Accord de Paris sur le climat, quotas sur l'immigration, islamophobie ... le "8h30 franceinfo" de Yannick Jadot
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Bonjour. Aux Etats-Unis, Donald Trump a donc mis cette nuit ses menaces à exécution en notifiant à l'ONU sa décision de quitter l'accord de Paris sur le climat. En langage Donald Trump, ça donne ça.
J'ai annoncé le retrait des Etats-Unis de cet accord de Paris sur le climat qui était horrible, coûteux et à sens unique. Demandez-leur à Paris comment ils se débrouillent avec ça. Pas très bien.
Est-ce que ça signifie que l'objectif négocié difficilement à Paris est désormais inatteignable ?
Il va falloir bosser. Alors la situation aux Etats-Unis, elle est paradoxale parce qu'à la fois on a un président américain climato-sceptique, mais climato-sceptique au fond parce qu'il est soutenu par le charbon, par le pétrole, par l'agro-business, mais on a une société américaine et presque la majorité des Etats fédérés américains qui ont décidé, eux, d'appliquer l'accord de Paris. Mais ça ne suffira pas. Et ça ne suffira pas. Et on a déjà beaucoup plus d'emplois dans les énergies renouvelables aux Etats-Unis que dans le secteur des énergies fossiles. Mais la responsabilité qu'on a tous aujourd'hui, et effectivement l'acte de Donald Trump, est criminel.
Quand on sait les dégâts aujourd'hui en termes de vie du dérèglement climatique, nier cette réalité et nier l'action nécessaire, c'est criminel. Mais ça nous renvoie toujours à ce que nous, on doit faire. Un, prendre nos responsabilités. L'Europe non plus, la France non plus, nous ne sommes pas sur la trajectoire de l'accord de Paris. Nous n'en faisons pas assez. Il faudra en faire trois, quatre fois, cinq fois plus pour être accord avec ce que nous demande la science. Et surtout, ce que nous devons faire, ce n'est pas simplement une exigence vis-à-vis de l'humanité, vis-à-vis de l'avenir de notre jeunesse. C'est une incroyable opportunité pour notre économie.
Aujourd'hui, faire de l'Europe le leader mondial sur le climat, faire ce que nous travaillons, les Verts, au niveau européen, sur ce grand Green New Deal, ce grand plan d'investissement, c'est investir dans l'innovation, investir dans les secteurs d'avenir, investir dans l'isolation des logements. On est sur un an de la catastrophe rue d'Aubagne à Marseille. Le mal-logement, la précarité énergétique, c'est tout ça. C'est d'incroyables secteurs économiques, les énergies renouvelables, la transformation de l'économie. Ce que je veux dire, c'est que ce que doit faire l'Europe et ce que devrait porter la France en Europe, c'est de dire, au fond, lutter contre le dérèglement climatique.
C'est un nouveau projet de société qui est bon pour l'emploi, qui est bon pour l'économie, qui est bon pour la justice sociale, qui est bon pour la démocratie. Faisons-en la démonstration au niveau mondial et les Américains nous rattraperont.
Yannick Jadot, la partie est quasiment perdue aux Etats-Unis. Elle est mal engagée, dites-vous, en Europe, pour le climat. Est-ce que ça justifie d'autant plus la visite actuelle d'Emmanuel Macron en Chine, où là, il y a du travail à faire et un partenaire qui, lui, joue le jeu ?
La Chine, justement, traite la question climatique de deux manières. Un, pour eux, c'est un sujet politique. La pollution de l'air, comme les impacts des dérèglements climatiques, c'est une menace pour la dictature chinoise. Pour la dictature chinoise. Ah oui, la Chine, c'est quand même le pire des modèles. Le capitalisme le plus sauvage et la dictature la plus dure. Et la plupart des manifestations qu'il y a en Chine aujourd'hui sont des manifestations sur l'environnement. Mais c'est aussi, pour les Chinois, un formidable levier économique. Souvenons-nous que les Chinois sont devenus la première puissance de production en matière d'équipement, d'énergie renouvelable.
