Thomas Ménagé : "Nous sommes des gens responsables !" (LCI)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:08OuverteRéponse directe
Vous êtes député Rassemblement National de la 4e circonscription du Loiret.
- 0:11ComplaisanteRéponse partielle
On comprend que vous n'allez pas censurer, en fait, le RN ne va pas censurer.
- 0:48OuverteRéponse partielle
Pourquoi ne pas verbaliser aujourd'hui, en fait ? Pourquoi ne pas gagner du temps ?
- 0:57OuverteRéponse partielle
Pourquoi ne pas y aller maintenant, en fait ?
- 1:02RelanceRéponse directe
On a attendu le texte final, parce que vous le savez, quand il y a un 49.3, il y a un texte qui est annexé...
- 1:39OuverteRéponse partielle
Dans le fond, est-ce que vous ne craignez pas d'être taxé d'agent d'instabilité ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:29Invité politiqueFait
« la première censure, la balance était très claire. Elle était dans l'intérêt des Français, de manière très nette. »
- 0:32Invité politiqueChiffre
« nous avons censuré et qu'il y a eu au 1er février une baisse de l'électricité de 15% »
- 0:33Invité politiqueFait
« la réindexation des retraites, le non-retour sur le remboursement d'un certain nombre de médicaments. »
- 7:30Invité politiqueChiffre
« une baisse de l'électricité à Prinos de 45% en deux ans, une baisse de 15% pour 24 millions de Français. »
- 7:38Invité politiqueFait
« Il y a aussi une indexation des retraites, alors même qu'il y a des retraités chez moi, il y a un retraité sur trois qui renonce à se soigner. »
- 5:44Invité politiqueFait
« le gouvernement de M. Barnier, excusez-moi, et des Républicains, c'était quand même la fin des exonérations de charges. »
- 8:12InvitéFait
« Comme on n'avait pas de budget, l'agence du service civique a dû arrêter de financer les services civiques. »
- 8:50InvitéFait
« Allez voir les entreprises américaines qui sont implantées en France et qui créent de l'emploi. »
Temps de parole
- Thomas Ménagé45 %
- Présentateur22 %
- Invité15 %
- Invité 212 %
- Auditeur6 %
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Bonjour Thomas Ménager, venez nous rejoindre sur ce plateau. Vous êtes député Rassemblement National de la 4e circonscription du Loiret. Vous êtes porte-parole du RN. À peine avez-vous le temps de vous installer que déjà, ça y est, je me lance dans mes questions. On comprend que vous n'allez pas censurer, en fait, le RN ne va pas censurer.
On comprend qu'on est des gens responsables qui allons nous poser la question de la censure en faisant une balance entre les avantages et les inconvénients de censurer ou de ne pas censurer. Et qu'aujourd'hui, la première censure, la balance était très claire. Elle était dans l'intérêt des Français, de manière très nette. C'est pour cette raison que nous avons censuré et qu'il y a eu au 1er février une baisse de l'électricité de 15%, la réindexation des retraites, le non-retour sur le remboursement d'un certain nombre de médicaments. Et que là, cette fois-ci, plus l'on attend, plus une censure est plus risquée possiblement pour l'économie.
Et donc, c'est cet équilibre que l'on fera demain de manière sérieuse avec l'ensemble des députés.
Pourquoi ne pas verbaliser aujourd'hui, en fait ? Pourquoi ne pas gagner du temps ? Les choses, elles ont l'air quand même assez claires. Le programme, il est là, il est sur la table. On comprend les éléments de langage qui commencent à être là. Et puis, ce n'est pas n'importe qui, c'est le patron du RN qui les donne. Pourquoi ne pas y aller maintenant, en fait ?
