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InterviewFrance Inter — L'invité du week-end (sur Site radio)· 16 décembre 2018 19 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsSolidarités & famille

Amélie de Montchalin : "Si on veut recréer de l'emploi dans les territoires, il faut miser sur l'industrie"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 20 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 77 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:13OuverteÉludée

    Est-ce que la macroniste que vous êtes pense avoir remporté la bataille ?

  • 1:21RelanceRéponse directe

    Où pourriez-vous instaurer un peu plus de simplicité et donc d'efficacité ?

  • 3:07OuverteRéponse partielle

    Est-ce que ça ne confère pas à de la précipitation, tout ça ?

  • 4:34OuverteRéponse partielle

    Est-ce que c'est une simple hypothèse de travail ou un vrai projet politique et économique ?

  • 5:10FerméeRéponse directe

    Le CICE là-dedans alors ? Pour ou contre ?

  • 6:07FerméeRéponse partielle

    Dans quel camp vous situez-vous, Amélie de Montchalin ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:20Invité politiqueFait
    « On se bat contre 40 ans d'inaction et finalement d'incapacité politique à traduire les discours en réalité. »
  • 1:11PrésentateurChiffre
    « Notamment le budget pour financer les 10 milliards d'euros de mesures. »
  • 1:58Invité politiquePromesse
    « Mercredi sera présenté en Conseil des ministres un texte très clair, très simple, qui tient probablement une ou deux pages, et qui dit voilà, voilà comment on va faire pour que la hausse de la CSG ne concerne pas les retraités qui ont moins de 2000 euros de revenus. »
  • 2:09Invité politiquePromesse
    « Voilà comment on va faire pour que les heures supplémentaires soient défiscalisées et n'aient pas de charges sociales. »
  • 2:13Invité politiquePromesse
    « Et voilà comment on va faire pour que la prime de fin d'année n'ait pas d'impôt, puisqu'on essaye de faire en sorte que la valeur ajoutée soit mieux partagée. »
  • 2:21Invité politiquePromesse
    « Et puis, il y a cette histoire des 100 euros en plus que les Français verront sur leur compte en banque s'ils sont payés au SMIC. »
  • 5:16Invité politiqueFait
    « Le CICE, pourquoi il n'a pas marché sur la création d'emplois comme on l'espérait ? Parce que le mécanisme versait aux entreprises des aides 18 mois après les embauches. »
  • 8:23Invité politiquePromesse
    « La loi mobilité, c'est une loi sur le transport du quotidien qui dit on va arrêter de financer des TGV qui coûtent des fortunes et on va s'occuper de toutes les zones où justement il n'y a plus aucun transport, notamment collectif. »
  • 10:40Invité politiquePromesse
    « On veut mettre dans la constitution la différenciation territoriale. »
  • 15:54Invité politiqueFait
    « On a une réforme constitutionnelle à mener. Effectivement, le volet de la citoyenneté, de la représentativité. »
  • 18:15Invité politiqueFait
    « Aujourd'hui pour les communes rurales il y a d'autres outils de financement par exemple comme la dotation d'équipement territorial la dotation de soutien à l'investissement local. »

Temps de parole

  • Amélie de Montchalin71 %
  • Présentateur21 %
  • Invité4 %
  • Invité 22 %
  • Invité 32 %

2,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Amélie de Montchalin, députée La République En Marche de l'Essonne, première vice-présidente du groupe. Deux fois moins de gilets jaunes hier en France par rapport à samedi dernier, si on en croit les chiffres du ministère de l'Intérieur. Ce matin, est-ce que la macroniste que vous êtes pense avoir remporté la bataille ?

0:17
Amélie de Montchalin

Alors moi ce que je sais, c'est que la bataille est longue. On se bat contre 40 ans d'inaction et finalement d'incapacité politique à traduire les discours en réalité. Cette bataille-là va être très longue. Ce que je sais aussi, c'est que même si on n'est pas d'accord, même s'il y a probablement des choses qu'il faut qu'on fasse dans un autre ordre, qu'on fasse autrement, qu'on associe beaucoup plus les français et pas juste en leur apportant des mesures, il faut absolument que le calme revienne. Il y a deux choses dont je suis certaine, c'est que ce n'est pas en allant tirer des coups de feu devant chez les députés comme vendredi soir dans l'heure devant le domicile de Bruno Quetel.

