Olivier Faure et le rassemblement d'une gauche aux européennes : "Est ce que c'est mort ? Je crois que non"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Nous recevons ce matin dans le grand entretien le premier secrétaire du parti socialiste. Vous pouvez dialoguer avec lui dans une dizaine de minutes. 01 45 24 7000, passé autrement par les réseaux sociaux et l'application France Inter. Bonjour Olivier Faure.
Bonjour à vous.
Le grand débat se poursuit, un millier de rencontres de tables rondes sont organisées en France dans les jours qui viennent. Ouverte depuis lundi, la participation en ligne est forte, 25 000 contributions à la date d'hier. Le président de la République est aujourd'hui dans la Drôme. Il y a aussi un autre débat, le vrai débat, comme l'intitule un certain nombre de gilets jaunes qui l'organisent ici et là en France, avec le même outil numérique que le gouvernement. Alors, juste quelques mots pour commencer. Ce grand débat national qui a été raillé, critiqué, condamné avant même d'avoir commencé, est-ce que tout cela vous semble, comment dire, sympathique ?
Ou est-ce qu'au contraire, vous diriez qu'on vit peut-être en ce moment quelque chose d'inédit, de l'ordre de la délibération collective, comme la France en connaît peu en dehors des élections et de la présidentielle ?
Alors d'abord, je n'ai jamais raillé le grand débat. Au contraire, je l'ai appelé de mes voeux dès avant même le 17 novembre, parce que je considère qu'il y a un moment de crispation, de crise dans notre pays, et qui suppose effectivement un grand débat. Maintenant, ce n'est ni sympathique, ni... Ce n'est pas qu'un gadget, c'est un vrai moment politique d'après vous ? En tout cas, ça peut le devenir. Les gilets jaunes, en faisant émerger une parole qui était une parole jusqu'ici tue, ont été une chance. En tout cas, ce mouvement peut déboucher sur une évolution positive. Et ce grand débat fait partie des évolutions qui sont pour l'instant positives.
Et moi, je souhaite qu'au contraire, plutôt que de se méfier, de considérer, de soupçonner, c'est possible que le président cherche en réalité à gagner du temps. C'est une possibilité que personne ne peut écarter. Mais moi, ce que je souhaite, c'est que les socialistes, mais plus largement les françaises et les français, soient par leur nombre, par l'importance qu'ils donnent à ce grand débat, dans une situation où, en réalité, le pouvoir ne puisse plus reculer face aux demandes qui sont exprimées. C'est ça, l'enjeu du moment. Parce que vous disiez à l'instant qu'il y a mille débats organisés.
Mille débats, c'est peut-être pas mal, mais enfin, c'est encore très peu par rapport au nombre de communes que nous connaissons. Bien sûr. Et donc, j'invite les socialistes, pour ce qui me concerne, à justement participer à ces débats, à les organiser, à faire en sorte que ce soit une réussite, et que demain, par la force de ce qui est développé dans ces réunions, eh bien, il y a une quasi-obligation pour le chef de l'État de répondre aux questions qui lui sont posées.
Vous redoutez qu'il y ait une évaporation d'une partie de ce débat au moment où il faudra rassembler la masse de données, la synthétiser, la transformer en, je ne sais pas quoi d'ailleurs, en projet de référendum, en texte de loi, je ne sais pas, mais vous craignez le moment de la restitution ?
Oui, c'est un moment, effectivement, que je crains et sur lequel je souhaite avoir des écartissements, parce que, pour l'instant, c'est le grand flou. Et c'est la raison pour laquelle j'appelle le gouvernement, le président de la République, à ce que cette conclusion ne soit pas tirée par le président seul, mais qu'il y ait une conférence sociale qui permette de, à partir de ce qui aura émergé dans ces débats, eh bien, d'en faire la synthèse, et ensuite de chercher à y répondre. Parce que les Françaises et les Français qui se déplacent dans ces réunions ne sont pas des experts. Ce qu'ils vont nous dire, vraisemblablement, c'est qu'ils souhaitent, par exemple, plus de justice fiscale.
