La grande interview de Vincent Jeanbrun, Ministre de la Ville et du Logement
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:31OuverteRéponse directe
Quelle doit être la réponse du gouvernement demain face aux appels à la violence ?
- 2:06OuverteRéponse partielle
À quoi est-ce qu'on assiste en ce moment ? Vous voyez des jeunes inquiets pour leur avenir ou des casseurs ?
- 6:36OuverteRéponse directe
Marine Le Pen a déclaré que des élèves de 16 ans qui cassent dans leur lycée doivent en être exclus. Est-ce que vous êtes d'accord avec elle ?
- 7:16RelanceRéponse directe
Un étudiant, un jeune qui casse à 16 ans ? Il faut le laisser dans le système scolaire ?
- 8:25OuverteRéponse directe
Vous ne pensez pas qu'il faudrait introduire de la sélection en faisant des classes de bons élèves et en excluant ceux qui à 16 ans cassent ?
- 9:52RelanceRéponse directe
Pourquoi aujourd'hui, les politiques ne font pas payer les casseurs ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:34Invité politiqueFait
« Face aux violences, elles doivent être extrêmement fermes. »
- 1:33Invité politiqueChiffre
« On a quasiment 1000 policiers blessés dans notre pays avec des situations extrêmement graves. »
- 3:00Invité politiqueFait
« On a dans notre pays aujourd'hui une force politique, la France Insoumise, qui s'amuse à ses universités d'été, à dessiner avec un spectacle de drones le portrait de Robespierre dans le ciel. »
- 3:31Invité politiqueFait
« Je suis élu dans le département du Val-de-Marne, où nous avons M. Louis Boyard, qui est également élu. »
- 4:51Invité politiqueFait
« Le gouvernement, à travers les articles 40, vous savez, on saisira le procureur à chaque fois que ce sera nécessaire. »
- 5:44Invité politiqueFait
« Au moment des émeutes de 2023, M. Mélenchon s'amusait à tweeter en disant aux jeunes ce qu'ils avaient le droit de brûler ou pas brûler. »
- 6:00Invité politiqueFait
« Mme Kéké, lorsqu'elle était dans mon bureau de maire, elle m'expliquait qu'elle aimerait bien que la police tue mes enfants pour que je me rende compte de ce que c'était les violences policières. »
- 6:50Invité politiqueFait
« qu'un élève qui casse, il doit être sanctionné. »
- 7:52Invité politiquePromesse
« Moi, je considère qu'il doit ensuite faire des travaux d'intérêt général pour pouvoir réparer ces dégradations. »
- 9:37Invité politiqueFait
« Le principe de casseur-payeur, ça devrait devenir un pilier dans le fonctionnement de notre société. »
- 10:38Invité politiquePromesse
« Il y a un texte, et ça va être un vrai révélateur, qui s'appelle « Casseurs payeurs », qui va être présenté au Parlement. »
- 12:09Invité politiquePromesse
« on identifie la personne, on la condamne, et elle ou ses parents payent la réparation et les dégâts pour que ce ne soit plus les Français qui payent mille fois les mêmes espaces publics. »
- 13:29Invité politiqueFait
« Il a écrit une réalité. »
- 15:33Invité politiqueFait
« Cet objectif, il est impossible à atteindre si on ne change pas les règles du jeu. »
- 16:00Invité politiquePromesse
« un prêt à taux zéro parentalité pour permettre aux familles qui ont un enfant à naître d'avoir la possibilité d'acheter plus grand. »
Temps de parole
- Vincent Jeanbrun76 %
- Présentateur19 %
- Invité3 %
≈ 6,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Grande interview Europe 1 CNews, Romain Desarbres. 8h13, la grande interview CNews Europe 1 avec ce matin Vincent Jambrun. Bonjour Vincent Jambrun. Bonjour. Ministre de la ville et du logement. On va balayer évidemment toutes les actualités et on va commencer par la journée de demain, journée du 17 octobre. La police redoute des dégradations et des agressions demain 17 octobre parce qu'il y a des appels à la violence qui circulent sur les réseaux sociaux. Certains gilets jaunes historiques rêvent de bloquer à nouveau le pays. Quelle doit être la réponse du gouvernement demain
?
