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interviewRMC — Face à Face· 22 juin 2021 20 min

L'invité de Bourdin Direct : Olivier Faure - 22/06

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC. RMC Bourdin Direct.

0:05
Olivier Faure

Jean-Jacques Bourdin. Olivier Faure, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous, premier secrétaire du Parti Socialiste, député de la 11e circonscription de Seine-et-Marne. Alors, en région Île-de-France, accord à gauche entre les trois candidats principaux. Accord à gauche, le PS a-t-il perdu son âme en Île-de-France, comme le dit Valérie Pécresse ?

0:38
Présentateur

Que de caricatures. Non, c'est tout l'inverse. Au contraire, nous avons cherché, ici comme ailleurs, à regrouper des forces qui portent un projet commun. Ce projet commun, c'est un projet qui est plus social, plus écologique, plus démocratique. Et il était absolument logique que ces forces, qu'il avait d'ailleurs annoncé avant le premier tour, qui avaient annoncé qu'au deuxième tour, elles se retrouveraient. Eh bien, elles se retrouvent. Et je comprends que Mme Pécresse panique, qu'elles se disent qu'évidemment, il y a un élan possible, une dynamique qui peut se créer autour de Julien Bayou.

Et donc, il est de bonne guerre, peut-être, d'avoir des arguments de ce type, mais qui ne convainquent personne.

1:17
Olivier Faure

Oui, sauf que vous êtes associé, par exemple, à la France insoumise. Et je me souviens ce que disait Anne Hidalgo. Anne Hidalgo qui parlait d'un parti qui a perdu sa boussole républicaine. Oui, la France insoumise a toujours perdu sa boussole républicaine.

1:34
Présentateur

Elle parlait de Jean-Luc Mélenchon. Ne confondez pas Jean-Luc Mélenchon avec celles et ceux qui, dans son propre mouvement, peuvent avoir des positions y compris très différentes. Et qui ne sont pas l'extrême gauche que l'on redoute dans les rangs de Mme Pécresse. En fait, on imagine déjà les chars russes à la Concorde. Mais en fait, c'est une histoire qu'on nous a déjà beaucoup racontée et qui ne s'est jamais réalisée. Donc, que personne n'ait peur. La région Île-de-France ne va pas d'un seul coup basculer dans des hordes de gens venus du Venezuela ou d'ailleurs. Il n'y aura pas Fidel Castro qui débarquera avec je ne sais qui. Ça va bien se passer.

2:12
Olivier Faure

Clément Tinotin, ce n'est pas Jean-Luc Mélenchon, si je comprends bien.

2:15
Présentateur

A la fois, Clément Tinotin n'est pas Jean-Luc Mélenchon, ça tout le monde l'avait bien compris. Et même Jean-Luc Mélenchon n'est pas non plus un tyran sanguinaire qui va venir manger les petits-enfants. Il faut rester calme. Non, ce n'est pas un tyran.

2:28
Olivier Faure

On connaît vos divergences plus que vos divergences politiques. Plus ! Si je faisais le compte de tout ce que vous avez dit sur lui, de tout ce qu'il a dit, surtout sur vous...

2:37
Présentateur

Ah oui, ça...

2:37
Olivier Faure

Oui, il ne vous a pas raté, pardon l'expression.

2:40
Présentateur

Mais la vie politique, c'est à la fois des divergences qu'il faut assumer, et moi je les assume parfaitement, mais ce sont aussi, à certains moments, la volonté de les dépasser pour pouvoir produire un projet commun. Nous sommes sur une régionale. Oui. Franchement, les sujets qui sont des sujets de divergence profond ne touchent pas la gouvernance d'une région. Ils peuvent toucher à la gouvernance de la France, par exemple, mais enfin sur une région qui a une compétence sur les transports, sur le logement, sur l'éducation, etc. Sur ces sujets-là, franchement, les accords sont bien plus nombreux que des accords.

3:13
Olivier Faure

Alors, puisque vous parlez des transports en Ile-de-France, puis nous passerons à la situation nationale, Julien Bayou, accepte-t-il la mesure, finalement, la mesure phare défendue par Audrey Pulvar, rendre les transports gratuits en Ile-de-France ?

