Lutte contre le séparatisme, Covid et crise sanitaire... Le "8h30 franceinfo" de Yaël Braun-Pivet
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Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans le 8.30 France Info du samedi. Bonjour Myriam Mankawa.
Bonjour Mathéo, bonjour à tous.
Journaliste à la chaîne parlementaire, notre invité ce matin, et présidente de la commission des lois de l'Assemblée nationale, députée La République En Marche des Yvelines. Bonjour Yael Brunpivet. Bonjour. Au moins 9 personnes, dont 2 pompiers sont portés disparus dans les Alpes-Maritimes après le passage des pluies, en tout cas de la tempête Alex, l'équivalent de près d'un an de précipitation en 10 heures. Votre réaction d'abord ce matin ?
J'entendais les parlementaires de cette région s'exprimer, ils n'ont jamais vu ça, et le phénomène a l'air extrêmement violent. Donc on pense bien évidemment aux personnes qui ont disparu, à leurs proches qui doivent être dans un état d'inquiétude incommensurable, et aux forces de sécurité qui sont engagées de façon massive sur le terrain. Et on appelle bien sûr la population à rester chez elles et à rester en sécurité, parce que manifestement ça n'est pas terminé.
Il est évident désormais que ce sont les changements climatiques qui expliquent la multiplication de ce genre d'épisodes de fortes intempéries. Est-ce que selon vous, la région, les autorités, les services d'urgence étaient suffisamment préparés ? Ça c'est la première petite question. Est-ce qu'il faut mieux se préparer ? Est-ce qu'il faut légiférer pour mieux attendre et anticiper ces épisodes ?
Alors, on peut toujours mieux se préparer, et c'est ce qu'il faut faire. Il faut toujours apprendre de chaque épisode comme celui-ci pour en tirer des enseignements, et mieux faire la prochaine fois. Mais là, je crois que la mesure avait été prise, l'alerte avait été donnée, les établissements scolaires avaient été fermés, donc les précautions avaient été prises. Et malheureusement, face à des épisodes naturels, on ne peut pas tout faire.
Ça nous rappelle aussi que nous sommes extrêmement fragiles, et ça nous interpelle, bien sûr, sur notre avenir et sur la façon dont on peut se prémunir d'une façon beaucoup plus globale par rapport à notre niveau de vie, par rapport à notre façon d'être, par rapport à notre façon de construire également de ce type d'événements.
Et le bilan matériel et humain peut encore, hélas, évidemment, évoluer dans les prochaines heures. Myriam Ancawa.
Emmanuel Macron a prononcé un discours très attendu hier au Mureau dans les Yvelines, votre département, avec des annonces concrètes pour lutter contre l'islamisme radical. Il n'a pas parlé des séparatismes, au pluriel, mais au singulier. On va d'abord l'écouter. Ce à quoi nous devons nous attaquer, c'est le séparatisme islamiste. C'est un projet conscient, théorisé, politico-religieux, qui se concrétise par des écarts répétés avec les valeurs de la République. Il y a, dans cet islamisme radical, une volonté revendiquée, affiché une organisation méthodique pour contre-zonir aux lois de la République. Le chef de l'État a donc tranché.
Le problème, c'est bien le séparatisme islamiste et pas d'autres séparatismes, comme certains ministres ont pu l'évoquer. Il était temps de clarifier les choses ?
Il était temps. Moi, j'étais avec le président hier. C'était un discours court qui était extrêmement attendu et qui était extrêmement clair. Parce que quand vous avez des difficultés, quand vous avez des problèmes, il faut d'abord les identifier pour pouvoir les réparer. Et il faut les affronter. C'est comme, moi j'entends des gens qui disent, culture de l'excuse, etc. Ce n'est pas du tout ça. Il faut nommer les choses. Il faut comprendre les mécanismes en œuvre. Et le président hier les a extrêmement longuement décrits. Et après, essayer de trouver les solutions et proposer les solutions. Et dans le discours du président, il y avait beaucoup de solutions, beaucoup de propositions.
On va parler des mesures très concrètes. Mais on nous a, entre guillemets, vendu un projet sur les séparatismes, comme s'il fallait noyer le problème dans quelque chose de plus large. Est-ce qu'il n'y a pas un malaise au sein du groupe parlementaire La République En Marche sur ces sujets régaliens ? Certains parlementaires ont même quitté le groupe à cause de ces sujets-là.
