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InterviewFrance Culture — Sens politique (sur Site radio)· 15 février 2025 44 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileSécuritéInstitutions & électionsSolidarités & famille

Sabrina Agresti-Roubache (ex-ministre Renaissance): "Il est dangereux d'ouvrir le débat sur le droit du sol"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 33 %Attaque 45 %Défensif 22 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:05FerméeÉludée

    Est-ce que Belkir Beladad a eu raison de quitter le groupe Ensemble pour la République ?

  • 2:35FerméeRéponse partielle

    Vous auriez voté ce texte sur le droit du sol ?

  • 3:11FerméeRéponse directe

    À Mayotte ou sur l'ensemble du territoire ?

  • 3:50FerméeRéponse directe

    Gérald Darmanin propose d'ouvrir un débat national sur le droit du sol. Il va trop loin ?

  • 4:21RelanceRéponse partielle

    Mais si le référendum dit qu'on abroge le droit du sol... Le peuple a parlé.

  • 4:32OuverteRéponse directe

    François Bayrou juge ce débat trop étroit. Est-ce qu'on rejoue le débat sur l'identité nationale sous Sarkozy ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:19Invité politiqueFait
    « Moi, je l'ai dit, moi, droit du sol en France, sur notre métropole, ça n'existe pas. »
  • 3:27Invité politiqueFait
    « Le problème, c'est les Comores. »
  • 3:54Invité politiqueFait
    « Non, il a raison. »
  • 4:13Invité politiqueFait
    « Les Français veulent être consultés sur des sujets qui les touchent. »
  • 4:49Invité politiqueFait
    « Les Français veulent des réponses concrètes au sujet qui les préoccupe. L'immigration illégale. »
  • 7:32Invité politiqueFait
    « Mon quartier, maintenant, est devenu le quartier le plus pauvre d'Europe. »
  • 7:46Invité politiqueChiffre
    « Un tiers dans les quartiers sont des familles monoparentales et 86% d'entre elles sont portées par des femmes, parmi les plus bas salaires. »
  • 10:03Invité politiqueFait
    « Beaucoup d'études sont sorties sur le fait que des enfants avant 3 ans, quand ils regardent trop les écrans, du coup, leur capacité intellectuelle baisse, ils n'ont plus la même capacité de concentration. »
  • 15:23Invité politiqueChiffre
    « Le président de la République a mis 12 milliards sur la table, sur la rénovation urbaine. »
  • 15:44Invité politiqueFait
    « C'est le président de la République. Celui qui a dit, j'ouvre les collèges de 8h à 18h, c'est le président de la République. »
  • 16:44Invité politiqueChiffre
    « J'ai porté Marseille en grand, les caméras de vidéoprotection qui viennent d'être déployées, 200. »
  • 17:24Invité politiqueFait
    « Le fait d'avoir ajouté des magistrats, donc de permettre aux greffiers, d'avoir plus de greffiers, plus de magistrats à Marseille, ça a aidé aux enquêtes. »
  • 23:48Invité politiqueFait
    « Sur le logement social, M. le maire, donc Jean-Claude Godin, n'a jamais été carencé. »
  • 28:53Invité politiqueChiffre
    « Elle fait 57% au second tour, 45% au premier. »
  • 35:04Invité politiqueFait
    « Non, mais je vais vous dire. »
  • 35:19Invité politiqueFait
    « Mon affection et mon respect pour le président de la République sont immenses et n'ont pas de limites. »
  • 36:31Invité politiqueFait
    « J'avais 46 ans, je n'étais pas un petit bébé, j'avais monté ma boîte, j'avais fait des choses, j'avais écrit mon livre. »
  • 36:44Invité politiqueFait
    « C'était la copine du président qui devenait ministre. »
  • 36:53Invité politiqueFait
    « Je suis restée quasi un an et demi sur la ville et un an sur la citoyenneté. »
  • 37:13Invité politiqueFait
    « Le Conseil constitutionnel, c'est trop important, c'est l'autorité qui nous permet en réalité d'être la grande démocratie que nous sommes. »
  • 39:29Invité politiqueFait
    « On est tous des enfants d'immigrés à Marseille. »
  • 39:34Invité politiqueFait
    « Si Marine Le Pen avait dû faire ces scores-là à l'époque de ma grand-mère et de mon arrière-grand-mère, aucun d'entre nous ne serions français. »
  • 41:00Invité politiqueFait
    « Sur les actes antisémites, c'est la ville qui a le plus faible taux d'actes antisémites. »

Temps de parole

  • Sabrina Agresti Roubache73 %
  • Présentateur24 %
  • Invité2 %

0,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:09
Présentateur

Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Sens Politique, l'émission qui prend le temps de connaître une invitée pour décrypter en archive son parcours, son engagement et sa personnalité au rythme de l'actualité. Notre invitée a grandi au soleil, détour de la cité Félix-Piat de Marseille. La vie est belle, le destin s'en écarte, personne ne joue avec les mêmes cartes. Elle rappe en 1997 le groupe AYAM avec son tube « Né sous la même étoile ». A cette époque, elle croise le rappeur du groupe Akhenaton et travaille avec lui sur son film « Comme un aimant » réalisé avec Kamel Salet et dans lequel il joue.

L'équipe va jusqu'à la croisette pour le présenter et elle comprend alors que des quartiers aux lumières de Cannes, tout est possible. En 2016, un jeune candidat de son âge attire son attention à la Villa, un restaurant branché de Marseille où il souhaite rencontrer la société civile. Elle préfère l'expression « les gens qui bossent ». À côté de Brigitte Macron, avec son franc-parler, coup de foudre amical, elle est embarquée dans la campagne. Elle ouvre les meetings du candidat, lui souffle des répliques pour son meeting marseillais du Parc Châneau et devient députée en 2022, ministre en 2023 à la ville et à la citoyenneté.

Vigie du plan Marseille en grand, elle pense que les bons sentiments ne règlent pas les problèmes et reconnaît dans son livre « Moi, la France, je la kiffe », disposer d'une bonne dose d'inconscience. Bonjour Sabrina Agresti-Roubache. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation et merci à vous de nous écouter comme chaque samedi. Nous sommes ensemble jusqu'à 13h30.

1:49
Sabrina Agresti Roubache

Connaissez-vous Belkir Beladad ? Oui, j'ai été députée, c'est mon ancien collègue, députée de Moselle.

1:57
Présentateur

Il vient de quitter cette semaine le groupe Ensemble pour la République, dirigé par Gabriel Attal en raison de l'adoption à l'Assemblée d'une proposition de loi LR pour restreindre le droit du sol à Mayotte. Est-ce qu'il a eu raison ?

2:07
Sabrina Agresti Roubache

Moi, je ne sais pas. Je ne sais pas dire s'il a eu raison, mais ce que je sais, c'est que... Ce que je sais, je ne sais pas particulièrement, mais ce que je crois, c'est que faire des choses, quand on fait de la politique en totale cohérence avec ce qu'on pense, ce pourquoi on s'est engagé, c'est essentiel. Et Belkir, moi, je le connais un peu, je l'aime bien en plus. J'adore sa région, j'adore la région Grand Est. Et il a fait quelque chose qui était... Quand vous le connaissez un peu, ce garçon, en totale cohérence avec ce qu'il est. Vous l'auriez voté, vous, ce texte ? Alors, moi, je l'aurais plus travaillé, je l'aurais plus challengé.

