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InterviewFrance Inter — Questions politiques (sur Site radio)· 1 septembre 2019 114 minContradictoireActualité / polémiqueEnvironnement & énergieEurope & internationalInstitutions & électionsAgriculture & alimentation

Yannick Jadot : "Je pense qu’il faut faire de l’écologie en souriant, sans engueuler, sans foutre la trouille"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 50 %Attaque 40 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:32OuverteRéponse directe

    Quel est le grand enjeu de la rentrée pour vous ?

  • 2:59RelanceRéponse partielle

    Est-ce que ce n'est pas ce qui est en train de se passer aujourd'hui ?

  • 3:12ComplaisanteRéponse directe

    Dès qu'un pas va dans la bonne direction, je dis toujours bravo. Vous ne me prendrez jamais en faute là-dessus.

  • 4:30OuverteRéponse directe

    Votre conclusion politique, qu'est-ce que c'est ?

  • 5:05RelanceRéponse directe

    Donc c'est pire qu'avant ? C'est pire que ce François Hollande ?

  • 5:59OuverteRéponse directe

    Regardez, toutes les recherches vont s'interrompre. Pourquoi ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:27Locuteur 8Fait
    « Les feux de forêt en Amazonie, pour l'instant, c'est l'équivalent de la Picardie qui a brûlé dans la forêt primaire. »
  • 2:29Locuteur 8Fait
    « Les feux en Sibérie, il y a quelques mois, quelques semaines, c'est l'équivalent de la Belgique. »
  • 2:33Locuteur 8Chiffre
    « Une cinquantaine de villes qui ont connu cet été des températures au-delà de 40 degrés. »
  • 3:55Locuteur 8Fait
    « Une autorisation donnée par la ministre de l'écologie sous la pression d'Emmanuel Macron pour abattre 6 000 courlis cendrés. »
  • 4:11Locuteur 8Fait
    « Elle vient d'autoriser l'abattage des tourterelles des bois. Espèces menacées au niveau mondial. »
  • 4:57Locuteur 8Fait
    « Ce gouvernement a décidé de réduire le budget. Au moment où il faut mettre le paquet, on réduit le budget de l'isolation des logements. »
  • 6:09Locuteur 8Chiffre
    « 738 millions d'euros ont été affectés à la recherche sur le nucléaire. »
  • 7:24Locuteur 8Fait
    « Vous avez l'État, à travers sa préfète, qui autorise tous les agrandissements d'élevage. »
  • 7:27Locuteur 8Fait
    « Ils sont nourris avec le soja brésilien. »
  • 19:41Locuteur 8Fait
    « La France est le premier importateur européen de soja transgénique. »
  • 20:37Locuteur 8Fait
    « Pour l'Europe, tous les ans, on importe en surface de soja l'équivalent de l'Allemagne. »
  • 20:38Locuteur 8Fait
    « En France, pour la France, c'est l'équivalent de la Bretagne. »
  • 25:32Locuteur 8Chiffre
    « On a dépensé d'argent public 700 millions d'euros. »
  • 36:12Locuteur 8Fait
    « C'est un mouvement de gauche, Europe Écologie Les Verts. »
  • 37:05Locuteur 8Fait
    « Évidemment non. Ils sont dans le déni écolo. »
  • 37:25Locuteur 8Fait
    « On a sécheresse dans tous les départements. »
  • 37:30Locuteur 8Fait
    « On va mettre plus d'argent public dans l'irrigation du maïs. »
  • 43:34Locuteur 8Fait
    « La question c'est qu'est-ce qui nous fait du bien collectivement ? »
  • 43:39Locuteur 8Fait
    « Aujourd'hui c'est d'investir dans l'isolation des logements. »
  • 43:55Locuteur 8Fait
    « Le capitalisme qui aujourd'hui est à l'œuvre partout dans le monde, il est prédateur pour la planète. »
  • 44:51Locuteur 8Fait
    « L'enjeu de sécurité, c'est un enjeu majeur pour nos concitoyens. »
  • 45:32Locuteur 8Fait
    « Ce qu'il nous faut dans nos villes, c'est une police de proximité. »
  • 47:10Locuteur 8Fait
    « Le bilan écologique d'Anne Hidalgo, c'est le bilan des écologistes. »
  • 48:20Locuteur 8Fait
    « Paris a très majoritairement voté la République en marche. »
  • 51:34Locuteur 8Fait
    « L'écologie, c'est protéger le climat, c'est éviter le chaos climatique. »
  • 51:45Locuteur 8Fait
    « C'est le seul projet de civilisation qui puisse nous réunir. »
  • 53:08Locuteur 8Fait
    « Moi, je pense qu'on se mettrait autour de la table. On écrirait chacun sur une feuille ce que c'est que la gauche. »
  • 1:01:45Ali BadouFait
    « on aimerait que comme après la seconde guerre mondiale avec le programme du Conseil national de la résistance, comme je vais faire une comparaison que certains économistes utilisent aujourd'hui, ce qu'ils appellent le moment peu à l'arbour »
  • 1:02:14Ali BadouFait
    « les feux de forêt en Amazonie, pour l'instant, c'est l'équivalent de la Picardie qui a brûlé dans la forêt primaire »
  • 1:02:24Ali BadouFait
    « les feux en Sibérie il y a quelques mois, quelques semaines, c'est l'équivalent de la Belgique »
  • 1:03:56Ali BadouFait
    « une autorisation donnée par la ministre de l'écologie sous la pression d'Emmanuel Macron pour abattre 6 000 courlis cendrés »
  • 1:04:13Ali BadouFait
    « elle vient d'autoriser l'abattage des tourterelles des bois. Espèces menacées au niveau mondial »
  • 1:06:08Ali BadouChiffre
    « 738 millions d'euros ont été affectés à la recherche sur le nucléaire »
  • 1:07:24Ali BadouFait
    « on est sur des poulaillers à 120 000 poulets »
  • 1:08:42Ali BadouPromesse
    « le temps des écologistes est venu »
  • 1:14:25Karine BécardChiffre
    « Europe Écologie Les Verts et vous-même avez totalisé en mai dernier aux élections européennes près de 3 millions d'électeurs »
  • 1:19:45Françoise CressosFait
    « la France est le premier importateur européen de soja transgénique »
  • 1:36:12Yannick JadotFait
    « Europe Écologie Les Verts a une tradition, une histoire politique, un ancrage à gauche »
  • 1:37:36Yannick JadotPromesse
    « Il n'y aura pas d'alliance entre Europe Écologie Les Verts et la République en marche dans aucune des villes »
  • 1:42:11Yannick JadotFait
    « Notre parti aurait disparu s'il n'avait pas un fonctionnement démocratique »
  • 1:43:35Yannick JadotFait
    « La question c'est qu'est-ce qui nous fait du bien collectivement aujourd'hui »
  • 1:45:30Yannick JadotFait
    « Ce qu'il nous faut dans nos villes, c'est une police de proximité »
  • 1:47:10Yannick JadotFait
    « Le bilan écologique d'Anne Hidalgo, c'est le bilan des écologistes parisiens »
  • 1:53:10Fait
    « je pense qu'on se mettrait autour de la table, on écrirait chacun sur une feuille ce que c'est que la gauche »
  • 1:53:15Fait
    « je pense qu'on raconterait des histoires différentes »
  • 1:53:28Fait
    « ce n'est pas les étiquettes, ce n'est pas les postures, c'est l'action »
  • 1:53:31Promesse
    « si on fait de l'écologie avec de la justice sociale, de l'égalité des droits et un amour infini pour les libertés, et bien c'est ça qui va je pense pouvoir satisfaire les français »

Temps de parole

  • Locuteur 881 %
  • Locuteur 107 %
  • Locuteur 36 %
  • Locuteur 42 %

4,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:09
Locuteur 8

Bonjour et bienvenue dans Question Politique, le rendez-vous du dimanche de France Inter, du journal Le Monde et de France Info, en direct jusqu'à 13h. C'est lui qui a conduit les verres aux dernières élections européennes, c'est lui que nous voulions entendre en cette rentrée politique, après un été marqué par de nouveaux signes du réchauffement climatique, les feux gigantesques qui ravagent l'Amazonie, un été pendant lequel la question écologique est devenue incontournable au cœur des débats politiques. Mais comment passer des victoires sur le terrain des idées à la conquête du pouvoir ? Avec quelles stratégies ? Quelles alliances ? Il va nous le dire dans un instant.

L'eurodéputé Europe Écologie Les Verts, Yannick Jadot, s'est installé dans notre studio pour intervenir. Le hashtag QuestionPol ou l'application France Inter.

0:51
Locuteur 4

France Inter. Question politique. Alibadou.

0:56
Locuteur 8

Bonjour Yannick Jadot. Bonjour. Et bienvenue pour vous interroger l'équipe de Questions Politiques et je suis heureux de les retrouver. Bonjour à toutes les trois. Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Nathalie.

1:06
Locuteur 5

Bonjour à tous.

1:07
Locuteur 8

Françoise Fressos du Journal Le Monde. Bonjour Françoise.

1:09
Locuteur 10

Bonjour Ali. Bonjour à tous.

1:10
Locuteur 8

Et Karine Bécart de France Inter. Bonjour Karine.

1:12
Locuteur 10

Salut tout le monde.

1:13
Locuteur 8

D'ailleurs, vous étiez encore Yannick Jadot au réolé de votre succès aux européennes. Ça semble loin, mais c'est vrai que non. Est-ce que j'ai perdu ? J'ai perdu l'auréole ? Enfin, l'auréole peut-être.

1:23
Locuteur 3

Elle ne dure pas trop longtemps.

1:24
Locuteur 8

Pour le reste, on va parler des victoires et notamment de celles que vous espérez. Donc, des victoires à venir sur le plan local, sur le plan national. L'été se termine, mais quel est pour vous le grand enjeu de la rentrée ?

On a l'impression d'être dans un moment particulier où on aimerait que, comme après la Seconde Guerre mondiale, avec le programme du Conseil National de la Résistance, comme je vais faire une comparaison que certains économistes utilisent aujourd'hui, ce qu'ils appellent le moment peu à l'arbour, c'est-à-dire que pendant des années, on procrastine, on lambine, on recule, les échéances en permanence sur la question de l'écologie, mais qu'à un moment donné, la situation fait qu'on doit se mobiliser, on doit fédérer et on doit agir.

Vous l'avez souligné, les feux de forêt en Amazonie, pour l'instant, c'est l'équivalent de la Picardie qui a brûlé dans la forêt primaire, les feux en Sibérie, il y a quelques mois, quelques semaines, c'est l'équivalent de la Belgique, une cinquantaine de villes qui ont connu cet été des températures au-delà de 40 degrés, des vignes cramées, la sécheresse dans la quasi-totalité des départements français, bref, on est à un moment où on doit cristalliser la préoccupation écologique pour agir.

Et ça doit être ça, la rentrée, c'est de mobiliser la société, c'est enfin, dans une société qui se divise, où les fractures sociales, territoriales, politiques se creusent, nous devons arriver à rassembler les Français autour d'un grand projet.

2:59
Locuteur 10

Mais est-ce que ce n'est pas ce qui est en train de se passer aujourd'hui ?

3:00
Locuteur 8

Françoise Fresseuse, malheureusement non.

3:02
Locuteur 10

Quand vous voyez, par exemple, Emmanuel Macron inscrire dans la Constitution la défense de l'environnement, la lutte contre le réchauffement climatique, est-ce que vous dites bravo ?

3:12
Locuteur 8

Yannick Jadot. Dès qu'un pas va dans la bonne direction, je dis toujours bravo. Vous ne me prendrez jamais en faute là-dessus. On ne peut pas à la fois constater avec les scientifiques que nous avons une dizaine d'années pour éviter le chaos climatique, l'anéantissement de la biodiversité. Ça veut donc dire en termes de politique publique, on n'a plus que quelques années, 2-3 ans pour engager les grandes ruptures, les grandes transformations. Et on va y revenir. Quand on en arrive là, moi je prends simplement cet été. Je ne vais pas prendre deux ans du quinquennat, deux ans et demi. Je vais juste prendre cet été.

Une autorisation donnée par la ministre de l'écologie sous la pression d'Emmanuel Macron pour abattre 6 000 courlis cendrés. C'est un cadeau aux chasseurs. Espèces en voie de disparition protégées avec des fonds européens. L'Europe dépense de l'argent pour protéger cette espèce. On le file aux chasseurs. Décisions cassées. Décisions cassées en Conseil d'État. Et bien que fait la ministre de l'écologie ? Elle vient d'autoriser l'abattage des tourterelles des bois. Espèces menacées au niveau mondial. C'est un oiseau migrateur. Une fois de plus, en totale infraction avec la loi et le droit européen. En totale infraction ou en désaccord avec tout ce que disent les experts.

Votre conclusion politique, qu'est-ce que c'est ? C'est de dire qu'on est en permanence dans le double discours. Et je pourrais prendre une mesure qui va concerner tous les Français. Tout le monde dit aujourd'hui que la priorité en matière de transition énergétique, c'est l'isolation des logements. Face à la canicule, il vaut mieux avoir un logement bien isolé, il y fait moins chaud. Et évidemment, ça réduit les dépenses de chauffage. Ça crée des dizaines de milliers d'emplois d'artisans sur tous nos territoires, y compris là où il n'y en a plus. Et bien, ce gouvernement a décidé de réduire le budget. Au moment où il faut mettre le paquet, on réduit le budget de l'isolation des logements.

5:05
Locuteur 10

Donc c'est pire qu'avant ? C'est pire que ce François Hollande ? C'est pire.

5:08
Locuteur 8

Et puis dans la loi, on a la loi de transition énergétique, la mise en place d'un service public de rénovation thermique. L'idée que chaque ménage qui veut isoler son logement, il va avoir un interlocuteur unique qui va lui dire, « Voilà où vous pouvez toucher de l'argent, j'ai organisé ça pour vous. Voilà quels sont les artisans dont vous avez besoin, je vais organiser ça pour vous. » Et bien aujourd'hui, ils sont tous précarisés parce qu'ils ne sont plus financés. On est dans un système totalement dingue où le gouvernement dit, on va essayer de financer un service public par le privé.

5:41
Locuteur 10

Est-ce que c'est pire qu'avant ? On a eu le quinquennat de François Hollande avec un certain nombre d'écologistes.

5:48
Locuteur 8

C'est la même chose. Au fond, c'est la même obsession du nucléaire. Malgré la faillite financière, malgré la faillite industrielle, on continue dans cette obsession du nucléaire. On continue à sous-développer.

5:59
Locuteur 10

Regardez, toutes les recherches vont s'interromper.

6:00
Locuteur 8

La France abandonne les recherches sur la quatrième génération de réacteurs. Pourquoi ? C'est une rupture sur le fond ou c'est un échec ? Vous vous rendez compte ? 738 millions d'euros ont été affectés à la recherche sur le nucléaire. C'est une faillite totale qui s'ajoute à tous les milliards d'euros d'argent public atomisé par le nucléaire. Imaginez cet argent dans les énergies renouvelables, dans l'hydrogène, dans le stockage de l'électricité, dans l'isolation des logements. On aurait été beaucoup plus vite. On aurait créé des dizaines, voire des centaines de milliers d'emplois. Et bien ça, c'est une faute politique.

6:35
Locuteur 3

On a quand même le sentiment que... Je vous écoute depuis 5 minutes que vous en rajoutez un peu, vous noircissez le tableau parce que c'est dans l'air du temps, parce qu'aujourd'hui les gens écoutent ça. Est-ce que ce n'est pas dangereux quand même d'avoir ce genre de discours ?

6:46
Locuteur 8

D'aller un peu fort ? Moi, je ne suis pas du tout sur les stratégies...

6:50
Locuteur 3

D'être un peu excessif, d'être un peu agressif, de défrayer tout le monde.

6:52
Locuteur 8

Non, non, je suis factuel. Et si j'apparais en colère, c'est parce qu'il y a tellement mieux à faire. Quand je vois qu'en Bretagne, j'étais cet été en Bretagne, les algues vertes pullulent partout. Partout.

7:08
Locuteur 3

Dans les côtes d'Armor ? Dans les côtes d'Armor ?

7:10
Locuteur 8

Non, non, partout, il y en a même en Normandie. Vous en avez même maintenant dans le golfe du Morbihan, ce qu'on ne voyait pas avant. Évidemment, c'est lié à l'élevage industriel. Et vous avez l'État, à travers sa préfète, qui autorise tous les agrandissements d'élevage. On est sur des poulaillers à 120 000 poulets. Et comment sont nourris ces poulets ? Comment sont nourris les élevages industriels bovins ? Ils sont nourris avec le soja brésilien. Ce que je veux dire, c'est que ma frustration, entendez-la, c'est que je vois tous ces paysans, qui ont fait leur conversion vers un modèle plus respectueux de l'environnement des animaux et de nous consommateurs.

Je vois ces paysans bio qui vivent bien mais qui ne touchent pas les aides de l'État. Je vois toutes ces PME qui veulent investir, ces artisans qui se forment sur l'isolation des logements. Je vois ces entreprises qui se disent, on a une responsabilité. On n'est pas simplement là pour faire de l'argent, on a une responsabilité et ça mobilise les salariés. Eh bien, je suis frustré, oui, qu'on n'agisse pas plus vite. Mais vous n'avez pas répondu à Karine dont le sens de la question était au fond, est-ce que la fin du monde est imminente ? Non, je ne suis pas sur l'effondrement. Vous n'êtes pas à tenant de la collapsologie ?

Non, je ne suis pas partisan parce que la réalité scientifique, elle est là. Mais ce que je veux dire à vos téléspectatrices, téléspectateurs, auditrices, auditeurs, c'est que si on agit maintenant... Lectrices, lecteurs, lectrices, lecteurs, c'est que si on agit maintenant, on va gagner. Si on agit maintenant, on va justement se trouver ensemble. Un beau projet pour nous rassembler, nous fédérer, nous mobiliser. Et ce qui manque dans la société française, et ce qui manque de manière incroyable, c'est justement de retrouver un projet partagé entre nous.

On va en parler et on va entendre votre portrait dans un instant, Yannick Jadot, c'est pas vous faire injure, mais l'icône du combat écologique à l'échelle mondiale, ce n'est pas vous, c'est une jeune suédoise de 16 ans, Greta Thunberg.