3:28
Présentateur

Mais sur la question des transports, il y a depuis toujours, entre nous, la volonté de rendre à la fois ces transports plus accessibles et de faire en sorte que ce soit une mesure de pouvoir d'achat et à la fois une mesure environnementale. Dans le mandat précédent, dans la législature précédente, il y avait eu une volonté commune à la fois de la région, avec Jean-Paul Duchon à l'époque, et avec la majorité de l'époque, et c'était moi comme parlementaire qui avais fait adopter à l'Assemblée nationale l'idée d'un pass navigo à tarif unique.

Pour ceux qui ne sont pas en région parisienne, l'idée que le titre de transport soit commun à toutes les zones et qu'il y ait plus de différenciation entre ceux qui habitent la Grande Couronne et ceux qui habitent Paris, pour pouvoir réduire le prix et faire en sorte que tout le monde puisse accéder à ces transports. Ça a été une très grande évolution, une évolution marquante. Aujourd'hui, ce que j'ai lu au premier tour, c'est que tout le monde a dans l'idée d'avancer vers la gratuité des transports. Pourquoi ? Parce que c'est effectivement une mesure qui permet de diriger les gens plutôt vers des transports collectifs plutôt que vers la voiture individuelle.

4:34
Olivier Faure

Audrey Pulvar était claire. Je rendrais les transports gratuits en Ile-de-France. C'est ce qu'elle disait. C'était sa mesure phare. Elle l'a répétée sans cesse. Est-ce qu'aujourd'hui, Julien Bayou reprend cette mesure ou pas ?

4:46
Présentateur

Vous lui poserez la question. Ah non, vous ne le savez pas. Non, je ne le sais pas parce que je n'ai pas participé directement à cette négociation qui est une négociation entre les têtes de liste. Mais j'espère que de toute façon, l'objectif d'aller vers la gratuité des transports est un objectif partagé. D'ailleurs, il a été énoncé par Clément Tinotin. Il a été aussi par Julien Bayou. Et je pense que sur cette conception de transport qui soit accessible à toutes et tous et de faire en sorte que nous puissions décarboner nos trajets quotidiens, ça, je crois que tout le monde est d'accord.

5:15
Olivier Faure

Vous ne savez pas si c'est décidé. Olivier Faure, je voterai Renaud Muselier. Ce n'est pas moi qui voterai Renaud Muselier. Tiens, à propos de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, je voudrais signaler à tous les téléspectateurs et auditeurs que jeudi matin, nous aurons ici même, enfin pas ici, je serai à Mandelieu, nous aurons ce face-à-face entre Renaud Muselier et Thierry Mariani à face-à-face très attendu de 8h30 à 9h30 pour le second tour de ces régionales en région PACA. Je voterai Renaud Muselier, annoncé hier Jean-Laurent Félizia, tête de liste écologiste PS en PACA. C'est une décision responsable.

5:50
Présentateur

Oui, responsable et difficile. Il ne faut pas négliger ce que représenter pour à la fois Jean-Laurent Félizia, pour les militantes et les militants qui l'ont accompagné, le sacrifice que ça représente. Ça fait déjà 6 ans que la gauche est absente de cet hémicycle régional. Elle va être absente encore pour le prochain mandat et elle le fait pour des raisons qui sont éminemment politiques et qui sont aussi, j'allais dire, presque morales républicaines. Cette idée qu'on ne peut pas, quand on est de gauche, contribuer à un moment, quel qu'il soit, à la victoire de l'extrême droite qui n'a pas changé. Et s'agissant de M. Mariani, vous auriez pu dire que M. Mariani et M.

Muselier se connaissent bien et depuis toujours. Mais l'un et l'autre ne sont pas identiques. Moi, je vois que M. Mariani, depuis des années, est dans une espèce de dérive permanente. Il est l'homme, l'ami de tous les tyrans. Il a été avec Bachar et l'Assad, il a été avec les Azériques contre les Arméniens, il a été avec les Russes contre le reste du monde. Bref, il est dans une dérive personnelle qui est incarnée aussi politiquement par son passage des Républicains au Rassemblement National. Et donc, il y a là un débat qui est un débat puissant. Vous vous rendez compte que la région PACA, c'est les portes de la Méditerranée.