Mais quels sont les outils de la justice fiscale ? Ils n'ont pas forcément les moyens d'y répondre. Et donc, il faudra que derrière, il y ait une conférence sociale qui permette de réintroduire dans la discussion les partenaires sociaux, faire en sorte que ceux qui ont été écartés depuis 20 mois de la discussion puissent à nouveau trouver leur place, et donc négocier, trouver des compromis, et pourquoi pas, ensuite, faire valider ces compromis par la voie référendaire.
Olivier Faure, les gilets jaunes, ils ont fait émerger le débat, et là, ils viennent d'annoncer une liste, gilets jaunes, aux européennes. Pour vous, le Parti Socialiste, c'est une bonne, une mauvaise nouvelle ?
Ce n'est ni une bonne, ni une mauvaise nouvelle. C'est une information que je prends avec vous. Et je préfère très largement des gilets jaunes qui se confrontent au suffrage universel plutôt que ceux qui appellent à des nuits jaunes et qui, en réalité, sont dans une dérive qui est une dérive dangereuse. Parce que ce qui était sympathique, ce qui était utile, ce qui était même prometteur avec les gilets jaunes, c'était d'avoir des gens qui faisaient apparaître sur la place publique une parole qui, jusqu'ici, était une parole négligée, méprisée. Et donc, ils ont permis de rendre visibles des expressions qui n'étaient pas jusqu'ici.
Mais quand on voit aujourd'hui Éric Drouet qui appelle à des nuits jaunes et qui sous-entend que ça peut être des nuits de violence, des nuits bleues, comme on disait autrefois pour la Corse, là, je suis plus qu'inquié. Je suis dans la réprobation totale, absolue, parce que ce qui a été l'intérêt de ce mouvement, c'est le soutien massif dont il a bénéficié. Et donc, à force d'être dans des formes nouvelles qui, en réalité, sont des formes dangereuses, eh bien, il se coupe d'une partie de celles et ceux qui l'ont soutenu. Et donc, là où il avait la possibilité de faire changer, de créer des rapports de force et de faire évoluer la politique gouvernementale...
Mais une liste européenne, c'est quand même un point de sortie démocratique que vous saluez, j'imagine, et qui n'est pas contestable. Ils appellent aussi un certain nombre de gilets jaunes à la grève générale, en se mettant dans la roue d'une journée de mobilisation de la CGT lundi. Olivier Besancenot a dit oui, il faut aller à la grève générale. Jean-Luc Mélenchon suit. Et vous ?
Non, moi, je ne suis pas pour la grève générale. Dans un moment où, précisément, nous avons la possibilité d'avoir un débat. et donc, moi, je préférerais qu'au contraire, nous investissions totalement ce débat, que nous en fassions un grand, vrai débat national et qu'ensuite, nous en tirions les conclusions. Si, à l'issue de ce grand débat, il ne se passait rien, si le président de la République nous disait au fond, je vous ai écouté, mais tout ça ne m'intéresse pas et je continue à faire ce que j'ai fait depuis 20 mois. Là, la question pourrait se poser. Là, c'est prématuré.
C'est totalement prématuré et ça n'a pas lieu d'être parce qu'il me semble que, dans un moment où le gouvernement fait preuve pour la première fois de sa volonté d'écouter, peut-être même d'entendre, eh bien, il faut en profiter, utiliser ce moment pour avancer.
Sur cette liste gilet jaune aux européennes, elle était créditée, une liste gilet jaune, avant même son annonce, de 13% d'intention de vote. Il semble que les gilets jaunes aient déjà gagné cette bataille de l'efficacité, les intentions de vote. Vous, vous êtes à 4%. Ils ont obtenu 10...
Ça dépend des sondages, mais enfin, effectivement, ça dépend des sondages.
