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InterviewEurope 1 — La Grande interview (sur Podcast)· 21 juillet 2026 20 minComplaisantActualité / polémiqueImmigration & asileOutre-merÉconomie & entreprisesSécurité

«Les affaires de racisme anti-blancs existent et doivent être combattues», souligne Naïma Moutchou, ministre des Outre-Mer

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:19OuverteRéponse directe

    Comment est-ce que vous arrivez à conjuguer le présent et le futur ?

  • 0:32OuverteRéponse directe

    Vous arrivez à être dans le continuum d'Emmanuel Macron alors qu'Edouard Philippe tente à dire qu'il faut couper avec le passé ?

  • 0:52OuverteRéponse directe

    Il y a un bilan en tant que Premier ministre d'Emmanuel Macron ?

  • 1:27OuverteRéponse directe

    Du coup, vous arrivez à regarder, en Conseil des ministres, le président de la République dans les yeux ?

  • 2:32OuverteRéponse directe

    Du bloc central et effectivement, je ne sais pas si c'est un rival ou un compétiteur, mais à Gabriel Attal, comment est-ce qu'on fait pour les départager ?

  • 2:48OuverteRéponse directe

    Mais est-ce qu'il y a une sincérité dans la compétition ? Est-ce que vous diriez que c'est une compétition sincère ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:55Invité politiqueFait
    « Les 80 km heure, les gilets jaunes, la fermeture de Fessenheim, la dette, il en a contribué. »
  • 1:01PrésentateurChiffre
    « Il a baissé la dette en même temps qu'il n'a pas augmenté les impôts et le chômage a baissé. »
  • 2:13PrésentateurFait
    « Edouard Philippe, c'est le candidat de la maîtrise de la dépense publique, la maîtrise de l'immigration, la maîtrise de la sécurité. »
  • 6:40Invité politiqueFait
    « Frontex, qui pointe du doigt des agissements de l'ONG Sea-Watch au large des côtes libyennes, des migrants directement transbordés des bateaux des passeurs sur le bateau de cette ONG. »
  • 7:44PrésentateurFait
    « Il faut traiter les demandes d'asile très rapidement pour pouvoir délivrer des OQTF, pour pouvoir reconduire ceux qui n'ont pas vocation à rester dans les frontières. »
  • 7:51Invité politiqueFait
    « Il faut, il faut, il faut. »
  • 9:03PrésentateurFait
    « C'est la convention notamment qui l'a dénoncée. Il a été le premier à le faire de délivrance de visa. »
  • 10:21Invité politiqueFait
    « L'Allemagne, la Belgique, l'Autriche, le Portugal sont tous revenus sur le regroupement familial. »
  • 10:41PrésentateurFait
    « Il faut regarder les conditions du regroupement familial pour les restreindre. »
  • 11:07Invité politiqueFait
    « Le maire d'Alès, Christophe Rivain, qui a reçu jeudi dernier des menaces de mort accompagnées de balles déposées dans sa boîte aux lettres et d'un message signé des aides-mafias. »
  • 14:33Invité politiqueChiffre
    « Cette lutte contre le narcotrafic, vous, pour l'outre-mer, vous l'avez dotée de 14 millions d'euros. »
  • 14:39PrésentateurFait
    « Vous avez raison, ça nous oblige à adapter notre réponse en permanence. Ils ont des moyens colossaux, ils s'internationalisent, on a parfois affaire à des cartels. »
  • 15:10PrésentateurFait
    « Les stupéfiants qui viennent d'Amérique du Sud, passent aux abords, par les ports, par les aéroports, des territoires ultramarins. »
  • 18:37Invité politiqueChiffre
    « Taux de pauvreté, 77% en Mayotte, 53% en Guyane, 36% en La Réunion. »
  • 12:52Invité politiqueChiffre
    « L'antisémitisme est toujours là et vous le dites très justement ce matin, Naïma Mouchou, 3,5 actes quotidiens tous les jours. »

Temps de parole

  • Présentateur75 %
  • Naïma Moutchou25 %

10,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Europe 1. La grande interview Europe 1 C News, Pierre de Villeneuve.

0:10
Naïma Moutchou

Et l'invité de la grande interview ce matin sur C News et sur Europe 1, c'est en effet Naïma Moutchou. Bonjour. Merci d'être avec nous, ministre des Outre-mer et soutien historique et indéfectible d'Edouard Philippe. Comment est-ce que vous arrivez à conjuguer le présent et le futur ?

