour tous une petite question on
va quand même parler de politique économique j'espère à un moment mais juste une petite question parce que après juste sur l'affiliation pardon je vais juste dire un mot c'est des thèmes qui
aussi
divisent votre
camp et je
vais y répondre
mais il
y a
un point sur lequel je voudrais être clair parfois vous me dites mais monsieur Wauquiez vous ne parlez pas assez d'économie ou des classes moyennes
moi
je réponds à vos questions
je
vois le temps passer je
vous dis juste il est peut-être temps qu'on parle un peu d'économie et de ce que sont les impôts des français sur le mariage
pour tous ou pas sur l'affiliation ou pas parce que dans votre camp on a l'impression qu'il
y a
de moins en moins de voix ma position
est exactement
celle qui a été défendue par François Fillon il faut revenir sur les éléments de cette loi qui ouvre la voie à la PMA pour les couples de même sexe et à la gestation pour autrui je suis en revanche lucide au bout de 10 ans même si j'y étais contre et même si j'étais favorable à l'union civile on ne reviendra pas sur le mariage pour tous
parfait
on vous a entendu Christophe Jacubé alors sur l'économie une phrase introductive une citation Macron est en train de devenir le président de droite que les gens voulaient c'est Jean-François Copé dans le JDD aujourd'hui et bien vous
voyez
il m'arrive d'avoir des différences avec des membres de ma famille politique tant mieux
je
ne crois pas du tout cela
je
crois que la politique économique menée par le président de la république est un rideau de fumée
qu
'elle est construite sur le sable
et
qu'elle ne permettra pas la reconnaissance la renaissance économique de la France
et
qu'elle n
'a
d'ailleurs rien à voir avec le travail de refondation
qui
a pu être fait par Schroeder en Allemagne
ou
qu'on fait des pays comme le Royaume-Uni le Canada ou la Suède pourquoi ? pour trois raisons et j'espère qu'ensuite on aura le temps de les détailler
la
première d'abord il n'y a aucun effort pour baisser la dépense publique
j
'ai évoqué ce que je faisais dans ma région Emmanuel Macron augmente la dépense publique de l'état de 2,2% c'est énorme c'est plus que l'inflation
et
les dépenses publiques des administrations des ministères vont augmenter de 7 milliards d'euros
il
s'apprête à faire une baisse sur les fonctionnaires des ministères de 354
il
a promis 150 000 sur son mandat
je
lui souhaite donc bon courage parce qu'il lui faudra juste un siècle pour tenir les promesses qu'il a prises sur les économies de dépenses publiques
deuxième
raison
la
compétitivité des entreprises
ma
région est la plus industrielle de France la compétitivité aujourd'hui des entreprises françaises est pénalisée par le coût des charges qui pèse sur l'employeur
le
président de la république s'apprête à augmenter les charges sur les entreprises et donc à pénaliser l'emploi ça n'est pas
une politique de droite une baisse de cotisation
sociale salariée
je
vais
parler des charges sur les employeurs et de la compétitivité des entreprises troisième sujet enfin les impôts
on
voit bien qu'il
y a
un espèce de grand micmac fiscal
mais
la réalité c'est que les français ont très bien compris que leur CSG allait augmenter de 22 milliards
et
que la taxe d'habitation cette année elle ne baisserait que de 3 milliards et Eric Wörth dont je préfère la voix sur ces sujets qui les connait parfaitement a bien démonter toutes les failles de ce budget est
-ce que
la réforme sur la assurance de chômage est propre à faire diminuer le chômage tout comme la réforme des ordonnances enfin du contrat de travail est-ce qu'on va arriver à 7% de chômage
dans
5 ans
?
non
prenons
la réforme sur les ordonnances
je
l'ai dit j'étais favorable à ce qu
'on
la vote sur les contrats de travail
parce
qu'elle comporte des avancées
mais
soyons lucides prenons la Suisse
vous
voyez la différence entre le code du travail français et le code du travail suisse cette réforme porte sur quelques points techniques qui bénéficient majoritairement aux entreprises de moins de 50
mais
pour le reste elle ne représente en aucun cas le séisme qu'on attendait destiné à rendre plus simple l'embauche des gens
et
c'est là où je veux que ce voile à un moment s'arrête
c
'est qu'en ce moment dans les commentateurs je suis ahuri de voir on a l'impression qu'avant lui rien n'avait été
fait et vous
pensez qu'Emmanuel Macron
va
échouer parce que du coup on voit les chiffres baisser du chômage ce dernier mois est-ce que vous pensez que c'est anecdotique et que finalement ça ne se renouvellera pas
d
'abord je voudrais rappeler que notre gouvernement et notre majorité a fait aussi des choses quand on a fait la rupture conventionnelle c'était une réforme extrêmement importante
quand
on a fait le service minimum c'était une réforme extrêmement importante
quand
on a baissé de 150 000 le nombre de fonctionnaires c'était un effort très important
et
là ce qui me frappe c'est qu'évidemment comment compare Emmanuel Macron à François Hollande ben oui je lui souhaite de faire un peu mieux que François Hollande qu'il a d'ailleurs conseillé la tâche n
'est
peut-être pas insurmontable
mais
je veux juste qu'on ouvre aussi les yeux on n'a pas affaire à un travail de refondation substantielle de ce que sont les fondamentaux de fonctionnement de
l
'économie française
Marie-Pierre Haddad nous a rejoint à nouveau pour les réactions des auditeurs et téléspectateurs
alors
vous avez parlé du Front National et Marine Le Pen vient à l'instant de vous répondre sur BFM la présidente du Front National dit Laurent Wauquiez nous fait un bel hommage en reprenant nos idées il reconnaît que nous avions raison et les internautes sont justement très divisés sur la question d'une alliance ou non avec le Front National pour vous c'est très clair pas d'alliance mais Véronique elle ne comprend pas elle nous écrit sur Facebook elle vous demande pourquoi ne pas faire une ouverture avec Gilbert Collard et Robert Ménard
qui
sont au rassemblement Bleu Marine Laurent
Wauquiez d
'abord la première chose
qui
dit beaucoup
c
'est que Marine Le Pen a fait de moi
soit
quasi unique cible à droite pourquoi
? parce
que le plus grand ennemi du Front National c'est une droite qui assume à nouveau ses convictions et ses valeurs
et
que le meilleur allié du Front National
c
'est quand la droite ne dit plus rien
et
fait un filet d'eau tiède regardez ce qui s'est passé en Allemagne
quand
Angela Merkel n'a plus eu le courage de ses convictions elle a réinstallé fait unique dans l'histoire de l'Allemagne depuis l'entre-deux-guerres l'extrême droite
au
niveau du Bundestag
moi
je revendique et Marine Le Pen l'a très bien compris
le
fait qu'elle va maintenant avoir en face d'elle
une
droite qui assumera ses idées
j
'ai été aussi très clair
tant
que je m'occuperai de notre famille il n'y aura aucune alliance avec des élus du Front National cette position n'est pas négociable parce que je l'ai dit je ne partage pas leur vision de la France
et
parce que je pense que cette voie
-là
nous amènerait et nous et la France dans une impasse je ne veux plus que la droite se définisse par rapport au Front National ou par rapport à Macron je veux qu'elle défende ses idées clairement avec détermination et avec soreneté
merci beaucoup Laurent Wauquiez c'était votre grand jury merci à tous les trois très bon dimanche à tous et la semaine prochaine vous retrouverez Olivier Bost à 7h de place je vous retrouverai le 12 novembre très bonne journée à très bientôt