Fabrice Leggeri : "Le RN veut reprendre le contrôle migratoire !" (France Info)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:16OuverteRéponse directe
Est-ce qu'entre la négociation ou la guerre, vous choisissez quoi ?
- 0:48RelanceRéponse partielle
Donc opposée à une intervention militaire ?
- 1:20RelanceRéponse directe
Donc mieux vaut un accord quasi de démilitarisation de l'Iran, même si ce régime reste en place ?
- 1:43OuverteRéponse directe
La riposte est venue du côté Iran, ce sont également des terroristes, l'armée européenne, de quoi trembler ou pas ?
- 2:37OuverteRéponse partielle
Les vidéos de la mort d'Alex Préti, tuée à bout portant à Minneapolis par des agents fédéraux de l'Aïs, ont fait le tour du monde. Est-ce que ces images vous ont choquées ?
- 2:54FerméeÉludée
Il faut des sanctions contre ces policiers ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:22Invité politiqueFait
« nous choisissons d'abord la liberté pour le peuple iranien »
- 0:31Invité politiqueFait
« Nous avons vu la répression sanglante qui a été la réponse de Téhéran »
- 2:51Invité politiqueFait
« on doit toujours appliquer les politiques de lutte contre l'immigration dans le respect de la dignité des personnes »
- 3:04Invité politiqueFait
« normalement on n'a pas à abattre des personnes au moment où on veut les interpeller pour pratiquer l'équivalent d'une OQTF »
- 3:20Invité politiquePromesse
« il faut réprimer l'immigration illégale. Ça passe d'abord par le contrôle strict aux frontières »
- 3:51Invité politiqueFait
« une formation trop courte, enfin un mois et demi de formation, ça n'est pas suffisant »
- 4:03Invité politiqueFait
« lorsque j'ai eu à mettre en place le corps européen de garde-frontière et de garde-côte, nous avions prévu une formation pratique d'au moins 6 mois »
- 7:03Invité politiqueFait
« l'Union européenne continue dans le déni et dans son erreur, en maintenant les dispositions du pacte asile-immigration »
- 7:27Invité politiqueFait
« il ne faut pas régulariser et donc donner un caractère légitime à quelque chose qui commence, ne l'oublions pas, par l'exploitation de la misère humaine, par des trafiquants d'êtres humains »
- 8:10Invité politiqueChiffre
« la répartition de ces migrants est obligatoire entre les États membres, sauf si un État paie 20 000 euros par migrant qui est refusé »
- 11:22PrésentateurChiffre
« 384 000 premiers titres de séjour accordés en 2025 à des étrangers hors Union européenne. C'est 11% de plus qu'en 2024 »
- 11:36PrésentateurChiffre
« 65% réfugiés afghans, 18 000, 14 000 ukrainiens en plus »
- 12:06Invité politiqueChiffre
« Les demandeurs d'asile sont à 50% ensuite déboutés »
- 17:25InvitéChiffre
« Le nombre d'homicides, 976 victimes d'homicides en France en 2025, c'est-à-dire plus 1% par an depuis 2016 »
- 17:30InvitéChiffre
« 4 290 tentatives d'homicides, plus 8% par an depuis 2016 »
- 17:33InvitéChiffre
« 450 000 à peu près violences physiques, plus 6% depuis 2016 »
- 20:18Invité politiquePromesse
« nous ferons passer, nous proposerons une loi qui vaut présomption de légitime défense des policiers lorsqu'ils font usage de leur arme »
- 24:24Invité politiqueChiffre
« les idées portées par le Rassemblement national recueillent un avis positif pour le premier tour de l'élection présidentielle par plus de 35% des Français »
Temps de parole
- Fabrice Leggeri62 %
- Présentateur24 %
- Invité14 %
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Bonsoir Fabrice Légeri, merci d'être là député européen Rassemblement National, ancien patron de Frontex, on va parler immigration dans un instant, sécurité, beaucoup de chiffres publiés cette semaine sur la France en particulier, municipale, présidentielle, vous voulez commencer quand même par l'Iran, c'est l'actualité, est-ce qu'entre la négociation ou la guerre, vous choisissez quoi ?
