Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewLCI — L'invité d'Adrien Gindre· 28 juillet 2023 19 min

L’Interview Politique – Laurent Jacobelli, député RN de Moselle, porte-parole du Rassemblement national, invité de Bernard Poirette dans Les Matins LCI

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:05
Présentateur

Cet invité, c'est Laurent Jacobelli, qui est porte-parole du Rassemblement National. Monsieur Jacobelli, bonjour. Bonjour. Alors, vous avez suivi, tout comme nous, bien évidemment, mais pas forcément pour les mêmes raisons, mais vous avez suivi le retour de Monsieur Darmanin en métropole. Il est rentré prématurément, avant le Président de la République, qui lui arrive seulement dans quelques heures. Et tout de suite, dès son arrivée à Paris, il est allé dans un commissariat, dans le 19ème, et il a convoqué à Beauvau des représentants syndicaux de la police. Il leur a tenu le discours que nous avons développé depuis 3h ce matin, et dont vous avez parfaitement connaissance.

Est-ce que vous avez entendu ce discours avec ravissement ? En gros, les policiers n'ont rien fait de mal, et il faut éventuellement imaginer pour eux un statut dérogatoire, c'est-à-dire que quand ils font une erreur, même grave, dans le cadre de l'exercice de leur fonction, ils ne vont pas en détention préventive.

0:53
Laurent Jacobelli

Écoutez, votre question m'inspire deux réponses, j'allais dire. La première, c'est de dire évidemment solidarité avec nos policiers. Ils ont été la digue qui ont protégé notre République des émeutiers violents qui ont attaqué des mairies, des écoles, et qui ont voulu créer une espèce de climat de guérilla urbaine. Donc merci à eux, merci aussi aux 900 policiers blessés, parce que leur courage, malheureusement, a eu un prix, et évidemment, il faut les soutenir. On a un peu l'impression qu'il y a un inversement des valeurs aujourd'hui. C'est-à-dire qu'on trouve des excuses aux émeutiers et aux voyous, une partie de la gauche, mais pas seulement, et on accuse les policiers de tous les maux.

Il ne faut pas mettre les choses à l'envers. Aujourd'hui, il y a un problème dans notre République, ce sont les émeutiers, ce sont ceux qui, dans certains quartiers, détestent la France et veulent l'attaquer, et ceux qui nous protègent, ce sont les policiers. C'est la première remarque. La deuxième, c'est que M. Darmanin fait finalement ce que j'appellerais le service minimum. Il est le patron de la police, il est normal qu'il soutienne les policiers, mais ce n'est pas à son niveau que ça va se régler. C'est au niveau du président de la République, parce que ce à quoi on assiste aujourd'hui, avec cette querelle entre la police et la justice, c'est un effritement de nos institutions.

Il n'y a plus de cap, alors chacun y va de sa petite musique. Or, s'il y avait à la tête de l'État un président de la République, ferme, courageux, net dans ses propos, il en serait ottoman. Je rappelle quand même que la première parole du président de la République, après la terrible mort du jeune Naël, a été finalement de condamner d'office les policiers, en disant que c'était un acte inexcusable et impardonnable, avant même que la justice se prononce.

2:22
Présentateur

Il était sorti de son rôle. M. Giacobili, il n'est pas question de dédouaner tous ceux qui ont mis la France à feu et à sang pendant presque une semaine, à la fin du mois de juin, en aucun cas. Mais quand on voit ce jeune de Marseille, par exemple, qui a été tabassé par plusieurs policiers, dont un d'entre eux se retrouve derrière les barreaux, et c'est à partir de son destin, à lui, que la mayonnaise a commencé à prendre. Il a témoigné hier, sur une autre antenne que la nôtre, et il a expliqué ce qui s'est passé. Il n'a mis le feu à rien du tout, lui.

Il sortait du boulot, il a été contrôlé par les policiers, ça s'est mal passé pour une raison qui reste à déterminer, et puis il s'est fait taper dessus, mais sévèrement. Donc, il n'est pas question de dédouaner des gens qui cassent. Il est simplement question que les policiers fassent au mieux leur travail et que quand ils le font mal, ils soient de simples citoyens.

