L'invité politique Sud Radio - Christophe Béchu, Maire d'Angers et Secrétaire général d'Horizons, est l'invité politique
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Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 26 %Attaque 51 %Défensif 23 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:33OuverteRéponse directe
Qu'allez-vous lui dire concrètement au Premier ministre ?
- 1:39RelanceRéponse directe
Mais qu'est-ce que vous allez lui dire concrètement au Premier ministre ?
- 2:38RelanceRéponse directe
Christophe Béchut, ça c'est le cadre général, et on comprend que ce soit important pour vous de le dire, mais qu'est-ce que vous allez lui dire concrètement au Premier ministre ?
- 3:35OuverteRéponse directe
Alors vous allez, et vous serez demain à Matignon pour cette réunion, Jean-Luc Mélenchon a clairement expliqué qu'il allait pourrir cette réunion, ce sont ses termes.
- 5:30OuverteRéponse directe
On y reviendra un petit peu plus tard. Votre candidat, Édouard Philippe, n'a pas fait mystère de sa déception après l'intervention du président de la République dimanche soir. Est-ce que vous diriez que le président est à la hauteur de ce qui se passe ?
- 7:02OuverteRéponse directe
Passons au 24 et à cette journée de samedi qui fait peur à tout le monde. Ces couvre-feu, par exemple, est-ce que c'est une bonne solution ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:42Invité politiqueFait
« 'abord, j'espère qu'il va nous aider à comprendre comment une journée comme samedi a pu se dérouler de cette manière. »
- 1:57Invité politiqueFait
« Un policier municipal ne peut pas verbaliser quelqu'un qui tag un bâtiment, il faut qu'il appelle quelqu'un de la police nationale. »
- 2:16Invité politiqueFait
« On ne peut pas contrôler une identité. On ne peut pas être équipé de gaz lacrymogène, alors que les trois quarts de nos policiers municipaux sont des anciens policiers ou des anciens gendarmes qui ont déjà fait ça. »
- 2:42Invité politiqueFait
« Eh bien si, ça fait quatre ans, M. Cardo. Il y a quatre ans, Gérald Darmanin, garde des Sceaux, Eric Dupond... Pardon, Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur à l'époque, Eric Dupond-Moretti, garde des Sceaux, ont lancé ce qu'on a appelé le Beauvau des polices municipales. »
- 3:21Invité politiqueFait
« Édouard Philippe a écrit au Premier ministre, hier, pour lui demander d'accélérer l'inscription et pour faire en sorte que nous ayons le plus vite possible ces dispositions qui nous permettent de faire en sorte d'être aux côtés des forces de l'ordre dans le moment que nous sommes en train de vivre. »
- 3:46Invité politiqueFait
« 'aurais envie de vous dire que plus rien ne m'étonne et pourtant j'ai été extrêmement choqué par ses propos, extrêmement choqué par la manière dont, dans la même conférence publique, parce que les propos que vous citez, il les a, c'est pas un tweet, c'est quelque chose qu'il a exprimé comme une stratégie à l'ensemble de ses troupes. »
- 4:40Invité politiqueFait
« J'ai entendu des leaders politiques expliquer que s'il y avait eu des pillages, des violences, des tirs de mortier sur les forces de l'ordre, c'est parce que Place de la République, on aurait gazé ou nassé des manifestants. »
- 5:43Invité politiqueFait
« Donc les mots qu'il a utilisés me semblent être en deçà de ce que nous avons été un grand nombre à penser. »
- 6:51Invité politiqueFait
« 'est une faute. »
- 16:20Invité politiqueFait
« Alors, ça peut paraître totalement décalé après ce qu'on a vécu, mais moi, je suis maire, maire de la ville d'Angers et le choix que j'ai fait avec toute mon équipe municipale il y a plusieurs mois, c'est de se dire la priorité pour ce mandat, on doit la mettre sur l'enfance et sur la jeunesse. »
- 17:10Invité politiqueFait
« c'est d'abonner tous les enfants de CE1 et de CE2 à un magazine de lecture de leur choix qui arrive dans leur boîte aux lettres. »
- 19:19Invité politiqueFait
« si les primaires fonctionnaient, ça se saurait. Elles n'ont permis ni la qualification de Mme Pécresse, ni la qualification de M. Hamon, ni même la qualification de M. Fillon. »
- 19:56Invité politiqueFait
« La présidentielle, c'est la rencontre entre un homme et le peuple et c'est exactement ce que nous jouons. »
- 20:37Invité politiquePromesse
« il y aura besoin de se rassembler et que la période de rassemblement, elle commence à partir du mois de novembre. »
- 24:32Invité politiqueFait
« Le bouc émissaire, non, parce que ça voudrait dire qu'entre guillemets, il n'y serait pour rien. »
- 24:52Invité politiqueFait
« M. Mélenchon qui explique qu'il faut abattre la citadelle, qui défend la jeune garde qui s'est livrée à des actes violents, qui soutient ou qui abrite sous son aile un syndicat étudiant solidaire qui explique que samedi dernier il y a eu de la casse légitime et ciblée sur des symboles du capitalisme et que la violence est légitime. »
- 25:54Invité politiqueFait
« tout ce qui s'est passé samedi, c'est parce qu'il y a des gars qui ont foutu le feu. »
- 26:13Invité politiqueFait
« ça fait mal à ma France quand je vois des idiots aller écrire à CAB, laisser entendre qu'un bon flic est un flic mort. »
- 26:20Invité politiqueChiffre