On a attendu le texte final, parce que vous le savez, quand il y a un 49.3, il y a un texte qui est annexé, qui était possiblement celui de la commission mixte paritaire. Mais il pouvait y avoir encore des changements de la part du Premier ministre. On va regarder ligne par ligne, faire cette balance. Il y a aussi la question de l'impôt sur le revenu et de l'indexation, la non-indexation éventuelle, s'il n'y avait pas de budget avant le mois d'avril-mai. Donc, c'est cet équilibre que l'on va tenir. Voilà, Jordan Bardella l'a expliqué.
La question qui nous hante et la seule qui nous intéresse, ce n'est pas une question de stratégie, de savoir par rapport au coup d'après, c'est de savoir si vraiment, qu'est-ce qui est le plus intéressant pour les particuliers, pour les entreprises. Et aujourd'hui, cette balance, elle est très difficile à estimer. Donc, on va faire ce travail.
Dans le fond, est-ce que vous ne craignez pas d'être taxé, on va revenir avec ces grandes expressions, on a fini par avoir l'habitude ces derniers mois, mais d'agent d'instabilité ? Est-ce que dans le fond, vous vous dites, bon, on l'a fait une fois ? Parfois, ça nous a coûté CF, pardon, qu'on fait à les agriculteurs qui, pour certains, vous en ont tenu rigueur. Et est-ce que vous dites...
Ça n'a pas duré, ça. Ils ont bien compris qu'ils avaient obtenu ce qu'ils voulaient et qu'il y allait y avoir les débats qui allaient être maintenus. Mais bien sûr, ça...
Mais sur le fond de la question, est-ce que vous dites, on l'a fait une fois, on ne peut pas se permettre de le faire une deuxième au nom de la stabilité, effectivement, du pays ?
C'est sûr qu'on n'est pas la gauche, c'est l'extrême gauche. C'est surtout l'extrême gauche, aujourd'hui, la France Insoumise, les écologistes, qui, depuis le début, disent on va censurer quel que soit le budget, quel que soit le contexte. Aujourd'hui, on doit tenir compte du contexte, du contexte économique, du budget réel qui nous est proposé. Et bien entendu, on ne veut pas, et pas pour ne pas être tenus pour responsables, mais juste parce que c'est notre rôle, c'est de protéger nos électeurs, de protéger les Français qui nous ont fait confiance, et de ne pas ajouter de l'instabilité à l'instabilité, si elle n'a pas un intérêt pour les Français et pour leur pouvoir d'achat, notamment.
Et au fond, effectivement, est-ce que ce n'est pas un peu ça le sujet ? Vous citez la France Insoumise, c'est-à-dire que si le PS avait voté la motion, vous n'auriez pas été seul avec la France Insoumise. Là, le PS n'y va pas, et du coup, vous n'avez pas très envie de vous retrouver avec LFI, deux extrêmes qui voteraient contre le gouvernement, taxés, et éventuellement, on y revient, d'instabilité, etc. C'est ça qui vous inquiète aussi ?
Nous, l'image, on nous a fait le même procès pour la première censure, en mode « vous liez vos voies avec l'extrême-gauche ». Ce n'était pas lier nos voies, c'était la seule possibilité pour bloquer un budget qui aurait augmenté les charges sur les entreprises, qui aurait déremboursé des médicaments, qui aurait augmenté l'électricité, ou absence de baisse de l'électricité après une augmentation de 45% les deux dernières années. Ça, clairement, ça ne rentre pas dans l'équation.
Ce qui rentre dans l'équation, c'est est-ce qu'il est préférable pour les Français de ne pas avoir de budget et d'avoir une période d'instabilité, ou d'avoir ce budget qui est imparfait, que nous combattons, nous sommes dans l'opposition, on n'aurait pas voté s'il n'avait pas eu 49-3 ce budget, puisqu'on est dans l'opposition, on est contre ce budget, mais est-ce que ce budget a été amendé suffisamment pour être relativement acceptable et on fera des modifications et des évolutions quand nous aurons une majorité ? Nous, on a aussi acté le fait qu'on n'avait pas de majorité au Rassemblement national et qu'il faudrait attendre une dissolution que nous apprend de nos voeux.