Je ne l'aurais pas voté en l'état, mais je l'aurais plus challengé puisque j'ai toujours défendu, notamment avec Gérald Darmana, à l'époque, qui était mon ministre de tutelle à l'intérieur. J'aurais... Comment dire ? Je serais allée plus loin, plus loin sur le cadrage et j'aurais évité, justement, ce débat... Enfin, moi, je suis toujours embêtée avec les débats qui s'éloignent de l'objet principal. C'est-à-dire plus loin ? Plus loin dans... Ok, on restreint le droit du sol. Moi, j'étais très favorable à ce qu'on le restreigne. À Mayotte ou sur l'ensemble du territoire ? Non, Mayotte. Moi, je l'ai dit, moi, droit du sol en France, sur notre métropole, ça n'existe pas.

On ne peut pas toucher à notre droit du sol parce que ce ne sont pas les mêmes problèmes. On ne peut pas appliquer ce qu'on doit faire à Mayotte, qui a les Comores en face. Pourquoi je dis ça ? Parce qu'il manque peut-être un volet diplo. Le problème, c'est les Comores. C'est ça, le vrai sujet.

3:34
Présentateur

On se trompe de sujet, vous voulez dire ?

3:35
Sabrina Agresti Roubache

Je pense qu'on s'est éloigné du sujet. On ne se trompe pas du sujet, mais on s'est éloigné du sujet diplomatique qui doit être, selon moi, le sujet à traiter en priorité.

3:44
Présentateur

Gérald Darmanin, dont vous parliez, aujourd'hui garde des Soplettes depuis longtemps pour abroger définitivement le droit du sol à Mayotte. Il propose d'ouvrir un débat national sur le sujet. Il va trop loin ?

3:54
Sabrina Agresti Roubache

Non, il a raison. Moi, je suis très favorable aux consultations citoyennes. Je les ai beaucoup menées, notamment sur les politiques de la ville. Je pense que maintenant, la vie politique a changé. On le sait, je l'ai vu aux dernières élections notamment. Les Français veulent être consultés sur des sujets qui les touchent. Donc, il ne faut pas avoir peur du débat. Et attention, référendum ou pas, il faut toujours écouter ce que les gens ont à dire et ne pas avoir peur du résultat.

4:21
Présentateur

Mais si le référendum dit qu'on abroge le droit du sol... Le peuple a parlé. François Bayrou, lui, juge ce débat trop étroit. Il souhaite un débat plus large sur qu'est-ce qu'être français, je cite. Est-ce qu'on est en train de rejouer le débat sur l'identité nationale sous Nicolas Sarkozy qui n'a pas fonctionné ? Exactement.

4:38
Sabrina Agresti Roubache

Exactement, je l'avais dit chez vos confrères et vos consoeurs la semaine dernière et la semaine d'avant. Pareil, les Français n'ont pas besoin de savoir et de réfléchir à qui ils sont. Les Français savent qui ils sont. La réalité, c'est que les Français veulent des réponses concrètes au sujet qui les préoccupe. L'immigration illégale, parce qu'on n'a pas besoin d'un débat national sur l'identité. Les Français savent qui ils sont. Moi, je sais qui je suis. On n'a pas besoin de savoir qu'est-ce qu'être français. Les Français vous disent qu'on a un sujet d'immigration irrégulière et qu'on a un sujet d'intégration.

Comment est-ce qu'on intègre, notamment sur les métiers en tension, les gens, les étrangers qui viennent travailler chez nous et dont on a besoin ? Et je répète, dont on a besoin. Pourquoi il fait ça, François Bayrou ? Vous le connaissez un peu ? Non, je ne le connais pas bien. Non, moi, vraiment, je ne le connais pas bien. Je ne sais pas pourquoi. Je ne sais pas le dire, je ne sais pas l'expliquer. Ce que je sais, c'est qu'en général, c'est très dangereux, selon moi, d'ouvrir ce genre de débat.

Et tous mes anciens collègues qui avaient voté contre la loi immigration ou qui s'étaient positionnés fortement contre la loi immigration, je suis très intriguée par leur silence maintenant qu'ils sont en poste. Maintenant, ils ont des portefeuilles. Vous pensez à qui ? Je pense à ceux, regardez la liste, je ne fais jamais d'attaque ad nominem. Par contre, je leur dis en direct ce que j'ai à leur dire. Donc, quand on avait maltraité cette loi immigration, les mêmes qui vous disaient on vote contre, ce n'est pas possible, on va quitter le groupe, c'est horrible, maintenant, ils siègent à la table du Conseil des ministres avec Bruno Retailleau. Et moi, ça me fait beaucoup rire.

C'est ça qui vous a marqué depuis que vous êtes en politique, l'hypocrisie ? Oui, de loin et les opinions et les jugements à géométrie variable. Je m'explique, quand tu es une femme, que tu viens d'un quartier, que tu es, comme parfois on m'a affublée de ce mot, beurette, toi, tu ne peux pas tout te permettre. En revanche, eux, comme ils sont bien nés, ils peuvent tout se permettre. Et là, il y a un vrai sujet.

6:41
Présentateur

Vous parlez exactement de ça dans votre livre « Moi, la France, je la kiffe » chez Albain Michel en 2022. Et page 23, vous dites « Combien de fois ai-je entendu cette question ? Tu viens d'où ? » Certainement le fruit d'une curiosité bienveillante devenue quasi-obsessionnelle. Complètement.

6:57
Sabrina Agresti Roubache

Complètement. Quasi-obsessionnelle chez les autres, pas chez moi. Moi, je ne me suis jamais demandé d'où je venais, je sais exactement d'où je viens, je sais qui je suis. Et je parle de bienveillance. C'est-à-dire, je suis sûre que dans ces mots-là, il n'y avait rien de méchant, d'agressif.

7:13
Présentateur

Mais comment vous l'expliquez, Sabrina Gresti-Roubache, vous qui avez grandi à Marseille, dans une cité ? Qu'est-ce qui a changé entre votre enfance dans les années 80 et aujourd'hui ? Qu'est-ce qui a changé chez moi ou en France en général ? Prenons l'exemple de cette cité, Félix Piat.

7:28
Sabrina Agresti Roubache

Qu'est-ce qui a changé ? La paupérisation de mon quartier. Mon quartier, maintenant, est devenu le quartier le plus pauvre d'Europe. Le troisième arrondissement à Marseille, à l'époque de mes parents, papa, maman travaillaient, on a été élevés par notre grand-mère qui vivait avec nous. Qu'est-ce qui a changé ? C'est la structure familiale, le nombre de familles monoparentales. Un tiers dans les quartiers sont des familles monoparentales et 86% d'entre elles sont portées par des femmes, parmi les plus bas salaires. Qu'est-ce qui a changé ? C'est l'autorité sur les enfants. Qui s'occupe des enfants quand la mère va travailler seule ?

