Baisse des émissions de CO2, centrales nucléaires et manque de carburant... Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Agnès Pannier-Runacher
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Bonjour Agnès Pannier-Runacher.
Bonjour Marc Fauvel.
Alors qu'elles avaient bondi en 2021, les émissions de CO2 sont reparties à la baisse en France l'an dernier, moins 2,5%. C'est grâce à l'action du gouvernement ou grâce à une météo plutôt clémente cet hiver ?
Quand vous regardez la baisse du quatrième trimestre, on voit bien que le plan sobriété que nous avons lancé avec la Première Ministre, la baisse est de moins 8,5%. Elle est même de moins 15% dans le secteur tertiaire et résidentiel. Eh bien ça, c'est l'effet du plan sobriété. Ce qui montre que quand on agit, ça fonctionne, ça marche. Et je veux vraiment remercier tous ceux qui se sont mobilisés, les entreprises, les administrations, les collectivités locales, mais surtout tous les Français qui ont permis cette baisse des émissions de gaz à effet de serre.
Même avec ces chiffres, le Haut Conseil pour le climat nous dit qu'on n'a fait que la moitié du chemin. L'an dernier, il faudrait baisser chaque année nos émissions de 4,7%. Est-ce que vous êtes sûr que la France tiendra ses objectifs ?
Alors déjà, ces objectifs, ce sont ceux de 2018-2023. Nous tenons nos objectifs. C'est-à-dire que dans le budget carbone dont nous disposons aujourd'hui, nous sommes, nous respectons nos objectifs climatiques. Parce qu'il y a eu le Covid au milieu ? Non, pas parce qu'il y a eu le Covid, mais parce que nous avons vraiment baissé. Là, à 408 tonnes, 408 millions de tonnes, évidemment. Nous avons vraiment baissé et tenu nos objectifs. Ce qui s'est passé, c'est que nous avons rehaussé nos objectifs d'un point de vue européen. Et nous allons devoir revoir à la hausse nos efforts de baisse des émissions de CO2 pour 2024.
Donc il faudra amplifier les efforts faits l'hiver dernier ?
Exactement. À partir de 2024, il va falloir continuer. C'est pour ça que je poursuis sur l'ensemble de la politique énergétique. Vous savez, baisser les consommations et notamment la sobriété, mais également l'efficacité énergétique, changer les lumières, rénover thermiquement, faire baisser les émissions dans l'industrie. C'est bien parti. Et de l'autre côté, produire plus d'énergie décarbonée en France. C'est à la fois l'accélération sur les énergies renouvelables que je porte. Et nous venons de voter une loi qui a été promulguée sur ce sujet-là. Et la relance de la filière nucléaire.
Pardon, Agnès Pannier, vous dites que ça a marché parce qu'on a appelé tout le monde à la sobriété. Il y a eu aussi les prix de l'énergie qui étaient très importants. Et donc ça a forcé les entreprises à moins produire, à avoir moins d'activité. Il y a ça aussi derrière cette baisse de consommation.
Alors pas tout à fait. Parce que comme je vous l'ai indiqué, la baisse, elle a été particulièrement forte dans des secteurs qui payaient le même prix de l'énergie en début et en fin d'année. Et on voit qu'en fin d'année, sur ce quatrième trimestre, au moment où nous sommes dans le plan sobriété, il y a une vraie diminution, une diminution très forte, notamment sur la consommation de gaz. Mais vous avez raison de souligner que dans le secteur industriel, en revanche, le prix de l'énergie a eu un impact. Et tout le travail que nous menons avec le plan sobriété, c'est de faire en sorte que notre consommation d'énergie baisse sans impacter l'activité. C'est un enjeu majeur aujourd'hui.
Et encore une fois, je veux remercier les entreprises qui se sont mobilisées aussi dans ce sens.
Vous en avez réuni une soixantaine d'entreprises en début de semaine, justement, pour leur parler de sobriété. L'objectif, c'est de réduire de 40% notre consommation d'énergie d'ici 2050. Qu'est-ce qui va changer dans le travail des Français, dans les entreprises, dans les mois qui viennent ?