Vous connaissez Stéphane Manigol ?
Je l'ai écouté à l'instant sur votre antenne, mais non, on ne se connaît pas.
Et donc, entrepreneur, patron de l'UMI, vous êtes président de la branche Restauration de l'UMI-Ile-de-France, quand vous entendez le discours du Rassemblement national.
Je crois qu'un vote de sourcure, ce n'est pas contre le gouvernement, c'est contre la France et les Français qui l'aurait eu lieu. Je pense qu'il faut vraiment sortir des débats qui relèvent de la présidentielle, comme la réforme des retraites. Ce n'est pas un débat qui doit se traiter aujourd'hui. C'est un débat qui doit être traité d'ici deux ans et dans le cadre d'un programme présidentiel de votre parti, des autres partis. Et c'est des sujets où, au fond, nous, chefs d'entreprise, on a d'autres inquiétudes. On vient de passer un mois de janvier pour l'artisanat, pour les commerces de proximité, qui a été totalement détestable, avec des rentrées de TVA qui ne sont pas bonnes.
Et puis, je peux vous l'annoncer, et puis vous pourrez repasser la séquence en fin d'année. Moi, je vous dis que si on continue comme ça, à ne pas se soucier de l'économie, à ne pas se soucier de l'épargne des Français, qui ne fait que d'amplifier, d'amplifier, d'amplifier, qui n'est pas dépensé dans les commerces de proximité, dans l'économie française, eh bien, on va se retrouver, non pas à 0,9 de croissance, mais à moins quelque chose, et on va être en décroissance dans ce pays. Donc, oui, il serait temps qu'on se mette à travailler, non pas pour faire de l'espèce de popole politicienne, pour savoir si on censure Bayrou ou pas Bayrou, est-ce que l'État est bien, pas bien.
Si le RN votait la censure, il serait irresponsable, Thomas Aménagé, à côté de vous, il serait irresponsable de voter la censure ?
Mais il la pense en rémontage, non, mais à priori, la question ne se pose pas, puisque vous ne la votez pas, donc...
Nous confirmerons éventuellement votre interprétation des propos de notre président. Mais la première censure, par contre, elle a quand même été salvatrice. Vous êtes chef d'entreprise, le gouvernement de M. Bayrou et des Républicains, le gouvernement de M. Barnier, excusez-moi, et des Républicains, c'était quand même la fin des exonérations de charges. Est-ce que vous, en tant que patron de l'UMI en Ile-de-France, est-ce que vous pensez que les charges sur les salaires, notamment les personnes même avec des bas salaires au SMIC, doit être augmentée ? Est-ce que c'est ce que vous défendiez ? Quelques mots, puisque je voudrais aussi entendre...
Par contre, la censure n'est pas toujours négative, elle peut avoir un intérêt.
En fait, je pense que vous ne comprenez pas, peut-être, que la censure n'a pas changé notre quotidien, n'a pas changé le quotidien des agriculteurs, des commerces en proximité, des salariés. Les salariés ne vivent pas mieux parce que vous avez censuré le gouvernement d'avant. Les chefs d'entreprise ne vivent pas mieux. Oui, mais il y aurait eu une augmentation...
Ça aurait été bien pire s'il n'y avait pas eu la censure, monsieur. Vous savez, il y aurait eu une augmentation des charges.
Je voudrais entendre...
Et il n'y aurait pas eu de baisse sur l'électricité.
Christian Proutot, Marlène Schapa également. Christian Proutot, parce que vous entendez réagir, peut-être à un poil agacé, je voudrais comprendre pourquoi.
Oui, parce que je trouve que la décision, elle n'est pas par rapport à ce qui... L'Est qui aurait été lâché par Béroud, par rapport à Barnier. Elle est qu'il y a un retour de terrain qui fait que les gens en ont marre. Et c'est valable pour tous les partis. Les gens, ils attendent une stabilité. Ils veulent un gouvernement, une efficacité. Et le vote du RN, à mon avis, a été complètement contre-productif. Pour lui, c'est mon point de vue, par rapport à ses électeurs. Et il n'était pas possible qu'il rentre dans une image de désordre associée à LFI. Moi, c'est mon point de vue.
