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InterviewFrance Inter — L'invité du week-end (sur Site radio)· 16 mars 2019 18 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileEurope & internationalSolidarités & familleEnvironnement & énergie

Alexis Corbière : "Si on donne la parole au peuple, c’est au peuple de décider, pas au président seul"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 50 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:14OuverteRéponse directe

    Votre réaction après la tuerie dans deux mosquées en Nouvelle-Zélande, 49 morts ?

  • 2:43OuverteRéponse directe

    Vous avez passé la nuit à l'Assemblée nationale autour de la loi PAC, vous sortez de vos gonds quand il est question de la privatisation des aéroports de Paris.

  • 5:38OuverteRéponse partielle

    Raphaël Glucksmann a annoncé sa candidature aux Européennes, est-ce que vous vous sentez visé ?

  • 6:45RelanceRéponse directe

    Comment vous faites pour rompre avec les traités actuels ?

  • 6:57RelanceRéponse directe

    Dans votre programme pour les élections européennes, vous voulez sortir des traités qui organisent l'Union européenne. C'est le Frexit ?

  • 11:09OuverteRéponse directe

    Ce 18ème acte coïncide avec une marche pour le climat et la biodiversité. Maxime Nicol partagez-vous ce constat ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:11Invité politiqueFait
    « le grand remplacement »
  • 3:27Invité politiqueFait
    « Bruno Le Maire va faire des jeux de mots, c'est une concession de 70 ans, dit-il, pour Aéroport de Paris »
  • 3:43guest_politiqueFait
    « Aéroport de Paris, au moins, et même la Française des Jeux, c'est quasiment une situation de monopole »
  • 4:30PrésentateurChiffre
    « Ceux qui sont favorables à la privatisation d'aéroports de Paris disent « Les caisses sont vides en France, ça va rapporter 9 à 10 milliards d'euros. » »
  • 5:50Invité politiqueFait
    « Il s'agit de quelqu'un qui permet au Parti Socialiste de ne pas aller à cette élection en ayant quelqu'un qui leur fait un peu écran »
  • 7:04PrésentateurFait
    « ces traités sont totalement alignés sur l'idéologie libérale »
  • 7:14PrésentateurFait
    « Sortir des traités, c'est sortir de l'Union européenne et de l'euro »
  • 8:17Invité politiqueFait
    « j'appelle la lettre au Père Noël, vive l'Europe sociale, ça va être mieux »
  • 8:28Invité politiqueFait
    « si nous prenions la décision d'appliquer une TVA taux zéro sur certains produits, au niveau européen, on ne peut pas le faire »
  • 11:35Invité politiqueChiffre
    « 60 ou 55% des Français se reconnaissent encore dans ce mouvement »
  • 12:09Invité politiqueChiffre
    « un demi-million de personnes qui ont participé »
  • 12:11Invité politiqueChiffre
    « il y a 166 000 personnes différentes qui sont allées sur le site »
  • 12:23PrésentateurChiffre
    « 400 à 500 000 personnes se sont rassemblées lors de 10 300 réunions locales en France et 1 400 000 contributions sur le site internet »

Temps de parole

  • Alexis Corbière75 %
  • Présentateur13 %
  • Invité7 %
  • Invité 23 %
  • Invité 32 %

3,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

8h21 avec Patricia Martin, nous recevons Alexis Corbière, député La France Insoumise de Seine-Saint-Denis. Bonjour. Bonjour Pierre. L'acte 18 des Gilets jaunes, la fin du grand débat, les élections européennes, on va revenir sur tout cela. D'abord Alexis Corbière, la Nouvelle-Zélande, votre réaction après cette tuerie dans deux mosquées en Nouvelle-Zélande, 49 morts. L'auteur de La Fusillade, c'est un Australien de 28 ans, extrémiste de droite.