9:02
Locuteur 4

Il vous manque les tresses, les couettes et le côté fermé.

9:05
Locuteur 8

Et tant d'autres choses, mais elle est arrivée à New York après avoir traversé l'Atlantique sur un voilier. Qu'est-ce qu'elle représente pour vous ? Est-ce que c'est une icône ? Est-ce que c'est une figure inspirante ? Ou est-ce que c'est une créature médiatique, un prophète de l'apocalypse comme l'ont dit ou écrit certains ? Attention, on a vu tous ceux qui de toute façon combattent l'écologie et les solutions écologiques depuis des années, l'attaquer, la critiquer. On l'a vu à l'Assemblée nationale, c'est quand même... Avec des députés qui ont refusé de la recevoir. Au fond, ils trouvaient qu'elle avait trois défauts. C'est une femme, c'est une écolo, elle est jeune.

Donc, tous ceux-là sont, au fond, dans notre passé. Ça fait sourire, Nathalie Sainte-Crécaire. Maintenant, qu'est-ce qu'elle incarne ?

9:50
Locuteur 4

C'est pas simplement ceux qui ne sont pas allés l'accueillir.

9:53
Locuteur 10

Il y en a même qui l'ont accueilli, qui étaient exaspérés. Et d'ailleurs, quand Jérôme Fourquet, dans les impépis du Figaro hier, dit « C'est un mélange entre Jeanne d'Arc et Bernadette Soubirous », on peut comprendre que c'est un peu nécessaire, même si elle peut être un peu énervante.

10:07
Locuteur 8

Elle incarne aujourd'hui une jeunesse qui se mobilise. Elle n'est pas la jeunesse qui se mobilise. Elle incarne une jeunesse qui se mobilise et qui se mobilise pour dire quoi ? Ils ne sont pas dans la stratégie de l'effondrement. Ils se mobilisent pour dire « Nous devons agir ». Elle, si. Non, mais à chaque fois... Elle dit « La catastrophe est engagée, la fin du monde est imminente ». Elle dit « Je veux que vous paniquiez pour que vous agissiez ». Donc, ils se ressaisissent de la question politique. Ils ne se sortent pas du monde. Ils veulent être pleinement dedans en disant « Notre avenir se joue dans ces années qui viennent ». Et leur avenir à ces jeunes, c'est notre destin.

Et moi, ce que je vois, effectivement, tout le monde en fait des caisses autour de Greta Thunberg. Peut-être elle-même en fait un peu trop. Mais non, mais le sujet n'est pas de savoir. On sent une prise de distance. Non, ce n'est pas une prise de distance. Ce que j'aimerais, c'est qu'on parle des solutions. Pas du tout.

11:06
Locuteur 3

Mais elle vous inspire ou pas ? Parce qu'on a le sentiment que finalement, vous êtes un peu sur ces traces. Mais non. Vous êtes sur ces traces.

11:10
Locuteur 8

Moi, je l'ai vu.

11:11
Locuteur 3

Vous aussi, vous paniquez un peu le monde pour faire réagir les gens. Non, arrêtez.

11:14
Locuteur 8

Ne me faites pas passer pour quelqu'un qui veut faire paniquer le monde et qui n'est que négatif. Moi, justement, je pense que si je dis toujours « Le temps des écologistes est venu », c'est parce que les solutions existent dans la société. Et moi, ce que j'aimerais, c'est qu'on parle moins du personnage Greta Thunberg, qu'on parle de ses alertes, qu'on parle des actions à engager ou de ce qui n'est pas fait. Et qu'aujourd'hui, on ne parle que d'elle. Ceux qui veulent critiquer l'écologie, ceux qui veulent continuer à l'attaquer, plutôt que de parler des solutions au dérèglement climatique.

Et toute cette jeunesse qui s'empare de la question climatique, qui s'empare de la politique et qui nous interpelle pour nous dire « Agissez, c'est notre avenir et notre avenir, c'est notre destin commun », je trouve ça très beau. Elle vous fait de l'ombre ? Mais non, mais... Franchement, vous croyez qu'on manque de personnes aujourd'hui pour incarner l'écologie ? Oui. Vous savez, on a dans le monde... Je ne sais pas c'est qui le patron de l'écologie en France aujourd'hui. La réponse est oui, évidemment. Dans le monde ? Si la réponse est oui, plus il y en aura, mieux ce sera. Enfin, ce n'est pas mon rôle de répondre aux questions en l'occurrence, mais...

Vous savez, il y a trois façons d'approcher l'écologie aujourd'hui. Vous avez Trump, Bolsonaro, Poutine, c'est le déni. C'est le déni, à la fois un déni scientifique, mais la réalité c'est qu'ils sont financés par le pétrole, le gaz, l'agro-business, les pesticides, donc ils servent leur truc. Vous avez une deuxième approche, qui est ceux qui en parlent beaucoup, mais qui n'agissent pas ou si peu. Ça, ce sont nos dirigeants. Et ils construisent dans la société une énorme frustration parce qu'ils font des beaux discours, mais qu'ils agissent parfois à revers. Et puis, il y a les écologistes qui veulent encore une fois créer un projet enthousiasmant.

Enthousiasmant, porteur de solidarité, de justice sociale, d'emploi et de réconciliation. C'est ça que je veux, avec beaucoup d'autres, incarner. Avec beaucoup d'autres, mais justement, parlons de vous, de vous Yannick Jadot. Votre portrait, il est signé Karine Bécard.

13:04
Locuteur 3

Vous faites de la politique depuis assez peu de temps, Yannick Jadot, depuis dix ans seulement. Donc, c'est ce qui s'appelle un parcours plutôt fougurant. En fait, tout a commencé par un simple café, Place de la République, à Paris. Vous vous souvenez ?

13:18
Locuteur 8

Je ne sais pas de quoi vous allez parler, mais je pense que si vous tirez un petit peu...

13:22
Locuteur 3

Nous sommes en 2008-2009. Le porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot vous propose une place pour les Européennes sur la liste écolo. Et ce qui est vraiment frappant, Yannick Jadot, c'est que vous avez dit oui...

13:32
Locuteur 8

Ah, il ne pose pas du tout une place.

13:33
Locuteur 3

Immédiatement.

13:34
Locuteur 8

Là, il ne me pose pas du tout une place. Il dit, est-ce que c'était Pascal Durand, Jean-Paul Bécet, qui travaillait avec Nicolas Hulot ? Est-ce que tu veux construire un grand mouvement de l'écologie pour les Européennes avec Danny Cohn-Bendit ? Il n'y avait pas de place à cette époque-là.

13:47
Locuteur 3

Et vous dites oui, immédiatement. Comme si le directeur des campagnes de Greenpeace France, que vous étiez à l'époque, attendait cette proposition-là depuis déjà bien trop longtemps. Autrement dit, fonceur. Oui, ça, vous l'êtes. Et même bagarreur, vous savez taper. Vous n'avez pas peur de vous confronter. L'ancien activiste que vous avez été aime bien bastonner. Avec une spécificité, le besoin de vous afficher devant de vous mettre en avant. Non ?

14:16
Locuteur 8

J'essaye toujours le meilleur score qu'ont jamais fait les écologistes en nombre d'électeurs.

14:21
Locuteur 3

C'est vrai. Europe Écologie-Les Verts, et vous-même, avez totalisé en mai dernier aux élections européennes près de 3 millions d'électeurs.

14:29
Locuteur 8

Je suis devenu une star parce que j'ai fait ce score-là. Je n'ai pas fait ce score-là parce que j'étais une star.

14:35
Locuteur 3

Vous êtes devenu une star.

14:36
Locuteur 8

Non. Ce que je dis dans cette interview, c'est qu'on me, pendant à peu près 20 questions, on me dit, vous êtes devenu une star. Et je veux justement déconstruire ça. Jus ce moment où vous reprenez les mots. Ben oui, c'est jusqu'au moment où je reprends les mots. C'est un truc de journaliste et de montage après. J'ai pas fait gralement. Ce sont les mots que vous avez prononcé, Yannick Jadot. Je suis tout à fait d'accord. Je suis tout à fait d'accord. Après une campagne électorale, on peut être un peu fatigué. Mais justement, pour démonter l'argument qui est de dire, il n'y a pas besoin d'être une star pour faire un bon score aux élections. Il faut une belle équipe et un beau projet.

15:06
Locuteur 3

En tout cas, c'est ce qui s'appelle de l'assurance, avec peut-être un petit excès de confiance. Cela dit, c'est vrai qu'au tout début, en 2009, ce proche de Nicolas Hulot, qui vous avait repéré, Yannick Jadot, avait dit de vous, je parle de Jean-Paul Besset, tu es l'un des meilleurs d'entre nous. Wow. Même Daniel Cohn-Bendit, écologiquement parlant, reconnaît qu'il vous a toujours trouvé impressionnant. Mais il vous avait conseillé d'apprendre à dire les choses en souriant. Oui, sauf que lui n'a manifestement jamais aspiré à devenir président.

15:35
Locuteur 8

Réaction, Yannick Jadot ?

15:36
Locuteur 3

Vous avez dit beaucoup de choses déjà.

15:38
Locuteur 8

Voilà, j'ai dit beaucoup de choses. Mais je pense qu'il faut aujourd'hui, effectivement, faire de l'écologie en souriant. C'est-à-dire que Ben dit qu'il vous l'a fait, ça ? Notre société va mal. Mais on a un pays absolument extraordinaire. On a des richesses extraordinaires. Et il lui manque aujourd'hui, non pas la commémoration du passé pour savoir ce que ce peuple français est, mais une projection. Et pour se projeter aujourd'hui, il faut protéger. Donc votre problème, c'est un problème marketing, si on vous entend. C'est-à-dire qu'il faut marketer ces idées-là pour qu'elles soient acceptées facilement par la population. Oui, mais ça, c'est le métier de la politique depuis toujours.

Bien sûr, vous avez raison. Apprendre à sourire, ça devient une question de communication politique. Oui, c'est un enjeu de, il ne faut pas, si vous voulez, les gens sont suffisamment déstabilisés, il ne faut pas les agresser, il ne faut pas les engueuler en permanence, il ne faut pas les culpabiliser, il ne faut pas leur foutre la trouille. Au fond, il faut être factuel du point de vue scientifique sur la dégradation climatique, la dégradation de la biodiversité, l'explosion des inégalités, l'affaissement de la démocratie partout.

Rien de tout ça n'est rassurant, mais justement, il faut, par les solutions, vous savez, vous parliez d'il y a 10 ans, il y a 10 ans, les énergies renouvelables étaient plus chères que le nucléaire, plus chères que les énergies fossiles. Aujourd'hui, elles sont nettement moins chères. Il y a 10 ans, ceux qui avaient fait leur conversion en agriculture biologique, c'était des précurseurs. Aujourd'hui, ils sont de plus en plus nombreux, et ça marche bien, y compris du point de vue de leur revenu, du point de vue de l'agroécologie, du point de vue de la préservation de l'environnement. Donc, aujourd'hui, on a les solutions. Ce que je veux dire, c'est qu'on a les solutions, c'est pour ça.

Quand je dis le temps des écologistes est venu, c'est pas simplement que ceux qui aujourd'hui se revendiquent de l'écologie ont tellement failli dans le passé qu'ils ne sont plus crédibles pour incarner la solution écologique. C'est que nous, nous avons les solutions, et que nous les mettons en place, et que nous sommes prêts. Françoise Fressaud.

17:35
Locuteur 10

Alors, se pose une question, c'est quel est le meilleur terrain pour agir ? Est-ce que c'est le national ou l'européen ? Autrement dit, vous, vous êtes élu député européen, est-ce que vous allez rester en fonction jusqu'au bout ? Ou est-ce que vous allez dire, non, ma carrière, elle est en France maintenant, donc je vais m'investir sur les municipales, sur les régionales, sur la présidentielle ? Quel est le bon terrain pertinent pour faire bouger les choses ?

17:58
Locuteur 8

Vu l'urgence, tous les terrains sont pertinents. Regardez ce qui se passe avec Trump et Bolsonaro. Évidemment, la capacité de l'Europe à agir, la capacité de l'Europe à repenser la régulation de la mondialisation, sur la base du climat, sur la base de la biodiversité et de la solidarité, plutôt que sur une mondialisation qui organise la guerre de tous contre tous, fait que l'Europe est un enjeu absolument essentiel.

18:24
Locuteur 10

Et est-ce que vous pensez pouvoir faire bouger les choses dans la législature qui vient ?

18:28
Locuteur 8

Il le faut. Regardez la question. On a beaucoup parlé, évidemment, autour du G7 et des défaits en Amazonie, de la question du Mercosur. Le président de la République a suspendu...

18:40
Locuteur 10

Bon, là, bon point.

18:42
Locuteur 8

Bien sûr, je l'ai dit. Tant mieux. Mais l'accord avec le Mercosur est structurellement un accord qui détruit l'Amazonie. Pourquoi le Brésil l'a signé, cet accord ? Il l'a signé pour exporter plus de soja, plus de viande bovine et plus de viande de poulet. Trois facteurs qui participent de la déforestation en Amazonie. Donc, il ne faut pas me raconter que c'est une surprise. Cet accord est structurellement... Et puis, voyez... Mais s'ils les exportent, ils les exportent à qui ? Ils les exportent notamment à nous. Est-ce que vous diriez que les consommateurs sont malgré eux complices de la déforestation ? C'est ce que déclare la déforestation de l'Amazonie ?

C'est ce que déclare Mathieu Orphelin qui est député ex-La République En Marche ? Ils sont... Ils sont indirectement complices, si vous voulez. Ça, c'est le registre de la culpabilisation. C'est de la vérité aussi. De la vérité, bien sûr. Mais ce que je veux dire, c'est que l'un des grands chantiers européens aujourd'hui... Est-ce que vous diriez que les consommateurs, c'est la rentrée, tout le monde va aller faire ses courses au supermarché pour les enfants acheter... Effectivement, un, la France est le premier importateur européen de soja transgénique.

19:45
Locuteur 3

Il faut l'interdire ?

19:46
Locuteur 8

Donc, nous sommes... Moi, ce que j'ai dit pour mettre la pression sur Bolsonaro, c'est qu'il va aller faire un embargo pour le pousser à intervenir sérieusement contre les feux de forêt. Mais, là, la cohérence avec le débat sur l'Europe, le grand sujet, le grand sujet sur le soja brésilien, d'accord ? Parce que si vous voulez, c'est toucher le régime Bolsonaro au cœur du portefeuille. Est-ce que les agriculteurs français vont-ils nourrir leurs bêtes ? Eh bien, il y a un, il y a d'autres protéines animales qu'on peut trouver. Mais, ce que je veux dire, c'est que le grand chantier que nous avons au niveau européen, c'est la réforme de la politique agricole commune.

Est-ce qu'on continue à financer une agriculture qui vit des importations de soja ? Pour l'Europe, tous les ans, on importe en surface de soja l'équivalent de l'Allemagne. L'équivalent de l'Allemagne. En France, pour la France, c'est l'équivalent de la Bretagne. Ce que je veux dire, c'est que, soit on continue, comme fait ce gouvernement, à favoriser l'agriculture la plus intensive, l'élevage le plus concentrationnaire qui vit des importations de soja, soit on met tout l'argent européen de la PAC vers la transition de mode modèle agricole et donc les consommateurs qui, aujourd'hui, sont piégés ne seront plus complices. Mais moi, ce que je veux, je ne veux pas culpabiliser les consommateurs.

On a tous une responsabilité individuelle. Mais quand c'est l'État qui donne des autorisations partout pour... Regardez ce que vient de faire le ministre de l'Agriculture. Sur l'eau ! Sur l'eau ! Ne mélangez pas tout ! Non, c'est toujours l'agriculture ! N'accumulez pas les sujets, on va y venir, on va y venir, Yannick Jadot.

21:21
Locuteur 3

Cette contradiction, en fait, des Français et globalement même des Européens, enfin des consommateurs, elle est intéressante, je trouve, parce que finalement, c'est la contradiction à laquelle se heurtent les écologistes quand ils se retrouvent au pouvoir. C'est-à-dire qu'à un donné, effectivement, on est coincé dans les choix qu'on fait. Donc comment l'écolo va réussir à exercer le pouvoir ? Est-ce qu'il en est capable, finalement ?

21:42
Locuteur 8

Mais bien sûr ! En transformant ces politiques publiques qui nous font du mal, aujourd'hui, on met de l'argent public pour détruire les emplois, détruire l'environnement, abîmer la santé et appauvrir nos territoires. On peut exactement faire l'inverse avec cet argent public.

21:57
Locuteur 1

Exactement, c'est le pouvoir, c'est faire des compromis. Est-ce que les écologistes sont en capacité d'en faire sur ces sujets ?

22:01
Locuteur 8

Mais on fait des compromis au Parlement européen quand ça permet de faire avancer les choses. Quand on a des élus, on a une centaine d'élus municipaux, on fait des compromis pour être sûr que l'ensemble des citoyens sont favorables aux transformations. Nous, ce qu'on veut, c'est qu'il n'y ait pas un seul salarié qui soit laissé au bord de la route. Et là, on est en train de laisser des salariés au bord de la route. On est en train de tuer les paysans. Dans l'industrie automobile, à force d'être laxiste sur la pollution et sur la consommation en carburant, on perd nos emplois dans l'automobile. Quand d'autres en créent, y compris sur le territoire français, je pense à Toyota.

Pourquoi ils ne le font pas ?

22:36
Locuteur 10

Est-ce qu'il n'y a pas la nécessité d'un sens d'adaptation, aussi bien pour retrouver deux produits de substitut au soja ? Pourquoi ne le font-ils pas ? Parce qu'ils sont prisonniers. Non, ce n'est pas la question de méchant. À vous écouter, on peut laisser les consommateurs tranquilles sans les culpabiliser, réussir à faire la transition, réussir à avoir des agriculteurs qui sont heureux et qui gagnent bien leur vie, tout ça en même temps.

22:57
Locuteur 8

Ben oui, absolument.

22:58
Locuteur 10

C'est vraiment qu'ils sont idiots avant.