Alors, première chose, faire le bilan de ce qu'elles ont fait, ces entreprises, en matière d'économie de chauffage, d'éclairage, d'organisation du travail dans les bâtiments. Si vous organisez autrement les bâtiments, si par exemple des zones qui ne sont pas utilisées sont fermées, ne sont pas chauffées, vous gagnez très vite, vous baissez très vite votre consommation d'énergie. Ensuite, nous avons présenté à ces entreprises une étude sur le télétravail. Cette étude, elle montre que lorsqu'on organise bien le télétravail, ça peut être un vrai levier de diminution de la consommation énergétique collective.
Mais est-ce que la facture, elle ne se reporte pas sur ceux qui sont à la maison ?
Précisément, c'est ce que nous voulions mesurer. C'est-à-dire que nous l'avons fait sur tous les bâtiments qui dépendent du ministère de la Transition énergétique, avec l'ADEME, à Paris, en banlieue et en province, pour regarder avec des agents publics qui étaient volontaires et qui nous ont communiqué leur consommation lorsqu'ils étaient en télétravail pour voir s'il y avait un effet rebond.
Et donc, on est sûr que le télétravail, c'est, pardon du raccourci, mais bon pour la planète et bon pour la sobriété. Qu'il n'y a pas un report sur les domiciles des personnes qui sont à la maison ?
En fait, ce que montre l'étude, c'est que lorsqu'on organise bien le télétravail, l'effet rebond chez les salariés est minime, là où les économies faites dans le site professionnel sont très importantes. Et donc, ça devient un objet de dialogue social. C'est-à-dire qu'on peut mettre les choses sur la table et dire, ces économies que nous faisons collectivement, comment on fait pour organiser le télétravail, comment on fait aussi pour diminuer les temps domicile-travail, ce qui peut avoir un intérêt pour les salariés, pour les agents publics, et comment on compense éventuellement l'effet rebond chez les salariés.
Mais ce que dit l'Agence pour l'environnement, ce qu'elle dit aussi, c'est que le télétravail n'a qu'un impact très faible sur la consommation d'énergie lorsqu'une partie des salariés seulement est absente, mais il permet des économies effectivement beaucoup plus globales si tous les salariés sont en télétravail. Tout à fait, c'est une organisation. Combien d'entreprises peuvent se permettre ça ? Combien d'entreprises peuvent se permettre de fermer le bâtiment et de dire, ok, tout le monde à la maison le vendredi ou lundi ?
Je crois ce qu'on a pu montrer pendant la période Covid, qu'on était capable d'organiser beaucoup d'entreprises avec du télétravail. On a l'interdiction de sortir. Après, ce n'est pas, et c'est là où vous avez raison de le souligner, ça ne va pas être une mesure qui va être imposée. On voit bien que chaque entreprise a son mode de fonctionnement particulier, que des entreprises nécessitent du présentiel et que du coup, elles doivent aménager le télétravail d'une manière différente, c'est-à-dire isoler ceux qui doivent être présents de ceux qui peuvent se passer d'une présence. Et ce n'est pas nécessairement toutes les semaines.
Donc c'est un travail qui doit être fait au plus près des entreprises. Moi, ce que je souhaite, c'est que sur le télétravail, comme sur les autres sujets, sur la sobriété, ça parte du terrain. Ça parte de la réalité, de l'activité. Mais sans obligation. Sans obligation, parce que cette méthode, elle a fonctionné. Regardez les 19 degrés dans les bureaux. Cette réglementation, elle existe depuis 1978. Vous n'étiez probablement pas nés, et moi, j'étais encore en baby-gro. Elle n'a jamais été appliquée. En 2022, elle est appliquée parce que nous faisons le choix de faire confiance aux Français, aux entreprises, aux administrations. Parce que risque de coupure d'électricité, madame la ministre.
Là, par exemple, en ce qui concerne la climatisation, vous dites qu'il faudra déclencher la climatisation qu'à partir de 26 degrés. Donc cet été, si dans les magasins, la clim est déclenchée, les portes sont ouvertes, vous faites quoi ? Il y aura des contrôles ? S'il n'y a pas d'obligation, il n'y a pas de contrôle ?
Mais vous voyez, alors d'abord, il y a un texte qui, sur le cas particulier des magasins, prévoit des amendes s'il n'est pas respecté. C'est-à-dire, si on climatise porte ouverte, et ça, il appartiendra aux collectivités locales de l'appliquer, aux maires en particulier.
