L'invité politique Sud Radio - Manuel Bompard, député des Bouches-du-Rhône et coordinateur national de LFI, est l'invité politique
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:30OuverteRéponse directe
Est-ce que, comme le dit Édouard Geffray, c'est le symbole d'une violence débridée, un phénomène sociétal global, selon vous ?
- 1:58OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous rejoignez l'analyse du ministre de l'Éducation nationale qui parle d'une violence débridée, d'un phénomène sociétal global ?
- 2:59RelanceRéponse directe
Qu'est-ce que vous lui dites ?
- 5:17OuverteRéponse directe
Est-ce que vous appelez tous les Français à rejoindre les lycéens aujourd'hui ?
- 5:40OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que le gouvernement peut faire ?
- 7:02OuverteRéponse directe
Mais d'un point de vue philosophique, vous pensez qu'il faut que tout le monde trouve une place à la faculté ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:22InvitéFait
« ça fait depuis maintenant plusieurs années qu'on défend un plan pour mettre fin à la libre circulation des armes en France. »
- 2:46Invité politiqueFait
« la France Insoumise est souvent montrée du doigt. Vos concurrents expliquent que vous entretenez une forme de violence globale dans le discours »
- 4:52InvitéFait
« La France insoumise, elle défend un programme. Elle défend des propositions, elle se présente aux élections, elle appuie, elle soutient des mobilisations pacifiques, calmes et déterminées. »
- 9:03InvitéChiffre
« un plan d'urgence de 10 milliards d'euros sur la rénovation du bâtiment scolaire. »
- 10:03InvitéChiffre
« les marges de Total ont été multipliées par 7,5. »
- 16:37InvitéChiffre
« C'est les gens qui gagnent plus de 1200 euros de pensions de retraite qui perdraient du pouvoir d'achat l'année prochaine. »
- 16:41InvitéFait
« C'est les fonctionnaires qui verraient leur point d'indice ne pas être réindexés à nouveau. »
- 16:45InvitéFait
« C'est les étudiants qui verraient les APL être gelés alors que les prix, eux, augmentent. »
- 17:03InvitéFait
« la non-indexation de la prime d'activité que touchent tous les travailleurs pauvres en France et travailleurs qui ont des faibles rémunérations »
- 17:20InvitéFait
« les très grandes entreprises qui ont fait des super profits en raison de la crise que l'on connaît »
- 25:03Invité politiqueFait
« les responsables de la France Insoumise étaient aux côtés des lycéens »
- 25:39InvitéFait
« Louis Boyard ou Bali Bagayouko qu'on a vus à côté des lycéens dès le début du mouvement »
- 25:45InvitéFait
« La question que vous devrez me poser, ce n'est pas pourquoi vous avez fait ça, c'est pourquoi le gouvernement ne l'a pas fait. »
- 26:08InvitéFait
« On est allé appuyer cette mobilisation et on continue de le faire avec beaucoup de fierté. »
- 26:16InvitéFait
« Toujours dit les modalités d'action, elles doivent être pacifiques et non-vélantes. »
- 26:42InvitéFait
« il y a une responsabilité individuelle en France et dans cette responsabilité individuelle, un tribunal, quand il condamne quelqu'un, il peut y compris le condamner à des amendes. »
- 27:10InvitéFait
« Le principe élémentaire du droit en France, c'est que vous pouvez être sanctionné pour des faits que vous avez commis vous-même, pas pour des faits qui ont été commis par d'autres. »
- 27:34InvitéFait
« Faites le tour des lycées d'Ile-de-France et vous allez voir ce qu'elle a cassé. »
- 27:37InvitéFait
« Du sous-investissement chronique pendant des années et des années qui se traduit. »
Temps de parole
- Invité72 %
- Manuel Bompard17 %
- ?4 %
- Auditeur4 %
≈ 16,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Sud Radio, l'invité politique,
Jacques
Cardoze. Il est 8h30 sur Sud Radio, bienvenue si vous nous rejoignez. C'est l'heure du grand entretien politique. Et aujourd'hui, Jacques, vous recevez Manuel Bompard, débuté des Bouches-du-Rhône et coordinateur national de la France Insoumise.
Manuel Bompard, bonjour. Bonjour. Commençons par le drame à Aubagne. Vous êtes député des Bouches-du-Rhône. Un élève de 14 ans a donc tiré à plusieurs reprises, y compris dans une classe à l'aide d'un fusil de chasse dans son collège, blessant trois personnes. Est-ce que, comme le dit Édouard Geffray, c'est le symbole d'une violence débridée, un phénomène sociétal global, selon vous ?
D'abord, c'est un événement dramatique. Et je veux dire, évidemment, mon soutien aux personnes qui ont été visées et mon salut, mes remerciements aussi au personnel de l'établissement qui a intervenu au service de secours, qui sont arrivés aussi rapidement. Donc, évidemment que c'est un événement dramatique et ça pose un certain nombre de questions. Comment un jeune de 14 ans, aujourd'hui, peut avoir accès, comme ça, à des armes à feu ? Comment il peut s'engager dans un acte aussi terrible ? Et je trouve que ça ouvre des débats sur la circulation des armes, sur la santé mentale des jeunes. Et je pense que ces débats, il faut y apporter un certain nombre de réponses politiques.
Vous
auriez des suggestions, notamment
en matière de
circulation des
armes
? Oui, pour notre part, par exemple, ça fait depuis maintenant plusieurs années qu'on défend un plan pour mettre fin à la libre circulation des armes en France. Il y a plusieurs millions d'armes à feu qui circulent.