Elle est toute seule à élever ses enfants, elle n'a personne. Il n'y a plus de structure. La structure familiale que j'ai eue, c'est mon socle, je le raconte dans mon livre en disant j'ai eu une enfance merveilleuse et pourtant je suis née à Félix-Piat. Et le truc, c'est que nous, on ne se rendait pas compte qu'il nous manquait des choses parce qu'on ne connaissait pas les autres choses. Et ne vous manque que ce que vous avez déjà connu. Et comme on n'avait pas connu les jolies marques, les belles vacances, du coup ça ne nous manquait pas. Et on arrivait à se contenter de ce qu'on avait, mais parce que nous, on avait encore des rêves. Il n'y avait pas les réseaux sociaux aussi ?

Eh bien, j'allais venir aux réseaux sociaux. Eh bien oui, l'immédiateté en fait de l'info fait que je vois, je veux consommer. Nous, on n'était pas encore une jeunesse consommatrice, même si on aimait les jolies marques pour aller au lycée, au collège, bien sûr, comme tout le monde. Mais ce que je veux dire, c'est qu'on est rentré dans une société de consommation où même les gens qui ont les plus bas revenus, moi je le vois pas uniquement dans les quartiers populaires, on le voit aussi en ruralité, c'est que cette course à la consommation fait qu'on oblige les gens à avoir 3 téléphones, 4 portables, 10 ordinateurs. Et la réalité, c'est que comment est-ce qu'on finance tout ça ?

Donc dans ce que je dis, je pense qu'il faut se reposer les bonnes questions. De quoi a-t-on vraiment besoin ?

9:15
Présentateur

Le Président de la République, dont vous êtes proche, réfléchit à des idées de référendum. Oui. Certaines sortent dans la presse, comme par exemple l'interdiction des écrans avant 15 ans.

9:26
Sabrina Agresti Roubache

Moi, j'ai toujours plaidé, de toute manière, je vais vous dire, j'avais dit que les réseaux sociaux, dès que je suis arrivée au ministère de l'Intérieur, en tant que secrétaire d'État, donc chargé de la citoyenneté de la ville et de Marseille-en-Grand, j'avais dit que les réseaux sociaux sont une arme de destruction massive de la jeunesse. On n'a pas vu le danger arriver, mais c'est très franco-français, vous savez, de ne pas voir les choses arriver, ou bien après, de vouloir, comme par exemple maintenant sur l'intelligence artificielle, l'Europe a voulu réglementer quelque chose qu'ils ne connaissaient pas. Parfois, on fait des choses absolument hallucinantes.

Mais la réalité, c'est que le Président a raison sur deux choses. Beaucoup d'études sont sorties sur le fait que des enfants avant 3 ans, quand ils regardent trop les écrans, du coup, leur capacité intellectuelle baisse, ils n'ont plus la même capacité de concentration. Les fameux mille jours, les fameux mille jours. Il faut en parler avec Boris Cyrulnik. Les premiers mille jours de la vie d'un enfant. Et la réalité, c'est que des parents qui sont...

10:22
Présentateur

Là, il ne faut pas d'écran du tout.

10:23
Sabrina Agresti Roubache

Je ne veux pas culpabiliser les parents, mais c'est sûr que c'est plus facile de donner aux petits le téléphone pour qu'on puisse faire autre chose, plutôt que de prendre le temps de s'en occuper. Mais à la fois, on est aussi dans une société où tout le monde veut tout, tout le temps, et plus personne ne sait être frustré de quoi que ce soit.

10:37
Présentateur

Dans le film « Comme un aimant » que je mentionnais en introduction, que j'ai vu grâce à vous, merci beaucoup, c'est un film que je recommande. Un magnifique film. Il est sorti en l'an 2000. Et il y a un moment, une réplique, qui dit « Tu n'avais jamais remarqué que dans le mot « souffrance », il y a France. Il n'y a rien pour nous ici. »

10:52
Sabrina Agresti Roubache

Oui, vous avez bien regardé le film. Moi, ça a été le premier long-métrage sur lequel j'ai travaillé en tant qu'assistante de prod. Je démarrais, puisque j'avais démarré en étant une stagiaire même sur les clips d'I Am. Donc, j'ai vraiment commencé en bas de l'échelle, mais j'ai compris très vite ce que je voulais faire. Mes parents ne voulaient pas que je bosse dans le cinéma, mais ils ne voulaient pas que je sois actrice. Vous leur cachez d'ailleurs. Absolument. Vous êtes bien renseignée, ça me contrarie. C'est dans votre livre. Je rigole. Ils voulaient que vous fassiez quoi, vos parents ? Mes parents, ils voulaient que je sois avocate, magistrate, avocate.

Ils savaient que j'étais engagée, assistante sociale. Ensuite, un peu plus tard, vous avez produit « Marseille », la série pour Netflix avec Gérard Depardieu.

11:31
Présentateur

Production exécutive. Le producteur, c'est Pascal Breton. Ok. Et Benoît Magimel, qui prend l'accent marseillais pour l'occasion. Oui. Ça, c'était un peu plus raté, non ?

11:39
Sabrina Agresti Roubache

Non, non. Ce n'était pas raté. C'est juste que cette série a été faite pour un public international. Et que je pense que ce n'était pas avec le recul nécessaire. Parce que l'accent marseillais est inimitable. Et ça, c'est vrai. Bonjour. Donc voilà, je m'appelle Sabrina Roubache. Et j'ai une bonne nouvelle. J'ai vraiment une très bonne nouvelle. Je voulais vous dire... Je suis... Je vais me présenter, en fait. Je... J'arrive de Marseille. Je suis une... Et pour vous poser le parcours, donc je commence par le début. Je suis née dans l'un des arrondissements les plus pauvres, les plus pauvres d'Europe. Et la chose, c'est que c'est possible. En fait, dans notre pays, c'est possible.

Mais ce n'est pas possible sans un vrai projet. Un vrai projet politique. Mais le projet politique n'aura de sens que si on a un vrai projet social. Et voilà.

12:57
Présentateur

Incroyable. Je ne l'ai jamais écouté depuis. Je ne me rappelle plus. Le 10 décembre 2016, à Paris-Porte de Versailles, vous ouvrez le meeting d'Emmanuel Macron. C'est celui d'ailleurs où il criera, c'est notre projet.

13:08
Sabrina Agresti Roubache

C'est notre projet, absolument. Et là, je découvre un candidat incroyable. Mais moi, je l'avais rencontré à ce fameux dîner à la Villa à Marseille avec Brigitte Macron. Et j'avoue, je le confesse, et elle le sait, je le raconte bien dans mon livre. J'ai passé ma soirée à discuter avec Brigitte Macron. Et je comprends à ce moment-là que ce candidat, donc son mari, peut faire quelque chose. Alors honnêtement, je l'écris dans mon livre. Celui qui pouvait me dire qu'en novembre 2016, Emmanuel Macron allait être élu président de la République, est très fort. Ce n'est pas vrai. Les gens ne croyaient pas ça. En revanche, je savais que ça pouvait arriver.

13:43
Présentateur

Juste avant votre intervention, il y a une petite vidéo sur la promesse de 2017 d'Emmanuel Macron, c'est-à-dire l'émancipation et notamment des quartiers, la fin de l'assignation à résidence. Est-ce que vous diriez, comme Christophe Castaner, que là-dessus, vous avez échoué en Macronie ?

