Sarah Knafo répond sans tabou aux questions de Femilliste !
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 63 %Attaque 23 %Défensif 13 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Qui êtes-vous ?
- 3:00OuverteRéponse directe
Est-ce que vous vous considérez comme une femme marginale ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Quelle est votre vision de la nature humaine ?
- 9:00OuverteRéponse directe
Quelle serait votre maxime morale selon Kant ?
- 12:00OuverteRéponse directe
Est-ce que vous vivez sans culpabilité ?
- 15:00OuverteRéponse partielle
Que signifie pour vous le terme technosouverainiste ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 21:00Locuteur 2Fait
« Il y a un déclin scolaire qui me paraît évident, un déclin de la culture. »
- 3:00Chiffre
« On a créé un système plétorique qui nous coûte plus de 4 milliards d'euros par an. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Il y a une phrase que j'aime bien qui dit "Agis comme tu dois, advienne que pourra." Est-ce que vous vivez sans culpabilité ? Moi, c'est vraiment l'impression que me donne un Emmanuel Macron, le sentiment qu'il a une forme d'intelligence qui tourne à vide.
La plus grande torture pour un peuple, c'est le mensonge. Et je me retourne et je vois que c'est Kundera. Je me dis, "C'est fou, je suis dans un rêve.
Qu'est-ce que je fais chez Kundera ?" Pas, j'aime dans la bagarre, j'aime bien les discussions franches. L'esthétique en soi concerne la collectivité dans son ensemble, change la vie au sens propre.
On pourrait être n'importe où en France, ce serait la même chose. Il y aurait le même Conforama, le même McDo. On se dit c'est quand même fou d'avoir créé ces enclaves de leader.
Les femmes n'ont pas besoin d'être favorisé pour montrer l'étendue de leurs talents. Aujourd'hui sur Femilist, on reçoit une femme qui intrigue, qui dérange et qui quoi en pense ne laisse personne indifférent. Il s'agit de Sarah Knafo.
Elle a 32 ans, elle est députée européenne élue sur la liste reconquête depuis 2024. Elle est vice-présidente du groupe Europe des nations souveraines au Parlement européen. Elle est ancienne magistrate à la Cour des comptes et elle s'est fait connaître en dirigeant la campagne présidentielle d'ÉC Zémour dont elle est aussi la campagne.
On l'a appelé la muse, la stratège l'éminence grise de la campagne d'Éric Zemour. Certains disent que sans elle, il ne se serait jamais lancé en politique. La presse parle souvent de son intelligence redoutable, de sa capacité à naviguer dans tous les milieux, à convaincre.
Et puis il y a ce paradoxe ironique. Écemour écrivait en 2013 dans le premier sexe que les femmes ne sont pas faites pour le pouvoir et pourtant aujourd'hui à ses côtés c'est elle que tout le monde regarde. Sarah Knafo, c'est aussi une femme qui prend la parole sur les sujets les plus brûlants comme le budget, l'immigration, la sécurité, l'identité, les cryptonnaies et la liberté d'expression.
Elle ne cache pas sa proximité idéologique avec Trump, ni ses convictions. Bref, on avait très envie de la recevoir pour comprendre son parcours, entendre ses idées, connaître son positionnement vis-à-vis des sujets dit féministes, mais aussi découvrir ce qu'anime vraiment. Et c'est ce qu'on va essayer d'explorer aujourd'hui avec elle.
Sarah Knafo, bonjour. Merci infiniment de nous faire l'honneur de votre présence. On est vraiment très contente.
Qui êtes-vous ? D'abord euh bonjour. Je suis vraiment très contente moi aussi euh de de venir répondre à vos questions ou d'entamer cette discussion.
Je vous ai lu avec intérêt. Euh donc euh je sais à qui je parle et je suis très contente de de parler avec vous deux. Euh qui suis-je ?
Je suis euh une femme française qui suis née en en scène Saint-Denis dans les années 90. J'y ai grandi jusqu'à mes 18 ans. Ensuite, j'ai fait mes études.
Euh, j'ai étudié l'économie, j'étais à la Sorbonne. Ensuite, je suis allé à Science Po puis j'ai intégré l'ENA. Quand j'étais à LENA, j'ai je pense que je peux dire que j'ai découvert l'État.
J'avais déjà fait quelques stages par le passé, mais là c'était c'était beaucoup plus intense. J'ai travaillé à l'ambassade de France en Libye qui était relocalisé à à Tunis et c'était une expérience vraiment passionnante de de tous les sujets qu'on qu'on aborde avec parfois beaucoup de légèreté en politique aujourd'hui. Si vous voulez, on y reviendra tout à l'heure.
Euh ensuite, j'ai travaillé à la à la préfecture des Pyrénées Atlantiques. Là aussi immersion dans la France, dans la ruralité de montagne, dans le B, dans le Pays-Basque, passionnant puis chez Publicis où contre toute attente j'ai vu le monde de la communication de près, donc publicis, boîte du CAC 40 mais qui conseille toutes les autres sociétés du CAC 40. Peut-être qu'on qu'on en parlera aussi.
Ensuite, j'ai intégré la cour des comptes. Je suis devenue magistrate à la Cour des comptes et quelques années plus tard, m'apercevant que que finalement on pouvait pas changer les choses autant que je les imaginais, que je l'imaginais à l'intérieur de l'État, je me suis aperçu que le combat politique était presque une nécessité pour moi et au stade où j'en étais arrivé de mon parcours. Donc avec Éric Zemour, on a créé ce partir au conquête.
Euh je l'ai suivi dans cette aventure présidentielle qui a été la campagne de 2022. Puis je suis devenue députée européenne, donc ça depuis 2024 et j'arrive donc à 1 an de mandat désormais au Parlement européen où j'essaie de défendre au quotidien tous les sujets qui m'animent et dont on parlera peut-être. Est-ce que vous vous considérez comme une femme marginale ?
Je vous ai entendu dire plusieurs fois que vous vous sentiez en décalage notamment pendant vos études à Science Po à LENA. Donc je me demande aujourd'hui comment vous vous ressentez. Alors c'est vrai que quand on fait ces études dans les années 2010 à Science Poau et qu'on pense ce que je pense, on a tendance à penser qu'on est marginal, extrémiste en se disant "Mais c'est quand même fou, pourquoi est-ce que tous les autres trouvent aberrent ce qui me paraît être du bon sens ?" Et quand on sort de cette école ou quand on découvre le le reste de la France, comme j'ai eu la chance de le faire par la suite, on s'aperçoit qu'en réalité on est ni marginal ni extrémiste, mais au contraire consensuel et majoritaire.
Et ça a été la la bonne surprise que j'ai eu quand j'ai quitté les bandes sciences de m'apercevoir qu'en réalité ce que je pensais une grande majorité des Français le pensaient. Et je pense que s'il y a un mérite à la campagne qu'on a faite en 2022, c'est que beaucoup se disaient la même chose à leur travail, dans leur famille, dans leurs milieux sociaux respectifs où en réalité tout le monde pensait la même chose, tout le monde voyait la même chose, tout le monde ressentait la même chose, parfois le même malaise devant ce qu'ils peuvent entendre à la télé, ce qu'ils peuvent entendre au travail dans leurs entreprises en se disant "Mais je suis peut-être seule à penser ce que je pense." Et il y a une forme de désarroi quand on se dit euh je suis seule au monde, enfin vous avez vous avez sans doute lu 1984 où on voit ce héros qui se croit presque fou de continuer à croire en la vérité.
Et quand il a en en face de lui le le symbole du totalitarisme qui lui dit de et deux font 5 et lui se dit mais je sais que deux et deux font quatre et on veut lui faire croire que c'est lui qui est fou de persister à penser ce qu'il a toujours considéré comme la vérité qui qui existait. qui était qu'on pouvait pas remettre en cause. Et donc euh j'ai appris par la suite qu'en réalité je n'étais pas du tout marginale.
Donc aujourd'hui, je crois au contraire être dans une forme de barissante de ce que pensent les Français, de ce qu'ils attendent, de ce que en réalité tous les peuples sont en droit d'espérer. C'est-à-dire que je crois pas avoir des aspirations d'extrême droite, c'est une évidence, mais en fait même pas de droite. J'ai des aspirations normal d'une femme normale, d'un citoyen normal, c'est-à-dire vouloir me promener en sécurité dans la rue, vouloir que mes enfants puissent aller à l'école pour y apprendre quelque chose, vouloir que les professeurs n'aient pas la boule au ventre en entrant dans une salle de classe.
Bref, des aspirations normales auxquelles tout peuple peut prétendre et je trouve anormal qu'on ait à ce point torturé notre peuple qu'aujourd'hui il en vienne à penser qu'il est extrémiste quand il pense des choses aussi banales. Et donc pour défendre ces idées, vous êtes engagé en politique. Moi, je me suis toujours dit que la première question à se poser quand on s'engage dans un tel parcours, c'est la question de la nature humaine.
Quelle vision est-ce qu'on a de la nature humaine ? Quelle est la vôtre ? C'est une très bonne question.
Je pense qu'en réalité tout le monde doit se la poser. Ouais. En politique ou en dehors de la politique parce qu'on s'engage en réalité pour voilà des millions de compatriotes.
On s'engage pour des gens. Enfin c'est pas juste des idées abstraites. Et donc qui sont-ils ?
Ouais. D'abord je pense que contrairement à un certain discours ambiant, [soupir] je crois qu'il existe le bien et qu'il existe le mal. Qu' a pas de relativisme à faire entre les deux.
C'est-à-dire que le discours moral existe. On vit dans une époque qui refuse toute morale mais qui en réalité en impose une de façon sournoise. Très souvent, on entend des gens qui disent "Mais je vais pas te faire la morale.
On n'est pas là pour faire la morale." Comme si c'était devenu interdit de penser qu'il existe un bien, qu'il existe un mal, qu'on peut mal agir, qu'il y a des personnes qui ont des attitudes qui sont mauvaises, d'autres personnes qui ont des attitudes qui sont bonnes. Enfin, moi je dis pas que je suis dans la dans la bonne catégorie, mais en tout cas c'est ce que j'essaie de faire, c'est ce que je m'efforce de faire sans sans relativisme.
Qualifier la nature humaine, je crois que c'est presque impossible. Tous les philosophes qui s'y sont essayés avant avant moi, avant nous, ont dû écrire des milliers de pages pour s'apercevoir qu'en réalité ça n'était pas ça n'était pas si facile. Comment vous dire ?
Première chose, quand je vous dis il existe le bien, il existe de mal, c'est que je refuse la psychologisation qui vise un peu à évincer le bien et le mal en se disant finalement tout dépend d'une maladie psychologique que chacun pourrait avoir. Vous savez, parfois on parle des gens en disant lui c'est un pervers narcissique par exemple. On oublie qu'en fait non, c'est c'est une attitude qui est mauvaise.