Moi, je ne suis pas d'accord. Je ne crois pas qu'il y ait un malaise au sein de notre groupe sur ces sujets-là. Vous savez, ce qui nous rassemble au sein du groupe La République En Marche, mais peut-être plus largement dans la classe politique, c'est notre attachement à la République. Et c'est comme ça que le président a conclu son discours. C'est un discours qui est pour nos valeurs républicaines, pour ceux qui nous rassemblent et pas contre un tel ou un tel ou certaines catégories de personnes.
Et on peut faire du « et en même temps » macronien sur un sujet comme ça. On peut désigner l'ennemi, l'islamisme radical, et en même temps dire que la France a une responsabilité dans la montée de l'islamisme.
Bien sûr, bien sûr, c'est ce qu'il faut faire. On ne peut pas considérer que cette montée de l'islamisme radical dans certains de nos territoires, dans certains de nos quartiers, est quelque chose d'une part d'inéluctable, d'autre part que l'on ne peut pas éluder, éviter et réparer. Donc je pense qu'il faut qu'on agisse, parce que ce qui nous relie aussi quand on est marcheur, c'est notre capacité à agir, à regarder la réalité en face et à proposer des solutions.
Vous avez évoqué « culture de l'excuse », ce sont des choses qui sont venues notamment de l'opposition hier. Il y a des élus locaux dans ces quartiers, dans ces zones urbaines sensibles, il y a des associatifs qui disent « l'islamisme est aussi monté parce que l'État, les services publics, ont abandonné certains quartiers. » Est-ce que vous le reconnaissez ? Est-ce que le gouvernement actuel, la majorité actuelle, peut aussi avoir sa part de responsabilité dans ce phénomène ?
Ce phénomène, il n'est pas nouveau. Donc mettre la responsabilité...
Mais il ne s'est peut-être pas arrangé depuis 2017 ?
Alors, il ne s'est pas arrangé, quoique. Moi, je crois vraiment... Vous savez, moi, j'ai travaillé longuement au Resto du Coeur, à Chanteloup-les-Vignes, à Sartrouville, dans la Cité des Indes, donc c'est des quartiers que je connais bien. Les services publics ne les ont pas désertés. Il y a des maisons d'accès aux droits, la caisse d'allocations familiales est présente, il y a des associations. En revanche, dans ces quartiers-là, je pense que la promesse républicaine n'est pas remplie à plein. Les établissements scolaires, malheureusement, ont un niveau plus faible. On a des gens qui sont plus éloignés de l'emploi, plus éloignés de la formation, des gens qui sont plus isolés.
Et donc, le projet républicain, donner sa chance à tous, permettre à ce que l'école permette à chacun d'accéder à son avenir, n'est pas bien rempli. Et c'est à ça aussi qu'il faut s'attaquer. Donc, ce n'est pas la culture de l'excuse, mais il faut expliquer. Si vous n'expliquez pas pourquoi on arrive à ce type de phénomène,
comment vous voulez agir ? L'annonce la plus forte, c'est sans doute la fin de l'instruction à domicile. Dès la rentrée scolaire prochaine, tous les enfants des 3 ans devront obligatoirement aller à l'école. Ça veut dire qu'on remet en cause les lois Ferry, 1882. On change de paradigme, a dit Emmanuel Macron. Est-ce qu'il fallait aller jusque-là ?
Je crois, oui. Parce que l'école, c'est l'endroit où un enfant devient un citoyen. L'école, ça n'est pas juste apprendre à lire, à écrire, à compter. C'est apprendre à être en groupe, c'est apprendre les valeurs, c'est apprendre notre culture, c'est faire du sport. L'école, c'est un tout. Et ce tout-là, il doit être assuré à tous les enfants présents sur le territoire de la République. Après, le président a bien expliqué qu'il ne s'agissait pas de remettre en cause l'existence des écoles hors contrat. Donc, la liberté d'enseignement continuera. C'est l'instruction à la maison. Mais l'école à la maison sera plus encadrée avec des critères.
Je pense que c'est une bonne chose. On a encore d'autres questions à vous poser sur l'école, notamment sur les imams, les mosquées, et aussi évidemment sur le Covid et les mesures sanitaires. Vous restez évidemment avec nous sur France Info. Yael Bron-Pivet, on retrouve Diane Ferschit à 8h40 pour le Fil Info.