Aucun commerce ne devra garder sa porte ouverte si la clim est allumée ?
Ça, c'est ce que prévoit la loi aujourd'hui. Mais au-delà de ça, le sujet que nous avons aujourd'hui, c'est de changer de comportement. C'est pour ça que nous jouons la carte de l'accompagnement, de l'incitation, du fait d'avoir une mobilisation générale. Ce qui a montré cet hiver, c'est qu'on en était capables. Ce que montrent les trois premiers mois, janvier, février, mars, de consommation énergétique, c'est que nous continuons à baisser nos consommations. Et pourtant, le risque de délestage s'est éloigné.
Parce que les Français se prennent la vague de l'inflation aussi, parce que beaucoup, c'est une sobriété qui est imposée de fait par les factures aussi.
Tout à fait, parce que dans les entreprises, encore une fois, leur contrat d'énergie, il est négocié aujourd'hui. Mais les particuliers, ils ont eu 15% de hausse-là. Qui est plat. Et les particuliers ont eu effectivement un prêt en augmentation, mais qui est encore très largement déconnecté de la réalité des prix du marché.
On va parler, si vous voulez bien, dans quelques minutes des prix de l'énergie, puisqu'il baisse assez fortement, même depuis un an sur les marchés. Mais ça ne se répercute pas pour l'instant sur les factures. Vous allez nous dire si c'est normal. On va marquer une toute petite pause, tout d'abord à 8h41, le temps du fil info, avec Maureen Suignard. Rendez-vous à 10h à Matignon. Elisabeth Borne reçoit les syndicats. Ces derniers demandent le retrait de la réforme des retraites, ou au moins une pause pour débattre du texte. La Première ministre, elle, veut avancer sur les questions d'usure professionnelle et de pénibilité au travail.
Le chef de l'État est, lui, toujours dans l'avion, arrivé d'ici une grosse demi-heure à Pékin pour une visite d'État. Une cinquantaine de grands patrons à ses côtés. L'objectif du voyage est aussi de parler de la guerre en Ukraine. La Chine, qui reste proche de Moscou, veut jouer un rôle de médiateur. Donald Trump dénonce une insulte à la nation et plaide non coupable 34 chefs d'accusation retenus contre l'ex-chef d'État américain. Il est soupçonné d'avoir versé de grosses sommes d'argent en 2016, en pleine campagne présidentielle, à plusieurs personnes pour qu'elle teste des liaisons et même à un supposé fils caché du président.
Des gelées généralisées au petit matin et des producteurs très inquiets ces derniers jours. Mais la nuit s'est plutôt bien passée, confie sur France Info le président de l'AOP Pêche et Abricots de France.
Avec la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher.
En un an, le prix de l'électricité sur les marchés a été divisé par trois. Quand est-ce que les Français le verront sur leur facture ?
Alors je veux d'abord dire que les Français, en fait, payent aujourd'hui un prix de l'électricité qui est parmi les plus bas d'Europe. Et donc, ils ne sont pas évidemment soumis à la volatilité des prix sur les marchés. Ils ne sont pas payés quand le prix a augmenté. Et effectivement, aujourd'hui, ils ne sont pas impactés quand le prix diminue. Encore faut-il que ce prix converge vers le prix que payent aujourd'hui les Français sur leurs factures. Les Français, je le redis, ont été les plus protégés en Europe s'agissant de leurs factures d'électricité. C'est important que ça se sache. Les Allemands payent un prix largement supérieur.
Mais il n'y a pas de baisse du tarif réglementé à l'horizon dans les mois qui viennent ?
Le tarif réglementé, il faut que le prix de l'électricité se maintienne à un niveau qui soit cohérent avec le prix du tarif réglementé. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas.
Il est toujours inférieur aujourd'hui. On continue à payer notre électricité moins chère qu'elle ne se vend sur les marchés ?
On est aujourd'hui dans des eaux qui sont assez similaires. Mais elle a baissé en février. Le prix a remonté à nouveau en mars. Donc, vous voyez bien que ce prix ne cesse d'évoluer à la hausse et à la baisse. Et nous, ce que nous avons fait, c'est faire en sorte de plafonner le prix que payaient les Français à un niveau bien plus faible que, grosso modo, la moyenne du prix de l'électricité sur les marchés. Mais c'est un plafonnement à la hausse. Aujourd'hui, il y a un bouclier au-dessus.