Oui, vous êtes très bas. 10 milliards, c'est ce qu'ils ont obtenu en un mois puisqu'ils ont démarré le 17 novembre. Que reste-t-il à défendre aux partis politiques, aux partis d'opposition ?
Écoutez, je... C'est une question, effectivement, qui est troublante parce qu'on a là un mouvement qui est émergent et en quelques semaines qui arrive à dépasser qui serait la troisième force politique dans ce pays. C'est dire à quel point nous avons nous-mêmes été mal compris ou peut-être trop compris parfois et donc nous sommes dans une situation aujourd'hui où nous devons reconquérir les esprits et les cœurs parce que les gilets jaunes, c'est au fond le négatif ou le positif, comme vous voudrez, de ce que les partis politiques traditionnels n'ont pas réussi à faire entendre dans ce moment. et donc ils sont au fond le révélateur de nos propres insuffisances.
Et donc ça doit nous interpeller parce que nous devons être dans, justement, et dans le grand débat, être de ceux qui apportent des réponses parce que pour l'instant les gilets jaunes ont apporté des questions et le rôle des partis politiques, ça n'est pas ni de les supplanter ni de chercher à les récupérer, mais c'est d'apporter des réponses aux questions qui sont posées.
Et c'est à ce moment-là que nous devrons être jugés et ce que j'espère, c'est qu'au fur et à mesure que le temps va passer, il y aura moins de voix pour les gilets jaunes et plus de voix pour les partis traditionnels qui auront d'ici là, je l'espère, en tout cas pour la gauche, apporté des réponses aux inquiétudes qui sont celles des Français.
La gauche et les élections européennes, on y vient Olivier Faure, est-ce que le projet d'union des gauches, des partis de gauche pour ces européennes, est-ce que ce projet-là est aujourd'hui mort, totalement mort, ou est-ce qu'il y a encore un espoir que toutes les petites fractions de la gauche puissent se parler et faire liste commune ?
On en est où aujourd'hui ? Mais comme vous venez de le dire, vous venez de parler de petites fractions de la gauche. Eh bien, c'est le drame que l'aide de la gauche aujourd'hui. Que se passera-t-il le 26 mai si nous continuons chacun à penser que nous sommes répulsifs les uns pour les autres ? Le résultat, il est simple. On aura une République en marche qui sera plus que jamais en majesté et nous aurons une extrême droite qui sera considérée comme la seule alternative possible et crédible par les Français et une gauche atomisée. Si c'est ce que nous voulons, nous devons continuer comme nous le faisons.
Si au contraire, nous avons conscience du rôle historique qui devrait être le nôtre et donc d'arriver à incarner une espérance qui puisse être une alternative au pouvoir actuel, alors il n'y a pas d'autre choix possible que le rassemblement. Pour répondre plus directement à votre question, est-ce que c'est mort ? Moi, je crois que non. Je crois que...
Il y a encore un espoir en dépit du nom de Yannick Jadot et du il n'en est pas question de Benoît Hamon.
Écoutez, moi, je pense que la raison peut toujours l'emporter. C'est ce qui fait mon adhésion y compris profonde à la gauche, c'est que je crois au pouvoir de la raison. Et je rencontre... Il faudra les pouvoirs de l'esprit, là, aussi. Oui, enfin, je rencontre ces jours derniers, j'ai rencontré ces jours derniers un certain nombre de formations politiques moins importantes, mais j'ai vu les radicaux de gauche, j'ai vu le MRC, j'ai vu le Parti Populaire Martiniquais, j'ai vu l'UDE, les écologiques de l'UDE, j'ai vu 421. Est-ce que Yannick Jadot et Benoît Hamon,
vous leur avez parlé directement ?