Face aux violences, elles doivent être extrêmement fermes. Nous sommes dans un grand pays, le droit de manifester est garanti et exprimer ses accords, ses désaccords, ses revendications, c'est parfaitement légitime. Et d'ailleurs, quand on le fait en respectant les règles de droit, la police est là pour protéger les manifestants, ceux qui ont des revendications, c'est logique. En revanche, comme on l'a vu dans le parasitage des manifestations lycéennes, avec ces casseurs, ces violents qui venaient provoquer de véritables violences urbaines, ceux-là, il faut effectivement que la réponse soit extrêmement ferme.
C'est important parce qu'à la fois, c'est pour protéger nos concitoyens et les manifestants eux-mêmes. On le voit, moi je l
'ai
vu devant un des lycées de ma circonscription, les élèves qui ont été blessés l'ont été par d'autres jeunes violents cagoulés avec du mortier, enfin des tirs de mortier qui ont blessé leurs petits camarades. Et je voudrais d'ailleurs avoir une pensée pour l'ensemble de celles et ceux qui ont été victimes de ces violences urbaines en parallèle des manifestations lycéennes, à commencer par les policiers. On a quasiment 1000 policiers blessés dans notre pays avec des situations extrêmement graves, certains qui sont passés au bloc opératoire, je veux vraiment leur adresser ma solidarité et leur souhaiter bon courage pour les manifestations de demain.
Et je pense également aux professeurs, tout particulièrement en cette journée, où on a une pensée pour Samuel Paty et Dominique Bernard. C'est l'anniversaire de la mort de Samuel Paty aujourd'hui, ça devrait aussi nous faire réfléchir et apporter tout notre soutien à tous les professeurs qui essayent,
dans
des conditions pas faciles, d'élever nos enfants et d'en faire de vrais citoyens.
Des lycéens et des étudiants qui bloquent des établissements scolaires depuis plus de trois semaines, parmi eux donc certains brûlent et cassent. À quoi est-ce qu'on assiste en ce moment ? Qu'est-ce que vous voyez dans le pays ? Vous voyez des jeunes inquiets pour leur avenir ou des casseurs
? Je crois que tout
le monde dans ce pays aujourd'hui est inquiet. Jeunes, pas jeunes, âgés, seniors, le contexte international, le climat qui est bouleversé, une situation économique dramatique, peu d'espoir pour la suite. Il faut se dire les choses, tout le monde est inquiet. La question c'est, cette inquiétude... À qui la faute ? Globalement, on affronte beaucoup de crises.
On
n
'est
pas aussi inquiet dans tous les pays du monde. Objectivement, si on est un peu objectif, la crise sur le détroit d'Hormuz, elle touche tous les pays, la canicule hors du commun qu'on a vécu cet été, etc. Mais mon propos est de dire, cette inquiétude,
il
faut aussi l'entendre, il faut essayer de trouver comment on y répond. Et à côté de ça, vous avez des personnes qui vont s'amuser de ce climat, de cette inquiétude, de ces colères, et notamment qui vont essayer... S'en amuser ou en profiter ? D'en profiter pour faire une véritable révolution. On a dans notre pays aujourd'hui une force politique, la France Insoumise, qui s'amuse à ses universités d'été, à dessiner avec un spectacle de drones le portrait de Robespierre dans le ciel. Ça dit tout de leur volonté insurrectionnelle.