Et avoir quelqu'un qui incarne ce repli, cette façon de considérer la vie politique comme une forme de repli autoritaire, en fait, c'est terrible. On avait tellement banalisé l'extrême droite. On avait fini par croire qu'elle était un parti comme les autres. Mais regardez même, y compris dimanche soir, Marine Le Pen qui ne comprend pas, qui se dit, voilà, on m'avait promis, enfin les sondages m'avaient promis que j'allais gagner partout, je ne gagne pas. Qu'est-ce qu'elle fait ? Elle vient au micro et elle engueule ses propres électeurs. Elle leur explique, mais c'est pas possible, vous aviez quand même cinq minutes à passer, il fallait venir à l'isoloir. Mais ça veut dire quoi ?

7:48
Olivier Faure

Elle n'était pas la seule, pardon, Olivier Faure, dans les réactions que j'ai entendues des responsables politiques à propos de l'abstention. Finalement, les premiers responsables aux yeux de beaucoup de politiques, c'étaient les électeurs. Eh bien,

8:00
Présentateur

ils ont tort. Ils ont tort parce que les responsables, ce ne sont pas les électeurs. S'ils n'ont pas compris quel était le sens du scrutin, s'ils n'ont pas perçu les différences entre les uns et les autres, s'ils n'ont pas vécu ces enjeux, c'est certainement pas à eux qu'il faut le reprocher. Alors, il y a des reproches qu'on peut faire sur le plan de l'organisation du scrutin au gouvernement. On peut surtout reprocher à Emmanuel Macron d'avoir cherché à indifférencier les offres politiques et à créer une confusion permanente avec cette idée qu'au fond, tout se ressemblerait, il n'y aurait plus ni de droite, ni de gauche, tout ça. Ce n'est pas vrai. Ce n'est pas vrai.

Et donc, la réalité, c'est que maintenant, il faut des offres claires et au second tour, vous aurez des offres claires partout dans toutes les régions et désormais, vous avez le choix entre une droite qui s'assume avec une gauche et les écologistes qui s'assument eux aussi. Oui,

8:48
Olivier Faure

Olivier Faure, un mot sur ce que demande Jean-Luc Mélenchon, une commission d'enquête parlementaire sur le déroulement du scrutin. Vous adhérez ? Oui, bien sûr, j'adhère parce qu'il y a eu...

8:59
Présentateur

Vous demandez aussi la même chose ? Oui, je souhaite qu'on puisse se tirer au clair et comprendre pourquoi une entreprise à Drexel qui a été chargée de distribuer les professions de foi ne l'a fait que dans des conditions très aléatoires avec, évidemment, une conséquence. C'est qu'il y a beaucoup de gens qui ne savaient pas que le scrutin avait lieu dimanche dernier, qui n'avaient pas eu les professions de foi, qui n'avaient pas vu de matériel électoral. En période pandémique, en plus, la campagne est plus difficile. Donc, du coup, évidemment, il y a des gens qui ne savaient pas très bien pour qui voter.

9:30
Olivier Faure

En Bourgogne-Franche-Comté, la situation est une situation... Bon, Marie-Guide Duffet est en tête, votre candidate socialiste. Néanmoins, les écarts sont... C'est assez serré. Vous regrettez que la République en marche ne se désiste pas pour elle, par exemple ?

9:50
Présentateur

Vous vous souvenez que la République en marche nous a expliqué depuis 4 ans qu'ils étaient le rempart, le rempart contre l'extrême droite ? Eh bien, en Bourgogne-Franche-Comté, s'ils étaient le rempart, ils se seraient retirés. Comme nous l'avons fait en Provence-Alpes-Côte d'Azur. C'est ça le courage en politique. C'est aussi le fait de se dire qu'on ne va pas se maintenir à tout prix pour avoir quelques sièges. Non, quand l'essentiel est en jeu, alors on se retire.