On
peut quand même se poser la question de comment c'est possible qu'un jeune de 14 ans se retrouve avec une carabine entre les mains. Apparemment, les armes étaient au domicile familial, puisque le père est
militaire.
Oui, ça pose la question du contrôle de l'utilisation de ces armes. Ça pose évidemment la question de, je disais, la santé mentale des jeunes, parce que comment un jeune de 14 ans peut avoir cette idée dans la tête
?
Et donc là, je trouve que là aussi, ça ouvre un certain nombre de débats sur le nombre de psychologues scolaires à l'école, par exemple. Et je trouve qu'il faut y apporter des réponses
qui
sont des réponses politiques. Est-ce que vous rejoignez l'analyse du ministre de l'Éducation nationale qui parle d'une violence débridée, d'un phénomène sociétal global ? Heureusement, tous les jeunes n'ont pas ça en tête. Non,
mais on
voit bien qu'il y a quand même une forme de violence qui s'exprime un peu partout, pas seulement à l'occasion de ce fait d
'hier.
Eh
bien,
il faut faire en sorte de s'attaquer, de se confronter à ce climat de violence, parce qu'effectivement, il est extrêmement problématique. D'ailleurs, quand il cible des personnels de l'Éducation nationale, comme quand il cible d'autres élèves, par exemple. Et donc oui, c'est évidemment une difficulté,
un
fléau sur lequel il faut lutter. Il faudra le condamner,
ce
garçon, en tous les cas, il a 14 ans. Écoutez, évidemment qu'à même un jeune de 14 ans qui commet un acte d'une telle gravité, il
y
a des procédures judiciaires, il
y a
une enquête qui est en cours et ça donnera lieu à des sanctions.
Dans le concert politique actuel, la France Insoumise est souvent montrée du doigt. Vos concurrents expliquent que vous entretenez une forme de violence globale dans le discours et que Bruno Retailleau, par exemple, estime que cela s'inscrit dans un climat de violence et d'impunité, que la France Insoumise, il vous cite, contribue à entretenir. Qu'est-ce que vous lui dites
? Moi, d'abord, je veux dire que quand il y a un acte terrible comme ça, je pense que la responsabilité des responsables politiques, s'ils sont effectivement responsables, c'est d'être capable de faire preuve d'unité, de rassemblement et d'avoir une condamnation qui soit unanime, de ne pas être en capacité ou en recherche immédiate d'instrumentaliser.
Mais vous ne vous sentez pas responsable
du
tout.
Mais écoutez, quand je lis M. Retailleau, quand je lis M. Bardella, quand je lis M. Attal, qui font un lien entre cet acte terrible et la mobilisation lycéenne en cours, alors que le préfet des Bouches-du-Rhône a dit lui-même qu'il n'y a aucun lien entre cet acte et la mobilisation, je pense qu'ils font quelque chose qui est quelque chose d'assez ignoble, d'assez ignominieux, pour vous dire la vérité, c'est
-à
-dire d'utiliser un drame terrible pour essayer de stigmatiser une formation politique. La
France
insoumise, elle n'a évidemment aucun rapport avec ce type d'acte et avec la violence de manière générale. Elle défend des modalités d'action qui sont des modalités d'action non-violentes. On l'a toujours dit,
je le redis, on l'a
re-redis. Il n
'y
a pas de responsabilité de violence d'atmosphère, c'est un peu ça qui est dit aussi. C'est qu'on a le sentiment que parce que la France insoumise entretient aussi ce discours, un certain nombre de politiques veulent vous faire porter la responsabilité aussi. Quel discours, monsieur ? Par exemple, Valérie Pécresse qui cite vos défis TikTok sur les départs de feu. Je passe là évidemment à la mobilisation des lycéens. Donc aucun
rapport avec l'acte dont on a parlé
tout à l'heure ? Non, mais
il n
'y a
pas de lien direct et personne n'établit de lien direct. Si, si, certains ont essayé de le faire, pas vous, mais certains responsables politiques ont essayé de le faire et c'est ce que je dénonce. C'est ce que, en tous les cas, si je lis Bruno Retailleau ou d'autres, ils disent qu'il y a effectivement une forme de violence d'atmosphère qui est expliquée par la France insoumise.
Mais Bruno Retailleau, il dit chaque jour une bêtise sur la France insoumise en espérant par là-même gagner un peu de lumière parce que sa campagne est en train de dégringoler absolument et qu'il a absolument disparu du paysage. Donc il cherche le buzz. Bon, mais il n
'est
pas obligé de le faire sur notre dos, vous comprenez. Pour le reste... Vous ne vous sentez pas responsable, en
tous les cas, la France insoumise
? Écoutez, la France insoumise, elle défend un programme. Elle défend des propositions, elle se présente aux élections, elle appuie, elle soutient des mobilisations pacifiques, calmes et déterminées. Voilà, ça c'est le programme de la France insoumise.
Je ne
peux pas vous dire davantage que ça.
En tous les cas, aujourd'hui, cinquième journée avec le soutien de plusieurs syndicats de l'éducation nationale, cinquième journée de mobilisation pour les lycées, cette fois-ci la CGT, FSU, FO, plusieurs également des gilets jaunes qui pourraient également participer. Est-ce que vous appelez tous les Français à rejoindre les lycéens aujourd'hui ?