Il est tombé à certains endroits près d'une année de précipitation en 10h. Au moins 9 personnes sont portées disparues dans les intempéries dans les Alpes-Maritimes. Parmi deux pompiers, un capitaine et un pompier volontaire, emportés dans leur véhicule à la Béleine-Vésubie, à Saint-Martin-Vésubie. On est là sans nouvelles du commandant de la brigade de gendarmerie. Le département des Alpes-Maritimes est désormais repassé en vigilance orange. Vigilance orange aussi pour les Alpes de Haute-Provence, les Côtes d'Armor et la Corse du Sud. Les recherches sont compliquées par les nombreuses routes coupées et les coupures d'électricité. 12 000 foyers sont privés de courant.
Le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur sont attendus sur place, selon le député LR Eric Ciotti. Atteint du coronavirus, le président américain Donald Trump a admis à l'hôpital hier soir, l'hôpital militaire près de Washington, qu'il a rejoint en hélicoptère. Le président des Etats-Unis a été aperçu portant un masque. Il assure dans un bref message vidéo, allez très bien. En Italie, l'ancien ministre de l'Intérieur est leader de l'extrême droite, Matteo Salvini, devant les juges. Il comparaît aujourd'hui devant un tribunal. Sicilien pour avoir empêché le débarquement de migrants sauvés en mer. Les faits datent de l'année dernière.
116 rescapés étaient restés plusieurs jours bloqués à bord d'un navire. La sixième journée de Ligue 1 de football, marquée par la victoire écrasante du PSG 6-1 face à Angers. Les Parisiens remontent provisoirement à la deuxième place du championnat. A suivre ce samedi, lance face à Saint-Etienne à 17h. Nice accueillera Nantes à 21h.
France Info. La présidente de la commission des lois, députée de la République en Marche des Yvelines, Yael Brun-Pivet sur France Info avec Myriam Ancawa.
Yael Brun-Pivet, toujours sur cette question de la scolarisation de tous les enfants des 3 ans, il y a un principe constitutionnel, et ça va être compliqué de ce point de vue-là, qui est de choisir son mode d'éducation pour les parents, pour leurs enfants. Est-ce que vous ne craignez pas, au fond, de réveiller une forme de guerre scolaire ? Les associations de parents d'élèves catholiques, notamment, pourraient véritablement se mobiliser ?
Je ne crois pas, en tout cas, je ne le souhaite pas. Je pense qu'il faut comprendre pourquoi on veut introduire cette mesure. On veut l'introduire pour permettre à chaque enfant en France d'avoir une scolarité qui respecte son épanouissement, et il faut le conduire vers cette citoyenneté française et républicaine. Et ça passe juridiquement ? Et, écoutez, je pense que nous, vous savez, on est dans notre rôle, et je suis bien placée pour savoir que parfois, ça ne passe pas toujours.
Mais je pense qu'il faut, nous, être respectueux, quand nous légiférons du droit et des principes qui nous fondent, et puis après, chacun dans son rôle, nous serons très vigilants, et le Conseil constitutionnel sera à sa place et fera ce qu'il a à faire. Mais ça ne doit pas nous empêcher d'agir, je crois, profondément à cette mesure, et à ces enfants qu'il faut garder dans le giron républicain. Il ne s'agit pas, encore une fois, de dresser les uns contre les autres, donc il va falloir concerter, il va falloir discuter, mais encore une fois, la liberté d'enseignement sera respectée.
Toujours sur le détail des mesures, celles qui concernent le culte, formation des imams en France, contrôle du financement des mosquées, tout ça a été annoncé, ça va désormais être effectif, mais ça va prendre du temps. Justement, pourquoi ne pas avoir légiféré plus tôt, sachant que ce sont des propositions qu'on entendait depuis un moment ?