Je traduis les murmures sur le plateau, mais assumez, allez-y. Vous avez dit, à ma gauche, c'est pas ce que disent les études.
Non, mais c'est pas ce que disent les études, c'est pas ce que dit le terrain, et c'est pas ce que disent la réalité. C'est-à-dire que, je veux dire, moi, sur mon territoire, les Français, sur la première censure, m'ont remercié au 1er février. Là, je vous dis, il y a une baisse de l'électricité à Prinos de 45% en deux ans, une baisse de 15% pour 24 millions de Français. Il y a des retraités qui ont travaillé toute leur vie, qui, vous voyez, bah si, excusez-moi, c'est les chiffres, enfin, c'est dit sur les entêtes de LCI, donc c'est une réalité. Il y a aussi une indexation des retraites, alors même qu'il y a des retraités chez moi, il y a un retraité sur trois qui renonce à se soigner.
Moi, je suis très fier d'avoir voté cette première censure, qui a permis aux Français d'avoir un certain nombre d'évolutions favorables, notamment sur leur pouvoir d'achat, mais, bien entendu, nous, on n'a pas dit qu'on censurerait automatiquement, et là, le contexte est différent, et c'est la raison pour laquelle, possiblement, notre position sera différente. Marlène Schiappa ?
Moi, je voudrais vous donner deux exemples des conséquences négatives, directement sur les Français, de la première censure et de l'instabilité. La première, elle est très simple. Comme on n'avait pas de budget, l'agence du service civique a dû arrêter de financer les services civiques. Et donc, vous avez pléthore d'associations qui ont reçu un mail pour les informer que, suite à la censure et à la suspension du budget, ils ne pouvaient pas financer les services civiques.
Donc, vous avez des jeunes, peut-être des jeunes dans vos électeurs, d'ailleurs, qui avaient décidé de s'engager dans un service civique et qui avaient peut-être pris leur billet de train pour venir, qui avaient pris leur disposition, et on leur a dit, c'est fini, vous ne venez pas, votre service civique, et donc la rémunération, les engagements financiers qui vont avec, vous ne pourrez pas les faire parce qu'il n'y avait pas de budget, parce que la censure. Ça, c'est le premier exemple. Et le deuxième, on parlait tout à l'heure de concurrence internationale et de la place de la France dans le monde économique.
Mais allez voir les entreprises américaines qui sont implantées en France et qui créent de l'emploi. Allez voir les Ralph Lauren, les KFC, allez voir toutes les boîtes américaines, les Amazon qui sont aujourd'hui en France, qui avaient des investissements prévus en France et pour lesquels leur siège aux États-Unis leur dise, non mais attendez, l'instabilité, le risque de censure, on ne sait pas de quoi demain sera fait, tout varie sans cesse, le Parlement n'est pas responsable, on coupe, on ne crée pas d'emploi en France,
on ira les créer à l'heure en Allemagne, en Italie ou dans d'autres pays. Le temps d'une réponse rapide et après nous, on doit avancer.
Mais c'est certain ce que je vous dis, la censure, elle a un impact. Et c'est la raison pour laquelle Jordan Bardella dit, ce matin, c'est une balance et on essaiera de tenir compte de ne pas ajouter de l'instabilité. Après, vous avez suscité des cas, il y a automatiquement un impact. Après, il y a eu des impacts majoritairement favorables, positifs pour les Français pour la première censure. Et aujourd'hui, il y aurait peut-être plus d'impact négatif au global s'il y avait une nouvelle censure. C'est la raison pour laquelle on ne se pose pas la question dans les mêmes termes et dans la même situation précédemment évoquée avec M. Barnier.
Merci d'avoir été notre invité ce matin. Merci d'avoir regardé cette vidéo.
Thomas Ménagé