Ce n'est pas en allant brûler les voitures des députés comme la semaine dernière qu'on va résoudre les sujets des français. Donc la bataille n'est pas gagnée, on gagnera cette bataille quand on sera capable de recréer de la confiance avec les français. Ça va prendre beaucoup de temps. On a des choses à très court terme qu'on va présenter cette semaine, des mesures...

1:11
Présentateur

Notamment le budget pour financer les 10 milliards d'euros de mesures.

1:15
Amélie de Montchalin

On va d'abord surtout déjà présenter les mesures. Vanessa Paradis chante les mots simples. Je pense qu'aujourd'hui on a besoin de faire des mesures simples.

1:21
Présentateur

C'est ce qu'on vous a reproché chez les Macronis, c'est la complexité des outils mis en place. Le chèque énergie par exemple, Emmanuel Macron lui-même disait qu'il n'y comprenait pas grand chose. Où pourriez-vous instaurer un peu plus de simplicité et donc d'efficacité ?

1:34
Amélie de Montchalin

La complexité des outils qu'on a pu mettre en oeuvre, c'est aussi le fruit justement de 40 ans d'empilement de mesures. Et qu'aujourd'hui, techniquement, c'est pas une question de savoir si les technos, comme on dit, ont pris le pouvoir, mais techniquement, pour remettre à plat les systèmes et refaire des choses qui soient aussi simples que les mots du président de la République, en fait, c'est paradoxal, c'est très compliqué.

Donc ce qu'on a choisi de faire, c'est que mercredi sera présenté en Conseil des ministres un texte très clair, très simple, qui tient probablement une ou deux pages, et qui dit voilà, voilà comment on va faire pour que la hausse de la CSG ne concerne pas les retraités qui ont moins de 2000 euros de revenus. Voilà comment on va faire pour que les heures supplémentaires soient défiscalisées et n'aient pas de charges sociales. Et voilà comment on va faire pour que la prime de fin d'année n'ait pas d'impôt, puisqu'on essaye de faire en sorte que la valeur ajoutée soit mieux partagée.

Et puis, il y a cette histoire des 100 euros en plus que les Français verront sur leur compte en banque s'ils sont payés au SMIC. On est en train d'y réfléchir et on a une exigence, nous les députés. C'est que si nous, on n'est pas capable de préciser dans les jours qui viennent comment ça se met en œuvre, très simplement, très clairement, très lisiblement, la bataille dont vous me parlez, on ne pourra pas la gagner. Et aujourd'hui, je suis persuadé que ce qu'on vit, c'est effectivement une crise sociale, d'accumulation de 40 ans de difficultés, de travailleurs pauvres. On vit aussi une crise politique, parce qu'on voit qu'il y a un jeu politique très dangereux, on pourra y revenir.

Mais on vit surtout une crise de la défiance. Et il faut qu'on soit capable de recréer de la confiance.

3:03
Présentateur

Et la confiance, ça ne se décrète pas. Et le tout dans un calendrier tout de même assez serré. Vous le disiez, les prochaines étapes, c'est mercredi, conseil des ministres, jeudi chez les parlementaires. Et avant la fin de l'année, la loi de finances qui doit être votée avant le 31. Ok pour l'urgence, mais est-ce que ça ne confère pas à de la précipitation, tout ça ?

3:21
Amélie de Montchalin

Vous savez, sur le terrain, ce que nous disent les Français, c'est au fond, quand on prend le temps de rappeler pourquoi on a voulu, nous, avoir ce programme, pourquoi on veut que le travail paye, on a pris plein de mesures, mais ça se met en œuvre trop lentement. Et la crise de la confiance, c'est aussi une crise de la capacité de traduire en fait les choses qu'on dit. Vous savez, il y a des lois, on met presque 18 mois entre le moment où on commence à en parler et le moment où ça s'applique. Et au fond, ce qu'on est en train de...

aussi contre nous, contre le système, aussi contre le système politique et finalement technique, ce qu'on est en train d'essayer de faire là, c'est de montrer qu'on peut le 10 décembre annoncer des choses qui peuvent être mises en place en 20 jours. C'est aussi contre ça qu'on se bat et c'est aussi pour ça qu'on essaye d'agir. Et nous, les parlementaires dans cette affaire, on a un rôle un peu nouveau. Et le président de la République nous l'a demandé, explicitement, mardi. Il nous a dit, voilà, vous les parlementaires, vous êtes sur le terrain, vous êtes dans des circonscriptions très différentes. Moi, je suis élu de la grande banlieue de l'Essonne, 15 kilomètres de Paris.

