Sophie Briante Guillemont : « 500 Français, la plupart franco-iraniens, sont encore bloqués »
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
On va en parler avec notre invitée, la sénatrice Sophie Briande-Guimont qui représente les Français établis hors de France. Bonjour, merci d'être avec nous. Et puis l inquiétude en France, on le disait liée notamment à la hausse des prix à la pompe qui touchent les particuliers, les professionnels.
Que va faire le gouvernement ? Sébastien Lecornu réunit cet après-midi les chefs de parti à Matignon et dans une demi-heure on va recevoir l L'un d'entre eux, Hervé Marseille, le président de l'UDI qui préside ici également aussi le groupe Union Centriste. Et puis l'autre actualité, ce sont les municipales J-4 avant le premier tour et la campagne qui s'accélère.
Dernier meeting, on verra les dernières L'analyse des enjeux avec nos éditorialistes Françoise Degoy et Hubert Caudurier. Et puis elle a une de nos régions, notre tour de la campagne des municipales. On ira à Perpignan, la plus grande ville actuellement détenue par le Rassemblement national.
Et puis immersion dans la campagne où à avouer Edouard Philippe joue bien plus que son poste de maire, son avenir présidentiel. Voilà pour le programme. On est ensemble pendant une heure et demie.
Bonjour chez vous. Et on commence avec les repères de l'actualité. Bonjour Steve Jourdain.
Bonjour Ryan. Et à la une de ce mercredi 11 mars, douzième jour de conflits au Moyen-Orient et des frappes au centre de Beyrouth. Dans la nuit, l'armée israélienne a mené des frappes contre des infrastructures du Hezbollah dans la capitale libanaise.
Il s'agit de la deuxième frappe israélienne à Beyrouth depuis les débuts de la guerre. Au total, l'offensive de Tsaal a fait au moins 760 000 déplacés dans le pays et de son côté, l'Iran affirme avoir mené dans la nuit l'attaque la plus violente et la plus lourde depuis le début de la guerre, salve de missiles sur Tel Aviv, Jérusalem, Haïfa en Israël, ainsi que sur des cibles américaines au Kurdistan irakien, au Bahreïn et au Koweït. Et l'armée américaine qui annonce avoir détruit 16 bateaux poseurs de mines iraniens près du détroit d'Ormuz.
Un détroit stratégique pour le commerce international et l'acheminement d'hydrocarbures. Hier sur France 2, le ministre des Affaires étrangères a détaillé la position de la France qui souhaite débloquer ce détroit. Écoutez.
Ce que nous voulons, c'est bâtir une mission à l'exemple de ce que nous avons fait en mer Rouge avec des partenaires européens, grecs, italiens et espagnols pour pour assurer, mais pas uniquement dans les jours qui viennent, plus durablement la sécurité de la circulation dans le détroit. Comment atténuer la hausse des prix du pétrole ? Faut-il toucher par exemple aux réserves stratégiques ?
C'est une question qui sera évoquée cet après midi par Emmanuel Macron et les dirigeants du G7. Les détails avec Clément Guillauneau. « Au 12e jour de la guerre au Moyen-Orient, les répercussions sur les prix du carburant sont spectaculaires en France et en Europe, avec des prix aux litres qui dépassent les 2 euros. » « Ça fait très mal au portefeuille. » Hier, le ministre de l'Economie Roland Lescure a présidé une réunion avec tous les ministres de l'énergie du G7 pour anticiper les prochains jours. « Nous avons demandé à l'agence internationale de l'énergie, de commencer à travailler sur des scénarios, d'actualiser évidemment ces données de stock pour qu'on ait les données les plus récentes et qu'on puisse éventuellement commencer à travailler sur des quantités qui pourraient être libérées.
Évidemment, dans les heures et dans les jours qui viennent, nous continuerons à suivre la situation de très près. Alors que la guerre au Moyen-Orient met en évidence la fragilité des économies qui dépendent des énergies fossiles, l'énergie atomique revient sur le devant de la scène. Hier, Emmanuel Macron présidait le 2e sommet consacré à la relance du nucléaire.