Et l'effet de faire la révolution... Et je veux
vous le dire ici... Et donc prendre le pouvoir de façon non démocratique ? En tout cas, ils veulent, à travers le saccage qu'ils mettent dans nos rues, créer un climat de tension tel que ça leur donne une petite chance d'accéder au pouvoir. Et effectivement, d'une certaine façon, ils jouent sur les peurs, sur les inquiétudes. Je suis élu dans le département du Val-de-Marne, où nous avons M. Louis Boyard, qui est également élu. Avant même qu'on parle sur les chaînes d'info des manifestations lycéennes, il était déjà en train d'aller mettre le feu, d'une certaine façon, à travers sa présence et à travers les mots, devant les lycées, où qu'est-ce qu
'on
voyait comme schéma ? Quelques jeunes qui commençaient un blocus, pas très nombreux. Le parlementaire M. Boyard, député avec son écharpe tricolore, qui arrivait, qui lançait des slogans, qui essayaient de faire des vidéos pour TikTok. Et puis derrière, des voitures qui arrivaient avec des casseurs, cagoulés, mortiers, etc. Ça a commencé comme ça. Donc le lien avec la France insoumise, il est indubitable. Ça n'empêche pas qu'il
y a
des lycéens, comme d'autres catégories de la population, qui ont des revendications légitimes. Mais cette volonté de créer de la violence urbaine, et de finalement hybrider, pardon pour ce mot, des manifestations légitimes et ces violences urbaines, on voit bien que la France insoumise en est un acteur majeur. Et pardon, mais on parle de ces violences, on vient de rendre hommage à Samuel Paty, à Dominique Bernard. Vous avez la section LFI de Suren,
qui
a fait des tracts, mettant une cible dans le dos du proviseur d'un lycée de Suren. Aucune excuse, aucun recul sur cette agression d'un membre du corps enseignant. C'est inadmissible. Et le gouvernement,
à
travers les articles 40, vous savez, on saisira le procureur à chaque fois que ce sera nécessaire, parce qu'encore une fois, on a le droit d'avoir un débat idéologique, on a le droit d'avoir des partis politiques qui défendent des opinions différentes. Essayer d'inciter les uns et les autres à enfreindre les règles de droit, c'est inadmissible. Vincent Gendrin,
est-ce qu'il faut aller au-delà de l'indignation et réclamer l'interdiction de la France insoumise ? Bruno Retailleau a posé la question, on dit, la question se pose.
Moi, je combats les formations politiques dans le cadre politique. J'avais, dans ma circonscription, la députée Rachel Kéké, j'ai pris mes responsabilités, je me suis présenté aux législatives, et les électeurs ont choisi, et je l'ai battu dans les urnes. Donc je pense que c'est le meilleur moyen de démontrer à nos concitoyens qu'il y
a
un autre projet de société, et montrer la supercherie de cette formation politique. Vous savez, moi, je n'oublierai jamais qu'au moment des émeutes de 2023, M. Mélenchon s'amusait à tweeter en disant aux jeunes ce qu'ils avaient le droit de brûler ou pas brûler. Voilà. Et comme il avait oublié de dire qu
'il
ne
fallait
pas brûler la maison des gens,
vous
connaissez la suite de l'histoire. Je pense que c'est ça dont on parle. Mme Kéké, lorsqu'elle était dans mon bureau de maire, elle m'expliquait qu'elle aimerait bien que la police tue mes enfants pour que je me rende compte de ce que c'était les violences policières. Ce discours révolutionnaire, elle me l'a dit droit dans les yeux. Je peux vous le dire ici, c'est extrêmement dangereux. Mais je comprends la posture de dire qu'on n'a qu'à les interdire. Mais ce
n
'est pas parce qu'on casse le thermomètre qu'il n'y
a
plus la fièvre. Il faut aller la combattre. Il faut qu
'on
soit le médicament qui fasse baisser la fièvre. Et pour ça, il faut aller voir les électeurs,
il
faut aller voir les citoyens français en leur disant « C'est une illusion, c'est le chaos qu'on vous promet à travers la France insoumise
».
Marine Le Pen était hier soir sur CNews et sur Europe 1. Et elle a déclaré que des élèves de 16 ans qui cassent dans leur lycée doivent en être exclus et qu'ils iront se chercher une autre institution pour les éduquer. Est-ce que vous êtes d'accord avec elle ? Évidemment
qu'un élève qui casse, il doit être sanctionné. Non, ce n
'est
pas
ce
qu
'elle
a dit.
Ça, ça paraît évident. Pardon, mais ce n'est pas du tout ce qu'elle a dit. Elle
a dit qu'il doit être exclu. Mais la vérité, c'est qu
'ils
sont déjà exclus. Non ? Dans un lycée,
dans un collège.
Oui,
mais
on leur retrouve un autre établissement. Effectivement, elle a semblé proposer qu'il soit définitivement sorti au niveau... Je pense qu'il faut distinguer les lycéens
et les étudiants. Donc pour vous, non ? Il faut le laisser dans le
système scolaire ? Un étudiant, un jeune qui casse à 16 ans ?
Moi, je pense qu'il faut sanctionner avec beaucoup de fermeté. Et en même temps...
Ils le sont déjà ?
Pour l'instant, ça ne fonctionne pas ?