Il y a des problèmes de mobilité, il y a des problèmes d'accès aux services publics qui ne sont pas les mêmes, qui existent, mais qui ne sont pas les mêmes que quand on est justement dans l'heure ou dans le lot. Et donc, nous, on a ce rôle de vigé de garant pour que ce qui s'applique, s'applique partout et réponde partout aux difficultés qu'on voit et qu'on voit tous les jours parce qu'on rencontre les citoyens toutes les semaines.

4:34
Présentateur

Encore un mot sur les mesures annoncées lundi par le président de la République. Notamment l'idée, enfin lui, il ne l'a pas dit comme ça, mais l'idée d'aller faire payer les entreprises à hauteur de 3 milliards en allant raboter parmi les 20 milliards d'aides du CIE. Est-ce que c'est une simple hypothèse de travail ou un vrai projet politique et économique ?

4:52
Amélie de Montchalin

Nous, ce qu'on cherche avec les entreprises, c'est de s'assurer que tous les plans d'investissement et tous les plans d'embauche qu'elles ont élaborés depuis 18 mois et notre arrivée et le cap qu'on a fixé, puissent se faire. Notre politique, ce n'est pas une politique de l'offre ou de la politique de la demande, c'est une politique d'investissement. On ne sauvera pas ce pays si on ne recrée pas des industries et si on n'est pas en capacité de créer des emplois.

5:10
Présentateur

Mais le CICE là-dedans alors ? Pour ou contre ?

5:12
Amélie de Montchalin

Le CICE va être transformé en une baisse de charge parce que tous les économistes nous disent « Le CICE, pourquoi il n'a pas marché sur la création d'emplois comme on l'espérait ? » Parce que le mécanisme versait aux entreprises des aides 18 mois après les embauches. Du coup, ça faisait un peu moins d'embauches. Donc, on va faire cette réforme. Il y a effectivement ensuite des sujets de financement. Mais ce qui est clé pour moi, c'est peut-être qu'il faut travailler sur l'impôt sur les sociétés. On a une trajectoire de baisse. Est-ce que c'est là-dessus qu'il faut faire ?

Ce qui est certain, c'est qu'il faut le faire avec les entreprises parce qu'on ne veut pas, c'est que tout ce qu'elles sont en train de préparer pour investir, pour embaucher... Vous savez, l'investissement dans l'industrie est reparti comme jamais depuis des années. On a enfin recréé des emplois dans l'industrie. N'arrêtons pas ce mouvement. L'industrie, c'est ça qui crée des emplois dans les territoires. Ce n'est pas les services. Les services, ils se créent plutôt dans les centres-villes et dans les métropoles. Si on veut de l'emploi sur tous les territoires, il nous faut de l'industrie. Donc, il nous faut de l'investissement.

6:00
Présentateur

Sur le CICE, on a vu qu'il y avait une sorte de fronde parmi les députés de la majorité, pour ou contre le maintien de ce crédit d'impôt mis en place sous Hollande et maintenu avec l'arrivée d'Emmanuel Macron. Dans quel camp vous situez-vous, Amélie de Montchalin ?

6:12
Amélie de Montchalin

Alors, là, c'est un peu plus compliqué. Depuis notre programme, nous avons dit que cet outil, à savoir de faire baisser le coût du travail, était essentiel, mais qu'on allait aussi, là, le rendre beaucoup plus simple. Aujourd'hui, quand vous êtes une PME, vous embauchez quelqu'un le 1er janvier, eh bien, vous aurez les crédits d'impôt compétitivité emploi, c'était le nom de la mesure, quasiment 15 ou 18 mois après. Ça ne fonctionne pas. Donc, ce qu'on dit, c'est que quand vous embaucherez quelqu'un, à partir du premier jour où il travaillera, il coûtera 6%, enfin, le coût du travail sera, ou le prix du travail, comme certains disent, sera 6% moins cher au moment où il travaille.