13:58
Sabrina Agresti Roubache

Oui. Oui, on ne va pas faire semblant. Je ne risque pas de... Le président de la République me connaît suffisamment pour comprendre que dès que je pense... Enfin, si je pense quelque chose, même si c'est orthogonal avec l'ancienne majorité, la réalité, c'est que charité bien ordonnée commence par soi-même. Et alors, c'est quoi les raisons, Sabrina Gréster-Roubage ? Les raisons, je commence à me l'expliquer. Je ne sais pas si je l'ai totalement expliqué.

Je pense que, malheureusement, le système est tellement fort, le système de la discrimination est tellement fort, les choses sont tellement installées, les idées reçues sont tellement ancrées dans les gènes, dans l'ADN, que maintenant, plus personne ne fait attention. Quand vous regardez même le gouvernement actuel, regardez la diversité. Regardez la diversité ! Il n'y en a pas.

14:48
Présentateur

Cette question de Mickaël sur Instagram. Le 26 juin 2023, Emmanuel Macron fait face à la colère locale lors d'une rencontre à la Busserine, quartier nord de Marseille. Le lendemain, des émeutes éclatent après la mort de Naël à Nanterre. Deux morts, dont un à Marseille, n'est-ce pas le symbole de l'échec de Macron sur les banlieues ?

15:06
Sabrina Agresti Roubache

Non, le président n'a pas échoué sur... Justement, alors là, on parle de deux sujets différents. Sur l'assignation en résidence, on n'a pas fait ce qu'il fallait. On est passé complètement à côté du sujet. En revanche, sur ce que vous, vous appelez les banlieues, mais sur les quartiers prioritaires, les quartiers populaires. Le président de la République a mis 12 milliards sur la table, sur la rénovation urbaine. J'en étais en charge et j'ai consommé les 12 milliards. Parce que les 12 milliards, donc, pour rénover les quartiers prioritaires.

Le président de la République est celui qui a le plus fait sur le plan financier, sur le plan technique, sur le plan d'améliorer le quotidien des gens, sur le fait de faire les cités éducatives. Par exemple, c'est le président de la République. Celui qui a dit, j'ouvre les collèges de 8h à 18h, c'est le président de la République. Je vais vous dire ce qui ne va pas. On attribue toujours au président de la République tous les mots, M-A-U-X, de la société. Où étaient les ministres ? Les ministres étaient en charge. Il a eu des gouvernements. Et je pense qu'on oublie quand même de pointer deux choses. Un, c'est les ministres qui portent les politiques publiques.

Ce n'est pas le président de la République. Lui, il donne les axes, il défend les projets. De deux, les élus locaux. Voilà. Donc, je pense que ce n'est pas le président de la République qui a tout mal fait. Au contraire, moi, je pense qu'il a eu la bonne vision, mais il n'a pas été aidé.

16:19
Présentateur

Il y a une question qui fait de plus en plus l'actualité, encore cette semaine à Grenoble, même si l'enquête est encore en cours. C'est le narcotrafic. Et Marseille, c'est la ville la plus touchée en France par le trafic de drogue. En 2023, 49 morts liés au narcotrafic, seulement à Marseille. Et cette année, en 2024 ? 2024. Absolument. Mais on dit souvent que c'est un effet JO. Alors, en effet, il y a eu beaucoup de choses faites. Une présence policière accrue, la lutte contre les points de deal avec plusieurs points.

16:44
Sabrina Agresti Roubache

J'ai porté Marseille en grand, les caméras de vidéoprotection qui viennent d'être déployées, 200.

16:48
Présentateur

Une réduction des violences et des règlements de comptes, en effet, de moitié, même s'il y a cet effet JO. Ce n'est pas l'effet JO, c'est très mal expliqué.

16:55
Sabrina Agresti Roubache

Ce n'est pas l'effet JO. Il y avait beaucoup, beaucoup plus de policiers. Non, alors, non, non, non. Ce n'est pas comme ça que ça marche. Si vous pensez que quelqu'un qui veut assassiner quelqu'un d'autre du camp d'en face, il va être impressionné parce qu'il y a les JO. Franchement, moi, les analyses des mecs qui ne comprennent rien au terrain, ce n'est pas comme ça que ça marche. Un criminel, un assassin, il ne va pas se demander est-ce que c'est les JO ou pas. Donc ça, c'est le plan marseillien grand pour vous ? Je vais vous dire qu'on... Place nette. Oui, place nette et Éric Dupond-Moretti.

Le fait d'avoir ajouté des magistrats, donc de permettre aux greffiers, d'avoir plus de greffiers, plus de magistrats à Marseille, ça a aidé aux enquêtes, donc aux magistrats, de travailler plus vite. Et les policiers, évidemment, le fait d'incarcérer tous les criminels, une grande majorité de criminels et de taper à la tête des réseaux, ça fait qu'une fois que tu les as enfermés, ils sont déjà un peu moins dangereux.

17:43
Présentateur

En effet, Sabrina Agresti-Roubache, vous avez une connaissance intime, presque charnelle. De Marseille. De Marseille et même de cette question, puisque vous avez perdu des amis, vous, dans des règlements de compte. Beaucoup, beaucoup trop. Et on a cette question d'Esteban sur Instagram. En complément de loi, que faudrait-il faire pour lutter contre le narcotrafic ?

18:00
Sabrina Agresti Roubache

Je n'ai pas changé d'avis pour Esteban. Je vais vraiment lui répondre très directement. On a un problème d'addiction aux drogues. Je l'avais dit, pas de consommateur, pas de dealer. Donc là, si je peux développer trois minutes, on a un sujet de la consommation. Regardez ce député LFI qui vient pleurer, pleurnicher, si je puis dire, à envoyer spécial en expliquant qu'il est addict. Il est censé faire la loi. Il est censé voter les lois qui doivent protéger les gens. Les gens qui meurent dans les quartiers à cause du trafic de drogue. Donc, si on n'avait pas de consommateur, on n'aurait pas de trafic de drogue dans nos quartiers. De deux, il faut travailler. Il faut travailler.

J'avais beaucoup travaillé. Je n'ai pas eu le temps d'aller au bout de ce que j'avais envie de faire. La lutte contre les conduites addictives. Tant qu'on ne prendra pas le mal à la racine sur les addictions, on pourra continuer à pleurer nos morts.

18:47
Présentateur

Et on a cette question justement de Jolanne à Marseille. Où en est le projet de halte soins addiction ? Pourquoi ce projet a-t-il été arrêté ?

18:54
Sabrina Agresti Roubache

Alors, je vais vous expliquer pourquoi il a été arrêté. Parce que comme d'habitude, c'était ni fait ni à faire. C'est-à-dire, ils ont voulu, la municipalité... Alors, c'était plutôt Michel Rubirola, la première adjointe, et pas le maire de Marseille qui était très favorable. Moi, je suis très favorable à une halte addiction, évidemment. Parce qu'il précise, il est de Marseille, que vous l'avez bloqué. Non, je ne l'ai pas bloqué. J'ai dit, j'ai écouté les habitants. Je lui rappelle quand même, puisqu'il est de Marseille comme moi, que les habitants s'étaient mobilisés pour que cette halte ne soit pas près d'une école. Vous m'excusez, c'est près d'une maternelle et près d'une école primaire.