Que l'Europe a cédé à la Chine sur les panneaux photovoltaïques parce qu'elle n'était pas unie face à la Chine. Et donc, à la fois, la Chine doit être ce grand partenaire sur le climat. Mais la Chine, aujourd'hui, pour l'économie européenne, pour la souveraineté économique européenne, est une menace que nous ne traitons pas à la hauteur de la menace. Renaud Deli.
Mais pour être clair d'un mot, Yannick Jadot, la Chine peut nous aider, nous, Français européens, à sauver l'accord sur le climat que Donald Trump menace.
Oui, parce que la Chine et l'Europe sont confrontés aux mêmes difficultés d'accès aux ressources. En Europe, puisque nous sommes un vieux continent industriel, on a cramé une bonne partie de nos ressources naturelles, de nos ressources énergétiques. La Chine est un grand pays qui a aussi, finalement, assez peu de ressources. Donc, nous avons l'obligation d'avoir un modèle économique qui soit sobre en impact, sobre en ressources. Donc, il peut y avoir, à l'échelle internationale, un partenariat entre l'Europe et la Chine.
Mais attention, à chaque fois que la Chine investit en Europe pour racheter des ports, des infrastructures vitales, le système énergétique au Portugal, nous cédons notre souveraineté à la Chine.
Et moi, je regrette que dans ce débat sur la Chine, nous n'ayons pas une position européenne beaucoup plus dure, beaucoup plus dure sur la liberté syndicale, beaucoup plus dure sur le hacking permanent des Chinois sur nos entreprises de pointe, beaucoup plus dure sur le fait que la Chine est en train de s'emparer de secteurs stratégiques européens qui feront qu'un jour, quand ils continueraient à massacrer les Ouïghours, nous ne ferons plus rien parce que nous serons tellement dépendants, tels de la Chine, que nous ne réagirons plus.
Yannick Jadot, la France va, comme d'autres pays avant elle, notamment comme le Canada, instaurer, on l'a appris ce matin, des quotas de migrants économiques dans les années qui viennent. Vous y êtes favorable ou pas ?
Je vais venir sur votre question, mais moi, ce qui m'a abasourdi dans les annonces du gouvernement, c'est la façon dont ce gouvernement va encore plus précariser, maltraiter les demandeurs d'asile. Dans les réformes annoncées, vous avez des sortes, ce qu'ils appellent des délais de carence, puisqu'au fond, c'est un mot poli.
3 mois pour les demandeurs d'asile avant de pouvoir bénéficier de la cycle.
Vous savez, les demandeurs d'asile, ils attendent des mois et des mois dans des situations dramatiques. Ils arrivent souvent dans notre pays en état de santé vraiment détérioré. Ils attendent des mois et des mois pour avoir leur premier rendez-vous pour l'asile. Et maintenant, on va rajouter de la précarité, de la violence, des problèmes de santé à des gens qui ne le méritent pas, qu'en devraient soutenir.
Et je trouve ça, dans ce moment politique, ce subterfuge qu'a trouvé le gouvernement, pour ne pas parler de l'éducation, de la santé, des policiers, de l'affaissement des services publics, pour ne pas parler ou pour créer encore une fois un tour de magie autour de la réforme terrible sur l'assurance chômage, ce gouvernement tape sur les plus faibles. Il n'y a pas une étude, même si on voulait être le plus cynique de la planète, il n'y a pas une étude qui montre que maltraiter les demandeurs d'asile, maltraiter ceux qui sont en difficulté, ça empêche d'autres personnes en difficulté de venir.
Et je trouve ça franchement malsain, pervers de la part de ce gouvernement sur les demandeurs d'asile.
On aura entendu votre propos liminaire sur le contexte, la réponse précise sur les quotas, ce sera juste après le rappel des titres, si vous le voulez bien, Yannick Jadot, puisque Mélanie Delonnet vient de nous rejoindre, il est 8h40.