0:27
Alexis Corbière

Bon évidemment, un sentiment d'horreur, je crois que tout le monde le ressent, une envie même si c'est un peu ridicule de dire aux familles, ils ne nous entendent pas bien sûr, mais combien nous sommes à leur côté dans cette épreuve. Et puis après, pour essayer d'avoir un mot plus général, de se dire que le fanatisme finalement n'est pas l'apanage de, je ne sais trop quel, uniquement courant spirituel. Ça peut toucher évidemment, on voit bien plusieurs courants politiques, en l'occurrence l'ultra droite, qui une fois de plus est violente. Moi ce qu'il y a de terrible pour moi, qui suis un peu une volonté d'être un continuateur des grandes pensées des Lumières, des Républicaines, etc.

Se dire que c'est aussi un intellectuel français peut-être, c'est ce que je comprends quand je vois la presse qui aurait pu inspirer, ou du moins je pense au titre de l'ouvrage que cet homme a laissé, le grand remplacement. Je ne rends pas, évidemment Renaud Camus n'est pas responsable là, mais je veux dire que ces idées françaises, au sens le plus négatif, comment dire, participent à armer le bras d'un homme, est quelque chose de terrible.

Moi je veux que ce qui sort de notre pays soit une fois de plus un message universel, notamment la laïcité, qui permet, quelles que soient nos convictions spirituelles, que nous puissions vivre ensemble, c'est cet universalisme là qu'il faut défendre, et j'espère que chacun en France tire des leçons, que ce à quoi nous avons à travailler, bien sûr, c'est trouver les conditions d'une société fraternelle, et où la violence est exclue.

Bon, une fois qu'on a dit ça, pas d'instrumentalisation dans le débat national, mais c'est évident que ce geste terrible doit nous amener à dire, une fois de plus, que cette violence, moi parfois, je le dis clairement pour qu'on me comprenne, on m'aura sans doute suivi, que cette manière de dire qu'il n'y aurait que l'islam radical aujourd'hui qui serait responsable de la violence, cette facilité qui consiste souvent à montrer du doigt nos concitoyens de confession musulmane, on voit bien à travers ce geste fou, qu'il y a une violence aussi terrible qui existe, le geste de Christchurch, hélas, n'est pas le seul.

Donc nous, on doit avoir une parole de fraternité dans ces moments-là, plus que jamais, ça correspond parfaitement à ce qu'est la République. On peut tous vivre ensemble, quelles que soient nos convictions, et je rappelle d'ailleurs que la moitié de nos concitoyens en France n'ont pas de religion, donc c'est la laïcité, une fois de plus, qui est un message de fraternité qui doit être défendu.

2:43
Invité

Alexis Corbert, vous ne vous êtes pas couché pour venir nous voir, puisque vous avez passé la nuit à l'Assemblée nationale, autour de la loi PAC, le projet de loi relatif à la croissance et à la transformation des entreprises. Vous sortez de vos gonds quand il est question de la privatisation des aéroports de Paris. Je vous ai entendu dire, c'était le 14 mars dernier, que c'était un sujet majeur, évidemment, mais presque d'ordre philosophique.

3:02
Alexis Corbière

Oui, car là, vous évoquez le fait qu'on vient de terminer à 6h10 du matin, ça y est, cette loi a été adoptée, moi j'ai voté contre, le débat a été très long, je trouve que c'est un sujet majeur. Premièrement, je vais répondre à votre question, qui montre, qui décrédibilise à mes yeux, mais je crois savoir, Pierre Vec, que vous allez m'interroger sur ce qu'est le débat national, c'est-à-dire qu'on réunit des gens, mais en même temps, il y a des choses très importantes qui sont en train d'avoir lieu et qui ne sont pas soumises à ce débat. Ce dont on parle, c'est quand même la privatisation.

Alors, Bruno Le Maire va faire des jeux de mots, c'est une concession de 70 ans, dit-il, pour Aéroport de Paris, mais on vend des choses qui rapportent de l'argent, car Aéroport de Paris, la Française des Jeux, ONG, sont des secteurs qui rapportaient à la Caisse de l'État, qui vont être vendus, ça va être quelque chose de juteux. Aéroport de Paris, au moins, et même la Française des Jeux, c'est quasiment une situation de monopole. Il y a là quelque chose qui est un problème. Un aéroport de Paris, c'est quand même rien de moins que nos aéroports et quelque part nos frontières, même si le gouvernement répond souvent qu'il n'aime pas cet argument, mais tout de même, c'est stratégique.