Mais si le prix baisse, vous n'empêcherez pas les prix de baisser. Le bouclier ne vaudra pas pour faire baisser les prix.
Bien entendu, c'est-à-dire que si demain, vous, Marc Fauvel, dans votre entreprise, vous renouvelez votre contrat d'électricité à un prix qui est inférieur à celui de votre TPE du marché, vous paierez ce prix qui est inférieur à celui du bouclier. Mais je crois qu'aujourd'hui, on n'est pas encore complètement arrivé à ce niveau-là.
10% des stations-services en rupture totale ou partielle de carburant ces derniers jours, jusqu'à la moitié d'entre elles dans certains départements. Que faites-vous pour résoudre la situation ?
Alors, je vais rappeler les mesures que nous avons prises depuis le début de la mobilisation dans les raffineries. Vous savez que nous suivons...
Là, je précise pour ceux qui nous suivent uniquement à la radio. Vous sortez vos fiches et que vous allez lire ce que vous allez faire.
Non, non, je ne lis pas ce que je vais faire. Je vous dis ce qu'on a fait. Nous suivons heure par heure la situation. Nous avons débloqué des stocks stratégiques depuis début mars. Nous débloquons les dépôts qui font l'objet de blocages. Donc là, il ne s'agit pas de grève. Il s'agit de blocages qui empêchent la sortie du carburant de ces dépôts. Et nous réquisitionnons de manière très mesurée pour permettre de soulager les situations de manque de carburant.
Est-ce que tout ça vous fait dire que la situation va s'améliorer à la pompe dans les jours qui viennent ?
Vous avez pu constater que la situation s'était améliorée dans le sud. Ça dépend des régions, en fait. Justement, j'y viens. Elle s'est améliorée dans le sud, en région PACA. Elle s'est améliorée dans les pays de Loire. Les tensions subsistent en centre-val de Loire et en Ile-de-France. Effectivement, les tensions sont importantes aujourd'hui. Avec la rupture d'un carburant dans à peu près une station sur trois. Donc, c'est beaucoup d'attente. Je reconnais que c'est absolument pénible et agaçant de faire l'attente, d'attente pour faire son plein dans les stations-service au moment où on doit aller travailler.
Et je pense notamment à tous les infirmiers qui doivent visiter leurs clients, qui ont besoin de leur voiture. Enfin, tous ces métiers qui utilisent de manière indispensable leur voiture. On est vraiment à leur côté. Mais on va dans un sens d'amélioration. Vous avez pu constater qu'Esso annonçait le redémarrage de leur raffinerie avec, là aussi, l'injection de carburant pour soulager, notamment, centre-val de Loire et l'Ile-de-France.
EDF a, une nouvelle fois, arrêté 18 réacteurs pour révision à cause de problèmes de fissures ou de corrosion. Combien de temps ça va prendre pour qu'ils reprennent, ces réacteurs ?
Alors, nous rentrons dans le programme de maintenance de printemps et d'été. Donc, en fait, ces arrêts ne sont pas tous liés aux fissures, comme vous semblez le dire. C'est tout simplement un programme de maintenance annuel.
Il y a eu des nouvelles fissures qui ont été détectées au début de l'année.
C'est un programme de maintenance annuel. Et à la faveur de ces maintenances annuelles, un certain nombre de contrôles vont être réalisés sur des points précis de tuyauterie où on a un doute sur la possibilité d'avoir des fissures qu'il faudra réparer.
Il y a des centaines de tuyaux à contrôler aujourd'hui.
Oui, c'est ça, tout à fait.
Mais alors, ces nouvelles fissures, parce qu'il y en a, et elles ont été détectées en début d'année, est-ce qu'elles imposent à EDF de revoir ces prévisions de production pour l'année 2023 ?
Vous avez pu constater qu'EDF avait pour le moment maintenu ses déclarations sur la production. Donc, c'est EDF qui, au plus près, donne ses perspectives de production. Ce que je veux dire, et je pense que c'est important que chacun le comprenne, une centrale nucléaire fait l'objet de maintenance régulière. Elle fait l'objet de maintenance pour recharger le combustible. Elle fait l'objet de maintenance tous les ans, tous les deux ans, tous les trois ans. Ça, c'est courant. Ce sont des maintenances courtes. Et elles font l'objet de maintenance pour passer les 40 ans. C'est la visite décennale. Et cette visite, pour nos centrales nucléaires, elle est particulièrement longue.