Et nous voulons plus d'indépendance et on le voit dans le contexte géopolitique qui est le Lorsqu'on est trop dépendant des hydrocarbures, cela peut devenir un instrument de pression, voire de déstabilisation. Pour la présidente de la Commission européenne, il est essentiel de miser sur l'énergie nucléaire pour au moins dépendre des énergies fossiles importées. Le nucléaire et les énergies renouvelables ayant tous deux un rôle clé à jouer, il ne s'agit pas de choisir entre l'un ou l'autre, c'est en les combinants qui sont les plus efficace car ce dont nous avons besoin c'est du meilleur mix énergétique global propre abordable résilient et européen.
Ursula von der Leyen a profité de ce sommet pour annoncer une garantie de 200 millions d'euros pour soutenir l'investissement dans le nucléaire. Sébastien Lecornu réunit aujourd'hui les partis politiques à matinée. C'était une demande d'Emmanuel Macron.
Le Premier ministre va informer les partis mais aussi les groupes parlementaires des répercussions en France de la guerre au Moyen-Orient, Sébastien Lecornu qui est très attendu, notamment sur la hausse des prix du carburant et sur les solutions envisagées par l exécutif pour y remédier. Et on va en parler dans quelques instants. Hervé Marseille sera notre invité dans une demi-heure et il sera présent à Matignon cet après-midi.
On va revenir sur ces actualités avec vous, Sophie Briande-Guimonze, sénatrice RDSE, représentant les Français établis hors de France pendant cette demi-heure on va évidemment parler de ce conflit au Moyen-Orient 12ème jour de conflit et visiblement pas le dernier on va écouter Benyamin Netanyahou Notre Notre aspiration est de libérer le peuple iranien du joug de la tyrannie. le Premier ministre israélien, il faut se préparer à un conflit qui va durer, Sophie Briand-guimont ? Est-ce qu'il a intérêt à ce que ce conflit dure ou pas ? – Il me semble que oui, Israël joue sa sécurité dans le sens où ce qui les motive dans ce conflit c'est vraiment une sorte de raison existentielle alors que les Etats-Unis sont sur un créneau qui est totalement différent, même si les Etats-Unis sont en train de reprendre un peu leur rôle un peu impérialiste.
Pour autant, leurs intérêts politiques sont divergents, On peut être convergent à un moment divergé, et c'est le cas notamment aux États-Unis. Je ne crois pas que la base électorale de Donald Trump soit 100 % alignée avec ce qui est en train de se passer au Moyen-Orient. Ce qui va mettre un terme au conflit pour les États-Unis, c'est l'opinion publique américaine, c'est les mid-terms à la fin de l'année ?
Il me semble que le camp républicain aux États-Unis aujourd'hui est quand même le frein principal à cette guerre. Est-ce que sur le fond aussi, vous avez le sentiment que les intérêts divergent, qu'on a plutôt un Benyamin Netanyahou qui veut faire chuter le régime iranien pendant que un Donald Trump, lui, veut uniquement s'attaquer au programme nucléaire iranien ? Je pense que les deux veulent faire tomber le régime iranien et ce n'est pas nouveau que les États Et si les États-Unis veulent faire tomber le régime des MOLA, ça c'est une certitude.
Maintenant la question ça va être la manière et est-ce qu'ils ont vraiment un plan convergent à moyen long terme pour le faire ? Et ça rien n'est moins sûr. Sur les personnes qui sont bloqués sur place en raison de ce conflit.
Il y a également des Français. Est-ce que vous qui représentez les Français de l'étranger, vous avez des contacts avec certains de nos ressortissants qui sont dans cette zone au Moyen-Orient ? Oui absolument parce que les sénateurs des Français de l'étranger, on représente les français dans le monde entier on n'a pas de circonscription attitrée on a le monde en circonscription et donc effectivement on a on a évidemment des contacts que ce soit via les élus consulaires donc les conseillers des français de l'étranger sur place ou directement avec les français Donc toute la zone nous reviennent des informations en permanence et en particulier l'inquiétude qu'il y a, que ce soit les Français qui sont encore en Iran aujourd'hui, les Français pour la plupart franco-libanais qui sont aujourd'hui au Liban, les Français des Émirats arabes uniques qui sont encore dans une autre situation parce qu'ils étaient vraiment...
Je pense que c'était peut-être ceux qui se sentaient le plus en sécurité et qui sont le plus surpris par ce qui s'est passé depuis 12 jours. Donc dans chaque pays, en fait, il y a une situation qui est un peu différente mais ce qui revient de partout c'est cette crainte des conséquences de l'embrasement régional qu'on est en train de vivre. Est-ce que vous arrivez avec vos contacts à savoir à peu près combien par exemple il y a de français qui sont encore bloqués en Iran ou c'est compliqué à évaluer ?