« On parle de femmes et d'hommes qui pour moins de deux fois le SMIC se retrouvent désormais à risquer leur vie pour nous défendre. »
- 26:52Invité politiqueFait
« Je ne supporte pas l'expression violence policière. »
- 26:55Invité politiqueFait
« Je ne supporte pas l'inversion accusatoire qui consiste à laisser penser que si les pompiers n'interviennent pas assez vite, c'est de leur faute. »
- 27:29Invité politiquePromesse
« LFI, il faut les battre dans les urnes. »
- 27:40Invité politiqueFait
« ils sont déjà devenus les gens les plus détestés de France. »
- 27:46Invité politiqueFait
« ils sont en train de paver la route de l'extrême droite pour essayer finalement quoi ? »
- 28:01Invité politiqueFait
« c'est presque leur rêve. Parce que si Marine Le Pen était en responsabilité, ça pourrait justifier d'aller faire ça tous les week-ends. »
- 28:19Invité politiqueFait
« je les invite à regarder ce qui s'est passé en Italie. Mme Mélanie est au pouvoir depuis 4 ans et on a vécu les mêmes scènes en Italie que celles qu'on a vécues en France. »
- 28:51Invité politiqueFait
« qu'on puisse imaginer les utiliser pour maintien de l'ordre, c'est ne pas connaître l'armée et ce serait une erreur en termes d'utilisation. »
Temps de parole
- Christophe Béchu69 %
- Présentateur16 %
- ?7 %
- Locuteur 54 %
≈ 61,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Sud Radio, l'invité politique,
Jacques
Cardoz.
A 8h28 sur Sud Radio, votre invité politique, Jacques, ce matin, c'est Christophe Béchut, maire d'Angers, secrétaire général d'Horizon. Bonjour Christophe Béchut. Bonjour M. Cardoz. Les Français sont encore sonnés par cette casse-sépillage de ce week-end et l'exécutif tente de reprendre la main après avoir reconnu une faille. Samedi, le président demande une réunion avec les partis politiques. C'est vous qui serez à Matignon demain devant Sébastien Lecornu en tant que secrétaire général d'Horizon. Qu'allez-vous lui dire
? D
'abord, j'espère qu'il va nous aider
à
comprendre comment une journée comme samedi a pu se dérouler de cette manière.
L
'urgence, à mes yeux, c'est évidemment que celle de samedi se passe bien, mais
à
quel moment on peut avoir une faille de renseignement qui fait qu'on sudimensionne le dispositif de cette manière avec ces images qui n'ont pas seulement choqué, qui ont consterné à la fois les Français, mais stupéfié toute une partie de ceux qui regardent depuis l'étranger notre pays avec des conséquences
en
cascade. D'abord pour des commerçants qui ont objectivement été livrés à des pillages. Ensuite, pour ceux qui n'ont pas été touchés, mais avec le risque que la petite musique de « il ne
faut
plus aller dans les centres-villes
»
se diffuse, avec des conséquences,
c
'est que tout ça va faire en sorte que notre dette va nous coûter de plus en plus cher, parce que les pays vont se dire,
les
Français
qui
se retrouvent avec un déficit extrêmement élevé, au lieu de se mettre d'accord sur la manière de régler le problème, ils sont en train de brûler leur propre bâtiment. Tout
ça
est une
dinguerie. Christophe Béchut, ça c'est le cadre général, et on comprend que ce soit important pour vous de le dire, mais qu
'est
-ce que vous allez lui dire concrètement au Premier ministre
?
Alors, d'abord
que nous
avons, dans ce pays, en réserve, si j'ose dire, près de 30 000 policiers municipaux, qui aujourd'hui
sont
bloqués pour des raisons juridiques de pouvoir être totalement aux côtés de la police nationale. Je donne trois exemples.
Un
policier municipal ne peut pas verbaliser quelqu'un qui tag un bâtiment, il faut qu'il appelle quelqu'un de la police nationale. Un policier municipal ne peut pas contrôler une identité, fouiller un sac, ouvrir un coffre pour vérifier qu'on n
'a
pas des gens qui viennent avec des mortiers d'artifice ou des choses de ce type.
On
ne peut pas contrôler une identité.
On
ne peut pas être équipé de gaz lacrymogène, alors que les trois quarts de nos policiers municipaux sont des anciens policiers ou des anciens gendarmes qui ont déjà fait ça. Donc, on est dans le paradoxe. Ils
peuvent avoir des armes
létales, mais qui ne peuvent pas pleinement être associées à des opérations qui permettent, face à des scènes telles qu
'on
les a vécues samedi, d'être aux côtés des forces de l'ordre pour renforcer le pouvoir de l'ordre, de la loi.
Mais comment on fait là ? On ne peut pas
changer la loi ? Eh bien si, ça fait quatre ans, M. Cardo. Il y a quatre ans, Gérald Darmanin, garde des Sceaux, Eric Dupond... Pardon, Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur à l'époque, Eric Dupond-Moretti, garde des Sceaux, ont lancé ce qu'on a appelé le Beauvau des polices municipales. Quasiment toute la classe politique était d'accord. Est arrivée la dissolution, le texte a été perdu dans les limbes, il a été voté en février au Sénat, il y a donc sept mois, et on attend son inscription à l'Assemblée nationale pour pouvoir, nous maires, disposer de pouvoirs qui nous permettent d'être aux côtés des forces de
l
'ordre, d'être équipés de drones. C'est très concret. Donc ce que vous demandez au Premier
ministre, là, c'est juste une inscription et de la publication, en réalité, au journal officiel.