Non,
peut-être qu'on peut rajouter un peu de fermeté. Ça se pourrait être débat. Mais en l'occurrence, je pense que quand on a cassé, il faut réparer. Et donc, être exclu une semaine, ce qui parfois consiste à aller jouer à la console chez soi ou à traîner en bas de la tour, c'est une sanction, mais qui n
'est
pas la plus productive. Et donc, je pense qu'on pourrait peut-être réfléchir, mais c'est en tant que citoyen que je ne
vous
le dis pas en tant que ministre, mais dans le cadre de l'élection présidentielle, de se dire très clairement qu'est-ce que c'est qu'une sanction pour un élève qui dégrade, qui casse. Moi, je considère qu'il doit ensuite faire des travaux d'intérêt général pour pouvoir réparer ces dégradations. C'est ce que je défendais en tant que maire. Je le défends aujourd'hui à votre micro avec autant de convictions. Ensuite, dire à un jeune, tu exclues définitivement du système scolaire, attention, parce que derrière, ça finit bien souvent
pour
alimenter les casseurs qu
'on
voyait tout à l'heure à l'écran. Donc, ça ne
veut
pas dire qu'il faut être complaisant, ça veut dire qu'il faut être extrêmement exigeant, extrêmement ferme, et avoir un parcours réparateur qui fait qu'on en fait quelque chose de ces gamins, et notamment à travers le travail d'intérêt général, auquel je crois beaucoup. Vous
qui êtes un ancien élève de l'école publique, vous ne pensez pas qu'il faudrait introduire de la sélection, en faisant des classes de bons élèves et en excluant ceux qui, à 16 ans, à 16 ans, on est proche de la majorité, et qu'on casse, ça veut dire qu'on n'en a rien à faire de l'école. Tant pis, excluons-le.
Je
crois beaucoup à la sélection, et notamment à l'université, je pense qu'il y
a
une pertinence à avoir une sélection, parce que, vous savez, cette sélection, c'est ce
qu
'il
y a
de plus méritocratique. Et c'est ce qui permet, objectivement, à un gamin des banlieues, dont les parents n'ont pas spécialement de diplôme, par son travail, de s'en sortir, et vraiment grâce à ça, atteindre les meilleures universités. Quand on dit, tout se vaut, plus rien n
'a
de valeur. Donc, cette sélection-là, pourquoi pas, au contraire. Mais attention, quand on est sur un public jeune, consisté à dire, non, on
n
'a qu'à les dégager, et puis voilà, ils ne
vont
pas disparaître, ils
ne vont
pas s'évaporer. Donc, moi, je préfère qu
'on
les ait à l'œil, qu'ils rentrent dans des parcours de réinsertion, avec du travail, encore une fois, que ce soit quelque chose d'extrêmement exigeant, et qu'ils ne leur fassent pas plaisir. On ne parle pas, encore une fois, de les envoyer sur le canapé, jouer à la console, quand ils ont fait une bêtise. Et puis, il y
a
l'aspect, qu'est-ce qu'on fait d'eux ? Et il y a comment on répare les dégâts. Et le principe de casseur-payeur, ça devrait devenir un pilier dans le fonctionnement de notre société. On le défend avec le gouvernement, vous savez qu'il y
a
ce texte de loi qui avance au Parlement, et ça doit être partout dans la société, tu casses, tu répares et
tu
payes les réparations. Vincent Jambrun, ministre de la Ville et du Logement, invité de la Grande Interview, c'est News Europe 1. Justement, aujourd'hui, quand vous roulez à 58 km heure au lieu de 50, un flash vous photographie et vous envoie une amende que vous payez, dans la majorité des cas, parce que les automobilistes payent dans 75% des cas leur amende. Mais quand on casse un abribus, quand on brûle une voiture aujourd'hui, quand on brise une vitrine devant des dizaines de smartphones qui vous filment, et il y
a
également les caméras de la ville qui vous filment, il ne vous arrive rien. Pourquoi est-ce que les politiques ne veulent pas faire payer les casseurs ?
Je viens de vous le dire, les politiques, ils veulent faire passer les
casseurs.
Pourquoi aujourd'hui, les politiques ne font pas payer les casseurs ? Pourquoi aujourd'hui, alors qu'Emmanuel Macron est président de
la
République depuis 9 ans, les politiques ne veulent pas faire payer les casseurs ?