Ça, c'est une réforme essentielle. Quand vous êtes une PME ou une TPE aujourd'hui, quand vous êtes une petite entreprise qui cherchait à embaucher, la trésorerie, les efforts de trésorerie, sont un frein aux embauches. Là, vous voyez, on fait du travail très concret. On va voir les artisans, on va voir les commerçants. On leur dit, qu'est-ce qui vous empêche d'embaucher ? Et on a aussi réformé l'apprentissage, qui, pour beaucoup de toutes petites entreprises, va permettre d'avoir des apprentis, et donc une capacité de travail plus grande, une capacité de formation. Et ça, ça répond très concrètement à ce qu'on entend et ce qu'on rencontre sur nos territoires, dans nos circonscriptions.

7:14
Présentateur

Amélie de Montchalin, dans le JDD, ce matin, on lira cet appel des maires ruraux. Ils refusent d'être les éternels oubliés après la crise des Gilets jaunes. Que peut faire le gouvernement contre ce sentiment d'abandon des maires ruraux de France ?

7:30
Amélie de Montchalin

Il y a deux sujets, en fait, dans leur tribune. Il y a l'abandon de la ruralité, des territoires ruraux qu'ils représentent, et puis il y a la fonction de maire.

7:37
Présentateur

On va commencer par l'abandon, notamment les couvertures 4G, les TGV qui ont fait fermer les gares les plus de proximité, la cohérence depuis des années entre l'État qui se lamentent sur la baisse du nombre de médecins dans le monde rural, sans prendre pour autant, disent les maires ruraux, les mesures nécessaires. Quelle réponse vous apportez à ça ?

7:57
Amélie de Montchalin

Alors, point à point, on est en train de travailler là-dessus. On a, par exemple, pris la décision sur le plan santé de salariés des médecins qui auraient un mi-temps dans les zones rurales, c'est-à-dire qu'ils seraient à l'hôpital, en centre-ville, dans les villes un peu plus grandes, à moitié de leur temps, et puis l'autre moitié, ils seraient présents dans des cabinets, dans les zones rurales. Ça, c'est une mesure de Mme Buzyn qu'on doit mettre en oeuvre dans les tout prochains mois.

8:17
Présentateur

Donc, plus de médecins en ruralité.

8:19
Amélie de Montchalin

Exactement. On a aussi sur la mobilité, la loi mobilité, c'est une loi sur le transport du quotidien qui dit on va arrêter de financer des TGV qui coûtent des fortunes et on va s'occuper de toutes les zones où justement, il n'y a plus aucun transport, notamment collectif.

8:31
Présentateur

Donc, maintenir des gares SNCF, même si elles ne sont plus rentables.

8:35
Amélie de Montchalin

Et avoir avec les régions qui s'occupent de la mobilité de proximité, les accords et les financements qui permettent justement de conserver ça. Et puis, si vous avez ensuite l'accès aux services publics sur la couverture numérique, alors ça, c'est un sujet sur lequel on travaille fortement et je peux vous dire que nous, les parlementaires, on a là un rôle de contrôle extrêmement précis avec les opérateurs. Je fais partie d'une commission qui suit ça très précisément parce qu'il y a un nouvel accord. Mais plus politiquement, on essaye là de résoudre ce qu'on appelle les inégalités de destin. On parle souvent des inégalités de destin sociales. Notamment, on parle beaucoup des banlieues.

Les cartes difficiles quand vous êtes nés là et donc c'est pour ça qu'on a dédoublé les classes en priorité dans ces quartiers-là parce qu'on sait que dans ces quartiers-là, depuis très longtemps, on a bien compris qu'on n'avait pas les mêmes opportunités dans la vie. Mais les inégalités de destin, elles sont aussi territoriales. Quel accès à la culture ? Quel accès à l'éducation ? Quel accès au collège ?

9:25
Présentateur

C'est ce que vous demandent les maires ruraux de France ?

9:27
Amélie de Montchalin

A l'hôpital. Et c'est pour ça que tout le travail de concertation, le grand débat national qu'on veut mener, on veut le faire avec tous les élus de la nation. Moi, je suis une députée. J'ai l'obligation absolue de travailler avec tous les maires qui ont été aussi élus par les Français. Les maires ruraux, ils ont ouvert la semaine dernière leur mairie pour ouvrir des cahiers de doléances. Pas pour juste faire remonter des plaintes, mais pour qu'on puisse prendre la mesure des priorités de chaque territoire. Pourquoi on fait cette concertation ? C'est assez nouveau dans la méthode. C'est de dire tout ne peut pas venir de Paris.