Édouard Philippe a écrit au Premier ministre, hier, pour lui demander d'accélérer l'inscription et pour faire en sorte que nous ayons le plus vite possible ces dispositions qui nous permettent de faire en sorte d'être aux côtés des forces de l'ordre dans le moment que nous sommes en train de vivre.
Alors vous allez, et vous serez demain à Matignon pour cette réunion, Jean-Luc Mélenchon a clairement expliqué qu'il allait pourrir cette réunion, ce sont ses termes.
J
'aurais envie de vous dire que plus rien ne m'étonne et pourtant j'ai été extrêmement choqué par ses propos, extrêmement choqué par la manière dont, dans la même conférence publique, parce que les propos que vous citez, il les a, c'est pas un tweet, c'est quelque chose qu'il a exprimé comme une stratégie à l'ensemble de ses troupes, tout en disant qu'il allait certainement pas s'amuser, là aussi, je cite à peu près de mémoire, à signer un bout de papier pour dire qu'il fallait condamner les pillages ou des choses de type. Non,
sa phrase très précise, c'est nos discussions n'auront de sens que si nous partageons sans ambiguïté la condamnation de la violence, trois petits points, laquelle ?
Tu
crois vraiment qu'on va le faire ? Bien sûr que non, on va y aller et on va te pourrir la réunion.
Vous
savez, M. Cardoz, c'est absolument scandaleux.
Une
des choses qui m'a le plus choqué, au-delà de la journée de samedi, c'est l'inversion accusatoire avec laquelle
les
leaders de la France insoumise, à l'unisson parfois de certains leaders écologistes,
ont
expliqué que si on en était là, c'était parce que les forces de l'ordre avaient provoqué cette situation. J'ai entendu des leaders politiques expliquer que s'il y avait eu des pillages, des violences, des tirs de mortier sur les forces de l'ordre, c'est parce que Place de la République,
on
aurait gazé ou nassé des manifestants. Moi, ce que je sais, c'est qu'à Angers,
personne
n'était en train de regarder ce qui se passait à Place de la République. Comment se fait-il qu'à Limoges, qu'à Marseille, qu'à Lyon, que partout en France, on se soit retrouvé avec des scènes, des meutes, des gens qui s'en prennent à des bâtiments publics, parce qu'on aurait, à Paris, été dans une situation où on n'aurait pas été suffisamment gentil avec les manifestants ? Les forces de l'ordre, elles sont l'honneur de ce pays. Laissez dire, laissez entendre qu'il y aurait une violence, qui viendrait des forces de l'ordre, qui aurait justifié tout ça, mais sincèrement, c'est absolument abominable, comme sous-entendu.
On y reviendra un petit peu plus tard. Votre candidat, Édouard Philippe, n'a pas fait mystère de sa déception après l'intervention du président de la République dimanche soir. Est-ce que vous diriez que le président est à la hauteur de ce qui se passe
? Édouard
Philippe est quelqu'un de poli.
Donc
les mots qu'il a utilisés me semblent être en deçà de ce que nous avons été un grand nombre à penser.
Au
soir
d
'une journée cataclysmique, je le redis, l'Office de tourisme de Lyon, la mairie de Marseille, la mairie de Limoges,
des
milliers
de
commerces pillés.
L
'intervention du président de la République, elle a donné le sentiment
de
ne pas être à la hauteur de l'événement. Et je dois dire que,
quand
dans la continuité,
au
lieu, sur le plan national,
de
tenir des propos pour évoquer, des couvre-feux, des dispositifs de sécurité, tirant des conséquences pour la suite,
vous
quittez le territoire national,
alors
que des pillages sont en cours, alors qu'on est dans une situation où nos concitoyens ont besoin de comprendre,
je
pense très sincèrement,
qu
'il aurait fallu des mots qui soient
beaucoup
plus forts
et
pas un espèce de « en même temps » qui, dans ces circonstances,
est
incompréhensible. C'était une erreur de partir dans le golfe ? Bien sûr.
Il
aurait pu décaler
? Bien
entendu.
C
'est une faute
?
Entre erreur et faute, je laisse les auditeurs et les gens juger très sincèrement.
En
fait, ça n'est pas compréhensible. C'est plutôt comme ça que je vois les choses.
Tout à l'heure, Jean-Baptiste Moreau nous révélait, ici sur Sud Radio, avoir appelé dimanche le président de la République en lui disant «
Tu
as plutôt intérêt, finalement, à démissionner, là, rapidement. » Est-ce que vous, vous diriez la même chose
? Vous
savez,
quelques mois après l'élection présidentielle, Édouard
Philippe avait
dit que, compte tenu de la dissolution ratée du pari qui avait été fait, de la situation politique dans laquelle on se trouvait,
le
président de la République pourrait réfléchir à cette hypothèse.
Je
ne sais pas si vous vous souvenez de la violence, pour le coup, que sa position avait généré d'à peu près tout le monde, en expérant que c
'était
la clé de voûte des institutions, qu'il ne
fallait
pas remettre en cause le calendrier. Je ne participe pas à ça. On est maintenant à six mois de l'élection présidentielle. Ça n'a pas de sens. Ce que je dis,
c
'est que ce que nous sommes en train de vivre, c'est aussi une des conséquences de cette dissolution ratée.