0:23
Présentateur

Je suis pleinement à ma tâche comme ministre des Outre-mer, ce qui n'est pas incompatible avec l'idée qu'on puisse se projeter, qu'on puisse penser à demain, à dessiner un projet politique pour la suite.

0:32
Naïma Moutchou

Vraiment, vous arrivez à être dans le continuum d'Emmanuel Macron alors qu'Edouard Philippe, justement, tente à dire qu'il faut couper avec le passé ?

0:40
Présentateur

Non, mais la campagne présidentielle ne sera pas une histoire d'héritage politique, ça je n'y crois pas. Je pense qu'une présidentielle, ça reste quand même la rencontre de quelqu'un, un candidat avec les Français. Qui a été Premier ministre. Sa vision, son cap, effectivement, il a été Premier ministre.

0:52
Naïma Moutchou

Il y a un bilan en tant que Premier ministre d'Emmanuel Macron. Tout à fait. Les 80 km heure, les gilets jaunes, la fermeture de Fessenheim, la dette, il en a contribué.

1:01
Présentateur

Absolument, il a baissé la dette en même temps qu'il n'a pas augmenté les impôts et le chômage a baissé. Donc, il y aura un bilan à défendre aussi en temps voulu. Mais Edouard Philippe, c'est aussi quelqu'un qui a son propre style, qui a son propre cap, qui a ses qualités, qui a aussi ses convictions. Et parfois, quand il n'a pas été d'accord, il l'a dit. Et c'est là que ça se jouera aussi. Parce que, moi, je crois à cette rencontre avec les Français, au projet et au programme, en temps voulu.

1:27
Naïma Moutchou

Du coup, vous arrivez à regarder, en Conseil des ministres, le président de la République dans les yeux.

1:31
Présentateur

Mais je n'ai aucune difficulté avec ça, parce que je ne suis pas de ceux qui renient. De ceux qui regarderaient le passé en disant, je n'ai pas participé. Edouard Philippe non plus. Ne renie pas. Il assumera ce qu'il a fait. Il assumera aussi ce qu'il n'a pas fait, puisqu'il y a beaucoup de désinformation dans l'action qui a été celle d'Edouard Philippe comme Premier ministre. On reviendra sur un certain nombre de sujets. Vous voyez bien qu'il est lassi, parce qu'il est le candidat le mieux placé. Donc, il y a beaucoup, beaucoup de faking autour de ce qui est là.

1:56
Naïma Moutchou

C'est Marine Le Pen, pour l'instant, qui est le mieux placé dans les sondages.

1:59
Présentateur

Dans le bloc central. Je parle du candidat du bloc central. Parlez du bloc central. Absolument. Donc, tout ça, on le fera en temps voulu. Ce qui compte aujourd'hui, c'est de dérouler le projet. C'est d'abord de dire qui nous sommes et où nous voulons amener les Français. C'est de dire qu'Edouard Philippe, c'est le candidat de la maîtrise de la dépense publique, la maîtrise de l'immigration, la maîtrise de la sécurité. Et c'est aussi le candidat qui se projette pour traiter des sujets, des grands défis de demain. La transition écologique, l'intelligence artificielle, les outre-mer, qui sont un sujet important pour lui. C'est aussi ce candidat à la fois qui veut traiter l'urgence et l'avenir.

2:32
Naïma Moutchou

Du bloc central et effectivement, je ne sais pas si c'est un rival ou un compétiteur, mais à Gabriel Attal, comment est-ce qu'on fait pour les départager ?

2:38
Présentateur

Il y a plusieurs candidats. Ce n'est pas quelque chose qui soit inédit dans l'histoire des campagnes présidentielles. C'est plutôt sain d'ailleurs qu'il y ait des débats qui se forment parce qu'il y a des sensibilités.

2:48
Naïma Moutchou

Mais est-ce qu'il y a une sincérité dans la compétition ? Est-ce que vous diriez que c'est une compétition sincère ?

2:52
Présentateur

Oui, je le crois. Je le crois parce que chacun porte des convictions. Elles sont différentes. Tout le monde ne parle pas du même endroit. On ne parle pas tous du même point de départ. Édouard Philippe, il est une histoire. Il vient de la droite républicaine. Ce qui n'est pas le cas de Gabriel Attal. Bruno Retailleau, c'est encore autre chose. D'où il vient pour vous, Gabriel Attal ? Il est sur un périmètre un peu plus restreint. Bruno Retailleau, il ne le cache pas. Il vient du Parti Socialiste d'abord. Il a rejoint Emmanuel Macron, dont lui aussi a été Premier ministre. Il défend une ligne en même temps au sein de ce macronisme originel. Voilà. Et ce n'est pas une critique.

