Xavier BERTRAND intervient clairement sur le problème des éoliennes terrestres.
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- 3:30Invité politiqueChiffre
« Quand nous sommes arrivés, il y avait 1 000 mâts éoliens dans la région. »
- 3:37Invité politiqueChiffre
« Il y avait 1 000 dossiers déjà instruits qui ne demandaient qu'à sortir de terre. »
- 4:41Invité politiqueFait
« L'éolien, contrairement à ce qu'on dit, ça ne crée pas d'emploi. »
- 5:31Invité politiqueFait
« Il y a une enquête de la Cour des comptes qui a été faite qui montre que les tarifs de rachat, c'est quasiment un scandale d'État. »
- 8:02Invité politiqueFait
« Je suis un ancien ministre de Santé. »
- 8:25Invité politiquePromesse
« On a décidé de booster deux autres énergies renouvelables, la méthanisation et le solaire. »
- 8:56Invité politiquePromesse
« Pas de déboisement et également pas d'occupation de terres agricoles. »
Temps de parole
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- ?6 %
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Il y a des projets dans tous les villages au nord de l'Aisne, là on va être chargé d'éoliennes comme c'est pas possible. Et moi je viens aujourd'hui vous demander si vous pouvez en tant que président de région, de exiger une étude épidémiologique. Parce que moi j'ai des gens malades avec les infrasons, il y a des vaches malades avec les infrasons aussi. Il y a des ondes électromagnétiques le long des routes qui sont très dangereuses. Moi j'ai une étude CRIREM qui dit que c'est très dangereux. Et on nous met une 90 000 volts d'un côté, 140 000 volts de l'autre. Et tout ça, ça se fait sans études épidémiologiques. Monsieur Macron refuse de les faire.
J'ai appelé l'académie de médecine qui me dit réclamez parce qu'on nous les refuse. Donc j'aimerais savoir si vous avez la possibilité d'exiger ces études.
Je
peux les exiger. Normalement l'Etat n'est pas obligé de me les donner. Donc moi je suis prêt à les financer.
Mais
je vais y revenir dans quelques instants. Quelqu'un d'autre veut donner un autre point de vue sur les éoliennes
?
Monsieur
?
François
? Oui,
moi je voulais simplement apporter un témoignage d'un élu qui est contre l'éolien.
Et
qui, dans un territoire qui a du patrimoine,
a
essayé de protéger son patrimoine, a essayé de protéger sa ruralité.
Et
c'était doublement difficile
parce
que non seulement j'avais un certain nombre de collègues qui cherchaient aussi à avoir des moyens de pouvoir assurer du développement dans la ruralité. Mais l'agglomération est venue les accompagner pour qu
'on
trouve ensemble une solution pour un développement équilibré.
Mais
j'avais une deuxième difficulté.
C
'est que j'avais aussi les boîtes éoliennes qui ont leur siège dans mon agglomération.
Et
qui savent mettre une pression. Et bien je peux vous dire que le rôle d'avocat
de
Xavier Bertroix a parlé tout à l'heure. ça fait la différence. Parce que c'est quand on a une voix forte comme celle de Xavier, avec ce qu'il peut dire au plan national, mais ce qu'il peut dire aussi dans tous les territoires de la région, et bien ça, ça fait un relais sacrément important pour accompagner les élus qui veulent s'opposer. Et c'est aussi ce à quoi peut servir la voix du président du conseil régional. Et je lui dis merci.
Oui,
mais je vais être très honnête avec vous. La voix aujourd'hui, elle ne porte pas assez. Ma voix ne porte pas assez. Pourquoi ?
Je
vais vous expliquer. Je vais essayer de ne pas être trop long. Je ne
sais
pas si je mettrai tout le monde d'accord. Je ne chercherai pas à mettre tout le monde d'accord. Je vous dis exactement ce qu'on fait et ce qu'on va maintenant faire.
La
première des choses, c'est qu'aujourd'hui, un préfet qui veut dire oui n'a à tenir compte de l'avis de personne.
Ni
de l'enquête publique, ni des élus. Depuis notre arrivée à la région depuis deux ans,
je
n'ai toujours donné que des avis négatifs sur tous les projets éoliens dans la région.
Je
n'ai jamais donné un avis positif. Je n'ai jamais été neutre. A chaque fois que j'ai été saisi, j'ai donné un avis négatif.
Il
y a quelques projets
sur
lesquels l'État
a
reculé, n'a pas donné d'avis. J'en ai en tête quelques-uns, notamment dans l'Aisne. Très peu. Pourquoi ? Parce que la loi aujourd'hui
donne
quasiment obligation au préfet de dire oui s'il n'a pas d'élément de l'enquête publique qui lui permet d'éviter d'aller au tribunal. Je prends la défense de personne, j'explique.
Quand
nous sommes arrivés,
il
y avait 1 000 mâts éoliens dans la région.
1
000 mâts installés dans la région.