Alors d'après ce qu'a pu nous dire le ministre des Affaires étrangères, on est sur environ 500 français donc pour la plupart franco-iraniens qui sont encore en Iran. Je ne parle pas de de touristes en ligne. En principe il n'y en a plus, s'ils ont suivi les consignes du ministère des Affaires étrangères aucun français n'a été faire du tourisme en Iran.
Maintenant la question c'est les français de l'étranger ceux qui vivent qui vivent en Iran qui vivent dans toute la région et qui a priori ne sont pas amenés à revenir en France sauf conditions extraordinaires. Le rapatriement, j'imagine qu'ils vous en parlent également ces français que vous avez via les élus consulaires des retours, le rapatriement il est compliqué pour ceux qui veulent revenir ? Il est compliqué.
Il est compliqué encore plus quand on parle de pays où l'espace aérien est fermé, ce qui n'est pas le cas de toute la région. Maintenant, ce qu'on sait encore une fois par le ministère des Affaires étrangères, c'est que 7500 Français ont signalé qu'ils voulaient rentrer en France. 15 000 sont rentrés dans les derniers jours souvent par leurs propres moyens, enfin par des vols commerciaux et environ 1 000 qui sont rentrés via des vols affrétés par la France.
Mais encore une fois c'est différent si on était touriste à Dubaï et qu'on rentre évidemment parce qu'on était en vacances que si on est durablement installé. Ce que je peux vous dire c'est qu'il y a beaucoup de Français aujourd'hui qui se posent la question, qui vivent dans ces pays depuis longtemps, qui se posent la question de rentrer ou pas. La situation elle est compliquée au Liban.
On en a un peu parlé, on va développer Israël à mener ce matin de nouvelles frappes sur la banlieue de Beyrouth, bastion du Hezbollah. On va écouter ce qu'en dit l'ancien ministre Jean-Yves Le Drian il est maintenant représentant personnel du président de la République au Liban. L'ancienne israélienne est disproportionnée, contradictoire, contre performante et, à mon avis, inopérante dans la durée.
Quand on voit la détresse des Libanais, la désespérance, d'une certaine manière, leur désarroi, la colère, cette pression du peuple libanaise sur les responsables d'Yézbollah doit être assez forte. Il faut passer par là. On peut avisager une négociation avec Israël qui, du coup, peut arrêter les frappes. – Deux choses dans ce que dit Jean-Yves Le Drian.
D'abord, l'offensive israélienne est disproportionnée sur le Liban. Vous partagez ? – Oui, surtout quand on parle du Liban pour la France, on est vraiment dans une situation différentes que le reste du Moyen-Orient et on voit que tout le poids de la diplomatie française va en fait se concrétiser sur ce qui se passe au Liban actuellement.
Et donc qu'en 12 jours, on ait 750 000 déplacés, avec les conséquences que ça n'a pas à voir immédiatement mais sur le moyen long terme. C'est évidemment quelque chose qu'il faut… sur lequel on doit absolument pouvoir agir sur un plan diplomatique. Et ce qui me remonte, moi, des contacts que je peux avoir au Liban, j'ai l'impression qu'on est sur un niveau d'inquiétude qui est bien supérieur à celui qu'on a pu avoir hier un an et demi.
Que la population libanaise elle-même est beaucoup plus inquiète alors que c'est une population qui est extrêmement résiliente et qui est capable de vivre une guerre de façon assez normale finalement. Et j'ai l'impression que là le niveau d'inquiétude est beaucoup plus important et surtout qu'il y a, et c'est un terme qui est souvent revenu dans les échanges que j'ai pu avoir, une véritable peur de guerre civile. Il y a aussi quand même quelque chose d'intéressant, de voir d'historique, c'est que le gouvernement libanais demande maintenant au Hezbollah de se Et demande même à la France de venir en aide pour pouvoir procéder à ce désarmement.
Est-ce que nous, on fait suffisamment pour aider le gouvernement libanais et l'armée libanaise pour désarmer le Hezbollah – Je pense que la diplomatie française sur le Liban fait vraiment beaucoup. Et le fait, même la stabilisation politique qui a suivi le dernier conflit tient beaucoup au rôle qu qu'a bien voulu jouer la France et à ce rôle un peu stabilisateur. – Il demande des armes, il demande des armes et un soutien vraiment… – Absolument, mais c'est pour ça que l'équilibre politique est très fragile aussi au Liban et et que la question n'est absolument pas si simple à résoudre que ça.