C'est un fait objectif.

3:29
Naïma Moutchou

C'est factuel. Et vous qui côtoyez...

3:30
Présentateur

C'est factuel. C'est pas ce cas d'Édouard Philippe, qui est un homme de droite, qui vient de la droite, et qui va défendre des valeurs qui sont des valeurs de droite. Et elles sont très claires. Le travail, le mérite, l'effort, la discipline, l'ordre, le retour à des comptes qui soient soutenables pour le pays. Voilà. C'est autour de ça que se structure sa candidatrice.

3:48
Naïma Moutchou

Mais vous qui côtoyez au moins autant Édouard Philippe que Sébastien Lecornu, ne sentez-vous pas un élan présidentiel chez le Premier ministre, justement ? C'est une petite musique qui monte.

3:56
Présentateur

Non, mais le Premier ministre, il est à la tâche. Et ce qu'il a réalisé au cours de ces derniers mois...

4:00
Naïma Moutchou

Vous aussi, ça n'empêche pas. Peut-être que vous allez vous déclarer candidate à la présidentielle aussi.

4:02
Présentateur

Non, non. Il y a suffisamment de candidats déjà sur la politique. Non, je n'ai pas d'annonce à faire. Je n'ai jamais caché mes convictions politiques. Je suis aussi une militante politique. Le Premier ministre est à la tâche. Ce qu'il a réalisé ces derniers mois, sur le plan des résultats, est au rendez-vous. Il faut se rappeler la situation du mois d'octobre dernier. Il fallait faire voter un budget pour le pays. Il va falloir maintenant aussi. Pour apporter de la stabilité. Il l'a fait. Nous avons fait passer un certain nombre de réformes importantes jusqu'à encore cette nuit avec la loi agricole. Dans sa fonction, pleinement.

4:37
Naïma Moutchou

Qu'est-ce qu'on fait ? On fait une primaire ? Cette fameuse primaire qui court sur toutes les lèvres ? C'est une primaire d'horizon jusqu'à reconquête ?

4:44
Présentateur

J'y suis défavorable. Je l'ai déjà dit. Je n'ai pas changé d'avis. Je ne crois pas à la primaire. Je ne crois pas au spectacle que donne la primaire aux Français, qui est fait d'invectives et de ressentiments d'ailleurs à la fin. Ça n'a pas toujours produit les résultats escomptés par ailleurs. Ça, l'histoire nous le montre. Ça n'a pas donné des candidats qui gagnaient la présidentielle. Je crois plutôt à une sélection naturelle. Un peu comme Jean-Marc Larcher qui a fixé à peu près novembre la limite. Je crois à des ralliements autour d'Edouard Philippe.

5:12
Naïma Moutchou

Autour d'Edouard Philippe. Il reste en tête. C'est des ralliements, mais c'est Edouard Philippe qui lead.

5:17
Présentateur

Parce que c'est sa force. Sa force, c'est le rassemblement. Il est le candidat en capacité de rassembler autour de lui parce qu'il incarne à la fois l'autorité et la stabilité. Toute chose que recherchent les Français qui en ont marre des excès permanents. Il est ce candidat du barycentre en quelque sorte.

5:34
Naïma Moutchou

On parlait tout à l'heure de Marine Le Pen. Je disais qu'elle était devant dans tous les sondages. On donne même Marine Le Pen gagnante au second tour face à Edouard Philippe. Sondage récent. Est-ce que vous mettez le RN et les filles dans le même sac ?

5:44
Présentateur

D'abord, ce sont des sondages. On est à neuf mois.

5:48
Naïma Moutchou

C'est pour ça que j'ai précisé que c'était les derniers sondages.

5:50
Présentateur

Vous avez raison. Ce sont des sondages et nous nous sommes à la tâche. Nous irons porter le projet partout dans le pays. Edouard Philippe continue à s'y donner.

5:57
Naïma Moutchou

Est-ce que vous mettez le RN et les filles dans le même sac ?

6:00
Présentateur

Dans le même sac.

6:01
Naïma Moutchou

Est-ce que vous mettez sur la même étagère le RN et les filles ?

