Congrès FNPF 2025 - Discours de Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique
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Chapitres
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:11Invité politiqueFait
« la pêche crée du lien social, du lien intergénérationnel dont nous avons grandement besoin. »
- 2:55Invité politiqueChiffre
« Dans la Marne, on m'a raconté qu'il y avait que trois espèces de poisson. Aujourd'hui, grâce au travail qui a été mené dans la Marne, il y a désormais 27 espèces de poissons. »
- 5:04Invité politiqueFait
« le gouvernement prône une approche pragmatique territorialisée de la gestion de l'eau qui joue sur ces deux jambes à la fois sur le développement quantitatif. »
- 5:47Invité politiqueFait
« Stocker en hiver, ça permet d'éviter de pomper et d'avoir un stress hydrique plus fort évidemment en été. »
- 7:16Invité politiqueFait
« nous ne souhaitons pas revenir sur la gouvernance locale de l'eau, une gouvernance éprouvée qui a fait l'objet de nombreuses discussions qui associent l'ensemble des usagers économiques, non économiques, des élus locaux. »
- 11:38Invité politiquePromesse
« je vais écrire à l'ensemble des directeurs départementaux concernés pour que des instructions soient passées afin que le cadre existant qui offre plus de souplesse, plus de latitude dans les tirs puisse être respecté. »
- 13:05Invité politiqueFait
« classer le silure dans certaines régions et dans certains départements en espèce susceptible d'occasionner des dégâts. »
Temps de parole
- Mathieu Lefèvre100 %
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Monsieur le président, cher Claude Rustan, merci pour vos mots, merci pour votre accueil. Je suis pas certain de mériter les compliments qui m'ont été fait en tout état de cause. Il y a une chose dont je suis certain, c'est que je suis très heureux de travailler à vos côtés dans un excellent état d'esprit de reconnaissance mutuelle du rôle des uns et des autres. Je vais y revenir mais évidemment de votre rôle absolument essentiel au service de la préservation de la biodiversité et des écosystèmes naturels.
Monsieur le député, monsieur le président, cher Daniel, monsieur le sénateur, madame la directrice, monsieur le directeur, cher euh Olivier Thbot, monsieur le directeur, cher euh Damien, mesdames et messieurs les élus, mesdames et messieurs les présidents de de Fédération, chers amis pêcheurs, bon, je suis d'abord très heureux d'être ici parmi vous parce que vous représentez un formidable réseau associatif, riche. Cela a été dit le président Roustan de milliers d'associations, de dizaines de milliers de membres et de plus d'un million et demi de pratiquants.
est absolument remarquable au moment où l'engagement associatif par l'effet d'individualisation globale des comportements a des effets mais vous êtes une communauté soudée, une communauté active, une communauté essentielle et je viens vous dire merci et vous dire à quel point le gouvernement mais surtout la société tout entière tient à vous et compte sur vous pour aujourd'hui et pour les prochaines années. Elle compte sur vous d'abord parce que la pêche c'est une pratique populaire, c'est une pratique familiale, c'est une pratique qui est ancrée dans nos paysages et dans nos cultures. Et ça n'a pas de prix, c'est absolument indispensable et essentiel.
Et si j'ose dire dans ce moment particulier qui est celui de notre histoire, la pêche crée du lien social, du lien intergénérationnel dont nous avons grandement besoin. Et puis la pêche éduque, je sais que vous avez signé, vous allez signer aujourd'hui un partenariat avec le ministère de l'éducation nationale. Les enfants, les élèves d'aujourd'hui ont besoin de ce que leurs parents ou leurs anciens d'aujourd'hui puissent leur apprendre sur la réalité des cours d'eau, puisse leur apprendre sur la réalité hydrologique du territoire qui est pas une réalité irréversible.
Je veux le dire aussi devant vous et vous le savez, la biodiversité parfois quand on voit le le verre à moitié vide, on se dit que c'est très difficile que les reculs imposent beaucoup de contraintes. Mais moi, quand j'étais enfant dans la marne, on m'a raconté qu'il y avait que trois espèces de poisson. Aujourd'hui, grâce au travail qui a été mené dans la Marne, il y a désormais 27 espèces de poissons. Donc, des progrès écologiques, des progrès en matière de biodiversité sont possibles. Vous avez longuement évoqué, monsieur le président, la question de l'eau et vous avez raison.
L'eau, c'est un bien commun et sa gestion publique à la fois nationale mais aussi décentralisée et j'y tiens tout particulièrement est absolument essentiel. Et de ce point de vue, vous nous appelez souvent à à mouiller le maillot pour la politique de l'eau, monsieur le président. Euh mais de ce point de vue, je dois le dire, euh les pêcheurs sont les premières sentinelles qui nous permettent de détecter euh ici euh ou là euh une difficulté sur un cour d'eau ou sur un fleuve.
et le travail que vous menez en complément du travail formidable que mène l'Office français de la biodiversité et les services de l'État territorial est absolument indispensable parce que l'État seul ne peut pas gérer l'ensemble des enjeux afférents à la biodiversité. le travail de terrain, l'engagement, la prévenance, la patience qui est, si j'ose dire naturellement la vôtre sont irremplaçables et nous avons la chance de vous avoir à nos côtés, nous défenseurs des politiques publiques de biodiversité.