J'ai parlé avec Benoît, je n'ai pas parlé avec Yannick, qui ne souhaite pas pour l'instant entretenir de discussion avec qui que ce soit, mais... Pourquoi ? C'est idéologique,
c'est politique, selon vous ? Idéologique, politique, égotique, narcissique, c'est quoi le sujet du refus
de dialoguer ? Puisque vous l'aurez compris, je suis pour le rassemblement, je ne vais pas chercher à qualifier de cette façon celles et ceux qui aujourd'hui se refusent à cet échange. Mais effectivement, le problème d'aujourd'hui, c'est que nous avons finalement, nous vivons sur des queues de comètes avec des gens qui continuent à se comporter comme nous nous comportions les uns et les autres quand nous étions ensemble à 30% ou à plus que ça encore. Et donc, nous avons des comportements qui sont des comportements incompréhensibles. Quelle sera la victoire de Yannick Jadot si demain, il fait 7 ou 8 et que d'autres font 5 ou 6 ou moins encore ? Quelle sera sa victoire ?
Quel est l'intérêt quand l'urgence qu'il rappelle lui-même en permanence, quand l'urgence, c'est la montée des populismes, quand c'est ce qu'on mange dans notre assiette, c'est la question du glyphosate, c'est la question des pesticides, c'est toutes ces questions qui doivent être traitées notamment au niveau européen, quand l'urgence, elle est là, quel est l'intérêt de savoir qu'on fait un point de plus que le voisin ?
Mais ça, c'est du calcul, Olivier Faure.
Mais ce n'est pas du calcul, je viens de vous parler de l'assiette des Françaises et des Français. C'est comment est-ce qu'on fait aujourd'hui avancer les causes auxquelles on croit, des causes qui nous sont communes. Mais sur le fond,
sur la vision de l'Europe, Yannick Jadot, il ne vous trouve pas sévère. Benoît Hamon, il trouve le PS trop libéral. Finalement, vouloir survivre, est-ce que ça fait une alliance sur le fond, sur ce qu'on souhaite, être ensemble d'accord, survivre d'accord, mais pourquoi faire ?
Mais il ne s'agit pas, moi je ne vous ai pas parlé une seule seconde de mon propre parti. Parce que la question, ce n'est pas la survie d'un parti politique, c'est la survie, en réalité, de la gauche elle-même. On pourrait très bien avoir un pays où l'alternance se fait entre des démocrates à l'américaine et des populistes à l'américaine aussi, entre, d'une certaine façon, entre, une Hillary Clinton et un Donald Trump. Mais vous n'avez pas la même vision de l'Europe ? Mais je vous demande vraiment de m'expliquer en quoi nous avons une vision différente.
Nous avons au Parlement européen à la fois, les amis de Benoît Hamon, les amis d'Alice Jadot, voté ensemble pendant toute la législature, les mêmes amendements, nous avons porté les mêmes combats et nous avons à chaque fois été sur la même grande ronde. Qui aujourd'hui s'occupe du glyphosate à Bruxelles et à Strasbourg ? Est-ce que vous pensez que c'est uniquement les écologistes, le président de la commission d'enquête sur ce sujet s'appelle Eric Andrieux ? Il est socialiste. Il est celui qui aujourd'hui se bat contre les lobbies sur cette question. Qui s'est battu contre la pêche électrique ? Si ce n'est les écologistes, les socialistes réunis.
Les amis de Benoît Hamon, ils sont dans le même groupe parlementaire au Parlement européen que mes propres amis. Tout ça est incroyable.
Yannick Jadot dit nous on est écolos, on défend les écolos, on siège avec les écolos. Le reste de la gauche on ne sait pas. Où pourriez-vous siéger socialiste ? Est-ce que vous pouvez siéger dans le groupe socialiste européen ? Ça c'est la destination naturelle. Ou est-ce que vous pourriez le faire avec les écologistes européens ?