22:59
Locuteur 8

Non, parce que vous n'êtes pas naïves sur la façon dont notre société est organisée. Vous pensez que ce sont les pays en bio qui aujourd'hui ne touchent pas les aides de l'État français qui sont en permanence au ministère de l'Agriculture ? Non, c'est la direction de la FNSA. C'est les grands lobbies des pesticides. Regardez au Brésil, pourquoi est-ce que Bolsonaro est complice ? Il veut continuer à faire du Brésil le numéro 1 de la viande bovine et de l'exportation de viande bovine. Regardez tous les scandales de corruption bovine.

23:29
Locuteur 10

Je ne vous parle pas de Bolsonaro, je ne vous parle pas de Trump,

23:30
Locuteur 8

je vous parle de la France.

23:31
Locuteur 10

C'est-à-dire qu'on peut créditer les gouvernements successifs d'avoir essayé.

23:35
Locuteur 8

Non, ils n'ont pas essayé. Pardonnez-moi. Quand, pour les chasseurs, contre la nature, vous donnez des autorisations... Ça, c'est un truc électoral, les chasseurs.

23:42
Locuteur 10

Ce n'est pas la même chose que les agriculteurs.

23:44
Locuteur 8

La question électoraliste autour des agriculteurs est très très forte. Quand vous donnez des autorisations à Total pour importer de l'huile de palme qui participe à la déforestation en Indonésie, vous pensez vraiment que c'est un sujet majeur de la protection du climat ? C'est l'inverse. C'est parce que... Vous voyez, ce qui est triste avec Emmanuel Macron, si je peux me permettre, on a un président très jeune, 40 ans. C'était une bonne nouvelle pour notre pays, d'avoir un président jeune. On pensait qu'il allait faire bouger la société, qu'il allait recomposer le paysage politique autour du mouvement.

Et la réalité, c'est qu'il a unifié ceux de gauche et de droite qui pensaient la même chose, qui ont failli de la même façon sur l'écologie, le social. Au fond, la politique, le projet macronien, c'est de sauver les meubles du vieux monde. Sans sa politique, c'est privatisation, libéralisation, libéralisation.

24:37
Locuteur 10

Il y a eu une volonté de bouger, il y a eu une volonté aussi d'accorder un délai pour de l'adaptation. Et est-ce que vous, vous n'êtes pas dans la caricature de dire finalement rien, jamais ne bouge, il faut une révolution immédiate ? Est-ce que vous intégrez les contraintes économiques d'emploi ?

24:56
Locuteur 8

Mais bien sûr, je passe ma vie avec les salariés, avec les paysans, avec les pêcheurs, avec ceux qui n'ont pas de boulot. On passe notre vie à essayer de construire les solutions avec toutes ces personnes-là. Parce que si ce ne sont pas nos alliés, on ne réussira pas. Mais franchement, vous savez, vous parliez du Grenelle de l'environnement qui a été le ferment de construction de Nicolas Sarkozy en 2007 qui a débouché sur Europe Écologie en 2009. C'était le début de votre portrait. En 2007, on négocie la réduction des pesticides de 50% de 2007 à 2018. On a dépensé d'argent public 700 millions d'euros. Résultat des courses, plus 20% d'utilisation des pesticides.

Parce que rien de contraignant n'a été fait.

25:43
Locuteur 10

Qui est responsable ?

25:44
Locuteur 8

L'État.

25:45
Locuteur 10

L'État. Qui au sein de l'État est responsable ?

25:47
Locuteur 8

Vous avez un ministère de l'Agriculture qui est un ministère qui, en permanence, au fond, il ne suit même pas les demandes de l'agriculture la plus industrielle. Il les anticipe. Vous avez un matignon qui, Nicolas Hulot l'a dit, tous les ministres l'ont dit au fond aujourd'hui et aussi le défenseur du vieux monde. Et vous avez Bercy qui veut diriger la France comme une feuille Excel. Et donc, à un moment donné, soit on a le courage politique d'affronter les lobbies, on a le courage politique et la cohérence politique d'expliquer, d'expliquer, et d'expliquer aux Français que cette grande transition écolo, elle est positive. Elle va créer de l'emploi. Elle va nous réconcilier.

Elle va remettre de l'emploi dans des zones rurales, dans des quartiers où il n'y en a plus. Et soit on a ce courage politique, cette envie de changer et on emmènera toute la société française. Soit on ne l'a pas et on passe notre temps à reculer et c'est ce qui se passe, malheureusement. Juste une parenthèse, Sylvie Goulard, c'est le bon choix d'Emmanuel Macron. Est-ce que vous considérez que vous allez être bien défendus, que nous allons être bien défendus ? Commissaire, Vous avez dit grosse gêne. Oui, grosse gêne. Grosse gêne, pourquoi ? Grosse gêne, pourquoi ? Parce que, alors un, Sylvie Goulard est une vraie pro-européenne. C'est une femme de talent, convaincue.

Alors ça, c'est la colonne actif ? Oui, mais c'est important. Un peu écolo ou pas ? Pas tellement. Très libérale, pas très écolo. Là, il faut reconnaître que... Et puis surtout... Et parce qu'elle ne connaît pas

27:15
Locuteur 1

ces dossiers-là, c'est ça ?

27:16
Locuteur 8

Vous savez, à un certain moment de votre expérience politique, ce n'est pas parce que vous n'avez pas été formé à l'écologie. Normalement, c'est soit vous pensez que c'est important, soit vous pensez qu'en fait, ces quantités n'obligeables. Mais au moment où le président de la République justement dit « Oh ! J'ai changé ! » Vous savez, ils ont tous fait. Là, ça serait marrant de faire des vidéos, on compare tous les présidents de la République, on dit « J'ai changé ! » Bon. Il dit « J'ai changé, l'écologie c'est important, j'ai compris ». Vous-même vous l'avez dit, sûrement. Sûrement. Donc, mais...

27:47
Locuteur 3

Il ne fait de la politique que depuis dix ans.

27:49
Locuteur 8

Voilà.

27:49
Locuteur 3

Peut-être pas encore eu le temps.

27:50
Locuteur 8

Donc, mais... Au moment où il dit ça, on se dit « Mais voilà ! » Ce que veut récupérer la France, c'est une vice-présidence de la Commission européenne sur le climat, la transition de l'agriculture, la protection de la biodiversité. On va mettre quelqu'un de puissant qui va faire ça et qui va s'engager pour que l'Europe devienne le leader de l'écologie. Ça aurait fait qui ? J'en sais rien. Ça, c'est le choix du président. Mais il met quelqu'un qui a défendu quand même les mesures d'austérité en Europe, qui est une européenne convaincue, et puis qui est quand même... Dont la candidature est parasitée. Parfois.

Elle a démissionné du gouvernement à cause des emplois présédés finis du mois d'année 2017.

28:37
Locuteur 4

Elle a été blanchie là-dessus sur les histoires de l'agriculture. Le Parlement européen

28:40
Locuteur 8

a dit « Bah ! » Mais elle a quand même quitté le gouvernement à cause de ça et au fond, elle est commissaire. Donc elle va être sérieusement interrogée là-dessus.

28:48
Locuteur 1

Le Parlement européen lui-même dit « C'est une petite affaire mineure. »

28:51
Locuteur 8

Oui, tout à fait. Excusez-moi. Et puis, elle a été financée pendant quelques années par un think tank américain.

28:57
Locuteur 10

Ça vous gêne, ça ?

28:58
Locuteur 8

Si vous voulez, c'est toujours gênant quand on voit la difficulté des relations entre l'Europe aujourd'hui et les États-Unis de savoir exactement quel était le sens de son engagement pour la think tank. On a une idée de quelle était la nature de ses intérêts. La force du Parlement européen, la force du Parlement européen, c'est que nous auditionnons les commissaires. Ce n'est pas le cas des ministres. Nous auditionnons les commissaires. On est bien dans le micro, Yannick Jadot. Et donc, j'ai déplacé le micro, si je bouge alors. Donc, il va falloir qu'elle s'explique sur tout ça. Mais, encore une fois...

29:25
Locuteur 5

Et vous, vous votez non ? Oui ?

29:26
Locuteur 8

Je ne sais pas. On va voir les explications qu'elle va donner. Mais, moi, ce que j'aurais surtout aimé, c'est que... D'ailleurs, c'est vrai qu'on critique beaucoup le fonctionnement des institutions européennes, mais pour le coup, aucun ministre français ne passe un grand oral comme les candidats à la Commission. Et je peux vous dire qu'ils sont sur le gris pendant un paquet d'heures. Oui, ça, c'est le bonheur des eurodéputés en début de commission. Ce n'est pas le bonheur, c'est le fonctionnement démocratique. Vous savez, on est quand même dans un monde aujourd'hui où la question du Parlement redevient une question politique centrale.

Regardez les manifestations en Grande-Bretagne avec ce qu'a fait Boris Johnson et son Parlement. Regardez le fonctionnement plutôt bénéfique du Parlement en Italie qu'a évité le coup de Salvini. Et regardez en Hong Kong, les manifestants, ils défilent devant le Parlement. Donc, un Parlement, c'est aussi la démocratie, tant mieux. On va revenir justement au fonctionnement de la démocratie française. Karine Becker.

30:15
Locuteur 3

Alors, cela dit, on disait juste avant à l'exception de cette pré-nomination de Sylvie Goulard qu'il est en train de reverdir beaucoup son quinquennat. En tout cas, il essaye, Emmanuel Macron. Est-ce que le fait qu'il verdisse

30:29
Locuteur 1

malgré tout sacrément avec cette convention des 150, avec ce conseil de défense écologique, etc., est-ce qu'il ne vous oblige pas ? Vous vous rendez compte que vous ne parlez

30:36
Locuteur 8

que d'institution et de processus ? Est-ce qu'il ne vous oblige pas ? Il n'y a pas eu un acte, une action.

30:40
Locuteur 3

À être plus vert que vert, en fait ? Non.

30:43
Locuteur 8

Moi, ce que je veux, c'est rassembler tous les Français. Alors, je vais vous dire, mon objectif, ce n'est pas qu'on soit, je ne sais pas quoi, plus vert que vert et qu'on espère ou qu'on se paye deux mots en disant qu'on va gagner. Moi, ce que je veux aujourd'hui, c'est rassembler tous les Français, toutes celles et tous ceux, d'où qu'ils viennent, qui voient aujourd'hui que c'est l'urgence écolo et là, qu'il y a des solutions et qu'il y a des valeurs qu'il faut remettre dans l'associé, tous ceux qui se reconnaissent dans ce projet-là. Il y aura des élections en 2020, Yannick Jadot, et puis en 2022.

Mais en l'occurrence, avant ça, il faut des stratégies, il faut des alliances, éventuellement, avant de rassembler les Français. Il va falloir vous allier avec d'autres. Françoise Fresseuse.

31:26
Locuteur 10

Et c'est au fond, là-dessus, qu'on sent que ça bloque depuis que vous avez fait le score que vous avez fait aux élections européennes. C'est-à-dire que Europe Écologie Les Verts se dit « Ouh là là, il nous emmène vers la droite, il n'est pas, ce n'est pas un pur de gauche. » Alors, qu'est-ce que c'est que le jadotisme, en fait, aujourd'hui ?

31:42
Locuteur 5

Ouh là ! Le jadotisme,

31:45
Locuteur 8

le néologisme de la rentrée. Qu'est-ce que c'est ?

31:48
Locuteur 10

Comment, idéologiquement, comment est-ce que vous vous définissez ?

31:51
Locuteur 8

Je n'ai pas encore un melon si gros que je veux définir ce qu'est le jadotisme ou le jadotisme. Non, mais Françoise Fresseuse vient d'inventer le concept. Il existe, il faut maintenant le définir.

32:02
Locuteur 10

Idéologiquement, qu'est-ce que c'est ?

32:04
Locuteur 8

C'est de considérer que, justement, l'urgence écologique est telle que c'est autour de ces enjeux-là que le paysage politique doit se redéfinir. Je l'ai dit plusieurs fois, moi, je suis fils d'un stiite, ma famille était de gauche, je me suis toujours senti de gauche, mais franchement, est-ce qu'aujourd'hui, on peut considérer que ça suffit pour faire face à l'urgence écologique, pour faire face à l'urgence sociale ? Évidemment pas. Et je crois que c'est autour de l'écologie. L'écologie n'a plus à se positionner par rapport au vieux paysage politique qui, reconnaissons-le, n'est pas satisfaisant. Regardez, moi les jeunes, j'ai essayé de définir. J'ai essayé de définir un autre chose.

Attendez, mais avant de vous laisser filer, Françoise.

32:50
Locuteur 10

Même si j'enlève gauche-droite, il y a quand même des questions fondamentales. Par exemple, le libre-échange. Est-ce que vous condamnez formellement le libre-échange ?

32:57
Locuteur 8

Tel qu'il s'exerce aujourd'hui, oui.

32:59
Locuteur 10

Tel qu'il est exercé, mais sur le concept même.

33:02
Locuteur 8

Dans votre question, en fait, est-ce que nous sommes contre les échanges commerciaux internationaux ? Évidemment pas.

33:10
Locuteur 10

L'ouverture, ce qu'on appelle l'ouverture au monde.

33:11
Locuteur 8

Mais l'ouverture, évidemment. Ce que nous disons, et franchement, est-ce que quand on se bat contre l'accord avec le Mercosur ou qu'on s'est battu avec l'accord avec le Canada, est-ce que nous n'avions aucun échange commercial avec le Canada avant le CETA ? Bien sûr que nous avions des échanges commerciaux. La question, c'est la mondialisation telle qu'elle s'exerce aujourd'hui, déstabilise tout le monde, organise la compétition de tous contre tous et explose les limites de la planète.

Ce que nous voulons, ce ne sont pas des accords de libre-échange qui, on le voit avec le Mercosur, participent de la déforestation, participent du dérèglement climatique, participent de la malbouffe, de la souffrance animale, de la disparition des paysans ou on veut réguler les échanges, l'économie sur la base du social, des droits humains et de l'environnement. C'est ça le sujet. Et les accords de libre-échange aujourd'hui ne sont pas des accords au fond d'ouverture commerciale. Mais ça, un macroniste pourrait le dire. Ça ressemble au jaloïsme. Mais non, parce qu'ils font l'inverse. Ils font exactement l'inverse. Je suis désolé.

L'accord du Mercosur, c'est un accord qui va à l'envers de tout ce qu'il faut. Et moi, ce que j'aimerais... Bon, mais là, à priori, tout le monde est d'accord sur la scène politique. Non, non, non, c'est faux. C'est faux. Personne ne défend le Mercosur. Il y a Mignac Jadot. Mais bien sûr que tout le monde le défend. Personne ne le défend.

Le président de la République lui-même, le président de la République lui-même, le président de la République lui-même, le président de la République lui-même, le président de la République lui-même, ce que je veux dire, c'est que là, le moment dans lequel nous sommes, ce n'est pas d'aller essayer d'aller trouver des solutions à l'atomie économique européenne par des échanges qui maltraitent notre planète et maltraitent nos habitants. C'est là l'enjeu. C'est un plan de relance européen. L'Allemagne va mal. L'Italie ne va pas très bien. C'est ce que l'a dit Emmanuel Macron quand il dit... Mais il ne le fait pas. Il ne le fait pas. Il fait l'inverse. La question n'est pas le discours.

La question n'est pas le discours. C'est l'exacte que vous pose. La question qui est posée maintenant, c'est celle de la stratégie politique et notamment la vôtre.

35:03
Locuteur 4

La vitesse des centres d'un camp est un peu bas de gamme et puis être dans la définition du jadotisme. Je voudrais juste savoir concrètement

35:08
Locuteur 10

avec qui vous allez travailler. Parce qu'il y a un moment donné, ce n'est pas interplanétaire. Il y a des municipales. Il y a la possibilité dans des villes avec qui vous bossez. Est-ce que vous pouvez bosser avec tout le monde ? C'est-à-dire des ex de droite, des ex de gauche, n'importe qui. J'ai compris que c'était le vieux monde mais il se posera quand même le problème. Deuxièmement, puisqu'on a parlé du jadotisme, il y a le cormondisme qui était quelqu'un qui est dans votre partie. Alors là, on est dans l'infiniment petit.

C'est quand même quelqu'un qui est sur une ligne à gauche et qui considère, peut-être comme Europe Écologie Les Verts, que en gros, vous les emmenez dans une dérive droitière. Alors, un, avec qui vous bossez ? Deux, est-ce que vous êtes vraiment à la tête d'un parti qui est prêt à être sur la même ligne que vous et qui n'est pas plus à gauche que son chef ?

35:47
Locuteur 8

Les écologistes, comme rarement, sont rassemblés aujourd'hui. Et je peux vous dire qu'on a passé des journées d'été extrêmement unitaires. Après, on dit tous la même chose, parfois de façon un peu différente, avec des référentiels différents. Mais on a tous une histoire politique. On a tous des engagements militants, politiques, personnels. On a tous des opinions, des choses qui font notre diversité. C'est un mouvement de gauche. Hein ? C'est un mouvement de gauche, Europe Écologie Les Verts. Non, c'est un mouvement écologiste. Non, c'était un mouvement de gauche. C'est un mouvement écologiste. C'est presque un mouvement gauchiste, par moment.

Mais non, mais regardez, soyez attentifs à la façon dont nous sommes rassemblés. Yannick Jadot. Soyez attentifs à ce que nous portons tous dans le discours. Yannick Jadot, ne soyez pas de mauvaise foi. Ce que nous disons. Ne soyez pas de mauvaise foi. Mais je suis de parfaite bonne foi. Ne soyez pas de mauvaise foi. Europe Écologie Les Verts a une tradition, une histoire politique, un ancrage à gauche. Mais certains vous reprochent une dérive droitière, répondant de Nathalie Saint-Cricq.

Alors, ce que nous disons aujourd'hui, c'est que l'urgence est telle, l'urgence est telle, que toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans l'idée que l'écologie doit devenir le cœur du paysage politique, sont bienvenus. Alors après, c'est dans la façon dont vous nous interrogez. Est-ce qu'on fait alliance avec les républicains aujourd'hui ? Évidemment non. Ils sont dans le déni écolo.

37:06
Locuteur 10

Non, mais attendez, pas tous.