La question des abus sexuels au cœur de la réunion des évêques catholiques qui s'ouvrent ce matin à Lourdes, ils vont acter le principe d'une allocation financière pour les victimes. 2500 victimes présumées se sont fait connaître auprès de la commission indépendante, qui ont annoncé ce matin son président sur France Info, en majorité des hommes âgés de plus de 50 ans. Des bougies allumées pendant la nuit et ce matin le recueillement à Marseille, un an après l'effondrement d'immeubles insalubres du quartier de Noailles, les habitants vont observer 8 minutes de silence pour les 8 victimes tout à l'heure à 9h05.
Emmanuel Macron appelle à une plus grande ouverture du marché chinois, le chef de l'État à la foire aux importations de Shanghai, avant d'aller inaugurer le nouveau centre Pompidou, 3ème antenne du musée à l'étranger. C'est un match décisif pour l'île-déplacement à Valence pour espérer une place en 8ème de finale de la Ligue des champions. Les footballeurs yonnais, eux, reçoivent Benfica à 21h. France Info, et tout est plus clair.
Yannick Jadot, des quotas de migrants économiques, donc très prochainement en France, l'annonce sera faite demain par le Premier ministre Édouard Philippe, pour ou contre ?
Ce qu'on a du mal à percevoir dans l'annonce du gouvernement, c'est au fond, est-ce qu'ils rentrent dans un exercice de transparence et de vérité autour des migrations économiques ? C'est un peu plus de 30 000 dans notre pays, ce n'est pas un sujet considérable, il n'y a pas de grand remplacement, il n'y a pas d'invasion, il n'y a pas de problème. Et en même temps, on entend deux choses, on entend une forme d'annonce qui est censée lutter contre le grand remplacement, et en même temps, on entend l'idée qu'il faut accroître, il faut accroître au fond, l'immigration économique, qu'il y a des secteurs qui sont en tension. Alors à partir de là...
Dans les annonces du gouvernement, Yannick Jadot, vous entendez une façon du gouvernement de répondre à ce fantasme du grand remplacement ?
En permanence, depuis qu'Emmanuel Macron a mis ce sujet sur la table, il y a en permanence la confusion qu'est entretenue sur l'aide médicale d'État. Au fond, nos problèmes de l'hôpital en France, ça serait les sans-papiers. Nous avons, souvenez-vous, des premiers mots de la porte-parole du gouvernement, nous devons nous réarmer face à la menace de l'immigration. Donc en permanence, il y a ce sentiment. Si... J'y vais, Yannick Jadot.
Est-ce que vous n'entretenez pas cette confusion en ne répondant toujours pas à la question ? J'y arrive, j'y arrive, j'y arrive. Des quotas annuels de migrants économiques par secteur, d'après le gouvernement, notamment pour faciliter les embauches dans les secteurs sous tension. Est-ce que vous y êtes favorable ou hostile ?
J'y arrive, effectivement, pour l'instant, en fait, ce qu'on entend comme proposition ne sont pas des quotas fixes, ce seraient des quotas ou, au fond, des perspectives non limitatives. Des quotas non limitatives, comme au Canada, dit le gouvernement. Donc, si ça se fait à l'échelle des territoires, si ça se fait au niveau, notamment, associant les syndicats, pas simplement la demande des entreprises, mais en associant les syndicats, tous les acteurs qui permettent, au fond, d'évaluer ce que seraient ces secteurs en tension.
Et si ça nous permet de sortir du fantasme que nous sommes envahis et que notre société a besoin de migrants économiques, que, souvent, ces histoires de migration sont des histoires de succès, sont des histoires de réussite, sont des histoires qui, selon toutes les études, créent de l'activité et de l'emploi dans notre pays. À ce moment-là, si c'est dans cette perspective-là, c'est intéressant, il faut en débattre. À ces conditions-là, le terme de quota ne vous choque pas ? Non, parce qu'en fait, ce ne sont pas des quotas, la réalité. C'est que quand vous dites souvent que l'idée du quota, c'est une forme de fétichisme du chiffre. Et ce fétichisme du chiffre, nulle part, il fonctionne.
En revanche, avoir sur des secteurs en tension une perspective à la fois économique, sociale, d'intégration, qui serait transparente dans les débats publics, là, ça peut être intéressant, il faut en discuter.