Moi, je vais vous dire, il y
a
un texte, et ça va être un vrai révélateur, qui s'appelle « Casseurs payeurs », qui va être présenté au Parlement, et qui va nous permettre de voir quelle formation politique soutient ou pas ce texte. Il y
a
une difficulté dans notre droit, c'est que quand vous avez une sorte de dégradation en réunion, c'était toujours un peu difficile jusqu'ici, parce que la loi ne permettait pas de condamner tous ceux qui
étaient... J'ai des dizaines d'exemples avec des jeunes identifiés, sans cagoule, qui cassent des abribus. Ça coûte plusieurs milliers d'euros, les abribus. Et personne n'est allé les chercher. Une fois, on est allé en chercher un, parce qu'on en avait parlé sur CNews, et qu
'on
avait montré les images, et qu'effectivement, les autorités s'étaient un petit peu réveillées, en se disant « Oui, on va aller le chercher, celui-là ». Si vous me permettez,
moi, j'ai un
sujet, c'est que quand on dit « Personne n
'a
été le chercher », ça sous-entend que les policiers n
'ont
pas fait leur travail. Non,
ça sous-entend que personne n'a demandé aux policiers d'aller les chercher. Les policiers font très bien leur
travail. Les policiers, ils sont courageux, et ils vont justement dans les pires cités chercher... Ce sont les policiers, et peut-être la justice, qui ne demandent pas. Mais en l'occurrence, vous avez raison, il faut qu'il y ait une demande. Quand, par exemple, Valérie Pécresse a vu les dégradations et les incendies sur les lycées, immédiatement, elle a saisi la justice, ce qui va permettre d'enclencher les procédures. Toutes les collectivités locales ne le font pas, vous avez raison de le dire, et ça devrait devenir automatique. Mais une fois qu'on a dit ça, le vrai sujet, c'est que porter plainte, si c'est pour qu'au bout du bout, il n
'y
ait pas de réparation, il n
'y ait
pas de parcours de réparation, au fond, on passe à côté de
l
'objectif. Donc là, avec la loi Casseur-Payeur, on aura un objectif très clair, on identifie la personne, on la condamne, et elle ou ses parents payent la réparation et les dégâts pour que ce ne soit plus les Français qui payent mille fois les mêmes espaces publics. On verra, on verra. En tout cas, moi, je me battrai là-dessus, vous pouvez être sûr. Et vous savez, c'est d'autant plus grave que, vous me parliez tout à
l
'heure des émeutes de 2023, vous avez des personnes identifiées qui ont mis le feu à des mairies en se filmant eux-mêmes avec leur smartphone, dont on attend toujours la condamnation, et donc on voit bien la nécessité de
durcir notre droit. Vincent
Jambrun, ministre de la Ville et du Logement, avec nous ce matin sur CNews et sur Europe 1. Je voulais vous faire écouter ce message de Sébastien Leroy, maire de Mandelieu, l'anapoule que vous avez certainement entendu sur la loi SRU qui impose des HLM dans les villes. On l'écoute, on en parle après.
Je reçois un courrier de l'État qui me demande, qui m'ordonne de construire 2345 logements sociaux à Mandelieu pour remplir les quotas de la loi SRU.
En
résumé, on me demande de faire par mois un immeuble de 35 logements. Naturellement, vous aurez compris que même si on était une armée de chinois avec des bétonnières et des brouettes, on n'y arriverait pas. Mais ce n'est pas grave. Parce que, vous savez, dans cet hommage toujours perpétuel à l'Union soviétique et au grand plan de Brezhnev, même si c'est débile, on continue à imposer toujours plus. On n'y arrivera pas, mais ce n
'est
pas grave. Ça fait très bien dans les documents de com'.
Il
a tellement raison.
Qu
'est-ce que vous lui dites au maire de Mandelieu et à
l
'anapoule ? Je
reconnais son style un peu humoristique et proque, mais deux choses à
voir.