Le
fait de ne pas avoir de majorité pour être capable de voter un budget et donc d'apporter des réponses à des demandes qui peuvent être faites dans le cadre de manifestations qui sont légitimes.
Le
fait de ne pas avoir une majorité qui permette de fixer un cap clair pour le pays. Tout ça,
ça
conduit pour partie à ce qu'on ait
ou
une inquiétude
ou
des colères. Mais rien, M. Cardos, vraiment, je veux qu
'on
soit très clair. Rien, personne ne peut légitimer la violence sans prendre au bien, sans prendre au personne, sans prendre au symbole.
Et
tous ceux
qui
minimisent,
qui
excusent,
qui
expliquent,
qui
ne viennent pas nous expliquer,
qui
ne sont pas les complices ou
les
instigateurs de la violence à laquelle on est en train d'assister.
Lorsque le président de la République, dans son allocution, dit
le
temps du débat doit arriver, on doit profiter de ces six mois pour qu'il y ait ce débat, est-ce que
ça
vous paraît être un argument suffisant pour ne pas démissionner
? Parce
qu'on sait bien que... On est à six mois de l'élection présidentielle.
Il faut
évidemment
suivre et respecter le calendrier. Il reste six mois, moins de six mois même, même si, à certains égards, ça risque d'être long, quand on voit la manière dont les choses se passent.
Mais
je vais vous dire, on a besoin d'un
débat. Il
y a cinq ans,
l
'élection présidentielle,
à
cause de la guerre en Ukraine,
elle
n'a pas
donné
lieu à un débat, j'allais dire, aussi profond, aussi intense, aussi approfondi que celui qu'on a pu connaître par le passé. La dissolution,
il
n
'y a
pas eu de débat. On a eu trois semaines entre la fin des élections européennes et le moment pour voter. Si on n'a pas un temps pour discuter du cap que le pays doit suivre, sincèrement, vu les incertitudes, vu le contexte géopolitique, politique, budgétaire, social
dans lequel nous sommes,
on a besoin de
ce
temps démocratique. Passons au 24 et à cette journée de samedi qui fait peur à tout le monde. Ces couvre-feu, par exemple, est-ce que c'est une bonne solution ? Est-ce qu'il faut aller plus loin
? Les couvre
-feu, ça peut être une bonne solution.
Il
faut regarder ville par ville. Je vais vous dire, chez moi, à date...
À Angers, donc, vous ne l'avez
pas fait ?
Non,
pour une raison simple, c'est que je ne veux pas pénaliser des restaurateurs qui, déjà, à cause de la journée de samedi, craignent de se retrouver avec moins de monde toute une partie du temps, en les obligeant à fermer plus tôt
ou
en fermant une partie des terrasses alors que nous n'avons eu aucun débordement depuis samedi sur aucune des soirées. En revanche,
dans la perspective...
C'est un dilemme parce que, dans le même temps, d'autres gens ont peur.
Je
l'entends. Mais ce que je veux dire, c'est que si vous ne proportionnez pas les choses et que vous rajoutez une peine à une partie des restaurateurs ou des bars, vous finissez par fragiliser une partie de votre tissu économique. En revanche,
on
ne peut rien exclure parce que force doit rester à la loi. Donc moi, je le dis de façon très claire,
le
couvre-feu
est
une arme à disposition. Et si les circonstances l'exigent, il faut l'utiliser sans trembler. De la même manière que l'état d'urgence qui a été réclamé par un certain nombre de responsables politiques des dimanches.
Bon. Moi,
je comprends qu'il n
'ait
pas été mis en place puisque
réclamer
l'état d'urgence à la fin d'un événement. Tant qu'il n'y
en
a pas un deuxième qui a été annoncé, tant qu
'on
ne sait pas ce qui se passe, ça aurait presque eu le sentiment qu'on dégainait après la bataille. Et puis, vous faites quoi ? Il faut le faire respecter, etc. En revanche,
l
'état d'urgence, on ne peut pas l'exclure si les circonstances, si la façon dont les choses se passent samedi, si la suite doit
nécessiter...
La journée test
de ce
week-end.
Ce
qui est certain,
c
'est qu'après ce qui s'est passé samedi dernier,
la
journée de samedi ne peut pas ressembler au 17 octobre en termes de maintien de l'ordre, en termes de sécurité et en termes de capacité à éviter les scènes d'émeute et de pillage que nous avons rencontrées.
Christophe Béchut,
ça
veut dire que s'il se passe à peu près la même chose, il faudra instaurer l'état d'urgence à ce moment-là ? Je préfère ne même pas me placer dans cette situation. Bruno Retailleau a dit ses craintes que les commerçants ne basculent dans l'autodéfense. Certains restaurateurs le disent. On l'entend ici ou là. C'est un vrai risque
? Je
pense que dans ces circonstances, se montrer à la hauteur des événements, c'est éviter les prophéties autoréalisatrices. Donc, je vais préciser ma pensée. Aller suggérer que les gens pourraient penser à s'armer,
ce
serait bien de ne
pas
leur donner l'idée. Parce que je pense que nous n'en sommes pas là. Et que je suis attaché à un cadre dans lequel
ce
sont les forces de l'ordre qui ont le monopole de la violence légitime.
Donc, ça n'est pas responsable de dire cela de la part de Bruno Retailleau ?