Y compris d'ici l'été prochain, comme vient de le dire la ministre du Travail,
Muriel Pénicaud, c'est-à-dire relativement vite. Écoutez, on verra quel est le dispositif que met en place le gouvernement. Mais moi, une opération vérité sur l'immigration, une opération qui ne se fait pas sur le dos, je l'ai dit tout à l'heure, des demandeurs d'asile qui sont aujourd'hui, de la volonté de ce gouvernement, encore plus précarisés. Un système qui associe les syndicats, qui associe l'ensemble des acteurs, pour montrer que l'immigration est aussi une chance pour notre pays, à ce moment-là, ayons ce débat.
Yannick Jadot, l'État de la gauche, à présent, dans son dernier livre, François Ruffin, l'insoumis, prône une grande alliance, un front populaire écologique, une alliance qui serait à la fois rouge et verte. Il faut aller des profs au prolo, dit-il, en résumant un peu son propos. Vous êtes partant.
Je le dis depuis des mois et des mois, et je l'ai dit pendant toute la campagne des européennes, « Je suis favorable à ce qu'il y ait une dynamique politique puissante autour de l'écologie ». Ça a toujours été mon message. Fédérer, mobiliser, rassembler les Français autour de ce grand projet de l'écologie qui est aussi la justice sociale, l'innovation industrielle et la démocratie. D'où elle peut aller cette alliance. Et donc, après, je ne sais plus quelle était l'expression, les profs et les prolos, attention à ne pas trop se retrouver dans une analyse de post-marxiste. Moi, je veux aussi les paysans. Moi, je veux aussi les entreprises.
Et au fond, aujourd'hui, si on doit réussir ce pari, si on doit se donner la chance d'éviter le chaos climatique, d'éviter l'anéantissement de la biodiversité, de protéger la santé des enfants, c'est le projet de toutes et de tous. Ça doit se faire avec tous ceux qui ont compris aujourd'hui que c'était des enjeux vitaux au sens propre du terme et que ce sont, encore une fois, des enjeux. Pas simplement pour les prolos, pour les classes populaires, quand je parle d'investir massivement dans l'isolation de logement, c'est du pouvoir d'achat, c'est de l'emploi. Mais aussi, encore une fois, les entreprises
et tous ceux qui, dans la société, se retrouvent sur ce projet. Concrètement, fédérées autour de cette urgence écologique, de ce projet écologique que vous définissez à l'instant, est-ce que ça signifie que c'est forcément Europe Écologie Les Verts et donc vous qui avez le leadership de cette union ?
Non ! Je n'ai jamais revendiqué aucune hégémonie. On m'a toujours accusé de cette volonté hégémonique. Vous ne retrouverez pas un mot dans mes déclarations pour dire que je veux que tous ceux qui se retrouvent dans l'écologie adhèrent à Europe Écologie Les Verts. J'ai toujours dit que notre sujet, là, ce sont les municipales. Attention, nous, ce qu'on est en train de construire, c'est l'élection où on traite de la vie quotidienne de nos concitoyens, de la vie locale, où on traite de la maîtrise de sa vie sur l'alimentation, le logement, les déplacements, l'urbanisme, les services publics. C'est essentiel. Retrouver la maîtrise de sa vie à l'échelle locale, c'est essentiel.
Mais nous devons avoir cette perspective de construire la grande alternative pour 2022 autour de l'écologie comme matrice, justement pour repenser l'ensemble de la société. Et là, il faudra François Ruffin, évidemment. Il faudra les salariés, évidemment. Il faudra des chefs d'entreprise, évidemment. Les responsables associatifs. À part Ruffin, vous vous mettez qui dans l'Alliance ? Mais moi, je mets tous ceux qui se retrouvent là-dedans. Quelque part, j'allais presque dire un borleau qui est dans l'écologie pragmatique. Il a sa place dans cette grande mobilisation, dans cette grande rassemblement des Français. Benoît Hamon, il est dedans ? Mais tout le monde va être dedans.