Soit on est au plus près des territoires, quelle est la priorité de telle commune, de telle région, de tel département, et que l'État puisse mettre en œuvre de manière différenciée ses politiques parce que c'est l'égalité de notre doctrine, de notre devise. Si elle conduit à la fin à ce que les inégalités de destin perdurent, si l'émancipation de chaque Français sur tout le territoire n'est pas possible, alors là, on a une responsabilité.

10:20
Présentateur

Amélie de Montchalin, cette grande consultation nationale qui a été lancée hier localement en France jusqu'au 1er mars, qu'est-ce que la majorité macronienne peut apprendre en trois mois qu'elle n'a pas entendu depuis un an et demi ?

10:31
Amélie de Montchalin

C'est ce que je viens de vous dire. Nous, on aimerait par exemple porter des projets de loi qui permettent de résoudre des problèmes très concrets qui peut-être ne se posent que dans quelques régions. On veut mettre dans la constitution la différenciation territoriale. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que oui, peut-être qu'il y a des lois qu'il faut qu'on prenne pour des territoires particulièrement ruraux ou pour des territoires particulièrement urbains et déclassés.

Et ce qu'on veut faire devant ces trois mois, c'est que nous, les parlementaires, avec tous les élus, et j'insiste là-dessus, les Français, ils ont élu des maires, ils ont élu des conseillers généraux, départementaux, des conseillers régionaux, ils ont élu des parlementaires, ils ont élu des députés, ils ont élu un président. Et bien que tout ce monde-là travaille ensemble et qu'on ne fasse pas de guéguerre entre nous parce que les Français, ce qui les fatiguent, c'est qu'eux, ils ont des besoins et pendant trop longtemps, le système politique se renvoyait la balle entre l'échelon communal, l'échelon intercommunal, l'échelon départemental. Et donc, il faut qu'on travaille ensemble.

Et cette concertation, c'est aussi pour que nous, tous les représentants des Français,

11:28
Présentateur

Amélie de Montchalin, députée de La République En Marche, vous restez avec nous, on va reprendre cet entretien avec Patricia Martin, avec les questions des auditeurs. Vous nous appelez, le standard est ouvert, c'est au 01-45-24-7000, à tout de suite. L'invité encore pendant 10 minutes avec nous ce matin à France Inter, Amélie de Montchalin, la députée de La République En Marche de l'Essonne. Patricia Martin, une question de côté ?

11:45
Invité

Je ne sais pas s'il y avait un alignement des planètes au moment de votre naissance, on a l'impression que tout vous réussit, études brillantes, entre autres HEC, un CV béton, un parcours sans faute, à 33 ans, déjà plusieurs vies, qui plus est, vous semblez appréciée, elle est super pour l'une, une belle découverte pour un autre, une des révélations de ce début de mandature, ça c'était Christophe Castaner, de temps en temps, il y a une critique, on dit que vous n'êtes pas trop dans le dialogue, mais que ça s'améliore. Bercy, ça pourrait vous tenter ?

12:12
Amélie de Montchalin

Moi vous savez, je pense que ce rôle parlementaire, j'ai d'abord envie de bien le faire. C'est un métier, qui est un métier très particulier parce que ce n'est pas un métier, c'est une fonction. C'est un honneur de pouvoir pendant 5 ans faire ce que j'appelle l'ascenseur. Ce qui est beau dans notre fonction, c'est qu'on est à la fois au plus près des citoyens qui nous ont élus, et on doit porter leur message jusqu'au plus haut des arbitrages. Et je crois que, vous voyez, moi j'étais une citoyenne salariée dans les assurances. Ça fait 18 mois que j'essaye de faire ce rôle d'ascenseur le mieux possible.

Mais j'ai une conviction, c'est qu'il y a encore quelque chose qui nous manque, et j'ai très envie d'arriver là où je suis au Parlement à le faire. C'est que trop souvent les parlementaires se sont contentés de voter la loi. Voter la loi, c'est que le début d'une grande histoire. Comment cette loi peut être appliquée par ceux qu'elle concerne ? Comment on évalue ? Comment on s'assure qu'entre ce qu'on a voté, et dont parfois on est très fiers, ça marche sur le terrain ? Et être force de proposition vous-même, c'est-à-dire ne pas uniquement recevoir la loi qui vient d'en vous.

