Retour sur la session plénière de janvier 2020 au Parlement européen | François-Xavier Bellamy
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Chapitres
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« nous sommes engagés dans ce projet qui est une perspective enthousiasmante et nécessaire »
- 1:22Invité politiqueFait
« si nous appliquons de nouvelles normes à ceux qui produisent en Europe, de pouvoir faire en sorte d'appliquer les mêmes règles à ceux qui importent en Europe »
- 2:05Invité politiqueFait
« l'Europe ne pourra le résoudre que si elle assume une capacité globale d'analyse de la situation »
- 2:43Invité politiqueFait
« il est nécessaire que l'Europe puisse parler d'une voix libre »
- 4:09Invité politiqueFait
« nous devons faire peser sur le gouvernement nigérian toute l'influence de nos pays pour qu'il assume enfin ses responsabilités »
- 4:52Invité politiqueFait
« l'état de droit, c'est ce qui touche aux principes fondamentaux de notre vie démocratique »
- 5:30Invité politiqueFait
« la situation de la Pologne et de la Hongrie ne sont pas du tout identiques »
- 6:08Invité politiqueFait
« chaque démocratie doit pouvoir assumer ses propres choix »
Temps de parole
- François-Xavier Bellamy100 %
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Bonjour à tous. Voilà, une nouvelle année commence, nous reprenons le rituel de ces rendez-vous réguliers pour vous tenir au courant de l'actualité, ici au Parlement européen. Nous sommes à la fin de la première session de l'année, de la session plénière de Strasbourg. Une session qui, comme à chaque fois, a été très intense, marquée par de nombreux débats et par des textes importants. Je voudrais simplement m'arrêter sur trois d'entre eux.
Le premier d'entre eux, c'est un texte consacré au Green Deal, ce vaste plan ambitieux proposé par la Commission européenne, un plan pour faire en sorte que l'Europe devienne un continent exemplaire en matière écologique – et bien sûr nous sommes engagés dans ce projet qui est une perspective enthousiasmante et nécessaire en même temps.
Nous avons cependant des désaccords très forts et qui persistent avec certains groupes, ici à l'intérieur de cet hémicycle, et pour moi le plus important – et c'est ce que nous tentons de défendre au sein du PPE, que je tenterai de défendre au cours des semaines qui viendront avec Agnès Evren et avec Nathalie Colin Osterlé qui sont impliqués sur ces questions d'environnement – pour moi, le plus important, c'est que nous soyons rationnels dans la manière d'aborder cet enjeu et je pense en particulier à la nécessité, si nous appliquons de nouvelles normes à ceux qui produisent en Europe, de pouvoir faire en sorte d'appliquer les mêmes règles à ceux qui importent en Europe, parce que si nous continuons de nous obliger à suivre des règles de plus en plus exigeantes, ce qui est légitime bien sûr, tout en continuant d'entretenir une concurrence avec des pays qui ne respectent pas les normes que nous nous imposons.
Nous ne ferons en réalité que rendre plus compétitif un type de production qui ne correspond pas du tout à ce que nous espérons pour nous-mêmes. Il est tout à fait nécessaire que nous soyons rationnels pour éviter que le Green Deal ne soit, à la fin, l'occasion seulement de rendre plus compétitive des produits chinois à bas coûts qui sont développés dans des conditions écologiquement désastreuses – en tous les cas très éloignées de ce que nous croyons nécessaires pour l'avenir de notre planète.
Ce défi est global et l'Europe ne pourra le résoudre que si elle assume une capacité globale d'analyse de la situation, si elle ne se contente pas de regarder ce qu'elle fait à l'intérieur de nos pays, mais qu'elle regarde aussi son marché unique, comme un levier magnifique pour pouvoir transformer la mondialisation et en écrire une nouvelle page. Le deuxième sujet sur lequel je voulais revenir, c'est un sujet sur lequel un membre de notre délégation a été particulièrement active. C'est le rapport sur la défense qui a été voté. Un rapport qui est préparé chaque année et voté et qui a été conduit comme depuis plusieurs années par Arnaud Danjean.
Ce rapport a été l'occasion de montrer la nécessité de gagner notre autonomie stratégique. On le voit : dans les tensions qui traversent notre époque, il est nécessaire que l'Europe puisse parler d'une voix libre. Et pour cela, il faut que nos pays puissent ensemble se donner les moyens d'être indépendants, y compris de nos alliés, y compris de nos amis avec lesquels nous devons garder, bien sûr, des liens forts, mais qui doivent pouvoir savoir que l'Europe prend ses décisions seule et que les pays européens sont capables d'assumer leur indépendance sur le terrain stratégique.