3:12
Laurent Jacobelli

Alors, soit vous êtes mieux informé que moi, soit vous allez trop vite à la conclusion. Vous avez eu le témoignage du jeune Edi. C'est un témoignage. Il y a, pour le juge, l'autre témoignage, celui des policiers, qui devra être mis en balance. Et nous verrons bien ce qui s'est passé. Évidemment, Edi donne sa version. On peut le croire, on peut ne pas le croire. Moi, je n'y étais pas et je ne suis ni juge ni procureur. Mais attendons la fin. Attendons de savoir le verdict et le jugement avant de condamner qui que ce soit. Ce que je vous dis ici, c'est qu'on a l'impression qu'il y a aujourd'hui une forme de présumé coupable pour les policiers.

Or, nous, ce que nous demandons avec le Rassemblement National, c'est l'inverse. C'est-à-dire une présomption de légitime défense. Je ne vais pas vous apprendre que le maintien de l'ordre exige parfois l'usage de la force. Quand on a face à soi des barbares qui veulent tout brûler... Mais ce n'est pas facile comme boulot. Il faut faire l'usage de la force. Ce n'est pas avec un bouquet de rose qu'on va régler les problèmes. Parfois, cette force, vous devez décider en un quart de seconde ce que vous faites. Parfois, il peut y avoir des erreurs. Est-ce que ce sont des erreurs de bonne foi dans le cadre de la mission des policiers ?

Ou est-ce que ce sont, non pas des erreurs, mais des actes volontaires de la part de ces policiers ? C'est là qu'il faut agir. Et c'est pour ça que nous, on veut vraiment insister sur cette notion de présomption de légitime défense de la part des policiers qui ont un statut à part de vous et de moi. C'est qu'ils ont des armes et qu'ils peuvent s'en servir pour faire respecter les lois de la République. Si vous, demain, vous faites usage de violence contre quelqu'un, vous serez accusé et condamné. Et c'est normal. En revanche, quand c'est un policier, il faut partir du principe qu'il a fait respecter l'ordre républicain à défaut de preuves contraires.

On a un peu l'impression qu'il y a un renversement de la charge aujourd'hui.

4:44
Locuteur non identifié

M. Jacobelli, on voit bien que vous êtes sur la ligne des policiers d'Alliance. Le problème de la police, c'est la justice. Le problème pour vous, c'est la justice. Attendez, attendez, je vais vous poser ma question. Vous avez dit qu'il y a un procès médiatique, on peut, pourquoi pas, on peut l'entendre, qu'il y ait des gens dans le débat politique. Mais le problème, c'est qu'il y a un juge d'instruction, en tous les cas, une chaîne judiciaire indépendante, jusqu'à preuve du contraire, qui a prononcé une décision judiciaire. Ce n'est pas un juge seul. Ça a été des réquisitions du parquet, vous connaissez la chaîne.

Donc là, ce qui vous pose un problème, c'est la question du débat public ou le fait qu'il y ait un juge indépendant qui se soit prononcé. Vous êtes pour l'indépendance de la justice ou pas ?

5:19
Laurent Jacobelli

Mais évidemment, d'ailleurs, je crois que vous avez mal écouté ce que j'ai dit. J'ai dit qu'on ne pouvait pas tirer de conclusion aujourd'hui et que les juges rendront leur avis. Donc je suis complètement dans cette logique. En revanche, dire que la justice a parfois un problème avec la police, je crois que c'est une évidence de le dire. Quand on voit le syndicat de la magistrature qui, pendant les émeutes, expliquait que ce n'était pas à la police de ramener l'ordre, quand on voit un certain nombre de syndicats, et notamment celui-ci, qui pointent...

5:44
Locuteur non identifié

Lorsque le syndicat de police dit le problème de la police et la justice...

5:46
Laurent Jacobelli

Mais je vais vous dire, il faut sortir de cette rivalité. Il faut que justice et police travaillent ensemble. Sinon, on ne s'en sortira pas. Et c'est là, je tiens à le dire, que je mets en cause le président de la République qui ne fait pas ce travail, qui n'est pas là pour donner une orientation claire. Le rôle du président de la République, quand il y a des émeutes, c'est quoi ? C'est de dire, j'attends une justice ferme, je soutiens mes policiers, je condamne toutes les émeutes. Il n'y a aucune excuse et aucune légitimation possible. Ce n'est pas ce qu'il a fait. Et le problème, quand il y a vide, quand l'État n'est pas tenu par un président de la République, chacun défend un peu son...