Écoutez, nous choisissons d'abord la liberté pour le peuple iranien, et donc nous saluons l'aspiration du peuple iranien à se défaire du régime des Mola. Nous avons vu la répression sanglante qui a été la réponse de Téhéran, mais nous sommes évidemment très mesurés par rapport à l'usage de la force qui pourrait être envisagée par les Etats-Unis, parce que nous savons que ça pourrait aussi provoquer dans la région une déstabilité.
Donc opposée à une intervention militaire ?
Nous sommes mesurés par rapport à cela.
C'est-à-dire ?
Nous sommes mesurés, c'est-à-dire que nous voyons les conséquences par rapport à tout l'environnement régional, que ce soit des voisins directs comme les Émirats Arabes Unis, qui sont un pays ami de la France, l'Israël également, qui est à portée de missiles iraniens, et je me trouvais dans la région il y a encore quelques jours.
Oui, vous revenez d'Israël.
Et donc nous, voilà, en tout cas au Rassemblement national, nous avons parmi les gouvernements de la région...
Donc mieux vaut un accord quasi de démilitarisation de l'Iran, même si ce régime, qui a fait plus de 30 000 morts, selon les ONG, reste en place ?
Si un accord est trouvé pour endiguer les volontés des Molahs d'accéder à la bombe atomique, et également si la liberté du peuple iranien peut progresser, ce sera bien.
D'un mot, vous avez vu qu'après la décision des 27 de classer les gardiens de la Révolution en organisation terroriste, la riposte est venue du côté Iran, ce sont également des terroristes, l'armée européenne, de quoi trembler ou pas ?
Non, nous savons que les gardiens de la Révolution sont une organisation terroriste, nous savons que l'Iran, en tant que gouvernement, en tant que république islamique, financent le terrorisme tout d'abord dans la région, le Hezbollah, le Hamas, et également en Europe et en Occident de manière générale, par des formes violentes, mais aussi par des formes plus insidieuses, qui tendent à faire avancer des idées pro-islamistes, et donc tout cela doit être combattu.
On verra quels sont les effets de ce classement très concrètement par l'Europe. On va parler immigration, mais on voulait commencer par la police de Donald Trump, les vidéos de la mort d'Alex Préti, tuée à bout portant à Minneapolis par des agents fédéraux de l'Aïs, ont fait le tour du monde. Est-ce que ces images vous ont choquées ?
Elles sont choquantes parce qu'on doit toujours appliquer les politiques de lutte contre l'immigration dans le respect de la dignité des personnes.
Il faut des sanctions contre ces policiers ?
Je ne connais pas les règles qui ont été utilisées, je constate néanmoins que normalement on n'a pas à abattre des personnes au moment où on veut les interpeller pour pratiquer l'équivalent d'une OQTF.
Vous condamnez ces policiers ? Ou vous condamnez l'Aïs en tant que telle, ces méthodes ?
Je crois qu'il est important d'avoir une politique d'immigration ferme, c'est-à-dire qu'il faut réprimer l'immigration illégale. Ça passe d'abord par le contrôle strict aux frontières, et ça passe également par l'application des expulsions légales lorsqu'elles sont décidées.
Mais sur la cette police en particulier, qui est très spécifique, on a vu les moyens de détection par les reconnaissances faciales, les 50 000 dollars de recrutement, des formations ultra courtes d'un mois et demi, des arrestations d'enfants, cette police de l'Aïs est-elle condamnable ?