37:07
Locuteur 8

Ils sont, écoutez, Wauquiez, regardez Pécresse, Wauquiez, dans toutes les régions, ils sont... Vous citez Wauquiez tout le temps. Non, mais attendez, les républicains sont dans le... en tant que force politique, sont dans le déni écologique. Regardez. Alors, pas les républicains, mais il n'y a pas que... Regardez La République en marche. Oui. J'ai encore dit, on a sécheresse dans tous les départements. Qu'est-ce que fait le ministre de l'Agriculture ? Il dit, on va mettre plus d'argent public dans l'irrigation du maïs, notamment dans le sud-là. Donc, il n'y aura pas d'alliance entre Europe Écologie Les Verts et La République en marche dans aucune des villes au municipal.

Non, mais dites toutes les choses très simplement. Mais non, je vais dire les choses très simplement. Les élections municipales sont 36 000 cas particuliers. Ce n'est pas une élection nationale. les élections municipales. Aujourd'hui, qu'est-ce que nous faisons partout ? Nous essayons de réunir toutes celles et tous ceux qui veulent venir autour des projets écolos pour les porter au premier tour des élections. Il n'y a pas de ligne jaune, de ligne rouge, c'est-à-dire par exemple à Montpellier. Il n'y a pas un... Vous dites... Mais c'est les valeurs qu'on défend, les projets qu'on défend. Donc, ça va être 36 000 cas, y compris avec des gens qui viennent de la droite qui s'y font...

Mais si des gens viennent de la droite... Aujourd'hui, y compris, vous l'avez dit, beaucoup à Europe Écologie Les Verts disent « Nous, on est dans le camp de la gauche. » Je l'ai dit, moi, je me suis toujours senti de gauche. Mais est-ce que ça suffit ? Plus personne ne croit que le camp de la gauche suffise. Il n'y a qu'un seul maire, Europe Écologie Les Verts, dans une ville de plus de 100 000 habitants.

38:34
Locuteur 3

À Grenoble.

38:35
Locuteur 8

À Grenoble. Il s'appelle Eric Piolle, en l'occurrence. Si vous voulez conquérir d'autres villes, il va falloir des alliances avec des appareils politiques. Alors, vous pouvez dire qu'il y aura 36 000 cas différents. Il y aura malgré tout deux grandes lignes de fonds. Franchement, si on veut gagner la bataille de l'écologie et la bataille des inégalités, est-ce que vous pensez sincèrement que tous ceux qui viennent de la gauche et comportaient les combats de la justice sociale, de la démocratie, de l'égalité des droits, ils sont bienvenus. Tant mieux. Mais ceux qui viennent d'ailleurs, d'ailleurs qui n'ont pas d'étiquette, ou les jeunes.

Vous savez, pour les jeunes, la gauche, c'est Hollande et Vars. Je peux vous dire que la gauche, ils ne comprennent pas bien le lien avec l'écologie. Donc, tous ceux qui viennent d'ailleurs, qui viennent de nulle part ou qui viennent d'ailleurs, et qui se retrouvent sur ce projet-là. Mais si on veut gagner, moi je l'ai toujours dit, s'ouvrir, s'ouvrir, s'ouvrir, ce n'est pas se ramollir, c'est grandir. C'est se donner une chance de gagner. S'ouvrir, s'allier avec qui ? Écoutez François Ruffin qui était aux universités d'été de la France Insoumise et c'était il y a quelques jours.

39:41
Locuteur 9

Que le rouge et le vert s'unissent. Il faut que les mouvements des Gilets jaunes et les mouvements de la jeunesse pour le climat s'unissent. Et il faut que ça se traduise aussi sur le plan politique. Il faut absolument que, évidemment, les deux forces importantes à gauche que sont la France Insoumise et l'Europe et qui le dit les verts, constituent un bloc et qu'on aille vers un nouveau front populaire écologique.

40:05
Locuteur 8

Notre réponse ? Mais je l'ai dit, y compris dans mon discours aux journées d'été des verts. Moi, il y avait, à nos journées d'été, il y avait François Ruffin, il y avait Delphine Bateau, il y avait Raphaël Glucksmann, il y avait Guillaume Ballas. J'ai dit, mais travaillons ensemble ! Mais parce que c'était ceux qui étaient là. Travaillons ensemble à cette grande... Non, mais ce que je veux dire, ce que je veux dire, c'est que le sujet, ce n'est pas de faire des accords d'appareil politique aujourd'hui. Ça, ça n'intéresse personne. Les Français s'en foutent et moi aussi, et ils ont raison.

François Ruffin, quand il dit le rouge et le vert, ça a des sens politiques, la symbolique des couleurs, ce n'est pas qu'une histoire que raconte Michel Pastoureau, c'est aussi quelque chose qui traduit des idées politiques. Et en l'occurrence, le rouge et le vert, ça a un sens. Est-ce que vous êtes prêts à vous allier avec la France Insoumise et est-ce qu'il faut un front populaire écologique ? Moi, je suis prêt, je l'ai dit, je pense que c'est comme nous le faisons pour les municipales. C'est autour du projet qu'il faut rassembler. Ce n'est pas autour des accords d'appareil, c'est autour du projet et des solutions que nous proposons aux Françaises et aux Français.

Les Françaises et les Français, moi, je le vois, je l'ai vu en campagne, je le vois depuis, je le vois tous les jours, ils veulent qu'on agisse pour eux. Simplement, ils veulent qu'on agisse pour eux. Moi, j'ai envie de travailler. François Ruffin est un type très intelligent, Raphaël Glucksmann est un type très intelligent, Delphine Bateau est une femme très intelligente, j'ai envie de travailler avec eux. Mais pas pour dire, est-ce qu'on, la prochaine fois, on fait une grande négociation PS, LFI, Les Verts, ça, les gens s'en foutent. Travaillons sur un projet qui nous rassemble et on verra qui vient.

41:42
Locuteur 3

Les appareils, ça vous ennuie ? Les appareils, les partis, on n'a plus besoin aujourd'hui ? Non, je ne crois pas à ça.

41:47
Locuteur 8

Vous savez, j'ai toujours, vous l'avez dit, depuis 10 ans, moi je suis Europe Écologie Les Verts, j'ai toujours été loyal envers ma formation politique et je pense que les partis comme les syndicats, comme les élus, ça structure une démocratie. Notre parti aurait disparu s'il n'avait pas un fonctionnement démocratique. Aujourd'hui, je suis très fier, il est rassemblé, il est uni, il gagne des militants, mais, y compris, c'est dans le discours que j'ai fait, il va falloir qu'il sache se dépasser. C'est pas Europe Écologie Les Verts seule qui construira la grande alternative pour l'alternance en 2022. Ce sera des alliés partout, mais des alliés dans la société.

Pardonnez-moi, je préfère travailler avec des entreprises, des associations, des élus, des citoyennes et des citoyens qui, aujourd'hui, ont envie de construire le grand projet de l'alternative que de faire une négociation de parti. Avec le PS ou avec la France politique ?

42:40
Locuteur 10

Travailler autour d'un projet, mais il y a quand même quelques questions de fonds qui se posent. Par exemple, est-ce que vous, vous êtes pour la croissance économique ou est-ce que vous êtes pour la décroissance ? Est-ce que vous êtes pour le... Est-ce que vous acceptez le capitalisme ou est-ce que vous estimez qu'il y a un système alternatif ? Au fond, c'est des questions qui agitent la gauche et qui ne sont pas ouvertement tranchées. Quelle est votre position là-dessus ?

43:02
Locuteur 8

Yannick Jadot ? Je crois que c'était d'ailleurs sous Nicolas Sarkozy, vous voyez, qu'il avait réuni tous les prix Nobel pour dire à quel point la croissance du PIB était un... un indicateur très biaisé de notre richesse collective. Vous organisez les algues vertes, vous allez avoir du ramassage, vous allez avoir potentiellement des soins médicaux, vous organisez plus de pesticides, ça fait de la croissance.

43:29
Locuteur 5

Donc vous n'êtes pas

43:30
Locuteur 8

ceux qui disent qu'il faut la décroissance

43:32
Locuteur 10

pour sauver la planète ?

43:34
Locuteur 8

La question c'est qu'est-ce qui nous fait du bien collectivement ? Aujourd'hui c'est d'investir dans l'isolation des logements. Alors vous allez perdre en croissance de nos consommations d'énergie, vous allez gagner en emploi, en emploi de qualité et en confort. François Sfresseau parce que la rupture avec le capitalisme, c'est très clair, François Ruffin, sur la croissance dont on comprend OK pour une croissance, croissance vert. Le capitalisme qui aujourd'hui est à l'œuvre partout dans le monde, il est prédateur pour la planète, il est prédateur pour les habitants, il est prédateur pour les entreprises.

Regardez le nombre d'entreprises qui n'arrivent plus à trouver de l'argent pour investir ou qui n'arrivent plus à trouver de l'argent pour investir sur le moyen long terme parce qu'on leur demande des rentabilités de financiers. Donc ce capitalisme-là, c'est une plaie pour les entreprises, c'est une plaie pour l'environnement, c'est une plaie pour les droits humains et les équilibres sociaux.

44:25
Locuteur 4

Alors juste une précision de programme. Monsieur Piolle, donc maire de Grenoble, a quelques problèmes de sécurité dans sa ville. Il avait notamment fait campagne pour les dernières municipales en disant que les caméras de vidéosurveillance ce n'était pas possible,

44:35
Locuteur 10

qu'il les virerait, qu'il ne les remplacerait pas. Est-ce que vous considérez que ce problème de sécurité est un enjeu pour les prochaines municipales ? Et si oui, de quel côté vous vous situez ? De ceux qui disaient un problème,

44:44
Locuteur 4

pourquoi pas la vidéosurveillance ? Ou tous ceux qui considèrent que c'est liberticide ? Et il n'y en a plus beaucoup.

44:48
Locuteur 8

Yannick Jadot. Un, l'enjeu de sécurité, c'est un enjeu majeur pour nos concitoyens. Toutes les sécurités, la tranquillité publique et évidemment la sécurité en matière de santé, en matière... Bon, bref. La vidéosurveillance a eu des effets absolument dramatiques, y compris dans un certain nombre de municipalités. C'est que ça a enlevé la présence physique de forces de l'ordre dans la rue. Et ce qu'on s'aperçoit, c'est que la vidéosurveillance peut parfois aider à la résolution d'un certain nombre de délits. On va retrouver le visage, mais ça ne participe pas ou très peu à la prévention. Ce qu'il nous faut dans nos villes, c'est une police de proximité. Nous l'avons toujours défendue.

Il nous faut de la présence des forces de l'ordre parce que c'est ça au premier chef qui rassure nos concitoyens.

45:39
Locuteur 4

On met les deux, mais vous n'avez rien contre la vidéosurveillance. Les résultats à Grenoble, ce n'est pas terrible en matière de sécurité.

45:43
Locuteur 8

Mais les résultats n'ont pas la vidéo et ne sont pas très bons. On a eu le débat, on ne va pas revenir là-dessus, sur Nice. Ça n'a rien évité et ça n'a pas évité le pire. Pourtant, ils se prétendaient capitale française de la vidéosurveillance. Karine Becker.

45:58
Locuteur 3

Je vais sur les municipales. Je parle de Paris. Isabelle Saporta, votre campagne qui a rejoint la candidature de Gaspard Ganser. Gaspard Ganser, il est appelé à être un candidat qui pourrait rejoindre à un moment donné le veau de candidat David Bellia ou pas ?

46:11
Locuteur 8

J'espère qu'il y aura une majorité écolo qui gagnera Paris. J'espère qu'il y aura une majorité écolo qui gagnera Paris.

46:18
Locuteur 5

C'est-à-dire ? Soyez plus passifs.

46:21
Locuteur 8

Mais imaginez que Paris, la ville de l'accord sur le climat, symbole capital.

46:28
Locuteur 10

D'abord, attendez, une question. Est-ce que vous êtes fier quand même du bilan d'Anne Hidalgo en matière écologique ?

46:34
Locuteur 8

Le bilan d'Anne Hidalgo en matière de l'écologie, c'est le bilan des écologistes. Donc, toute cette partie-là, je suis très fier. Donc, ça va être dur de l'attaquer quand même. Mais comment ça se passe ? Vous le savez quand même. Vous êtes candidat au premier tour. Vous avez des électrices, des électeurs. Vous, si ça fait sens, si ça permet de faire avancer l'amélioration de la vie de nos concitoyens, vous faites un accord de coalition et vous avez un contrat. Et tout ce qui se passe à Paris, comme dans la plupart des villes où nous avons des contrats, c'est les écologistes qui l'ont apporté. C'est pour ça que nous voulons maintenant diriger. Pour que ça aille plus vite.

Pour que ça se fasse mieux. Pour que ça se fasse avec bienveillance. Pour que ça se fasse avec enthousiasme. Que ça devienne un projet collectif. Donc, le bilan écologique d'Anne Hidalgo, c'est le bilan des écologistes parisiens. Donc, il est bon. Donc, vous pouvez continuer

47:24
Locuteur 1

avec elle.

47:25
Locuteur 8

Ah mais non, parce que nous, ce qu'on veut, c'est que ça aille plus vite. Que ça aille plus fort. Que ça se fasse avec bienveillance. Et qu'au fond, encore une fois, que l'écologie ne soit pas considérée parfois dans nos décideurs. C'est trop souvent. Mais on ne se présente pas contre elle. Non. On se présente pour l'écologie. Ça s'appelle une compétition, une élection. Regardez pourquoi on a fait un bon score aux européennes. On ne s'est présenté contre personne. On ne s'est présenté contre personne. On ne s'est présenté pour l'Europe. On s'est présenté pour l'écologie. On s'est présenté pour les solutions. Et quel est le couple dont on veut sortir ? C'est le couple qu'on nous impose.

Emmanuel Macron, je l'ai dit, il n'a qu'un seul projet, qu'une stratégie électorale. C'est voter, résigner, contre l'extrême droite. Ça ne va pas bien, vous n'êtes pas contents, mais c'est quand même mieux que l'extrême droite. Le vote de l'extrême droite, c'est le vote de haine. C'est pas le cas à Paris. On veut un vote de conviction. On veut un vote d'enthousiasme. On veut un vote où on est à la fois protégé et on se projette dans le futur avec sérénité. Aux dernières européennes, Paris a très largement, à part quelques arrondissements du nord et du nord-est de la capitale, Paris a très majoritairement voté la République en marche.

Il faudra bien vous allier avec ou Anne Hidalgo ou Benjamin Griveaux. J'espère que nous créerons une coalition autour de nous. Ou Cédric Villani. J'espère que nous créerons une coalition autour de nous. Mais vous pouvez vous allier aussi bien avec Anne Hidalgo qu'avec Benjamin Griveaux. Mais Benjamin Griveaux, il a été porte-parole du gouvernement. Son projet, il n'a jamais défendu l'écologie. Je ne vois pas bien comment on pourrait s'allier avec Benjamin Griveaux. Il est en train de s'isoler en insultant tout le monde. Ce n'est pas mon sujet. C'est le candidat de la République en marche.

Mais notre sujet, vous savez, on est fort, pas simplement dans les centres-villes liés à la métropolisation. On est fort de besançoit. Vous n'êtes pas fort. Il y a une seule ville de plus de 100 000 habitants, Yannick Jadot. Mais il y a une centaine de villes qu'on gère. J'espère qu'on en gouvernera beaucoup plus. Mais pas simplement Paris, Nantes, Rennes. À chaque fois que je les cite, il y a toujours quelqu'un qui va m'engueuler. Tu n'as pas cité ma ville, Bordeaux, Nantes, Lyon. Mais nous, on est fort aussi. Et on veut être fort sur des villes moyennes. On veut être fort sur des villages où les enjeux sont aussi des enjeux de mixité sociale, de déplacement. Il reste très peu de temps.

49:38
Locuteur 3

Essayez de faire des coalitions. Isabelle Saporta fait partie de cette politique de coalition. On va chercher des partenaires pour essayer de le faire revenir dans votre interne. Non, non, non.

49:48
Locuteur 8

Ça, ce n'est pas beau, ça. Ça, ce n'est pas beau. Ça voudrait dire qu'en fait, elle serait téléguidée. Je pense qu'on est tous féministes autour de la table. Je l'espère. Et que le féministe, ce n'est pas simplement des mots. Ma compagne, je suis très fier de ses engagements, y compris on s'est rencontrés autour de ses engagements. Elle les avait avant moi. Je suis très fier de ses engagements depuis des années, de ce qu'elle fait aujourd'hui. Elle est libre, elle est indépendante. Elle n'est ni téléguidée, ni téléguidable. Et franchement, on doit être très heureux qu'elle ait un parcours politique qui puisse se distinguer du mien.

Que n'aurait-on dit si elle avait été chez les Verts à Paris ? On aurait dit Jadot, il plaît sa femme. Une ultime question. Vous avez dit que les gens, peut-être même les gens à gauche, en avaient marre parce que dans les leaders, il y avait François Hollande, Manuel Valls-Puréneuve. Il y a quelque chose qui se passe à gauche, c'est-à-dire Bernard Cazeneuve. Vous ne vous intéressez pas aux gens, que ce n'est pas le sujet, que ce sont les idées. Mais est-ce que finalement, il n'est pas une espèce de fraîcheur, de quelque chose qui fait qu'on pourrait travailler avec lui ? C'est pas mon opinion, c'est une question.

Alors, je n'aurais pas immédiatement dit fraîcheur en parlant de Bernard Cazeneuve, mais pourquoi pas. Franchement, moi j'ai du respect pour Bernard Cazeneuve. Je pense que, comme ministre de l'Intérieur, y compris, ça avait une autre gueule qu'aujourd'hui. on sentait que c'était quelqu'un qui était 24-24, prêt à affronter des situations extrêmement dures. Ce n'est quand même pas le sentiment qu'on a aujourd'hui. En revanche, Bernard Cazeneuve, si vous voulez, pour lui, le nucléaire, c'est l'alpha et l'oméga de toutes les questions énergétiques. Il ne m'a pas semblé qu'il s'est beaucoup positionné sur les questions d'écologie.