Il y a pas besoin de psychologiser ça, ni de penser que ça peut être une maladie pour se rendre compte qu'en réalité si une personne faisait un travail dans sa propre conscience sur soi-même, il pourrait s'apercevoir lui-même de où se situe le bien. Je trouve qu'on pardonne en réalité trop facilement les gens en attribuant ce genre de comportement à des maladies psychologiques. Ceci étant dit, je reviens sur puisque c'était la question que vous me posiez sur la manière d'aborder ça en politique.
Je crois que les individus comme les peuples peuvent avoir une pente naturelle si on revient sur la nature humaine qui est de se laisser aller à à nos travers profonds qui peuvent être l'apparesse, le renoncement, parfois l'aveuglement volontaire. autant de défauts ou de penchant qu'on peut retrouver chez chacun d'entre nous quand on s'oublie un peu, quand on se laisse aller, quand une situation nous fait trop peur. Ce sont aussi des penchants qu'on retrouve à l'échelle d'un peuple qu'on a trouvé parfois dans l'histoire de France.
On pourrait citer 1000 exemples de la guerre de 100 ans à la seconde guerre mondiale plusieurs fois où finalement il y a eu une forme de renoncement de tout le peuple français ou en tout cas d'une grande partie et puis soudain et alors là ça fait croire de nouveau dans la nature humaine soudain soit des individualités d'exception soit tout un peuple qui se réveille qui se reprend en main qui refuse le renoncement et qui accomplit des miracles. Si on prend la guerre de 100 ans, on voit ce ce pays qui est au bord de l'agonie, on se dit que la France va disparaître et puis soudain, on a une jeune femme de 15 ans qui fait qui fait ce qu'on connaît, qui devient Jeanne d'Arc et en un instant la France est sauvée. Si on prend 40, on voit tout un peuple traumatisé par la guerre 14 qui s'était dit plus jamais ça, plus jamais de guerre, qui est prêt à accepter des concessions morales terribles en se disant au moins on aura pas la guerre. et on voit une grande partie du peuple prêt à collaborer.
Pétin était très populaire en en 40 et puis soudain un général de brigade condamné à mort par Contumas en France qui depuis Londres fait un discours magnifique et dit "On a perdu une bataille, on n pas perdu la guerre et une partie du peuple français qui se relève." Et donc là, c'est là qu'on voit à quel point finalement on porte en nous à la fois le meilleur et le pire, c'est-à-dire un même peuple qui 4 ans avant euh était prêt à toutes les collaborations et tous les renoncements et qui se retrouve réveillé par quelqu'un qui a su lui parler. Donc je crois à ça, c'est-à-dire le fait qu'on a tous en nous-même une sorte de flamme qui peut se rallumer.
Je me moi j'ai des j'ai des images en tête, j'ai pas beaucoup parlé, enfin tout à l'heure, je vous ai parlé de la campagne de 2022. J'ai des images en tête notamment au Trocadéro de gens qui pensaient plus à un discours patriote au drapeau. Ça c'est ça les concernait pas.
C'est pas qu'ils aimaient pas la France, c'est pas qu'il crachaient sur le drapeau, c'était juste que c'était plus du tout des considérations qu'ils avaient. Et puis soudain, ils ont entendu une voix qui leur a parlé pendant cette campagne et ils ont eu ce sentiment qu'une flamme avait été rallumée en eux et que cette flamme ne s'éteindrait pas. Et je pense qu'on peut réveiller en chacun.
Alors politiquement par la littérature, il y a il y a 1000 manières de le faire. On peut réveiller le meilleur de la nature humaine, de ce qui sommeille en chacun de nous. Vous parlez de bien, de mal, ça touche à la question de la morale.
On avait envie de vous faire réagir à une citation d'un philosophe très peu lu parce que c'est très très compliqué de lire Emmanuel Kant. C'est une citation qui est issue des fondements de la métaphysique des mœurs qui est très courte qui dit "Agis uniquement d'après la maxime qui fait que tu puisses vouloir en même temps qu'elle devienne une loi universelle. Quelle serait la vôtre ?" Je vais faire la fille pédente, je vais vous dire.
Alors moi je les lis justement quand c'est une des manières dont il dont il formule l'impératif catégorique. D'abord la manière dont dont dont je la reçois cette phrase, je trouve qu'elle est très symbolique de l'esprit des lumières, c'est-à-dire un un siècle qui a évincé Dieu et qui se dit l'homme peut lui-même définir sa propre morale. Quand on voit comment définissait l'impératif catégorique, en réalité ce qu'il dit c'est chacun peut définir sa propre ligne de conduite en essayant de généraliser l'acte qu'il s'apprête à faire.
Par exemple, si on prend des interdits classiques qui pour le coup ne subissent pas encore de relativisme, ne pas tuer, on se dit est-ce qu'on pourrait généraliser le fait que j'ai le droit de tuer par exemple ? Et on s'aperçoit bien, on y réfléchissant 5 minutes que si on généralisait ce droit, l'humanité ne pourrait pas tenir. On vivrait dans un chaos total.
Et donc on se dit puisque ça n'est pas universalisable, alors je n'ai pas le droit de tuer. Et c'est l'homme qui par sa raison, par son propre raisonnement, par sa par son intelligence aboutit à une forme de morale. On sort à mon sens de siècle passé qui ont accepté une morale qui leur été imposée par Dieu, par la religion, par leur père, par le roi, par qui sais-je.
On arrive dans ce siècle des lumières où on se dit l'homme lui-même est capable de raison, donc il est capable de définir sa propre moralité, sa propre conscience. Si je me plaçais dans dans un monde plus croyant, je vous dirais ma maisim c'est les 10 commandements. Il y avait déjà "Tu ne tueras pas, tu ne porteras pas de faux témoignage, tu n'auras qu'un seul Dieu." Euh donc je vous dirais que c'est ça mes mes croyances que ce que je respecte.
Euh d'ailleurs, ça me fait penser ce que je vous disais sur quand j'avais eu en en en philo un jour un sujet qui s'appelait qui est autorisé à me dire "Tu dois Et et je trouve que toute la question de la philosophie des lumières est contenue dans cette question, à savoir l'homme qui soudain se dit "Persne d'autre que moi-même n'a le droit de me donner d'impératif, personne d'autre n'a le droit de me dire "Tu dois faire ceci ou tu ne dois pas faire cela." et on sent bien le le basculement euh c'est-à-dire d'un esprit très croyant qui accepte de se soumettre à une mort à l'extérieure à soi, à euh bah le l'être humain tel qu'on le connaît aujourd'hui qui veut être sa propre référence, qui n'accepte plus euh une forme de transmission d'interdit qui lui aurait été légué par une sagesse ancestrale ou alors quand on croit par Dieu. Ça me rappelle d'ailleurs dans ce genre de comment dire dans ce genre de phrase où on ressent tout le basculement d'une époque à l'époque de la monarchie pour le coup de droit divin on parlait beaucoup de roi tomaturge donc le roi capable de guérir les écroeles qui en touchant quelqu'un arrive à le guérir.
Et à l'époque on disait le roi te touche Dieu te guérit. Et à partir du 18e siècle, cette phrase change de manière un peu imperceptible et elle devient "Le roi te touche, Dieu te guérisse". Et on sent dans ce subjonctif, on voit déjà la guillotine au bout d'ailleurs, puisque soudain, on se met à se dire "C'est juste un souhait, peut-être que ça ne marchera pas.
On espère que le roi pourra te guérir." Mais on cesse d'y croire. Bref, je ferme cette parenthèse.
Euh si je dois, je vous ai parlé des 10 commandements, si je dois vous dire à l'échelle personnelle moi comment je définirais ma propre ma propre morale, je dirais euh il y a une phrase que j'aime bien qui dit "Agis comme tu dois, advienne que pourra." Donc enfin c'est c'est un peu stoïicien, c'est-à-dire je fais ce que je dois faire, je sais pas forcément comment ça sera reçu. Je suis pas maîtresse des événements, je suis pas Dieu.
Euh il peut se passer plein de choses dans la vie. Il y a des circonstances, il y a des événements. Parfois on a de la chance, parfois on en a pas.
Mais on doit être capable de toujours pouvoir se dire qu'on a fait ce qu'on devait faire. quel que soit et les chances de succès et les risques de défaite de coûts qu'on peut prendre, mais se dire "J'ai été fidèle à ce que je devais faire. Euh, j'ai pas à rougir, j'ai pas à regretter, j'ai pas eu peur, j'ai fait ce que ma conscience me dictait et et advienne que pour Est-ce que vous vivez sans culpabilité ?" Non, je je connais pas de gens qui vivent sans culpabilité, à part euh peut-être des gens complètement insensible.
Non, euh enfin à la dans ma vie personnelle, je peux culpabiliser de plein de petites choses et j'essaie de de rectifier. On se dit toujours qu'on pourrait être, je sais pas, une meilleure petite fille pour sa grand-mère, une meilleure amie pour certains de ses amis qui avaient besoin de nous et c'était un moment où on croyait qu'on avait plus important à faire que qu'être à leur côté. Donc non, j'ai plein de petites culpabilités.
Euh, vous défendez une vision qu'on appelle souvent technouveriniste. Moi, je sais pas ce que ça veut dire. Que vous pouvez nous expliquer vous non plus.
Non. D'accord. Alors, toutes les deux, on n pas enfin j'ai souvent ça dans les médias.
Donc euh en parlant de vous et je me suis toujours dit "Mais pourquoi il m'explique pas ce que ça veut dire ? Peut-être que je vais demander à Sarah Knafo C'est vous qui aviez raison." Euh donc voilà, mais j'ai entendu dire ceci que vous dirigez un rapport sur la souveraineté technologique au sein du Parlement européen.
Tout à fait, c'est le cas. Oui. Est-ce que vous pouvez un peu nous parler justement de cette souveraineté technologique en Europe face aux États-Unis, face à la Chine ?
Parce que moi ça me semble absurde par exemple qu'en Europe, on a toujours pas de réseaux social qui fonctionne. Tout à fait. Euh bah alors dans ce cas-là, si ça parle de mon rapport sur la souveraineté technologique, peut-être que certains médias ont voulu dire que j'étais à la fois technophile, donc je défendais une forme de progrès technologique tout en étant souverainiste, c'est-à-dire de défendre notre capacité à nous d'être autonome sur ces outils.
Quand on regarde la situation aujourd'hui, j'adore, on change totalement de de registre, quand on regarde la situation aujourd'hui en alors sur l'ensemble du continent européen, on est clairement devenu une colonie numérique. Une colonie numérique des États-Unis s'est manifesté depuis des années. Une colonie numérique de la Chine aussi quand on voit lesessort du e-commerce et de l'Asie plus globalement quand on voit notre dépendance notamment sur la question des semi-conducteurs.
Donc plus largement le continent européen aujourd'hui n'a pas les moyens d'exister par lui-même sur la scène technologique. 92 % de nos données, donc presque l'ensemble de nos données sont stockées sur des serveurs américains. Et vous avez aux États-Unis un un une loi qui s'appelle le cloud actin sur simple demande peut exiger de la part des gars femmes d'avoir accès à toutes nos données.