Jean-Luc Mélenchon ? Attention, attention, attention. De Jean-Luc Borleau à Jean-Luc Mélenchon ? Ne faisons pas de cette grande dynamique, de ce grand mouvement de société. Simplement l'addition de personnalités politiques. Il faut que la société s'organise, se mobilise. Ça peut être que ça. Sinon, il n'y aura pas de victoire. Sinon, à un moment donné, ce sera comment on échappe à Marine Le Pen ? Voter par résignation, oublier l'environnement, oublier les socials, oublier la démocratie, juste voter contre Marine Le Pen.
On entend votre discours ce matin. Il n'y a pas de question, pas de problème de leadership. Appel très large à une alliance, on pourrait dire ça de toutes les gauches, en tout cas de la plupart des gauches. Mais au-delà ! Mais quand on regarde dans le détail, avant 2022, il y a les municipales de mars prochain. Dans la deuxième ville de France, Marseille en l'occurrence, la gauche part réunie, il y a un parti qui part tout seul, sur une décision faite par, je crois, 73 militants écologistes, c'est le vôtre.
Ce n'est pas un autre parti qui part tout seul. Ah bon ? Ce sont les autres qui partent ensemble. Non. Alors un, je vous invite à regarder de près ces dynamiques, et vous verrez qu'elles ne sont pas aussi simples que vous dites. Vous avez posé une liste autonome à Marseille ? Non. Moi, je refuse le terme de liste autonome. Il y a qui d'autre ? Avec les écologistes à Marseille, il y a qui d'autre ? Je vais vous dire pourquoi je refuse le terme de liste autonome. Parce que autonome, c'est nous placer par rapport aux autres. Ce sont des listes écologistes. Solitaires, alors ? Non, ce ne sont pas des listes solitaires.
Il y a plein d'acteurs de la société, d'acteurs de la cité phocéenne qui sont dans cette dynamique. Ce n'est pas une liste Europe Écologie Les Verts, comme dans la plupart des villes. Parfois, ça se fait avec d'autres partis politiques. Parfois, ça se fait avec les citoyens. Ce sont des listes citoyennes. Mais il y a un impératif. Il y a un impératif. C'est que ce soit le projet écologiste qui soit au cœur de ça. Et ça se construit dans le rassemblement. Et tant pis si c'est la droite ou l'extrême droite qui prend la ville. Mais ce n'est pas... Attention, attention qu'on ne retombe pas dans ces schémas-là.
Il y a, en plus, dans ces villes-là, vous savez, il y a un tour, deux tours, trois tours. Donc, attention à ce qu'on ne tombe pas dans cette volonté, au fond, de rassembler au premier tour en ne donnant pas les dynamiques politiques nécessaires.
Si vous n'arrivez pas, Yannick Jadot, à rassembler aujourd'hui la gauche à Marseille, comment vous le ferez au niveau national ? Mais il y a un...
Les élections municipales ne sont pas une élection nationale. Ça, ça n'avait échappé à personne. Oui, mais c'est important de le rappeler. Parce qu'il y a toujours cette volonté, au fond, d'en tirer toujours le message national. La situation à Marseille, ce n'est pas celle à Villeurbanne, où on essaye de gagner aussi. Ce n'est pas celle à Besançon, à Nancy, à Bordeaux, à Rennes, à Nantes ou à Rennes, où j'étais encore la semaine dernière, à Montpellier, à Perpignan, par exemple. L'enjeu, pour nous, c'est de ravir la mairie à Louis-Aliot. C'est un beau projet. Parce que ce n'est pas un centre-ville métropolitain un peu bobo. Il y a plein de difficultés.
Donc, partout, on essaye de rassembler, je l'ai dit, tous les acteurs de la cité. Partout, on essaye de trouver un projet enthousiasmant, enthousiasmant, pour retrouver la maîtrise de sa ville, à retrouver la maîtrise de sa ville. Et c'est normal, vu les canicules, vu les inondations, vu la pollution pour nos enfants et pour tout le monde, vu les problèmes d'alimentation, vu les problèmes d'agriculture, c'est normal que les écologistes portent ce grand projet qui est l'enjeu du 21ème siècle.