Et puis si j'ose dire avant de rentrer dans le détail des sujets que vous m'avez adressé, monsieur le président, la pêche c'est aussi un rapport au vivant, un rapport au monde qui nous entoure, qui n'est pas fait d'une domination unilatérale et verticale sur le monde qui l'entoure et sur le monde qui l'agrée. et vous participez euh à votre manière et de quelle manière à défendre la place du vivant dans toutes ses composantes et pour ça nous pouvons vous dire merci. Alors, monsieur le président, vous m'avez interrogé très concrètement sur un certain nombre d'angeux. Je vais essayer de d'en éluder aucun sur la question de l'eau. Président Burlot à vos côté en est un éminent connaisseur.
Le gouvernement prône une approche pragmatique territorialisée de la gestion de l'eau qui joue sur ces deux jambes à la fois sur le développement quantitatif. Et nous l'assumons parce que moi j'assume de dire que le stockage de l'eau n'est pas mauvais en soi. Stocker en hiver, ça permet d'éviter de pomper et d'avoir un stress hydrique plus fort. Évidemment en été. Il y a un certain nombre de projets agricoles qui sont des projets qui sont aujourd'hui bloqués pour des raisons administratives, pour des raisons d'ingénierie, pour des raisons d'articulation entre les différentes programmes de programmation de l'eau.
Ces projets doivent pouvoir être examinés et être effectifs au service de notre agriculture. Il s'agit pas évidemment d'ouvrir grand les vannes, il s'agit pas de mégaabassine. D'ailleurs, le terme ne figure évidemment pas dans le projet de loi du gouvernement, mais enfin si on veut avoir une agriculture qui est une agriculture souveraine, continuer à produire dans ce pays. Produire n'est pas un gros mot, il faut pouvoir s'en donner les moyens avec des projets qui sont des projets concertés au niveau local et j'y insiste. Et essayer, oui, j'assume de le dire, de simplifier quelque peu les procédures et nous en avons, je crois, bien besoin.
Pour autant, vous avez raison, président, nous ne ferons pas droit à certaines demandes du Sénat. Tout le moins, le gouvernement euh proposera de revenir à certaines dispositions qui ont été euh formulées par la commission des affaires économiques du Sénat. La première d'entre elles, c'est l'idée selon laquelle il y aurait, si j'ose dire, un droit de tirage prioritaire par définition et par défaut de l'activité agricole sur le reste des usages de l'eau, non obstant, le déficit hydrique que l'on peut avoir dans certains territoires et qui doit, je le dis sous le contrôle de la direction de l'eau et la biodiversité qui y veille tout particulièrement, évidemment nous servir de boussole.
Premier élément. Deuxème élément, nous ne souhaitons pas revenir sur la gouvernance locale de l'eau, une gouvernance éprouvée qui a fait l'objet de nombreuses discussions qui associent l'ensemble des usagers économiques, non économiques, des élus locaux en matière de gestion de l'eau et qui est éprouvé et le gouvernement ne souhaite pas proposera en tout cas de ne pas y revenir dans le cadre du projet de loi d'urgence agricole. S'agissant ensuite de la territorialisation.
Il me semble là encore que nous avons besoin de conserver des outils de gestion et de planification de l'eau qui sont soit les sages, soit les qui soient capable d'émettre des prescriptions au-delà des règles législatives ou règlementaires pour s'adapter à la réalité hydrologique d'un territoire. L'épisode caniculaire que nous vivons qui succède à d'autres épisodes caniculaires, va engendrer en tout cas engendre une vigilance importante sur les enjeux de de de sécheresse. Ces enjeuxl sont évidemment des enjeux qui sont extrêmement territorialisés et localisés.
Et donc la gouvernance de l'eau doit évidemment répondre à des prescriptions nationales mais aussi à une gouvernance locale pour prendre toutes les décisions qui s'imposent. S'agissant des zones humides, monsieur le le président, le gouvernement est attaché à un principe, si j'ose dire, de pragmatisme. C'est-à-dire que on dit à un agriculteur qui peut s'installer dans une zone humide, évidemment pas dans des zones humides qui sont en parfait état de de fonctionnement, mais qui a un principe de proportionnalité de la compensation.
C'est-à-dire que si vous vous installez dans une zone qui est une zone altérée, et bien vous avez besoin de compenser à raison de l'altération qui est commise envers la biodiversité. Il n'y a donc aucune perte nette de biodiversité dans ce que propose le gouvernement. Ça n'est convient pas le cas dans ce qui a été présenté par le Sénat et la ministre aura ce débat avec les sénateurs tout au long de la semaine. Gestion quantitative et puis gestion qualitative. Le groupe national Captage a été lancé il y a maintenant plus d'un an.