Évidemment, moi j'appelle tous les Français à appuyer cette mobilisation parce que c'est une mobilisation qui part de revendications, qui sont des revendications légitimes. Et je pense que n'importe quelle personne qui nous écoute sera d'accord pour dire que ce n
'est
pas normal que nos gamins étudient dans des lycées qui sont des lycées absolument délabrés.
Est-ce que le gouvernement peut faire
plus que ce
qu'il a déjà annoncé ? Oui, il peut faire
plus, on va
y venir. Quoi par
exemple ? Je vais vous dire, mais je veux juste terminer sur le constat. Ce n
'est
pas normal qu
'on
soit dans des lycées qui sont absolument délabrés. Ce n
'est
pas normal qu'en France, aujourd'hui, vous avez une heure de cours sur dix qui ne peut pas être assurée parce qu'il y
a
des problèmes de remplacement des professeurs. Ce n
'est
pas normal que notre jeunesse, elle soit mise dans une situation d'angoisse et d'inquiétude parce qu'il y
a
un système absolument indigne qui s'appelle Parcoursup qui fait que même quand vous travaillez bien vous n'êtes pas sûr d'avoir une place à l'université. Ce n
'est
pas normal cette situation.
Je
pense que tous les gens peuvent le comprendre et à mon avis le partager. Et d'ailleurs, c'est ce que disent les enquêtes d'opinion qui disent qu'une majorité des Français appuient ces revendications.
Qu'est-ce que le
gouvernement peut faire ? C'était ça votre question. Je vais y répondre. Premièrement, il y
a
une discussion budgétaire qui s'ouvre aujourd'hui à l'Assemblée nationale. Le gouvernement prévoit de supprimer 1 600 postes d'enseignants supplémentaires. Il prévoit de faire encore des coupes dans le budget de
l
'éducation nationale. Première étape, il faut annuler tout ça. Franchement, ce n
'est
pas raisonnable dans le moment dont on est en train de parler. Deuxièmement, il y a des dispositifs qui ont été mis en place par les macronistes et qu'il faut annuler. Parcoursup, il faut le supprimer, pas juste l
'aménager. L'arrêter comme
ça en plein milieu ? Mais
évidemment. Comment vous faites
la sélection ? Comment vous la remplacez
? Je vais vous répondre très simplement en créant des postes à l'université supplémentaire. Quand on a des jeunes qui veulent pouvoir rentrer à l'université, pourquoi en France, on ne serait pas en capacité aujourd'hui de faire en sorte que toutes les personnes qui veulent aller à l'université puissent aller à l'université
? Il n'y a pas
forcément de place pour tout le monde. Donc, il faut créer des places supplémentaires.
Et
vous pensez que...
C'est assez simple.
Mais d'un point de vue philosophique, vous pensez qu'il faut que tout le monde trouve une place à la faculté ? Certains disent qu'il faut aussi pouvoir diriger ceux qui sont en échec vers d'autres filières. Mais d
'abord, il n
'y a
pas que l'université. Il faut valoriser toutes les filières de l'enseignement. Il y
a
l'enseignement professionnel qui est très important aussi. Mais quand vous avez des jeunes qui veulent aller étudier à l'université, évidemment qu'il faut faire en sorte qu'ils puissent étudier à l'université. Enfin, vous savez qu'on est dans un pays en France où notre force principale, notre richesse principale,
c
'est la matière grise. On a intérêt qu'un maximum de notre génération, de cette génération, puisse avoir accès à des diplômes qui sont des diplômes qualifiants, à des formations qui sont des formations universitaires et de faire élever le niveau d'enseignement général
qui existe
dans notre pays. Ça, c'est la réponse politique. Mais qu'est-ce qui va se passer dans la rue aujourd'hui si à nouveau il y a ce blocage, il y a la perspective du mouvement de samedi prochain ? Qu'est-ce que vous espérez à la France insoumise ? Bordeliser le pays
?
Non, pas du tout. Justement, nous on espère qu'il y
ait
des mobilisations qui sont des mobilisations les plus larges possibles, les plus massives possibles. Et comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire à plusieurs reprises, moi-même, Jean-Luc Malenchon et l'ensemble des dirigeants de la France insoumise, pour qu'une mobilisation puisse être très large, il faut qu'elle soit non-violente,
il
faut qu'elle soit pacifique. C'est ça l'objectif des journées d'action comme celle d'aujourd'hui.
J'en ai
des luttes pour le samedi
?
Ensuite, vous me posez la question de qu'est-ce qui va se passer ensuite ? J'ai envie de vous répondre, mais ça, en fait, ça appartient un peu au gouvernement. Si le gouvernement continue de faire la sourde oreille et de ne pas répondre politiquement aux revendications, je crois que le mouvement se poursuivra et il se poursuivra en particulier ce samedi 17 octobre puisque c'est une date de mobilisation, de longue date, qui concerne aussi la question des prix des carburants, la question des salaires. Et donc oui, évidemment, on la
soutiendra. Manuel Bompard, certains disent dans les rangs, dans les cortèges, est
-ce
que ce mouvement pourrait durer ? Pourquoi pas jusqu'à la présidentielle ? Vous le souhaitez ?
Moi, je
souhaite
d'abord que ce mouvement, il obtienne la satisfaction de ses revendications. Et donc, il durera le temps qu'il doit durer pour obtenir la satisfaction de ses revendications.
Pourquoi
pas jusqu'à la présidentielle
?
Mais
moi,
ce que je préfère, c'est que le gouvernement annonce la fin de Parcoursup, un plan d'urgence de 10 milliards d'euros sur la rénovation du
bâtiment scolaire. C'est réaliste
franchement, 10 milliards d'euros dans le contexte actuel ?