10:17
Olivier Faure

Donc le maire de Nevers doit se retirer ? Le maire de Nevers aurait dû se retirer. Aurait dû se retirer. Mais l'évidence... Vous lui demandez

10:23
Présentateur

de se retirer ce matin. Ce matin, je lui demande effectivement de se retirer. Il y a un écart de voix qui était de 20 000 voix au premier tour. 20 000 voix. 20 000 petites voix. On a une abstention qui était colossale. Le risque, c'est que le potentiel électoral de M. Oudoul soit effectivement infiniment supérieur et le risque existe donc que cette Bourgogne-Franche-Comté, cette belle région de Bourgogne-Franche-Comté, bascule au second tour dans les mains de l'extrême droite. Et donc, l'évidence, c'est que quand il y a un risque, ce que j'ai dit des dimanches soirs, c'est que quand il y a un risque, eh bien, on ne prend pas ce risque.

10:51
Olivier Faure

C'est la région où le risque est le plus grand, à vos yeux, le risque, à vos yeux, est le plus grand d'un basculement vers le Rassemblement National. Aujourd'hui, oui. Aujourd'hui,

11:00
Présentateur

après que Jean-Laurent Félixia a eu ce geste courageux, eh bien, effectivement... C'est vrai qu'on ne parle pas beaucoup de la Bourgogne-Franche-Comté. Non, et c'est bien dommage parce que d'abord, c'est une excellente présidente et ensuite, parce que, effectivement, la menace existe et depuis longtemps, ce n'était pas la première fois et c'était déjà le cas la dernière fois et donc, ça peut arriver un jour. Et quand on voit qui est Julien Oudoul, quand on voit le nombre jaillat de conneries, je ne veux pas être trivial, enfin, il les aligne quand même. Donc, ce serait bien aussi de prendre conscience qu'il y a un enjeu là-bas.

11:32
Olivier Faure

Bretagne, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, aucun accord à gauche. Les candidats à PS arrivent en tête, ils dirigent ces régions, ça bloque au PS. Non, pas aucun accord à gauche. C'est Europe Écologie Les Verts qui dit que c'est le PS qui bloque.

11:50
Présentateur

Bon, d'abord, Europe Écologie Les Verts. Il y a neuf accords sur douze régions avec les écologistes. Il y a trois régions dans lesquelles ça ne se fait pas. Je prends l'exemple de l'Occitanie. L'Occitanie, au premier tour, Carole Delga qui a fait près de 40% des voix. On parle beaucoup de Xavier Bertrand. Parlons aussi de Carole Delga qui a fait un score magnifique. Mais là aussi, face à l'extrême droite qui est heureusement loin derrière. Mais Carole Delga avait fait le choix dès le premier tour d'emmener avec elle les écologistes qui, dans sa majorité, avaient déjà gouverné avec elle pendant six ans. Et donc, il y a ceux qui ont malgré tout voulu aller ailleurs.

Et puis, au deuxième tour, ça ne s'est pas fait. Je le regrette. Mais enfin, franchement, l'essentiel est là. il y a un rassemblement de la gauche et de l'écologie. Et c'est comme ça qu'on va avancer.

12:32
Olivier Faure

L'abstention, très forte. La France indifférente, titrée Le Monde d'hier, j'ai trouvé ce titre très intéressant. Est-ce qu'il faut instaurer le vote obligatoire ?

12:41
Présentateur

Non. Non ? Non, je suis contre le vote obligatoire. Je n'aime pas d'ailleurs de manière générale les obligations quand elles ne se justifient pas. Alors,

12:49
Olivier Faure

le vote sur Internet, électronique, sécurisé, par exemple, ou développer le vote par correspondance. Le vote par correspondance,

12:57
Présentateur

je suis favorable. Le vote sur plusieurs jours aussi, même si c'est difficile, parce que ça mobilise beaucoup de monde. Le fait de pouvoir faire un vote anticipé, par exemple, avoir la possibilité de laisser dans une urne une enveloppe quelques jours avant le scrutin, parce qu'on sait qu'on ne pourra pas être disponible parce qu'on travaille, parce qu'on part en week-end, parce qu'on a un grand-père et une grand-mère à visiter, parce qu'il est malade. Enfin, bref, toutes ces raisons qui peuvent justifier une absence, oui, ça, j'y suis favorable. Oui,

13:24
Olivier Faure

et puis je me mets à la place des Françaises et des Français, les élections municipales, les élections départementales, les élections régionales, les élections législatives, les élections présidentielles, tout cela sur 5-6 ans, ça fait beaucoup. Sans oublier les élections européennes, ça fait beaucoup. Les Français ne savent pas, ne savent pas qu'ils appartiennent à une région. Enfin, ils le savent touristiquement parlant, mais pas économiquement parlant ni socialement parlant. Les Français ne connaissent pas les élus régionaux. Un vrai problème, trop de strates, non ?