6:23
Locuteur non identifié

Ce que vous dites, c'est que la police, finalement, elle doit échapper. Ce sont ces dysfonctionnements éventuels. Encore une fois, moi, je ne suis pas juge. Ce qu'on peut observer, la police doit échapper. Doit échapper au droit commun.

6:36
Laurent Jacobelli

Et qui a dit ça autour de cette table ? Personne. On a l'impression que c'est ce que vous dites. Alors, soit vous écoutez mal, soit vous avez des préjugés. Moi, ce que je dis, c'est qu'un policier doit être considéré comme étant innocent, même lorsqu'il a fait usage de la force, parce que l'usage de la force, qui est donné, un pouvoir donné par la République à la police, fait partie de ses attributions. S'il y a preuve du contraire, il doit être évidemment condamné.

7:00
Locuteur non identifié

Mais c'est la présomption d'innocence.

7:03
Laurent Jacobelli

Le policier, il est présumé innocent. Moi, j'ai un peu l'impression, et là, je vous donne mon avis quand même, que la justice est beaucoup plus ferme envers certains policiers qu'elle ne l'est envers les voyous. Parce que moi, je veux bien qu'on continue à avoir ce débat. Il est intéressant. Mais aujourd'hui, le problème qu'on a, ce n'est pas avec la police. C'est avec des centaines, voire des milliers de jeunes dans certaines banlieues qui ne reconnaissent pas les lois de la République et qui veulent même casser les symboles de la République et aller contre nos valeurs. Le vrai problème, il est là.

Alors, moi, je vois bien qu'on essaie de détourner la tension, notamment pour faire plaisir à une certaine partie de la gauche. Et c'est tout le problème du en même temps. Parce que s'il y a ce débat aujourd'hui, c'est que le président de la République qui est incapable d'être tranché net dans son opinion. Et quand vous avez une partie de l'extrême-gauche qui donne tous les torts à la police, qui ne supporte pas l'uniforme et qui va dans les rues à côté de gens qui scandent, tout le monde déteste la police, le président de la République veut faire du en même temps pour contenter tout le monde. Non, pas deux en même temps.

Une République n'existe pas sans ordre républicain et il n'y a pas d'ordre républicain sans la police et la gendarmerie. On devrait aujourd'hui les saluer pour le boulot incroyable qu'ils ont fait. C'est quoi aujourd'hui la motivation d'un policier ? Ce n'est pas le salaire. L'amour du travail bien fait. Ils font bien les choses. Sauf que quand ils arrêtent un délinquant ou un dealer et qu'il est libre le lendemain parce qu'il y a une justice laxiste, et ça j'assume de le dire, eh bien ils ne se sentent pas reconnus dans leur travail. Et il y a aussi la reconnaissance de leur hiérarchie.

Quand le président de la République à tout bout de champ les lâche en race campagne, ils ne se sentent pas soutenus non plus. Je peux dire qu'on comprend leur ras-le-bol.

8:31
Présentateur

Monsieur, le motard qui a tué tragiquement le jeune Naël à la fin du mois de juin, il est en prison là. Il faudrait aussi qu'il soit dehors en attendant son procès.

8:46
Laurent Jacobelli

Mais une fois encore, moi je ne peux pas le prononcer. Comme le gars de Marseille. Je ne peux pas me prononcer sur des affaires que je ne connais pas ni vous, ni avocat, ni juge. Vous voulez que le droit pénal change en ce qui concerne les policiers ? Non, je veux qu'il soit appliqué. Et je voudrais simplement un changement, c'est ce que nous demandons avec Marine Le Pen et le Rassemblement National, c'est qu'il y ait la présomption de légitime défense. Quand il y a usage de la force et que cette force, malheureusement, a des incidences tragiques, on ne part pas du principe que pour apaiser certains émeutiers ou certains manifestants, on mette le policier en prison par principe.

Voilà, c'est tout ce que je dis. Vous allez plus loin

9:21
Locuteur non identifié

aux syndicats de police les plus à droite parce qu'ils ne réclament pas ça. Ils réclament pour l'essentiel, si j'ai bien compris, eux ils réclament que finalement ils aient un statut particulier. Mais ils ne réclament pas ce droit que vous demandez. Mais nous on le demande

9:33
Laurent Jacobelli

parce qu'une fois encore, la force peut être utilisée par la police. Si vous croyez qu'on peut régler quatre jours d'émeute simplement sans arme avec des sourires, moi j'aimerais bien dans un monde idéal mais ce n'est pas possible. Mais est-ce que ce n'est pas

9:47
Locuteur non identifié

dans un rapport de confiance avec l'opinion aussi parce qu'on voit bien qu'il y a un problème de confiance avec l'opinion qui n'est pas une garantie. On parle des gardes des policiers mais il y a un problème qui existe. Est-ce que ça n'est pas une garantie aussi que les policiers soient contrôlés et qui ne soient...