Je ne
sais
pas. Par exemple, regardez, par rapport au budget précédent, le gouvernement va baisser d'environ 3 à 4 milliards d'euros la contribution des très grandes entreprises, des 400 plus grandes entreprises du pays par rapport à l'année dernière. Donc oui, on a des marges de manœuvre financière, c'est une question de priorité politique. Est-ce que vous ne pensez pas que c'est une priorité politique que nos lycéens puissent étudier dans des lycées qui sont de bonne qualité ? Franchement, moi, je pense que oui. Donc je crois que ça doit être une des priorités politiques de cette discussion budgétaire.
Le gouvernement débloque des stocks stratégiques. Je parle évidemment du carburant avec le prix du diesel qui va baisser à la pompe de 8 à 12 centimes chez Total. Vous remerciez Total ? Non, pas du tout.
D'abord,
le
gouvernement débloque des stocks stratégiques en nous disant que
ça
va faire baisser les carburants quasiment de 20 centimes. Et puis Total nous dit non, finalement, de 10 centimes. C'est 20 centimes pour les non-routiers, pour les non-professionnels.
Non, non, mais les annonces de M.
Lecornu initialement, elles n'étaient pas de 8 à 12 centimes. Elles étaient supérieures. Donc pourquoi Total ne répercute que 8 à 12 centimes ? Parce que le reste, il se le met dans sa poche. Et d'ailleurs, depuis le début de cette crise, qu'on connaît depuis maintenant plusieurs mois, les marges de Total ont été multipliées par 7,5. Donc ce n
'est
pas la crise pour tout le monde. Permettez-moi de vous le dire quand même. Donc la seule mesure qui permet d'avoir un effet immédiat et réel sur le prix des carburants, c'est la mesure que l'on propose.
C
'est de décider de bloquer les prix, de les ramener à 1,70 € au prix auquel ils étaient avant le déclenchement de la crise et de faire payer Total qui n'a pas à se faire des marges extraordinaires dans cette période. Donc vous ne remerciez pas Total pour ce geste ? Non, parce qu'en plus, vous savez, Total utilise une stratégie qui est une stratégie commerciale.
C
'est-à-dire qu'ils plafonnent leurs propres prix parce que comme ils maîtrisent l'ensemble de la chaîne, ils peuvent se permettre de le faire. Mais en faisant ça, non seulement ils continuent à s'en mettre plein les poches, mais en plus, ils mettent en difficulté tous les distributeurs indépendants qui, eux, ne bénéficient pas du contrôle de l'approvisionnement, du raffinage, etc. Donc c'est une stratégie qui est absolument déloyale. C'est pour ça qu'il faut bloquer les prix pour que tout le monde soit
à égalité. Passons à la victoire de Raphaël Glucksmann. Jean-Luc Mélenchon n'a pas voulu réagir et n'a pas réagi à cette victoire. Pourquoi ? Parce
que ce n
'est
pas vraiment notre sujet. Nous, vous savez, on est engagé dans cette campagne depuis maintenant le mois de mai. On défend nos propres propositions, notre propre programme. Je crois qu'on a fait encore le week-end dernier à Clermont-Ferrand un meeting formidable qui démontre l'extraordinaire dynamique qu'il y
a
autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon.
Raphaël Glucksmann, vous le considérez comme un
adversaire
? Non, mais justement, j'allais
vous répondre. Nous, vous savez, nos adversaires dans cette campagne, aujourd'hui, ils sont dans le bloc central avec celles et ceux qui veulent perpétuer la politique macroniste et ils sont à l'extrême droite. Et donc, on n'a pas l'intention de passer notre temps à commenter les faits et les gestes de M. Glucksmann qui, j'ai bien vu, lui, veut en permanence attaquer la France insoumise et Jean-Luc Mélenchon. Mais voilà, nous, ce n
'est
pas vraiment notre sujet, pour être tout à fait honnête.
Si ça, peut-être que ça clarifie aussi un peu le paysage politique à gauche, est-ce que, par exemple, vous dites aux écolos qu'ils ont plus à faire avec nous qu'avec Raphaël Glucksmann
?
Ça,
moi, c'est ce que je dis depuis le début de l'année. C'est-à-dire qu'il me semble que, d'un point de vue des propositions, du programme politique que l'on porte, vous savez, à l'Assemblée nationale, moi, je suis député, je vote avec les députés écologistes dans 80 à 90% des cas, avec les députés communistes dans 90% des cas. Donc, je leur dis, il me semble qu'il y
a
une convergence assez naturelle d
'un
point de vue des propositions. Et donc, celles et ceux qui veulent participer de la campagne autour de Jean-Luc Mélenchon, d'une campagne collective, évidemment, ils sont les bienvenus.
Raphaël Glucksmann a promis qu'il n'y aurait aucune alliance avec LFI lors des prochaines législatives. Ça veut dire que, si vous êtes à l'Élysée, vous n'aurez pas forcément de majorité
?
Ah non, ça ne veut pas dire ça. Ça veut dire qu'on a pris acte de la déclaration de M. Glucksmann et que, dans les prochaines semaines, la France Insoumise engagera la mise en place de ses candidats aux élections législatives et donc, on désignera des candidats, y compris dans les circonscriptions dont les députés sortants sont du Parti Socialiste ou
de
place publique puisqu
'ils ont l
'intention de refuser toute alliance avec nous. Donc, en proacte, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise de
plus ?