J'ai bloqué, oui, j'ai bloqué le projet, mais parce que j'ai écouté les habitants des environs. Et j'avais proposé à la municipalité et à la préfète de police, à l'époque, Frédéric Camilleri, de trouver un endroit au plus près de là où on sait où sont les toxicomanes, parce que ce sont des toxicomanes, et de faire une vraie halte aux soins. Mais on ne fait pas les choses dans cet ordre-là. Un dernier mot sur ce sujet.

19:49
Présentateur

Vous avez sans doute vu la une de l'Obs le 30 janvier avec Roberto Saviano, l'auteur italien de Gomorra. La France est déjà corrompue sur cette question, dit-il. Je suis convaincue que les organisations criminales liées à la drogue ont déjà corrompu les institutions françaises. Elles ont besoin de fonctionnaires, d'adjoints, de conseillers. Elles font pression en apportant des voix aux élections. Est-ce que c'est quelque chose dont vous avez déjà entendu parler ?

20:10
Sabrina Agresti Roubache

Mais évidemment, mais lui, quand je dis évidemment, ce qu'il dit est vrai. C'est quoi une pègre, une mafia, vous l'appelez comme vous voulez, mais c'est pareil, ou on va dire les réseaux criminels. Ils veulent quoi ? Ils veulent introduire tous les milieux col blanc. C'est ça leur objectif. Leur objectif, ce n'est pas d'être des mecs de banlieue qui restent en bas des immeubles. Ils veulent s'élever socialement. Et ils veulent de la respectabilité. Comment ils obtiennent de la respectabilité ? C'est en introduisant les milieux politiques, les milieux du monde socio-économique, les milieux associatifs. Donc, dans ce qu'il décrit, je ne dis pas qu'on en est là.

Je ne suis pas d'accord, par contre, sur la partie « on en est là ». Ce n'est pas vrai. Ça, c'est faux. En revanche, que ce soit leur méthode, c'est évident. Là, honnêtement, c'est tellement connu qu'il a raison.

20:57
Présentateur

Un mot sur la DZ mafia, clan criminel qui se met désormais en scène dans des vidéos pour revendiquer aussi une place dans la société. Est-ce que vous les avez vus venir bien plus tôt qu'aujourd'hui dans les médias où on en parle beaucoup à Marseille ?

21:07
Sabrina Agresti Roubache

Écoutez, moi, j'avais quand même produit à l'époque, avec Philippe Pujol, c'est lui qui réalisait « Djé la Babasquette ». Moi, franchement, encore une fois, évidemment que j'ai vu les choses arriver. Ce n'est pas faute d'avoir essayé d'alerter, de me positionner. Mais quand vous avez... Après, encore une fois, on a les élus qu'on mérite. D'accord ? Les Français ont les élus qu'ils méritent. Quand j'entends dire qu'ils sont outrés par ce qu'ils voient dans l'hémicycle, je rappelle juste à nos concitoyens que c'est eux qui les ont envoyés dans l'hémicycle. Et pour les élus locaux, c'est exactement la même chose.

Donc, je pense que la DZ Mafia, elle est née il y a une quinzaine, vingtaine d'années. Et la réalité, c'est que Gérald Darmanin, en tout cas, on peut aimer ou on peut ne pas aimer, quand il décide de faire place net XXL, il dit, à un moment donné, il faut taper là où ça fait mal. Le portefeuille, bien sûr, et taper les points de deal. En attendant, les points de deal à Marseille ont été divisés par deux. Et quand vous divisez par deux les points de deal, ils développent le Ubercheat, donc les livraisons à domicile. Donc, c'est une lutte permanente et qu'on sente.

22:10
Invité

Nul ne peut arrêter l'horloge du temps. Elle sonne aujourd'hui pour moi l'heure du retrait. Elle ne marquera jamais la fin de cette passion pour laquelle j'aurai donné le meilleur de moi-même.

22:33
Présentateur

Monsieur le maire. Vous avez reconnu cette voix, Sabine Agresti-Roubache. Jean-Claude Godin, maire de Marseille pendant 25 ans. C'était lors de son dernier conseil municipal, le 27 janvier 2020. Alors, vous étiez très proche de lui. Il est disparu en 2024. Mais son bilan est contesté, notamment sur le logement. On pense bien sûr à l'effondrement de la rue d'Aubagne en 2018, 8 morts. On pense aussi aux transports, les quartiers nord, qui vous sont chers, largement oubliés.

23:04
Sabrina Agresti Roubache

Qu'en dites-vous ? Je vais vous dire. Je pense, alors sur la rue d'Aubagne, moi j'avais prévu, à l'époque, je voulais produire un documentaire sur la rue d'Aubagne pour expliquer comment est-ce qu'on est arrivé là. Sur le logement, ce qui s'est passé à la rue d'Aubagne est évidemment une catastrophe. Et c'est bien plus loin que ça. C'est que, encore une fois, les élus qui ont été au tribunal et donc qui ont été jugés, je vous rappelle que M. le maire n'a pas été ni mis en examen, ni... Vous avez des adjoints, vous avez des services... Non, non, moi je parle plutôt de la politique publique menée sur 35 ans, sur le logement...

Alors, sur le logement, en tout cas sur le logement social, si on doit parler juste aussi un peu de chiffres une fois qu'on s'est enlevé de la rue d'Aubagne. Sur le logement social, M. le maire, donc Jean-Claude Godin, n'a jamais été carencé. Là où la mairie, parce qu'à l'époque c'était Mathilde Chabosche qui était l'adjointe à l'urbanisme, et heureusement que Benoît Payan dit à un moment donné, non, non, je reprends la main sur le fait de donner des permis de construire aux logements sociaux. Enfin, la mairie, en tout cas, qui a mis la ville en carence, c'est une mairie de gauche. Donc moi, je suis une fille normale, pragmatique, je regarde les chiffres. L'autre chose, c'est que M.

le maire a fait beaucoup, beaucoup de choses pour Marseille. Il n'a pas tout bien fait, lui-même le disait, je n'ai pas tout bien fait, mais il avait, il avait fait par exemple Euro-Méditerranée, Euro-Méditerranée qui demandait à un Marseillais s'il ne trouve pas qu'Euro-Méditerranée est une grande réussite. Celui qui est allé chercher en réalité les moyens sur Marseille en grand, au départ, parce que celui qui connaît le président de la République depuis très longtemps, à l'époque il était seulement, il n'était pas encore candidat à quoi que ce soit, il était secrétaire général adjoint de l'Elysée. C'est M. le maire, c'est Jean-Claude Godin.

Donc celui qui parle de Marseille à Emmanuel Macron au départ, c'est Jean-Claude Godin. Que pensez-vous du bilan de l'actuel maire Benoît Payan depuis 5 ans ? Alors écoutez, moi je suis obligée de vous répondre là directement, ce que je pense. Ce que je pense c'est que beaucoup de choses restent encore à faire, ils n'ont pas, moi j'en veux beaucoup à certains adjoints qui ont bloqué les projets, notamment sur Marseille en grand, et heureusement, quand j'ai été nommée, je les ai débloqués, notamment sur la rénovation urbaine. Ce que je pense, c'est que beaucoup de politiques ont été faites, et en réalité, pas beaucoup de choses ont été faites en dehors de Marseille en grand.