Et le rôle d'ascenseur dont je vous parle, c'est ça qu'on essaye là avec le groupe parlementaire et dans les nouvelles fonctions que mes collègues m'ont fait confiance de nous donner. C'est qu'on aille négocier non pas seulement des mesures techniques, mais c'est qu'on porte honnêtement la réalité de nos territoires. Et je pense que là, il y a un travail énorme parce que c'est quelque chose de nouveau, et l'évaluation, c'est quelque chose dont on a parlé conceptuellement. Il faut qu'on arrive à voir si sur le terrain, la loi sur la santé dont je vous ai parlé, est-ce que les médecins vont arriver ? La loi sur l'éducation, est-ce que ça se dédouble bien ? Et merci, ça pourrait vous tenter ?

Vous savez, moi je suis toujours assez étonnée quand on fait bien son métier de parlementaire. Toujours, tout le monde vous demande si vous allez vous rêver. Vous savez, si j'avais des plans de carrière, je ne me serais pas lancée. Je n'aurais pas écrit une lettre en janvier 2017 au candidat Macron qui allait devenir président. Donc je travaille sur ce qu'on a fait aujourd'hui. Je peux vous dire que c'est très prenant et là je suis vraiment tout à cœur dans ce que je fais. Le futur dira, pour l'instant, on a un énorme travail de service à rendre aux Français et je crois fondamentalement que la fonction de député, elle est magnifique et on a encore beaucoup à l'améliorer.

14:13
Présentateur

Allez, pour l'instant, on va au standard. Vos questions ce matin à Amélie de Montchalin. Georges est en ligne. Bonjour Georges.

14:19
Invité

Bonjour.

14:20
Présentateur

Quelle est votre question ?

14:21
Invité

Voilà, j'ai entendu Amélie parler toujours de système, pas de citoyen. Voilà. Amélie de Montchalin. Je n'ai pas fini ma question. Le macronisme marque la fin d'un système bureaucratique et jacobin où le citoyen est un simple votant. Vous savez, on vote. Un simple client votant, je dirais même plus. Les gilets jaunes sont les nouvelles consciences d'une société participative et je n'ai pas entendu Amélie parler des gilets jaunes. Et Macron, que je compare à Néron, allumait le feu de la conscience citoyenne en plus d'avoir allumé les points, les ronds-points. Sur la table de Patricia Martin, il y a du thé. Ce thé se diffuse. Dans l'eau, les gilets jaunes diffusent leurs idées petit à petit.

Donc, il faudrait que Mme Amélie en prenne conscience. Voilà.

15:07
Présentateur

Bien. Non, mais je précisez dans son nom parce que vous l'appelez par son prénom. C'est un peu cavalier. Je note qu'on ne dit pas ça forcément quand c'est un homme qui est à ce micro comme invité. Donc, une sorte d'inversion des normes, dit cet auditeur. Est-ce que Les Républicains en marche, la République en marche, l'a entendu, ça ?

15:22
Amélie de Montchalin

Bonjour, monsieur. Ce que vous dites sur la conscience citoyenne, c'est effectivement pour ça qu'on pense que cette concertation est essentielle et qu'il y aura un volet énorme de ce dialogue sur la citoyenneté et les institutions. Il y a une volonté très forte dans le mouvement de gilets jaunes qui s'exprime de participation directe à l'élaboration de la loi et aux décisions publiques. On voit que les référendums d'initiatives citoyennes sont très plébiscités par ceux qui sont sur les ronds-points. On voit qu'il y a une volonté d'engagement. Je trouve que c'est une chance pour notre pays d'avoir cette volonté d'engagement.

Il faut maintenant qu'on la fasse rentrer dans les institutions de la Ve République. On a une réforme constitutionnelle à mener. Effectivement, le volet de la citoyenneté, de la représentativité. On parle proportionnel aux élections. C'est des choses dont on discute pendant les trois mois qui viennent pour que ça marche au mieux.

16:05
Présentateur

Dans la réforme constitutionnelle qui a été reportée et qui va reprendre, on ne sait pas très bien quand d'ailleurs, en début d'année.