Si c'était simple de désarmer le Hezbollah, on n'en serait absolument pas là. On est en train de parler de dizaines et de dizaines d'années d'armement, d'alliances avec l'Iran, et donc la configuration politique religieuse du Liban fait que ce n'est absolument pas un sujet C'est un sujet simple et de là vient par les Libanais eux-mêmes cette crainte de la guerre civile. Il y a certaines sources qui évoquent la possibilité d'une paix entre le Liban et Israël, notamment au Moyen-Orient, dans le cadre de ce conflit qui est dégénérerait pas en guerre civile.
Est-ce que vous y croyez ? Vous voyez une paix historique entre Israël et le Liban, une paix dans laquelle la France serait en soutien ? Moi je pense qu'il faut toujours privilégier le dialogue diplomatique.
Et on ne peut pas partir du fait que ça ne marchera pas. Il faut évidemment essayer. Et si on n'essaye pas, c'est sûr qu'il n'y aura aucune paix.
Mais en fait, c'est la seule façon à court terme, moyen terme et long terme pour pacifier la la situation. Mais juste quand vous dites guerre civile, c'est entre qui et qui ? C'est entre les chiites ?
Entre la population libanaise qui soutient le Hezbollah et celle qui y est totalement opposée de manière très forte depuis des dizaines d'années. Autre chose dans ce que disent disait Jean-Yves Le Drian, on peut envisager une négociation avec Israël pour arrêter les frappes. Le président libanais demande depuis des jours à Emmanuel Macron d'intervenir auprès de Benyamin Netanyahou justement pour stopper les frappes.
Est-ce que vraiment la France est en en position, à assez de poids pour pouvoir intervenir auprès de Benjamin Netanyahou ? Je ne saurais pas répondre à cette question. Je pense que la relation franco-israélienne actuellement est très compliquée.
Et à mon avis, la seule personne qui peut arrêter le président, le premier ministre israélien. En réalité, aujourd'hui, c'est Donald Trump. On l'a bien vu sur le dernier conflit et la guerre des 12 jours qu'Israël, en réalité, ne voulait pas arrêter parce qu'ils estimaient, eux, qu'ils n'étaient pas allés jusqu'au bout de leurs objectifs.
Et qui c'est qui a sifflé la fin de la partie ? C'est Donald Trump. On parle de plus de 760 000 déplacés, le chiffre est énorme.
Comment on peut faire pour les aider ces déplacés ? Emmanuel Macron a envoyé une aide humanitaire, il a parlé de plusieurs tonnes de médicaments. Est-ce qu'il faut aller au-delà ?
Je pense qu'il faut tout faire pour faire cesser ce conflit au plus vite. C'est quand même la meilleure façon pour faire en sorte que le nombre de déplacés n'augmente pas. Et ensuite, évidemment, aider sur un plan humanitaire et continuer à faire en sorte que tout ceci n'aboutisse pas à un embrasement encore plus généralisé qu'il ne l'est déjà.
L'un des points de tension de ce conflit, c'est le détroit d'Hormuz qui est contrôlé de facto par Téhéran. La République islamique a menacé que plus aucune goutte de pétrole ne sortirait du Moyen-Orient jusqu'à Nouvelle-Orgue. Pour cela, Téhéran bloque le D'abord, rappelez-nous, Steve, qu'est-ce que c'est exactement ce détroit d'Ormonde ?
Oui, on en a déjà parlé sur cette chaîne, Oriane. C'est un passage maritime extrêmement étroit entre le golfe Persique et le golfe d'Omane. Il est coincé entre l'Iran au nord, Or, Oman et les Imérats arabes unis au sud.
En termes de dimension, on est dans un mouchoir de poche, environ 55 kilomètres de large et 200 kilomètres de long. Et surtout, surtout, Rianne, c'est l'un des points les plus stratégique de toute la planète pour l'énergie. Et on comprend mieux pourquoi depuis quelques jours.
Oui, chaque jour, environ 20 millions de barils de pétrole passent par ce détroit. Ça représente près de 20 % du pétrole consommé dans le monde. Il n'y a pas que le pétrole, le gaz naturel liquéfié, le GNL transite aussi massivement par là.