La réalité, c'est que les promesses tenues sur, on va essayer de diminuer par exemple le nombre de fonctionnaires, je vous invite à aller regarder le nombre de fonctionnaires à la mairie de Marseille. Donc, je sais, je connais la politique, 6 ans pour faire, franchement, 6 ans pour tout faire, c'est pas vrai. C'est comme Marseille en grand, en 3 ans tu fais pas tout. Je pense que les politiques publiques, c'est vraiment du temps long. Je veux pas taper trop méchamment dessus, parce que je sais la difficulté de faire, quand tu es aux responsabilités.

En revanche, je pense qu'ils sont très très très loin peut-être de, notamment Michel Rubirola, qui elle avait été élue, très loin de ce qu'elle, en tout cas en tant que candidate, avait promis. Pour le dire autrement, est-ce qu'il faut du changement à la mairie l'année prochaine ? Est-ce qu'il faut du changement ? Les Marseillais vous le diront. Il y a beaucoup de... Non, moi j'appelle, non seulement du changement, mais moi j'appelle à de la cohérence, de la cohésion, et j'appelle à la réflexion sur l'intérêt général, c'est-à-dire les Marseillais avant nous. Et si on pensait aux Marseillais avant nous ? C'est votre slogan ? Ouais. Non, enfin mon slogan pour Marseille.

Enfin, pour les gens qui... Vous êtes candidate, Sabrina. Non, je ne suis pas candidate.

26:26
Présentateur

Non, je ne suis pas candidate. Je ne sais pas, parce que vous avez lancé un collectif en 2024 qui s'appelle Avec Sabrina. Vous avez dit aux Nouvelles Obs... C'est mon amie Sandra Blanchard qui a lancé ça. Pour vous ? C'est horrible. C'est une technique politique classique. Ceux qui ont voulu m'enterrer trop vite ont eu tort, je ne sais pas encore comment, mais ce qui est sûr, c'est que je vais le faire. Non, je vais le faire.

26:43
Sabrina Agresti Roubache

Je vais participer. Et vous n'allez pas être candidate. Non, je vais participer, je vais compter. L'avenir nous dira si je dois l'être, ou si même je peux l'être. Après, il faut être... Vous ne fermez pas la porte. L'humilité, tu ne peux pas fermer la porte. Alors, je vais vous dire un truc. On m'avait beaucoup reproché. En plus, c'était une boutade, je l'avais dit en rigolant. Je suis en instance de divorce avec Marseille parce que je vois ma ville basculer au RN. Je suis affligée par cette classe politique, notamment à Marseille. où j'exclus, j'exclus évidemment Martine Vassal qui, elle aussi, a vu le sujet arriver. Mais Benoît Payan l'a vu. Mais beaucoup d'élus, au-delà des...

Si vous enlevez Renaud Muselier, Martine Vassal et Benoît Payan qui, eux, ont compris que l'extrême droite était en train de gagner chez nous. Et je dis, je suis en instance de divorce avec Marseille. Et finalement, non. C'est les Marseillais qui m'ont abandonnée aux dernières élections.

27:34
Présentateur

On va en parler de ces élections. Mais si je comprends bien, donc pour vous, c'est ni De Logu, ni Alizio, LFI et RN qui semblent être... On ne peut pas accepter ça. Qui semblent être sur la ligne de départ. On ne peut pas accepter. Mais si c'est Payan, Vassal ou Muselier, pourquoi pas, vous serez dans leur...

27:47
Sabrina Agresti Roubache

Mais ça, c'est une évidence. On ne peut pas accepter qu'on vienne nous expliquer à nous, les enfants de Marseille. Et franchement, on est des enfants de Marseille. On ne peut pas accepter de voir l'extrême droite faire des tels scores, même dans les quartiers nord.

27:58
Présentateur

Alors, on va en parler de l'extrême droite parce que vous êtes très bien placée, Sabrina Agresti-Roubach, sur l'extrême droite à Marseille. En 2022, c'est la première fois que vous êtes candidate ensemble dans la première circonscription des Bouches-du-Rhône, à peu près 120 000 habitants, 10e et 11e arrondissement de Marseille. Et 12e. Et 12e, pardonnez-moi. 11, 12 et un petit bout du 10. Donc là, législatif 2022, il y a un taux d'abstention énorme, 58%. Vous arrivez au second tour, mais juste devant la NUPES, la NUPES qui n'est pas qualifiée. Qui a été éliminée. En revanche, le RN est très haut.

Et vous dites, je ne m'attendais pas à ce que le RN soit si haut, surtout qu'ils n'ont absolument pas été sur le terrain, alors que vous, vous connaissiez tout le monde. Comment vous l'expliquez à ce moment-là ? Que vous disent les électeurs ?

28:43
Sabrina Agresti Roubache

Alors, si on parle de l'élection de 2022, ce n'est pas du tout la même que 2024. C'est pour ça que je commence par celle-ci.

28:48
Présentateur

Puisqu'aujourd'hui, on peut le dire, la circonscription est au moins.

28:52
Sabrina Agresti Roubache

Non, elle a basculé. Elle fait 57% au second tour, 45% au premier. Et pareil. Et c'est la même candidate que vous battez deux ans plus tôt. C'est la même candidate, c'est l'attente de Franck Alizio. Donc, je vais vous dire, ils font ça en famille. La réalité, c'est que les gens ne votent pas pour vous. Moi, j'ai appris un truc en politique, très modestement. On ne vote pas pour toi parce que tu as fait des choses. C'est comme ça. C'est une règle en politique. Deuxième chose. Les gens votent selon leur humeur, selon un sentiment, selon un ressenti. Les gens ne votent pas de manière... Comment dire ? Ils ne disent pas, ah tiens, tel candidat a fait ça, donc je vais voter pour lui.

Ce n'est pas comme ça que ça marche. En revanche, j'ai toujours cru au Front Républicain. Parce que moi, je me rappelle de 2022 où Benoît Payan appelle dans la minute à voter pour moi et à faire front. Qu'est-ce que je fais en 2024 ? Et évidemment, ça ne m'a même pas effleuré l'esprit que je puisse me maintenir. Ça a été la décision la plus facile à prendre de ma vie. Me retirer. Je finis troisième. Moi, je suis qualifiée dans une élection qui était perdue d'avance très, très largement. Et j'appelle à voter pour la candidate qui était la candidate NFP, place publique. Et j'appelle à voter pour elle. Mais je savais qu'elle allait se faire battre. 45% pour l'ERN.

Et je vais vous dire une chose. Quand maintenant, qu'est-ce que me disent les gens ? Je vais vous dire ce qu'ils me disaient à l'époque. Il y a eu un vrai vote, et ça c'est vrai, anti-majorité présidentielle. C'est clair. Anti-Macron. Anti-Macron, clair. C'est-à-dire que là, quand les gens vous parlaient, ils vous disaient, on vous aime beaucoup, mais là, je ne peux pas. D'accord. Et quand vous rentriez dans le détail du débat, vous arriviez finalement à leur faire dire, mais vous voyez, finalement, on a fait des choses. Et malheureusement, et c'est pour ça que ça rejoint, et je n'avais pas fini sur M.