Je pense que c'est nécessaire en particulier dans un moment où nous voyons tant de conflits qui traversent notre temps. Et nous avons voté ce matin un texte important sur la situation au Nigeria. J'ai eu l'occasion d'intervenir en séance plénière pour dire que nous devons apporter notre soutien aux chrétiens persécutés dans ce pays. Vous le savez sans doute le 25 décembre le jour de Noël, 11 chrétiens ont été décapités par des islamistes au Nigeria. Quelques jours plus tard, 4 séminaristes qui ont entre 18 et 23 ans, ont été enlevés dans un séminaire nigérian et, le même jour, ce sont 13 chrétiens qui étaient assassinés dans l'attaque de leur village.
Leurs noms s'ajoutent à ceux de toutes les victimes qui ont été, depuis dix ans, depuis la naissance de Boko Haram dans cette région, ceux qui ont été assassinés dans le silence malheureusement du monde occidental, et dans la complicité coupable des puissances qui remplissent le vide que nous laissons : je pense bien sûr à la Chine, mais aussi à la Turquie ou au Qatar qui ont leur propre agenda, dont nous savons qu'il est bien sûr très différent du nôtre. Nous devons. faire peser sur le gouvernement nigérian toute l'influence de nos pays pour qu'il assume enfin ses responsabilités et qu'il rétablisse la sécurité, notamment des chrétiens dans ce pays.
Et puis enfin un troisième sujet qui a été discuté, débattu, et voté aujourd'hui : c'est le texte d'une résolution sur la situation de l'état de droit en Pologne et en Hongrie. Ce texte ne manquera pas de susciter des débats. Il est question de la procédure de l'article 7 qui a été déclenchée il y a quelques mois contre ces deux pays, et nous avons considéré pour notre part, avec la délégation française, au terme d'une longue réflexion, que ce texte était désinvolte dans la manière dont il traite cette question si nécessaire de l'état de droit. L'état de droit, c'est ce qui touche aux principes fondamentaux de notre vie démocratique et nous ne devons pas en parler à la légère.
Nous avons parlé de l'état de droit lors de la dernière session plénière, lorsque nous nous sommes engagés contre Malte et son gouvernement qui a laissé faire le crime contre une journaliste sans – aujourd'hui encore – avoir déclenché d'enquête digne de ce nom pour connaître les commanditaires... Nous avons parlé de l'état de droit, nous n'avons pas peur d'en parler. Mais en l'occurrence, il faut en parler avec précision. Il faut en parler avec des faits. Il faut en parler lorsque ce sujet s'impose et non pas lorsqu'il est l'occasion d'utiliser des concepts fondamentaux pour déguiser des désaccords politiques.
La situation de la Pologne et de la Hongrie ne sont pas du tout identiques et voter une résolution identique sur ces deux pays était déjà d'une légèreté coupable. Et plus encore, il est très clair – et nous l'avons vu dans les débats en plénière – que certains groupes utilisent aujourd'hui cette procédure, évoquant l'état de droit contre la Hongrie de Victor Orban pour dissimuler un désaccord politique avec ce pays. Nous pouvons avoir des désaccords politiques entre nous. Il est tout à fait légitime de ne pas être d'accord avec la politique menée par Victor Orban.
Mais l'état de droit est une question fondamentale qui touche à la question de savoir si la presse est libre, si les élections sont libres, si le pluralisme politique est respecté... Et si c'est le cas, alors chaque pays doit pouvoir souverainement faire ses propres décisions, chaque démocratie doit pouvoir assumer ses propres choix.
Si les Hongrois sont mécontents de Victor Orban, alors ils doivent voter contre Victor Orban, mais si les hongrois ont choisi librement – et c'est ce que nous devons vérifier – d'élire Victor Orban comme chef de gouvernement, alors il est parfaitement inacceptable que l'on méprise la souveraineté de ce pays en utilisant contre lui une procédure qui, me semble-t-il, n'a pas lieu d'être instrumentalisée comme elle peut l'être aujourd'hui.
C'est une question très sérieuse et c'est parce que la question est très sérieuse que nous avons lucidement décidé de voter contre cette résolution qui nous paraissait organiser cette confusion et qui, me semble-t-il, ne peut que contribuer à créer un écart dévastateur entre nos pays à l'intérieur de l'Europe. Nous avons besoin d'unité, nous avons besoin de nous respecter. Nous avons besoin de parler sérieusement des sujets les plus importants et je crois que ce n'est pas le moment d'être complices aujourd'hui d'une stratégie d'instrumentalisation qui ne peut que nuire à l'avenir de toute l'Europe.
Voilà quelques nouvelles de cette session plénière à Strasbourg, pardonnez-moi pour ce mot déjà beaucoup trop long, mais évidemment, ces sujets sont importants. Nous aurons l'occasion de revenir ensemble sur beaucoup de ces questions, bien sûr... À très bientôt. Merci encore.
François-Xavier Bellamy