Je vous donne un exemple d'un sujet sur lequel c'est gravissime et c'est un sujet qui vous intéresse en plus. Vous avez Emmanuel Macron qui a accepté d'offrir toutes nos données de santé à Microsoft sur un plateau d'offrir de payer Microsoft en plus pour pouvoir stocker nos données de santé. Ça s'appelle le else Data Hub.
Ça c'est un projet mirobolant qui permet donc à Microsoft, un acteur américain, de disposer de toutes nos données de santé. Et donc si demain le gouvernement américain avait un intérêt à demander euh vous, moi euh peu importe la le le des données à caractère ultra sensible et ultra personnel, il pourrait l'exiger auprès de Microsoft et Microsoft de serait obligé d'y faire droit et donc de fournir ces données. Il faut savoir à quel point c'est stratégique, c'est qu'en France, on a la donnée de santé la plus structurée du monde.
C'estàd qu'avec une simple carte vitale, avec un simple numéro de sécurité sociale, vous avez accès à toute la vie d'une personne. Ses liens familiaux bien sûr, toutes ses prises de sang, quand est-ce qu'il est allé chez le dentiste la dernière fois ? Enfin, absolument tout dans les sujets qui vous intéressent.
En plus, vous imaginez à quel point ça peut être sensible, personnel, à quel point les gens peuvent être compromis par ça. Je sais pas quelqu'un qui cacherait une maladie, quelqu'un qui cacherait une opération, que sais-je encore. Ça peut devenir extrêmement dangereux pour n'importe qui.
Je vous donne un exemple en essayant d'aller, c'est d'ailleurs, j'allais dire vers l'absurde, mais c'est pas si absurde. cadre d'une entreprise stratégique que les États-Unis voudraient faire chanter pour donner des données ou tout simplement le compromettre pour pouvoir acheter son entreprise et c'est pas si éloigné de sujet qu'on a connu malheureusement en France avec les États-Unis. Bah il suffirait d'un claquement de doigt pour obtenir quasiment toute sa vie, voir tout ce qu'il a fait, quelles opérations, quelles maladies il pourrait cacher et cetera.
Enfin bref, donc c'est presque dystopique de s'imaginer que le gouvernement français ne garde pas en propre et verrouiller à double tour des données aussi sensibles que les citoyens français n'aient jamais été consultés pour leur dire qu'on allait fournir leur donnée de santé. Alors maintenant, pourquoi c'est un sujet technologique ? c'est que quand le gouvernement français fait ça, il le fait en se disant "Mais chez nous, on n' pas la capacité d'avoir des acteurs aussi performant que Microsoft qui pourrai assurer les services qu'on demande dans ce Data Hub." Et donc maintenant, c'est un peu le serpent qui se mort la queue puisque comment voulez-vous qu'on ait des acteurs assez performants, assez efficaces si l'État en l'occurrence pour de tels projets ne les fait pas travailler eux, les rares français qu'on a qui sont très forts d'ailleurs, mais fait plutôt travailler les Américains.
Et c'est là qu'on arrive à une absurdité et c'est ce dont je parle dans mon rapport, c'est que vous pouvez avoir une même collectivité publique, une mairie, un département, une région qui le matin même va financer une entreprise française en disant "Regardez, on finance l'innovation Valérie PC va être toute contente, elle va aller dans une start-up, elle va dire "J'ai donné un million d'euros avec notre argent et cetera." Donc le matin même, elle va financer une start-up dans le domaine de l'innovation de la tech en disant avec de l'argent publicque, on soutient l'innovation. Et cette même collectivité publique peut l'après-midi pour un marché public faire travailler une entreprise américaine concurrente de l'entreprise qu'elle vient de subventionner.
C'est ce qu'on fait quasiment tous les jours. C'est-à-dire que quand il faut subventionner, l'État est là, les collectivités publiques sont là, mais dès qu'il y a un service concret à demander, alors les acheteurs publics ont toujours le réflexe de faire travailler plutôt les gars femmes, plutôt des acteurs américains. Pourquoi ?
D'abord parce que absence de pratique, pas l'habitude de faire travailler les acteurs français parce que quand vous êtes un un acheteur public donc qui passe des commandes publiques, on vous reprochera jamais d'avoir pris Microsoft. C'est basique de prendre Microsoft. Tout le monde prend Microsoft.
Alors que si vous prenez un acteur français qui répond pas assez vite, qui a des bugs ou que sais-je, là on vous dira mais c'est n'importe quoi, on le connaissait nive, il fallait plutôt prendre Microsoft et cetera. Et donc vous avez un système où dans presque toutes les universités françaises, les étudiants arrivent et ont des licences gratuites de Microsoft World. Peut-être que vous vous en souvenez, on avait le mot de passe de la suite office et c'était euh dès l'arrivée où c'était gratuit.
Donc imaginez l'avantage comparatif pour un Microsoft. Alors que pour le coup, faire du logiciel d'édition de texte, euh créer des PowerPoint ou enfin tout ce que la base de ce qu'on a besoin quand on est étudiant, on a beaucoup d'acteurs français qui savent le faire. On a des éditeurs de logiciel qui savent créer ça, mais c'est pas eux qui sont employés dans l'éducation nationale, dans l'enseignement supérieur.
Alors que pour le coup, ça leur ferait des marchés énormes qui leur permettrai de se déployer et donc je reviens à ce que je disais au début, qui leur permettrait d'être plus performant, plus efficace et qui les rendrai pour le coup vraiment plus compétitifs vis-à-vis des acteurs étrangers. Donc ce que je propose dans mon rapport, c'est d'arrêter ce modèle de subvention que je trouve absurde, mais de passer plutôt à une logique de concurrence de marché public. C'est-à-dire que on les met en concurrence toutes entre elles, les entreprises françaises, européennes qui savent faire ce qu'elles font.
On leur permet d'avoir des marchés. Donc ça leur permettra de se développer parce qu'elles devront rendre de vrais services. Alors que la logique de la subvention, c'est-à-dire qu'on leur dit "On vous donne plein d'argent, chargez à vous de l'utiliser, mais vous avez pas de déboucher derrière, personne vous achète vos services, vous ne vous développez pas.
Donc il y a ni croissance ni compétitivité par rapport à des gros acteurs comme les acteurs américains. Et donc à la fin c'est de la perte d'argent public pour aucun gain de souveraineté. Alors qu'à l'inverse, quand on regarde le modèle américain, tous ces toutes ces grandes entreprises de la tech se sont développées main dans la main avec le le le secteur public américain, d'ailleurs en majeure partie avec la défense et l'armée américaine.
Et chez nous, je crois qu'on pour l'instant il y a pas eu cette prise de conscience. Donc bah je reviens à ce que je disais, 92 % de nos données sont stockées aux États-Unis. Entendu.
C'est choquant. Surtout quand vous avez dit colonie numérique, je n'avais jamais entendu ce terme. Ah, ça m'a foutu une claque de de le percevoir comme ça.
On peut se décoloniser. En tout cas, on en a les moyens. On a vraiment des génies.
Alors là, pour le coup, pour sortir du du constat et revenir à à un élément qui est très positif, on est admiré par le monde entier dans le secteur de la tech. Quand on regarde les achats d'entreprise à l'étranger par les grosses boîtes américaines, la moitié se fait en France, pas en Europe, en France spécifiquement. Donc on est ultra admiré.
Quand vous parlez aux États-Unis et j'y étais pas mal ces derniers temps, de Polytechnique, tout le monde sait ce que c'est. Au même titre que nous, on sait ce que c'est Harvard et ce que c'est YEL. Ils connaissent tous Polytechnique, en tout cas dans les secteurs plutôt branchés sur l'innovation.
Ils admirent tous les ingénieurs français. Ils reconnaissent la capacité de la France d'être encore ultra performant en math, d'avoir de très bons ingénieurs et c'est peut-être une même si à l'heure actuelle c'est triste quand on voit que nos boîtes sont rachetées en en sont beaucoup racheté quand on voit que nos ingénieurs sont rachetés à Pridor, c'est un français par exemple qui est responsable de toute la recherche de l'IA dans le groupe MTA. Enfin quand vous voyez où où se trouvent les Français dans la silicone vallée, c'est très très impressionnant et on se dit "Ah oui quand même, on a largement de quoi faire." Donc ce qui est rassurant, c'est de se dire en réalité c'est qu'un problème d'organisation de notre état qui fait mal les choses, qui a pas de vision stratégique sur le sujet mais c'est pas un problème de ressources humaines.
Ça on les a. On les a. On a de l'intelligence, on a de la force, on a une capacité d'innovation tellement forts qu'ils sont rachetés partout.
Mais donc il ne tient qu'à nous de les garder et de réussir à leur montrer qu'un avenir est possible ici. Sur la pardon sur [raclement de gorge] la question de l'intelligence d'ailleurs. Enfin c'est c'est un sujet sur lequel on avait très envie de de vous entendre et j'en j'en profite pour pour rebondir là-dessus puisque vous en parlez.
Donc il reste des cerveaux en France. OK, c'est cool de l'apprendre parce que moi j'ai l'impression que c'est un sujet qu'on dont on devrait débattre en politique actuellement. la question de l'intelligence euh la question du peut-être du déclin de l'intelligence au sein de la classe politique.
Euh alors peut-être que c'est tabou, j'en sais rien. La question aussi de l'intelligence collective, enfin du peuple en règle générale. Euh qu'est-ce que vous en pensez ?
Est-ce que vous avez l'impression qu'il y a un déclin de l'intelligence actuellement en France dans le monde ? Est-ce que vous considérez que c'est un sujet qui devrait être débattu en politique ? Est-ce que c'est un sujet tabou ?
Alors, pour moi, c'est pas un sujet tabou. Je dirais que l'intelligence, c'est même une des qualités qui m'importent le plus chez les gens. Euh que ça ne dépend aucunement des études que les gens ont pu faire pour le coup.
Euh quand vous dites déclin de l'intelligence dans la classe politique, pour moi c'est qu' on peut avoir des gens très intelligents, des singes savants qui connaissent tout, qui ont une vision techno hyper poussée. Euh voilà, si on regarde dans une certaine rue du 8e arrondissement, je pense que les gens imagineront verront se dessiner l'Élysée en se disant "Bah oui, c'est vrai qu'on manifestement on a quelqu'un qui a l'air intelligent à la tête de l'État." Et pourtant énormément de gens et vous vous trouverez des Français de toute classe sociale qui vous qui se diront "Mais Macron est stupide" et comment est-ce qu'on explique ce paradoxe ?
On peut pas vraiment dire qu'il soit bête et on a quand même l'impression qu'il comprend rien. Je pense qu'il y a vraiment une sorte de déconnexion entre l'intelligence qu'on peut avoir, qu'on peut avoir acquise. On a je sais pas un fort cuit, un cerveau qui tourne bien.
On a des idées qui se connectent vite et une absence totale de bon sens, c'est-à-dire de capacité à voir les choses telles qu'elles sont. Euh à avoir une forme de sens pratique, de voir ce qu'elle ce qu'elle devrait être et cetera. Et alors ça pour le coup, j'ai vu une déconnexion euh énorme dans plusieurs fois dans ma vie.
