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interviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 20 mai 2021 22 min

L'invité de Bourdin Direct : Eric Ciotti - 20/05

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, RMC Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin.

0:11
Éric Ciotti

Éric Ciotti, bonjour. Bonjour. Vous êtes député des Alpes-Maritimes, vous êtes président de la commission d'investiture des Républicains, Éric Ciotti. Hier matin, à cette même heure, j'étais ici même avec le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, et à l'image, sur la terrasse d'un café du 8e arrondissement de Paris, Emmanuel Macron et Jean Castex attablés. Un petit moment de liberté retrouvé qui est le fruit de nos efforts collectifs, disait Emmanuel Macron hier matin. Est-ce qu'hier, vous avez vu une France heureuse ?

0:46
Présentateur

Oui, incontestablement. Ça fait plusieurs mois, plus d'un an, qu'il y a des contraintes, et donc les Français sont heureux de retrouver, de recouvrer des moments de liberté, bien sûr. Mais il n'empêche que ces moments, d'autres les vivent depuis plusieurs mois. C'est le cas des Britanniques, des Italiens, dans mon département frontalier. L'Italie a réouvert ces terrasses il y a plusieurs semaines. Donc, bien sûr, on est heureux. Je dis aussi, et je ne veux pas gâcher l'ambiance ou casser l'ambiance,

1:22
Éric Ciotti

que ça devient parfois insupportable, politiquement, de se réjouir.

1:25
Présentateur

On a 20 000 cas encore hier. 20 000 cas, près de 150 morts, presque à 110 000 morts. Donc je dis, faisons aussi attention à ce qui se passe. J'ai vu à Taïwan, un pays qui a surmonté le virus avec beaucoup d'efficacité. Il y avait 300 cas hier. Ils ont pris des mesures très strictes. Donc soyons aussi vigilants. Parce que, rappelons-nous, l'échec du premier déconfinement, qui a conduit à la seconde, qui a été plus violente.

1:56
Éric Ciotti

Ça veut dire que le président de la République prend un risque ? Ça veut dire qu'il fait un pari ? Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il joue peut-être sa réélection de 2022 ?

2:05
Présentateur

On voyait bien hier le scénario tel qu'il était monté. On est en campagne électorale. Le président de la République est en campagne électorale. Moi, je lui ai reproché, je l'ai fait très directement, les choix qu'il n'a pas fait en janvier. Je trouve qu'il n'a pas fait le bon choix par rapport à d'autres pays, des mesures de protection. Il a été contraint, puisqu'il a fait ce pari. J'aime pas ce mot d'ailleurs, parce qu'on ne parie pas sur la vie des gens. Il l'a fait à la fin mars. S'il l'avait fait fin janvier, on aurait gagné du temps et on aurait gagné des vies.

2:37
Éric Ciotti

Bien, mais Eric Ciotti, calendrier de levée des restrictions qui est en place maintenant. Nous verrons si le calendrier est respecté et si l'épidémie continue à régresser. Une campagne de vaccination qui s'est nettement accélérée avec des objectifs annoncés et atteints. Est-ce qu'Emmanuel Macron est en train de gagner l'élection présidentielle de 2022 ou, dans tous les cas, de marquer des points décisifs ? Je ne crois pas. Je ne crois pas.

3:07
Présentateur

Ça ne jouera pas sur le résultat d'élection ? Ce qui jouera, c'est le regard des Français sur la crise sanitaire. Ce ne sont pas les derniers moments qui vont effacer les premiers. Les Français, vous savez, ils ont de la mémoire. Ils se rappellent ce qui s'est passé, le manque d'anticipation au début de la crise, les épisodes des masques, les épisodes des tests, le retard sur la vaccination. On rattrape, aujourd'hui, on vaccine, mais on est à 30% de Français qui ont reçu une première dose. C'est un peu plus de 30%, vous avez raison. En Grande-Bretagne, c'est presque le double. Aux États-Unis aussi. Donc, on a ce retard. Ce retard, il est de deux à trois mois.

Et en matière sanitaire, c'est essentiel et c'est beaucoup. Est-ce qu'il y aura un candidat, les Républicains d'ailleurs ? Bien sûr.