Elle prend six mois. Pourquoi elle est particulièrement longue ? Parce que nous avons fait le choix, en France, de prendre toutes les recommandations de sûreté nucléaire, qui sont tous les enseignements de l'incident de Fukushima. De manière à ce que nos réacteurs nucléaires, confrontés à un incident similaire, continuent à fonctionner en sûreté. C'est pour ça que c'est un peu plus long que ça peut être dans d'autres pays. Et c'est pour ça que ce programme démarre en fin d'hiver, de façon à ce qu'on ait le temps de redémarrer ensuite, en début d'hiver prochain, les réacteurs nucléaires.
Agnès Pannier-Runacher, la semaine dernière, Emmanuel Macron a présenté le plan haut du gouvernement pour faire face aux sécheresses à répétition. 53 mesures annoncées, mais aucune ne parle du nucléaire et du risque que pourrait faire courir la baisse du niveau des fleuves, par exemple, sur la production électrique. Est-ce que c'est un oubli de sa part ou est-ce que ça va être corrigé dans les mois qui viennent ?
Alors, deux choses. D'abord, dans son discours, il mentionne cette question du nucléaire, si vous l'avez bien écouté. Donc, c'est un sujet qui est évidemment suivi. Et en fait, c'est un sujet qui est suivi depuis plusieurs années maintenant. Ça ne fait pas partie du plan, c'est-à-dire que...
Ce n'était pas dans les 50 annonces.
Ce n'était pas dans les 53 annonces, mais je vous renvoie à son discours qui mentionne des actions sur le secteur du nucléaire. Juste, très simplement, une centrale nucléaire en bord de mer, qui est une grosse partie de nos centrales, réchauffement climatique, refroidissement, ça ne pose pas de problème. Des réacteurs ou des centrales nucléaires en bord de fleuves, le sujet, c'est la diminution du débit de ces fleuves, puisque la centrale va les pomper de l'eau. Refroidir le réacteur, puis rejeter l'eau dans la rivière, dans le fleuve. Sur ça, nous avons des analyses qui sont publiques aujourd'hui.
Mais qu'est-ce qu'on peut faire ? Comment continuer à faire fonctionner les centrales ? J'allais jusqu'au bout, si vous le permettez.
Nous avons des analyses qui montrent qu'en fait, la perte de production est très limitée. Elle est très limitée, elle se passe en été. Et elle est très limitée par rapport, sur les scénarios du GIEC, ce n'est pas des scénarios improvisés par EDF, sur les scénarios du GIEC, y compris des scénarios qui vont au-delà d'un degré 5, nous avons des pertes sur l'année très limitée. Et ponctuellement, nous pouvons avoir des pertes plus importantes.
Donc, il y a une baisse de capacité de production. Mais est-ce qu'il y a des problèmes de sécurité qui peuvent s'imposer ?
Non, il n'y a pas de problème de sécurité. Et ça, je vais être très claire. En fait, on baisse l'utilisation, la production du réacteur nucléaire si on voit qu'on a moins d'eau à aller pomper dans la rivière et à rejeter derrière. Et ponctuellement, je peux être amenée à signer des dérogations. L'été dernier, qui a été un été très sec, j'ai signé des dérogations qui ont été utilisées quelques jours et où on contrôle la température en sortie des réacteurs nucléaires. Ensuite, ce que nous faisons, c'est que nous travaillons sur la possibilité de mettre en place des mécanismes qui soient moins consommateurs, moins dépendants du débit dans les rivières. Ce sont les tours aéros réfrigérés.
Historiquement, tous nos réacteurs n'ont pas de tours aéros réfrigérés.
Sauf que ça s'appelle un circuit fermé. C'est-à-dire que l'eau s'évapore. Le problème, c'est que justement, on perd de l'eau.
On perd une consommation de 10% d'eau, effectivement. Enfin, je veux dire, grosso modo, les réacteurs nucléaires, c'est 10% de notre consommation d'eau. Donc là aussi, c'est quelque chose que l'on mesure et que l'on suit.