Donc, si c'est ça le renouveau du Parti Socialiste, je leur laisse. Mais mon sujet, c'est comment, avec toutes celles et tous ceux qui ont envie d'agir, on a un projet qui nous emmène, franchement, à part l'écologie, qu'est-ce qui nous reste ? L'écologie, c'est protéger le climat, c'est éviter le chaos climatique, donc c'est retrouver confiance dans l'avenir, c'est filer du boulot aux jeunes et à tout le monde sur tous les territoires. Donc, je crois que c'est le seul projet de civilisation qui puisse nous réunir et c'est pour ça que je le défends. Eh bien, qu'il y a des personnes qui viennent du Parti Socialiste nous aider, je serais très heureux comme d'ailleurs.

Vous avez lu Passion, le livre de Nicolas Sarkozy sur la plage cet été ? Et malheureusement, non. J'ai lu des choses un peu plus... Vous allez le faire un peu de la politique, pardonnez-moi. Mais ce n'est pas un livre politique apparemment. Il y a même un certain nombre de leaders de gauche

52:06
Locuteur 10

comme Rachid Temal

52:07
Locuteur 8

ou Luc Carvounas qui ont éclaté d'ailleurs sur la plage. On a fait ça dans le journal ce matin. Voilà. 230 000. 230 000. Oui, c'est un succès. C'est un succès. Je vois ça. Moi, j'ai dû en vendre quelques centaines du mien. Donc, je suis très respectueux de ceux qui vendent beaucoup de livres. Eh bien, écoutez, merci infiniment en tout cas d'avoir été notre invité. Yannick Jadot, l'émission se termine. Merci à toutes les trois. Il nous reste une poignée de secondes. J'aimerais juste vous demander à propos du clivage gauche-droite puisque vous n'avez pas répondu très clairement à la question tout à l'heure.

J'essaie d'y répondre mais vous ne me laissez pas beaucoup de temps mais j'essaie d'y répondre. Alors, en très très peu de temps, le clivage gauche-droite qu'aimerait faire revivre et le Parti Socialiste et les Républicains qui se réunissent aujourd'hui pour leur université d'été, pour vous, c'est quelque chose de complètement dépassé ? C'est quand même tout à fait symptomatique que ce soit deux partis qui ne savent plus où ils habitent, qui aient besoin d'avoir des références comme ça dont plus personne ne sait ce que ça veut dire. Moi, je pense qu'on se mettrait autour de la table. On écrirait chacun sur une feuille ce que c'est que la gauche.

Je pense qu'on raconterait des histoires différentes et ce n'est pas à l'écologie aujourd'hui. Vu l'urgence sociale et environnementale, ce n'est pas à l'écologie de trancher un débat d'un siècle et demi sur à savoir ce qu'est la gauche. Moi, mon sujet, ce n'est pas les étiquettes, ce n'est pas les postures, c'est l'action. Et si on fait de l'écologie avec de la justice sociale, de l'égalité des droits et un amour infini pour les libertés, c'est ça qui va, je pense, pouvoir satisfaire les Français sur leurs aspirations et les aider dans leurs difficultés du quotidien. Ce sera le mot de la fin. Merci à toutes les trois. Merci à l'équipe de Questions politiques et Alexandre Gillardy.

Rendez-vous dimanche prochain.

53:52
Locuteur 10

Demain sur France Inter, Mourou Dachour, invité de l'Instant M.

54:03
Locuteur 9

9h40, Sonia Duvillère.

54:04
Locuteur 10

Animateur, producteur, il reprend avec clic un talk show d'actu et d'humour la case du soir, 20h sur Canal+, la fameuse naufragée depuis la fin du grand journal dont il était lui-même l'un des chroniqueurs.

54:16
Locuteur 8

L'Instant M, le rendez-vous média de France Inter.

54:19
Locuteur 10

Du lundi au vendredi à 9h40.

54:24
Locuteur 2

La météo avec Via Santé, la mutuelle d'AG2R La Mondiale. Via Santé, la mutuelle qui aide ses adhérents à prendre soin de leur santé. Et vous, comment ça va ?

54:35
Locuteur 8

La météo, Jean-Michel Golanski.

54:37
Locuteur 6

Cet après-midi, pour avoir 30 à 32 degrés, il faudra se trouver sur les bords de la Méditerranée. Sur le reste du pays, oubliez les 30 à 34 relevés hier avec simplement 18 aujourd'hui près de la Manche, 21 sur le Nord et la Normandie, 22 à Rennes, Nancy et Paris, 23 à Tours et Besançon, 24 sur l'Auvergne à l'Echarente et la Bourgogne et 26 en Rhône-Alpes et au sud de la Garonne. Le ciel va bien s'éclaircir entre la Manche, le Poitou-Charente, le Centre et le Jura. Les nuages vont résister un peu plus longuement sur le Val-de-Loire et du Limousin à la Gironde. Enfin, plus au sud et à l'Est, l'ambiance instable va s'accompagner d'ondées et d'orages en montagne.

Demain, malgré un soleil dominant, les températures seront comparables à celles d'aujourd'hui. Le risque courageux va se limiter aux Alpes et à la Corse et puis on notera le retour de la Tramontane et surtout d'un Mistral Vigouac.

55:28
Locuteur 8

Merci d'écouter France Inter. Il est 13h. Le journal, Hélène Roussel. Bonjour Hélène.

55:38
Locuteur 4

Bonjour. Toujours plus de questions que de réponses. Pourquoi cet afghan de 33 ans s'est mis à poignarder les passants hier après-midi à Villeurbanne ? La piste terroriste pour l'instant écartée. L'interrogatoire se poursuit. On fait le point sur l'enquête dès le début du journal. Des cartes pour répertorier tous les accidents de la route sur le réseau secondaire. Des cartes envoyées à 40 000 élus. La Ligue contre la violence repart au combat pour la vitesse limitée à 80 km heure. Dans l'actualité, encore Benjamin Griveaux, candidat en marche à la May de Paris en mode offensif. Cible principale Anne Hidalgo, vous l'entendrez.

L'impôt à la source, neuf mois après sa mise en route, ça donne quoi ? C'est notre droit de suite ce dimanche. On y reviendra aussi avec notre invitée Sandra Motin, membre de la commission des finances. Élections régionales en ex-Allemagne de l'Est où la menace de l'extrême droite. Hong Kong et les vidéos qui choquent. Enfin, pas de Barça pour Neymar. La fin, enfin, du feuilleton. La star reste à Paris. Il va maintenant falloir s'expliquer avec les supporters. C'est ce qu'on verra à la fin du journal. Quelques taches de sang au sol et des fleurs déposées par endroits. Le calme est revenu sur l'esplanade mais le choc est toujours là et les questions aussi.

À Villeurbanne, après l'attaque au couteau hier près de la station de métro, Laurent Bonnevet, un jeune homme de 19 ans est mort, 8 autres personnes blessées dont 3 grièvements. L'agresseur neutralisé par les passants avant l'arrivée de la police est toujours ce midi en garde à vue. Christophe Vincent, vous êtes en direct de Lyon. La piste terroriste n'est pas retenue pour l'instant mais est-ce qu'on en sait plus sur le profil de cet homme ?

57:09
Locuteur 9

Oui, c'est un homme d'une trentaine d'années, brun, le front dégarni et la barbe taillée qui est interrogé depuis hier par les enquêteurs de la PJ. La présence d'un traducteur afghan semble attester de son origine même s'il a dit à des témoins qu'il était pakistanais. Il serait demandeur d'asile mais on ignore

57:25
Locuteur 7

la date de son arrivée en France. Jusqu'à présent, ce dimanche, à Villeurbanne, là où les premières bombes de la Luftwaffe sont tombées, le 1er septembre 1939. 80 ans plus tard, le président allemand Frank-Walter Stenmayer présent sur place a demandé pardon aux victimes en allemand et en polonais. Nous n'oublierons pas, a-t-il affirmé face à des survivants du bombardement. Les Etats-Unis touchés par une énième fusillade mortelle, ça s'est passé hier dans la ville d'Odessa au Texas.

Une patrouille de police a tenté d'arrêter un homme au volant de sa voiture alors qu'il roulait sur l'autoroute mais au lieu d'obtempérer, il a ouvert le feu sur les policiers puis sur d'autres véhicules tirant à l'aveugle. On compte 5 morts et 2 nombreux blessés. Le forcené a été abattu. Et puis dans moins d'une demi-heure juste avant le départ du Grand Prix de Belgique de Formule 1, une minute de silence sera observée en mémoire d'Antoine Hubert, le pilote français de Formule 2 âgé de 22 ans seulement qui est mort hier dans un accident en pleine course sur ce même circuit de Spa-Francorchamps.

Sa voiture a été heurtée de plein fouet par celle de l'américain Juan Manuel Correa qui a eu les deux jambes brisées. Il était l'un de nos plus sérieux espoirs selon Nicolas Deschaux, le président de la Fédération française des sports automobiles.

58:44
Locuteur 4

Aujourd'hui sur France Inter,

58:46
Locuteur 9

nouvel horaire cette année pour CO2 Mon Amour.

58:49
Locuteur 2

Le dimanche, 13h20, Denis Chessou. Une émission

58:52
Locuteur 9

résolument nature. Reportage, territoire, animaux, grand air, cette semaine à la découverte de la loup.

59:00
Locuteur 8

Jolie rivière franco-ontoise, celle de Gustave Courbet.

59:03
Locuteur 2

CO2 Mon Amour, votre magazine nature et environnement du week-end.

59:08
Locuteur 8

Tous les dimanches sur France Inter à 13h20. France Inter M.

59:13
Locuteur 3

Fête de famille, le nouveau film de Cédric Kahn.

59:16
Locuteur 2

Aujourd'hui c'est mon anniversaire donc j'aimerais qu'on ne parle que de choses joyeuses.

59:20
Locuteur 8

On est bien là non ? La famille est réunie pour l'anniversaire d'Andréa mais l'arrivée surprise de Claire, sa fille aînée,

59:25
Locuteur 3

va bouleverser la fête.

59:27
Locuteur 6

Tu m'as tellement manqué. Ça va partir en sucette exactement comme d'habitude.

59:30
Locuteur 3

Avec Catherine Deneuve,

59:32
Locuteur 1

Emmanuel Bercot, Vincent McKayne et Cédric Kahn.

59:34
Locuteur 10

C'est sur quoi ? C'est sur la famille. Ah sérieux, vous faites une pièce sur nous ?

59:38
Locuteur 8

Ouais,

59:38
Locuteur 10

je vais tout balancer.

59:39
Locuteur 8

Fête de famille, le 4 septembre au cinéma, un film France Inter.

59:46
Locuteur 7

Vous écoutez France Inter, il est 12h04, dans une heure, les informations seront présentées par Hélène Roussel, le journal de 13h. Mais tout de suite, c'est Questions politiques présentées par Ali Badou.

59:56
Locuteur 8

Merci Adrien Toffollet et bonne journée. Questions politiques, c'est parti. Bonjour et bienvenue dans Questions politiques, le rendez-vous du dimanche de France Inter, du journal Le Monde et de France Info. En direct, jusqu'à 13h, celui qui a conduit les verts aux dernières élections européennes, c'est lui que nous voulions entendre en cette rentrée politique qu'après un été marqué par de nouveaux signes du réchauffement climatique, les feux gigantesques qui ravagent l'Amazonie, un été pendant lequel la question écologique est devenue incontournable au cœur des débats politiques.

Mais comment passer des victoires sur le terrain des idées à la conquête du pouvoir avec quelles stratégies, quelles alliances ? Il va nous le dire dans un instant. L'eurodéputé Europe Écologie Les Verts, Yannick Jadot, s'est installé dans notre studio pour intervenir le hashtag QuestionPol ou l'application France Inter.

1:00:51
Locuteur 4

France Inter, questions politiques, Ali Badou.

1:00:56
Locuteur 8

Bonjour Yannick Jadot. Bonjour. Et bienvenue pour vous interroger l'équipe de Questions politiques et je suis heureux de les retrouver. Bonjour à toutes les trois, Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Nathalie. Bonjour à tous. Françoise Cressos du journal Le Monde. Bonjour Françoise.

1:01:10
Locuteur 10

Bonjour Ali. Bonjour à tous.

1:01:11
Locuteur 8

Et Karine Bécard de France Inter. Bonjour Karine.

1:01:13
Locuteur 10

Salut tout le monde.

1:01:13
Locuteur 8

L'été a commencé. Vous étiez encore Yannick Jadot auréolé de votre succès aux européennes. Ça semble loin mais c'est vrai que non. J'ai perdu l'auréole. Enfin, l'auréole peut-être.

1:01:23
Locuteur 3

Elle ne dure pas trop longtemps.

1:01:25
Locuteur 8

Pour le reste, on va parler des victoires et notamment de celles que vous espérez, donc des victoires à venir sur le plan local, sur le plan national. L'été se termine mais quel est pour vous le grand enjeu de la rentrée ?

On a l'impression d'être dans un moment particulier où on aimerait que comme après la seconde guerre mondiale avec le programme du Conseil national de la résistance, comme je vais faire une comparaison que certains économistes utilisent aujourd'hui, ce qu'ils appellent le moment peu à l'arbour, c'est-à-dire que pendant des années, on procrastine, on lambine, on recule, les échéances en permanence sur la question de l'écologie mais qu'à un moment donné, la situation fait qu'on doit se mobiliser, on doit fédérer et on doit agir.

Vous l'avez souligné, les feux de forêt en Amazonie, pour l'instant, c'est l'équivalent de la Picardie qui a brûlé dans la forêt primaire, les feux en Sibérie il y a quelques mois, quelques semaines, c'est l'équivalent de la Belgique, une cinquantaine de villes qui ont connu cet été des températures au-delà de 40 degrés, des vignes cramées, la sécheresse dans la quasi-totalité des départements français, bref, on est à un moment où on doit cristalliser la préoccupation écologique pour agir et ça doit être ça la rentrée, c'est de mobiliser la société, c'est enfin dans une société qui se divise où les fractures sociales, territoriales, politiques se creusent, nous devons arriver à rassembler les Français autour d'un grand projet.

1:03:00
Locuteur 10

Mais est-ce que c'est pas ce qui est en train de se passer aujourd'hui ?

1:03:01
Locuteur 8

Françoise Fresseuse, malheureusement non.

1:03:03
Locuteur 10

Quand vous voyez par exemple Emmanuel Macron inscrire dans la Constitution la défense de l'environnement, la lutte contre le réchauffement climatique, est-ce que vous dites bravo ?

1:03:12
Locuteur 8

Yannick Jadot. Dès qu'un pas va dans la bonne direction je dis toujours bravo. Vous ne me prendrez jamais en faute là-dessus. On ne peut pas à la fois constater avec les scientifiques que nous avons une dizaine d'années pour éviter le chaos climatique, l'anéantissement de la biodiversité. Ça veut donc dire en termes de politique publique qu'on n'a plus que quelques années, deux, trois ans pour engager les grandes ruptures, les grandes transformations. Et on va y revenir. Et quand on en arrive là, moi je prends simplement cet été. Je ne vais pas prendre deux ans du quinquennat. Deux ans et demi. Je vais juste prendre cet été.

Une autorisation donnée par la ministre de l'écologie sous la pression d'Emmanuel Macron pour abattre 6 000 courlis cendrés. C'est un cadeau aux chasseurs. Espèces en voie de disparition protégées avec des fonds européens. L'Europe dépense de l'argent pour protéger ces espèces. On le file aux chasseurs. Décision cassée. Décision cassée en Conseil d'État. Et bien que fait la ministre de l'écologie ? Elle vient d'autoriser l'abattage des tourterelles des bois. Espèces menacées au niveau mondial. C'est un oiseau migrateur une fois de plus en totale infraction avec la loi et le droit européen. En totale infraction ou en désaccord avec tout ce que disent les expériences.

Votre conclusion politique qu'est-ce que c'est ? C'est de dire qu'on est en permanence dans le double discours. Et je pourrais prendre une mesure qui va concerner tous les Français. Tout le monde dit aujourd'hui que la priorité en matière de transition énergétique c'est l'isolation des logements. Face à la canicule il vaut mieux avoir un logement bien isolé il y fait moins chaud. Et évidemment ça réduit les dépenses de chauffage. Ça crée des dizaines de milliers d'emplois d'artisans sur tous nos territoires y compris là où il n'y en a plus. Et bien ce gouvernement a décidé de réduire le budget au moment où il faut mettre le paquet on réduit le budget de l'isolation des logements.

C'est pire qu'avant ?

1:05:06
Locuteur 10

C'est pire que ce François Hollande ? C'est pire.

1:05:08
Locuteur 8

Et puis dans la loi

1:05:09
Locuteur 10

Je vous demande si c'est pire. Est-ce que c'est vraiment pire ?

1:05:10
Locuteur 8

Dans la loi on a la loi transition énergétique la mise en place d'un service public de rénovation thermique. L'idée que chaque ménage qui veut isoler son logement il va avoir un interlocuteur unique qui va lui dire voilà où vous pouvez toucher de l'argent j'ai organisé ça pour vous. Voilà quels sont les artisans dont vous avez besoin je vais organiser ça pour vous. Et bien aujourd'hui ils sont tous précarisés parce qu'ils ne sont plus financés. On est dans un système totalement dingue où le gouvernement dit on va essayer de financer un service public par le privé. Répondez d'abord à la taille sacrée.

1:05:43
Locuteur 10

Est-ce que c'est pire qu'avant ? On a eu le quinquennat de François Hollande avec un certain nombre d'écologistes.

1:05:48
Locuteur 8

C'est la même chose. Au fond c'est la même obsession du nucléaire où malgré la faillite financière malgré la faillite industrielle on continue dans cette obsession du nucléaire. On continue à sous-développer.

1:05:59
Locuteur 10

Regardez toutes les recherches vont s'interromper.

1:06:01
Locuteur 8

La France abandonne les recherches sur la quatrième génération de réacteurs. On va y revenir sur ces cas. C'est une rupture sur le fond ou c'est un échec ? Vous vous rendez compte ? 738 millions d'euros ont été affectés à la recherche sur le nucléaire. C'est une faillite totale qui s'ajoute à tous les milliards d'euros d'argent public atomisé par le nucléaire. Imaginez cet argent dans les énergies renouvelables, dans l'hydrogène, dans le stockage de l'électricité, dans l'isolation des logements. On aurait été beaucoup plus vite, on aurait créé des dizaines voire des centaines de milliers d'emplois. Et bien ça c'est une faute politique.