Alors qu'on entendait effectivement depuis un moment, moi ça fait peut-être 20 ans que j'entends parler de ces propositions-là, donc on y arrive enfin, on propose quelque chose, je pense qu'il fallait passer par la concertation, et c'est ce qui se passe depuis 2017, avec l'identification dans chaque département des interlocuteurs du culte musulman, qui pourront permettre cette structuration, donc il fallait prendre le temps de la concertation, de l'identification des interlocuteurs, amener tout le monde dans cette histoire-là. Vous reconnaissez, ça va prendre des années ? Mais ça prend longtemps, bien sûr,
mais c'est pas parce que ça va être long qu'il ne faut pas s'y attaquer. Et légiférer dans un contexte de pré-campagne électorale, puisque le Parlement se saisira au début de l'année 2021, on peut l'imaginer, de cette nouvelle loi pour renforcer la laïcité, au fond, est-ce que c'est vraiment le bon timing ? Est-ce qu'on peut raisonnablement penser qu'on peut légiférer sur des sujets aussi inflammables dans ce contexte électoral-là ?
Vous savez, après, on sera aussi dans un autre contexte électoral, celui de l'élection présidentielle qui interviendra en 2022. Mais c'est pas trop tard. Mais je crois que si on recule parce qu'il y a une élection qui arrive, on ne fera plus grand-chose dans notre pays jusqu'en 2022. Moi, je pense que le quinquennat et une mandature, ça doit être utile pendant 5 ans. Et donc, ce temps-là, il doit être utile pour légiférer sur des sujets majeurs.
Un mot peut-être sur Jean-Michel Blanquer, qui a perdu son arbitrage vis-à-vis du chef de l'État. Les mamans voilées n'auront pas à retirer leur voile lorsqu'elles accompagnent leurs enfants lors de sorties scolaires. La droite regrette que cette mesure ne soit pas annoncée.
Et vous, vous êtes satisfaite ? Moi, je suis extrêmement satisfaite parce que, encore une fois, pour avoir fréquenté ces quartiers, je me rends compte que tout ce qui pourra permettre à ces femmes de rester dans le champ républicain, de rester et de faire société avec nous, est une bonne chose. Et donc, une maman qui souhaite participer à la vie scolaire de son enfant, il ne faut jamais l'en empêcher.
Il y a le bon de pivet. L'épidémie de Covid-19, maintenant, elle continue de progresser dans plusieurs zones du pays, embellie par endroits. C'est ce que dit Olivier Véran, le ministre de la Santé. Il doit s'exprimer demain soir, notamment sur Paris. Et la petite couronne, où les restaurateurs, ceux qui possèdent des bars, croisent les doigts. Est-ce que vous redoutez un tour de vis supplémentaire ? Ou est-ce qu'au contraire, vous l'espérez ?
C'est une question difficile, c'est très difficile de bien faire en la matière. Moi, j'ai échangé avec Olivier Véran, puisqu'on était à l'Assemblée pour justement prolonger la sortie de l'état d'urgence sanitaire. On sait qu'on a encore besoin de mesures. On sait que, quoi que nous fassions, il y aura des mécontents. Parce que si nous ne faisons rien...
Il y a même de la colère, là.
Il y a de la colère, mais c'est normal. C'est leur vie, c'est leur commerce, c'est la vie sociale qui est en jeu. Donc, c'est normal qu'il y ait de la colère. Maintenant, c'est notre rôle de responsable politique, de prendre justement nos responsabilités. Et quand nous voyons des endroits, des zones où le Covid repart, il faut être vigilant et il faut prendre les mesures qui s'imposent. Ça ne fait plaisir à personne, croyez-le bien.
Je voudrais vous la faire entendre, cette colère. Parce qu'évidemment, il y a des conséquences économiques désastreuses pour les restaurateurs. Mais il y a aussi une question de méthode, prévenir en amont et concerter. On va écouter Philippe Etchébeste, chef étoilé à Bordeaux.
Aujourd'hui, je peux vous dire qu'il y a 150 000 emplois, il y a 150 000 chômeurs en plus dans notre profession sur le premier semestre. J'ai annoncé depuis des mois qu'il y aurait 30 % de faillite d'ici la fin de l'année et 250 000 chômeurs en plus. Et je pense qu'on va y arriver plus vite qu'on ne le pense.
Qu'est-ce que vous répondez à cette colère-là ? Que nous faisons économiquement tout ce qu'il faut pour les soutenir avec toutes les aides qui sont déployées, le chômage partiel, la compensation du chiffre d'affaires, qu'il faut dialoguer. Ils ont proposé de nouveaux protocoles sanitaires plus stricts. Il faut évidemment les regarder. Tout ce qu'on pourra faire pour les laisser ouverts, il faudra le faire.