La formation, vous le dites effectivement, une formation trop courte, enfin un mois et demi de formation, ça n'est pas suffisant. Moi ce que je peux vous dire, c'est que par rapport à mon expérience professionnelle, lorsque j'ai eu à mettre en place le corps européen de garde-frontière et de garde-côte, nous avions prévu une formation pratique d'au moins 6 mois, ce qui incluait la bonne connaissance des réglementations appliquées, ce qui également...
Donc ces pratiques de l'Aïs sont acceptables ou pas ? Pour vous, oui ou non ?
Nous avons en France la police aux frontières qui est professionnelle, et nous n'aurions pas besoin d'importer... Vous n'allez pas répondre ? Non, nous n'aurions pas besoin d'importer ces méthodes, parce que nous avons une police qui est professionnelle, qui est formée, et pour peu qu'on lui donne les moyens de travailler en France, nous n'aurions pas ce genre de drame. Il y a eu à Minneapolis deux exécutions, deux bavures, en l'espace de quelques jours dans la même ville. Manifestement, il y a quelque chose qui n'est pas normal.
Vous avez dirigé Frontex, l'agence de protection des frontières extérieures de l'espace Schengen, je crois que c'est important de le rappeler, c'est une force essentielle dans la mise en œuvre des... On en reparlera des différents règlements ou directives communautaires sur l'immigration. Quand vous regardez quand même ces images de l'Aïs, là on parle d'opérationnel, on parle d'intervention, on voit ces hommes masqués, on voit le type d'équipement. Qu'est-ce qui vous choque ou qu'est-ce qui vous interpelle ?
Si vous voulez, ça ne ressemble pas à une opération de police régulière, j'allais dire une opération de police républicaine dans le cas de la France. Et donc il y a une réflexion à avoir. Du reste, cette police de l'immigration ICE me semble entrer un peu en concurrence avec l'administration, enfin la police fédérale classique, mais il y a aussi à s'interroger sur les liens avec la police de l'État. Dans certains États d'ailleurs, les policistes ont arrêté des agents de l'Aïs. Voilà, donc il y a aussi, dans le contexte fédéral des États-Unis, à s'interroger sur l'articulation opérationnelle entre cette ICE et la police locale.
Une telle police anti-immigration est impossible en France, si vous êtes élue en 2027 ?
Oui, nous sommes pour utiliser évidemment la police aux frontières, qui est une police spécialisée, qui est une police républicaine, elle fait partie de la police nationale, elle est spécialisée dans les questions d'immigration, elle est spécialisée dans le contrôle des frontières, elle est spécialisée dans les expulsions, elle est spécialisée, et donc là également, tout le professionnalisme et le respect de la dignité humaine.
Alors on va parler justement de l'immigration en Europe avec Richard Verdi.
Oui, alors il y a, il faut le savoir, deux grands règlements, deux grands textes communautaires européens. Il y a eu le pacte asile-immigration, vous l'avez dénoncé, votre parti en a dénoncé les insuffisances, il est supposé entrer en vigueur d'ici, en gros, la mi-2026. Et il y a maintenant un règlement retour, qui a été tout à fait durci par les États membres d'ailleurs. Le 8 décembre, c'était les États membres qui l'ont adopté. Le Parlement européen où vous siégez va en discuter au mois de mars.
Alors quand vous regardez l'ensemble de ces législations européennes, pacte asile-immigration, directive retour, est-ce que vous dites quand même l'Union européenne, et sur la bonne foi, elle commence à prendre conscience du défi migratoire ?
Alors, l'Union européenne continue dans le déni et dans son erreur, en maintenant les dispositions du pacte asile-immigration. Donc celui-là, vous le rejetez toujours ? Nous le rejetons, nous rejetons en particulier les dispositions qui forcent les États de l'Union européenne à accepter des demandeurs d'asile qui sont entrés illégalement, et ensuite sont...
Ce qu'on appelle le principe de solidarité.