Pourquoi nous vendons cela ? Pourquoi nous vendons des choses qui, justement, devraient nous permettre, à partir des recettes que nous réalisons, de pouvoir financer des secteurs qui, eux, n'ont pas à être rentables ? À l'éducation, à la santé. Et ce que nous dit aussi le mouvement des Gilets jaunes, c'est qu'il y a énormément de besoins. Donc, c'est économiquement une absurdité et c'est philosophiquement, selon moi, une erreur qui consiste à dire qu'on se débarrasse de tout ça pour le donner à des secteurs qui vont faire de la rentabilité. L'exemple des autoroutes est là pour montrer que c'est terrible pour nous autres citoyens.

4:27
Présentateur

Ceux qui sont favorables à la privatisation d'aéroports de Paris disent « Les caisses sont vides en France, ça va rapporter 9 à 10 milliards d'euros. »

4:34
Alexis Corbière

Mais à courte vue. Bon, voilà, pardon l'expression en langlistime, c'est un one-shot, ok, ça va faire une rentrée d'argent. Et puis après, je veux dire, nous, un État, il est sur la durée. C'est pas, comment dirais-je, à la hauteur d'une simple vie humaine. Nous vendons progressivement, nous privatisons de nombreux secteurs. Et je le répète, à l'arrivée, bien souvent, on a des exemples néfastes. Je viens d'évoquer notamment les autoroutes qui montrent que ces sociétés privées, elles cherchent à faire du profit, on ne peut pas leur reprocher, c'est souvent leur but.

Et on va avoir souvent, que ce soit les droits aéroportuaires ou que ce soit après de nombreux secteurs qui vont coûter plus cher. Bon, ben, qu'est-ce qu'on a à gagner, nous ? Pourquoi les privatis ? Je le répète encore, c'est profitable. On a quand même, avec l'aéroport de Paris, pendant d'être long, mais on a la première destination aujourd'hui, touristique mondiale, 89 millions de gens qui viennent à Paris, etc. On n'est pas en concurrence. Donc là, tout ça, on avait les moyens de le garder.

5:22
Invité

Raphaël Glucksmann, fond d'acteur de Place Publique, a annoncé ici même, hier matin, qu'il était candidat aux Européennes. Il devrait recevoir le soutien du PS. Certaines ne l'ont déjà fait. Martine Aubry, Anne Hidalgo. Il regrette, a-t-il dit aussi, l'éparpillement des forces de gauche ? Est-ce que vous vous sentez visé ?

5:40
Alexis Corbière

Non, non, bon, je veux dire, je vais... Moi, je respecte tout le monde. C'est un petit événement, hein, franchement. Bon, vous en parlez... Vous ne savez pas. Non, mais de quoi s'agit-il ? Il s'agit de quelqu'un qui permet au Parti Socialiste de ne pas aller à cette élection en ayant quelqu'un qui leur fait un peu écran parce que le Parti Socialiste, pour toute une série de raisons, ait subi un rejet, on va dire, de nos concitoyens. Je trouve un peu dommage... Après, moi, j'ai lu Raphaël Glucksmann. Il y a des aspects séduisants.

Si c'est pour l'arrivée, après avoir dit tout ce qu'il avait dit, qu'il fallait tout repenser, porter sur sa liste des gens, notamment des eurodéputés socialistes ou le Parti Socialiste, qui est quand même responsable de la situation que M. Glucksmann lui-même regrette, là, je ne comprends plus très bien. Après, moi, j'ai envie de juger sur le fond. Je ne sais pas quel est son programme. Je ne sais pas ce qu'il propose. Donc, moi, c'est embêtant de débattre politiquement avec des personnages qui apparaissent comme ça, qui sont très présents, mais finalement, sur le fond, je ne sais pas quel est son programme. Moi, j'ai envie de dire des choses très précises. Et de ce point de vue-là, M.