Je vous ai dit tout à l'heure que j' j'avais travaillé à la préfecture des Pyrénes Atlantiques, la ruralité de montagne et cetera. J'y ai côtoyé pendant des mois et des mois quasiment tous les jours des agriculteurs avec enfin je vivais au milieu d'eux et j'ai vu énormément d'intelligence quand quand l'expression le bon sens paysan vient vraiment de quelque part. J'ai vu des gens extrêmement intelligents et à l'inverse, c'est pas du tout des mago de dire ça, j'ai vu des gens très stupides dans la haute fonction publique.
J'ai côtoyé des gens que n'importe qui trouverait bête euh qui avaient fait les NAS, qui avaient les bonnes cases dans dans leur CV et qui pour autant sont incapables de concevoir un problème simple, incapable de alors encore moins de résoudre des problèmes simples et parfois on a même l'impression qu'ils n'en ont pas l'envie. Moi, c'est vraiment l'impression que me donne Emmanuel Macron, le sentiment qu'il a une forme d'intelligence qui tourne à vide, qui se nourrit elle-même de paroles, de palabres, il s'écoute parler et à la fin à chaque fois qu'il faut bah agir, proposer quelque chose, régler des problèmes simples, plus personne. Et donc on se dit qu'elle gâchie d'intelligence, tout ça pour ça.
Qu'est-ce qu'on fait face aux gens bêtes ? Parce que c'est moi c'est vraiment un souci. C'est-à-dire que parfois, je suis désolée de le dire mais je souffre des gens bêtes.
Ils me font du mal parce que quand ils ne comprennent rien, qu'il faut leur répéter 200000 fois le même truc, tu es là mais je suis en train de me cogner la tête contre un mur et je pense qu'on a déjà tous vécu ça dans le monde professionnel ou où ton boss est un débile profond ou quelque chose comme ça. Qu'est-ce qu'on fait face aux gens qui ont une limite d'intelligence ? Euh c'est une question d'abord.
On est on est clément. C'est si ça n'est qu'une limite et que ça n'est pas de la malveillance, ça n'est pas de leur faute. On parlait tout à l'heure du "Est-ce qu'il y a un déclin de l'intelligence ?
Il y a un déclin scolaire qui me paraît évident, un déclin de la culture qui qui n'est pas du fait de de du peuple français mais du fait d'un modèle qu'on a complètement détruit. Si vous bah typiquement, on parlait des agriculteurs, prenez George Pompidou. Je pense que c'est l'un des présidents les plus cultivés qu'on a eu.
Petit fils d'agriculteur, fils d'instituteur qui à son tour devient Normalien, président de la République française. Impressionnant. Un parcours tel qu'on en fait plus.
Aujourd'hui, on a l'impression qu'en France, pour réussir, il faut être fils de prof, ce qui n'est pas mon cas. Mais parcours impressionnant où un petitfils d'agriculteur arrive à devenir ce qu'il est devenu une des personnes les plus cultivées de France par ailleurs extrêmement intelligent à qui on doit presque tout le développement industriel qui a été le nôtre. Donc ça n'était pas juste un littéraire qui lisait des livres mais en plus une vision extrêmement pratique et presque futuriste de ce que devait devenir la nation française.
Admirable. et on a complètement détruit ce modèle, c'est-à-dire la capacité de faire partir des enfants de 6 ans de rien du tout ou de presque rien et de les faire grandir avec un esprit critique donc qu'on pourrait qualifier d'intelligence de leur donner euh les les bases des mathématiques, une culture commune à toute la nation, d'avoir presque toute bah toute une génération qui connaissait par cœur des poèmes, qui lisaient Victor Hugo, qui trouvait pas que c'était trop difficile même à 11 ans. Quand on regarde les problèmes, les programmes pardon des des des décennies passées et qu'on voit ce que les enfants lisaient à 10 ans, on se dit aujourd'hui même au bac de français, ça a l'air trop compliqué pour certains.
Donc ça, oui, il y a un déclin pour certains profs, il y a il y a un déclin scolaire qui est indéniable. Est-ce que pour autant on peut dire qu'il y a un déclin de l'intelligence française ? Alors moi je je le crois pas et j'ai vraiment tendance à à admirer de plus en plus le peuple français quand je vois à quel point on on lui ment toute la journée, à quel point on le désinforme, à quel point on lui cache la vérité.
Et je me souviens d'ailleurs d'un d'un passage de Solidsin qui disait "La plus grande torture pour un peuple c'est le mensonge. Quand il sent qu'on lui ment toute la journée, qu'on lui affirme des choses qui sont le contraire de la vérité." Et je vous disais tout à l'heure dans Roel cette page qui est en étouffe quand on veut quand on veut faire croire et dire au personnage principal que deux et deux font cinq et lui sait que c'est faux et c'est une torture absolument terrible.
Et quand on regarde la télévision parfois je pense que ça nous arrive à chacun d'entre nous ça dépend des sujets. Certains sont très sensibles sur des sujets de santé, d'autres sur des sujets d'immigration, de sécurité, d'autres sur des sujets de biologie de genre. En tout cas, quand on on entend parfois des affirmations où vous disiez tout à l'heure, on a parfois l'impression que les gens sont bêtes parce qu'ils nous répètent des choses, on se dit "Mais c'est pas possible, il peut pas croire à ça." Moi, je crois que c'est de l'idéologie mais c'est une forme de torture pour nous.
Et quand on voit à quel point le peuple français est torturé par ce mensonge et garde pourtant ce bon sens, cette capacité à déceler la vérité, cette capacité à s'indigner, se révolter pour des choses euh contre lesquelles on l'a presque dressé tellement on lui a répété à longueur de journée cet endoctrinement et cetera. Je me dis bah tout n'est pas perdu. Et si je dois vous donner des des exemples simples, alors dans ce que vous connaissez, vous voyez à quel point c'est partagé. toute opinion politique confondue, le fait que les parents ne veulent pas qu'on apprenne à leurs enfants n'importe quoi à l'école, qu'on puisse voir sa petite fille qui rentre et qui dit "En fait, je pourrais être un garçon.
Euh je connais des gens d'extrême gauche qui iraient euh euh enfin qui qui irai se plaindre auprès de n'importe quel professeur si leur enfant rentrait en leur disant ça. Il y a des choses qui sont presque inées où on se dit "Ah non, pas mon enfant, on veut bien entendre ça sur France Culture, sur France en terre, mais on n pas envie qu'on apprenne ça à mes enfants." Il reste quand même une sorte de au fond de nous, on sait que ça fait pas du bien à un enfant de 6 ans d'entendre ce genre de choses à l'école.
Et alors ça pour le coup, je le vois presque tous les jours avec l'association qu'on a créé les parents vigilants où on a vraiment des gens qui disent "Bah moi je votais écolo, moi j'étais LFI mais depuis que j'ai entendu ça à l'école c'est plus possible, je suis venue à vous et cetera." Et donc ça c'est très partagé. Si je prends un autre sujet euh vous vous souvenez qu'il y a un mot qui a fait beaucoup parler pendant la campagne présidentielle, c'était le mot de grand remplacement et on a débattu de ça pendant des mois.
Est-ce que Zemour a raison ? Est-ce que c'est une théorie d'extrême droite ? Marine Le Pen disait que c'était d'extrême droite de dire ça et enfin bref un imbrogliot autour de de ce simple mot grand remplacement.
Et vous avez donc 99 % de la classe politique qui dit que c'est une théorie complotiste, même le RN, c'est dire vous avez 100 % des médias qui disent que ça n'existe pas, que c'est complotiste et cetera. Et là, vous posez la question aux Français, avez-vous peur du grand remplacement ? Et vous avez 76 % des Français qui disent oui là on mais c'est quand même magnifique.
Voilà encore ce peuple qu'on endoctrine à qui on ment toute la journée qui a 100 % de la classe médiatique qui lui dit l'inverse. On va dire presque 100 % du corps enseignant qui lui a appris l'inverse à l'école. Il a dans son entreprise une interdiction totale d'aborder ce sujet.
Il a même le Rassemblement national qui lui dit que c'est une théorie complotiste et raciste. Et vous avez ce peuple qui à 76 % vous dit "Oui, bien sûr, on y croit et on en a peur." Quand je vois ce genre de choses, je me dis "C'est admirable, on n pas tout perdu, on a encore euh un peuple magnifique sur lequel se reposer.
Euh on peut faire confiance en la lucidité des gens." Et ensuite pour le reste, c'est arrivé dans dans d'autres pays, une forme de déclin culturel. Ça a pu se régler parfois quand vous regardez.
Je parle beaucoup avec Éric Nolo qui a vécu en Bulgarie et qui a enseigné. Il était il était prof en Bulgarie. et il me raconte que quand après le le le règne communiste, la Bulgarie a décidé de reprendre son école en main, sa culture en main, il me raconte à quel point en une seule génération, donc en 10 ans, tous les Bulgares se sont retrouvés avec dans leur bibliothèque les plus grands classiques de la littérature et lui, il vivait là-bas dans ces années-là et il me dit en même pas une génération, ils avaient tous Victor Hugo dans leur bibliothèque.
Ils avaient tous retrouvé une sorte d'âme collective de curiosité intellectuelle. Ici sont tous remis et ça a pas pris un temps fou. Donc oui, un déclin culturel, non, à mon avis, pas de déclin de l'intelligence et ce sont des sujets qui ce ne sont pas des maladies incurables.
On peut s'en remettre. On peut se remettre d'un d'un désert. Voilà, je pense qu'on plus tard dans l'histoire, on dira qu'il y a eu un un désert étrange en France qui a duré 40 ans sous la mamise de de gens étrange qui avaient pris la tête de de l'éducation nationale et et j'espère qu'on dira aussi que des gens courageux se sont levés et qu'on s'en est remu.
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Est-ce que vous pouvez un peu nous en parler et puis nous parler de vos auteurs préférés ? Oui, bien sûr. Alors, Alexandra Aristade, donc c'est une association que j'ai créé en en 2020 qui vise à promouvoir en effet la lecture, en particulier les classiques avec la conviction que souvent euh les gens en particulier, les jeunes, mais pas que euh se sentaient incapable de lire un classique en se disant "C'est trop compliqué, c'est pas pour moi, ça doit être une langue trop difficile à comprendre, je vais mettre un an à lire et cetera. et je me disais que finalement c'était une sorte d'autocensure qui avait pas forcément le lieu d'être parce que bien souvent c'est plus facile de lire un classique que la littérature qu'on peut retrouver parfois dans dans les rentrées littéraires qui est parfois illisible, incompréhensible, non brilliste, enfin bref.
Euh alors que euh qu'on peut parfaitement se retrouver, se reconnaître dans des personnages euh qui ont existé ou qui ont été inventés il y a 7 siècles. Euh et donc l'objectif c'était pour rentrer plus concrètement dans ce que dans ce que se faisait, c'est un une plateforme Alexandri Aristote qui euh permet donc de vous poser quelques questions et d'essayer de comprendre ce qui vous plaît. Euh par exemple, est-ce que vous cherchez un roman ?