Voilà, le principe de solidarité, que moi je vois plutôt comme un principe de régulariser quelque chose qui a commencé bien souvent avec des organisations criminelles à l'autre bout du monde. Et donc ça, nous le dénonçons parce que nous pensons qu'il ne faut pas régulariser et donc donner un caractère légitime à quelque chose qui commence, ne l'oublions pas, par l'exploitation de la misère humaine, par des trafiquants d'êtres humains.
Normalement, ceux qui seraient répartis dans les pays membres seraient des demandeurs d'asile dont la demande va être acceptée puisqu'elle sera durcie au départ au pays d'accueil avec un examen beaucoup plus précis et beaucoup plus rapide.
Ça n'est malheureusement pas aussi clair. Et ce qui est choquant également de notre point de vue, c'est que la répartition de ces migrants est obligatoire entre les États membres, sauf si un État paie 20 000 euros par migrant qui est refusé. Donc ça, c'est quelque chose que nous considérons au RN comme inacceptable parce que c'est attentatoire à la souveraineté des États.
Mais l'Italie ou l'Espagne disent pourquoi on devrait supporter, je mets les guillemets, la rédématique ?
D'autres solutions existent. Il y a quelque chose qui n'a pas été peut-être suffisamment évoqué. Nous avons avant Noël au Parlement européen, nous sommes parvenus à un accord sur le règlement qui s'appelle Pays tiers sûr et le règlement Pays d'origine sûre. Alors ça, pour la première fois, mais ça évidemment, les partisans du pacte d'asile-migration ne vont jamais reconnaître que c'est un pas en arrière.
Donc vous externalisez les demandes d'asile dans un pays,
en dehors de l'Union européenne ? Non, il s'agit en réalité de pouvoir dire à des migrants qui arrivent à nos frontières ou frontières extérieures de l'Union européenne, de pouvoir leur dire il y a un pays tiers, c'est-à-dire un pays hors de l'Union européenne qui est sûr pour vous, compte tenu de votre situation personnelle. Vous ne craignez rien dans ce pays et vous allez être renvoyé dans ce pays-là où vous pourrez, si vous l'estimez utile, demander l'asile.
C'est constitutionnel, ça, en France ?
Alors ça ne l'est peut-être pas en France. Ça ne l'est pas, en fait. Ça, c'est une certitude. Nous résoudrons, le Rassemblement national résoudra ce problème en organisant un référendum constitutionnel qui est beaucoup plus large sur l'immigration et qui pourra, si nécessaire, corriger ce point de vue-là. L'autre règlement...
Alors est-ce que je me trompe ou est-ce que le règlement retour vous va... Pardon ? Le règlement retour est un étage... Il me semble que vous y êtes plus favorable. Vous trouvez qu'il va dans la meilleure direction. Il y a plusieurs étages dans la fusée.
D'un mot, qu'est-ce que c'est le retour ?
Alors le règlement retour, c'est un règlement qui n'a pas encore été adopté par le Parlement européen, mais il a été proposé par la Commission européenne, adopté par les États membres. Et je citerai notamment deux mesures qui sont symboliques. Premièrement, les expulsions, les retours, seront quand même beaucoup plus, je dirais, efficaces, enfin sont supposés être beaucoup plus efficaces. Et puis, il y aura la possibilité de créer des centres de rétention aux frontières de l'Union européenne, mais qui seront en situation d'extraterritorialité. Et ceux qui sont dedans ne pourront pas avoir de recours.
Nous travaillons sur ce règlement retour, qui a été proposé par la Commission européenne il y a quelques mois. Il y a des discussions entre les gouvernements des États de l'Union européenne au Conseil. Et ce texte est arrivé depuis quelques semaines au Parlement européen. Mon groupe des Patriotes pour l'Europe, auquel est rattaché le Rassemblement national, a déposé 300 amendements pour améliorer le texte.
Ça va dans le bon sens quand même ou pas ? Pour ceux qui nous regardent, qui ne sont pas des experts.