Glucksmann, à votre micro, a été assez honnête. Il dit, avec la France insoumise, nous avons des désaccords. C'est la réalité. Moi, je suis pour rompre avec les traités actuels. Je ne veux pas mentir aux Français. La grande lettre au Père Noël...

6:45
Invité

Comment vous faites pour rompre avec les traités actuels ?

6:46
Alexis Corbière

Par exemple, je suis la directive des travailleurs détachés aujourd'hui. Si nous étions en responsabilité, il ne faut pas l'appliquer en France. C'est scandaleux. Ça tire vers le bas, notamment les conditions de travail des salariés. Il y a un point que je ne comprends pas,

6:57
Présentateur

Alexis Corbière, dans votre programme pour les élections européennes. Vous voulez sortir des traités qui organisent l'Union européenne. Parce que pour vous, ces traités sont totalement alignés sur l'idéologie libérale. Mais sortir des traités, c'est sortir de l'Union européenne et de l'euro. C'est ce que disent tous les juristes. Donc, vous voulez le Frexit ?

7:16
Alexis Corbière

Non, c'est créer un rapport de force totalement nouveau au niveau européen. La France avec l'Allemagne. La France, c'est 18% du PIB européen. Si la France pose des actes, ça rebat toutes les cartes. Nous ne sommes pas un pays en situation, comment dirais-je, mineure, sur le plan économique, j'entends, comme était la Grèce, où elle était prise à la gorge par les différents gouvernements. Et sa situation, y compris, du point de vue bancaire...

7:36
Présentateur

Mais si la renégociation n'aboutit pas ?

7:38
Alexis Corbière

On verra. Ça s'agit d'abord de créer un rapport de force. Mais moi, revenons à l'essentiel. Parce que là, vous posez le débat, vous le prenez par la fin, si je puis dire, cher Pierre Veil. La question est, je veux une harmonisation fiscale et sociale au niveau européen. Cette concurrence entre les Etats européens fait monter le nationalisme, détruit l'Europe. Et eux, ceux qui dirigent l'Europe actuelle, sont en train de la détruire. L'idée d'une collaboration entre les Etats, parce qu'ils n'ont construit une Europe que sur la base d'une concurrence. Certains pays sont rentrés dans l'Union européenne, on leur a dit, votre valeur ajoutée va être que vous allez être moins dix ans fiscales.

Et notamment, il y a des délocalisations au sein de l'Europe qui ont lieu. Si on continue comme ça, on va dresser les peuples les uns contre les autres. Ce sont les traités européens qui ont dit ça. Moi, je ne veux pas mentir aux Français. J'ai trop vu d'élections. Ou à la veille des élections, tout le monde se met à dire, ce que j'appelle la lettre au Père Noël, vive l'Europe sociale, ça va être mieux. Mais les traités actuels ne le permettent pas. Par exemple, on a eu un débat, dernièrement, sur la question de la TVA.

Par exemple, si nous prenions la décision d'appliquer une TVA taux zéro sur certains produits, au niveau européen, on ne peut pas le faire, car l'Union européenne impose qu'il y ait une TVA planchée. Donc, vous voyez, toute une série de sujets doivent nous amener une forme de désobéissance vis-à-vis de ces traités. Si on dit, d'ores et déjà, dès le départ, la discussion...

8:43
Présentateur

Oui, mais si on désobéit,

8:44
Alexis Corbière

il y aura des conséquences financières pour la France. Je propose que nous instituions un rapport de force pour que ces traités soient rediscutés et que nous puissions... Et c'est pourquoi, nous le disons clairement, nous ne les appliquerons pas. C'est cette désobéissance. Quand nous disons que nous sommes insoumis, le mot est peut-être un peu... Comment dirais-je ? Il a une certaine ambition.