1:06:35
Locuteur 3

On a quand même le sentiment que là je vous écoute depuis 5 minutes que vous en rajoutez un peu, vous noircissez le tableau parce que c'est dans l'air du temps parce qu'aujourd'hui les gens écoutent ça. Est-ce que c'est pas dangereux quand même d'avoir ce genre de discours ? D'aller un peu fort ?

1:06:48
Locuteur 8

Moi je ne suis pas du tout sur les stratégies.

1:06:51
Locuteur 3

D'être un peu agressif, de se défrayer tout.

1:06:52
Locuteur 8

Non, non, je suis factuel. Et si j'apparais en colère, c'est parce qu'il y a tellement mieux à faire. Quand je vois qu'en Bretagne, j'étais cet été en Bretagne, les algues vertes pullulent partout. Partout.

1:07:08
Locuteur 3

Dans les côtes d'Armor ? Dans les côtes d'Armor ?

1:07:10
Locuteur 8

Non, non. Partout, il y en a même en Normandie. Vous en avez même maintenant dans le golfe du Morbihan ce qu'on ne voyait pas avant. Évidemment, c'est lié à l'élevage industriel. Et vous avez l'État, à travers sa préfète, qui autorise tous les agrandissements d'élevage. On est sur des poulaillers à 120 000 poulets. Et comment sont nourris ces poulets ? Comment sont nourris les élevages industriels ? Bovins. Ils sont nourris avec le soja brésilien. Ce que je veux dire, c'est que ma frustration, entendez-la, c'est que je vois tous ces paysans qui ont fait leur conversion vers un modèle plus respectueux de l'environnement des animaux et de nous consommateurs.

Je vois ces paysans bio qui vivent bien mais qui ne touchent pas les aides de l'État. Je vois toutes ces PME qui veulent investir, ces artisans qui se forment sur l'isolation des logements. Je vois ces entreprises qui se disent on a une responsabilité. On n'est pas simplement là pour faire de l'argent. On a une responsabilité et ça mobilise les salariés. Je suis frustré, oui, qu'on n'agisse pas plus vite. Mais vous n'avez pas répondu à Karine dont le sens de la question était au fond est-ce que la fin du monde est imminente ? Non, je ne suis pas sur l'effondrement. Vous n'êtes pas un tenant de la collapsologie ? Non, je ne suis pas partisan parce que la réalité scientifique elle est là.

Mais ce que je veux dire à vos téléspectatrices, téléspectateurs, auditrices, auditeurs, c'est que si on agit maintenant Lecteur, lectrice, lecteur c'est que si on agit maintenant on va gagner. Si on agit maintenant on va justement se trouver ensemble. Un beau projet pour nous rassembler, nous fédérer, nous mobiliser et ce qui manque dans la société française et ce qui manque de manière incroyable c'est justement de retrouver un projet partagé entre nous. On va en parler et on va entendre votre portrait dans un instant Yannick Jadot ce n'est pas vous faire injure mais l'icône du combat écologique à l'échelle mondiale ce n'est pas vous c'est une jeune suédoise de 16 ans Greta Thunberg

1:09:02
Locuteur 4

Il vous manque les tresses les couettes et le côté fermé Et tant d'autres choses

1:09:06
Locuteur 8

mais elle est arrivée à New York après avoir traversé l'Atlantique sur un voilier qu'est-ce qu'elle représente pour vous ? Est-ce que c'est une icône ? Est-ce que c'est une figure inspirante ? Ou est-ce que c'est une créature médiatique ? Un prophète de l'apocalypse comme l'ont dit ou écrit certains ?

Attention on a vu tous ceux qui de toute façon combattent l'écologie et les solutions écologiques depuis des années l'attaquer la critiquer on l'a vu à l'Assemblée Nationale c'est quand même Avec des députés qui ont refusé de la recevoir Au fond ils trouvaient qu'elle avait trois défauts c'est une femme c'est une écolo elle est jeune donc tous ceux-là sont dans le au fond sont dans notre passé Ça fait sourire maintenant

1:09:50
Locuteur 4

qu'est-ce qu'elle incarne ? C'est pas simplement ceux qui ne sont pas allés l'accueillir il y en a même qui l'ont accueilli

1:09:55
Locuteur 10

qui étaient exaspérés et d'ailleurs quand Jérôme Fourquet dans les impapiers du Figaro hier dit c'est un mélange entre Jeanne d'Arc et Bernadette Soubirous on peut comprendre c'est un peu nécessaire même si elle peut être un peu énervante

1:10:08
Locuteur 8

Elle incarne aujourd'hui une jeunesse qui se mobilise elle n'est pas la jeunesse qui se mobilise elle incarne une jeunesse qui se mobilise et qui se mobilise pour dire quoi ?

Ils ne sont pas dans la stratégie de l'effondrement ils se mobilisent pour dire nous devons agir Elle, si Non mais à chaque fois je l'ai écouté au Parlement européen elle dit la catastrophe est engagée la fin du monde est imminente Elle dit je veux que vous paniquiez pour que vous agissiez donc ils se ressaisissent de la question politique ils ne sortent pas du monde ils veulent être pleinement dedans en disant notre avenir se joue dans ces années qui viennent et leur avenir à ces jeunes c'est notre destin et moi ce que je vois effectivement tout le monde en fait des caisses autour de Greta Thunberg peut-être elle-même en fait un peu trop mais mais non mais le sujet on se fait une prise de distance non ce n'est pas une prise de distance ce que j'aimerais c'est qu'on parle non ce que j'aimerais c'est qu'on parle des solutions pas du tout

1:11:06
Locuteur 3

mais elle vous inspire ou pas parce qu'on a le sentiment que finalement vous êtes un peu sur ses traces vous êtes sur ses traces

1:11:11
Locuteur 8

moi je l'ai vu vous aussi vous paniquez

1:11:13
Locuteur 3

un peu le monde pour faire réagir les gens

1:11:15
Locuteur 8

vous ne faites pas passer pour quelqu'un qui veut faire paniquer le monde et qui n'est que négatif moi justement je pense que si je dis toujours le temps des écologistes est venu c'est parce que les solutions existent dans la société et moi ce que j'aimerais c'est qu'on parle moins du personnage Greta Thunberg qu'on parle de ses alertes qu'on parle des actions à engager ou de ce qui n'est pas fait et qu'aujourd'hui on ne parle que d'elle ceux qui veulent critiquer l'écologie ceux qui veulent plutôt que de parler des solutions au dérèglement climatique et toute cette jeunesse qui s'empare de la question climatique qui s'empare de la politique et qui nous interpelle pour nous dire agissez c'est notre avenir et notre avenir c'est notre destin commun et bien je trouve ça très beau elle vous fait de l'ombre ?

mais non mais franchement vous croyez qu'on manque de personnes aujourd'hui pour incarner l'écologie ?

oui vous savez on a dans le monde je ne sais pas c'est qui le patron d'écologie en France aujourd'hui la réponse est évidemment dans le monde si la réponse est oui plus il y en aura enfin ce n'est pas mon rôle de répondre aux questions en l'occurrence mais vous savez il y a trois façons d'approcher l'écologie aujourd'hui vous avez Trump Bolsonaro Poutine c'est le déni c'est le déni à la fois un déni scientifique mais la réalité c'est qu'ils sont financés par le pétrole le gaz l'agro-business les pesticides donc ils servent leur truc vous avez une deuxième approche qui est ceux qui en parlent beaucoup mais qui n'agissent pas ou si peu ça ce sont nos dirigeants et ils construisent dans la société une énorme frustration parce qu'ils font des beaux discours mais qu'ils agissent parfois à revers et puis il y a les écologistes qui veulent encore une fois créer un projet enthousiasmant enthousiasmant porteur de solidarité de justice sociale d'emploi et de réconciliation c'est ça que je veux avec beaucoup d'autres incarner avec beaucoup d'autres mais justement parlons de vous de vous Yannick Jadot votre portrait il est signé Karine Becker

1:13:05
Locuteur 3

vous faites de la politique depuis assez peu de temps Yannick Jadot depuis 10 ans seulement donc c'est ce qui s'appelle un parcours plutôt fougurant en fait tout a commencé par un simple café place de la république à Paris vous vous souvenez ?

1:13:19
Locuteur 8

je ne sais pas de quoi vous allez parler mais je pense que si vous tirez un petit peu

1:13:23
Locuteur 3

nous sommes en 2008-2009 le porte-parole de la fondation Nicolas Hulot vous propose une place pour les européennes sur la liste écolo et ce qui est vraiment frappant Yannick Jadot c'est que vous avez dit oui

1:13:33
Locuteur 8

il ne me pose pas du tout une place

1:13:34
Locuteur 3

immédiatement

1:13:35
Locuteur 8

là il ne me pose pas du tout une place il dit est-ce que c'était Pascal Durand Jean-Paul Besset qui travaille avec Nicolas Hulot est-ce que tu veux construire un grand mouvement de l'écologie pour les européennes avec Danny Cohn-Bendit il n'y avait pas de place à cette époque là

1:13:48
Locuteur 1

et vous dites oui

1:13:49
Locuteur 3

immédiatement comme si le directeur des campagnes de Greenpeace France que vous étiez à l'époque attendait cette proposition là depuis déjà bien trop longtemps autrement dit fonceur oui ça vous l'êtes et même bagarreur vous savez taper vous n'avez pas peur de vous confronter l'ancien activiste que vous avez été aime bien bastonner avec une spécificité le besoin de vous afficher devant de vous mettre en avant non ?

1:14:17
Locuteur 8

j'essaye toujours le meilleur score pour jamais fait les écologistes en nombre d'électeurs

1:14:21
Locuteur 3

c'est vrai Europe Ecologie Les Verts et vous même avez totalisé en mai dernier aux élections européennes près de 3 millions d'électeurs

1:14:29
Locuteur 8

je suis devenu une star parce que j'ai fait ce score là j'ai pas fait ce score là parce que j'étais une star

1:14:35
Locuteur 3

vous êtes devenu une star

1:14:36
Locuteur 8

non ce que je dis dans cette interview c'est qu'on me pendant à peu près 20 questions on me dit vous êtes devenu une star et je veux justement déconstruire ça jusqu'au moment où vous reprenez les mots ben oui c'est un moment jusqu'au moment où je reprends les mots donc c'est un truc de journaliste et de montage mais

1:14:51
Locuteur 3

je suis tout à fait d'accord

1:14:54
Locuteur 8

je suis tout à fait d'accord comme quoi après une campagne électorale on peut être un peu fatigué mais justement pour démonter l'argument qui est de dire il n'y a pas besoin d'être une star pour faire un bon score aux élections il faut une belle équipe et un beau projet en tout cas

1:15:07
Locuteur 3

c'est ce qui s'appelle de l'assurance avec peut-être un petit excès de confiance cela dit c'est vrai qu'au tout début en 2009 ce proche de Nicolas Hulot qui vous avait repéré Yannick Jadot avait dit de vous je parle de Jean-Paul Besset tu es l'un des meilleurs d'entre nous waouh même Daniel Cohn-Bendit écologiquement parlant reconnaît qu'il vous a toujours trouvé impressionnant mais il vous avait conseillé d'apprendre à dire les choses en souriant oui sauf que lui n'a manifestement jamais aspiré à devenir président

1:15:35
Locuteur 8

réaction Yannick Jadot

1:15:37
Locuteur 3

vous avez dit beaucoup de choses déjà voilà

1:15:39
Locuteur 8

j'ai dit beaucoup de choses mais je pense qu'il faut aujourd'hui effectivement faire de l'écologie en souriant c'est-à-dire que Bendy qui vous l'a appris ça ?

notre société va mal mais on a un pays absolument extraordinaire on a des richesses extraordinaires et il lui manque aujourd'hui non pas la commémoration du passé pour savoir ce que ce peuple français est mais une projection et pour se projeter aujourd'hui il faut protéger donc votre problème c'est un problème marketing si on vous entend c'est-à-dire que il faut marketer ces idées-là pour qu'elles soient acceptées facilement par la population oui mais ça c'est le métier de la politique depuis toujours bien sûr vous avez raison apprendre à sourire ça devient une question de communication politique oui c'est un enjeu il ne faut pas si vous voulez les gens sont suffisamment déstabilisés il ne faut pas les agresser il ne faut pas les engueuler en permanence il ne faut pas les culpabiliser il ne faut pas leur foutre la trouille au fond il faut être factuel du point de vue scientifique sur la dégradation climatique la dégradation de la biodiversité l'explosion des inégalités l'affaissement de la démocratie partout rien de tout ça n'est rassurant mais justement il faut parler de solutions vous savez vous parliez d'il y a 10 ans il y a 10 ans les énergies renouvelables étaient plus chères que le nucléaire plus chères que les énergies fossiles aujourd'hui elles sont nettement moins chères il y a 10 ans ceux qui avaient fait leur conversion en agriculture biologique c'était des précurseurs aujourd'hui ils sont de plus en plus nombreux et ça marche bien y compris du point de vue de leur revenu du point de vue de l'agroécologie du point de vue de la préservation de l'environnement donc aujourd'hui on a les solutions ce que je veux dire c'est qu'on a les solutions c'est pour ça quand je dis le temps des écologistes est venu c'est pas simplement que ceux qui aujourd'hui se revendiquent de l'écologie ont tellement failli dans le passé qu'ils ne sont plus crédibles pour incarner la solution écologique c'est que nous nous avons les solutions et que nous les mettons en place et que nous sommes prêts Françoise Fressaud

1:17:35
Locuteur 10

alors se pose une question c'est quel est le meilleur terrain pour agir est-ce que c'est le national ou l'européen autrement dit vous vous êtes élu député européen est-ce que vous allez rester en fonction jusqu'au bout ou est-ce que vous allez dire non ma carrière elle est en France maintenant donc je vais m'investir sur les municipales sur les régionales sur la présidentielle quel est le bon terrain pertinent pour faire bouger les choses

1:17:59
Locuteur 8

vu l'urgence vu l'urgence tous les terrains sont pertinents regardez ce qui se passe avec Trump et Bolsonaro évidemment la capacité de l'Europe à agir la capacité de l'Europe à repenser la régulation de la mondialisation sur la base du climat sur la base de la biodiversité et de la solidarité plutôt que sur une mondialisation qui organise la guerre de tous contre tous fait que l'Europe est un enjeu absolument essentiel et est-ce que vous pensez

1:18:25
Locuteur 10

pouvoir faire bouger les choses dans la législature qui vient

1:18:28
Locuteur 8

il le faut regardez la question on a beaucoup parlé évidemment autour du G7 et des défaits en Amazonie de la question du Mercosur le président de la république a suspendu bon là bon point vous lui donnez un bon point bien sûr je l'ai dit tant mieux mais l'accord avec le Mercosur est structurellement un accord qui détruit l'Amazonie pourquoi le Brésil l'a signé cet accord il l'a signé pour exporter plus de soja plus de viande bovine et plus de viande de poulet trois facteurs qui participent de la déforestation en Amazonie donc il ne faut pas me raconter que c'est une surprise cet accord est structurellement et puis voyez mais s'il les exporte il les exporte à qui il les exporte notamment à nous est-ce que vous diriez les consommateurs sont malgré eux complices de la déforestation c'est ce que déclare la déforestation de l'Amazonie c'est ce que déclare Mathieu Orphelin qui est député ex la république en marche ils sont ils sont indirectement complices si vous voulez ça c'est le registre de la culpabilisation franchement c'est de la vérité non mais de la vérité bien sûr mais ce que je veux dire c'est que l'un des grands chantiers européens aujourd'hui non mais est-ce que vous diriez que les consommateurs c'est la rentrée tout le monde va aller faire ses courses au supermarché pour les enfants acheter effectivement un la France est le premier importateur européen de soja transgénique

1:19:46
Locuteur 3

il faut l'interdire

1:19:47
Locuteur 8

donc nous sommes moi ce que j'ai dit pour mettre la pression sur Bolsonaro c'est qu'il va aller faire un embargo pour le pousser à intervenir sérieusement contre les feux de forêt mais là la cohérence avec le débat sur l'Europe le grand sujet le grand sujet sur le soja brésilien d'accord parce que si vous voulez ça toucher le régime Bolsonaro au coeur du portefeuille mais comment est-ce que les agriculteurs français vont-ils nourrir leurs bêtes et bien il y a un il y a d'autres il y a d'autres protéines animales qu'on peut trouver mais ce que je veux dire c'est que le grand chantier que nous avons au niveau européen c'est la réforme de la politique agricole commune est-ce que on continue à financer une agriculture qui vit des importations de soja pour l'Europe tous les ans on importe en surface de soja l'équivalent de l'Allemagne l'équivalent de l'Allemagne en France pour la France c'est l'équivalent de la Bretagne ce que je veux dire c'est que soit on continue comme fait ce gouvernement à favoriser l'agriculture la plus intensive l'élevage le plus concentrationnaire qui vit des importations de soja soit on met tout l'argent européen de la PAC vers la transition de mode modèle agricole et donc les consommateurs qui aujourd'hui sont piégés ne seront plus complices mais moi je ne veux pas culpabiliser les consommateurs on a tous une responsabilité individuelle mais quand c'est l'État qui donne des autorisations partout regardez ce que vient de faire le ministre de l'agriculture sur l'eau ne mélangez pas tout n'accumulez pas les sujets on va y venir on va y venir C'est une contradiction en fait Karine Bequin puis Nathalie Saint-Créquer

1:21:23
Locuteur 3

C'est une contradiction des français et globalement même des européens enfin des consommateurs elle est intéressante je trouve parce que finalement c'est la contradiction à laquelle se heurtent les écologistes quand ils se retrouvent au pouvoir c'est à dire qu'à un donné effectivement on est coincé dans les choix qu'on fait donc comment l'écolo va réussir à exercer le pouvoir est-ce qu'il en est capable finalement ?

1:21:43
Locuteur 8

Mais bien sûr en transformant ces politiques publiques qui nous font du mal aujourd'hui on met de l'argent public pour détruire les emplois détruire l'environnement abîmer la santé et appauvrir nos territoires on peut exactement faire l'inverse avec cet argent public Exact c'est le pouvoir

1:21:58
Locuteur 1

c'est faire des compromis est-ce que les écologistes sont en capacité d'en faire sur ces sujets ?