Environ un quart du commerce mondial du GNL passe par Hormuz, essentiellement depuis le Qatar. En temps normal, entre 100 et 150 navires traversent le passage chaque jour. Mais depuis le début des tensions et les menaces iraniennes, le trafic est quasiment à l'arrêt.
Selon plusieurs estimations, les flux pétroliers ont chuté de près de 90%. Et Emmanuel Macron vaut donc débloquer ce détroit Oui, il l'a confirmé lundi lors de son déplacement à Chypre. Écoutez le chef de l'État.
L'objectif, ce serait quand il y a une baisse de ces conflits, de manière totalement pacifique, de pouvoir escorter des en cœur des portes-conteneurs et de rouvrir la route du gaz et du pétrole en sortie d'Hormuz pour aller alimenter les marchés mondiaux, et puis la route aussi des portes-conteneurs pour alimenter beaucoup de pays de la religion qui aujourd'hui sont en train de manquer de certaines denrées ou de certains éléments. Sur France 2, hier soir, Jean-Noël Barraud a expliqué le plan de bataille. L'idée est de bâtir une mission européenne à l'image de ce qui se fait actuellement en mer – Est-ce que la France a les moyens de débloquer ce Détroit ? – Seul, très probablement non.
Ce qu'a proposé Emmanuel Macron, c'est plutôt une coalition internationale, probablement européenne et il insiste sur un point, la France veut rester dans une posture purement défensive. Je cite « purement défensive ». Madame la sénatrice, qu'est-ce que vous pensez de cette formule ?
Purement défensive. Est-ce que c'est tenable quand on est en guerre ouverte et aussi chaude, pour reprendre les C'est un équilibre extrêmement précaire et qui, en plus, peut bouger à tout moment. Maintenant, c'est ce que vous venez de dire, c'est-à-dire que la France toute seule ne pourra absolument pas débloquer ce Détroit ?
Vous comprenez ce mot purement défensif quand le Détroit est de facto complètement bloqué. Quand on envoie le char de Gaulle, quand on envoie des hélicoptères. Il y a des mines, il y a des missiles qui tapent sur les bateaux.
Est-ce qu'on peut rester là et et dire qu'on reste en position purement défensive ? – Alors moi, je ne suis pas du camp politique du président de la République, donc je ne vais absolument pas le défendre. Mais je pense qu'il y a un travail de diplomatie qui est fait, qui est effectivement très compliqué je suis d'accord avec vous le terme purement défensif on sait pas exactement ce que ça veut dire de manière générale sur toute la région surtout quand on a des que beaucoup de français je pense ont découvert il ya quelques jours qu'on était lié par plusieurs traités de défense avec plein de pays du Moyen-Orient.
Donc, le purement défensif, c'est sûr que ce n'est pas la position de l'Espagne qui est beaucoup plus ferme et qui dit « Non, nous, on refuse absolument toute intervention et on est contre la guerre de manière générale et vous n'utiliserez pas nos bases – Ce serait votre position, la position du Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez ? – Moi je pense qu'il faut qu'on ait une position effectivement un peu plus ferme, même si je comprends encore une fois, de toute façon on est lié par des traité. Ça, c'est...
On ne peut pas...
Enfin voilà, on ne peut pas...
Quand vous dites ferme, c'est non à la guerre, comme dit Pedro Sanchez. Comme dit Pedro Sanchez, comme dit Dominique de Villepin, comme disent plein de responsables politiques en France. Mais on ne peut rien faire quand il y a des pays comme Chypre qui fait partie de l'Europe, qui sont menacés ?
Non mais c'est toute la difficulté du conflit. Et c'est intéressant d'ailleurs le déplacement du président de la République à Chypre parce qu'on a tendance à vouloir sectoriser ce conflits au Moyen-Orient en espérant que ça ne dépasse pas ce cadre là et en se disant de toute façon ça reste quand même un peu loin mais la réalité c'est qu'on sait pas ce qui peut se passer demain et effectivement Chypre est juste à côté d'ailleurs si on évacue demain les Français du Liban, ça passe par là. Enfin je veux dire, c'est juste à côté de chez nous.