Yannick Jadot, dans un instant, vous nous direz pourquoi vous allez manifester dimanche prochain contre l'islamophobie en France. Mais d'abord, le rappel de l'actualité, 8h51, avec Mélanie Delonnet.
Le gouvernement veut mettre en place des quotas pour l'immigration économique. Cela concernera des secteurs qui manquent de main-d'oeuvre. Si ça se fait à l'échelle des territoires, si ça se fait en associant les syndicats, si ça nous permet de sortir du fantasme que nous sommes envahis, à ce moment-là, c'est intéressant, il faut en débattre, réagit sur France Info, l'eurodéputé Europe Écologie Les Verts, Yannick Jadot. Les ministres de l'Intérieur, de la Justice et de la Ville à Chanteloup-les-Vignes, dans les Yvelines, ils vont à la rencontre des pompiers et des policiers après l'incendie d'une école de cirque et les violences de samedi. Deux jeunes sont en détention provisoire.
C'est officiel. Les Etats-Unis se retirent de l'accord de Paris sur le climat. Notifications adressées à l'ONU. Le processus enclenché va prendre un an. La France regrette cette décision. A partir de 16h47, aujourd'hui, les Françaises vont travailler gratuitement. C'est le calcul d'un collectif féministe, Les Glorieuses, pour illustrer l'écart de salaire entre hommes et femmes. Plus de 15% selon Eurostat.
France Info. Et tout est plus clair.
Toujours avec Yannick Jadot et Renaud Delis. Yannick Jadot, vous avez donc décidé, avec un certain nombre d'autres responsables politiques ou associatifs, de signer une tribune qui a été publiée par Libération il y a quelques jours, qui dénonce l'islamophobie. Et vous allez manifester, donc dimanche prochain, contre cette vindicte. la façon dont je cite ce texte, les musulmans sont jetés en pâture et désignés à la vindicte dans la société française aujourd'hui. Oui.
Si vous voulez, je pense qu'il y a nécessité d'alerter nos concitoyens sur le fait que il y a une confusion des signaux extrêmement négatifs qui sont envoyés vis-à-vis d'une partie de la communauté nationale, les musulmans, et que les musulmans ne doivent pas servir de bouc émissaire à notamment des politiques sociales injustes. Il ne vous est pas apparu un peu étonnant que cette affaire du voile, qui n'est vraiment pas une priorité dans les préoccupations des Français, il ne vous est pas apparu étonnant que cette affaire du voile elle est arrivée en même temps qu'une directrice d'école se suicidait et montrait le malaise dans l'école. C'était Jean-Mas, c'était M. Blanquer.
Il ne vous apparaît pas surprenant qu'en permanence on agite que le président de la République fasse une interview dans Valeurs Actuelles au moment où entre en vigueur une réforme sur l'assurance chômage qui va précariser considérablement des centaines de milliers de personnes. Qu'est-ce qu'a dit le bouquin de Cohen et autres sur la montée des populismes ? C'est l'insécurité économique qui crée le populisme. Et Emmanuel Macron, malheureusement, à la fois reprend des thèmes de l'extrême droite, agite le chiffon rouge de l'islam et en même temps précarise notre société les deux éléments qui alimentent l'extrême droite dans notre pays.
Yannick, j'ai vu, excusez-moi, factuellement, je n'ai pas compris le lien que vous faisiez entre deux événements factuels, le suicide de cette directrice d'école à Pantin et l'agression de l'élu du Rassemblement National au Conseil Régional de Bourgogne-Franche-Comté qui a donné naissance à cette polémique sur le voile.
Parce que quand un ministre de la République considère qu'en fait il n'est pas porteur de la mise en œuvre simple, efficace de la loi qui permet à des maires accompagnatrices d'apporter un foulard... Actuellement, Yannick,
c'est cet élu
du Rassemblement National qui a déclenché cette polémique. Oui, mais est-ce que vous pensez que le ministre est totalement naïf en matière politique et quand il donne son avis alors qu'il est ministre et que sa responsabilité c'est d'appliquer la loi, c'est d'apaiser notre pays, je pense qu'il prend une responsabilité très lourde et je pense que toute cette affaire est malheureusement une affaire de diversion de l'opinion publique sur ce qui les touche au plus dur qui est notre modèle social.