9:59
Laurent Jacobelli

Mais bien sûr, mais attendez, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Il est normal que les policiers soient contrôlés. On est dans un pays d'ailleurs, dans le pays où ils sont probablement le plus contrôlés. Il est normal aussi que quand un policier a fait une faute volontaire, il soit condamné. Tout cela est très clair et je crois que les policiers l'acceptent totalement. Ce que je dis ici et ce que nous disons avec le Rassemblement national, c'est que quand un policier a fait usage de la force, que l'usage de cette force ait pour conséquence une blessure sur quelqu'un, on ne doit pas partir du principe qu'il l'a fait volontairement pour nuire à la personne.

On doit partir du principe qu'il l'a fait pour faire respecter l'ordre. Mais ça qui l'évalue,

10:34
Locuteur non identifié

c'est le juge qui l'évalue, c'est le cas. D'ailleurs, en l'occurrence, ce qui s'est passé à Marseille, moi je ne connais pas le dossier, mais ce qui s'est passé à Marseille, il y a une enquête judiciaire, le juge évalue et il value, il a une connaissance du dossier que ni vous ni moi n'avons. C'est ce que j'ai dit tout à l'heure. Donc il l'évalue et il prend une décision en sachant que le placement en détention prévisoire, ça a aussi des vertus pour l'enquête et de préserver aussi la personne mise en examen. Excusez-moi,

10:57
Laurent Jacobelli

le placement en détention prévisoire n'existe pas pour certains agresseurs, etc. Aujourd'hui, s'il devait y avoir un deux poids deux mesures, il serait en défaveur de la police et honnêtement, dans une république, c'est difficile à comprendre. Ce que je dis ici, c'est qu'il y a un manque d'ordre républicain en France, que ce manque d'ordre républicain il est lu à des années de laxisme, à des années de lâchage de la police et aussi, je le dis, à des années d'immigration incontrôlée.

Et que si on avait à la tête de l'État, c'est les émeutes, et s'il y avait à la tête de l'État un président de la République clair et déterminé, il n'y aurait pas aujourd'hui ces bisbilles entre la police et la justice.

11:32
Locuteur non identifié

C'est clair. Gérald Darmanin, finalement, ce soir ce matin, vous le trouvez formidable ? Vous n'avez aucune critique avec lui ? Toute la responsabilité, c'est le président de la République. Gérald Darmanin n'est que ministre de l'Intérieur,

11:41
Laurent Jacobelli

c'est déjà pas mal. Il n'est que ministre de l'Intérieur.

11:45
Locuteur non identifié

C'est le chef de la police. Oui, mais ce rabbi-bauchage

11:47
Laurent Jacobelli

entre la police et la justice, ce fait qu'il y a une feuille de route très claire, ce n'est pas à lui de la donner, ce n'est pas d'ailleurs non plus à M. Dupond-Moretti, c'est au président de la République. Et une fois encore, on a bien vu pendant ces émeutes que le grand absent, c'était le président de la République. Or, il s'est passé quelque chose de très grave dans notre pays, des sédicieux, et ce n'est pas la police, ont voulu attaquer la République.

12:06
Locuteur non identifié

La République ou le garde des Sceaux disent que les policiers ne sont pas au-dessus des lois, vous n'êtes pas d'accord avec ça ?

12:11
Laurent Jacobelli

Oui, ils ne sont pas ni au-dessus ni au-dessous, mais il y a un moment où on ne peut pas considérer que le policier est un citoyen lambda. Je le répète, si vous ou moi, demain, faisons usage de la force dans la rue, on sera condamné, et c'est normal, il ne doit pas en être de même pour un policier, parce qu'on a donné au policier le droit d'utiliser la force républicaine.