L'intention d'expulser les migrants illégaux est forcément bonne maintenant. Il faudra aussi faire en sorte que le texte puisse être appliqué.
Affaire à suivre donc. On va parler des chiffres de l'immigration publiés cette semaine en France. 384 000 premiers titres de séjour accordés en 2025 à des étrangers hors Union européenne. C'est 11% de plus qu'en 2024. Mais si on regarde les années d'avant, c'est seulement 1 500 de plus qu'en 2021. Est-ce qu'on peut parler de submersion ? Franchement, honnêtement.
Ce qui est choquant, c'est d'abord de voir une augmentation du nombre des titres de séjour délivrés, de près de 11% par rapport à 2024.
Record dû aux motifs humanitaires.
Oui, mais alors ça pose une question...
65% réfugiés afghans, 18 000, 14 000 ukrainiens en plus.
Ça pose une question sur le profil sociologique de l'immigration légale en France. La France fait partie des pays de l'Union européenne qui délivrent le plus de titres de séjour pour des raisons autres que celles du travail. Donc le mythe selon lequel nous aurions besoin de main-d'œuvre étrangère pour travailler est démenti.
Il y a très très peu d'immigration de travail dans ces chiffres. On va y venir, mais les demandeurs d'asile là, on n'aurait pas dû les accueillir ?
Les demandeurs d'asile sont à 50% ensuite déboutés.
Mais là je vous parle de ceux qui ont eu les 14 000 ukrainiens, les 18 000 afghans.
Les ukrainiens qui ont la protection temporaire sont évidemment des personnes qui fuient une guerre. Les afghans, encore faudrait-il être sûr que l'on protège vraiment les personnes qui doivent être protégées, les talibans. Le profil est parfois plutôt celui d'hommes afghans qui d'ailleurs posent des problèmes d'ordre public et de sécurité en France, et en particulier de violences aussi.
Donc vous réformerez le droit d'asile si vous êtes élu ?
Si le Rassemblement national est élu, lorsque le Rassemblement national sera aux responsabilités de la France, nous externaliserons les demandes d'asile en dehors de l'Union européenne. C'est-à-dire que soit les demandes seront faites dans des consulats de pays européens,
– Alors attendez, vous dites qu'on va aller au consulat de Kaboul pour demander l'asile, mais il faudra des moyens, les consulats n'ont pas la compétence.
– Et de toute façon imaginons que…
– Mais c'est réalisable dans les ambassades des pays en question, ou même de transit ? Ce n'est pas du tout l'activité des diplomates aujourd'hui ?
– Imaginons d'abord qu'une femme afghane, par exemple, soit en situation d'avoir besoin de la protection internationale. Évidemment, ce sera compliqué pour elle d'aller à Kaboul, le consulat, et il faudra d'abord qu'elle sorte du pays, de son pays, en l'occurrence l'Afghanistan. Mais le cadre juridique des consulats, c'est quand même l'administration française qui délivre les visas, et qui délivre les visas avant que les personnes soient sur le territoire. Donc il y a à trouver une manière de s'organiser.
– Mais vous pensez que c'est réalisable réellement de le faire dans des ambassades de France, dans des pays, soit celui de départ, soit celui de transit, ça semble un peu compliqué quand même.
– C'est plutôt dans des pays de transit, puisque les personnes qui fuient leur propre pays ne vont pas aller au consulat de France ou dans un consulat européen.
– Mais il faudrait des moyens pour les diplomates ?
– Il faut donner, alors on peut renforcer avec des personnels, c'est le métier des consulats, c'est le métier aussi de spécialiste de l'asile, l'OFPRA pour la France, et d'autres homologues pour d'autres pays européens. Il y a aussi une agence européenne de l'asile, qui dans ce cas-là n'a qu'à être mobilisée pour analyser en soutien des États membres les demandes d'asile avant que ces personnes ne soient dans l'Europe.