Mais avec le risque, quand même, qu
'il
n
'y ait
pas d'alliance du coup avec place
publique
? C'est les Françaises et les Français qui décideront à qui, à quel candidat, à quelle démarche politique ils ont envie de donner un maximum de force. Pour l'instant, avec Jean-Luc Mélenchon, on est à près de 420 000 soutiens, on fait des meetings qui sont extraordinaires. Je crois que la dynamique, elle est assez manifestement de notre côté.
L'enfarinage du Glucksmann à la sortie de son QG dimanche soir, est-ce que c'est l'œuvre d'un militant de la France Insoumise ? Non, pas du tout. Et je
trouve que la manière avec laquelle M. Glucksmann et un certain nombre de ses amis immédiatement accusent de la France Insoumise sans aucune preuve. Je vais vous dire les choses franchement. La France Insoumise, ça ne fait pas partie de ses méthodes. La France Insoumise, elle mène des débats politiques sur la base de programmes, dans des confrontations démocratiques. Donc, je ne
sais
pas qui a fait ça, mais en tout cas, ce ne
sont
pas les méthodes de la France Insoumise. Il vous demande de désavouer cette violence
?
Mais moi, je ne suis pas d'accord avec ce type de pratique. Mais alors, M. Glucksmann, il va falloir qu'il soit cohérent parce que quand, dans une vidéo qu'il produit, par exemple, il dit, excusez-moi, du terme, quand il attient des propos sexistes à l'égard de Mme Royale, il devrait commencer à balayer devant sa porte.
Vous
ne portez
pas de ruban rose ce matin, Manuel Bompard ? Non, je n'en porte pas. Ça m'est arrivé de le porter parce que, évidemment, je pense que tout le monde partage la cause de la lutte contre le cancer.
Mais vous faites référence à
expliquer qu'elle boycotterait cette manifestation à sa position,
effectivement.
Et est-ce que c'est responsable de la part d'une femme d'adopter ce genre d'attitude à l'égard d'autres femmes qui
sont peut-être en danger ? Non, mais attendez, il faut d'abord
écouter ce que dit... On l'a dit, on l
'a
dit sur cette antenne.
Oui,
mais vous me permettez de le représenter.
Je
disais, Mathilde Panot, elle relaie une campagne qui est menée par un collectif de lutte contre le cancer. D'ailleurs, qui est un collectif qui comprend dans ses rangs des victimes du cancer. Donc, je pense qu'ils savent et ils ont aussi le droit de s'exprimer et qui disent qu'il y
a
une forme d'hypocrisie dans cette initiative puisque cette initiative de porter un ruban rose, elle provient d'une entreprise qui est une entreprise qui est un géant de la fabrication des pesticides. Or, un certain nombre de pesticides ont un lien avéré avec la production de cancers dans la société,
ils
sont cancérigènes. Donc, il y a une forme d'hypocrisie dans cette initiative. Est-ce que ça veut dire que toutes les personnes qui portent le ruban rose sont eux-mêmes hypocrites ? Évidemment que non. Il y a plein de gens qui le font parce qu'ils ont envie d'exprimer et on le comprend, leur indignation contre le cancer et la nécessité de lutter contre le cancer. Mais oui, on peut dire qu'il y a dans cette initiative une certaine forme d'hypocrisie et qu'il y
a
des grandes entreprises qui essayent de se repeindre en défenseurs de la lutte contre le cancer alors qu'ils produisent eux-mêmes des produits qui fabriquent des cancers. Donc, je pense qu'on peut aussi comprendre et écouter ce que dit Mathilde Panot que je comprends en ce qui me concerne en tout cas totalement.
Manuel Bompard, député des Bouches-du-Rhône et coordinateur national de la France Insoumise est donc notre invité ce matin. Dans la deuxième partie de cet entretien, un auditeur vous interrogera et puis il y aura également l'actualité des réseaux avec Benjamin Gleize. Et puis je crois que dans vos trois minutes pour convaincre, vous avez souhaité nous parler du budget, du choix du gouvernement. Absolument, c'est l'actualité.
On
vous retrouve dans quelques secondes.
Le Grand Matin Sud Radio 7h10h, Jacques Cardoz.
Manuel Bompard, député des Bouches-du-Rhône et coordinateur national de la France Insoumise est notre invité ce matin sur Sud Radio. Manuel Bompard, on va commencer par votre carte blanche. Vous avez souhaité nous parler du budget. Vous avez trois minutes pour nous convaincre que c'est un mauvais budget. C'est un mauvais
budget. Donc ça commence aujourd'hui à l'Assemblée nationale. Donc ça me paraissait important d'en parler. Ça concerne évidemment l'ensemble des Françaises et des Français. Et c'est un mauvais budget parce que le Premier ministre prétend ramener en quelque sorte de l'ordre dans les comptes publics, mais en faisant payer la facture à chacune et chacun d'entre nous. C'est les gens qui gagnent plus de 1200 euros de pensions de retraite qui perdraient du pouvoir d'achat l'année prochaine. C'est les fonctionnaires qui verraient leur point d'indice ne pas être réindexés à nouveau. C'est les étudiants qui verraient les APL être gelés alors que les prix, eux, augmentent.
C'est des économies dans le budget de la santé,
c
'est des économies dans le budget de l'éducation nationale,
c
'est des économies dans le budget de l'écologie. Bref, c'est des coupes qui vont avoir des conséquences immédiates dans les conditions de vie des Françaises et des Français. C'est par exemple la non-indexation de la prime d'activité que touchent tous les travailleurs pauvres en France et travailleurs qui ont des faibles rémunérations et en plus de leur salaire, ce qu'on appelle la prime d'activité, qui ne seraient pas indexés l'année prochaine sur l'inflation. Donc c'est plein de mesures qui vont impacter l'ensemble des Français.