12:32
Présentateur

Moi, ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi nous avons tant de drames liées à l'intervention des forces de l'ordre sur la voie publique lors de manifestations ou de contrôles. Il y a eu quand même beaucoup de morts ces dernières années en France, notamment depuis leur possibilité qui leur a été donnée en 2017, si je ne m'abuse, d'user plus facilement de leurs armes pour répliquer, alors qu'en Allemagne, par exemple, ces dix dernières années, il y a eu un mort, un mort seulement. Et c'est parce que notre société est plus en ébullition, il y a plus de gars qui cassent.

13:04
Laurent Jacobelli

Il y a effectivement un ensauvagement de la société que nous condamnons depuis très longtemps dû par exemple notamment à un laxisme judiciaire qui laisse faire et qui donc ne marque plus la différence entre le respect de la loi républicaine et la sauvagerie. Mais il y a aussi, il faut le dire, un étonnement que vous énoncez mais qui est à géométrie variable. Moi, ce qui me choque, c'est le nombre d'agressions contre les policiers qui a doublé en 15 ans. Moi, ce qui me choque, c'est qu'il y a 22 policiers ou membres de force de l'ordre agressés chaque jour. Dans quelle démocratie on voit ça ?

Le pire encore, c'est que ceux qui agressent ces policiers sont libres le lendemain matin le plus souvent. C'est pour ça que nous, nous demandons des peines exemplaires et incompressibles pour ceux qui agressent les représentants de l'État. Si on ne met pas ça en place, on va continuer avec une espèce de sentiment de guerre des gangs. Les voyous pensent qu'il y a un gang adverse qui s'appelle la police et que tous les moyens sont permis puisque c'est la lutte de deux gangs. Non, ce n'est pas ça. Il y a d'un côté des voyous et de l'autre les représentants de l'ordre républicain.

14:01
Présentateur

Laurent Jacobelli, vous l'évoquiez à l'instant à propos de l'immigration. Ce qui s'est passé fin juin en France dans votre esprit, d'après ce que j'ai compris, est à mettre sur le compte de jeunes qui pour la plupart ou en tout cas dans leur immense majorité sont issus de l'immigration. Donc j'imagine que le projet de loi immigration du gouvernement, ça va être quelque chose à l'Assemblée nationale. Là, je vous allez faire feu de tout bois. Vous, vous êtes pour immigration zéro. Ce n'est pas immigration choisie selon les intérêts économiques du moment.

14:29
Laurent Jacobelli

Non mais attendez, l'immigration zéro, il faut tendre vers cela. Après, il y a des étudiants, il y a des immigrations acceptables. En tout cas, la fin de l'immigration à contrôler, c'est sûr. Vous savez, en France, tout le monde arrive sans aucun contrôle. Il suffit de mettre les pieds en Europe et après, évidemment, la route vers la France est libre. Et comme la France est le plus généreux en matière d'allocations sociales et d'aides aux migrants, légaux et illégaux, tout le monde vient chez nous. Et une fois qu'on est chez nous, on n'en part plus. Et vous disiez tout à l'heure que je devais être d'accord avec M. Darmanin.

Déjà, je ne crois pas, mais surtout sur ce point-là, il est très fortement critiquable. Jamais le taux de raccompagnement à la frontière des personnes qui devaient quitter le territoire national n'a été aussi faible. 6% tout type de demandes de reconduite confondues. C'est extrêmement faible.

15:13
Locuteur non identifié

Vous savez comme tout le monde que la complexité des OQT est très facile de dire ça. C'est cinq fois supérieur en Allemagne.

15:18
Laurent Jacobelli

C'est cinq fois supérieur en Allemagne. Donc il y a un moment, il faut quand même s'interroger. Il y a un manque de volonté. Donc sur l'immigration, ce gouvernement et M. Darmanin ne sont pas crédibles. Pire encore, ils veulent créer une nouvelle forme d'immigration légale, celle du travail. Notamment en régularisant des travailleurs clandestins qui aujourd'hui travaillent en violant les lois françaises. Eh bien non. Pour nous, c'est non. Tant qu'il y aura plus de 5 millions de chômeurs en France, la priorité du travail doit aller aux Français. Donc vous voyez, on est loin d'être d'accord.