1:22:02
Locuteur 8

Mais on fait des compromis au Parlement européen quand ça permet de faire avancer les choses quand on a des élus on a une centaine d'élus municipaux on fait des compromis pour être sûr que l'ensemble des citoyens sont favorables aux transformations nous ce qu'on veut c'est qu'il n'y ait pas un seul salarié qui soit laissé au bord de la route et là on est en train de laisser des salariés au bord de la route on est en train de tuer les paysans dans l'industrie automobile à force d'être laxiste sur la pollution et sur la consommation en carburant on perd nos emplois dans l'automobile quand d'autres en créent y compris sur le territoire français expliquez-moi pourquoi ils ne le font pas

1:22:37
Locuteur 10

est-ce qu'il n'y a pas la nécessité d'un sens d'adaptation aussi bien pour retrouver deux produits de substitut au soja pourquoi ne le font-ils pas parce qu'ils sont tous tarés méchants non c'est pas la question de méchants à vous écouter on peut laisser les consommateurs tranquilles sans les culpabiliser réussir à faire la transition je veux les responsabiliser pas les culpabiliser

1:22:53
Locuteur 8

réussir à avoir

1:22:53
Locuteur 10

des agriculteurs qui sont heureux qui gagnent bien leur vie tout ça en même temps

1:22:57
Locuteur 8

ben oui absolument c'est vraiment qu'ils sont idiots

1:22:59
Locuteur 10

avant

1:23:00
Locuteur 8

non parce que vous n'êtes pas naïve sur la façon dont notre société est organisée vous pensez que ce sont les pays en bio qui aujourd'hui ne touchent pas les aides de l'état français qui sont en permanence au ministère de l'agriculture non c'est la direction de la FNSA c'est les grands lobbies des pesticides regardez au Brésil pourquoi est-ce que Bolsonaro est complice il veut continuer à faire du Brésil le numéro 1 de la viande bovine et de l'exportation de viande bovine regardez tous les scandales

1:23:29
Locuteur 10

je ne vous parle pas de Bolsonaro je ne vous parle pas de Trump je vous parle de la France c'est-à-dire qu'on peut créditer les gouvernements successifs d'avoir essayé

1:23:35
Locuteur 8

non ils n'ont pas essayé pardonnez-moi quand pour les chasseurs contre la nature vous donnez des autorisations ça c'est un truc électoral les chasseurs

1:23:42
Locuteur 10

ce n'est pas la même chose que les agriculteurs

1:23:43
Locuteur 8

la question électoraliste autour des agriculteurs est très très forte quand vous donnez des autorisations à Total pour importer de l'huile de palme qui participe à la déforestation en Indonésie vous pensez vraiment que c'est un sujet majeur de la protection du climat c'est l'inverse c'est parce que Total vous voyez ce qui est triste avec Emmanuel Macron si je peux me permettre on a un président très jeune 40 ans c'était une bonne nouvelle pour notre pays d'avoir un président jeune on pensait qu'il allait faire bouger la société qu'il allait recomposer le paysage politique autour du mouvement et la réalité c'est qu'il a unifié ceux de gauche et de droite qui pensaient la même chose qui ont failli de la même façon sur l'écologie le social au fond la politique le projet macronien c'est de sauver les meubles du vieux monde sa politique c'est privatisation libéralisation

1:24:36
Locuteur 10

il y a eu une volonté de bouger il y a eu une volonté aussi d'accorder un délai pour de l'adaptation et est-ce que vous vous n'êtes pas dans la caricature de dire finalement rien jamais ne bouge il faut une révolution immédiate est-ce que vous est-ce que vous intégrez les contraintes économiques d'emploi

1:24:56
Locuteur 8

mais bien sûr je passe ma vie avec les salariés avec les paysans avec les pêcheurs avec ceux qui n'ont pas de boulot avec on passe notre vie à essayer de construire les solutions avec toutes ces personnes là parce que si ce ne sont pas nos alliés on ne réussira pas mais franchement vous savez vous parliez du Grenelle de l'environnement qui a été le le ferment de construction de Nicolas Sarkozy en 2007 qui a débouché sur Europe Ecologie en 2009 c'était le début de votre portrait en 2007 on négocie la réduction des pesticides de 50% de 2007 à 2018 on a dépensé d'argent public 700 millions d'euros résultat des courses plus 20% d'utilisation des pesticides parce que rien de contraignant n'a été fait

1:25:44
Locuteur 10

qui est responsable

1:25:44
Locuteur 8

l'état

1:25:45
Locuteur 10

qui au sein de l'état est responsable

1:25:48
Locuteur 8

vous avez un ministère de l'agriculture qui est un ministère qui en permanence au fond il ne suit même pas les demandes de l'agriculture la plus industrielle il les anticipe vous avez un Matignon qui Nicolas Hulot l'a dit tous les ministres l'ont dit au fond aujourd'hui et aussi le défenseur du vieux monde et vous avez Bercy qui veut diriger la France comme une feuille Excel et donc à un moment donné soit on a le courage politique d'affronter les lobbies on a le courage politique et la cohérence politique d'expliquer d'expliquer d'expliquer aux français que cette grande transition écolo elle est positive elle va créer de l'emploi elle va nous réconcilier elle va remettre de l'emploi dans des zones rurales dans des quartiers où il n'y en a plus et soit on a ce courage politique cette envie de changer et on emmènera toute la société française soit on ne l'a pas et on passe notre temps à reculer et c'est ce qui se passe malheureusement juste une parenthèse Sylvie Goulard c'est le bon choix d'Emmanuel Macron est-ce que vous considérez que vous allez être bien défendu que nous allons être bien défendus sur Twitter

1:26:53
Locuteur 1

vous avez dit gros gêne

1:26:54
Locuteur 8

oui gros gêne gros gêne pourquoi gros gêne pourquoi parce que alors un Sylvie Goulard est une vraie pro-européenne c'est une femme de talent convaincue alors ça c'est la colonne actif bah oui mais c'est important un peu écolo ou pas pas tellement très libéral pas très écolo là il faut reconnaître que et puis surtout et parce qu'elle ne connaît pas

1:27:15
Locuteur 1

ces dossiers là c'est ça

1:27:16
Locuteur 8

vous savez à un certain moment de votre expérience politique c'est pas parce que vous n'avez pas été formé à l'écologie normalement c'est soit vous pensez que c'est important soit vous pensez qu'en fait c'est quantité négligeable donc elle pense que ce n'est pas d'intérêt alors mais au moment où le président de la république justement dit j'ai changé vous savez ils ont tous fait là ça serait marrant de faire des vidéos on compare tous les présidents de la république on dit j'ai changé bon il dit j'ai changé l'écologie c'est important vous même vous l'avez dit sûrement sûrement donc mais il fait de la politique

1:27:49
Locuteur 3

que depuis dix ans

1:27:49
Locuteur 8

voilà

1:27:50
Locuteur 3

peut-être pas encore eu le temps

1:27:51
Locuteur 8

donc mais la gêne au moment où il dit ça on se dit mais voilà ce que veut récupérer la France c'est une vice-présidence de la commission européenne sur le climat la transition de l'agriculture la protection de la biodiversité on va mettre quelqu'un de puissant qui va faire ça et qui va s'engager pour que l'Europe devienne le leader de l'écologie ça aurait fait de qui ?

j'en sais rien ça c'est le choix du président mais il met quelqu'un qui a défendu quand même les mesures d'austérité en Europe qui est une européenne convaincue et puis qui est quand même dont la candidature est parasitée parfois elle a démissionné du gouvernement à cause des emplois présents ça a été blanchi là-dessus de la défense elle a été blanchie là-dessus sur les histoires le parlement européen le parlement européen la débat donc mais elle a quand même quitté le gouvernement à cause de ça et au fond elle est commissaire donc elle va être sérieusement interrogée là-dessus

1:28:49
Locuteur 3

le parlement européen lui-même dit c'est une petite affaire mineur

1:28:51
Locuteur 8

tout à fait tout à fait et puis elle a été financée pendant quelques années par un think tank américain

1:28:57
Locuteur 10

ça vous gêne ça ?

1:28:59
Locuteur 8

si vous voulez c'est toujours gênant quand on voit la difficulté des relations entre l'Europe aujourd'hui et les Etats-Unis de savoir exactement quel était le sens de son engagement on a une idée de quelle était la nature de ses intérêts la force du parlement européen la force du parlement européen c'est que nous auditionnons les commissaires c'est pas le cas des ministres nous auditionnons les commissaires on est bien dans le micro Yannick Jadot et donc j'ai déplacé le micro si je bouge alors donc il va falloir qu'elle s'explique sur tout ça mais encore une fois

1:29:25
Locuteur 10

vous votez non oui

1:29:26
Locuteur 8

je sais pas on va voir les explications qu'elle va donner mais moi ce que j'aurais surtout aimé c'est que d'ailleurs c'est vrai qu'on critique beaucoup le fonctionnement des institutions européennes mais pour le coup aucun ministre français ne passe un grand oral comme les candidats à la commission et je peux vous dire qu'ils sont sur le gris pendant un paquet d'heures oui ça c'est le bonheur des eurodéputés en début de commission c'est le fonctionnement démocratique vous savez on est quand même dans un monde aujourd'hui où la question du parlement redevient une question politique centrale regardez les manifestations en Grande-Bretagne avec ce qu'a fait Boris Johnson et son parlement regardez le fonctionnement plutôt bénéfique du parlement en Italie qu'a évité le coup de Salvini et regardez en Hong Kong les manifestants ils défilent devant le parlement donc un parlement c'est aussi la démocratie tant mieux on va revenir justement au fonctionnement de la démocratie française Karine Becker

1:30:16
Locuteur 3

alors cela dit on disait juste avant à l'exception de cette pré-nomination de Sylvie Goulard qu'il est en train de reverdir beaucoup son quinquennat en tout cas il essaye Emmanuel Macron est-ce que le fait qu'il verdisse malgré tout sacrément avec cette convention des 150 avec ce conseil de défense écologique etc est-ce que vous vous rendez compte que vous ne me parlez

1:30:37
Locuteur 8

que d'institution et de processus est-ce qu'il ne vous oblige pas un acte une action

1:30:41
Locuteur 3

à être plus vert que vert en fait non

1:30:43
Locuteur 8

moi ce que je veux c'est rassembler tous les français alors je vais vous dire mon objectif c'est pas que on soit je sais pas quoi plus vert que vert et qu'on espère ou qu'on se paye deux mots en disant qu'on va gagner moi ce que je veux aujourd'hui c'est rassembler tous les français toutes celles et tous ceux d'où qu'ils viennent qui voient aujourd'hui que c'est l'urgence écolo est là qu'il y a des solutions et qu'il y a des valeurs qu'il faut remettre dans l'associé tous ceux qui se reconnaissent dans ce projet là il y aura des élections en 2020 Yannick Jadot et puis en 2022 mais en l'occurrence avant ça il faut des stratégies il faut des alliances éventuellement avant de rassembler les français il va falloir vous allier avec d'autres Françoise Fresseuse

1:31:27
Locuteur 10

et c'est au fond là dessus qu'on sent que ça bloque depuis que vous avez fait le score que vous avez fait aux élections européennes c'est à dire que Europe Écologie Les Verts se dit oulala il nous emmène vers la droite il n'est pas c'est pas un pur de gauche alors qu'est-ce que c'est que le jadoïsme en fait aujourd'hui

1:31:43
Locuteur 5

oula le jadoïsme

1:31:45
Locuteur 8

le néologisme de la rentrée

1:31:48
Locuteur 10

comment idéologiquement comment est-ce que vous vous définissez

1:31:51
Locuteur 8

je n'ai pas encore un melon si gros que je veux définir ce qu'est le jadotisme ou le jadoïsme non mais Françoise Fresseuse vient d'inventer le concept il existe il faut maintenant le définir

1:32:02
Locuteur 10

idéologiquement qu'est-ce que c'est ?

1:32:04
Locuteur 8

c'est de considérer que justement l'urgence écologique est telle que c'est autour de ces enjeux-là que le paysage politique doit se redéfinir je l'ai dit plusieurs fois moi je suis fils d'un stiite ma famille était de gauche je me suis toujours senti de gauche mais franchement est-ce qu'aujourd'hui on peut considérer que ça suffit pour faire face à l'urgence écologique pour faire face à l'urgence sociale évidemment pas et je crois que c'est autour de l'écologie l'écologie n'a plus à se positionner par rapport au vieux paysage politique qui reconnaissons-le n'est pas satisfaisant moi les jeunes j'ai essayé je vais essayer de définir j'ai essayé de définir un peu plus attendez mais avant de vous laisser filer Françoise

1:32:50
Locuteur 10

même si j'enlève gauche-droite il y a quand même des questions fondamentales par exemple le libre-échange est-ce que vous condamnez formellement le libre-échange

1:32:58
Locuteur 8

tel qu'il s'exerce aujourd'hui oui

1:32:59
Locuteur 10

tel qu'il est exercé mais sur le concept même

1:33:02
Locuteur 8

dans votre question en fait est-ce que nous sommes contre les échanges commerciaux internationaux évidemment pas

1:33:11
Locuteur 10

l'ouverture ce qu'on appelle l'ouverture

1:33:12
Locuteur 8

évidemment ce que nous disons et franchement est-ce que quand on se bat contre l'accord avec le Mercosur ou qu'on s'est battu avec l'accord avec le Canada est-ce que nous n'avions aucun échange commercial avec le Canada avant le CETA bien sûr que nous avions des échanges commerciaux la question c'est la mondialisation telle qu'elle s'exerce aujourd'hui déstabilise tout le monde organise la compétition de tous contre tous et explose les limites de la planète ce que nous voulons ce ne sont pas des accords de libre-échange qui on le voit avec le Mercosur participent de la déforestation participent du dérèglement climatique participent de la malbouffe de la souffrance animale de la disparition des paysans où on veut réguler les échanges l'économie sur la base du social des droits humains et de l'environnement c'est ça le sujet et les accords de libre-échange aujourd'hui ne sont pas des accords au fond d'ouverture commerciale un macroniste pourrait le dire ça ressemble au jadoïsme mais non parce qu'ils font l'inverse ils font exactement l'inverse je suis désolé l'accord du Mercosur c'est un accord qui va à l'envers de tout ce qu'il faut et moi ce que j'aimerais bon mais là tout le monde est d'accord sur la scène politique personne ne défend personne ne défend le Mercosur il y a eu le jado mais bien sûr que tout le monde le défend personne ne le défend le président de la république lui-même c'est le moment la mis en parenthèse ce que je veux dire c'est que là le moment dans lequel nous sommes c'est pas d'aller essayer d'aller trouver des solutions à l'atomie économique européenne par des échanges qui maltraitent notre planète et maltraitent nos habitants c'est là l'enjeu c'est un plan de relance européen l'Allemagne va mal l'Italie va pas très bien c'est ce que l'a dit Emmanuel Macron quand il dit mais il le faut pas il le fait pas il fait l'inverse la question n'est pas le discours la question n'est pas le discours c'est les actes la question qui est posée maintenant c'est celle de la stratégie politique et notamment la vôtre là je vais peut-être

1:35:04
Locuteur 4

descendre d'un camp et être un peu bas de gamme et puis être dans la définition du jadotisme je voudrais juste savoir concrètement avec qui vous allez travailler

1:35:10
Locuteur 10

parce qu'il y a un moment donné on n'est pas c'est pas interplanétaire il y a des municipales il y a la possibilité dans des villes avec qui vous bossez est-ce que vous pouvez bosser avec tout le monde c'est-à-dire des ex de droite des ex de gauche n'importe qui j'ai compris que c'était le vieux monde mais il se posera quand même le problème deuxièmement puisqu'on a parlé du jadotisme il y a le cormondisme qui était quelqu'un qui est dans votre partie alors là on est dans l'infiniment petit c'est quand même quelqu'un qui est sur une ligne à gauche et qui considère peut-être comme Europe Écologie Les Verts que en gros vous les emmenez dans une dérive droitière alors un avec qui vous bossez deux est-ce que vous êtes vraiment à la tête d'un parti qui est prêt à être sur la même ligne que vous et qui n'est pas plus à gauche que son chef

1:35:48
Locuteur 8

les écologistes comme rarement sont rassemblés aujourd'hui et je peux vous dire qu'on a passé des journées d'été extrêmement unitaires après on dit tous la même chose parfois de façon un peu différente avec des référentiels mais on a tous une histoire politique on a tous des engagements militants politiques personnels on a tous des opinions des choses qui font notre diversité c'est un mouvement de gauche c'est un mouvement de gauche Europe Écologie Les Verts non c'est un mouvement écologiste non c'était un mouvement c'est un mouvement écologiste presque un mouvement gauchiste mais non mais regardez soyez attentifs à la façon dont nous sommes rassemblés soyez attentifs à ce que nous portons tous dans le discours ce que nous disons ce que nous disons ne soyez pas de mauvaise foi mais je suis je suis non non vous êtes de mauvaise foi ne soyez pas de mauvaise foi Europe Écologie Les Verts a une tradition une histoire politique un ancrage à gauche mais certains vous reprochent une dérive droitière répondent à Nathalie Saint-Cricke alors ce que nous disons aujourd'hui c'est que l'urgence est telle l'urgence est telle que toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans l'idée que l'écologie doit devenir le coeur du paysage politique sont bienvenus alors après même si c'est la façon vous nous interrogez est-ce qu'on va faire est-ce qu'on fait alliance avec les républicains aujourd'hui évidemment non ils sont dans le déni écolo

1:37:07
Locuteur 10

non mais attendez pas tous

1:37:07
Locuteur 8

ils sont écoutez Wauquiez regardez Pécresse Wauquiez dans toutes les régions vous citez Wauquiez tout le temps donc pas les républicains les républicains sont dans le en tant que force politique sont dans le déni écologique regardez regardez la république en marche oui j'ai encore dit on a sécheresse dans tous les départements qu'est-ce que fait le ministre de l'agriculture il dit on va mettre plus d'argent public dans l'irrigation du maïs notamment donc il n'y aura pas d'alliance entre Europe Écologie Les Verts et la république en marche dans aucune des villes il n'y a pas les républicains après ça ne nous laisse pas vous êtes mais non je vais dire les choses très simplement les élections municipales sont 36 000 cas particuliers ce n'est pas une élection nationale les élections municipales aujourd'hui qu'est-ce que nous faisons partout nous essayons de réunir toutes celles et tous ceux qui veulent venir autour des projets écolos pour les porter au premier tour des élections il n'y a pas de ligne jaune de ligne rouge c'est-à-dire par exemple à Montpellier il n'y a pas vous dites c'est les valeurs qu'on défend les projets qu'on défend donc ça va être 36 000 cas y compris avec des gens qui viennent de la droite mais si des gens viennent de la droite aujourd'hui y compris vous l'avez dit beaucoup à Europe Écologie Les Verts disent nous on est dans le camp de la gauche je l'ai dit moi je me suis toujours senti de gauche mais est-ce que ça suffit ?