Est-ce que vous cherchez un essai ? Est-ce qu'il y a un sujet en particulier ? qui est-ce que c'est un roman d'amour ?
Est-ce que au contraire c'est un roman qui doit parler d'aventure, quelque chose qui doit être très rationnel, une thèse, une biographie, quelque chose qui parle d'histoire ? Et donc en posant quelques questions, on essayait de cerner euh les les le le la personne qui a qui allait rechercher. Ensuite, on lui proposait plusieurs livres et l'objectif c'était de construire une sorte de parcours initiatique de lecture, y compris pour des gens qui avaient pas forcément beaucoup lu avant, mais ça s'adressait aussi à des à des lecteurs confirmés qui cherchaient tout simplement d'autres idées.
Donc il y avait une grande base de données. Alors aujourd'hui, ce que je vous raconte malheureusement, c'est devenu un peu comment dire ça ? Ça pourrait d'ailleurs ça l' pas totalement, ça pourrait être dépassé par l'intelligence artificielle mais là où ça ne l'est pas, c'est qu'il y a quand même des choix assez personnels pour quelqu'un qui aime la littérature française et qui veut pas qu'on lui conseille enfin pas que française mais en tout cas européenne et qui veut pas qu'on lui conseille des choses totalement au hasard puisque c'est moi qui avais fait la base de données.
Donc au moins on peut on peut s'y retrouver. Mais oui, je pense que ça aujourd'hui avec l'intelligence artificielle, vous pouvez trouver assez facilement quelque chose qui peut vous plaire. Et Alexandre et Aristote, le nom, c'était pour euh c'était pour cette citation du général de Gaul qui dit "Derrière toutes les victoires d'Alexandre, on retrouve toujours la pensée d'Aristote." Et donc, c'était l'idée de se dire que la culture guide l'action et que il y a toujours des idées à la base de de de toute pensée pratique, de toute action.
Et et c'est pour ça Alexandre et Aristote c'était de se dire il faut faut pas désincarner la lecture comme si c'était quelque chose enfin pour des savants fous qui restent dans la bibliothèque toute la journée. Il y a une utilité pour sa propre vie, une utilité pour sa propre activité pour atteindre ses propres objectifs. Donc voilà, une vision peut-être plus incarnée de la lecture pour nous.
Et vos auteurs préférés, ceux qui vous ont inspiré justement ? Il y en a tellement. Bah forcément dans la littérature française, je dirais Balzac pour sa sa connaissance de l'âme humaine.
On y revient. Est-ce que Balzac vous a appris quelque chose des rapports entre les femmes et les hommes ? Ah oui, clairement.
C'est pas la vision la plus romantique des hommes et des femmes, ce qu'on peut retrouver dans Balzac. Quoique il y a de belles pages aussi sur l'amour, mais bah c'est dans c'est souvent dans des environnements tellement monds que la la place qui reste à à l'amour pur et cetera est souvent assez assez réduite. Je dirais pas que c'est l'auteur qui m'a le plus appris sur la beauté de des relations entre les hommes et les femmes.
Mais en tout cas, il m'a appris beaucoup. Dans les autres auteurs qui m'ont vraiment marqué, alors plus contemporains, je dirais qu'il y a Kundera. Euh je pense que j'ai lu à peu près tout ce qu'il a écrit qu'il s'agisse de romans, d'essais, de discours même vraiment, je pense que c'est l'un des auteurs que j'ai le plus lu quand j'avais 17 18 ans et après j'ai eu un jour la chance de le rencontrer.
Euh maintenant, il est mort. Il est mort il y a peu de temps. On devait être en en 2019, j'étais encore à Sciencep.
Donc non, c'est avant 2019, c'était en 2017. et euh et il habitait à l'époque au-dessus d'un restaurant dans le 7e arrondissement qui s'appelle le récamier et qui se trouve juste derrière Science. et je déjeunais là-bas assez souvent avec mon meilleur ami.
Et un jour pendant qu'on pendant qu'on déjeune euh je vois une ombre qui passe dans il y avait il y avait une sorte de de vitre et donc je vois une ombre qui passe et je me dis c'est fou on dirait Kundera et je me retourne puisque c'était le miroir qui qui le qui le qui le faisait enfin voilà il était il était dans ce miroir et je me retourne et je vois que c'est Kundera. Je me dis waouh c'est quand même incroyable et vraiment tout le monde savait à quel point j'aimais Kundera. Et donc mon meilleur ami m'a dit "Mais va lui parler mais c'est impossible que puis-je lui dire ?
C'est vrai, c'est littéralement impossible d'aller me lever. Je je saurais absolument pas quoi lui dire." En plus, il y a une phrase qui me faisait vraiment peur, c'est une phrase de Flobert qui dit "Les héros ne sentent pas bons.
N'approchez jamais vos héros parce que vous allez vous risquez d'être déçu." Alors, j'ai pas été déçu, je spoile la fin. Et donc, il me dit "Mais va le voir, va lui parler." "Non, non, vraiment, c'est impossible et cetera." Et je vous assure fou, j'avais un livre de lui sur moi.
C'était assez courant d'ailleurs que j'ai un livre de lui. Mais en tout cas, je l'avais le jour où je l'ai croisé. Et il me dit "Mais ne lui dis rien, fais-li juste dédicacer ton livre.
Ça ça c'est en dans mes capacités, je peux le faire." Et donc je me lève et il était avec sa femme Vera. Et euh je fais quelques pas pour essayer de de l'approcher.
Il marchait vite, il rentre dans dans leur immeuble. Je me dis "Trop tard, l'aventure s'arrête, je peux pas non plus rentrer dans l'immeuble." Et là, la femme se retourne et elle me voit.
Et donc elle elle laisse la porte ouverte et elle me dit "Oui, pardon mademoiselle, vous vouliez rentrer, vous êtes de l'immeuble et cetera." Je dis "Non madame, pas du tout. En fait, je voulais juste dire deux mots à votre mari." Et elle me dit euh "Non mais vous savez, il est très vieux, il entend mal, je suis pas d'accord, pardonnez-moi, je vous dérange pas plus." Et elle me dit "Non mais dites-moi comment vous appelez.
Je lui dirai que que vous avez que enfin qu'il a votre ami petit ou quelque chose comme ça." Je lui dis "Je m'appelle Sarah." Elle me dit "Sarah avec un H." Oui.
Et elle me dit "D'accord, très bien, venez avec moi." Bon, trop bien. Bingo, j'ai le bon prénom.
Alors, je la suis et on monte chez eux. Il avait monté quelques marches. On monte chez eux.
Je me dis "C'est fou, je suis dans un rêve, qu'est-ce que je fais chez Kuntera ?" C'est waouh. On arrive et elle lui dit et elle lui parle en check tous les deux et elle lui dit "Milan, Milan Kou Milan Kou," elle l'appelait comme ça Milan coup.
Et elle lui dit quelque chose en check et j'entends Sarah. Et alors lui, il vient me voir et il me dit "Comment vous vous appelez mademoiselle Je lui dit, je m'appelle Sarah. Et il dit "Sarah avec un H, lui aussi." Alors je lui dis "Oui, Sarah avec un H." Et là, il se retourne vers sa femme et il dit "Verra, où est-ce que j'ai parlé de Sarah ?" Et alors moi, je lui dis "Je sais, c'est dans le livre du rire et de l'oubli." Et il me dit "Quoi ?
Mais comment vous savez ? Qu'est-ce que je disais ?" Je dis "Vous disiez Sarah, ma sœur, celle que j'attends depuis toujours, qu'elle me fasse seulement un signe et je serai là." Et là, il me prend dans ses bras, il m'embrasse et il dit "Vous voyez, vous vous souvenez alors que moi, j'ai tout oublié." Voilà.
Donc ce moment dure mais pas pas si longtemps en fait, peut-être 5 minutes mais pour moi c'était une éternité. Et donc là il prend ce livre, il le dédicace en mettant Sarah ma sœur, je l'attendais depuis toujours, elle m'a fait un signe et je suis revenue. Et donc en effet dans le livre du rire et de l'oubli, c'était pas celui que j'avais, ce serait trop beau.
Dans le livre du rire et de l'oubli, il parle pendant tout un chapitre d'une histoire d'amil avec cette fille qui s'appelait Sarah et qui a disparu au bout d'un moment. Et donc manifest moi je savais pas que ça l'avait marqué à ce point. Je me demandais même si c'était de la fiction.
Je savais pas qu'elle existait vraiment. Et donc manifestement, ça l'avait marqué. Donc j'ai j'ai eu la chance de m'appeler Sarah ce jour-là et de me souvenir de l'endroit où il en avait parlé. [grognement] Donc voilà, auteur qui m'a énormément marqué.
Incroyable histoire. Justement avant de vous recevoir, j'ai lu le seul livre qui vous est consacré à ce jour, l'intrigante Sarah Knafo chez Robert Lafond. Et une phrase m'a particulièrement touché parce que je suis une grande romantique.
Elle aurait été rapportée par l'une de vos proches euh et donc elle évoque à la fois votre rôle de directrice de la campagne présidentielle de Zemour et votre relation avec lui. Cette phrase est la suivante : "C'est une histoire d'amour qui aurait pu changer l'histoire de France. Elle aime au point de lui faire croire qu'il peut être président.
Moi, ça m'a fait craquer. Qu'est-ce que vous en pensez ? [rires] Bah écoutez, je sais pas qui est cette proche qui dit ça mais c'est joli, elle s'exprime bien ou il s'exprime bien.
Euh bah écoutez, je vais pas je vais pas vous vous répondre sur sur la partie personnelle, mais je vais juste continuer sur les les auteurs qui auraient pu me marquer sur l'aspect relation homme-femme. Je dirais qu'il y a Albert Cohen et Belle du Seigneur et je pense que tous ceux qui ne l'ont pas lu devraient le lire. Alors, c'est un énorme pavé, ça peut être dissuasif, mais quand on le quitte, on se demande pourquoi on l'avait pas lu plus tôt et on espère qu'il dure encore plus longtemps.
Donc même s'il fait 1000 pages, à chaque page, on se dit "Ah non, c'est bientôt fini, c'est bientôt fini." Chaque page qui qui se tourne approche de la fin. Donc je conseille à tout le monde de lire ce livre.
C'est je crois l'un des plus beaux livres sur la passion qui peut parfois amener à des choses déraisonnables mais c'est magnifique. Vous racontez votre rencontre avec Milan Kundera et on sent que c'est comme si c'était vous rencontrez quelqu'un qui appartient à l'histoire. Je sais que moi c'est quelque chose qui m'est déjà arrivé dans ma vie très peu.
J'ai eu cette sensation avec Charb, j'ai eu cette sensation avec Ina Chevchenko qui était la leideuse de Féminen. Euh j'ai cette sensation avec Éric Zemour et avec vous et je voulais savoir si vous aviez eu cette sensation d'autre fois dans votre vie avec qui ? Pourquoi ?