13:57
Présentateur

Oui, à la fois, certainement, même si à chaque fois qu'on cherche à en enlever une, on ne sait jamais laquelle. Oui, on ne sait jamais laquelle. Et les départements qui ont été longtemps dans le viseur, on le voit bien, en fait, il y a un attachement au département français. Il y a un attachement aussi à ceux qui sont des élus de proximité, les conseillers départementaux qui sont ceux que vous retrouvez chaque week-end dans les commissaires agricoles, sur la fête du village, etc., et qui sont donc abordables. Donc, la France, c'est aussi ça. Ce sont aussi des communes, des départements, des régions avec des élus de proximité qui font que, finalement, on sait aussi à qui s'adresser.

Bien sûr qu'il y a de l'abstention, c'est vrai. Mais je sais aussi l'attachement profond des Français à leurs élus quand ils les connaissent, quand ils peuvent avoir un contact avec eux, quand ce ne sont pas des gens qui sont très éloignés et qui sont dans les hauts-dessous. Mais alors, pourquoi cette abstention ? Pourquoi ? Cette abstention, elle est liée à plusieurs choses.

Elle est d'abord liée à un scrutin régional sanitaire compliqué, à des défauts d'organisation, à un président de la République qui a fait le choix de faire l'impasse au départ sur ce scrutin, qui voulait même l'enjamber, avant de passer à autre chose et d'envoyer tous les ministres challenger le président de la région Hauts-de-France. Et puis, tout simplement, plus profondément, il y a une défiance vis-à-vis de la politique. Il y a une défiance profonde avec le sentiment que les gens qui en font sont là simplement pour se servir, qu'ils sont là uniquement pour leurs propres intérêts.

Je vais souvent dans les écoles où je suis interrogé par les enfants et qui me demandent l'une des premières questions, c'est combien vous gagnez ? Parce qu'ils pensent vraiment qu'on fait ça pour gagner de l'argent. Je leur dis qu'il est public, le revenu des députés est autour de 100 000 euros. Ils me disent mais c'est beaucoup. Je leur dis oui, c'est vrai que c'est beaucoup. Et c'est beaucoup plus que beaucoup de vos parents, évidemment. Mais j'explique ce que l'on fait et je leur dis aussi mais ce choix-là, je l'ai fait non pas pour gagner de l'argent, je gagnais plus avant.

Donc, je l'ai fait parce que je veux servir ce pays, parce que j'ai envie de faire des choses avec vos parents, avec vous, faire en sorte que vous ayez un avenir et la politique ça ne sert pas à rien.

Pour reprendre l'exemple des enfants qui ne comprennent pas ce qu'est la politique, je leur dis mais vous vous rendez compte que si vous ne viviez pas en France mais dans vos pays d'origine par exemple ou au siècle passé pour ceux qui ont toutes leurs origines en France et vous ne seriez pas à l'école et c'est la politique qui a permis de faire autrement et donc et quand on reprend l'histoire de la gauche et quand on reprend les grandes conquêtes dont elle est à l'origine mais les congés payés, la sécurité sociale, etc.

tout ça ce n'est pas venu par hasard c'est venu grâce à la politique et donc c'est à nous maintenant d'expliquer que quelles sont les prochaines étapes qu'est-ce qu'on va faire pour les inégalités qu'est-ce qu'on va faire pour le réchauffement climatique qu'est-ce qu'on va faire pour la démocratie pour l'approfondir faire en sorte qu'on n'ait pas le sentiment justement d'être des intermittents de la démocratie c'est ça l'enjeu.