3:53
Éric Ciotti

Il y aura un candidat, les Républicains. Il y aura un candidat de la droite républicaine. Donc, il est possible qu'il n'y ait pas de candidat, les Républicains ? Vous êtes président de la commission d'investiture.

4:04
Présentateur

Cette question, pour être très claire. Oui, pour être très claire. On voit qu'il peut être candidat. Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, par exemple. Je fais référence à eux. Ils ne sont plus aujourd'hui membres des Républicains. Mais ils ont toute leur place dans notre famille politique. C'est ce que je veux dire.

4:22
Éric Ciotti

C'est-à-dire que vous êtes prêts à soutenir, Xavier Bertrand ou Valérie Pécresse ?

4:25
Présentateur

Oui. L'élection présidentielle, c'est la rencontre d'un homme et d'une femme avec le peuple de France. Un parti, il soutient notre famille politique, n'a jamais investi. Parce que ce n'est pas l'esprit du gaullisme. Non, ce n'est pas l'esprit. Il a soutenu ces personnes. Il peut y en avoir d'autres, d'ailleurs.

4:42
Éric Ciotti

Il y avait un candidat LR en 2017. Il n'y en aura peut-être pas en 2022.

4:48
Présentateur

En tout cas, moi, ce que je veux dire, c'est que la droite républicaine, je suis un homme de droite, je l'assume, j'en suis fier. La droite républicaine doit avoir sa place et elle doit casser le duo que veut installer, on va sans doute en reparler, M. Macron face à Marine Le Pen. Donc, bien entendu, que nous soutiendrons un candidat qui est issu de notre famille politique, qui partage les valeurs de notre histoire et de nos objectifs.

5:16
Éric Ciotti

Comment sera-t-il désigné ?

5:17
Présentateur

Nous le déciderons après les élections régionales. Les élections régionales... Avant l'été ? Moi, je souhaite que ça aille vite. On est plutôt dans un calendrier de rentrée.

5:27
Éric Ciotti

Alors, élection régionale, moi, je veux être concret. Élection régionale, les 20 et 27 juin. Donc, après le 27 juin, vous vous réunissez. Et nous définirons les modalités du choix.

5:38
Présentateur

Alors, comment choisir ? D'abord, les élections régionales vont peut-être servir de mode de sélection. Il y a des personnalités imminentes qui sont engagées dans ces élections régionales, que je soutiens. Oui. Vous avez cité deux d'entre elles. Je citerai aussi Laurent Wauquiez. Oui. Nous verrons bien quels seront les résultats. Le pouvoir met beaucoup d'énergie à faire battre ces candidats. Cinq ministres contre Xavier Bertrand, cinq ministres contre Valérie Pécresse, une mobilisation contre Laurent Wauquiez. Ça veut dire que ça inquiète quelque part à l'Élysée. Alors qu'on est en crise sanitaire, sécuritaire, on a l'impression que...

6:15
Éric Ciotti

Vous avez fait de la politique comme vous faites de la politique, comme les politiciens font de la politique.

6:19
Présentateur

Oui, mais le pouvoir et le président de la République consacrent beaucoup de temps et d'énergie dans une période qui inviterait à une autre mobilisation pour des questions vraiment purement politiciennes. Et c'est quelque part très cynique.

6:32
Éric Ciotti

Bon, alors comment allez-vous désigner votre candidat ?

6:35
Présentateur

Bon, il y aura le résultat des régionales. Il y aura l'état des lieux. Et nous définirons ensuite... Primaire ou pas primaire ? Moi, je ne suis pas un adepte acharné de la primaire. Bon, et la primaire, elle est mis au rencard, quoi, si j'ai bien compris. J'espère encore qu'il y aura une personnalité qui va sans doute, qui pourrait émerger, et puis que les autres, dans un esprit de responsabilité, s'attrèchent.

6:58
Éric Ciotti

Bon, Valérie Pécresse gagne, Xavier Bertrand gagne, Laurent Wauquiez gagne. Vous les départagez comment ?

7:03
Présentateur

Ce sont des personnalités qui ont un esprit de responsabilité. Je crois qu'à un moment, on sait que s'il y a deux candidats, on a perdu. On sait en revanche que si on agrège nos forces, nos sensibilités qui peuvent être différentes, nos origines régionales, départementales, eh bien, on peut gagner. Moi, je suis convaincu que la droite républicaine... Non, mais ça, j'imagine que vous êtes convaincu, Éric Ciotti, mais comment le sélectionnez-vous, votre candidat ? Eh bien, à la rentrée, nous définirons les modalités. Mais... Vous allez encore définir les modalités, dépêchez-vous, parce que la présidentielle arrive.