C'est que nous ne voulons pas nous soumettre à ces traités, car ces traités sont la cause de la situation actuelle, de ces nombreuses délocalisations dont je viens de parler, de cette concurrence entre les salariés avec le fait que nous avons quasiment un demi-million de gens qui, sur le territoire national, je pense à ces travailleurs détachés, ne paient pas de cotisations de la même façon qu'un travailleur français. Et ainsi de suite, on peut aligner les sujets. Donc moi, je ne veux pas... Et c'est un peu le reproche que je fais à M. Glucksmann, mais j'attends qu'il me dise précisément. Si M. Glucksmann dit je respecterai les traités, l'affaire est pliée, si je puis dire.

On ne va pas faire croire qu'on va améliorer la situation.

9:31
Présentateur

Une pause et on retrouve Alexis Corbière dans quelques secondes.

9:36
Invité

Tous les samedis sur France Inter. RTS, la première. A partir de 15h. RTB, la première. La librairie francophone. Radio-Canada, première. Emmanuel Kerad. Émission spéciale au Salon du Livre de Paris ce week-end en public avec les auteurs qui font l'événement et une co-animation exceptionnelle. Jean Tellet présentera avec moi la librairie francophone avec autour de nous le chanteur et auteur Kali, le belge Thomas Gonzig et des surprises qui vont vous étonner et vous faire voyager. La librairie francophone. Tout à l'heure sur France Inter à 15h. Oui, vous venez de prendre place à bord du SUV Mini Countryman, nouvelle édition Longstone suréquipée.

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10:42
Présentateur

8h31.

10:44
Invité

France Inter Le 6-9 du week-end.

10:48
Présentateur

Notre invité Alexis Corbière, député La France Insoumise de Seine-Saint-Denis. Aujourd'hui, 18ème journée de manifestation des Gilets jaunes. Alexis Corbière, ce 18ème acte coïncide avec une marche du siècle pour le climat et la biodiversité. Aujourd'hui, ils subiront les conséquences de 17 semaines de foutage de gueule. C'est ce qu'a dit dans une vidéo une des figures des Gilets jaunes. Maxime Nicol, partagez-vous ce constat ?

11:16
Alexis Corbière

Moi, je pense que déjà, fin du mois et fin du monde sont liés, comme dit la formule, c'est-à-dire que les questions, les problématiques écologiques, les problématiques sociales sont liées. Il faut apporter une réponse à ce qu'exprime le mouvement des Gilets jaunes au sens large, c'est-à-dire ce qui manifeste, mais aussi ce grand soutien populaire, quoi qu'on en dise, ce que nous disent encore les études d'opinion, qui est encore favorable aux Gilets jaunes.

60 ou 55% des Français se reconnaissent encore dans ce mouvement, dans le sens où c'est un mouvement contre la vie chère et qui exprime cette difficulté qu'il y a dans ce pays, pourtant qui est riche, que rencontrent beaucoup de nos concitoyens et qu'il faut entendre. Et donc, on arrive, ce week-end, à la fin de ce débat national qui, selon moi d'ailleurs, a un côté, peut-être qu'on va pas entrer dans le détail, qu'il y a eu beaucoup de pipeaux de la part du gouvernement là-dedans. Je pense que le succès n'est pas du tout. Il n'y a quand même pas

12:01
Invité

eu que du pipeau, il y a eu beaucoup de questions qui ont été soulevées.

12:04
Alexis Corbière

Non, mais déjà, la participation, moi j'ai vu des ministres mentir, dire même une fois à un de vos collègues, c'était Nicolas Demorand, il m'avait dit un demi-million de personnes qui ont participé. Ce n'est pas vrai, je répète, il y a 166 000 personnes différentes qui sont allées sur le site, d'accord, c'est ce que nous disent aujourd'hui les éléments, sur toutes les réunions dont on nous parle.