Ce que je pense, c'est que même s'il exprime des choses qu
'on
peut voir passer sur les réseaux sociaux ou des cris de colère, d'alarme de commerçants, j'ai eu l'occasion en allant à la rencontre de ceux qui, de chez moi, ont eu des vides cassés ou se sont retrouvés vandalisés, d'entendre des réactions de détresse.
Mais
il faut
tout faire pour le décourager. Quels que soient les mots, les précautions d'usage, est-ce que vous faites, vous, un lien entre difficultés d'intégration et les pillards que l'on a pu voir samedi ? Avec les pillards,
oui.
Ce
que je veux dire, c'est qu'on a assisté à plusieurs phénomènes, M. Cardos, qui se sont mélangés, intriqués, enchevêtrés les uns les autres. D'abord, vous aviez des manifestants qui étaient venus pour manifester.
Et de
façon normale, légitime, comme on le fait en démocratie. Ils étaient très nombreux.
Mais
en étant très nombreux, ils ont aussi servi de paravent à des émeutiers, à des pillards, à des black blocs et à des gens avec une idéologie d'extrême-gauche qui sont venus pour casser du flic,
pour
taper sur les bâtiments publics.
Vous
savez, quand on tag sur une banque sioniste,
ce
ne
sont
pas des lycéens qui sont mécontents de leurs horaires de cours qui font ça. On est d
'accord.
Et ce ne sont pas non plus des jeunes qui sont en difficulté d'intégration. Donc, on s
'est
retrouvés pendant l'après-midi avec des gens qui ont attaqué les bâtiments publics, qui ont parfois essayé d'y mettre le feu
et
qui ont cherché à en découdre avec les forces de l'ordre. Et quand la journée s'est avancée, que le chaos s'est un peu généralisé, qu'on a vu que les forces de l'ordre avaient du mal, là, on a effectivement des délinquants qui, pour beaucoup, sont venus des quartiers périphériques de nos villes avec manifestement des difficultés d'intégration pour beaucoup d'entre eux et des profils
qu
'on est en train, j'allais dire, de repérer au fur et à mesure que la justice va faire son travail et révéler qui sont les mis en cause. Avec un petit risque, d'ailleurs. C'est qu'on ait une surreprésentation de ces pillards dans ceux qui ont été arrêtés. Parce qu'en milieu d'après-midi, il y
a
eu moins de gardes à vue et d'arrestations parmi ceux
qui
étaient dans des logiques de black bloc et qui se tenaient au chaud. et que la journée s'étirant
à
la fin de la journée. Ceux qui se retrouvaient seuls, ceux-là, ils ont été arrêtés.
Par exemple, sur cette question de lien entre difficulté d'intégration et les pillards, est-ce que vous attendez de la commission d'enquête parlementaire qui va avoir lieu, qui a été décidée, qu'elle réponde à ce genre de questions
? Une
commission d'enquête, si c'est pour dire ce que tout le monde sait, j'allais dire que ça n
'a
pas beaucoup d'intérêt. Si c'est pour nous expliquer combien il y avait de manifestants et ce qui s'est passé, elle doit faire la lumière sur comment est-ce que des failles de sécurité ont conduit à ce qu
'on
ne dimensionne pas l'équipement. Pourquoi n'y avait-il pas davantage de policiers ? Comment n'avons-nous pas été capables de maintenir l'ordre
?
Qui étaient les émeutiers ? Quels sont les appels lancés sur les réseaux sociaux qui pourraient relever
de
l'article 40 et d'une forme de mise en cause pénale de responsables qui ont armé
au
moins philosophiquement une partie de ceux-là en les incitant à la violence ? Quels sont les profils des pilleurs ? Est-ce qu'il y a eu une
coordination
? Qui sont-ils ? Mais bien sûr, c'est ça une commission d'enquête.
Avec tout cela, Christophe Béchut, vous maintenez votre confiance à Laurent Nouniez pour la journée de samedi ? Vous savez, ce que je crois, c'est que quand on
est
entre
deux épisodes complexes,
tel
que c'est le cas, et avec un ministre de l'Intérieur dont la démission a été refusée par le président de la République,
je
préfère me concentrer sur comment on réussit la journée de samedi prochain plutôt que sur les responsabilités individuelles de samedi dernier, même si des questions, quand tout ça sera terminé, devront évidemment se poser.
Christophe Béchut, maire d'Angers, secrétaire général d'Horizon, vous restez avec nous dans la deuxième partie. Un auditeur vous interrogera sur la question des primaires de la droite et du centre. Là, il y aura évidemment l'actualité des réseaux de Benjamin Glaze et puis votre carte blanche qui sera consacrée à la jeunesse. A tout de suite.
Le
Grand Matin Sud Radio, 7h10, Jacques Cardoz.
Christophe Béchut, maire d'Angers, secrétaire général d'Horizon et notre invité politique ce matin. Commençons, Christophe Béchut, par vos trois minutes pour convaincre. Vous avez choisi de nous faire part de vos propositions concernant l'enfance et la jeunesse.
Alors, ça peut paraître totalement décalé après ce qu'on a vécu, mais moi, je suis maire, maire de la ville d'Angers et
le
choix que j'ai fait avec toute mon équipe municipale il y a plusieurs mois, c'est de se dire la priorité pour ce mandat, on doit la mettre sur l'enfance
et
sur la jeunesse.