Il a écrit une réalité. Moi, j'ai grandi dans le logement social. Ma mère d'origine italienne, mon père chauffeur-livreur, sans la solidarité nationale qui leur ont permis d'avoir un toit sur la tête et élever leurs deux enfants dans de bonnes conditions, je ne serai pas devant vous en train de vous parler. Donc, avoir du logement accessible et abordable dans notre pays, c'est plutôt une richesse extraordinaire. Il
y en
a déjà. Quand je regarde les réunions au niveau européen, ils regardent le modèle français en disant, vous avez pris de l'avance. Et il faut distinguer le logement social, qui a beaucoup de vertus, des quartiers gâteaux qu'on a construits à la va-vite après la Seconde Guerre mondiale, où là, il faut de la rénovation urbaine. La
question, c'est, est-ce qu'il faut
encore plus
de logement social ? Est-ce qu'il faut encore plus de HLM ? En fait, je pense qu'il en faut un peu partout. Et c'est ça le sujet, avoir du logement social. Ensuite, aujourd'hui, on a un système qui est très mal vécu par les élus, parce qu'ils les pointent du doigt en disant, vous ne
faites
pas, vous êtes mauvais, etc. On parle d'amandes et sérues. Objectivement, ça,
c
'est évidemment très désagréable, parce que certains n'ont juste physiquement plus la place. C'est extrêmement compliqué. Maintenant, avoir une logique globale du pays qui dit, il faut du logement social un peu partout est mieux diffusé pour justement éviter les gâteaux. Moi, je continue à le défendre. Et encore une fois, du logement social...
Vous ne preniez pas ainsi de
mettre des ghettos dans toutes les villes de France ? Vous
avez
dit le mot.
C
'est-à-dire que maintenant, malheureusement, on confond souvent logement social et ghettos. Mais vous avez des petits immeubles de logements sociaux qui sont merveilleux. Et quand vous ne les avez pas, vous ne savez pas loger l'infirmière. Vous ne savez pas loger le professeur des écoles. Vous ne savez pas loger la secrétaire de mairie, etc. Donc, il faut être honnête. On a aussi besoin de ce logement abordable. Mais il faut le faire dans de bonnes conditions et ne pas recréer les erreurs de la Seconde Guerre mondiale. C'est-à-dire faire des gigantesques quartiers où il n'y
a
plus de mixité. En fait, le vrai sujet, c'est le parcours résidentiel, le logement social, une étape dans la vie qui vous permet de progresser et la mixité partout où c'est possible.
Ministre du Logement, Vincent Jambrun, avec nous ce matin sur CNews et Europe 1. Le projet de loi relance du logement. 2 millions de logements d'ici 2030. Comment vous allez y arriver ?
On change les règles du jeu. Cet objectif, il est impossible à atteindre si on ne change pas les règles du jeu. C'est très clair. Cet objectif, on se l'est fixé avec ce que j'appelle l'équipe de France du Logement.
C
'est-à-dire tous les professionnels de ce secteur avec une idée simple.
On
construit du neuf, on répare de l'ancien et on le fait avec un retour de l'investissement. Et pour ça, il y a des dispositifs fiscaux généreux qui ont été mis en œuvre dans le neuf et bientôt dans l'ancien grâce à ce projet de loi. Avec des petites victoires comme dans le futur budget, un prêt à taux zéro parentalité pour permettre aux familles qui ont un enfant à naître d'avoir la possibilité d'acheter plus grand parce qu'on vit dans un pays et c'est un drame où certaines familles renoncent à avoir un enfant parce qu'elles se disent que je ne pourrais pas l'accueillir dans de bonnes conditions. Ça, moi, je ne l'accepte pas en tant que ministre du Logement.
Et donc, je le dis, si le budget est voté, on aura un nouveau prêt à taux zéro, un prêt à taux zéro parentalité dont on pourra bénéficier dès les six mois de l'enfant et jusqu'à ses trois ans. Et puis derrière, et c'est vital, un choc de simplification. On est dans un pays où on touche à l'absurdie. On a des procédures tellement longues que maintenant, on a plus de temps de procédures que de temps de construction du bâtiment. Et donc, un peu comme on a su faire pour les Jeux Olympiques ou Notre-Dame, c'est ce qu'on met dans le projet de loi, des outils d'accélération
du
dispositif en plus d'accompagnement sur la rénovation et surtout, très important pour moi, la confiance au maire.
Les investisseurs et notamment les petits investisseurs reculent et désormais hésitent avant d'acheter un studio,
un,
deux pièces parce qu'il y a trop de contraintes, notamment des problèmes avec les locataires mauvais payeurs. Est-ce que vous êtes favorable au listing des locataires mauvais payeurs ?
À titre personnel, moi, je dis qu'il fallait qu'on rétablisse la confiance entre le propriétaire et le locataire et de fait, lutter contre deux micro-catégories qui sont une minorité mais qui font beaucoup de mal à tout le monde. C'est-à
-dire,
le mauvais propriétaire, il y
en
a très peu, mais ça existe, des marchands de sommeil. Il faut être capable de bien les identifier et de lutter contre. Et puis, à l'autre bout de la chaîne, vous avez les professionnels de l'impayé.