Christian Jacob, il travaille, mais après, je ne vais pas faire de l'angle de bois. Non, mais d'accord. C'est notre difficulté. Et s'il y a les difficultés actuelles, c'est parce que naturellement, aujourd'hui, alors que nous sommes une famille politique qui a besoin d'une incarnation, d'un chef, ça a été Jacques Chirac, ça a été Nicolas Sarkozy, ça a été, bien sûr, le général de Gaulle. Aujourd'hui, depuis 2012, depuis la défaite de 2012, on n'a pas retrouvé ce chef. Mais nos idées, notre implantation territoriale sont là. Donc, il faut un moment agréger ces trois éléments. Moi, j'ai confiance. Je ne dis pas que je n'ai pas d'inquiétude, mais j'ai confiance.

8:22
Éric Ciotti

Alors, parlons des régionales, rapidement, parce qu'on en a beaucoup, beaucoup parlé. Est-ce que vous regrettez le soutien de LR à Renaud Muselier, en région PACA ? Franchement, soyons honnêtes. J'ai un peu honte de ce spectacle.

8:35
Présentateur

On voit ce qui se passe dans le pays. On va sans doute parler de la détresse des policiers. La crise sanitaire, on y est encore. On a offert, je dis collectivement, un spectacle qui n'est pas digne. Vous aussi, donc ? Vous aussi. Ce spectacle, moi, j'ai gardé un cap, une ligne, qui est toujours celui que m'ont confié mes électeurs. Que vous avez toujours là, ce matin. J'ai des comptes à rendre qu'à mes électeurs. Mais vous avez toujours la même ligne, ce matin. Absolument. Donc, vous ne voterez pas pour Renaud Muselier. Je ne voterai pas pour Renaud Muselier. Je le dis très clairement au premier tour. Voilà, je m'abstiendrai.

C'est-à-dire que vous pourriez voter Renaud Muselier au second tour ? Nous verrons la configuration du second tour. Mais aujourd'hui, je n'ai pas confiance, parce que notre confiance, et je l'ai dit, elle a été trahie à plusieurs reprises, dans une tambouille électorale concoctée dans les cuisines élyséennes, avec la mobilisation du premier ministre dans le journal du dimanche. C'était de la politique politicienne parisienne, alors qu'on nous dit que l'enjeu est local. Je ne me retrouve pas dans ça. Moi, j'ai une légitimité que je tienne des électeurs. Quand j'ai été élu député, j'ai dit que je ne voterai pas la confiance à la majorité macronienne si elle remporte les élections législatives.

Quand j'ai été élu à la tête de la Fédération des Républicains des Alpes-Maritimes, je l'ai fait sur une ligne claire et droite. Je le redis, je suis un homme de droite. Je l'ai toujours été. Pour moi, je n'ai pas à m'en excuser. Je combats ce pouvoir qui, pour moi, abîme la France. Et on en a parlé, la mauvaise gestion de la crise, la sécurité. Ne nous égarons pas, Éric Ciotti. Non, non, non, mais je ne m'égare pas, mais on ne peut pas.

10:17
Éric Ciotti

Je comprends très bien que vous critiquiez le pouvoir, c'est normal. Oui, mais il faut être cohérent. Vous êtes un homme d'opposition et un homme de droite.

10:23
Présentateur

Mais si je critique le pouvoir ici, je ne vais pas m'allier avec lui à Nice ou à Marseille. Je comprends très bien que vous comprenez que c'est une forme de cohérence. Je respecte d'autres cohérences, mais en tout cas, c'est une forme de cohérence, Éric Ciotti.

10:36
Éric Ciotti

Mais alors, la cohérence, puisqu'on parle de cohérence, est-ce que vous préférez la victoire de Renaud Muselier à celle de Thierry Mariani ?

10:43
Présentateur

Franchement, je préfère la victoire de quelqu'un qui est issu de ma famille politique.

10:47
Éric Ciotti

Vous préférez la victoire de Renaud Muselier à celle de Thierry Mariani ?