Et
donc, on a décidé de lancer des assises de l'enfance et de la jeunesse qui ont commencé, j'allais dire, presque en marge des manifestations lycéennes
à
partir de deux idées simples. La première, c'est que dans un pays qui vieillit où on parle davantage de l'âge de la retraite et d'euthanasie ou de fin de vie,
c
'est normal qu'on ait une jeunesse qui se demande quelle est sa place. Et au milieu de ça, il faut aussi qu'on soit fier de transmettre un certain nombre de choses. Donc,
on
a décidé de s'entourer de plein de gens pour être capables de regarder comment améliorer les choses. La première mesure qu'on a prise pour lutter contre le poids des écrans qui pèsent sur la manière dont se forme une partie des plus petits, c'est d'abonner tous les enfants de CE1 et de CE2 à un magazine de lecture de leur choix qui arrive dans leur boîte aux lettres.
Et
ça, on le fait à budget constant parce qu'on diminue le budget d'informatisation d'une partie de nos écoles. Il y a dix ans, on achetait des iPads pour les mettre dans les mains des enfants en se disant que dans certaines familles,
il
n
'y
avait pas d'écran. Aujourd'hui,
il
y
a
des écrans partout. Orange, il n
'y a
plus de livres partout. Si on n
'est
pas capable de défendre la lecture, ce qui se fait en partage, les jeux de société, on commence à détricoter la société en construisant une forme d'individualisme et on livre déjà des enfants à des algorithmes qui conduisent beaucoup plus loin mais à des formes ensuite de radicalisation, en tout cas d'enfermement parce qu'on finit par ne vous mettre en relation qu'avec des gens qui pensent la même chose que vous. Et ce qui est dramatique
dans
notre pays, dans le contexte dans lequel nous sommes, c'est qu'on a le sentiment qu'il
y a
une sorte d'archipélisation qui fait que chacun se retrouve autour d'un petit groupe
avec
le fleurissement de théories qui deviennent y compris complotistes ou tout ce qu'on veut avec une manière entre guillemets de s'écarter du réel parce qu'en cessant de s'informer sur des médias traditionnels où les choses sont sourcées,
en
multipliant les interactions avec des contenus dont la vérité n'est pas toujours avérée.
C'est une
menace sur l'esprit critique d'une certaine façon ?
Bien entendu. Et sur la formation de la jeunesse, il faut qu
'on
s'alarme. Si le classement PISA baisse, si aujourd'hui on constate que les enfants passent dix fois plus de temps sur les écrans qu'à lire
et
qu
'on
ne se préoccupe pas de notre jeunesse, c'est la relève de la société avec laquelle on aura un problème. Donc moi j'entends une partie de la détresse lycéenne, je dénonce tout ce qui s'apparente à la violence, mais je dis que dans une société qui vieillit,
il
faut d'autant plus sans œillère
mais
sans complaisance aussi par rapport à certaines thèses qui sont relayées.
Christophe Béchut, une question de l'un de nos auditeurs.
Bonjour
M. Béchut, Frédéric de Blagnac. Pourquoi Edouard Philippe Sofstiltine a refusé une primaire alors qu'il baisse dans les sondages et que sans méthode claire de départage à droite, on file tout droit vers un second tour Le Pen-Mélenchon ? Merci de votre réponse.
Merci Frédéric de Blagnac.
D
'abord, si les primaires fonctionnaient, ça se saurait.
Elles
n'ont permis ni la qualification de Mme Pécresse, ni la qualification de M. Hamon, ni même la qualification de M. Fillon. En fait, elles n'ont fonctionné qu'une fois, c'était avec François Hollande et très sincèrement,
je
pense que pour beaucoup de Français, ce n
'est
pas le meilleur souvenir. J'observe d'ailleurs qu'aujourd'hui, lui-même ne veut pas de primaire. Une primaire, c'est une machine qui consiste à ce que des femmes et des hommes s'invectivent sans nécessairement se soutenir à la fin. Ni M. Mélenchon, ni Mme Le Pen, ni M. Macron ont eu besoin de primaire pour réaliser des scores qui les ont placés aux trois premières places de la dernière élection présidentielle. La présidentielle, c'est la rencontre entre
un
homme et le peuple et c'est exactement ce que nous jouons. En revanche, oui,
on
a un besoin d'union.
On
a un besoin d'union parce qu'il n'y aura pas trois places qualificatives
vis
-à-vis du deuxième tour et que le risque, Mélenchon Le Pen, existe et que c'est un cauchemar absolu, y compris parce que si vous vous retrouvez avec l'un des deux au pouvoir, en fait,
vous
vous retrouvez avec les deux.
Christophe Béchus, ça signifie quoi ? Est
-ce
que vous venez de nous dire à l'instant qu'on a besoin d'union ? Concrètement, ça veut dire quoi
?
Vous appelez Gabriel Attal à arrêter sa campagne et à vous rejoindre ? Parce qu'on voit bien que vous êtes au coude à coude.
Ça veut dire que depuis
des
mois, ce que nous disons, c'est qu
'il
y
aura
besoin de se rassembler
et
que la période de rassemblement, elle commence à partir du mois de novembre. Nous sommes mi-octobre. Depuis six mois, on explique qu'il est légitime que les uns et les autres avancent et proposent leurs idées, mais qu'à un moment, entre novembre et le début de l'année, il va être nécessaire de se rassembler. Nous tendons la main, nous appelons les uns et les autres, jusqu'à M. Retailleau à se retrouver autour d'une table pour qu
'on
discute et pour qu'on avance, que tous ceux qui pensent que l'extrême gauche et l'extrême droite, c'est le même péril, le recto et le verso entre guillemets d'une même page, se retrouvent pour qu'on puisse proposer
une candidature.