6:04
Présentateur

Moi, je me battrais contre les extrêmes jusqu'au bout, je l'ai dit. Je l'ai fait d'abord. Lorsque j'étais moi-même candidate aux législatives, j'ai toujours dit ni RN, ni LFI. Ni le Rassemblement National, ni la France.

6:16
Naïma Moutchou

Problème s'il y a un second tour et RN et les filles.

6:19
Présentateur

Alors, je ne me place pas dans cette situation.

6:21
Naïma Moutchou

Très bien.

6:22
Présentateur

Ma réponse ne va pas se satisfaire, mais je ne peux pas me placer dans cette situation. Je ne veux pas ça pour mon pays. Je ne veux pas la tenaille des extrêmes. Voilà pourquoi je ferai campagne, mais jusqu'au bout, jusqu'au dernier quart d'heure pour Edouard Philippe.

6:33
Naïma Moutchou

Donc, si ça arrive, je reposerai la question au moment où il y aura ce second tour. S'il y en a un comme ça. L'actualité ce matin d'Aïma Mouchou, c'est Frontex, qui pointe du doigt des agissements de l'ONG Sea-Watch au large des côtes libyennes, des migrants directement transbordés des bateaux des passeurs sur le bateau de cette ONG. C'est la deuxième fois d'une semaine. Est-ce qu'il y a une collusion, je vais y arriver, entre les ONG et les passeurs ?

6:56
Présentateur

Alors, c'est un sujet qui revient de manière récurrente. C'est possible, c'est possible. Ce sont les enquêtes qui le détermineront. Ce qui montre bien qu'il faut reprendre la main, le contrôle sur les flux migratoires. C'est un des sujets majeurs. Ce sera un sujet de débat, d'ailleurs, de la présidentielle. Il faut reprendre le contrôle des flux migratoires.

7:12
Naïma Moutchou

Avec quoi ?

7:13
Présentateur

Il faut le faire avec des mesures très précises. Le gouvernement en a les moyens, il en a la possibilité. Je regarde, par exemple, ce qui se passe à Mayotte, comme ministre des Outre-mer. Vous savez, c'est un territoire particulier qui subit une pression migratoire hors normes. Avec les Comores. Non seulement les Comores, mais aussi les Africains des Grands Lacs. Il faut des moyens. D'abord, des moyens matériels, humains. Parce qu'il faut traiter les demandes d'asile très rapidement pour pouvoir délivrer des OQTF, pour pouvoir reconduire ceux qui n'ont pas vocation à rester dans les frontières.

Il faut pouvoir échanger avec les pays partenaires et donc établir des conventions qui permettent d'obtenir des laissés-passés diplomatiques.

7:51
Naïma Moutchou

Il faut, il faut, il faut. Pourquoi est-ce qu'on ne le fait pas ?

7:53
Présentateur

C'est ce qu'on est en train de faire. C'est ce qu'on est en train de faire à Mayotte. On monte en puissance. Je peux vous dire que les forces de sécurité agissent quotidiennement pour interpeller des migrants, pour les ramener. Nous sommes en lien, le Quai d'Orsay est en lien avec les pays tiers en question pour obtenir des laissés-passés diplomatiques. Il faut être dans l'action, peut-être dans les slogans.

8:11
Naïma Moutchou

C'est là que ça bloque sur les visas de retour ? C'est là que ça bloque, justement ?

8:15
Présentateur

Ça peut bloquer sur les visas de retour parce que c'est effectivement une question de rapport de force aussi, nous le savons bien.

8:20
Naïma Moutchou

Qu'est-ce qu'on fait dans ces cas-là ? On met la pression ?

8:22
Présentateur

Bien sûr, on met la pression, on continue la discussion et on obtient des résultats. J'aurai l'occasion de me déplacer avec le ministre de l'Intérieur, c'était prévu, dans les semaines qui arrivent à Mayotte, justement pour montrer l'action de l'État au quotidien pour gérer ces flux migratoires. Donc évidemment, c'est possible. Je ne dis pas que c'est simple. Personne ne dit d'ailleurs que c'est simple, mais je ne vous dis pas que tout est perdu non plus. Il y a des résultats qui se font et on doit continuer à être offensif sur le sujet.

8:46
Naïma Moutchou

Le présent et le futur, Edouard Philippe, sera-t-il celui qui réglera le contentieux avec l'Algérie ?