Mais je veux être très claire, ces sujets ont bien été projetés et ils sont incorporés dans notre plan eau, à la fois pour faire fonctionner les réacteurs nucléaires, pour les réacteurs à venir, puisque nous allons prendre les technologies qui sont les moins consommatrices dans leur design et au regard, plus largement, des usages de l'eau, puisque vous avez d'autres, en matière énergétique, vous avez tout l'usage des barrages qui sont aussi une façon de mieux maîtriser nos consommations d'eau. Et ça aussi, c'est sous l'égide de l'énergie.
Agnès Pannier-Renaché, ministre de la Transition énergétique, invitée de France Info, 8h52, Maureen Suignard pour le Fil Info. Il doit s'exprimer devant les députés et les sénateurs. Ce matin, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, répond aux critiques sur la gestion du maintien de l'ordre lors de manifestations contre la réforme des retraites. La manifestation de Sainte-Solines aussi à l'ordre du jour. Quatre blessés graves. L'un des blessés est toujours dans le coma. Son pronostic vital est engagé. Le président ukrainien vient d'arriver en Pologne. une première visite officielle dans le pays.
Alors que la guerre avec la Russie dure, les États-Unis valident une nouvelle tranche d'aide à Kiev de 2,6 milliards de dollars. Le conflit ukrainien qui sera aussi au cœur de la visite d'Emmanuel Macron en Chine. Le président français arrive ce matin pour une visite d'État, la première depuis le début de la pandémie de Covid. Il exprime sa profonde tristesse sur les réseaux sociaux. Stromae annule tous ses concerts jusqu'à la fin du mois de mai. L'artiste belge de 38 ans met en avant des raisons de santé sans plus de précision. Il s'était confié l'été dernier sur sa dépression. France Info
Le 8.30 France Info Salia Brachia, Marc Fauvel
Toujours avec Agnès Pannier-Runacher, est-ce qu'il faut interdire partout en France les trottinettes électriques en libre-service ?
Non, je pense que c'est un mode de transport doux. C'est un mode de transport qui va dans le sens, là encore, de la transition énergétique, de la baisse des émissions de CO2. Ce qu'il faut, c'est organiser l'utilisation de l'espace entre ceux qui utilisent des trottinettes, la sécurité de ceux qui utilisent des trottinettes, et la sécurité des piétons, et le fait qu'il y ait une cohérence dans l'organisation de l'espace.
C'est un mode de transport écologique ?
Les trottinettes, oui. L'impact carbone des trottinettes est inférieur à celui d'une voiture en moteur terminé.
Oui, mais elles ont une durée de vie très limitée. On le sait, on les jette au bout de quelques semaines.
Vous savez, Marc Fauvel, là encore, ça dépend de la manière dont on a les usages. Plus on prolonge l'utilisation des modes de transport, plus ils sont doux pour le climat. Et typiquement, nous venons de valider un règlement sur les batteries électriques, qui vaut y compris pour les batteries des trottinettes, et qui fixent des objectifs ambitieux en matière d'émission de CO2. Mais quand on regarde les études aujourd'hui,
plus de 90% des déplacements qui sont effectués sur ces trottinettes l'étaient auparavant à pied ou en transport en commun. Quel est le bénéfice du coup ?
Si c'est un report modal dans ce sens-là, il n'y a pas de bénéfice. Si c'est un report modal de la voiture vers la trottinette, il me semble qu'il y en a aussi. Vous savez que dans les zones d'enseignement peuplé, 40% des déplacements en voiture sont de moins de 5 km. Si vous basculez à pied, à vélo, en trottinette, vous éliminez 40% de ces modes de transport qui émettent des émissions de CO2. Donc oui, c'est un des leviers. C'est pour ça que le ministre des Transports, Clément Beaune, travaille justement à faire en sorte que les gens soient transportés en sécurité. Je veux dire, il y a eu des accidents de trottinette.