Il est temps d'aboutir et le Premier ministre Sébastien Lecornu est le premier premier ministre à prévoir des mesures extrêmement exigeante pour lutter contre la pollution des captages avec une action récursoire prioritaire évidemment sur les captages les plus pollués. une action dans laquelle les collectivités locales devront formuler un plan d'action et on assume de dire qu'il y a un certain nombre de captages qui ne doivent pas faire l'objet évidemment d'un traitement prioritaire parce que si tout est prioritaire rien ne l'est.
Mais enfin, j'insiste sur le progrès environnemental que consiste en quoi consiste cet article et c'est la raison pour laquelle là encore le gouvernement le défendra au Sénat. J'en viens maintenant sur les enjeux de de de politique plus sectorielle que vous avez évoqué, monsieur le président, en vous remerciant de l'état d'esprit constructif qui est le vôtre. Euh moi je je le dis devant toutes et tous, quand j'ai le président Roustan devant moi, j'ai d'abord euh un homme de terrain, un élu local et euh un homme de dossier et qui euh accepte de dialoguer, je dirais pas de faire des compromis ou ou des concessions, mais qui accepte que son point de vue n'est pas un point de vue unilatéral.
Je pense à la question de Languille. question languig, c'est une question très difficile parce que comme l'a rappelé le président et ce que l'on pourrait ce qui avait été consulté pour s'appliquer au pêcheurs de loisir ne s'appliquait pas aux pêcheurs professionnels. Et donc moi, je considère comme lui qu'il y a pas de monde dans lequel on demande des choses aux uns sans les exiger des autres. C'est c'est pour ça que Monique Barbu a souhaité que l'on puisse ouvrir la saison de Languille. Mais je le dis aussi dans le respect de certains grands principes de préservation de l'espèce.
Vous avez évoqué les réserves naturelles, vous avez évoqué les périodes de chasse de de pêche, vous avez évoqué les modalités de pêche. Au fond, c'est dans une gestion adaptative de l'espèce que l'on s'engage avec vous et je suis très heureux qu'on puisse le faire le faire ensemble sur le corps morant. Là encore, moi je pense qu'il faut avoir aucun dogmatisme en la matière. Est-ce que pour autant il faut s'engager vers la voie du du déclassement ? Je n'en suis pas certain.
En tout état de cause, moi ce à quoi je peux m'engager devant vous aujourd'hui, c'est que je vais écrire à l'ensemble des directeurs départementaux concernés pour que des instructions soient passées afin que le cadre existant qui offre plus de souplesse, plus de latitude dans les tirs puisse être respecté. C'est une chose à laquelle je m'engage et que nous allons faire dans les heures à venir. Restauration de la continuité écologique et restauration des des cours d'eau. Un travail absolument essentiel, majeur que nous devons mener qui suppose évidemment des des investissements. Vous avez cité d'ailleurs notamment EDF. EDF en réalise d'important.
Il y a à peu près 1200 1200 installations qui ont été euh restaurées. Bien, je m'engage à ce que il y ait 1600 installations supplémentaires qui puissent l'être dans les mois à venir. Parce que sans cette continuité écologique, dans le fond, c'est tout un écosystème qui se trouve qui se trouve entravé. Sur le silure, monsieur le président, vous avez évoqué, si j'ose dire, le compromis que nous avons trouvé consistant à classer le silure dans certaines régions et dans certains départements en espèce susceptible d'occasionner des dégâts. Il me semble qu'on a fait œuvre utile.
Alors, peut-être que les retours des fédérations sont pas ceci, mais en tout cas, il me semble qu'on a fait œuvre util en ayant une approche territorialisée, différenciée, parce qu'évidemment ça n'est pas la même chose. la pêche au silure sur la Loire que sur la Garanne. Et donc, il faut qu'on puisse continuer à s'engager dans cette gestion différenciée, cette gestion territorialisée. Je serai pas plus long mesdames et messieurs.
Dans tout état de cause, ce que je peux vous dire, c'est que que ce soit en tant que sentinelle de l'eau, que ce soit en tant que défenseur de la biodiversité et des écosystèmes, au passage, moi je fais toujours partie et je continuerai à faire toujours partie de celles et ceux qui considèrent que les chasseurs et les et les pêcheurs protègent face à ceux qui ont une conception du vivant qui est une conception, je crois, qui s'enferme dans certaines postures un peu polarisantes du débat public.
Donc il s'agisse des sentinelles de l'eau, qu'il s'agisse de défenseurs de la biodiversité ou qu'il s'agisse plus largement de défenseur d'un milieu et d'une planification écologique en matière de l'eau, je sais que je pourrais toujours compter sur vous et réciproquement les 1 million et demi de pêcheurs de France peuvent savoir compter sur le gouvernement pour faire preuve de pragmatisme et d'exigences. C'est me semble-t-il ce que l'on attend représentant public. Merci monsieur le président. Merci monsieur le ministre.
Mathieu Lefèvre