plus personne ne croit que le camp de la gauche suffise il n'y a qu'un seul maire Europe Écologie Les Verts dans une ville de plus de 100 000 habitants

1:38:35
Locuteur 3

à Grenoble

1:38:35
Locuteur 8

à Grenoble il s'appelle Éric Piolle en l'occurrence si vous voulez conquérir d'autres villes il va falloir des alliances avec des appareils politiques alors vous pouvez dire qu'il y aura 36 000 cas différents il y aura malgré tout deux grandes lignes de fonds franchement si on veut gagner la bataille de l'écologie et la bataille des inégalités est-ce que vous pensez sincèrement que tous ceux qui viennent de la gauche et comportaient les combats de la justice sociale de la démocratie de l'égalité des droits ils sont bienvenus tant mieux mais ceux qui viennent d'ailleurs d'ailleurs qui n'ont pas d'étiquette ou les jeunes vous savez pour les jeunes la gauche c'est Hollande et Valls je peux vous dire que la gauche ils ne comprennent pas bien le lien avec l'écologie donc tous ceux qui viennent d'ailleurs qui viennent de nulle part ou qui viennent d'ailleurs et qui se retrouvent sur ce projet là mais si on veut gagner moi je l'ai toujours dit s'ouvrir s'ouvrir s'ouvrir ce n'est pas se ramollir c'est grandir c'est se donner une chance de gagner s'ouvrir s'allier avec qui écoutez François Ruffin qui était aux universités d'été de la France Insoumise et c'était il y a quelques jours

1:39:41
Locuteur 9

absolument que le rouge et le vert s'unissent il faut que les mouvements des Gilets jaunes et les mouvements de la jeunesse pour le climat s'unissent et il faut que ça se traduise aussi sur le plan politique il faut absolument que évidemment les deux forces importantes à gauche que sont la France Insoumise et l'Europe constitue un bloc et qu'on aille vers un nouveau front populaire écologique

1:40:05
Locuteur 8

votre réponse ?

mais je l'ai dit y compris dans mon discours aux journées d'été des verts moi je il y avait à nos journées d'été il y avait François Ruffin il y avait Delphine Bateau il y avait Raphaël Glucksmann il y avait Guillaume Ballas j'ai dit mais travaillons ensemble mais parce que c'était ceux qui étaient là travaillons ensemble à cette grande vous pouvez prendre le droit les autres pour vous dire non mais ce que je veux dire ce que je veux dire c'est que le sujet c'est pas de faire des accords d'appareil politique aujourd'hui ça ça n'intéresse personne les français s'en foutent et moi aussi et ils ont raison François Ruffin quand il dit le rouge et le vert ça a des sens politiques la symbolique des couleurs c'est pas qu'une histoire que raconte Michel Pastoureau c'est aussi quelque chose qui traduit des idées politiques et en l'occurrence le rouge et le vert ça a un sens est-ce que vous êtes prêt à vous allier avec la France insoumise et est-ce qu'il faut un front populaire écologique je suis prêt je l'ai dit je pense que c'est comme nous le faisons pour les municipales c'est autour du projet qu'il faut rassembler c'est pas autour des accords d'appareil c'est autour du projet et des solutions que nous proposons aux françaises les françaises et des français moi je le vois je l'ai vu en campagne je le vois depuis je le vois tous les jours ils veulent qu'on agisse pour eux simplement ils veulent qu'on agisse pour eux moi j'ai envie de travailler François Ruffin est un type très intelligent Raphaël Glucksmann est un type très intelligent Delphine Bateau est une femme très intelligente j'ai envie de travailler avec eux mais pas pour dire est-ce qu'on la prochaine fois on fait on fait une grande négociation PS LFI Les Verts ça les gens s'en foutent travaillons sur un projet qui nous rassemble et on verra

1:41:43
Locuteur 3

les appareils ça vous ennuie ? les appareils les partis n'en a plus besoin aujourd'hui ? non je crois pas ça

1:41:47
Locuteur 8

vous savez j'ai toujours vous l'avez dit depuis 10 ans moi je suis Europe Ecologie Les Verts j'ai toujours été loyal envers ma formation politique et je pense que les partis comme les syndicats comme les élus ça structure une démocratie notre parti aurait disparu s'il n'avait pas un fonctionnement démocratique aujourd'hui je suis très fier il est rassemblé il est uni il gagne des militants mais y compris c'est dans le discours que j'ai fait il va falloir qu'il sache se dépasser c'est pas Europe Ecologie Les Verts seul qui construira la grande alternative pour la classe de nombreux alliés ce sera des alliés partout mais des alliés dans la société pardonnez-moi je préfère travailler avec des entreprises des associations des élus des citoyennes et des citoyens qui aujourd'hui ont envie de construire le grand projet de l'alternative que de faire une négociation de parti c'est un choix politique c'est un choix politique

1:42:40
Locuteur 10

travailler autour d'un projet mais il y a quand même quelques questions de fond qui se posent par exemple est-ce que vous vous êtes pour la croissance économique ou est-ce que vous êtes pour la décroissance est-ce que vous êtes pour le est-ce que vous acceptez le capitalisme ou est-ce que vous vous estimez qu'il y a un système alternatif au fond c'est des questions qui agitent la gauche et qui sont pas ouvertement tranchées quelle est votre position

1:43:02
Locuteur 8

là-dessus ? Yannick Jadot Je crois que c'était d'ailleurs sous Nicolas Sarkozy vous voyez qu'il avait réuni tous les prix Nobel pour dire à quel point la croissance du PIB était un indicateur très biaisé de notre richesse collective vous organisez les algues vertes vous allez avoir du ramassage vous allez avoir potentiellement des soins médicaux vous organisez plus de pesticides ça fait de la croissance

1:43:29
Locuteur 5

donc vous n'êtes pas

1:43:30
Locuteur 8

ceux qui disent il faut la décroissance

1:43:33
Locuteur 10

pour sauver la planète

1:43:34
Locuteur 8

la question c'est qu'est-ce qui nous fait du bien collectivement aujourd'hui c'est d'investir dans l'isolation des logements alors vous allez perdre en croissance de nos consommations d'énergie vous allez gagner en emploi en emploi de qualité vous ne répondez pas à François Fresseau parce que la rupture avec le capitalisme c'est très clair François Ruffin sur la croissance donc on comprend ok pour une croissance croissance vert le capitalisme qui aujourd'hui est à l'oeuvre partout dans le monde il est prédateur pour la planète il est prédateur pour les habitants il est prédateur pour les entreprises regardez le nombre d'entreprises qui n'arrivent plus à trouver de l'argent pour investir ou qui n'arrivent plus à trouver de l'argent pour investir sur le moyen long terme parce qu'on leur demande des rentabilités de financiers donc ce capitalisme là c'est une plaie pour les entreprises c'est une plaie pour l'environnement c'est une plaie pour les droits humains et les équilibres sociaux alors juste une précision

1:44:27
Locuteur 4

de programme monsieur Piolle donc maire de Grenoble a quelques problèmes de sécurité dans sa ville il avait notamment fait campagne pour les dernières municipales en disant que les caméras de vidéosurveillance c'était pas possible qu'il les virerait qu'il les remplaceraient pas est-ce que vous considérez que ce problème de sécurité est un enjeu pour les prochaines municipales et si oui de quel côté vous vous situez de ceux qui disaient un problème pourquoi pas la vidéosurveillance ou tous ceux qui considèrent que c'est liberticide et il n'y en a plus beaucoup

1:44:48
Locuteur 8

Yannick Jadot un l'enjeu de sécurité c'est un enjeu majeur pour nos concitoyens toutes les sécurités la tranquillité publique et évidemment la sécurité en matière de santé en matière bon bref la vidéosurveillance a eu des effets absolument dramatiques y compris dans un certain nombre de municipalités c'est que ça a enlevé la présence physique de forces de l'ordre dans la rue et ce qu'on s'aperçoit c'est que la vidéosurveillance peut parfois aider à la résolution d'un certain nombre de délits on va retrouver le visage mais ça ne participe pas ou très peu à la prévention ce qu'il nous faut dans nos villes c'est une police de proximité nous l'avons toujours défendu il nous faut de la présence des forces de l'ordre parce que c'est ça au premier chef qui rassure nos concitoyens

1:45:39
Locuteur 4

on met les deux mais vous n'avez rien contre la vidéosurveillance les résultats à Grenoble c'est pas terrible en matière de sécurité

1:45:44
Locuteur 8

mais les résultats n'ont pas la vidéosurveillance ne sont pas très bons on a eu le débat on ne va pas revenir là-dessus sur Nice ça n'a rien évité et ça n'a pas évité le pire pourtant ils se prétendaient capitale française de la vidéosurveillance Karine Becker

1:45:58
Locuteur 3

je reste sur les municipales je parle de Paris Isabelle Saporta votre campagne qui a rejoint la candidature de Gaspard Ganser Gaspard Ganser il est appelé à être un candidat qui pourrait rejoindre à un moment donné le veau de candidat David Bellia

1:46:12
Locuteur 8

j'espère qu'il y aura j'espère qu'il y aura une majorité écolo qui gagnera Paris j'espère qu'il y aura une majorité écolo qui gagnera Paris

1:46:19
Locuteur 10

c'est à dire soyez plus précis

1:46:21
Locuteur 8

mais imaginez que Paris la ville de l'accord sur le climat symbole capitale

1:46:29
Locuteur 10

d'abord attendez une question est-ce que vous êtes fier quand même du bilan d'Anne Hidalgo en matière écologique

1:46:34
Locuteur 8

le bilan d'Anne Hidalgo en matière de l'écologie c'est le bilan des écologistes donc toute cette partie là je suis très fier donc ça va être dur de l'attaquer quand même mais comment ça se passe vous le savez quand même vous êtes candidat au premier tour vous avez des électrices des électeurs vous si ça fait sens si ça permet de faire avancer l'amélioration de la vie de nos concitoyens vous faites un accord de coalition et vous avez un contrat et tout ce qui se passe à Paris comme dans la plupart des villes où nous avons des contrats c'est les écologistes qui l'ont importé c'est pour ça que nous voulons maintenant diriger pour que ça aille plus vite pour que ça se fasse mieux pour que ça se fasse avec bienveillance pour que ça se fasse avec enthousiasme que ça devienne un projet donc le bilan écologique d'Anne Hidalgo c'est le bilan des écologistes parisiens donc il est bon donc vous pouvez continuer

1:47:25
Locuteur 1

avec elle

1:47:25
Locuteur 8

ah mais non parce que nous ce qu'on veut c'est que ça aille plus vite que ça aille plus fort que ça se fasse avec bienveillance et que au fond encore une fois que l'écologie ne soit pas considérée parfois dans nos décideurs c'est trop souvent mais on se présente mais on ne se présente pas contre elle vous savez non on se présente pour l'écologie ça s'appelait une compétition une élection regardez pourquoi on a fait un bon score aux européennes on ne s'est présenté contre personne on ne s'est présenté contre personne on ne s'est présenté pour l'Europe on s'est présenté pour l'écologie on s'est présenté pour les solutions et quel est le couple dont on veut sortir c'est le couple qu'on nous impose Emmanuel Macron je l'ai dit il n'a qu'un seul projet qu'une stratégie électorale c'est voter résigné contre l'extrême droite ça ne va pas bien vous n'êtes pas content mais c'est quand même mieux que l'extrême droite le vote de l'extrême droite c'est le vote de haine nous on veut un vote de conviction nous on veut un vote d'enthousiasme on veut un vote où on est à la fois protégé et on se projette dans le futur avec sérénité aux dernières européennes Paris a très largement à part quelques arrondissements du nord et du nord-est de la capitale Paris a très majoritairement voté la république en marche il faudra bien vous allier avec ou Anne Hidalgo ou Benjamin Griveaux j'espère que nous créerons une coalition autour de nous j'espère que nous créerons une coalition autour de nous mais vous pouvez vous allier aussi bien avec Anne Hidalgo qu'avec Benjamin Griveaux mais Benjamin Griveaux il a été porte-parole du gouvernement son projet il a jamais défendu l'écologie je vois pas bien comment on pourrait s'allier avec Benjamin Griveaux il est en train de s'isoler en insultant tout le monde c'est pas mon sujet c'est le candidat de la république en marche mais notre sujet vous savez on est fort pas simplement dans les centres-villes liés à la métropolisation on est fort on a une super une seule ville une seule ville de plus de 100 000 habitants Yannick Jadot mais il y a une centaine de villes qu'on gère et bien j'espère et Paris on en gouvernera beaucoup plus mais pas simplement Paris Nantes Rennes à chaque fois que je les cite il y a toujours quelqu'un qui va m'engueuler à peu en me disant t'as pas cité ma ville Bordeaux Nancy 6 millions on va s'arrêter là donc mais nous on est fort aussi et on veut être fort sur des villes moyennes on veut être fort sur des villages où les enjeux sont aussi des enjeux de mixité sociale de déplacement il reste très peu de temps

1:49:39
Locuteur 3

essayer de faire des coalitions Isabelle Saporta fait partie de cette politique de coalition on va chercher je pense que je ne doute pas

1:49:48
Locuteur 8

ça c'est pas beau ça ça c'est pas beau ça voudrait dire qu'en fait elle serait téléguidée je pense qu'on est tous féministes autour de la table je l'espère et que le féministe c'est pas simplement des mots ma compagne je suis très fier de ses engagements y compris on s'est rencontré autour de ses engagements elle les avait avant moi je suis très fier de ses engagements depuis des années de ce qu'elle fait aujourd'hui elle est libre elle est indépendante elle est ni téléguidée ni téléguidable et franchement on doit être très heureux qu'elle ait un parcours politique qui puisse se distinguer du mien que n'aurait-on dit si elle avait été chez les Verts à Paris on aurait dit j'adore une ultime question vous avez dit que les gens peut-être même les gens à gauche en avaient marre parce que dans les leaders il y avait François Hollande Manuel Valls il y a quelque chose qui se passe à gauche c'est-à-dire Bernard Cazeneuve alors on sait que vous ne vous intéressez pas aux gens que ce n'est pas le sujet que c'est les idées il n'est pas une espèce de fraîcheur de quelque chose qui fait qu'on pourrait travailler avec lui C'est pas mon opinion c'est une question alors j'aurais pas immédiatement dit fraîcheur en parlant de Bernard Cazeneuve mais pourquoi pas moi j'ai du respect pour Bernard Cazeneuve je pense que comme ministre de l'Intérieur y compris ça avait une autre gueule qu'aujourd'hui on sentait que c'était quelqu'un qui était 24-24 prêt à affronter des situations extrêmement dures c'est quand même pas le sentiment qu'on a aujourd'hui en revanche Bernard Cazeneuve si vous voulez pour lui le nucléaire c'est l'alpha et l'oméga de toutes les questions énergétiques il m'a pas semblé qu'il s'est beaucoup positionné sur les questions d'écologie donc si c'est ça le renouveau du parti socialiste je leur laisse mais mon sujet c'est comment avec toutes celles et tous ceux qui ont envie d'agir on a un projet qui nous emmène franchement à part l'écologie qu'est-ce qu'il nous reste l'écologie c'est protéger le climat c'est éviter le chaos climatique donc c'est retrouver confiance dans l'avenir c'est filer du boulot aux jeunes et à tout le monde sur tous les territoires donc c'est je crois que c'est le seul projet de civilisation qui puisse nous réunir et c'est pour ça que je le défends et bien s'il y a des personnes qui viennent du parti socialiste nous aider je serais très heureux comme d'ailleurs vous avez lu Passion le livre de Nicolas Sarkozy sur la plage cet été ?

et malheureusement non j'ai lu des choses un peu plus qui me sortaient un peu de la politique pardonnez-moi mais c'est pas un livre politique apparemment il paraît qu'il y a même un certain nombre de leaders de gauche comme Rachid Temal ou Luc Carvounas j'ai lu ça dans le journal ce matin voilà 230 000 230 000 mais oui c'est un succès c'est un succès je vois ça moi j'en ai pas j'ai dû en vendre quelques centaines du mien donc je je suis très je suis très respectueux de ceux qui vendent beaucoup de livres et bien écoutez merci infiniment en tout cas d'avoir été notre invité Yannick Jadot l'émission se termine merci à toutes les trois il nous reste une poignée de secondes j'aimerais juste vous demander à propos de du clivage gauche droite puisque vous n'avez pas répondu très clairement à la question j'essaie d'y répondre mais vous ne me laissez pas beaucoup de temps mais j'essaie d'y répondre alors en très très peu de temps le clivage gauche droite qu'aimerait faire revivre et le parti socialiste et les républicains qui se réunissent aujourd'hui pour leur université d'été pour vous c'est quelque chose de complètement dépassé c'est quand même tout à fait symptomatique que ce soit deux partis qui ne savent plus où ils habitent qui aient besoin d'avoir des références comme ça dont plus personne ne sait ce que ça veut dire moi je sais ce que je pense qu'on se mettrait autour de la table on écrirait chacun sur une feuille ce que c'est que la gauche je pense qu'on raconterait des histoires différentes et ce n'est pas l'écologie aujourd'hui vu l'urgence sociale et environnementale ce n'est pas l'écologie de trancher un débat d'un siècle et demi sur à savoir ce qu'est la gauche moi mon sujet ce n'est pas les étiquettes ce n'est pas les postures c'est l'action et si on fait de l'écologie avec de la justice sociale de l'égalité des droits et un amour infini pour les libertés et bien c'est ça qui va je pense pouvoir satisfaire les français sur leurs aspirations et les aider dans leurs difficultés du quotidien ce sera le mot de la fin merci à toutes les trois merci à l'équipe de Questions Politiques et Alexandre Gillardy rendez-vous dimanche prochain merci à tous