Mais le dialogue, c'est le contraire de la brutalité. Dans les annonces, vous reconnaissez que sur Marseille, dans la méthode, le gouvernement a commis l'erreur.
Ce qu'il faut reconnaître, c'est quand localement, on nous dit qu'on n'a pas suffisamment concerté, il faut l'entendre. Si le ressenti des gens, c'est on n'a pas été entendu, vous n'avez pas discuté avec nous, on ne peut que l'entendre et se dire on fera mieux la prochaine fois. Maintenant, il y a des mesures difficiles à prendre. Il faut les prendre, il faut les assumer. Et moi, je salue vraiment Olivier Véran. Il est courageux, il est tenace, il est solide et il mène vraiment sa barque le mieux possible. Et il faut être derrière lui parce que c'est tout le pays qui est en jeu en ce moment.
Myriam parlait tout à l'heure de la potentialité d'un débat inflammable en période pré-présidentielle, pré-électorale sur l'islamisme. Est-ce qu'on n'est pas un peu dans le même cas de figure à toute proportion gardée avec les restaurateurs et les commerces ? Est-ce que ce n'est pas risqué, à l'image de ce qui se passe à Marseille ? Est-ce que ça ne donne pas du carburant à une forme de défiance vis-à-vis de l'État dont vous pourriez pâtir dans quelques mois ?
Moi, je ne crois pas parce que... Mais vous avez raison, il faut expliquer, il faut concerter. Mais si on explique, si on concerte, si on dialogue correctement et si on met carte sur table, voici les chiffres, voilà la progression, voilà où nous en sommes et c'est ce que nous faisons en définissant des seuils, des critères, etc. Si on fait cela, on n'encourage pas cette défiance qui pourrait effectivement exister. Maintenant, quand on voit certains pays qui reconfinent, on voit Madrid, on voit Israël, etc. Il faut être extrêmement vigilant. On ne peut pas baisser la garde, c'est ce que nous faisons. Mais encore une fois, effectivement, le dialogue, le dialogue, le dialogue.
Le plan de relance est-il bien calibré face à cette crise sanitaire qui recommence, qui repart ? Il y a beaucoup d'économistes qui vous expliquent que dans cette relance, il n'y a pas assez de mesures de court terme à effet immédiat.
Moi, je ne crois pas. Je crois qu'il y a des mesures qui doivent intervenir le plus rapidement possible et surtout qui doivent être visibles et efficaces le plus rapidement possible. L'enjeu, il est clair, c'est l'emploi. Sauver l'emploi, sauver nos entreprises et puis se saisir du plan de relance pour pouvoir transformer durablement notre économie. Se saisir peut-être de cette opportunité, finalement, même si ce mot ne me plaît pas dans les circonstances actuelles, mais se dire, voilà, on va investir des milliards, profitons-en pour faire les transformations que nous n'avons peut-être pas faits avant ou pas suffisamment fort. Et ce plan de relance peut être une opportunité.
Vous savez, moi, je suis toujours très optimiste, très positive. Donc, faisons-en une chance pour transformer la France durablement.
Il y a le Brune-Pivet sur France Info jusqu'à 9h, 8h50. Le fil info de Diane Ferschit.
Le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur attendus dans les Alpes-Maritimes. Sur France Info, la députée La République en marche de la 4e circonscription du département, Alexandra Valetta-Hardisson, se dit très inquiète, sans nouvelles, de certains secteurs. Elle met en garde les habitants contre le risque d'éboulement suite aux crues et aux importantes précipitations. Au moins 9 personnes sont portées disparues, 2 pompiers et un commandant de gendarmerie, notamment. 12 000 foyers sont, eux, privés de courant.
Après avoir moqué la prudence et le port du masque de son adversaire Joe Biden, Donald Trump atteint du Covid-19, a été hospitalisé hier soir près de Washington, transféré en hélicoptère depuis la Maison-Blanche. Une mesure dans un souci d'extrême prudence, précise sa porte-parole. Le président américain, âgé de 74 ans, reçoit un traitement expérimental. Enrayé la chute du nombre de licenciés, c'est la priorité des deux candidats à la tête de la Fédération française de rugby. Le sortant, Bernard Laporte, fait face à Florian Grill, le président du comité Île-de-France. On connaîtra le résultat du scrutin à midi.