– Alors il y a un chiffre qui vient de l'organisation que vous avez dirigée, Frontex, je répète, l'agence chargée de la sécurité des frontières extérieures de l'Union européenne. – Il y aurait eu moins de 178 000 arrivées irrégulières dans les 27 pays de l'Union européenne l'an dernier, d'ailleurs en 2025, soit 26% de moins qu'en 2024. Alors c'est une organisation que vous connaissez bien, est-ce que ces chiffres sont crédibles ? Ça veut dire que le flux migratoire décroît.
– Si la méthode statistique n'a pas été changée, ça indique une baisse, mais quel est le contexte ? – Je vous rappellerai quand même que par exemple l'Italie, avec le gouvernement de Giorgia Meloni, a donné un signal sévère vis-à-vis de l'immigration illégale.
– Oui, elle a aussi régularisé 500 000 travailleurs pour des raisons économiques. – C'est autre chose, ce n'est pas une régularisation. – Pour pallier la pénurie de main-d'oeuvre.
– Ce n'est pas une régularisation, c'est une immigration choisie, et nous considérons que chaque nation européenne doit évidemment être maîtresse de sa politique.
– Dans les secteurs où elle avait des besoins, elle a régularisé.
– Mais c'est quelque chose de maîtrisé par l'Italie, de voulu et de maîtrisé par l'Italie. – Parce que quand on regarde les chiffres, pardonnez-moi de vous interrompre. – En France, on régularise sans vraiment contrôler et sans vraiment choisir les personnes.
– Qu'est-ce que vous proposez au RN pour pallier la pénurie dans le bâtiment, dans la restauration, dans tous les métiers en tension ?
– Il y a d'abord des Français qui n'ont pas de travail et qui ont des difficultés à vivre parce que les salaires sont bas.
– Mais les employeurs ne trouvent pas ?
– Les employeurs ne trouvent pas. Alors il y a peut-être un problème d'adéquation entre les besoins des entreprises et la formation des personnes sans emploi. Donc il faut s'interroger sur l'efficacité de notre système de formation professionnelle. Il y a donc, je pense tout d'abord, des Français nombreux et notamment des jeunes. Il faut pouvoir faire entrer les jeunes plutôt sur le marché du travail, quitte à les former de manière régulière pour pouvoir changer d'emploi et s'adapter.
– Justement, j'en profite, vous avez vu la proposition du MEDEF et je vous passe ensuite la parole à Richard Verly pour les questions sur la sécurité. Un CDI jeune, plus flexible, où on pourrait finalement licencier dès les premières années, rémunéré sous le SMIC ?
– Ce qu'il faut, c'est inciter les entreprises à pouvoir recruter. Il faut aussi inciter, sans les décourager, les jeunes à pouvoir entrer sur le marché du travail.
– Et donc ce CDI jeune du MEDEF, vous y êtes favorable ?
– Écoutez, il faudrait regarder ce que ça signifie. Tout travail mérite salaire et donc il ne s'agit pas non plus de vouloir exploiter les jeunes qui arrivent sur le marché du travail.
– La sécurité ?
– Oui, alors la sécurité, hier on a eu une illustration, puisque dans les rues il y avait les policiers, beaucoup de policiers français qui manifestaient, qui dénonçaient le manque de moyens. Vous connaissez bien le ministère de l'Intérieur, vous y avez fait carrière. Alors je vais citer des chiffres d'un rapport du ministère de l'Intérieur, trois chiffres. Le nombre d'homicides, 976 victimes d'homicides en France en 2025, c'est-à-dire plus 1% par an depuis 2016, donc sur une période de 10 ans, plus 1%. 4 290 tentatives d'homicides, plus 8% par an depuis 2016, et 450 000 à peu près violences physiques, plus 6% depuis 2016.