D'abord merci beaucoup. C'est c'est extrêmement touchant euh avec Kundera, c'est clair parce que je crois que sur un tel artiste, on touche à l'aspect immortel, sans doute plus immortel que nos propres [grognement] que nos propres professions, même si on espère tous à sa manière marquer l'histoire, contribuer positivement à ce qui va se passer. Mais je pense que pour un artiste qui a réussi à ce point à décrire l'âme humaine, forcément, il touche à l'immortalité.
Je pense que mes enfants liront Kundera, que dans quelques années on continuera euh de lire Balzac, d'autres que il y a il y a quelque chose de d'éternel. Et d'ailleurs, je crois que c'est dans Albert Cohen, il pose une question que je trouve très dure pour euh pour les politiciens. Il dit "Qui qui se souvient de qui était au pouvoir en Russie au moment où Dostoyevski écrivait ?
Qui se souvient de qui était au pouvoir en Grande-Bretagne à l'époque de Shakespeare ? Et c'est vrai qu'en posant la question, on se dit "Ah mince, j'ai honte, je vois pas très bien qui c'était." Mais c'est terrible de se dire, c'est vrai.
Voilà, certains marquent l'histoire, restent dans l'histoire alors que tous ceux qui vivent pour marquer l'histoire, qui sont grandiquants, je pense que le rêve de Macron, c'est de marquer l'histoire. Pourtant, on sait qu'on se souviendra euh pas autant de lui que de contemporains qui étaient écrivains comme Kundera, comme Ismaël Kadaré, comme d'autres qui eux pour le coup marqueront vraiment. Donc est-ce que j'ai rencontré d'autres gens de cette envergure ?
Je ne sais pas mais en tout cas à mon échelle je dirais que c'était Marie-France Garot parce que vraiment je l'ai je l'ai côtoyé longtemps. Je l'ai rencontré là aussi quand j'étais étudiante à Science P. Je l'avais invité à une conférence.
Euh j'avais une association qui s'appelait critique de la raison européenne et on a invité comme ça pas mal de d'intervenants. On avait invité Régis Debré, Henry Genot, il y a c'était très c'était très souverainiste. Donc il y avait aussi Arnaud Montebourg du Pointor et cetera. [grognement] Et un jour, j'avais invité Marie-France Garoto.
On entendait plus vraiment parler d'elle. Elle était plus dans l'actualité, elle faisait plus d'émission. Mais moi, elle m'avait vraiment beaucoup marqué comme personnage, femme [grognement] à une époque où il y avait peu de femmes dans la politique française et puis femme mais qui revendiquait jamais le fait d'être une femme en disant "Je dois mon poste parce que je suis une femme." Enfin, elle s'en était ni jamais plainte, ni jamais vantée.
C'était pas un sujet en fait. Elle était même plus forte que bien des hommes qu'elle côtoyaient mais c'était pas un sujet particulier pour elle. Je l'admirais beaucoup pour plein d'histoires qu'on racontait sur elle, son tempérament. sa culture, une forme de droiture qui qui parfois allait jusqu'à la dureté.
Et donc je l'avais invité à Sciencepo et elle m'avait dit on m'avait donné son numéro, je l'avais appelé, elle m'avait dit "Mais ça existe encore à Science Po des gens qui pensent à la France ?" Je dit "Bah oui, je crois en tout cas je suis sûre que pour vous la salle sera pleine." Et elle était venue et effectivement la salle était pleine.
Admirable. Elle avait aucune note. En arrivant, elle m'avait dit "Il faut parler de quoi déjà ?" C'est dire "Ouais, ça ça va être génial ce cette conférence." Elle avait donné une franchement une leçon à toute la salle.
Je crois qu'elle devait avoir 85 ans à ce moment-là, mais elle était plus jeune que bien des mortsvivants qu'on pouvait côtoyer dans cette école. Impressionnante. Et ce jour-là, en sortant de de la conférence, il devait être 21h.
Elle m'avait dit "Raccompagnez-moi chez moi." Elle habitait pas loin de Science Anatole France. Et donc, je l'avais raccompagné et elle m'avait dit "Bah, venez prendre le thé dimanche à la maison.
D'accord. Très bien. Et donc je j'y étais allée le dimanche, on avait discuté.
Je me souviens qu'à partir de ce moment-là, elle a commencé à me conseiller, me suggérer, je sais pas, des des lectures, des choses que je devais faire. Moi, je lui envoyais régulièrement les textes que j'écrivais à l'époque. Elle voulait aussi voir mes dissertations de droit public.
Elle me conseillait de d'être agrégé en droit public. Alors, finalement, je l'ai pas écouté mais je suis devenue prof en droit public mais pas agrégée. Et elle était magistrate à la cour des comptes.
Je le suis devenue plus tard. Elle était députée européenne. Il se trouve que je le suis devenue plus tard.
C'est pas fait exprès pour pour lui ressembler. Mais bon, le le hasard a fait que que c'est que c'est arrivé. Et on est resté en contact comme ça pendant des années.
J'allais chez elle prendre le thé. Alors parfois il y avait ses petits enfants, elle me montrait les cahiers d'école de ses petits-enfants en me disant "Mais on apprend plus rien dans l'école quand même. Mais comment vous avez appris ce que vous savez ?
Vous n'apprend rien dans votre école ? se plaignait en permanence des profs qui enseignaient ses petits-enfants et non franch enfin une femme incroyable. Alors je me souviens que elle prenait mes copies de droit public et elle recorrigeait derrière le prof en me disant mais c'est n'importe quoi, il a laissé passer ça mais vous pouvez pas écrire des choses pareilles ?
Elle recorrigeait derrière très exigeante donc vraiment la bonne école. Et alors là, on sent qu'on a à faire un un petit morceau d'histoire quand même. Et quand on revoit ces ces émissions qui sont chinois impeccable, c'est ailleurs Chanel et cetera, on se dit "Ah oui, franchement là, on peut dire qu'il y a une perte dans le monde politique.
Il y a une grande grande perte vraiment une grande femme euh qui depuis ses ses 20 ans avait tout vu de la 5e République. Elle était d'ailleurs conseillère de George Pompidou quand elle avait 20 ans. Et ensuite, elle a elle a continué, elle a conseillé Jacques Chirac.
Elle a été beaucoup déçue euh par Jacques Chirac. Elle avait dit cette phrase méchante que les gens ont retenu. Euh je croyais qu'il était fait du marbre dont on fait les statues.
Il n'est en fait que de la faillance dont on fait les bid. Ou c'est assassin. C'est assassin. [rires] Et elle en a sorti plein sur lui.
Horrible. Elle disait alors je crois je sais pas si celle-là elle l'a déjà dit quelque part mais elle me l'a dit à moi. Je l'avais noté.
J'espère que je fais pas le le comment dire que je réponds pas des mauvais mots qu'elle n'avait pas écrit mais je pense qu'elle a dû le dire à quelqu'un d'autre. Elle elle m'avait dit Miteran a détruit la 5e République par orgueil, Giscar par vanité et Chirak par inadvertance. [souffle coupé] Beaucoup d'estim.
Bref, en tout cas femme forte. Je pense que même Chirak tremblait devant elle. En tout cas, c'est ce que tout le monde rapporte.
Euh tous les les grands bonhommes de la 5e République qu'on connaît tous, Charles Pasquis, Philippe Séin et cetera, sont tous allés chez elle. qu'Anato France, il raconte tous à quel point ils avaient peur quand ils attendaient dans le sas euh de chez elle avant qu'elle arrive. Enfin vraiment grande femme.
Il y a même un film d'ailleurs qui parle d'elle. Je crois que le film s'appelle La race des seigneurs. C'est avec Alain Delon et Alain Delon joue son amant et donc il est l'amant d'une femme extrêmement forte tiré à quatre épingles qui est Marie France Garot que je suggère vraiment film magnifique qui mélange politique, relation amoureuse et cetera, mais qui est vraiment très beau et on aperçoit un peu le ce ce personnage.
Voilà. En parlant de femmes fortes, de femmes d'autorité, vous en êtes une franchement. En parlant de punchline aussi, enfin non mais c'est ce qui vous caractérise clairement quand on vous voit sur les plateaux télé, les phrases assassines, vous les enchaînez avec un toujours ce sourire un sourire un sourire très particulier. vous opposez, vous vous vous imposez votre autorité par le sourire, ce qui est rare actuellement, je trouve, dans le paysage politique français, les gens ont plutôt tendance à essayer euh d'aboyer son ou bien dans une une fermeté.
Vous vous paraissez très ouverte parce que très très sûr de vous en fait finalement. Euh il y a quoi derrière ce sourire ? C'est quoi ce sourire ?
En fait, moi je je suis je suis persuadée que c'est une discussion ce sourire, le sourire de Sarah Knafo. Écoutez, c'est dur de se de parler de soi comme ça. Franchement, je sais pas vous dire.
Moi souvent quand je souris, c'est que bah je déteste pas les gens que j'ai en face de moi. Et à première vue, ils sont là pour m'interroger. Je suis là pour répondre à leurs questions.
Il devrait pas y avoir d'animosité entre nous. Parfois au fil d'une interview, on s'aperçoit qu'en fa qu'en fait la personne en face est là non pas pour vous interroger mais pour vous faire un procès. Ouais.
Pour faire un procès que c'est des procureurs en face. Voilà. Je pas citer le service public même si ce serait facile mais je pense que tout le monde a en tête sur France info là où vous êtes face à trois femmes qui clairement se liguent contre vous.
Ouais. Et alors moi pour le coup en arrivant je me dis j'ai rien contre ces femmes. Elles sont elles sont pas méchantes.
Elles sont là elles font leur boulot. on est dimanche, elle pouvait faire autre chose. J'ai rien contre elle.
Et puis en fait soudain, on se dit "Mais ah oui d'accord." Donc en fait le projet c'est trois contre une. Enfin disons que moi ça me dérange pas qu'il ait des chaînes de gauche qui aiment pas la droite et qui se disent quand il y a des gens de droite qui vont c'est le conflit et cetera.
Moi ça ça me dérange pas. J'aime dans la bagarre, j'aime bien le le les discussions franches. Vraiment ça me dérange pas du tout une opposition sur des idées même un peu fortes et cetera.
Ça me dérange pas du tout. Ce que je trouve dérangeant et je crois que ça dérange tout le monde, c'est que ce soit avec notre argent. Euh si j'allais sur le média par exemple, je m'attendrais à un clash, je me dirais c'est logique, je suis là euh je vais chez eux manifestement ils aiment pas trop mes idées, j'aime pas trop les leurs, on va on va s'opposer et c'est bien et il en ressortira quelque chose.
C'est pas grave d'avoir des des conversations un peu un peu hardes. Les gens se font une idée, ils peuvent comprendre. Parfois, ça peut même mieux permettre de faire ressortir une idée qu'avec euh des interviewers qui seraient d'accord avec tout et où voilà.
Euh mais là, c'est quand même l'argent des gens, quoi. Donc ouais. Il y a un côté un peu choquant de se dire "On se fait tous insulter, pas moi, mais tous insultés par des gens qu'on paye." Ça c'est absolument lunaire pour moi.