10:51
Présentateur

Je l'ai dit, mais Renaud Muselier s'est comporté de façon qui n'est pas tolérable, qui n'est pas tolérable. Et il y a de la colère sur le terrain, je le sens, parce que nos électeurs, ils veulent, là encore, des engagements précis, une ligne claire. Là, c'est de la tambouille politicienne. Renaud Muselier, les choses sont claires. Avant cette tambouille, il était en tête dans tous les sondages. Depuis, Thierry Mariani, sans rien faire, en restant sur son fauteuil, il a gagné 6 à 7 points. Ça veut bien dire, et j'avais mis en garde les yeux dans les yeux Renaud Muselier, en lui disant, si tu t'allies, tu auras le déshonneur de l'Alliance et le risque de la défaite.

Et je lui redis aujourd'hui, et j'espère que lui fera aussi les signes pour se détacher du piège que lui a tendu Emmanuel Macron.

11:41
Éric Ciotti

Dans tous les cas, Éric Ciotti, vous ne voterez pas pour Renaud Muselier au premier tour. Au second tour, vous hésitez, vous ne savez pas. Vous m'inviterez. Vous ne savez pas si vous voterez.

11:49
Présentateur

Oui, parce que je ne sais pas quelle est la configuration.

11:52
Éric Ciotti

Vous ne savez pas quel est votre candidat préféré, finalement.

11:55
Présentateur

J'entends qu'il y a des tractations avec la gauche. Moi, je me déterminerai sur la clarté. Le premier tour, il n'est pas clair.

12:02
Éric Ciotti

Donc, vous pourriez voter Mariani au second tour.

12:04
Présentateur

Je ne voterai. Ma position, elle a toujours été claire. C'est la même qu'en 2017. Ni Macron, ni Le Pen. En 2017, ça m'a été reproché, pour certains. Je n'ai pas voté Emmanuel Macron. J'ai voté blanc. Pour tout vous dire, j'ai mis dans l'enveloppe, j'ai mis un bulletin François Baroin. Donc, ça a été ma position. Parce que je n'avais pas confiance en Emmanuel Macron. Ce qui s'est passé depuis quatre ans, je crois, me donne encore plus d'arguments pour dire que cette confiance, elle n'était pas légitime.

12:34
Éric Ciotti

Est-ce que vous avez pensé à rejoindre le Rassemblement National ?

12:39
Présentateur

À un moment donné ou à un autre ? Je vois le caractère un peu pernicieux de cette question. Non, elle n'est pas pernicieuse, elle est directe. Pas de votre part, mais elle reprend un argument qui rejoint le degré zéro de la politique. C'est bien d'y répondre. Si on n'est pas avec Emmanuel Macron, aujourd'hui, on est forcément avec Marine Le Pen. Moi, je ne rentrerai jamais dans ce débat. Donc, vous dites non. Je suis membre des Républicains. Est-ce que vous avez pensé à rejoindre le Rassemblement National ? Mais non, bien entendu. Je suis membre des Républicains. Je suis issu d'une famille gaulliste dans tous les sens du terme.

Moi, je veux que ma famille, elle gagne les élections présidentielles l'année prochaine. Je veux qu'on ait un candidat. Je veux que les idées droites, je veux que la crédibilité d'hommes et de femmes compétents puissent relever le pays qui est dans une situation épouvantable. La France, aujourd'hui, elle est dans une pente dangereuse.

13:31
Éric Ciotti

Même si la croissance prévue pour 2021 est la deuxième d'Europe. Mais bon, nous verrons bien. Nous verrons bien, Eric Ciotti.

13:39
Présentateur

Elle est peut-être la deuxième d'Europe, mais c'est celle qui a chuté le plus en 2020. Vous le savez, puisque nous avons une baisse de la croissance en 2020 qui est deux fois supérieure à l'Allemagne. Donc, si on perd 10 points en 2020 et qu'on en regagne 5 en 2021,

13:55
Éric Ciotti

nous verrons, on sera toujours le plus faible qu'avant. Vous ferez le bilan mieux que moi. Eric Ciotti, entre le Rassemblement National et vous, quelles différences ?

14:07
Présentateur

Les différences ? Lesquelles ? Les différences, il y a une histoire d'abord qui est différente. L'histoire du Front National...