Et c'est pour ça qu'on est beaucoup plus concernés par ce conflit que peuvent l'être par exemple les États-Unis, même si on reviendra sur la question des prix du pétrole mais la proximité c'est que on est quand même en plein dedans on a l'impression que qu'on essaye d'exister comme on peut mais qu'on pèse pas vraiment sur la marche des choses est ce que vous êtes d'accord je pense que pour l'instant la grande d'absente, la voix diplomatique qu'on attend aussi, c'est celle de l'Europe. Et c'est là-dessus qu'on peut être très déçu, en tout cas sur les 12 premiers jours, que, encore une fois, on voit la réponse individuelle de chaque pays. Alors effectivement personne n'a consulté ni l'Europe ni chacun des membres pour dire est-ce qu'il fallait faire ce conflit ou non et tous les instruments de droit international ont absolument été laminés avec un retour à la force et des impérialismes qui est assez hallucinant pour autant on pourrait quand même espérer et je pense que l'union européenne là dessus a quand même son mot à dire en tant que puissance stabilisatrice aussi qu'on puisse parvenir à quelque chose de différent qu'aujourd et comment vous expliquez qu'on soit aussi inaudibles nous les européens là dessus c'est quoi c'est la commission européenne c'est Ursula von der Leyen non je pense que alors il y a effectivement tous les problèmes de coordination de positions politiques différentes qu'on qu'on peut connaître de l'Europe ou de l'Union européenne, mais je pense que la voie de l'Europe est aussi peut-être minimisée dans ce monde qui est en train de se recomposer avec des pays qui sont les États-Unis, qui sont la Chine, le retour des impérialisme et que l'Union Européenne, là-dessus, est vraiment un contre-modèle.
Parce qu'on ne fonctionne pas du tout comme ça et tous les jours, on a la preuve qu'on peut vivre entre États souverains mais sur un modèle qui est complètement différent. Et je crois que les pays qui ont cette tendance à revenir vers l'impérialisme n'ont absolument pas intérêt à montrer qu'il y a un contre-modèle qui fonctionne aujourd'hui. – Et aussi peut-être que ce sont des pays qui se sont réarmés massivement, qui montrent leurs muscles.
Peut-être que nous aussi, l'Union européenne, si on ne compte pas, c'est peut-être aussi qu'on est un peu faibles militairement, non ? – Oui, alors il y a quand même toute la question du réarmement européen qui est en cours. C'est un sujet qui est sur la table et qui n'est pas sur la table depuis aujourd'hui, mais depuis quelques années déjà.
Donc je ne crois pas que ce soit juste le sujet de la défense ou le sujet militaire. C'est aussi une question de vision du monde qui, je pense, aujourd'hui, la vision qu'on peut porter en tant qu'Européens est différente de celle que peuvent porter des pays comme la Chine, les États-Unis, la Russie. On va parler des conséquences économiques de ce conflit.
On le disait Emmanuel Macron qui réunit cet après-midi les chefs d'État et de gouvernement du G7 pour justement parler de la situation énergétique, une situation qui inquiète en France, une hausse des prix à la pompe, qui inquiète particuliers, qui inquiète les professionnels et on va essayer de comprendre pourquoi et ce à quoi on peut s'attendre dans les prochains jours. Avec vous Philippe Chalmin, bonjour, merci beaucoup d'être avec nous ce matin. Vous êtes économiste, professeur à l'université Paris-Dauphine et spécialiste des marchés des matières premières et on a vraiment envie d d'avoir votre éclairage pour mieux comprendre ce qui se passe.
Les Français sont préoccupés par l'augmentation des prix à la pompe. Est-ce que vous pouvez nous expliquer pourquoi l'effet se fait déjà ressentir à la pompe après seulement quelques jours de conflit – Écoutez, en temps normal, on a une réaction entre le prix du baril et le prix à la pompe. Il se passe, suivant les cas, entre 3 et 5 jours.
Je dirais qu'on est à peu près dans les marques, puisqu'on était à 72 dollars le baril à la veille des frappes à Israélo-Américaine, donc le 28 février. Et là, nous sommes montés. Alors le marché a connu une extraordinaire volatilité.
On est montés lundi matin, on est allés jusqu'à 118 dollars. Hier, on était aux alentours de 92 dollars. Et voyez ce matin, le marché en Asie a ouvert aux alentours de 87 dollars.
Donc les hausses se sont faites, ce qui est assez logique. Elles sont plus fortes sur le diesel puisqu'on a quelques problèmes spécifiques au diesel. Mais lorsque l'on regarde les prix moyen, il n'y a pas eu d'augmentation particulière et je dirais la polémique qui est traditionnelle devrait s'éteindre à peu près.