La suite du 3e tour à Roland-Garros avec Novak Djokovic, cet après-midi, face aux Colombiens Daniel Elay Galan. Le français Hugo Gaston a lui créé l'exploit hier en battant en 5-7 le Suisse Stan Wawrinka, vainqueur du tournoi parisien en 2015. Hugo Gaston affrontera demain en 8e de finale le 3e mondial Dominique Thiem.
France Info. Le 8-30 France Info avec Yael, Bron Pivet et Myriam Ancawa.
On va parler à présent de la colère inédite des magistrats contre leur garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti. La magistrature estime que le ministre de la Justice est en situation de conflit d'intérêt. Je précise parce que c'est compliqué, ces fadettes, ces factures de téléphone ont été épluchées comme celles d'autres avocats par le parquet national financier dans le cadre de l'affaire Bismuth dans laquelle est mise en cause Nicolas Sarkozy et Thierry Herzog, l'avocat de l'ancien président de la République. Eric Dupond-Moretti a ouvert une enquête contre 3 juges du parquet national financier à l'origine de ces découtes.
Conflit d'intérêt, mélange des genres, disent les plus hauts magistrats de notre pays. Écoutez.
Ce n'est pas la magistrature qui est en danger, c'est l'indépendance de la justice, c'est tout à fait différent. Le jour où l'inspection générale de la justice prendra son rapport disciplinaire, c'est de nouveau au ministre, pourtant victime des faits objectivement commis, qu'il appartiendra de décider s'il saisit le conseil supérieur de la magistrature.
Vous êtes avocat, Thierry Noulbou, on vient d'entendre François Mollins, le procureur près la cour de cassation. L'indépendance de la justice, ça vous tient à cœur, est-elle en danger aujourd'hui ?
Non, je ne crois pas. Je pense que depuis qu'il est garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti a fait beaucoup parler de lui. Moi, je travaille avec lui depuis trois mois. Je vois un garde des Sceaux qui est à la tâche, qui est formidablement motivé pour faire bouger les lignes.
Et qui se met à dos les juges, qui défilent dans la rue, c'est inédit, c'est rarissime que les magistrats manifestent.
Ça n'est pas inédit, c'est arrivé à de très nombreux gardes des Sceaux. C'est une institution qu'il est très compliqué de réformer. Il y avait une défiance à l'égard d'Éric Dupond-Moretti dès le départ. On peut se rappeler les propos de certains magistrats quand il a été nommé à la chancellerie. Moi, ce que je vois, c'est qu'un ministre qui est à la tâche, qui a obtenu le plus gros budget de la justice depuis 20 ans, avec plus de 8% du budget de la justice, on va pouvoir faire des embauches de magistrats, de greffiers. On va pouvoir travailler sur la justice de proximité.
Mais quand il y a une suspicion sur la personne même, avouez quand même que le mélange des genres est particulier. Thierry Herzog est un ami d'Éric Dupond-Moretti. On se demande si ce n'est pas lui, le garde des Sceaux-Latteau, qui a renseigné sur ses écoutes.
Avouez quand même que c'est très spécial, ce contexte. Mais alors, dans ces cas-là, on ne peut pas mettre un avocat à garde des Sceaux ? On ne peut pas mettre un magistrat à garde des Sceaux ? Parce qu'évidemment... Ce n'est pas la question. La question, c'est qu'il avait porté plainte parce qu'il était lui-même dans ses factures téléphoniques. Non, non, mais vous me parlez de ses amitiés. Moi, je vous indique que, évidemment, moi, je suis aussi amie avec Hervé Témime, qui a été aussi victime de ses fadettes. Donc, qu'est-ce que je fais en tant que présidente de commission des lois ? Je ne m'exprime plus, je ne travaille plus sur ces dossiers. Ça n'est pas possible.
Alors, est-ce que ce sont des Énarques qui dirigent l'Énar ? Il y a un moment où ces grandes écoles doivent être dirigées par des personnes compétentes de qualité. Je crois que c'est le cas. Donc, c'est du corporatisme, du mauvais corporatisme des juges. Est-ce que vous m'avez entendu dire ça ? C'est une question. Je ne le crois pas. Je crois, encore une fois, qu'il faut absolument que la confiance soit là, que le dialogue soit là. Et il faut qu'on avance tous. Nous aimons tous notre justice. Et ces magistrats, ces hauts magistrats qui s'expriment, l'aiment par-dessus tout. Donc, il faut qu'on la respecte. Il faut qu'on la protège. Il faut qu'on l'améliore dans l'intérêt de nos concitoyens.