15:44
Locuteur non identifié

Avec le patronat qui est fait sur la pâle, c'est les professionnels qui demandent cette... Eh bien évidemment,

15:48
Laurent Jacobelli

puisque c'est une course au salaire le plus faible. Quand vous arrivez en France de manière illégale, pour vous maintenir, vous êtes capable d'accepter les conditions les plus dures qui seront toujours moins dures que dans votre pays d'origine, mais c'est de l'exploitation humaine. Et après, les Français qui veulent travailler doivent s'aligner sur ces conditions les moins disantes. Si vous croyez qu'on va sortir notre société de la crise que nous vivons aujourd'hui, qu'elle soit sécuritaire ou économique, par ces moyens-là, vous vous trompez.

16:14
Présentateur

M. Jacobelli, pardonnez-moi, mais tous les responsables de Pôle emploi vous le diront, il y a des centaines de milliers de postes de travail qui ne sont pas pourvus dans notre pays, qui sont proposés, qui sont utilisables à tout de suite, qui ne sont pas pris par des Français de souches qui n'en veulent pas de ces boulots-là. Et donc, ces travails sont assurés par des immigrés, parfois en situation irrégulière. Donc, ils ont un rôle aussi dans la société et l'économie française. Eh bien, tout cela doit changer. C'est dommage.

16:40
Laurent Jacobelli

Tout cela doit changer. Et changer par quoi ? Il faut que maintenant la formation, et notamment professionnelle, soit plus en adéquation avec les besoins des entreprises, mais aussi par le salaire. Nous, on a fait une proposition très simple que portait d'ailleurs Marine Le Pen à la présidentielle. Toute entreprise qui augmente de 10% ses salaires verra ses 10% de salaire supplémentaire exonérés de charges patronales. Cela permet à la fois aux entreprises d'attirer plus de monde, de ne pas avoir de surcoût pour l'État et d'engager des Français. Vous savez ce qui s'est passé au Royaume-Uni.

Quand ils sont sortis de l'Union Européenne, ils ont durci leurs lois sur l'immigration et notamment l'immigration de travail. Qu'est-ce qui s'est passé chez les restaurateurs ? Pour avoir une main-d'oeuvre britannique, ils ont augmenté les salaires à peu près en moyenne, j'ai le chiffre en tête, de 9%. Voilà une solution vertueuse par les salaires. Sinon, on peut faire la course aux salaires les plus bas. Demain, on trouvera un journaliste roumain qui parle très bien français et qui acceptera de faire votre travail pour le SMIC et vous n'aurez plus d'emploi. L'intelligence artificielle va nous remplacer.

Donc, si on continue comme ça, on va être dans un pays où on va vivre des allocations sociales en regardant des étrangers travailler. Honnêtement, ce n'est pas l'avenir qu'on peut dessiner pour la France et ce n'est d'ailleurs pas non plus l'avenir qu'on peut dessiner pour un certain nombre de pays qui voient leur force vivre quitter le territoire pour venir en France. C'est bon pour personne.

17:55
Locuteur non identifié

Monsieur Jacobelli, une petite question sur la guerre en Ukraine. Vous suivez l'évolution du conflit. Il y a quelques jours, Marine Le Pen, quelques semaines, a accusé Emmanuel Macron d'irresponsable pour sa décision d'envoyer des missiles longues portées à l'Ukraine. Vous pensez toujours, vu la citation, que cet envoi de ce soutien militaire à l'Ukraine est irresponsable ? Vous savez,

18:12
Laurent Jacobelli

on a une responsabilité, c'est la paix. Et pour arriver à la paix, il faut éviter l'escalade. Et tous dons, ou ventes, mais pour l'instant, ce sont des dons d'armes qui pourraient servir non pas à se défendre mais à attaquer un autre pays, peuvent nous amener vers cette escalade. Et c'est ce que nous devons éviter. Marine Le Pen, vous le disiez, elle, elle demande une grande conférence de l'ONU pour aller vers la paix. Évidemment, il en va différemment d'un certain nombre de matériel de protection des Ukrainiens.

Mais lorsqu'on atteint des missiles à longue portée, le nom parle de lui-même, qui d'ailleurs vont faire défaut aux armées françaises, ceci dit, en passant, alors on change de voie et on s'approche et de la colobéligérance et de l'escalade et je crois que c'est une voie qu'il faut éviter et préférer la voie diplomatique.

18:57
Présentateur

Merci beaucoup, en tout cas, d'être venu exprimer tout cela sur le plateau de LCI ce vendredi matin. Laurent Jacobelli, député de Moselle et porte-parole du Rassemblement National. Je vous souhaite un bon été, monsieur. Vous aussi. Merci beaucoup.