Il est vrai que tous les indicateurs démontrent que l'insécurité s'est accrue. C'est quelque chose qui, bien évidemment, un, sans doute ne vous surprend pas, puisque vous le dénoncez régulièrement, et deuxièmement, comme vous avez été aux commandes, comment y remédier ? Parce qu'on a l'impression qu'on en parle toujours, et qu'on n'arrive pas à infléchir cette tendance.
– Alors tout d'abord, la manifestation des policiers, hier, à l'appel du syndicat Alliance, montre évidemment que les services de police manquent de moyens matériels. Quand on voit la vétusté de certains locaux, quand on voit la vétusté des voitures de police, par exemple, on se demande où passe l'argent. Donc on a eu M. Darmanin, on a eu M. Retailleau, qui, partout sur les plateaux de télévision, allaient se gargariser en disant, on a augmenté les moyens, où passent les moyens ? Donc ça, c'est d'abord sur la question des moyens matériels. Ensuite, il y a aussi une question du respect qui est due à la police.
Et là, il y a aussi un problème de droit, c'est qu'aujourd'hui, les services de police en France n'osent plus faire usage de la force. Et donc le rassemblement...
– Ils devraient, selon vous, faire davantage ?
– Ils devraient, parce que la force légitime doit rester à la loi, c'est un principe républicain, et une police républicaine formée à la déontologie, au respect, évidemment, de la dignité des personnes, mais aussi à faire respecter la loi républicaine, eh bien, doit pouvoir faire usage de ces armes. Donc contrairement à ce que certains, notamment à gauche et à l'extrême gauche, disent à longueur de journée, non, la police ne tue pas, la police en France doit protéger.
– Est-ce que le...
– Ce qu'il faut, c'est...
– Le problème de la police, c'est la justice, disait Alliance, il y a quelques années...
– Il y a ça aussi...
– Non, mais il ne le dit plus. Et ça, c'est très particulier, puisque ça fait une différence avec la précédente manifestation. Est-ce que vous vous en félicitez ?
– Alors...
– Qu'il n'y ait plus cette opposition chez le syndicat Alliance, qui est proche de vos idées, entre police et justice ?
– Ce qu'il faut, c'est évidemment que la justice soit au service du peuple français, parce que finalement, la justice est rendue au nom du peuple français, c'est dans la Constitution, et donc il faut que les services de police et les magistrats puissent, en bonne complémentarité, chacun évidemment dans ce qui lui revient au titre des lois et de la Constitution, et qu'il puisse agir pour lutter contre l'insécurité. Mais je voudrais revenir peut-être quand même sur la police et sur le fait que nous, au gouvernement, nous ferons passer, nous proposerons une loi qui vaut présomption de légitime défense des policiers lorsqu'ils font usage de leur arme.
Et donc ça, c'est quand même très important, parce qu'on a aujourd'hui des refus d'obtempérer qui mettent les policiers en danger, qui mettent la population en danger, et qui contribuent aussi à ce climat d'insécurité.
– Et qu'est-ce qui va faire qu'on n'arrive pas à des incidents du type ICE aux États-Unis ? Parce que si vous écoutez Donald Trump et les responsables américains, en actuel, ils disent que les agents de ICE étaient en état de légitime défense.
– La question de la légitime défense, en tout cas sa définition dans un pays comme les États-Unis, où circulent des centaines de millions d'armes à feu, tout à fait légalement, se posent de manière un peu différente de la France. Vous savez, même quand vous êtes arrêté sur la route et qu'on vous suspecte d'une infraction routière aux États-Unis, vous avez vraiment intérêt à bien vous tenir, même si vous avez dépassé de 2 ou 3 km heure la vitesse limitée. Parce que vous savez que les policiers en face de vous ne savent pas si vous n'êtes pas avec 2 ou 3 fusils et les chargeurs. Donc ça, c'est un contexte très différent.
En France, en tout cas, nous avons une police professionnelle, mais qui mérite d'être respectée. Et ça passe aussi par la classe politique.