16:41
Olivier Faure

Le PS aujourd'hui c'est la force motrice de la gauche oui je le crois c'est ce qu'ont dit les résultats du premier tour ça veut dire quoi ? ça veut dire qu'à la présidentielle chacun doit se ranger derrière la bannière PS avec ses différences bien sûr

16:54
Présentateur

ça veut dire que socialistes doivent être fiers de ce qu'ils sont ne pas rougir de leur histoire ne pas avoir honte de ce qu'ils portent et donc il ne faut pas se terrer sous terre mais il faut au contraire chercher à emmener à rassembler à s'élargir à se dépasser parce que la vérité aussi c'est que socialistes ont bien sûr été la force motrice dans cette élection mais ils ne l'ont pas été tout seuls ils l'ont été avec des écologistes avec des communistes avec des gens de génération avec des gens de place publique avec des radicaux de gauche bref avec des gens différents et il faut que nous soyons capables d'être à la fois moteurs mais aussi rassembleurs

17:31
Olivier Faure

donc moteurs et rassembleurs il faut une candidate ou un candidat PS à la présidentielle c'est certain ça absolument il y aura une candidate ou un candidat PS à la présidentielle je pense évidemment à Anne Hidalgo je sais que vous vous rangez déjà derrière Anne Hidalgo à Olivier Faure c'est clair moi je soutiens sa candidature

17:51
Présentateur

parce que je ne sais pas si elle sera candidate mais je soutiens le fait qu'elle pourrait être une excellente candidate et surtout une excellente présidente elle l'a montré à Paris elle fait face à des enjeux qui sont des enjeux très lourds et on a besoin de gens solides dans cette on le sait en fait c'est pas gouverner la France ça n'est pas juste une partie de plaisir

18:09
Olivier Faure

est-ce qu'on ne va pas un peu vite en besogne en disant le match Marine Le Pen Emmanuel Macron c'est du passé c'est déjà du passé

18:17
Présentateur

franchement je lis ça partout les journaux partout mais c'est même ce que j'ai dit dimanche soir j'ai dit qu'il y avait un espoir qui était né dimanche soir alors ça ne veut pas dire que les choses n'ont pas un tapis rouge quand je me lève le matin et que je descends dans la rue je ne vois pas en fait un tapis rouge sous mes pieds et qui dit il n'y a plus qu'à dérouler jusqu'à l'Elysée ce n'est pas vrai mais il y a un possible qui s'est ouvert dimanche on nous a conditionné avec cette idée qui serait une idée indépassable on n'aurait pas d'autre choix que d'avoir ce duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen et d'un seul coup on se rend compte que non ce n'est pas vrai au municipal au départemental au régional le choix ce n'est pas entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen le choix c'est entre des offres politiques différentes avec des gens qui vont peut-être incarner ce renouveau nous en avons tellement besoin on nous avait vendu le nouveau monde mais le nouveau monde on n'a pas vu arriver le nouveau monde c'est quoi ?

le nouveau monde c'est un nouveau monde qui est plus démocratique qui est plus écologique qui est plus solidaire aussi c'est ça dont on a besoin on a parlé du Covid pendant un an et qu'est-ce que nous a enseigné le Covid ?

c'est le manque de services publics le manque d'attention aux autres le manque aussi de capacité à anticiper tous ces dérèglements qui vont peut-être délivrer de nouveaux virus donc on est là et c'est pour ça que nous avons besoin de cette gauche écologique qui peut être évidemment l'espoir pour demain et moi c'est ça que je porte je porte de toutes mes forces avec toute mon énergie et toute mon envie je ne suis pas candidat à l'élection présidentielle je ne le fais pas pour moi-même je n'ai rien à gagner je suis déjà député je pourrais le rester si les électeurs me font confiance encore je n'ai absolument je ne rêve pas de devenir ministre je ne rêve de rien sinon d'avoir à offrir à mes enfants à toutes celles et ceux qui dans ce pays sont là de leur offrir tout simplement un avenir qui soit un avenir désirable

20:02
Olivier Faure

merci Olivier Faure d'être venu nous voir ce matin sur RMC sur BFM TV

L'invité de Bourdin Direct : Olivier Faure - 22/06 — Olivier Faure · Pourquijevote