Moi ce que je souhaite c'est qu'il y ait quand on cherche à converger il ne s'agit pas de gommer les différences. Si vous me demandez si nous sommes exactement la même chose que Benoît Hamon ou Yannick Jadot je vais vous répondre que non. La preuve, nous ne sommes pas dans le même parti. En revanche, nous avons des combats communs sur lesquels nous pouvons nous retrouver.
Et donc moi je souhaite qu'il y ait à la fois respect de l'identité de chacun mais qu'en même temps sur ces combats communs nous puissions monter un intergroupe qui permette de nous retrouver et de porter ces combats communs au Parlement européen et ensuite d'ailleurs d'être contagieux avec tous les autres groupes parlementaires et faire en sorte qu'il y ait dans ce nouveau Parlement européen aussi une façon de reconstituer une gauche européenne digne de ce nom qui ait envie de porter les combats auxquels nous croyons.
Et pour ce qui concerne Benoît Hamon il propose aux forces de gauche de s'unir derrière la candidature Yanis Varoufakis à la présidence de la commission en disant bon ben voilà ça c'est quelque chose sur lequel on pourrait se retrouver est-ce que vous dites chiche, banco
allons-y, pourquoi pas ?
Moi ce que je dis à Benoît Hamon et à tous les autres c'est que arrêtons de chercher des raisons de ne pas nous retrouver et donc moi je vais répondre très simplement à la question qui est posée moi je voterai à la présidence pour la présidence de la commission pour celui ou celle qui permettra de rassembler l'ensemble de la gauche sur des combats clairs et communs voilà c'est simple est-ce que c'est Yannick Varoufakis est-ce que c'est un autre nous verrons bien mais la question première c'est d'abord de trouver une majorité parce que à force de se diviser il n'y a surtout pas de majorité et la question qui est posée elle ne sera jamais convoquée en réalité parce que nous n'aurons jamais l'occasion de voter pour Varoufakis ou pour un autre
c'est la défaite en chantant là donc
et bien pour l'instant c'est la défaite en chantant et c'est en réalité nous faisons aujourd'hui par nos divisions la campagne d'Emmanuel Macron et celle de Marine Le Pen
on est au standard avec André bonjour et bienvenue
bonjour monsieur Morand merci de me donner la parole bonjour monsieur Fort
bonjour
voilà je me revendique de gauche et je m'interroge comme beaucoup d'ex-socialistes en déshérence pour ne pas dire en désespérance pourquoi ne pas constituer une liste pour les européennes avec madame royale monsieur Jadot monsieur Hamon si vous vous présentez séparément je pense vous ne risquez pas d'être élu et une fois élu rien ne vous empêchera de faire valoir vos divergences à mon sens aucun de vous n'est répulsif comme vous disiez tout à l'heure vos idéologies ne sont pas si éloignées les unes des autres alors excusez-moi mais vos comportements sont perçus comme égotistes
merci André vous sentez excusez l'expression orpheline d'un débouché politique
tout à fait tout à fait tout à fait et je ne suis pas la seule merci parce que quand j'entends les quatre personnes que je viens de nommer j'adhère à tout ce qu'ils disent donc même s'il y a des divergences pourquoi bon l'essentiel c'est d'être élu et d'être donc au parlement européen voilà merci André et s'ils se présentent séparément ils ne risquent pas de l'être
merci André Olivier fort vous répond je vais simplement vous dire madame à quel point je suis d'accord avec vous et que moi aussi je suis orphelin d'une gauche qui se penserait non pas par clan mais qui se penserait comme un ensemble et l'évidence c'est que la gauche ça n'a jamais été une affaire simple il y a toujours eu des sensibilités différentes et il y a même eu des moments où nous avons su unir des gens qui avaient des divergences bien plus profondes quand on y repense nous avons fait l'union de la gauche dans les années 70 à un moment où nous avions pour partenaire le parti communiste qui encore répondait au téléphone au pouvoir soviétique et donc nous avons malgré tout réussi à dépasser ces divergences pour diriger ce pays et ça a été de belles victoires et de grandes avancées sociales donc moi je souhaite que nous fassions de même aujourd'hui
si cette union n'est pas possible si vous vous rendez compte que bon on n'y arrivera pas est-ce qu'il est possible pour le parti socialiste de renoncer à aller aux européennes