14:13
Éric Ciotti

Même si Marine Le Pen se revendique de Charles de Gaulle régulièrement.

14:17
Présentateur

L'histoire du Front National n'est pas la même que les partis dont je suis héritier. En tout cas, du Parti Gaulliste, du RPR, de l'UMP, des Républicains. Aujourd'hui, je conçois d'ailleurs, et il ne faut pas faire un procès d'intention aussi, que le Rassemblement National ait pu évoluer. Mais je dis, il y a une histoire... Je ne fais pas de procès d'intention, je vous le demande. Moi, quand j'entends, et là aussi, je veux être clair, quand j'entends certaines personnalités dire « Marine Le Pen, c'est le diable », ça veut dire qu'il y a 10 millions de satanistes en France ? Je trouve que c'est ridicule. Je trouve que c'est ridicule, Marine Le Pen.

Elle a été candidate à l'élection présidentielle, elle a obtenu 10 millions de voix. Très bien, mais vous ne me répondez pas. C'est un parti qui inscrit... Quelle est la différence ? Quelles sont vos différences avec Marine Le Pen ? Vous m'avez interrompu, mais... Mais je vous interromps plus parce que... La différence économique, très j'attends la réponse. La retraite à 60 ans, ce serait une catastrophe pour notre pays au plan économique. La sortie de l'euro, c'est moins clair aujourd'hui. Non, elle ne prône plus la sortie de l'euro. Certains encore. Mais ce serait une catastrophe terrifiante pour notre pays. J'avais évoqué...

Ça a été caricaturé, mais c'est le raccourci du débat médiatique. J'avais évoqué aussi la question de la capacité à gouverner.

15:37
Éric Ciotti

C'est-à-dire, vous pensez que Marine Le Pen n'est pas capable de gouverner ?

15:39
Présentateur

En tout cas, je pense que dans notre famille politique, chez les Républicains, nous avons une capacité à gouverner qui est très...

15:48
Éric Ciotti

Des hommes et des femmes qui sont bien plus efficaces, bien plus...

15:51
Présentateur

Une équipe qui... Co-Rassemblement National. Oui, je le crois. Ce n'est pas une forme de mépris, un peu, là, non ? Non, mais la capacité à gouverner, c'est quand même important. Mobiliser des compétences, diriger le pays. D'ailleurs, on voit bien, on voit bien que souvent, ceux qui... Dans les enquêtes d'opinion, d'ailleurs, il y en a une qui est sortie. Bien sûr, la capacité à gouverner, les Républicains sont devant le Rassemblement National. Ça veut bien dire que ça correspond à une réalité, aujourd'hui. Mais après, moi, je ne fais pas de faux procès d'intention.

Vous savez, ce combat uniquement d'oucas, d'ostracisme, si le Rassemblement National est à ce niveau, c'est parce que la France va mal. Et que tous les partis de gouvernement ont sans doute une responsabilité. Et qu'aujourd'hui, le défi, c'est de relever notre pays, de faire des propositions concrètes sur la sécurité, sur l'immigration, sans tabou. La sécurité. Mais on peut avoir des points communs sur ces questions. Ce n'est pas parce que Marine Le Pen dit qu'il pleut que je suis obligé de dire, par stupidité, ou par poursuivre une bien-pensance, qu'il fait beau.

17:01
Éric Ciotti

Alors, hier, Rassemblement, vous y étiez, et d'autres y étaient, d'autres responsables politiques y étaient, de droite comme de gauche, Éric Ciotti. Rassemblement de policiers devant l'Assemblée Nationale. Est-ce que la police, c'est une question que beaucoup se posent, est-ce que la police doit dicter à l'exécutif la politique pénale à appliquer ? Si l'on écoute les responsables syndicaux policiers, on a l'impression que c'est la police qui fait la justice.

17:26
Présentateur

Moi, je déplore cette rupture entre la police et la justice. Parce que nous devons avoir, ces deux institutions sont des maillons essentiels qui doivent être solidaires de la République. Et aujourd'hui, je ne fais pas un procès au magistrat, personnellement. Je dis que le maillon judiciaire, il est aujourd'hui dans un très mauvais état. Reprenez les propos d'un ancien garde des sceaux socialiste, Jean-Jacques Urvoise, il avait parlé de clochardisation. On a quatre fois moins de magistrats du siège que la moyenne européenne. Deux fois moins de procureurs. On consacre à peine... Conséquence de 30 ans de laxisme.