Donc, vous fixez une limite ce matin, clairement. Il y
a
une période durant laquelle, et à un moment donné, il faudra en tirer les conséquences.
La
réponse est oui.
Dans
le moment que nous vivons, j'ai parfaitement conscience qu'il
y
a d'autres sujets que de savoir comment les uns et les autres
décident de se
rassembler. Ce que je veux vous dire, c'est qu'il n'y a rien de nouveau. Nous disons depuis des mois qu'il y aura besoin de se
rassembler.
Ce qui est nouveau, peut-être, c'est le nombre de candidats. Est-ce qu'on peut les lister ce matin ? Avec qui ? Vous souhaitez parler. M. Retailleau, vous l'avez cité, David Lissnard ? Nous l'avons invité.
Et Gabriel Attal ? Nous l'avons invité. Nous avons invité les représentants du centre, les gens du Modem, les gens de l'UDI, en considérant qu'à un moment, c'est la droite et le centre qui doivent se rassembler tous ensemble.
Et si Gabriel Attal se rapproche de Raphaël Glucksmann
? Vous
savez,
à
la fin, ce sont les électeurs qui décident. Si les candidats ne sont pas responsables, les électeurs le seront pour eux. Je crois une chose, M. Cardoz.
Il
y a 5 ans, à la même époque, Mme Pécresse était aux alentours de 15% dans les sondages. Et Mme Hidalgo était très au-dessus du score qu'ils ont fait. Et parce qu'à un moment, les Français se sont dit qu'il y avait un risque que tout ça se termine avec une confrontation des extrêmes, vous avez eu une forme de vote utile qui fait que Mme Pécresse a terminé sous les 5 et Mme Hidalgo sous les 2. tous les candidats qui maintiendront une candidature au bout en n'ayant pas de chance in fine de se qualifier connaîtront le même score avec une sorte de toboggan électoral. Nous avons toujours dit que nous prendrions nos responsabilités si nous étions dans une situation de ne
pas
être les mieux placés. Aujourd'hui, nous appelons les uns et les autres comme nous l'avons fait il
y
a des mois à la même responsabilité.
Il y a eu urgence puisque Jean-Luc Mélenchon et ce n
'est
pas le premier train de sondage, il est systématiquement ou très souvent donné devant vous.
Je vous le confirme, quand nous sommes éclatés, nous avons des chances d'être éliminés.
On passe à l'actualité des réseaux sociaux avec vous Benjamin Glez, vous nous avez rejoint. Bonjour
Monsieur
Glez.
Je voudrais revenir avec vous sur cet échange très tendu, vous l'avez vu hier à l'Assemblée nationale entre Mathilde Panot et Sébastien Lecornu en cause de la patronne des députés insoumis reproche au gouvernement d'avoir transformé en quelque sorte LFI en bouc émissaire des violences du week-end dernier Mathilde Panot qui fait référence notamment à l'article de Mediapart dans lequel un commissaire des renseignements affirmait sous couvert d'anonymat LFI était derrière. Tout cela, on écoute Mathilde Panot.
Votre propagande politicienne est en train de s'effondrer. Monsieur le Premier ministre, vous êtes dangereux pour la démocratie. Vous ne gouvernez pas. Vous vous contentez de durer. Quand on n'a plus rien à dire au pays, quand il ne vous reste que la répression, c'est le signe qu'il faut partir.
Mathilde Panot qui demande la démission de Sébastien Lecornu en guise de réponse. Le Premier ministre l'a interpellé à son tour en lui posant cette question.
Madame la Présidente Panot, il vous reste deux secondes. Condamnez-vous l'incendie de la mairie de Limoges.
Vous
n'avez pas eu un mot pour le jeune qui a perdu une main à Saint-Etienne. Pas
un mot.
C'est le moment, comme je vous le disais, de la grande clarification. Toujours la même rhétorique. Celle qui consiste à semer le chaos et ensuite à se victimiser par le mensonge ou l'anathème. Donc oui, vous avez effectivement choisi votre camp. Madame la Présidente Panot, c'est le camp de la honte et nous vous combattrons.
Christophe Béchut, est-ce que LFI est devenu le bouc émissaire du gouvernement, l'idiot utile du gouvernement sur ce sujet
? Le
bouc émissaire, non, parce que ça voudrait dire qu'entre guillemets, il n'y serait pour rien. Enfin, cette séquence, elle est extrêmement éloquente. Comment vous pouvez ne pas condamner l'incendie de la mairie de Limoges ? Comment est-ce que vous pouvez avoir des propos ? Face caméra, on n'est pas en train de parler d'un commissaire anonyme qui aurait dit quelque chose à un journaliste. Non,
on
est en train de parler
de
M. Mélenchon qui explique qu'il faut abattre la citadelle, qui défend la jeune garde qui s'est livrée à des actes violents,
qui
soutient ou qui abrite sous son aile un syndicat étudiant solidaire qui explique que samedi dernier il y a eu de la casse légitime et ciblée sur des symboles du capitalisme et que la violence est légitime. On parle du parti de M. Bagayoko qui explique que la violence peut être légitime. C'est
de ça dont on parle. C
'est votre avis ? Mais c'est pire que ça M. Gleize. Après avoir philosophiquement armé une partie des casseurs et des émeutiers, après avoir laissé entendre que la violence était une manière d'exister en politique, ils font comme si ils étaient les victimes. On est dans l'inversion accusatoire. Vous allumez le feu et ensuite vous dites comment se fait-il que les pompiers ne
l
'aient pas éteints plus vite
?