Il
y avait 1 000 dossiers
déjà
instruits
qui
ne demandaient qu'à sortir de terre.
1
000 existants sortis de terre, 1 000 autorisés à sortir.
Et
les dossiers ont continué à arriver au fur et à mesure.
Nous
étions la 2e région de France pour l'éolien. Nous sommes devenus, c'est un record dont je me passerai bien, la 1re région à produire de l'éolien. Donc je l
'ai
dit tout à l'heure, je me fais engueuler par les pro-éoliens, c'est pas grave, j'assume que
je
suis un grand garçon. Mais j'ai pas envie, parce que ça commence à venir, doucement, il a été dit qu'il était contre, et puis ça continue à venir. Oui, je suis président des Hauts-de-France, je suis pas président de la France, et si j'en avais la possibilité, je changerais la loi.
C
'est la raison pour laquelle je vais demander aux parlementaires de la région
de
proposer un texte de loi ou des amendements pour changer la règle. Il fut une époque
où
j'avais demandé qu'on applique la règle des 1 000 m, comme en Allemagne, par rapport aux habitations, à défaut de pouvoir appliquer celle des 1 500 m qui, paraît-il, anéantirait tout projet éolien, ce qui, moi, en tout cas, ne me dérangerait pas. Pourquoi j'ai pris cette décision
? Pourquoi
j'ai pris cette décision ? Parce que l'éolien, contrairement à ce qu'on dit, ça ne crée pas d'emploi. Et je ne vous sors pas ça de ma science, je me suis rendu compte par moi-même, un jour où sur le Saint-Quantinois, territoire qui n'était pas celui de ma commune ni de l'agglomération, il y avait un parc éolien, ils avaient décidé de faire une journée porte ouverte pour montrer, justement, ce qu'était l'entretien.
Et
quand j'ai demandé aux agents qui étaient là, qui faisaient l'entretien des maéoliens,
les
personnes qui étaient là, quelques-unes, elles couvraient tout un territoire qui faisait le grand quart nord-est.
Ça
allait de Nancy jusqu'à Dunkerque et donc au Saint-Quantinois. Parce qu
'il
n
'y
a quasiment pas
d
'emploi pour la maintenance. Et que, d'autre part, toute cette filière, elle nous échappe. Même si, aujourd'hui, il
y a
des grands groupes qui ont racheté, sur systématiquement ces projets, il
n
'y
a
pas l'emploi qui était la clé.
Donc
moi qui suis pour le travail et pour l'emploi, on ne s'y retrouve même pas.
D
'autre part, il y
a
une enquête
de
la Cour des comptes qui a été faite qui montre que les tarifs de rachat, c'est quasiment un scandale d'État. Parce qu'on a voulu booster les énergies renouvelables, d'accord, mais à quel prix
? Donc
je le dis très clairement, on ne s'y retrouve pas. Nous avons toujours donné un avis défavorable. Et je le dis également sur un projet éolien, vous le savez, sur la Picardie-Maritime. Non seulement nous avons été contre, je me suis fâché avec le président de la région Normandie,
on
dit, ce n
'est
pas très grave, peut-être que ça reviendra, peut-être que ça ne reviendra pas. Je l'assume.
Et
nous faisons également, nous avons fait démissionner nos membres au Conseil parce que j'estime que dans le parc, ce qui a été décidé est une erreur.
Le
problème, c'est que même en donnant des avis défavorables,
on
nous suit quasiment une à deux fois sur dix. Donc moi ce que je voudrais,
c
'est que maintenant, les préfets ne puissent plus donner d'avis favorables si les collectivités locales concernées, par exemple, Conseil départemental et Conseil régional sont contre. Parce que, excusez-moi, on n
'est
pas au club Mickey, le Conseil régional, je pense que, je ne
sais
pas, les gens sont déplacés pour voter, on n
'a
pas été tiré au sort. Si on exprime un avis,
on
a quand même le droit d'en tenir compte. Donc je voudrais qu'il y ait ça dans la loi. Autre aspect,
il
faut sensibiliser l'opinion publique.
Nous
allons publier, mais ça demande un gros travail, parce qu'il y
a
beaucoup de projets qui sortent,
un
observatoire de l'éolien, pour que les gens se rendent compte ce que sont les mille mâts qui étaient sortis et les mille mâts qui étaient à sortir et dont beaucoup sont sortis de terre. Que les gens se rendent compte qu'on est déjà aujourd'hui dans l'overdose. C'est un travail important, parce qu'il est sans cesse à renouveler. Et avant de le lancer pour l'opinion publique, nous allons réunir, on va essayer de le faire avant la fin du mois de mai, même si c'est un mois qui n
'est
pas facile, avant la fin du mois de mai,
c
'est l'ensemble des associations
anti
-éolien de l'ensemble de la région,
pour
à la fois vous présenter l'observatoire, pour le faire connaître,
et
voir avec vous quelles seraient les nouvelles possibilités d'action.