Vraiment, ça n'a plus du tout lieu d'être. Heureusement, je le pensais avant. On peut pas me soupçonner de vouloir les privatiser parce que je suis allée.
Euh mais ça n'a absolument plus lieu d'être. Ça ne devrait pas exister. On ne devrait pas payer avec notre argent pour ces gens.
À l'heure où on a tellement de plateformes de divertissement dans tous les sens, je crois que ça n'a plus aucun sens de payer avec nos impôts pour des humoristes qui sont à 99,99 % de gauche euh où je pense qu'une majorité de Français ne les trouve même pas drôle. Mais voilà, si encore ça existait par ailleurs, bah c'est pas grave hein, il y a plein de salles où il y a des one man show pas drôle. On n'est pas obligé de payer là.
Vous êtes obligé de payer pour des trucs qui vous font pas rire, on vous insulte, vous êtes en désaccord. Je trouve ça aberrant pour moi. Vraiment, ça n'a plus lieu d'être et c'est un service public qui ne devrait plus en être un.
Et il y a comme ça plein de missions de l'État qu'on a jamais remis en cause mais qui n'ont plus aucune légitimité. Ça n'est plus légitime aujourd'hui que France Interve d'argent public. Et s'ils sont si sûrs de leur modèle, de leur succès, de leurs audiences, qu'ils acceptent la privatisation, il y aura sans doute des gens pour les racheter.
Si ça marche, c'est bien. Mais vous croyez vraiment que c'est possible de mettre un terme à ça ? C'est-à-dire, imaginons demain, OK, vous êtes président de la République, vous dites maintenant ça suffit l'audiovisuel public, merci.
Parce que moi, en fait, c'est une une conversation que j'ai eu avec mon père il y a pas longtemps qui est d'accord avec moi sur ce sujet, enfin qui est de droit, voilà. Il m'a dit "Mais en fait, tu ne te rends pas compte, ce serait impossible." C'est-à-dire que c'est des gens qui font des grèves dans tous les sens.
Il te bloquerait Paris, il te brûleraiit Paris. Non mais c'est c'est j'ai moi j'ai l'impression que c'est que même si en fait la majorité du peuple français n'en peut plus, de toute façon cette minorité Oui. Nous mettrait Paris et la France à feu et à sang parce que il y a 5 % de la population française qui a décidé que c'était comme ça et que voilà.
Alors moi je crois que c'est très possible les privatisations. Ça ça a déjà existé. Alors c'est vrai qu'il y a un peu de enfin écrit quoi.
C'est comme ça il y a une expression qu'on utilise à Berlant des niches fiscales, on dit on crée des niches fiscales, après on narrive jamais à les supprimer parce que dans chaque niche il y a un chien qui abois. Bon bah là c'est un peu ça. C'est-à-dire qu'on a créé un système plétorique qui nous coûte plus de 4 milliards d'euros par an et où à l'intérieur les gens nous font peur en disant on fera grève.
Bah déjà qu'il fasse grève c'est pas très grave. Au pire, quand on allumera France en terre, il y aura de la musique et on va pas on va pas en mourir. D'ailleurs, ils font ils ont ils ont souvent fait grève, même récemment, je me souviens de France info qui faisait grève alors qu'il y avait des actu et et bah on entendait de la musique classique.
C'est pas très grave, on va pas en mourir franchement qu'il fasse grève. Euh il y a il y a il y a pour le coup à mon sens une telle euh un tel consensus dans la population française qui peuvent pas eux tout seul tout bloquer. De toute façon, au bout d'un moment, il faudra qu'il trouvent euh enfin qu'il continue de de travailler.
Moi ce que je dis, c'est pas qu'il faut supprimer cette chaîne ni l'interdire sûrement pas. Alors vraiment moi qui suis attaché à la liberté d'opinion et cetera, c'est juste qu'il faut que maintenant le privé rachète ses ses ses chaînes, ses antennes. Je pense sincèrement alors pour le coup sans blague et sans ironie qui trouverait acheteur sans problème.
C'est très c'est quand même France Inter c'est globalement écouté. Il y a un public sans aucun doute. Vous avez peut-être vu Rashadati qui avait regardé les la sociologie du public.
En gros, on voit que c'est très CSP plus c'est très âgé. Bon ben, ils continueront d'écouter France en terre quel que soit le propriétaire. Je pense qu'il y a même beaucoup de gens qui savent même pas que c'est de l'argent public et si on leur disait demain que c'était un acheteur privé qui avait repris, bon bah ils écouteraient de la même manière.
Les mêmes journaliste continueraiit de faire leur chronique pas marrante. Mais au moins ce serait avec l'argent du privé et plus avec le nôtre. Ça, je pense que pour le coup, c'est pas quelque chose qui sur lequel il y a matière à révolution.
Pas gravissime. On n'est pas en train de dire aux gens qu'on va les virer et cetera. C'est un changement de propriété.
Ça s'est déjà fait plein de fois dans dans l'histoire récente des privatisations qui parfois faisait suite à des nationalisations. Voilà, les gens reste, ils continuent leur même activité mais nous on gagne 4 milliards tous les ans. C'est pas mal, pas mal du tout.
Qu'est-ce que vous pensez du livre Le premier sexe d'Éric Zemour ? Notamment cette phrase assez marquante : "Les femmes n'expriment pas le pouvoir, elles ne l'incarnent pas." C'est comme ça le pouvoir s'évapore quand elles arrivent.
Quand on voit le rôle que vous avez joué à ses côtés, évidemment, on trouve ça un peu ironique. Donc comment vous réagissez à cette phrase ? Bah c'est lui qui n'arrêtait pas de de dire ça aux gens qui lui disaient "Vous êtes misogyne" et cetera.
Il demander à Sarah si je suis misogyne. Et vous vous souvenez, je sais plus, il avait dit cette phrase un jour sur BFM, il avait dit "Il y aurait pas eu de campagne sans elle". Je pense que un homme authentiquement misogyne et qui pense sincèrement que il y a jamais de pouvoir en même temps que les femmes n'aurait pas donner la direction de sa campagne à une femme qui plususait une jeune femme puisque'à l'époque j'avais 27 ans.
Euh donc je pense qu'il faut lui demander ce qu'il en pense aujourd'hui et si ça s'applique. Donc il aurait évolu en une dizaine d'années. C'est ce que vous essayez un peu de Je ne suis pas sa porte-parole sur ces livres là. [grognement] D'accord. entendu.
Vous avez rendu visite, enfin rendu visite, vous êtes allé voir à Nice, la statue de Jeanne Dark qui a été confectionnée par l'atelier Missor euh pour défondre en quelque sorte le sort de cette statue qui était menacé de déboulonnage parce que voilà, enfin pour une histoire de d'appel à projet qui n'aurait pas été enfin respecté. Enfin bref, un truc juridique. Voilà.
Hm hm. Pourquoi est-ce que euh c'était important pour vous euh de de défendre cette cause ? Est-ce que vous pensez que euh en en politique ou bien dans la société française en règle générale, on oublie trop souvent de se rappeler que la beauté c'est important ?
Euh la réponse est oui. Je crois que qu'on ne se rend pas compte à quel point l'esthétique en soi euh concerne la collectivité dans son ensemble, change la vie au sens propre. On n' pas la même vie quand euh de sa fenêtre on voit les invalides et quand on voit la tour des 4000 à la cour neuf.
C'est clair, on n pas la même vie, on n pas le même rapport au bonheur. C'est c'est une évidence. Je crois que pendant des décennies en France, les pouvoirs publics ont perdu le sens du beau.
Il y a eu un enlaidissement généralisé du pays, un pays magnifique avec un un rapport à l'héritage à la fois patrimonial et naturel qui a été magnifique pendant des siècles. un peuple bâtisseur de cathédrale et quand on voit ce mélange dans le moindre village de France entre la beauté du patrimoine naturel, la beauté du patrimoine architectural, on se dit "Mais vraiment quelle chance on a de vivre dans dans un tel pays." Et pourtant quand on regarde à partir des années, je dirais 50 60, il y a une forme d'enlaidissement général de construction de bâtiments.
Enfin, franchement atroce, on peut on peut pas dire autre chose. J'avais travaillé à la préfecture de la scène Saint-Di par exemple. Je vous invite à regarder sur Google image à quoi ça ressemble.
C'est terrifiant. Enfin vraiment c'est c'est style réalisme soviétique, donc tout ce qu'on peut imaginer de plus moche, du béton noir. Enfin bref.
Et malheureusement, c'est presque tout le département qui est à cette image. Je vous ai dit tout à l'heure, moi j'ai grandi en scène Saint-Denis, donc j'ai pas grandi entouré de bâtiments du 17e siècle et j'ai pas j'avais pas vu sur les invalides. Euh et je vois ce que ça change quand on vit en se promenant dans soit des villages magnifiques, soit des capitales somptueuses comme les les Paris.
Et et ce qu'on vit quand bah ce qu'on voit de la fenêtre du bus, c'est des nationales atroces avec toujours les mêmes chaînes de magasin uniformes, grisâtre comme malheureusement maintenant on retrouve à l'entrée de presque chaque ville de France. Et vous voyez tous ces paysages où on pourrait être n'importe où en France, ce serait la même chose. Il y aurait le même Conforama, le même McDo, les mêmes ronds-points.
Et on se dit c'est quand même fou d'avoir créé au milieu d'un pays magnifique ces enclaves de leader un peu partout. Donc je pense que la la politique dans le sens noble a tort de se désintéresser de cette question. Il y a eu une forme de laisser aller et malheureusement d'ailleurs, c'est un des rares sujets sur lequels on peut lui reprocher un défaut de vision.
Malheureusement, ça a commencé sous le général de Gaul. Euh quand vous voyez toutes les constructions de de ces années-là, des années 60, alors pour l'excuser un peu, c'était vraiment le la décennie du pire mauvais goût architectural qui a existé. Donc bon, il a il a suivi le mouvement euh mais il a il a pas eu cette attention à la beauté.
Alors qu'à l'inverse, Pompidou, vous allez croire que je suis une fan de Pompidou. D'ailleurs, c'est vrai, je l'aime beaucoup. Pompidou qui arrive quelques années plus tard, il avait il a écrit cette lettre magnifique où on voulait on narrêtait pas de vouloir construire des autoroutes, des routes et cetera.
Et donc on abattait les arbres qui étaient en aux bordures de ses routes et il écrit une lettre magnifique en disant "Vous allez arrêter de toucher à ces armes. C'est somptueux de voir ça quand on roule. On veut garder cette verdure autour visionnaire d'ailleurs quand on voit après à quel point on a voulu verdir les villes sur qu'on avait pour dont on avait pour le coup détruit toute la verdure.
Mais donc lui avait une attention peut-être plus sensible, plus esthétique à à ces sujets-là alors que de Gaul voulait moderniser à tout prix et donc construire du béton, du dur. Et ça a été des années très très très dures pour pour l'esthétique française. Aujourd'hui, on est arrivé à à une telle déliquaisscence du du bon goût en matière architecturale qu'il y a même des savoirs qu'on a perdu.