8:50
Présentateur

Alors, il s'est prononcé sur l'Algérie. Le contentieux avec l'Algérie, je n'aime pas beaucoup le terme parce qu'on a l'impression qu'on met dans le même sac le gouvernement algérien et le peuple algérien.

9:00
Naïma Moutchou

Si vous préférez, le contentieux avec le régime algérien.

9:02
Présentateur

Avec le régime algérien. C'est la convention notamment qui l'a dénoncée. Il a été le premier à le faire de délivrance de visa. Donc, considérons que c'est un texte qui est anachronique tout simplement. Les conditions des années 50-60 de signature ne sont plus du tout. Il faut négocier avec l'Algérie.

9:17
Naïma Moutchou

C'est possible ?

9:18
Présentateur

Mais bien sûr que c'est possible. Oui, c'est possible.

9:20
Naïma Moutchou

Comment ? Méthode douce ou méthode forte ?

9:23
Présentateur

Alors, il faut commencer par la méthode douce. Parce que les relations...

9:26
Naïma Moutchou

Est-ce qu'on est en train de faire le gouvernement actuel avec Jean-Albar ? Absolument.

9:29
Présentateur

Et c'est normal parce qu'il faut toujours privilégier les relations diplomatiques. Donc, il faut y aller étape par étape et voir comment tout ça se présente.

9:36
Naïma Moutchou

Et donc, la méthode douce, c'est l'octroi de 250 000 visas supplémentaires. Vous pensez que c'est une bonne solution ?

9:42
Présentateur

Alors, c'est ce qu'a dit effectivement l'ambassadeur de France en Algérie. Il n'a pas été repris par la position du gouvernement. Donc, ce n'est pas la méthode qui a été...

9:51
Naïma Moutchou

Il est ambassadeur de France en Algérie. Donc, s'il le dit, c'est qu'il a le go du coup d'or.

9:55
Présentateur

Oui, mais ça n'est pas à l'ordre du jour. D'abord, si ça devait se faire, c'est du temps long. Ce qu'on souhaite d'abord, c'est remettre à plat l'exercice. Donc, il ne faut pas se tromper d'ordre dans les choses qu'on doit faire avec l'Algérie sur les sujets migratoires. D'abord, remettre de l'ordre, voire plus clair. Renégocier cette convention qui n'est plus au goût du jour. Parce que nous avons un sujet de gestion migratoire avec notamment les Algériens. Et voir où cela nous mène.

10:21
Naïma Moutchou

L'Allemagne, la Belgique, l'Autriche, le Portugal sont tous revenus sur le regroupement familial. Est-ce qu'on doit faire de même en France ?

10:27
Présentateur

Je crois qu'il faut s'y pencher. Oui, je crois qu'il faut s'y pencher. Parce que les conditions dans lesquelles le regroupement familial a été pensé, a été imaginé, la manière dont il a évolué, tout ça ne correspond plus aux années 2026 aujourd'hui. Et donc, ça ne doit pas être un sujet tabou. Donc, ça fait partie d'ailleurs du programme d'Edouard Philippe qui dit qu'en matière de gestion de flux migratoires, il faut regarder les conditions du regroupement familial pour les restreindre. Il faut faire ça bien. L'idée n'est pas de priver ceux qui sont ici de leur famille quand les conditions sont remplies. Il y a aussi un aspect humanitaire qui n'est pas à négliger.

Mais il faut quand même de la fermeté. Donc, c'est un exercice, là aussi, auquel il faudra se plier.

11:07
Naïma Moutchou

Naïma Moutchou, il y a trois ans, vous avez vous-même, en tant que députée, fait l'objet d'attaques racistes absolument abjectes. Vous avez, pendant cette Coupe du Monde, alerté sur le racisme dont faisait l'objet Kylian Mbappé, l'équipe de France, mais aussi l'Ukadi. J'en conclue que vous êtes d'accord pour dire que le racisme n'est pas limité à une couleur de peau.

11:24
Présentateur

Oui, je suis tout à fait à l'aise pour le dire. J'ai toujours combattu toutes les formes de racisme d'où qu'elles viennent. Il se trouve que je suis avocate de métier. J'ai beaucoup plaidé dans des affaires de racisme, de lutte contre les discriminations. J'ai plaidé dans des affaires de racisme anti-blanc.

11:38
Naïma Moutchou

Donc, ça existe ?