– Avec le RN au pouvoir, le policier qui aurait fait usage de son arme n'aurait plus à prouver directement sa situation de légitime défense. Elle serait présumée devant un tribunal. Je voudrais vous interroger sur ce sondage paru dans la tribune dimanche. Ce sont moins vos dossiers, mais les Français s'interrogent aussi sur votre programme économique. Vous avez vu qu'ils sont 58% à considérer qu'un patron à l'Elysée. Eh bien, ce serait une bonne idée, parce qu'ils pensent qu'un chef d'entreprise ferait un bon président, sondage Opinion Web pour la Fondapol, plus à même à réussir que les politiques, qui comprendraient mieux les problèmes.
Ça vous interroge quand même, vous, directement, les politiques ?
– Alors, je crois que tout d'abord, ça montre que, depuis plusieurs décennies, il y a un discrédit des Français vis-à-vis de la classe politique, qui, que ce soit avec les LR, UMP, les macronistes, les socialistes, ont toujours trahi les promesses qu'ils ont faites.
– Mais pour que ce soit bien clair, parce que parfois il est flou votre programme économique, le reste est clair aujourd'hui, ça va de soi. Mais sur l'économie, on n'arrive pas à savoir si vous êtes plutôt social ou plutôt libéral. Sur le budget, vous êtes contre la taxe Zuckman, pour la taxe holding, pour la taxe sur les multinationales. Vous pouvez dire à ceux qui nous regardent, nous avons un programme économique pro-business, anti-impôt sur les entreprises, libéral ?
– Oui, nous sommes, je ne sais pas ce que vous appelez, libéral.
– Ou social, comme le dit Marine Le Pen.
– Pro-business, c'est-à-dire dans le sens où nous voulons créer de la croissance économique, nous voulons que la France puisse, grâce à ses entreprises, petites ou grandes, créer de la richesse, c'est-à-dire créer des emplois, créer du pouvoir d'achat pour les Français, et nous n'opposons pas les entreprises aux salariés.
– Donc il n'y a pas deux lignes, une plus sociale de Marine Le Pen,
et une plus libérale de Jordan Bardella ? – C'est celle de redresser la France, de sauver la France, et ça passe aussi par le redressement économique, et par exemple, nous sommes contre toutes ces taxes sur les entreprises, les taxes de production, qui font en sorte que les coûts de production en France
sont plus lourds que dans d'autres pays européens. – Pour les petites entreprises, on va parler, parce que c'est la fin de cette interview, du procès de Marine Le Pen, on connaîtra l'issue de son procès en appel le 12 février, si elle pouvait se représenter, ça veut dire que sa peine d'inéligibilité lui permettrait de le faire, si elle n'excédait pas les deux ans, est-ce que vous souhaitez qu'elle le soit, candidate à nouveau, même si, selon tout vraisemblant, elle sera condamnée ? Est-ce qu'on peut être candidate et condamnée ?
– Marine Le Pen est innocente, et là, le programme, en tout cas, les auditions ont lieu en cours d'appel, et donc il y a une présomption d'innocence, et nous sommes convaincus que Marine Le Pen a toute l'énergie pour montrer ça à son innocence, et voilà où nous en sommes. Mais de toute façon, les idées portées par le Rassemblement national recueillent un avis positif pour le premier tour de l'élection présidentielle par plus de 35% des Français. Donc plus de 35% des Français voteraient pour la candidature du Rassemblement national.
– Merci beaucoup. – Vous connaissez maintenant les arcanes du Parlement européen.
– Ah, il faut s'arrêter là.
– Est-ce qu'il n'y a pas quand même eu un problème dans l'utilisation des assistants parlementaires ?
– Je crois que le Parlement européen a des règles qui, probablement, il y a 15 ou 20 ans, étaient d'un grand flou, et c'est un différent administratif. – Merci.
– Merci.
Fabrice Leggeri