Et donc si par exemple vous voulez reconstruire aujourd'hui juste de l'os man euh c'est enfin vous allez chercher longtemps des artisans qui vont savoir vous le faire ou qui vont savoir le faire dans un délai acceptable pour les besoins du marché. des constructions. Euh encore pire si vous voulez quelque chose en pierre de taille.
Alors là, enfin par exemple, regardez la commune de Versailles. Vous voyez toutes les bât tous les bâtiments avec une uniformité pour le coup vraiment magnifique. Si vous cherchez aujourd'hui quelqu'un qui est capable de construire ça, bon courage.
Et et pourtant, il reste des îlos. On l'a vu au moment de la reconstruction de Notre Dame. Je pense que ça a touché tout le monde et c'est là qu'on sent aussi à quel point c'est une question consensuelle et deux qui nous touchent tous profondément de se dire "Mais ça existe encore ces métiers ?
Des ferrailleurs, des gens qui arrivent à reconstruire des vitros comme ils étaient à l'époque qui arrivent à tout à tout refaire avec ce bon goût, ce sens du détail, ces ces pratiques héritées de du passé. on se dit "Ah oui, c'est ça nous a tous touché, je pense, et on s'est tous retrouvé là-dedans et même ceux qui détestent le plus le pouvoir en place se sont dit "Bon là, quand même pour une fois, il a pas détruit quelque chose qui était entre ses mains." Donc ça, à mon avis, c'est aussi une preuve d'à quel point la question est nous concerne tous et collective.
Et je vous disais tout à l'heure, il y a des il y a des savoirs qui ont disparu. Je pense que c'est quelque chose de de qui qui m'a beaucoup marqué. Un jour, je discutais justement avec un un architecte qui me disait il y a une forme d'orgueil de notre époque à croire qu'on sait faire tout ce que faisaient nos ancêtres mais qu'en plus on y a ajouté de nouvelles compétences et que donc on a gardé tout ce qu'il savaient faire.
On a tout leur savoir mais en plus on sait faire des choses que eux ne savaient pas faire. Et il me dit en fait c'est pas le cas. On sait faire des choses qu'il ne savaient pas faire.
C'est vrai, il y a eu des avancées technologiques et cetera, mais énormément de choses qui pour eux étaient naturelles, qui savaient faire en plus rapidement que nous ou naturellement et cetera, on ne sait tout simplement plus les faire. Ça s'applique à l'architecture, ça s'applique à d'autres domaines. Si on prend le sujet du nucléaire par exemple, c'est une filière qu'on a détruit pendant des années puisque'à force d'entendre les différents changent de sujet totalement, mais c'est parce que c'était dans la même conversation, à force d'avoir entendu des politiques qui ont dit pendant des années, on va réduire la part du nucléaire dans le mix électrique et cetera, si vous étiez étudiant ingénieur à cette période, vous n'aviez quasiment aucune incitation à aller vous spécialiser dans le nucléaire.
Donc pendant des années, on a désincité des générations entières d'ingénieurs à se spécialiser dans la matière nucléaire. Et en réalité, si on n'y prend pas garde, c'est des compétences qui ensuite disparaissent. Quand vous n'avez plus assez de gens en emploi pour former ceux qui arrivent, et ben fatalement, il y a une compétence que vous perdez.
Vous devez aller vous former à l'étranger pour la retrouver alors qu'on savait faire ça. Et donc, je reviens sur la beauté. Il y a bel et bien des techniques, des arts qu'on a perdu à force de les avoir délaisser ou abandonner.
Et donc parfois on se dit un peu quelle perte pour l'humanité, enfin au sens de l'UNESCO quoi, quelle quelle perte d' d'avoir euh d'avoir délaissé des choses aussi belles. Et donc moi, je crois vraiment que oui, on doit réinvestir cette question, qu'il y a des choses pour le coup vraiment concrètes euh à à mettre en place. J'ai un ami qui est maire dans le sud de la France et qui typiquement dans son plan local d'urbanisme, donc le le PLU que que signent les communes, il impose que chaque nouveau bâtiment qui qui se construise dans sa commune ressemble aux anciens.
Et il dit et ça ça la feuille de route qui donne aux architectes et à ceux qui seront chargés de du projet de construction, c'est de dire une fois qu'il sera construit, je veux qu'on se dise qu'il a toujours été là. C'est une pratique très peu courante ça. Ouais, ça alors ça arrive.
Parfois, vous allez dans un village et vous dites "Waouh, c'est magnifique !" et vous vous apercevez qu'un bâtiment est totalement neuf mais ça s'est complètement fondu. Si vous allez dans le Pays-Basque par exemple, alors eux ils ont des règles très strictes d'architecture.
Ça doit respecter certaines couleurs. Vous pouvez pas peindre en n'importe quoi vos volets. Ça doit respecter le le les couleurs basques.
Donc c'est souvent du rouge qui qui vire au Bordeaux et du et du vert sapin. Ça doit ressembler à ça. Vous avez des formes de volet particulière, un bois particulier et tout doit respecter ça.
Si vous allez alors on sort de la France, si vous allez à Jérusalem, vous avez pas le droit de construire un bâtiment qui soit pas fait en pierre blanche. Et ça vous donne tout de suite une impression bah c'est une on dit souvent à Jérusalem, les gens qui y vont disent "C'est une ville qui a une âme." Je crois que ça ça joue beaucoup que la beauté joue beaucoup dans l'âme.
Vous allez en scène Saint-Denis, il y a peu de gens qui vont vous dire que que ça a une âme. Mais donc c'est c'est ça qui joue beaucoup aussi. Et en Normandie pareil, vous avez beaucoup de villages qui continuent de respecter ça, qui ont gardé ça.
Si vous allez à Saint-Ropé, bah de la même manière, vous allez pas trouver euh euh enfin ça c'est un village qui du fait de sa réputation Brigitte Bardau, la réputation internationale qu'il a eu, a souhaité se protéger de cette modernisation un peu à marche forcée qui visait à tout bétonniser et cetera. Ils l'ont refusé et ça a gardé un charme de village de pêcheurs. Si vous videz la jet et les et les bateaux, ça a gardé un un charme d'un d'un village de pêcheur tel que tel qu'il était par le passé.
Donc on concrètement, on peut le faire. Et je pense que c'est là encore, j'espère que qu'on pourra se dire que c'était une parenthèse, c'est-à-dire une époque où on a remis en cause le sens même du beau en se disant "Mais en fait le beau ça n'existe pas. Euh vous vous trouvez quelque chose beau mais pas moi.
Euh euh un tel trouve quelque chose beau et pas moi. Et finalement peut-être que des grands bâtiments en béton c'est pas si moche. Ça dépend des goûts.
Cette phrase ça dépend des goûts. Bah non. Enfin moi je crois que quand on voit euh un bâtiment sublime du 17e siècle, on sait que c'est beau et quand on voit la défense, on sait que c'est moche, je crois.
Je crois aussi. Euh pour finir, j'aimerais bien vous poser euh une question sur votre positionnement vis-à-vis du mouvement féministe. Euh vous vous placez où ?
Est-ce que euh c'est plutôt un mouvement que vous rejetez ou que vous avez pratiqué dans votre vie ? Enfin voilà. Euh je dirais que si c'est féministe comme l'entend la majorité des féministes de gauche aujourd'hui, je m'en sens étrangère.
Euh je pourrais vous citer Brigitte Bardau qui dit "J'aime trop les mecs pour être féministe." Et les journalistes de BFM lui disent "Mais on peut aimer les mecs et être féministes". Et elle dit "Non." Bref, mais moi c'est pas c'était pas tant pour ça que je me reconnaissais pas du tout.
C'est que je trouvais qu'il y avait un un caractère très vindicatif dans ce féminisme. Longtemps, je me suis absolument pas reconnue. Aujourd'hui, pour aller à la fin et puis je vais revenir sur ça, il y a certains mouvements dans lesquels je me reconnais. le mouvement Némésis par exemple, je m'y reconnais.
Des mouvements qui refusent aujourd'hui en France que les femmes soient traité comme au Moyen-Âge par certaines religions. Ça, je me reconnais aussi dedans. Peut-être par contraste, je m'aperçois de ce que c'est la vision des femmes dans une société aussi civilisée que les le monde occidental.
Donc peut-être par contraste, je vais retrouver ce que certaines auraient pu appeler féminisme il y a quelques années. Mais moi le féminisme que j'ai connu dans ma jeunesse, dans mes études à Science Po et cetera, je trouve que c'était un féminisme extrêmement violent euh dirigé contre les hommes, que c'était aussi un féminisme extrêmement cynique qui visait à obtenir des places, obtenir des privilèges que ça ça m'a j'ai toujours trouvé ça blessant. le côté il faut être là parce que je suis une femme, il faut tant de pour de femmes ici.
Il faut là Ellisabeth Born qui récemment dit que dans les études scientifiques, il faut 50 % de femmes. Pourquoi ? Euh il y a il y a des générations de femmes qui ont été fortes en math.
Moi, j'adorais les maths. J'ai pris spath, j'étais en bac scientifique. J'ai jamais eu besoin d'un pourcentage de femmes pour me dire que j'allais aller dans telle ou telle filière.
Je trouve ça presque insultant. Euh quand on essaie d'imposer la parité dans le moindre village de France, je sais pas si c'est un cadeau qu'on fait aux femmes que un petit maire qui arrive déjà pas à trouver de volontaire pour s'occuper de leur ville se mettent à se dire "Et maintenant, je suis obligé de mettre des femmes et où est-ce que je vais les trouver ?" Donc il va prendre des femmes qui sont pas forcément compétentes et qui vont donner quelle image de l'engagement des femmes quand vous voyez à la fin je trouve qu'on arrive parfois euh au contraire de ce qu'on voulait faire que c'est pas un service à rendre aux femmes finalement que les femmes n'ont pas besoin d'être favorisées pour montrer l'étendue de leurs talents.
Donc c'est peut-être en ça que je suis féministe dans le sens premier du terme. Je pense qu'on a on a pas besoin de quotas, on n pas besoin de discrimination positive. Euh voilà, les femmes font ce qu'elles veulent.
Si euh si une grande proportion des femmes n'aiment pas les études scientifiques, elles ont le droit. On n pas à les forcer à leur dire "Vous devez être ingénieur parce qu'Élisabeth Borne a décidé que vous deviez être ingénieur." Non.
Euh si certaines femmes trouvent que être infirmière, c'est leur vocation et leur manière de se réaliser, elles ont le droit d'être infirmière. Je trouve qu'il y a une forme de culpabilisation de ce que les femmes veulent. Et alors, c'est pas du tout comme ça que je vois le combat pour les femmes.
Donc voilà, à mon sens, le mot féminisme a été piégé et volé par des gens qui ne font pas le bien des femmes. Sarah Gnafo, merci infiniment. Merci à vous pour cet entretien.
Merci à vous deux.
Sarah Knafo