Le Maire, sur Jean-Claude Godin, on ne vote, on ne retiendra jamais de vous ce que vous avez fait de bien en politique. On va retenir des coups politiques, on va retenir des éclats, on va retenir plein de choses, mais on ne retiendra jamais ce que vous avez fait.

30:43
Présentateur

Ça dépend peut-être aussi combien de temps vous restez. Absolument. Parce que vous, Sabrina Grécy-Roubage, vous êtes secrétaire d'État à la ville de 2023 à 2024.

30:53
Sabrina Agresti Roubache

De juillet 2023, donc ça fait pratiquement un an.

30:55
Présentateur

Un an, et à la citoyenneté, un an. Oui. Est-ce qu'on a le temps d'agir en si peu de temps ?

31:01
Sabrina Agresti Roubache

Moi, j'ai fait des choses. Non, alors oui, quand même. Si tu as le temps, mais la réalité, c'est que tu n'as pas le temps, vous n'avez pas le temps de suivre vos dossiers jusqu'au bout. Ce que j'ai fait sur Marseille-en-Grand, par exemple, si je prends juste ce dossier, ce que j'ai fait sur les quartiers prioritaires. Je rappelle quand même que je suis la ministre qui a refondé le zonage quartier prioritaire qui n'avait pas été fait depuis 10 ans. Quand j'arrive au ministère, c'est mon dossier prioritaire. Je le fais. Vous savez que j'ai fait de Mayotte, j'ai fait, moi, c'était à ma main, de Mayotte, un QPV en entier.

C'est-à-dire que j'ai décidé de ne pas faire de distinguo entre les quartiers de Mayotte. Et vous voyez avec la Tornachido ce qui s'est passé. Donc, oui, tu as le temps de faire des choses, mais la réalité, c'est que les politiques publiques, encore une fois, c'est des politiques de long cours. On ne peut pas demander à nos ministres, au président de la République, aux élus, de tout faire en trois mois.

31:53
Présentateur

Enfin, il se trouve quand même que la circonscription bascule après la dissolution du RN. Et là, vous dites, je ne reconnais pas Marseille. Marseille bascule dans quelque chose que je ne connais pas.

32:03
Sabrina Agresti Roubache

Absolument, absolument. Marseille vient de basculer et aux dernières élections a basculé à l'extrême droite. La réalité, c'est que le RN finit devant en termes de nombre de voix, globalement sur la ville. Et quand vous voyez qui vote RN, il faut arrêter de dire que les gens qui votent RN sont des gens en colère et des ouvriers. Faux. Le circo est une circo plutôt très bourgeoise, plutôt avec des gens bien installés, bien implantés, une bourgeoisie vraiment bien... Ils ont tous voté RN. Et maintenant, par contre, je vous le dis, moi je le dis à l'antenne et on me connaît, je suis très cash et très directe.

On m'appelle en me disant oh mais c'est horrible, on ne voit jamais la députée et ce n'est pas possible, il faut que tu reviennes. Et tu leur dis, ben désolé, vous avez choisi vos élus. Demandez à vos élus. Et je vous garantis qu'elle ne porte pas un texte. Elle n'a pas ouvert la bouche une fois dans l'hémicycle. Elle n'a pas porté un seul sujet pour Marseille ni pour la circo. Elle n'aide pas une association, elle ne se déplace pas. Et vous savez pourquoi ? Parce que maintenant, le RN est rentré dans une rente de situation.

32:57
Présentateur

Est-ce que c'est pour ça qu'Emmanuel Macron a choisi de dissoudre pour voir ? Puisqu'il pensait peut-être que Jordan Bardella allait à Matignon.

33:07
Sabrina Agresti Roubache

Non. Je pense qu'il a voulu mettre et il a eu raison. J'avais défendu le choix. Au moins, j'étais moi aussi comme tout le monde assez triste parce que je savais ce qui allait arriver. Je l'avais compris dès les européennes. Il suffisait d'avoir fait la campagne des européennes pour comprendre ce que les gens étaient en train de nous dire. la réalité, c'est que mettre les Français face à leur contradiction, c'est bien aussi. On ne peut pas nous expliquer toute la journée que Marine Le Pen, c'est horrible, que Mélenchon, c'est horrible et voter massivement pour eux. Après, il y a des choses que je ne comprends pas. Et on ne peut pas faire comme si on ne savait pas.

Maintenant, les Français ne peuvent plus faire comme s'ils ne savaient pas. Vous savez combien il y a eu de ministres

33:46
Présentateur

depuis 2017, Sabrina Gresti-Roubache ? Beaucoup. Vous êtes 158.

33:52
Sabrina Agresti Roubache

158, c'est énorme. Qu'est-ce que ça dit ? De l'instabilité ? Ça dit de l'instabilité ? Ça dit non. La stabilité, elle a deux ans. Oui. Mais vous savez, Jean-Michel Blanquer est resté cinq ans. Par exemple, Gérald Darmanin est resté quatre ans et demi à l'intérieur. On a su aussi, Bruno Le Maire est resté sept ans. Ce que ça dit, je vais vous dire ce que ça dit, c'est qu'il n'y a pas de formule magique en politique, mais ce qui est sûr, non, moi je tire une leçon de tout ça. Il faut tirer une leçon. Si on ne laisse pas des gouvernements sur le long terme travailler, c'est impossible. Et vous pouvez faire

34:26
Présentateur

ce que vous voulez, ça ne marchera pas. Est-ce que ça ne nous dit pas aussi que ce qu'Emmanuel Macron a fait, et vous en êtes la preuve vivante, c'est-à-dire de vous propulser après une rencontre, parce que vous êtes, comme il dit, de la société civile, sur le devant ? Pas juste après, parce que je viens aux élections en 2022. Non, mais il vous propulse, on a écouté le premier extrait, la première archive, il vous propulse sur la scène d'un meeting politique alors que vous n'avez absolument jamais fait de politique. Je n'ai jamais fait de politique de ma vie.

C'est ce qu'il a fait en 2017, en bouleversant totalement le jeu politique avec un renouvellement qu'on n'avait pas vu depuis des décennies. Mais est-ce que justement la limite, le revers de ça, c'est qu'il ne va pas un peu trop vite quand il disait « Soyez fiers d'être des amateurs », quand il nomme Gabriel Attal

35:05
Sabrina Agresti Roubache

à Matignon ? Non, mais je vais vous dire. Pareil, c'est avec l'âge qui avant, j'ai le même âge que lui, on a un nombre de différences. Mon affection et mon respect pour le président de la République sont immenses et n'ont pas de limites. Et je le soutiendrai, je l'avais dit, j'ai commencé avec lui et je finirai ma carrière politique avec lui. J'ai commencé avec Emmanuel Macron, je finirai avec Emmanuel Macron et je ne le lâcherai jamais, il le sait et on n'a même pas besoin de se le dire. Une fois que je vous ai dit ça, je pense comme dans une entreprise, comme dans une association, comme dans la vraie vie. La politique n'est pas très différente en réalité de la vraie vie.