12:20
Présentateur

Nicolas Demorand avait parfaitement raison. Combien ? 400 à 500 000 personnes se sont rassemblées lors de 10 300 réunions locales en France et 1 400 000 contributions

12:31
Alexis Corbière

sur le site internet. Je rappelle qu'il y a plusieurs contributions, je parle de gens différents, non mais de gens différents, c'est-à-dire d'adresses IP différentes qui sont allées sur le site du Grand Débat, à ce stade, c'est 166 000 personnes, d'accord ? On ne va pas faire une querelle des chiffres. Non, non, c'est important. Vous avez vos chiffres ou nous avons les nôtres ? Moi, ce sont les chiffres y compris de journalistes. Après, sur le nombre de réunions, on nous dit, non mais attendez, c'est important, parce qu'on nous dit, il y a eu beaucoup de réunions, seulement 16% des réunions ont fait remonter un procès verbal. Beaucoup d'autres réunions ont été des réunions assez faibles.

Ce que je veux dire par là, c'est que le gouvernement utilise ça pour dire c'est un grand succès. A titre personnel, je ne considère pas que ça, c'est un grand succès. Quand par exemple République En Marche revendique 250 000 adhérents et que seulement 160 000 personnes vont sur le site, ça n'est pas là où c'est. Mais aujourd'hui,

13:12
Invité

c'est quoi ? C'est un ultimatum à Emmanuel Macron ? C'est... Il y a... Il y a matière dans ce pays visant notamment les raffineries ?

13:21
Alexis Corbière

Vous m'avez à juste raison interrogé. Quand par exemple ce gouvernement ne répond pas aux questions sociales et qu'à l'inverse, il continue à privatiser certains secteurs, qu'il ne veut pas revenir sur sa suppression absurde de l'ISF, il ne veut pas remettre en cause une fiscalité plus juste, il ne veut pas mettre en place une fiscalité plus juste, il ne prévoit pas d'augmenter le SMIC, il ne prévoit pas toute une série de mesures de redistribution des richesses. Le mouvement des Gilets jaunes reste légitime à être mobilisé. Voilà, on est dans ce moment-là où on a un gouvernement qui porte des mauvais coups contre les milieux populaires. Juste un point, Alexis Pernière.

Donc, le mouvement des Gilets jaunes, je ne le dirige pas. Lui, il propose ses mots d'ordre et je ne sais pas ce qu'il fera. Moi, je me reconnais dans cette protestation contre ces injustices aujourd'hui qui sont en place et je pense que nous devrions les corriger. Le gouvernement nous dit qu'il y a eu un débat. C'est pour ça que je me permettais de flétrir, si je puis dire, un petit peu les soi-disant aspects très très positifs. Qu'est-ce qu'il va proposer maintenant ? Ça, je n'en sais rien.

Moi, je n'apprécie pas cette méthode qui consiste à dire aux Français exprimez-vous mais à l'arrivée, c'est un homme seul dans une boîte noire qui, le président de la République en l'occurrence, qui va retenir certains thèmes mais que va-t-il retenir ? Ça, c'est un... Mais si on donne la parole au peuple, c'est le peuple qui doit décider de ce qu'on revient.

14:28
Présentateur

Oui ? On évoquait les manifestations des Gilets jaunes. Je me souviens que Jean-Luc Mélenchon, lorsque ce mouvement a démarré, appelait à un soulèvement révolutionnaire. Finalement, il n'a pas eu lieu. Je ne sais pas si cette formule a existé par l'heure. Ah, j'ai entendu, absolument. Un soulèvement, peut-être. Un soulèvement, il parlait de mouvements révolutionnaires. Oui, mais il y a une part. Alexis Corbière, trois mois de crise des Gilets jaunes et les sondages donnent 22 à 23% pour la liste La République en marche aux élections européennes et vous, 7 à 9%. Mais quel est le rapport entre ce que vous dites ?

14:59
Alexis Corbière

Attendez, vous me plaquez en résultat des élections européennes et vous vous dites sur les mouvements des Gilets jaunes. Non, mais attendez, Pierre, on a le droit de dire qu'effectivement, dans ce pays, le mouvement des Gilets jaunes exprime quelque chose de juste, qui est positif et qu'effectivement, il faut se révolter contre l'injustice. Tout le monde incite les jeunes à se révolter contre aujourd'hui les mauvais coups qui sont portés au climat et à la planète. Pour quelles raisons n'invitent-on pas la jeunesse aussi à se mobiliser contre l'injustice ?