Le texte que vous avez signé, pour appeler à manifester dimanche prochain contre l'islamophobie, dénonce, je cite, des lois liberticides en France. Lois au pluriel, quelles sont-elles ?
Ce texte, il m'est apparu comme une nécessité de lancer une alerte auprès de nos concitoyens sur quelque chose qui montre dans notre société qu'il y a à la fois l'ensemble des racismes et un racisme vis-à-vis des musulmans. Les lois liberticides ?
Les lois liberticides qui visent les musulmans,
c'est précisé dans le texte. Il y a, moi, si vous voulez, je ne valide pas l'ensemble du texte parce qu'à un moment donné, il faut lancer une alerte dans l'opinion publique par rapport à ça.
Yannick Jadot, vous ne savez mieux que personne, les lois liberticides, ça veut dire qu'il y a
une forme de racisme d'État. Oui, oui. Non, non, moi, je n'ai jamais considéré
qu'il y a des lois liberticides. Quelles sont-elles ?
Je n'ai jamais considéré qu'il y avait un racisme d'État dans notre pays.
Quelles sont les lois liberticides pour lesquelles vous avez signé ?
Il peut y avoir, je l'ai dit, moi, ce texte, il m'apparaît dans sa philosophie porter une alerte dans notre société sur un danger qui est de faire d'une partie de la communauté nationale le bouc émissaire de nos difficultés. Je pense que ça, c'est extrêmement dangereux. C'est cette philosophie-là que j'ai voulu signer et sur laquelle j'ai voulu alerter. Vous l'aviez lu,
le texte ?
Attentivement, avant de le signer ? Je l'ai lu, il a très mal circulé, ce texte. Il faut le dire, de la façon dont il a été organisé, il a très très mal circulé. Vous l'avez pas bien lu ? Je l'ai pas. Mais, encore une fois, il y a une philosophie qui est d'alerter l'opinion publique sur le fait que nous avons un problème, au fond, de trouver la pleine et en tire-place pour les musulmans dans la communauté nationale. Pour être très clair,
Yannick Jadot, après lecture complète de ce texte, il n'y a pas de loi de liberticide aujourd'hui contre les musulmans de France ?
Moi, je ne considère pas qu'il y a du racisme d'Etat dans notre pays. Il n'y a pas de loi liberticide ? Je ne vois pas, aujourd'hui, de loi liberticide vis-à-vis des musulmans
dans notre pays. La loi de 2004 qui interdit le port de signes religieux au stand-up n'est pas une loi liberticide.
Vous êtes favorable à cette loi ? Moi, je suis favorable à ce qu'il n'y ait pas de foulard de voile pour les mineurs, notamment dans ces espaces de ces services publics. Et il va falloir travailler collectivement sur le fait que l'islam trouve sa place sereinement dans la communauté nationale. Mais ça, c'est aussi notre responsabilité collective. Quand nous acceptons le financement par des puissances étrangères, des mosquées, de la formation des imams, des puissances étrangères à qui nous vendons des armes, est-ce qu'on n'est pas dans le double discours ?
Moi, je pense que tout le chemin qui a été engagé sur la formation des imams, tout une réflexion qu'on doit avoir en transparence sur le financement des mosquées pour éviter les troubles à l'échelle des communes, pour éviter l'ingérence des puissances étrangères, c'est un débat que nous devons avoir en sérénité avec l'ensemble de la communauté nationale et particulièrement la communauté musulmane. Et ce sera le mot de la fin. Merci infiniment. Yannick Jadot,
d'Avdémy ce matin sur France Info. Et l'info politique, n'oubliez pas, c'est aussi un podcast original sur France Info. Paris, la bataille, le feuilleton des municipales. Un nouvel épisode tous les vendredis. Un podcast à écouter sur franceinfo.fr, disponible aussi sur l'application Radio France. Sous-titrage ST' 501
Yannick Jadot