Sans doute, on consacre à peine 4 euros à la justice quand on dépense 1 000 euros d'argent public. Et les policiers, eux, ils sont dans la rue, en première ligne, face à la violence, face aux 4 000 points de deal que reconnaît le ministre de l'Intérieur, face à une immigration qui est source de délinquance et qui atteint des niveaux records, face au terrorisme. Tous les jours, tous les jours, il y a autour de 30 policiers et gendarmes qui sont blessés. Dans un climat de violence qui fait que les homicides et les tentatives d'homicides ont augmenté de 50%. Et qu'est-ce qu'ils voient ? Ils voient des gens qu'ils arrêtent. Quelquefois, jusqu'à 10 ou 20 fois.

Et qui se retrouvent, 2-3 jours plus tard, dans les mêmes quartiers en caïd, devant eux. Et ça, ils ne le supportent plus hier. Cette manifestation, elle était remarquable de dignité. On a vu des témoignages poignants. On a vu ce policier sur son lit d'hôpital défiguré. On a vu cette femme de policier qui a crème pour la vie de son mari. On a tous à l'esprit le sacrifice d'Éric Masson, de Stéphanie Monfermé. Il faut soutenir nos policiers. Toute la classe politique, à part ceux qui soutiennent la violence, comme Jean-Luc Mélenchon, et qui soutiennent ceux qui agressent les policiers, était là. Mais aujourd'hui, les mots ne suffisent plus.

On a vu un peu la démarche de communication ridicule du ministre, qui est allé quelques minutes, quelques minutes, essayer de récupérer cette manifestation, alors qu'il a beaucoup de responsabilités, comme ses prédécesseurs, M. Castaner, qui avait voulu mettre un genou à terre dans la place Beauvau, qui avait accrédité l'idée qu'il y avait des violences. C'est vous qui m'aviez posé cette question, d'ailleurs, ici. S'il fallait mettre un genou à terre, c'est l'idée de M. Castaner, le président de la République, qui a légitimé l'idée qu'il y ait des violences policières. On a insulté les policiers, et ils subissent une pression.

Il faut qu'ils aient plus de moyens, et il faut qu'il y ait une réponse pénale,

20:17
Éric Ciotti

beaucoup plus adaptée. Mais n'opposons pas la justice à la police, Éric Ciotti. Non, il faut donner des moyens

20:22
Présentateur

pour que la justice fonctionne bien.

20:25
Éric Ciotti

Bon, il est 54. J'ai une dernière question. Le gouvernement a déposé un amendement prévoyant de porter à 30 ans, à 30 ans, la peine de sûreté pour les personnes condamnées à perpétuité pour un crime commis contre un policier ou un gendarme. Vous voterez ou pas ? Oui, je voterai,

20:38
Présentateur

mais ça existe déjà pour les assassinats, ça existe déjà pour les bandes organisées. Pour les bandes organisées, ça existe. Ce n'est pas la réponse. Bon. La réponse, bien sûr qu'elle est positive. Vous voterez le texte du garde des Sceaux ? Globalement, ce texte va plutôt dans la bonne direction. Vous voterez ? Vous le voterez ou pas ? Je pense que je le voterai. On verra à la fin des débats. On est en cours. On est en cours. Mais en revanche, ce qu'il n'y a pas dans ce texte, et je lui ai posé moi-même la question hier, il n'y a pas les peines planchées pour les agresseurs de policiers. Moi, je veux un message clair.

Celui qui touche à un uniforme, d'un policier, d'un gendarme, mais aussi d'un pompier, d'un douanier, d'un agent pénitentiaire, le soir même, il doit dormir en prison. Si on appliquait cette idée simple, cette mesure de bon sens, on ferait d'un coup baisser la délinquance. Il faut protéger l'uniforme. Il faut protéger ce qui nous protège. Comment nos concitoyens peuvent-ils respecter la loi s'ils ne respectent pas ceux qui font respecter la loi ?

21:32
Éric Ciotti

Merci Eric Ciotti d'être venu nous voir. 8h55. Vous êtes sur RMC et BFM TV, notre rendez-vous quotidien.