non moi je ne renoncerai pas au combat sur une question aussi essentielle que le combat européen il y aura une liste absolument il y aura de toute façon de toute façon et j'ai même dit que dans ces cas là je me portais candidat parce que je souhaite dans ces cas là mener ce combat jusqu'au bout et faire en sorte que les idées auxquelles je crois auxquelles nous croyons soient portées dans cette élection mais je ne me résous pas du tout à l'idée de ne pas avoir de rassemblement je travaille encore ce matin quand je vous quitterai je partirai rejoindre le mouvement place publique avec Raphaël Glucksmann Claire Nouvian et Thomas Porcher qui eux-mêmes ne se connaissaient pas il y a quelques mois et ont décidé de créer un mouvement qui permette dont l'ADN est au fond de vouloir rassembler la gauche sur ce qu'elle a de commun mission impossible et bien c'est une mission que l'on croit impossible mais ça n'a jamais été simple encore une fois de rassembler la gauche
mais ça pourrait être une liste place publique ou une liste PS en tant que telle pourquoi nous dites-vous que vous allez les retrouver en sortant de ce studio ?
parce que nous continuons avec les formations politiques qui cherchent cette union nous continuons à chercher à travailler sur ces combats communs nous sommes en train d'y parvenir sur la question démocratique sur la question sociale sur la question environnementale nous sommes à la veille de trouver les 10-15 points communs qui permettent de travailler ensemble sur une initiative européenne et il y a autour de cette table des écologistes des personnalités Noël Mamère est là chaque semaine il y a les gens de Cap 21 autour de Corine Lepage il y a les gens de l'UDE qui sont aussi les écologistes qui sont un bout d'Europe Ecologie Les Verts il y a Diem 25 les amis de Varoufakis il y a un certain nombre de personnalités qui sont là et qui aujourd'hui les radicaux de gauche qui souhaitent avancer sur cette union Marie-Ève est au standard
d'Inter bonjour et bienvenue
bonjour M. Lemerand et bonjour M. Fort bonjour en fait je n'ai pas une question à poser moi je suis gilet jaune dans le GERF et j'ai entendu M. Fort dire que les gilets jaunes ont posé des questions et je ne suis pas d'accord avec ça on n'a pas posé de questions on a posé des revendications mais en disant cela ça permet de réintroduire les experts je mets des guillemets à experts des gens qui sont finalement qui vont se permettre de parler à nouveau en notre nom comme ça se fait depuis des années ensuite je voulais quand même remarquer que M.
Fort est dirigeant d'un parti qui se dit de gauche mais qui a appliqué une politique de droite pendant des dizaines d'années et qui est responsable de la situation actuelle
merci merci Marie-Ève pour cette question juste permettez-moi de vous en adresser une êtes-vous heureuse satisfaite optimiste à l'idée de voir une liste gilet jaune déjà déclarée pour l'élection européenne
moi j'ai pas réellement d'opinion là-dessus justement je découvre un peu les choses comme vous a priori j'étais pas pour une revendication pour une comment on appelle ça des représentants gilets jaunes je pense qu'on a pas besoin de représentants nos revendications sont affichées dans tous les points de blocage et dans toutes les manifestations
merci beaucoup Olivier Faure vous répond oui vous avez raison il n'y a pas seulement des questions qui sont posées il y a aussi des revendications qui sont posées par les gilets jaunes mais vous reconnaîtrez avec moi aussi que d'un rond point à l'autre il y a des revendications qui sont parfois contradictoires et puis elles sont très nombreuses et moi je suis en dialogue permanent avec les gilets jaunes dans mon propre département et eux-mêmes viennent parfois me voir en me demandant ce qu'il est possible de faire ou pas parce que c'est vrai que vous avez raison de dire qu'on ne peut pas capter avec les experts la parole des françaises et des français mais je ne suis pas d'accord non plus pour qu'on dise que nous n'avons plus besoin d'experts il n'est pas possible de poser sur une table toutes les revendications et de dire maintenant c'est comme ça il y a aussi un moment où il faut discuter sur ce qu'il est possible de faire ce qu'il n'est pas possible de faire comment dans le temps on met en place un certain nombre de choses comment est-ce que ça se passe sous le contrôle des français ça oui vous avez entièrement raison en revanche on ne peut pas d'un seul coup considérer que le seul fait de parler sur les ronds-points dans les réunions du grand débat etc.