Il y a eu des moments assez violents de cette famille qui a perdu un enfant de 14 ans qui avait emprunté la trottinette de son père. Et puis, il y a la question du partage de la route. On l'a connu pour les vélos. Il faut le mettre en place pour les trottinettes. Après, entre celui qui peut s'acheter une trottinette et celui qui peut l'emprunter en libre-service, ce n'est pas forcément les mêmes moyens. Et donc, il y a aussi un enjeu de justesse de la transition énergétique où on permet à ceux qui n'ont pas les moyens d'avoir accès à tout un registre de modes de transport.
Les transports en commun et d'autres transports d'où le plan vélo, ça vise aussi à permettre à des gens qui ont des moyens modestes d'avoir accès à des vélos.
Un espagnol en Haché en Corse. Deux grosses bouées pour les grands yachts vont être installés dans le golfe d'Ajaccio. Ce qui provoque la colère des associations écologistes locales, c'est que ces installations, en fait, elles ont été en grande partie financées par le fonds vert de votre ministère. Comment vous l'expliquez ?
Alors, en l'occurrence, c'est le ministère de la transition écologique du gouvernement. Transition énergétique écologique. Ministère de la transition écologique. Le fonds vert, à quoi ça sert ? Ça sert à financer des projets qui permettent d'économiser des émissions de CO2, qui permettent aussi de préserver la biodiversité. En l'occurrence, dans le cas d'espèces, c'est un projet qui permet de préserver la biodiversité des eaux corse. Et là encore, si vous voulez, on peut être en permanence dans l'indignation. Mais nous, ce que nous faisons, nous agissons. Nous agissons et chacun de nos projets a un impact écologique, énergétique, mesurable.
C'est écologique de créer des grosses bouées pour les yachts de 24 mètres pour pouvoir...
C'est écologique de faire en sorte de préserver les posidani qui sont dans le golfe d'Ajaccio. Les algues. Donc, vous avez une situation, un port qui accueille un certain type de bateau, et vous faites en sorte de préserver les fonds marins. C'est ça que fait ce projet, mais comme tous les projets que nous faisons, c'est-à-dire que...
C'est qu'avant, ces yachts restaient en mer, jetaient l'encre en mer et abîmaient les fonds marins, c'est ça ?
Non, avant, ces yachts étaient dans le port. Et en fait, c'est un projet qui a été proposé par la collectivité locale et qui a un impact sur la biodiversité qui est positif. Et tous ceux qui vous disent...
Parce que ça permet quoi ?
Tous ceux qui vous disent aujourd'hui... Moi, je le vois sur les projets d'énergie renouvelable. Je vais revenir sur ce que je connais bien, qui sont les projets d'énergie renouvelable. Et qui s'émeuvent en disant l'impact sur la biodiversité, l'impact sur ceci. empêche, en fait, de mener des projets qui sont essentiels, essentiels, pour lutter contre le réchauffement climatique et sont dans l'indignation permanente. Mais on ne peut pas rien faire, rien faire. C'est en fait laisser toutes les énergies fossiles que nous avons et qui ont un impact majeur sur le climat et c'est agir contre.
Mais je reviens sur le fond, sur Ajaccio. Le fait d'installer des bouées pour les yachts, en quoi ça sauvegarde les fonds marins ?
Parce qu'on n'installe pas des bouées pour les yachts.
Des bouées d'amarrage, pardon.
On fait en sorte que dans un port qui accueille un certain type de bateau, les bouées d'amarrage qui sont installées préservent les fonds marins. Donc vous voyez, c'est un peu dans le sens inverse.
Accueillent les plus gros bateaux. C'est des bateaux de 24 mètres. C'est des plus gros bateaux. Écoutez, je vous le redis, moi, sur... Non, mais c'est ce qui scandalise les associations écologistes et on leur permet d'accoster dans le golfe d'Ajaccio alors qu'en fait, ils sont trop gros. Voilà.
C'est l'autre ministère, on interrogera...
Oui, parce que là, vous m'interrogez sur un dossier que je ne connais pas dans le détail pour être très simple et dont je sais qu'il permet de préserver les fonds marins. Et il me semble que ce n'est pas un changement. C'est-à-dire, on n'ouvre pas les vannes à accueillir plus de bateaux, à ma connaissance. Mais voilà, je l'ai dit avec beaucoup d'humilité, ce n'est pas un dossier que je suis personnellement.
Merci beaucoup, Agnès Pannier-Runacher. Bonne journée à vous. Sous-titrage ST' 501
Agnès Pannier-Runacher