Et puis par contre, celles et ceux qui ont les moyens, les très grandes entreprises qui ont fait des super profits en raison de la crise que l'on connaît, les ultra-riches qui ont largement les moyens de contribuer davantage, eux, on leur dit non, non, à vous, on ne touche pas. Et c'est une politique et une politique absolument injuste. Mais en plus, c'est une politique qui est inefficace d'un point de vue économique. Parce que quand vous êtes dans un pays, la France, où la moitié de la croissance, elle est tirée par la consommation, quand vous avez une politique de baisse du pouvoir d'achat, ça se traduit par une moindre croissance.
D'ailleurs, je lisais cette nuit que alors que les prévisions de croissance de la zone euro sont plutôt révisées à la hausse, les prévisions de croissance pour la France cette année sont révisées à la baisse. C'est les conséquences du budget de l'année dernière. Donc franchement, c'est vraiment un très mauvais budget et nous, on va évidemment le combattre.
Vous allez le combattre. Ça signifie qu'il n'y
a
pas de garantie sur le fait que ce budget soit voté. Vous pensez qu'il vaut mieux qu'il n
'y ait
pas de budget et que la France soit bloquée, qu'il y
a
un risque aussi que le
gouvernement... Je préfère un
bon budget.
Oui, mais en
l'État,
le gouvernement ne semble pas vouloir infléchir sa position. Ah bah voilà, mais dans ce cas-là, il en assumera évidemment la responsabilité. Mais comprenez que ça fait depuis maintenant plusieurs années qu'on dit chaque année, votre budget, votre logique économique, elle va nous conduire dans le mur.
Mais il y a une nécessité
de
résoudre la dépense
publique aujourd'hui.
C
'est ça qui est intéressant, c'est que chaque année, on nous dit, il faut faire ses coupes parce qu'en faisant ses coupes, l'année prochaine, on va réduire le déficit. Chaque année, ils font les coupes et l'année d'après, le déficit continue à augmenter. Donc à un moment, je ne
sais
pas, il n
'y a
pas besoin d'être très intelligent pour se dire que quand il y a une fois, deux fois, ça n'a pas marché, il faut peut-être changer de
logique.
Peut-être qu'on se dit aussi que les économies n'ont pas été suffisamment faites.
Ah non, mais attendez,
attendez. Les économies, elles ont été faites. Les coupes qu'a annoncées le gouvernement, elles ont eu lieu. Et cette année, vous êtes d'accord avec moi, le déficit va être au moins aussi important que l'année dernière. Donc à un moment, il faut peut-être comprendre que ça veut dire que les choix économiques ne sont pas bons pour la raison que je vous ai indiqué tout à l'heure. Qu'est-ce qui crée des recettes pour l'État, des recettes fiscales en particulier ? C
'est
la consommation. C
'est
la TVA, par exemple. Et donc si vous réduisez le pouvoir d'achat des gens, les gens, en fait, ils ne vont plus consommer. Donc vous dites
qu'on est allé au bout de cette logique
? Oui, cette logique, elle est absurde. Il faut faire exactement l'inverse. Et l'inverse,
c
'est avoir une politique de relance de la consommation, de relance de l'activité. Donc, il faut avoir une politique de défense du pouvoir d'achat. Il faut augmenter les salaires. Donc, il faut avoir une politique d'investissement public parce que c'est ça qui crée de l'activité économique. Si vous mettez des dizaines de milliards d'euros, par exemple, dans la rénovation thermique des bâtiments, dans la construction de nouveaux logements, vous avez, par exemple, je prends cet exemple-là, tout un secteur économique et le secteur du BTP qui va tourner. Et donc, vous allez créer des emplois.
Et donc, vous allez avoir de la consommation parce que les gens, ils vont avoir des salaires qui sont des salaires meilleurs. Il faut changer absolument de logique. En tout cas, c'est ce qu'on propose avec Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise. Manuel Bompard, un
auditeur a souhaité vous poser une question.
Bonjour, M. Bompard. Samy de Lyon, vous souhaitez abaisser le droit de vote à 16 ans. Mais Jean-Luc Mélenchon fustige Parcoursup et dénonce une machine qui oblige les jeunes à rédiger une lettre de motivation. Dans votre raisonnement, donc, à 16 ans, on est capable de voter et de choisir une orientation politique. Mais par contre, on est incapable de choisir et de formuler son orientation professionnelle. N'est-ce pas ? Totalement contradictoire.
Merci. D'abord, merci pour la question. Je pense que
c'est
une bonne question. Si on critique Parcoursup, ce n
'est
pas parce qu'on pense que les jeunes ne sont pas suffisamment intelligents pour faire leur choix. C'est parce que c'est une machine qui est une machine à créer de l'angoisse,
à
créer de la souffrance et une machine qui oblige à mentir. Parce qu'on demande aux jeunes de dire quels sont leurs 10 choix d'orientation. Et donc, en fait, la vérité, c'est qu
'ils
ne vont pas faire 10 choix d'orientation. Donc, ils peuvent en faire un,
ils
peuvent en faire deux. Et puis, au bout d'un moment, le premier ou le deuxième, on leur demande d'inventer d'autres choix. Donc, c'est une machine qui est une machine malhonnête et qui crée beaucoup de souffrance. Donc, c'est pour ça qu'on critique Parcoursup. Pour le reste, un jeune, aujourd'hui, quand il a 16 ans, il est responsable, il peut aller en prison. Un jeune, quand il a 16 ans, il peut voter aux élections professionnelles. Donc, oui, on considère qu'un jeune, quand il a 16 ans, il devrait pouvoir voter.