suffise à traiter toutes les questions il faut bien sûr continuer à avoir ce dialogue le plus productif possible entre des gens qui ont une expertise et puis des françaises et des français qui ont raison de poser des revendications d'y tenir et de faire avancer de faire bouger les lignes
Olivier Faure une question sur la loi anti-casseur à l'assemblée l'examen en commission a démarré hier elle devrait être profondément retravaillée par les députés détricotée même y compris par les députés la république en marche est-ce que cette loi même réécrite entourée de garde-fous vous semble avoir un objet ou est-ce qu'elle est tout simplement inutile ?
bon tout ça relève d'une gigantesque improvisation en réalité ce texte est un texte de la droite sénatoriale qui a été discuté il y a quelques semaines et à l'époque le même gouvernement la même majorité l'a rejeté en expliquant que c'était un texte qui n'était ni fait ni à faire quelques semaines plus tard on a un coup de barre à droite du gouvernement qui reprend ce texte et qui finalement lui trouve toutes les vertus évidemment c'était difficile à accepter par des parlementaires de la république en marche qui ne comprenaient pas qu'on leur fasse dire tout et son contraire
qui du coup se réveillent
et réécrivent réveillent utiles et que je salue mais donc la question maintenant c'est qu'on ne sait plus ce qu'il y a dans ce texte si la vocation de ce texte est de dire qu'il faut faire attention et il faut protéger y compris les manifestants de ceux qui viennent pour casser ça je suis d'accord et je suis même partisan de tout faire pour que il n'y ait pas des gens qui viennent polluer qui viennent salir des manifestations qui sont elles pacifiques ça c'est d'accord en revanche si c'est pour diminuer les libertés publiques et le faire sans l'intervention du juge judiciaire qui le garante ces libertés alors je suis totalement hostile
et les caméras piétons pour les policiers lanceurs qui peuvent avoir des flashballs ça c'est une bonne ou une mauvaise idée ?
c'est une idée que nous avions nous-mêmes lancée absolument il y a 20 mois c'est une bonne idée simplement elle est aujourd'hui trop limitée parce qu'il n'y a pas cette caméra et j'ai noté aussi qu'en fait on considérait que c'était une obligation pour ceux qui lançaient en situation normale en revanche dès lors qu'il y avait une situation de chaos l'obligation n'était plus faite aux policiers de se filmer donc on voit bien qu'il y a tellement de trous dans la passoire qu'on va vers des contestations à l'infini et donc je préférerais qu'enfin on écoute on a créé des instituts enfin des autorités indépendantes dont le défenseur des droits qui lui-même a fait valoir le fait que nous étions une exception en Europe en utilisant des armes non létales qui sont parfois très dangereuses puisqu'il y a aujourd'hui une centaine de personnes qui ont été blessées gravement avec l'usage de ces armes et bien je pense que nous avons besoin nous aujourd'hui de repenser notre façon de maintenir l'ordre aller par exemple vers ce que font les allemands à chercher la désescalade plutôt que au contraire la surenchère
Olivier Faure premier secrétaire du parti socialiste merci merci à vous d'avoir été au micro de France Inter merci à vous
Olivier Faure