11:39
Présentateur

Bien sûr qu'elles existent. Elles existent. Elles doivent toutes être combattues d'où qu'elles viennent. À partir du moment où vous êtes attaqué pour votre couleur de peau, votre origine, votre orientation sexuelle ou religieuse, c'est du racisme. Il faut être au rendez-vous de ce combat. Que ce soit Kylian Mbappé, Luc Adigne ou n'importe quel autre. Il y a aussi des joueurs qui viennent des Outre-mer, qui ont été attaqués, qui sont français, qui viennent des territoires ultramarins, attaqués aussi pour ceux qui le sont.

12:03
Naïma Moutchou

L'équipe de France toute entière a été attaquée par le chef du gouvernement, l'ancien chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, qui a dit qu'il n'y avait pas un seul Français dans l'équipe de France.

12:11
Présentateur

C'est une honte, c'est inacceptable d'entendre ça parce que les propos qui ont été tenus reviennent à nous attaquer nous directement et à ce que nous sommes et à ce que nous représentons. Ce que je refuse en revanche, c'est qu'on instrumentalise un racisme pour en minimiser les autres, ce que font certains. Voyez bien, il y a un racisme qui serait plus important que les autres.

12:27
Naïma Moutchou

C'est-à-dire ?

12:28
Présentateur

Il n'y a pas de hiérarchie de victimes, alors ça dépend des camps, il y en a qui vont vous dire.

12:32
Naïma Moutchou

Est-ce que vous voulez dire Naïma Mouchou ?

12:33
Présentateur

Ce que je veux dire par là, c'est que vous avez certains responsables politiques, je parle de responsables politiques aujourd'hui, qui vont instrumentaliser une forme de racisme, le racisme anti-musulman d'un côté ou l'antisémitisme de l'autre, pour monter les communautés les unes contre les autres. Ça c'est inacceptable, c'est extrêmement dangereux, il faut combattre toutes les formes de racisme, toutes les formes d'antisémitisme d'où qu'elles proviennent.

12:52
Naïma Moutchou

L'antisémitisme est toujours là et vous le dites très justement ce matin, Naïma Mouchou, 3,5 actes quotidiens tous les jours. Que dites-vous à la DJ Barbara Butch ce matin ? Est-ce que vous lui apportez votre soutien ?

13:04
Présentateur

Je lui dis, mon soutien et ma solidarité. Ce qui s'est passé, les images que j'ai vues, elles sont insupportables, elles sont insupportables. On peut critiquer, pas être d'accord avec une artiste, on est un grand pays, vous voyez bien que la liberté d'expression peut s'exprimer, c'est une richesse que nous avons là. Mais empêcher une artiste de se produire parce qu'elle est juive ou parce qu'elle est homosexuelle, ça ne doit jamais exister. Jamais.

13:28
Naïma Moutchou

Là en l'occurrence parce qu'elle avait signé la loi Yadon qui vise à lutter contre l'antisémitisme.

13:32
Présentateur

Il y a des outils pour dire qu'on n'est pas d'accord, on peut même manifester, vous voyez, on est un grand pays. En revanche, empêcher l'artiste de se produire, c'est une ligne rouge là qui est franchie. Tout le monde devrait le dénoncer, quel que soit le bord politique et notamment la gauche devrait le dénoncer. Elle est absente à gauche et le monde de la culture, vous avez entendu le monde de la culture pour soutenir Barbara Butch ? Assez peu, même si j'entends quelques artistes aujourd'hui, je vois bien que c'est un sujet tabou encore une fois. Ça ne doit pas l'être, ça ne peut pas être un sujet tabou.

Le rapport à l'autre, la haine de l'autre, c'est une question de société qui nous engage tous. Et à partir du moment où vous êtes attaqué parce que vous êtes juif, alors il n'y a pas de mais, ça doit être condamné comme de l'antisémitisme.

14:14
Naïma Moutchou

Naïma Mouchou, vous portez le volet ultramarin contre le narcotrafic. Le maire d'Alès, Christophe Rivain, qui a reçu jeudi dernier des menaces de mort accompagnées de balles déposées dans sa boîte aux lettres et d'un message signé des aides-mafias. Cette lutte contre le narcotrafic, vous, pour l'outre-mer, vous l'avez dotée de 14 millions d'euros. Est-ce que c'est à la hauteur des réseaux criminels qui, eux, disposent de moyens financiers colossaux ?