Moi, ce que j'observe dans ce mouvement lycéen, c'est un haut niveau de conscience politique, un haut niveau de maturité politique, un haut niveau dans la formulation des revendications et je pense que ce serait une richesse pour notre pays que cette jeune génération, elle puisse aussi participer au scrutin.
On passe à l'actualité des réseaux sociaux avec vous, Benjamin Glaze.
Bonjour, Manuel. Bonjour. Je voulais vous faire réagir à un visuel qui fait polémique de la France insoumise du compte Instagram, en l'occurrence de la section LFI de Surenne dans les Hauts-de-Seine. Ils ont lancé une série, je cite le titre, ces vieux qui nous font la misère. Dans le cadre de cette série, ils s'en prennent à un proviseur, le proviseur d'un lycée de la commune. Ces militants assurent que ce chef d'établissement aurait envoyé le message suivant aux parents d'élèves. Je vous le lis.
Je rappelle que l'ensemble du lycée, à bord, cours et circulation, bénéficient d'une vidéoprotection avec enregistrement vidéo et que si d'aventure des élèves participaient à des actes de blocus ou à toute autre violence, ils seraient immédiatement traduits devant le conseil de discipline et feraient l'objet de poursuites judiciaires sur ce visuel créé par le compte LFI de Surenne. Le nom du proviseur est affiché, son visage également. Est-ce qu'à travers ce type de démarche, on ne met pas d'une certaine manière une cible dans le dos d'un proviseur
ici ? En tout cas, il ne
s
'agit évidemment pas de mettre une cible dans le dos de proviseur. Moi, je n
'ai
pas vu ce visuel mais ce que je peux vous dire, c'est que je trouve absolument inacceptable de la part d'un proviseur d'envoyer des menaces aux familles parce qu'en leur disant que si vos enfants participent d'un événement qui est un événement pacifique qui se tient devant l'établissement scolaire, ils pourraient être
sanctionnés. Mais il parle
de blocus et
de violence en l
'occurrence.
Non, non, un blocus, ce n
'est
pas de la violence. Un blocus, ce n
'est
pas de la violence. Il ne
faut
pas tout mélanger. La
violence, c'est quand on dégrade. La violence, c'est quand on s'épreuve à des gens.
de bloquer l'accès à un établissement.
D'accord,
mais ça, ça participe des modalités d'action parce que vous savez, quand les agriculteurs ont occupé une autoroute et l'ont bloqué à la circulation, ils n'avaient pas le droit non plus. Et pourtant, M. Attal, qui était ministre à l'époque, il est même allé les voir sur le point de blocus et il allait casser la croûte avec eux. Et je ne
le
reproche pas de l'avoir fait. Je pense que les agriculteurs avaient raison. Mais à l'époque, personne n'a dit oh là là, les agriculteurs, c'est illégal ce qu
'ils
sont en train de faire. On a dit quoi ? Et même M. Darmanin l'avait dit à la télévision. On a dit, il y
a
des colères qui sont des colères légitimes et il faut être capable d
'apporter des réponses à ces revendications. Est-ce que vous appelez du coup vos militants
à dénoncer publiquement les proviseurs qui s'opposeraient au blocage, au
blocus et au violence ? Non, c'est le fait de montrer du doigt à quelqu'un. J
'appelle l'ensemble des personnels de l'éducation nationale à ne pas tomber dans une forme de répression de la mobilisation et d'ailleurs, l'immense majorité d'entre eux ne le font pas et je désapproche cette initiative du procureur. Et en ce qui concerne les militants insoumis, je les appelle comme je l'ai toujours fait et je continue à le faire à se focaliser sur des modalités d'action qui
sont évidemment des modalités d'action non violentes. Voilà, ça me paraît simple. Et vous avez
entendu
ce que j'ai dit
aussi aux insoumis parce que je l'ai dit à plusieurs reprises mais manifestement ça a plus de mal à l'entendre. Les modalités d'action de la France insoumise sont des modalités d'action non violentes. Vous pouvez essayer par tous les bouts que vous
pouvez trouver à
essayer
de nous coller une image de violents
mais ça ne correspond pas à nos modalités
d'action. C'est compris à travers
un visuel. Mais un visuel qui dénonce une prise de position
politique.
Il donne le
nom d'un proviseur. Il dénonce une
prise de position politique. Et cette prise de position politique du proviseur je la trouve absolument inacceptable. Donc vous ne demanderez pas à ces
militants
de supprimer
ce visuel ?
Ben non,
je n'ai pas vu le
visuel donc je ne sais pas quelle forme il a. Évidemment, je ne
suis
pas d'accord pour que je trouve qu'il faut être très vigilant de faire la distinction entre la dénonciation d'une prise de position politique et la dénonciation d'un individu. On ne s'en prend pas aux individus, on s'en prend aux positions politiques qui peuvent être exprimées. Il
faut être
vigilant là-dessus. Je n
'ai
pas vu le visuel. Si ce visuel fait une confusion entre les deux, je le dirai évidemment. Mais je pense qu'il ne
faut
pas mélanger les choses et qu'il y a un certain nombre de prises de position que je ne trouve pas acceptables et que je suis d'accord pour qu
'on
les dénonce.