16:10
Amélie de Montchalin

Elle sera reprise après la concertation. Si on demande aux Français comment on voulait que les institutions évoluent, on ne va pas faire la réforme avant d'avoir la réponse des Français.

16:16
Présentateur

Est-ce qu'il pourrait y avoir un chapitre dans cette future réforme de la Constitution sur le référendum d'initiatives citoyennes ou populaires qui demandent justement plus d'horizontalité ?

16:25
Amélie de Montchalin

C'est un des enjeux essentiels. C'est pour ça qu'on n'a pas voulu mettre cette réforme à l'agenda de l'Assemblée et du Parlement de retour de l'examen du texte avant que cette concertation se finisse. Les Français demandent aujourd'hui comment nous, on peut être associés non pas de manière temporaire mais de manière permanente à la décision publique. Comment on peut faire entendre notre voix de manière beaucoup plus directe. Et donc ça, c'est un enjeu essentiel.

16:46
Présentateur

Il faut préciser que le référendum d'initiatives populaires, c'est la possibilité pour les Français de modifier une loi sans passer par le Parlement à condition d'avoir un quorum et puis un nombre de parlementaires d'accord pour ça. C'est un peu complexe à mettre en place en même temps mais la députée que vous êtes, comment elle entend cette demande de participation citoyenne plus active ?

17:03
Amélie de Montchalin

Ce que je vois c'est qu'au niveau local les systèmes qu'on voit dans d'autres pays par exemple de votation seraient très utiles.

17:10
Présentateur

En Suisse ?

17:10
Amélie de Montchalin

Au niveau même communal ou départemental il y a des projets sur lesquels les élus et les associations parfois ont beaucoup de mal à avancer. Typiquement je pense qu'il y a des enjeux locaux qui pourraient très bien avancer par ce biais-là. Il faut ensuite qu'on définisse quel est le périmètre. Je ne pense pas que par exemple sur les impôts on puisse réformer notre pays par des référendums d'initiatives souhaitées. Sur des questions comme la transition écologique je pense que par exemple ce serait des enjeux peut-être qui sont plus intéressants. Donc c'est de ça qu'il faut qu'on débatte pendant trois mois.

17:34
Présentateur

Retour au standard avec Michel qui nous appelle. Bonjour Michel. Oui bonjour. Bonjour bienvenue. Quelle est votre question ?

17:40
Invité

Eh bien ma question à madame Monchalin porte sur le mode de calcul de la dotation globale de fonctionnement des communes. Parce qu'en fait j'ai remarqué depuis des années que le montant par habitant est inférieur dans les petites communes nettement inférieur si elle va du simple au triple par rapport aux communes les plus importantes de 15 000 ou 50 000 ou 100 000 habitants.

18:02
Présentateur

Donc revoir le mode de calcul des dotations qui vont aux communes. Pardon je vais vous couper pardon de vous couper parce qu'on n'y reste vraiment que quelques secondes le point de vue d'Amélie de Monchalin sur cette question.

18:13
Amélie de Montchalin

C'est un enjeu essentiel.

Aujourd'hui pour les communes rurales il y a d'autres outils de financement par exemple comme la dotation d'équipement territorial la dotation de soutien à l'investissement local il y a d'autres moyens de financement mais effectivement la dotation globale de fonctionnement vous parlez monsieur elle est aujourd'hui très technique il y a 42 paramètres plus personne ne sait très bien d'ailleurs quand on met un euro de plus dans le système comment chacune des communes de France alors pas un euro mais même 100 millions d'euros comment ça se répartit on a deux députés Jean-René Cazeneuve Christophe Géretti en particulier dans notre majorité qui travaillent très activement avec beaucoup d'autres parlementaires sur comment on peut simplifier là aussi les choses pour que les maires notamment ruraux notamment des petites communes s'y retrouvent et là vous avez un enjeu évident simplicité lisibilité et puis confiance à restaurer avec les élus locaux

18:59
Présentateur

la politique de simplicité la politique de simplicité qui est venue dire ce matin Amélie de Montchalin députée La République En Marche merci d'être venue ce matin au micro de France Inter Merci d'avoir regardé cette vidéo !

19:08
Locuteur

Merci d'avoir regardé cette vidéo !