14:39
Présentateur

Vous avez raison, ça nous oblige à adapter notre réponse en permanence. Ils ont des moyens colossaux, ils s'internationalisent, on a parfois affaire à des cartels. J'ai lancé un grand plan lutte contre le narcotrafic pour les Antilles et la Guyane, à la demande du président de la République, sous l'autorité du Premier ministre, justement, qui opère un changement d'échelle pour qu'on soit à minima au même niveau que les trafiquants. On va renforcer les moyens, les équipements, parce que vous savez que les Outre-mer sont en première ligne, les stupéfiants qui viennent d'Amérique du Sud, passent aux abords, par les ports, par les aéroports, des territoires ultramarins.

Donc, il faut y mettre les moyens, moyens matériels, radars, moyens de sécurité, plus de personnel, de douanes, brigades nautiques, c'est ce que nous...

15:18
Naïma Moutchou

Ça suffira ?

15:19
Présentateur

Je vais vous dire.

15:19
Naïma Moutchou

Et la corruption, notamment, par ces moyens financiers colossaux des cartels ?

15:23
Présentateur

Absolument, il y a aussi un plan anti-corruption qui est décliné, il y a aussi un moyen qui est mis sur les douanes, mais c'est un combat total, c'est vrai que c'est un combat qui est gigantesque. Il faut à la fois des moyens de sécurité, mais je vais vous dire, il faut que tout le monde prenne ses responsabilités. Il faut que les collectivités et les élus locaux fassent de la prévention.

15:38
Naïma Moutchou

C'est un appel que vous lancez ce matin ?

15:40
Présentateur

Absolument, il faut que les familles jouent leur rôle auprès de leurs enfants aussi, pour les détourner de ces trafics. Il faut que l'école apporte aussi ce qu'elle a apporté en termes d'instruction, de valeur, les associations...

15:50
Naïma Moutchou

Mais il n'est pas trop tard pour ça ? Mais il n'est jamais trop tard. Vous avez des jeunes qui sont gangrénés dans le trafic et dans le narcotrafic, et qui apportent énormément d'argent, beaucoup plus que les allocations familiales aux familles, comment est-ce que vous voulez leur dire ? Écoutez, non, ce que vous faites, ce n'est pas bien.

16:03
Présentateur

En leur donnant des perspectives, d'abord. Il faut leur donner des perspectives, c'est ce que je veux faire. Ça peut prendre combien ? Une ? Deux générations ? Écoutez, ça ne peut pas être incompréhensible. Pardonnez-moi d'être plus pessimiste que vous, Naïma Mabchou. Moi, je ne peux pas me résoudre à dire qu'un enfant va préférer choisir un réseau plutôt que choisir un travail, une formation ou un apprentissage. Non, parce que quand vous mettez les moyens, vous voyez les résultats.

C'est ce qu'on fait dans les territoires ultramarins, parce qu'on accélère sur la feuille de route économique, en offrant de l'emploi, de la formation, de l'apprentissage, en permettant à des étudiants qui veulent venir continuer à poursuivre leurs études en hexagone, de pouvoir le faire, pour les éloigner justement de la tentation de l'argent facile. Il faut des actions concrètes, c'est vrai, ça prend du temps, parce que c'est un combat qui se mène différemment aujourd'hui.

16:46
Naïma Moutchou

C'est pour ça que je vous disais, au moins une génération.

16:49
Présentateur

Je ne sais pas si c'est une génération.

16:50
Naïma Moutchou

Ça va prendre dix ans.

16:51
Présentateur

Ce qui est certain, c'est que ma responsabilité, c'est d'agir, et c'est d'agir dès aujourd'hui.

16:54
Naïma Moutchou

Et justement, selon une enquête d'Europe 1, et via notre journaliste William Molinier, la France n'est plus seulement un marché de consommation, c'est aussi un marché exportateur. La France, est-ce qu'elle se mexicanise, comme le disait un ancien ministre de l'Intérieur ?

17:08
Présentateur

Je ne dirais surtout pas qu'on en arrive à ces considérations. Et je reprends l'exemple des Outre-mer qui est très parlant. Quand vous êtes dans les Antilles, dans la Guyane, vous n'êtes pas loin de la Colombie, vous n'êtes pas loin du Pérou, du Venezuela, qui sont des pays avec des cartels très puissants, avec des moyens financiers colossaux. Est-ce qu'on veut prendre le risque, effectivement, d'avoir des États prédateurs, corrompus ? Certainement pas. Pour ne pas en arriver là, il faut lui mettre les moyens.