Mais c'est abject. Le gouvernement reconnaît quand même quelques erreurs par rapport au week-end dernier en
matière de
maintien de l'ordre ? Mais il a raison d'en reconnaître. Je reviens à mon sujet.
À
un moment, dire,
vous
savez, tout ce qui s'est passé samedi, c'est parce que les pompiers ne sont pas arrivés assez vite. Non, tout ce qui s'est passé samedi, c'est parce qu'il
y a
des gars qui
ont
foutu le feu. Et qui a donné les allumettes
?
Qui a fourni le géricane d'essence ?
Ce
sont les amis de M. Mélenchon.
Vous avez confiance en Laurent Nunez pour que ça se passe bien samedi prochain ?
Ça n'est pas le sujet. J'ai confiance dans les forces de l'ordre de ce pays. Je ne supporte pas qu
'on
les mette en cause. Vous savez, ça fait mal à ma France quand je vois des idiots aller écrire à CAB, laisser entendre qu'un bon flic est un flic mort. On parle de femmes et d'hommes qui pour moins de deux fois le SMIC se retrouvent désormais à risquer leur vie pour nous défendre. Vous, moi, des gens qu
'on
ne connaît pas et pour assurer le maintien finalement du respect de la loi, c'est-à-dire de la préservation
et de la protection des plus fragiles.
Des commerçants qui ont constaté que le dimensionnement du dispositif de sécurité n'a pas permis de protéger tout le monde. Il
y a eu chance
à ce que samedi prochain ce ne soit pas pareil. Je le redis, j'ai pleinement confiance dans nos forces de l'ordre. Je ne supporte pas l'expression violence policière. Je ne supporte pas l'inversion accusatoire qui consiste à laisser penser que si les pompiers n'interviennent pas assez vite, c'est de leur faute en ne regardant pas la responsabilité
des émeutiers. Au vu de ce que vous dites concernant la France insoumise, pourquoi ne pas aller dans le sens de ce que dit Bruno Retailleau qui demande à l'interdiction de la France insoumise ? Parce que ça n'a pas de sens.
Mais vous
comprenez la philosophie de
ce qu'il dit ? Pour le coup, je comprends la ficelle politique mais il
y
a des partis encore plus à gauche aussi surprenant que ça puisse paraître. Le NPA, par exemple. Qui ont des propos encore plus délirants par le passé dont personne n'a jamais réclamé l'interdiction. LFI, il faut les battre dans les urnes. Et que des gens qui vont expliquer on va te pourrir ta réunion,
on
ne
va
pas te signer ton papier. Mais vous savez ce qui est dramatique ?
C
'est qu
'ils
sont déjà devenus les gens les plus détestés de France. Et donc en se victimisant, bon,
mais
ils sont en train de paver la route de l'extrême droite pour essayer finalement quoi ?
Qu'on se retrouve dans les prochaines années ? Ils font très très fort
sur la jeunesse, M. Béchut.
Et ils sont pour le moment qualifiés pour le
second tour. Et avec des gros clins d'œil comme une otariste qui ne m'ont pas échappé par rapport à un certain nombre de gens. Je termine juste une chose, vous savez. Finalement, c'est presque leur rêve. Parce que si Marine Le Pen était en responsabilité, ça pourrait justifier d'aller faire ça tous les week-ends, toutes les semaines. Et donc de se retrouver avec des airs de résistance à piller le pays, à s'attaquer à ses symboles et à générer le chaos.
Mais ceux
qui pensent que Mme Le Pen ou l'extrême droite ce serait la garantie de l'ordre, je les invite à regarder ce qui s'est passé en Italie. Mme Mélanie est au pouvoir depuis 4 ans et on a vécu les mêmes scènes en Italie que celles qu'on a vécues en France.
Oui, rapidement,
les militaires de l'opération Sentinelle qui seront mobilisés alors en statique pour protéger un certain nombre de sites. est-ce qu'il faut mobiliser l'armée dans ces opérations de maintien de l'ordre ? Je ne pense pas.
Les
militaires,
ils
ne
sont
pas formés pour faire du maintien de l'ordre, ils sont formés pour se battre et pour tuer si nécessaire.
Qu
'ils défendent des bâtiments de manière statique, ça permet de soulager une partie du dispositif de sécurité mais qu'on puisse imaginer les utiliser pour maintien de l'ordre, c'est ne pas connaître l'armée et ce serait une erreur en termes d'utilisation.
Merci beaucoup Christophe Béchut, maire d'Angers, secrétaire général d'Horizon d'avoir été notre invité ce matin dans le grand entretien politique de Sud Radio. Dans quelques secondes, on se retrouve avec nos éditorialistes autour des questions du jour, notamment cette question de l'armée et de la présence de l'armée le 24 octobre. Comment vous la voyez ? On se retrouve dans un instant et bien sûr, vous pouvez nous appeler 0826-300-300
de la
présence
Christophe Béchu