Si tu n'as pas des gens préparés à la surexposition médiatique, si tu n'as pas des gens de dossier, si tu n'as pas des gens qui sont politiquement capables de porter des sujets, on ne peut pas y arriver. Vous pouvez être, mais je parle de la majorité présidentielle, mais je parle des autres partis. Ils auront exactement les mêmes problèmes, c'est juste une histoire de vision. Il faut être préparé. Éric Dupond-Mouretti, il explique, c'était l'un de nos plus grands ténors au barreau, il n'a jamais eu peur de personne, il explique sa première arrivée dans l'hémicycle.

36:13
Présentateur

Est-ce qu'il a fait une erreur Emmanuel Macron en choisissant Richard Ferrand pour présider le Conseil constitutionnel ?

36:18
Sabrina Agresti Roubache

Je vais vous dire pareil, procès en incompétence et mépris de la classe sociale. En copinage surtout. Oui, mais derrière le copinage, vous savez ce qu'on met. Moi, on m'a expliqué, vous imaginez quand même, je gagne l'une des circos les plus difficiles en 2022. J'avais 46 ans, je n'étais pas un petit bébé, j'avais monté ma boîte, j'avais fait des choses, j'avais écrit mon livre, j'avais fait plein de choses. On m'a quand même fait un procès et en incompétence et en légitimité. C'était la copine du président qui devenait ministre. Vous pouvez aller regarder tous les dossiers que j'ai portés.

Ils ont été plus que bien portés et chacun reconnaît que je suis restée quasi un an et demi sur la ville et un an sur la citoyenneté. Mais pour Richard Ferrand, il a été président de l'Assemblée nationale, il a été député. Est-ce qu'on doit penser que pour occuper un poste, tu dois avoir juste la technicité du poste ? Non, il faut avoir la technicité et il faut avoir la vision politique du sujet. Le Conseil constitutionnel, c'est trop important, c'est l'autorité qui nous permet en réalité d'être la grande démocratie que nous sommes. Donc ce poste en copinage, évidemment je l'attendais, mais aussi moi je lis ce que disent certains juristes. Je sens le mépris de classe là-dedans.

Il ne fallait pas un constitutionnaliste ? Pas sûr, non, je ne suis pas du tout. Pour s'éviter ce genre de critiques ? Alors dans ce cas-là, tu ne mets que des énarques à des grands postes, tu ne mets que des X, des ponts et chaussées à certains postes et puis en fait, ceux qui n'ont pas fait les bonnes études au bon endroit, ça dégage. Pas possible.

37:44
Invité

Sens politique, l'archive de l'invité. Et quand je regarde Marseille, je vois une ville française façonnée par 2000 ans d'histoire, d'immigration, d'Europe, du vieux port à Saint-Loup en passant par le panier. Je vois les Arméniens, les Comoriens, les Italiens, les Algériens, les Marocains, les Tunisiens, je vois les Maliens, les Sénégalais, les Ivoiriens, j'en vois des... Mais je vois quoi ?

38:56
Présentateur

Emmanuel Macron, lors de son meeting au Parc Châneau de Marseille le 1er avril 2017 et cette tirade, c'est vous qui l'a lui soufflé.

39:03
Sabrina Agresti Roubache

Absolument. Avec mon mari, Jean-Philippe, aussi avait participé justement à la rédaction et aux idées apportées sur ce discours et la réalité, c'est que pourquoi je choisis ce moment ? Parce que c'est le moment où je comprends, moi, déjà qu'il a compris Marseille, parce que si tu n'as pas compris ça, tu ne peux pas comprendre Marseille. Marseille, pourquoi le soir des élections, je dis, on est tous des enfants d'immigrés à Marseille. Marseille s'est construite sur les vagues d'immigration. Si Marine Le Pen avait dû faire ces scores-là à l'époque de ma grand-mère et de mon arrière-grand-mère, aucun d'entre nous ne serions français. Je l'ai dit et je n'ai pas changé d'avis.

Et la réalité, c'est que toutes ces nationalités que compose Marseille, ils sont marseillais. Je vais vous dire honnêtement, on a une telle puissance d'identité à Marseille que parfois, tu peux te sentir plus marseillais que français. Mais ils voyaient des Marseillais, des gens qui adorent leur ville et des Français, des gens qui adorent leur pays.

39:59
Présentateur

Ce qui est intéressant, Sabrina Gresti-Roubache, c'est que le 7 décembre, dans cette émission, Philippe Ballard du RN a choisi le même extrait que vous.

40:06
Sabrina Agresti Roubache

Incroyable.

40:07
Présentateur

Et pour donner quelques coulisses à nos auditeurs et auditrices, on ne prend jamais les mêmes extraits quand ils sont choisis. Mais là, je me suis dit que c'était intéressant de vous entendre parce que lui, je ne sais pas si vous aviez écouté à l'époque l'émission, en tout cas, il a dit que c'était le symbole de l'immigration incontrôlée et que ça donne, je cite, une ville gangrénée par les trafics de drogue.

40:24
Sabrina Agresti Roubache

Vous imaginez ce qu'il vient de dire ? Il vient de dire que mes parents, parce que c'est ça la réalité, moi, mes parents, ma famille, mes amis, tout le monde, on est tous des enfants d'immigrés, donc soupçonnables de délinquance. C'est dingue. C'est dingue. Et voyez, ce genre de propos. Comment vous voulez que moi je comprenne pourquoi Marseille voit tes rênes ? Comment c'est possible ? C'est-à-dire, comment quand tu es Marseillais, tu es forcément venu de quelque part à Marseille ? Le président le dit. Moi, ce passage, je l'adore pour une raison simple, parce que c'est vraiment ça, Marseille.

Vous savez qu'à Marseille, sur les actes antisémites, c'est la ville qui a le plus faible taux d'actes antisémites. Vous voyez ? On met toujours, on jette toujours l'opprobre sur Marseille et vous êtes là, vous vous dites, mais non, parce que nous, à Marseille, on sait d'où on vient et on sait vivre ensemble. Et c'est ça la réalité. Mais comment est-ce que j'explique ce vote massif pour l'ERN ? Honnêtement, je vous dis, il y a des choses qui m'interrogent et ma peine, parce que j'ai de la peine, moi, tous les jours, je pense tous les jours, il n'y a pas un jour où je ne parle pas de Marseille. Je me dis, mais comment c'est possible quand on connaît notre histoire qu'on en arrive là ?

41:35
Présentateur

Merci Sabrina Agresti Roubache, ancienne ministre d'Emmanuel Macron, élue à Marseille, à la région sud, d'être venue dans le sens politique. Vous pouvez réécouter cette émission et toutes les autres sur franceculture.fr et l'application Radio France. Je rappelle pour toutes celles et ceux qui nous posent la question que nous respectons les règles de l'ARCOM dans le choix de nos invités qui impose le pluralisme en fonction des forces politiques représentées au gouvernement et au Parlement, y compris, hors période électorale.

Merci infiniment à Léa Varin qui m'a aidée à préparer cette émission, à la réalisation comme chaque semaine, Luc-Jean Reynaud, à la technique aujourd'hui, Jean-Guylain Meij et à la vidéo Sacha Krin. Merci à vous Sabrina Agresti Roubache. Merci à vous. À samedi prochain. Merci.