Je
ne parle pas de la personne qui a un accident de parcours et qui a une difficulté spécifique à un moment donné. Il existe beaucoup de moyens pour accompagner les familles en difficulté et faire en sorte que le locataire comme propriétaire trouve une solution. Mais vous en avez d'autres qui s'amusent
effectivement
pendant des années à accumuler dette locative sur dette locative. Quand ça devient trop compliqué, ils changent de logement. Évidemment, comme on n'a pas l'historique, vous avez un nouveau propriétaire qui leur loue un bien et qui se font avoir là-dessus. Moi, j'ai posé la question à titre personnel, mais je pense que ça doit être dans le débat présidentiel parce que c'est essentiel, au fond, pour notre société. Quand on vit la pire crise du logement depuis la Seconde Guerre mondiale, il faut qu'on rétablisse le lien de confiance. Parce que vous l'avez dit, au fond, il y a deux enjeux quand on hésite à investir dans la pierre. Le premier, c'est la rentabilité. C'est logique. Le deuxième, c
'est
est-ce que je vais pouvoir jouir sereinement de mon bien ou est-ce que j'aurai des professionnels de l'impayé qui vont m'empêcher d'en jouir sereinement ? On sait qu'il
y a
des Français qui, parfois, investissent à l'étranger avec tous les risques que ça comporte de gérer les biens à distance parce qu'ils se disent si demain, j
'ai
un squat, si demain, j'ai des impayés, en 48 heures, maximum 15 jours, c'est réglé. Je précise quand même qu'on a fait des grosses avancées depuis un an, notamment sur la lutte contre les squats. Parce qu'en France, on distinguait, vous vous en souvenez, les squats de l'impayé et notamment, on a, grâce à la loi Riposte qui a été votée récemment, mis fin à ce qu'on appelait le squat Airbnb, c'est-à-dire je rentre légalement dans le bien, je m'y maintiens plus de 48 heures et c'est comme si j'avais un contrat de bail en bonne et due forme. Inacceptable. Ça, désormais, on a corrigé la loi pour que ce ne soit plus possible.
Mais donc, moi, j'ai proposé à titre personnel, j'insiste, l'idée d'avoir un fichier qui permettrait de savoir où on en est de la dette locative. Pas quelque chose qui soit accessible à tout le monde, mais simplement, vous, en tant que potentiel locataire, vous y avez accès un peu comme votre extrait de casier judiciaire. Vous êtes capable de le fournir et de le présenter. Personne d'autre n'y a accès mais vous dites, voilà, moi, mon état de dette locative, il est à zéro, il est à 150 euros. Ça a aussi un avantage, c'est que si vous avez eu à un moment donné un accident, vous avez eu une dette importante, vous l'avez remboursée, bon, à ce moment-là, vous êtes revenu à zéro et tout va bien.
On redonne de la confiance.
Vincent Jeanbrun avec nous ce matin. J'avais une dernière question un peu plus personnelle à vous poser. Vous y avez fait référence, les émeutes de 2023. Votre femme et vos enfants ont été attaqués par des voyous pendant ces émeutes. Est-ce qu'aujourd'hui encore, vous subissez les conséquences psychologiques de cette attaque, vous et votre famille ? Ce qui est, tu
parles en plus fort, donc on est plus fort. Mais effectivement, ça marque une vie. La mienne, la nôtre, mais je veux le dire, nous, on a été très médiatisés, mais il y a énormément d'élus sur le terrain, énormément, qui subissent des violences, qui ne font pas forcément d'ailleurs la une des journaux. Et j'ai envie d'avoir une pensée pour eux aujourd'hui et de leur dire qu
'il
ne
faut
pas lâcher. Parce que ce pays tient debout essentiellement grâce à vous, grâce à ses élus locaux. Beaucoup sont bénévoles et objectivement, ils méritent d
'être
protégés. Vincent Jeanbrun était l'invité de la grande interview C News Europe. Merci beaucoup d'être venu. Bonne journée, à bientôt. Merci Vincent Jeanbrun, merci Romain Desarbres. Dans un instant, restez avec nous vos signatures du vendredi. Eugénie Bastier, Catherine Ney et votre Club Culture.
Vincent Jeanbrun