Je
n'ai pas la possibilité d'obtenir la garantie que l'Etat financera des études. Je suis prêt à en financer une partie.
Je
suis prêt à en financer une partie.
Parce
que l'impact, on nous dit qu'il ne compte pas, je serais curieux de savoir, ceux qui sont vraiment pro-éolien, s'ils sont vraiment prêts à laisser un mât d'éolien s'installer juste au-dessus de ces jeux. Juste ça. Juste pour savoir. Et j'ai la même attitude, j'ai beau être pour le développement économique, sur une ligne à très haute tension, dans le nord de la région,
où
là encore, les gens me disent non, il n
'y a
rien à craindre, je leur demande juste s'ils sont prêts, eux, à vivre avec leur famille, juste en dessous. Je ne
dis
pas qu
'il
y
a
des problèmes, je demande juste à savoir si d'un point de vue épidémiologique et santé, je suis un ancien ministre de Santé, s'il n
'y a
pas de problème.
Après, je
suis en train de proposer autre chose au gouvernement.
Et
j'ai eu M. Lecornu au téléphone pour lui expliquer ce que je souhaitais développer comme stratégie,
mais
je sais pertinemment que, comme il faut développer les énergies renouvelables, je ne
peux
pas seulement être le gars qui dit non à l'éolien. Donc on a décidé de booster deux autres énergies renouvelables, la méthanisation et le solaire. Alors, vous pouvez sourire, on me dit, le solaire, à la région, et pas parce qu'il a fait beau pendant le week-end. Non, très sérieusement, vous avez ce qu'on appelle des questions d'intermittence pour le solaire, mais on l'a aussi pour l'éolien, parce que si on développe beaucoup le solaire et la méthanisation, en termes d'énergie renouvelable, l'État aura son compte et on nous foutra la paix avec l'éolien.
Donc là, la région est prête à mettre de l'argent sur les projets méthanisation et sur la partie solaire, mais sur la partie solaire avec deux règles.
Pas
de déboisement
et
également pas d'occupation de terres agricoles, ce qui veut donc dire qu'on pourrait mettre du solaire sur des toitures, habitation non principalement de l'industriel ou de l'agricole, mais aussi comme on a un grand nombre de friches industrielles qu'il y a dans la région, c'est là également qu'on pourrait le mettre. Et ce que j'ai dit au ministre, bon, il m'a dit oui,
en
principe, mais c'est pareil, j'aime bien vérifier les choses, si on prend un engagement sur le financement et sur le développement du solaire et de la méthanisation, est-ce que réellement, on change la donne dans la région qui est devenue la première pour produire d'électricité à partir du lien. Je vous explique tout, franchement, à savoir, il faut mobiliser l'opinion, le grand public, c'est l'observatoire.
C
'est de faire le point avec vous sur la bonne façon de faire, les associations. Deuxièmement, de mobiliser les parlementaires, députés comme sénateurs, pour porter des amendements ou essayer de provoquer un débat parlementaire là-dessus. Et le troisième point, c'est de dire au gouvernement, OK, vous avez vos objectifs, OK, très bien, moi, dans ces cas-là, je vous remplace l'éolien par le solaire et par la méthanisation. Si avec tout ça, on n'y arrive pas, bon, ça veut donc dire qu'il y en a certains qui ne font pas preuve de bonne volonté.
Et je pense que dans la partie information du grand public, ce rapport de la Cour des comptes sur le coût des énergies renouvelables, il vaut la peine de ne
pas
rester dans un tiroir et qu'il soit effectivement communiqué. C'est aussi ce que je proposerais aux associations anti-éoliens. Voilà exactement où on en est. Si j'avais la possibilité
à
chaque fois, pas seulement de dire non,
mais
de bloquer, je le ferais. Mais la loi aujourd'hui, telle qu'elle est, même quand je dis non et j'ai toujours dit non, ne permet pas d'être plus efficace que cela. Alors dans ces cas-là, quand le cadre me gêne, j'essaye effectivement de repousser le cadre. Voilà. Je le dis très clairement. En politique, il ne
faut
pas chercher à plaire à tout le monde.
Ce
n
'est
pas mon problème. J'ai une conviction parce que ça ne crée pas d'emploi, parce que je crois aux nuisances, je le dis aussi très clairement, et parce que je pense que trop, c'est trop. Je crois qu'aujourd'hui,
il
faut passer à une autre phase. Donc vous avez noté, pour ceux qui sont concernés par le sujet, qui sont dans des associations ou à la tête d'association, ce rendez-vous qui sera fixé et ces nouvelles initiatives, en espérant juste que là-haut, ils nous écoutent. C'est vrai qu'à Paris, ils ne sont pas trop concernés par les éoliennes, mais en tout état de cause,
j
'aimerais juste, ce
qui
est très difficile à faire parfois en politique, c'est qu'ils redescendent un tout petit peu
de
leurs nuages et qu'ils se mettent tout simplement à la place. A bon entendeur.
C'est parti.
Xavier Bertrand