Et Éric Dupond-Moretti respecte la justice. Mais bien sûr, Éric Dupond-Moretti respecte la justice. Il fait son travail de garde des Sceaux. Il n'atteint pas l'indépendance de la justice. Et moi, j'invite tout le monde, vraiment, à retrouver le chemin de la sérénité. On a une occasion unique de réformer notre justice dans le bon sens, encore une fois, dans l'intérêt de nos concitoyens.
Yael Brunpivet, on profite que vous soyez là pour vous demander comment ça va du côté de La République En Marche. On sait qu'il y a eu pas mal de départs ces derniers temps, sur différents sujets. Comment va le groupe parlementaire, sachant qu'on a reçu dimanche dernier sur France Info, à votre place, Cédric Villani, qui a quitté le groupe, lui aussi, qui en a même été écarté. Il a dit, je suis bien content, pour résumer, je schématise, de plus en être par rapport à tout ce que je vois, par rapport à leur déchirement et la façon dont ils le rendent public. Comment ça va, alors ?
Écoutez, pour moi, ça va très bien. Moi, je suis plus que jamais soudée à cette majorité. J'y crois plus que jamais. Moi, je faisais pas de politique avant, et ça fait trois ans qu'on réforme. On n'est pas toujours d'accord au sein du groupe majoritaire, mais c'est ça, un groupe. On débat, on discute. Moi, je n'y vois pas de fracture majeure. Là, il y a quand même des gens qui partent. C'est plus que ne pas être d'accord. Bien sûr, mais il y a d'autres groupes qui se sont créés à l'Assemblée. Donc, il y a des gens qui partent, mais qui restent pour la plupart dans les groupes majoritaires, qui vont à agir, qui vont au Modem. Moi, voilà.
Ça, c'est le Parlement, mais le parti va mal aussi. Puis, vous cumulez les défaites électorales, municipales, sénatoriales. Au fond, ce parti, c'est une écurie présidentielle. On se retrouve en 2022, puis en attendant, c'est une coquille vide.
Alors, comme souvent, ça n'est pas une coquille vide, mais comme souvent, des partis créés par quelqu'un qui devient président de la République, c'est évidemment un parti présidentiel. Maintenant, on s'implante localement. C'est difficile de s'implanter localement. Les autres partis ont mis des dizaines d'années à s'implanter. Et il se trouve que moi, j'ai été élue au conseil municipal de ma ville dans une liste majoritaire en marche. Donc, je suis la première à dire, on peut arriver à s'implanter, mais ce n'est pas facile. Et ça se fait sur la durée, avec beaucoup de cœur, beaucoup de motivation, avec des projets. Moi, j'y crois. Il faut qu'on y aille. Il faut insister.
Et puis, il faut surtout embarquer nos militants. Donc, le macronisme, ça n'est pas qu'Emmanuel Macron. Ça n'est pas qu'Emmanuel Macron. C'est des centaines de milliers de personnes qui y croient, qui ont envie de faire de la politique autrement et de continuer.
Un dernier mot, si vous permettez. Vous avez beaucoup travaillé sur la Nouvelle-Calédonie. On vous avait d'ailleurs reçu il y a deux ans pour en parler sur France Info. Elle vote. Il vote sur place la nuit prochaine à nouveau. Référendum sur l'indépendance. Le nom l'avait apporté il y a deux ans. Je ne vous demande évidemment pas de prendre parti. Mais qu'est-ce que vous attendez de ce nouveau vote ? Rapidement.
Rapidement, c'est juste pour dire que la Nouvelle-Calédonie compte pour nous, compte pour la France. Et je crois que la France compte pour la Nouvelle-Calédonie. On voit qu'il faut que ça se passe d'une façon extrêmement sereine. C'est le cas. Et j'espère qu'ils iront massivement aux urnes pour se prononcer sur leur destin.
Yael Brunpivet, invité de France Info. Merci beaucoup. Merci beaucoup, Myriam Ancawa. Merci à vous. Bonne journée à toutes les deux. On se retrouve demain sur France Info à la même heure avec Jean-Jérôme Bertelus et Jean-Pierre Chevènement.
Yaël Braun-Pivet