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Discours / meetingMathilde Panot· 18 décembre 2025 5 minAutoproduitFond programmatiqueSantéJusticeInstitutions & élections

L’Assemblée dit merci aux « sales connes ! »

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:00Invité politiqueChiffre
    « Entre 1870 et 1975, 11660 personnes ont été condamnées pour avoir pratiqué ou eu recours à un avortement. »
  • 0:41Invité politiqueFait
    « Il y a moins de 2 ans, nous arrachions la constitutionnalisation du droit à l'avortement. »
  • 1:24Invité politiqueFait
    « Les féministes de toute l'Europe ont fait entrer au Parlement une revendication historique : garantir l'accès à l'avortement sûr et universel partout en Europe. »
  • 4:09Invité politiqueChiffre
    « 8 femmes sur 10 connaissent toujours un frein à l'avortement en France. »
  • 4:09Invité politiqueChiffre
    « Plus d'une femme sur deux déclare avoir attendu plus de 7 jours pour obtenir un rendez-vous contre 5 jours recommandés par l'Organisation mondiale de la santé. »

Temps de parole

  • Mathilde Panot100 %

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Mathilde Panot

Présidente, ministres, collègues, aujourd'hui, nous rendons leur dignité aux femmes criminalisées pour avoir exercé ce qui est aujourd'hui reconnu comme un droit fondamental. Le droit de pouvoir disposer de son corps, le droit de pouvoir choisir d'avoir ou non un enfant. Entre 1870 et 1975, 11660 personnes ont été condamnées pour avoir pratiqué ou eu recours à un avortement. Avant d'être reconnu comme des militantes, beaucoup ont été traités comme des criminels. Celles qui ont ouvert la voie à ce droit humain ont été hier humilié, traqué, emprisonné. Reconnaître aujourd'hui le préjudice qu'elles ont subi, c'est rendre justice à cette histoire collective.

C'est dire que les militantes féministes ne sont ni des salones, ni des menaces pour la République. Elles en sont une force motrice. Il y a moins de 2 ans, nous arrachions la constitutionnalisation du droit à l'avortement. Une victoire associative, une victoire militante, une victoire insoumise puisque j'ai eu l'honneur de porter cette proposition de loi et de la faire voter pour mon groupe dans le cadre de la niche parlementaire.

Une victoire parlementaire, une victoire comme une promesse à nos enfants, petits-enfants et arrière petits-enfants, qu'elles n'auront pas moins de droits que nous, que les générations futures n'auront jamais à ingurgiter de l'eau oxygénée, du détergent, ni à s'introduire dans l'utérus une aiguille à tricoter dans des arrières-cuisines, entraînant parfois leur mort. Hier, le Parlement européen a adopté, malgré l'obstruction indigne de la droite et de l'extrême droite, l'initiative citoyenne européenne m'avoie mon choix. Les féministes de toute l'Europe ont fait entrer au Parlement une revendication historique garantir l'accès à l'avortement sûr et universel partout en Europe.

Ces victoires doivent d'abord nous rappeler que le droit à l'avortement reste un champ de bataille permanent. Rappelons au Rassemblement national que cette criminalisation est l'œuvre de ceux dont ils héritent. du régime de Vichi qui condamna 5000 femmes pour avortement devenu un crime contre la sûreté de l'État, passible de peine de mort comme corolaire de sa politique nataliste.

Rappelons qu'aujourd'hui encore dans les rangs du Rassemblement national, aujourd'hui étrangement vide, siège toujours Pelmel lor la valette qui a écrit vouloir abroger le droit à l'avortement Hervé de l'Épinot qui compare l'avortement à 14 semaines au génocides arménien et rwandais, à la choa au crime de Daesh ou encore Christophe B jamais en reste pour qui l'avortement est un génocide de masse. Hier encore, votre groupe au Parlement européen s'est opposé ou abstenu sur l'initiative Ma voix, mon choix.

Et partout, vos alliés dans le monde attaquent les droits des femmes à être les sujets de leur vie, à être libre de choisir de Trump qui a abrogé le droit constitutionnel à l'avortement et a même supprimé pour les hôpitaux l'obligation de pratiquer un avortement lorsque la vie de la femme est en danger. À Orban, premier ministre hongroit d'extrême droite qui impose aux femmes d'écouter le cœur du fétus.

lorsqu'elle souhaite mettre fin à une grossesse en passant par Mélonie en Italie qui laisse les associations antidroits entrer dans les centres de planification familial, ces mêmes associations qui organisent d'abjectes cimetières de fétus avec des croix portant le nom des femmes qui ont avorté. L'extrême droite restera à jamais l'ennemi des droits des femmes et nous vous combattons toujours. Je regrette dans cette proposition de loi qu'il y ait certes reconnaissance du préjudice subi pour ces femmes condamnées, mais ni indemnisation ni réparation.

Au-delà du travail de mémoire, madame la ministre, il faut poser des actes et regarder en face ce qui continue de mettre en danger les droits sexuels et reproductif aujourd'hui dans notre pays. Les coupes budgétaires qui sont responsables de la fermeture de 130 trivégés en 15 ans forcent nombre de femmes à changer de département pour exercer leurs droits à disposer de leur corps. Ces coupes budgétaires toujours qui accablent notamment le planning familial dans sa mission d'accueil, de prévention, d'accompagnement. l'aberration d'une double clause de conscience toujours pas abolie.

Le non respect de la loi sur l'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle pour lequel l'État a été condamné suite à une action du planning familial de SOS homophobie et dossi d'action. Le silence de la France et du gouvernement malgré ses grandes déclarations sur la diplomatie féministe, quand 10 millions de dollars de contraceptifs États-uniens sont détruits en Europe, 8 femmes sur 10 connaissent toujours un frein à l'avortement en France. Plus d'une femme sur deux déclare avoir attendu plus de 7 jours pour obtenir un rendez-vous contre 5 jours recommandés par l'Organisation mondiale de la santé.

Le combat féministe, cette lutte multimillénnaire pour l'émancipation continue plus que jamais. Je termine en pensant à ces femmes qui ne sont pas mentionnées dans ce texte mais méritent pourtant d'obtenir réparation. Car alors que l'État a refusé aux femmes en France hexagonale de disposer de leur corps, des milliers de femmes ont elles été stérilisées et avorté de force dans les années 60-70 sur l'île de la Réunion au nom d'une politique coloniale et raciste. Nous leur rendons hommage. L'histoire que nous reconnaissons aujourd'hui doit nous rappeler ce que nous risquons de perdre demain si nous baissons la garde. Merci madame la députée.