Manuel Bompard, on a le sentiment depuis le début de ce mouvement lycéen qu'au départ, les responsables de la France Insoumise étaient aux côtés des lycéens et que d'une certaine façon, aujourd'hui, vous ne savez plus comment éteindre cet incendie.
Non, pas du tout. On sera encore aux côtés des lycéens cet après-midi. On y sera jeudi. On y sera après-demain. On y sera après-après-demain. Il ne
vous
dépasse pas ce mouvement
?
Non,
mais
en fait, non, ce n
'est
pas ça qui s'est passé, monsieur. Pardon. Ce qui s'est passé, c'est que vous avez un gouvernement qui, au déclenchement de ce mouvement, plutôt que de répondre à ses revendications légitimes, a essayé de répandre une théorie assez complotiste qui était « Ah
non,
c'est la France Insoumise qui est derrière !
»
Ce qui était absolument absurde puisque, évidemment, s'il y a eu des lycéens qui se sont mobilisés, c'est parce qu'ils avaient des raisons ne se mobilisaient pas
parce que la France Insoumise leur a demandé de le faire. Il y a eu des responsables
de la France Insoumise, Louis Boyard ou Bali Bagayouko qu'on a vus à côté des
lycéens dès le début du mouvement.
Mais évidemment, mais c'est notre devoir. La question que vous devrez me poser, ce n'est pas pourquoi vous avez fait ça, c'est pourquoi le gouvernement ne l'a pas fait. Le gouvernement aurait dû venir rencontrer les lycéens, écouter leurs revendications. C'est notre devoir, c'est notre fierté même de l'avoir fait.
Sans avoir allumé la mèche au
départ. Mais ce n
'est
pas une histoire de mèche. Il y a eu une mobilisation qui a commencé à naître dans un lycée parce qu'il manquait plein de professeurs et que les conditions d'éducation étaient absolument indignes. Qu'est
-ce
qu'on a fait ? On est allé appuyer cette mobilisation et on continue de le faire avec beaucoup de fierté. Mais depuis le premier jour, l'Inde a toujours dit la même chose. Vous pouvez même retrouver mes déclarations il y a plusieurs années, celle de Jean-Luc Mélenchon. Toujours dit les modalités d'action, elles doivent être pacifiques et non-vélantes. Et c'est le cas, si je peux me permettre
quand même de le dire, de l
'immense majorité de
cette
mobilisation. Donc moi, j'appuie ça, je soutiens ça et cette manière d'essayer de la stigmatiser comme l'a fait le gouvernement, elle est absolument indigne. Mais il y
a
eu des dégâts, vous le reconnaissez. Oui,
j'ai dit que je n'étais pas d'accord quand il
y
a
eu des dégâts. Et
qui doit
payer du coup dans ce cas-là ? Selon vous
?
Qui doit payer ? S'il y a des actions individuelles de dégradation,
il
y
a
une responsabilité individuelle en France et dans cette responsabilité individuelle, un tribunal, quand il condamne quelqu'un, il peut y compris le condamner à des amendes. Ça existe déjà. Mais cette manière avec laquelle le gouvernement de venir introduire à l'Assemblée Nationale une loi qu'ils ont appelée casseur-payeur, qui en fait n
'est
pas du tout une loi casseur-payeur. C'est une loi qui vise à dire si vous avez été sur un blocus et qu'il
y a
eu des dégradations dans ce blocus, même si vous n
'en
êtes pas personnellement responsable, vous allez payer. Vous trouvez ça normal ? C'est une loi absolument inconstitutionnelle. Le principe élémentaire du droit en France, c'est que vous pouvez être sanctionné pour des faits que vous avez commis vous-même, pas pour des faits qui ont été commis par d'autres. Et si le gouvernement n'a que ça à répondre à la colère des lycéens, franchement, ils n'auraient absolument rien compris
à la situation qu'on est en train de vivre. Et Valérie Pécresse
qui dit vouloir envoyer la facture à Bali Bagayoko ? Moi, je lui
enverrai peut-être la facture à elle. Si elle nous
l'envoie,
on lui renverra à
Mme Pécresse.
Qu'est-ce qu'elle a cassé
? Vous
ne savez pas ce qu'elle a cassé, Mme Pécresse ? Faites le tour des lycées d'Ile-de-France et vous allez voir ce qu'elle a cassé.
Elle dit qu'elle a considérablement Du sous-investissement chronique
pendant des années et des années qui se traduit. Franchement,
elle
devrait se faire toute discrète, Mme Pécresse. Parce que si le mouvement est né en Ile-de-France, ce n
'est
pas pour rien. Parce que si elle trouve ça normal que vous alliez dans un établissement dans lequel les toilettes ne ferment pas, dans lequel il fait trop chaud l'été, il fait
trop chaud l'hiver... Elle dit qu'elle a
amélioré les conditions
des lycéens depuis qu'elle est oublée.
Elle les a tellement améliorées que le mouvement est né et agrandi. Et c'est diffusé comme une traînée de poudre dans les lycées franciliens. Donc peut-être que Mme Pécresse elle a une petite responsabilité. C'est elle qui est en charge de l'entretien des lycées et que personne ne l'oublie.
Merci Mme Pécresse.
Mme
Pécresse, coordinateur de la France Insoumise, député des Bouches-du-Rhône. Vous étiez notre invité ce matin sur Sud Radio. On se retrouve dans quelques secondes pour la vérité en face. A tout de suite.
Manuel Bompard