Le fait que dans ce pays, il y a 9 millions de gens qui vivent sous le seuil de pauvreté, qu'il n'y a jamais eu de gens aussi riches en même temps alors que notre pays produit des richesses, que le système fiscal est injuste, etc. D'accord ? Donc c'est ça que nous disons d'abord. Et contre ça, oui, au soulèvement, révolte, tout ce que vous voulez, tous ces mots qui font que notre pays doit revenir à sa vérité républicaine. C'est-à-dire qu'on a une passion de l'égalité et c'est beau un pays qui se mobilise contre les injustices. Ensuite, il y a les élections. Le problème des élections européennes, je vais vous dire qu'est-ce qu'il est.

C'est qu'à l'heure actuelle, beaucoup de nos concitoyens vont surtout protester en restant à la maison. ne voient pas l'enjeu de cette élection. C'est ça que nous disent tous les sondages. C'est-à-dire que notre problème à nous, insoumis, si je puis dire, c'est mobiliser les nôtres, notre camp. Et là, on a deux mois de campagne. Après, on va juger si on n'y arrive ou pas. C'est est-ce qu'on arrive à mobiliser, à leur donner envie de voter, à leur faire comprendre qu'il y a un enjeu à cette élection, non seulement sur les thèmes que nous portons au niveau européen. On présente, on a un groupement dans sept pays au moins, un groupement qui s'appelle Maintenant le peuple.

On a une belle liste conduite par Manon Aubry qui fait des propositions.

16:15
Invité

Vous parliez, Alexis Corbière, de la planète. Alors l'écologie, on a l'impression qu'elle est au centre du projet de tous les partis. Il y a même une surenchère en la matière. Sur le papier, il y a convergence mais dans les faits, ça se traduit par beaucoup de dispersions. Est-ce que l'adversaire de Jean-Luc Mélenchon c'est Yannick Jadot ou pas ?

16:29
Alexis Corbière

Non, pas du tout. Non, non, mais on laisse tout ça de côté. Je vous répète.

16:32
Invité

On laisse tout ça de côté. Non, mais je m'en fiche. De même façon,

16:35
Alexis Corbière

on parle du Glucksmann Jadot et qu'ils fassent leur campagne. Ce n'est pas mon sujet. Moi, je vais mobiliser des gens sur mes propositions. Le problème, une fois de plus, ce n'est pas d'unir des petits bouts de choses. C'est comment on met des millions de gens et on pose l'enjeu. Par exemple, au niveau écologie. Là, je vais m'en prendre au gouvernement. Quand je vois des membres du gouvernement féliciter les jeunes qui manifestent alors qu'en même temps, ils acceptent les traités TAFTA, les traités CETA, les traités JAFTA avec le Japon.

Tous ces traités de libre-échange qui continuent le grand déménagement de la planète qui est la principale raison notamment de la diffusion de gaz à effet de serre. Il y a une hypocrisie de la part des membres du gouvernement qui consiste à dire bravo, c'est bien que vous mobilisez pour la planète et en même temps de mettre en application des traités de libre-échange qui participent justement à tous nos maux. Vous voyez ce que je veux dire ? C'est à eux le responsable, c'est le gouvernement. Moi, après, là, je termine. C'est le travail que fait Manon Oubry, notre tête de liste.

C'est comment ces millions de gens qui ont fait confiance à la France insoumise par la campagne présidentielle se retrouvent à nouveau dans les élections européennes. C'est l'objet de la campagne. C'est pour ça que vous m'avez invité ce matin. On multiplie des meetings à travers la France. Le résultat, on le verra le 26 mai. Alexis Corvière, député de la France insoumise

17:36
Présentateur

de Seine-Saint-Denis. Merci d'avoir accepté l'invitation de France Inter. Merci, je suis désolé

17:40
Alexis Corbière

de se ton mitraillette, mais j'étais fatigué.