C'est ce que nous faisons avec le plan narcotrafic, c'est ce que nous avons fait avec la loi narcotrafic votée l'année dernière, c'est ce que nous faisons en renforçant les moyens de renseignement partagés. C'est un panel d'actions.

17:45
Naïma Moutchou

Là aussi, c'est des discussions avec la Colombie, avec des pays comme ceux-là. Absolument. Le président colombien, l'ancien président colombien, qui dit répliquer à Donald Trump que la cocaïne, ce n'était pas plus nocif que le whisky, en parlant du whisky américain.

17:59
Présentateur

Évidemment, c'est des propos qui ne sont pas acceptables et que je ne vais pas en prendre à mon compte.

18:03
Naïma Moutchou

Non, mais voyez où on en est.

18:04
Présentateur

Quand j'étais en Martinique, précisément, ce n'est pas un combat qu'on peut mener seul. On le sait pertinemment. Et donc, il y a aussi la coopération régionale à mettre en place. Quand je suis allée en Martinique, c'est ce qu'on a fait. Une vingtaine de pays qui étaient réunis, de Sainte-Lucie, de Dominique, Haïti, qui ne sont pas très loin. Ensemble, nous disons qu'il faut qu'on mène ce combat, qu'on mutualise nos moyens, qu'on partage plus de renseignements, qu'on opère aussi de manière judiciaire. Donc, il y a une volonté commune d'avancer. Il y a des actions qui sont mises en place, qui produiront, qui sont en train de produire des résultats, qui continueront d'en produire.

18:34
Naïma Moutchou

Rapidement, qu'est-ce qu'on fait pour le pouvoir d'achat dans les Outre-mer ? Taux de pauvreté, 77% en Mayotte, 53% en Guyane, 36% en La Réunion. Qu'est-ce qu'on fait ?

18:42
Présentateur

Vous avez raison, c'est un sujet de préoccupation majeure. C'est la première des inégalités, c'est le pouvoir d'achat. C'est le premier sujet dont je me suis saisi, le Premier ministre ayant dit, c'est la priorité des priorités. J'ai fait voter un texte de loi au Sénat de lutte, contre la vie chère, que je suis en train d'améliorer, qui poursuit sa navette parlementaire. Il arrivera à l'Assemblée nationale dans les prochains mois. Et je travaille à une feuille de route économique, parce qu'il faut redonner les moyens aux territoires ultramarins de développer leur économie. Ce sont des petits territoires insulaires. Il faut qu'ils puissent, dans les filières où ils peuvent produire, le faire.

Donc il faut investir. Il faut les voir vraiment comme des territoires où investir. Pas comme des territoires à compenser. Ils ont des atouts. Il y a des potentialités, il y a de l'énergie, il y a des choses à faire. On va développer cette feuille de route économique pour leur donner des moyens, ce qui permettra de faire gagner du pouvoir d'achat.

19:31
Naïma Moutchou

Y compris sur le carburant qui augmente en métropole et qui va sans doute augmenter déjà dans les territoires.

19:36
Présentateur

Conséquence, effectivement, de la guerre au Proche-Orient, à laquelle nous sommes opposés, mais que nous subissons par ailleurs. Mais il y a des mécanismes qui sont mis en place. Nous l'avons fait dès le début, avec des systèmes de compensation. Le Premier ministre en avait fait alors sa priorité. Donc un prix spécial pour les territoires d'outre-mer ? Dans les territoires ultramarins, il y a un mécanisme de fixation des prix déjà par arrêté, par voie préfectorale. On fixe un prix en fonction du mois précédent, ce qui permet déjà d'amortir le premier mois. Puis ensuite, on s'adapte.

Tout ce qu'a proposé le Premier ministre sur le plan national a vocation à s'appliquer dans les territoires ultramarins. Puis après, s'il faut des dispositions spécifiques, on le fera.

20:10
Naïma Moutchou

Merci beaucoup, Naïma Moutchou. Bonne journée.

20:12
Présentateur

Merci beaucoup.

20:13
Naïma Moutchou

Merci, Pierre De Villeneau. Et merci aussi, donc, à Naïma Moutchou.

«Les affaires de racisme anti-blancs existent et doivent être combattues», souligne Naïma Moutchou, ministre des Outre-Mer — Naïma Moutchou · Pourquijevote