Lorsque je vois juste à l écran une station à 2 ,22 excusez-moi ça n'est pas la norme tous ceux qui sont allés faire leur plein là on est à 85 cela me paraît beaucoup plus raisonnable et je rappelle que les moyennes de prix telles qu'elles sont calculées par Bercy étaient encore hier aux alentours de 1 82 à 85. Ça veut dire juste Philippe Chalman que le prix, c 'est vrai qu'il y a eu des prix assez exorbitants affichés dans les pompes ces derniers jours, ça veut dire que ça va baisser ? Ça va rebaisser Attendez.
Alors là, par contre, soyons honnêtes, ce que les économistes nous appelons l'élasticité des prix à la hausse est toujours beaucoup plus intense que l'élasticité des prix à la baisse. Et donc, le temps pour que les prix rebaissent sera plus long. Puis d'autre part, je le répète et cela vient d'être largement dit, le conflit n'est pas terminé.
Le conflit n'est pas certes, le marché a entendu l'annonce des pays du G7, l'annonce de l'Agence internationale de l'énergie que l'on allait remettre sur le marché des stocks stratégiques, on a annoncé même des chiffres relativement élevés, ce qui explique la détente des cours aujourd'hui. Maintenant, Hormuz reste bloqué, il y a certains scepticisme quant aux capacités des marines à garantir le passage d'Hormuz, on n'est pas dans la logique des convois de bateaux sur l'Atlantique nord dans les années 40, ça n'est pas du tout cela, c'est beaucoup plus difficile et donc on se trouve quand même dans une situation telle que par rapport à la vision qu'on avait en début d'année, en début de 2026, les marchés étaient à 60 dollars et les prévisions que nous faisions à l'époque du prix moyen de 2026, c'était de l'ordre de 58 dollars le baril. Aujourd Aujourd'hui, on est presque satisfait d'être aux alentours de 90 dollars.
Donc il y a quand même un changement. Ça va se retrouver dans les prix à la pompe. Je rappelle simplement qu'avant même la crise nous avions une fourchette entre les stations les moins chères qui sont celles de la grande distribution et les stations d'autoroute qui pouvaient aller jusqu'à 40 centimes.
Donc c'est toujours facile de la part des chaînes d'information en continu, etc., d'aller toujours chercher les stations les plus chères. Quand Quand on regarde, là, vous passez un certain nombre d'images.
On voit l'extraordinaire hétérogénéité. Et les automobilistes n'étant pas des idiots, ils savent en général choisir et trouver les stations les plus compétitives. Juste Philippe Chalmin, puisque vous parlez des réserves stratégiques de questions, est-ce qu'on peut prendre dans les réserves stratégiques pour faire baisser la pression sur les prix de l'essence.
Est-ce que les réserves stratégiques, ce n'est pas plutôt en cas de pénurie ? Et deuxième question, la France peut tenir combien de temps sur des réserves stratégiques ? Il ne faut pas raisonner.
On n'est pas à l'heure de la pénurie. Ça, il faut appeler un chat un chat. L'idée de pénurie, d'absence d'approvisionnement, pour l'instant, ça n'est pas le cas.
L'idée de l'utilisation des réserves stratégiques, c'est faire pression sur le marché. En clair, la chose est claire, le blocage du des Trois-Dormouz, ils privent quand même le marché mondial d'un approvisionnement où on a dit 20 millions de barils passent chaque jour. En réalité, on peut quand même contourner un peu.
Donc la réalité, c une perte d'approvisionnement de 10 à 15 millions de barils par jour sur un marché mondial, sur une consommation mondiale, de l'ordre de 105. C'est considérable. On a parlé d'un lâchage, c'est-à c'est-à-dire d'une ouverture des stocks stratégiques, d'après les chiffres qui ont traîné, se balader entre 150-250 millions de barils, ça représente trois semaines à peu près qui permettant de combler ce déficit.
Et ça, c'est le message qui est envoyé au marché, de la même manière que les États-Unis ont ont envoyé un message dont on peut discuter beaucoup plus, qui est la levée des sanctions sur le pétrole russe. Donc tout ceci a joué sur, finalement, le paramètre prix. Avant de parler de pénurie, il y a le problème du prix et il faut bien se rendre compte que la controverse que nous avons sur le prix de l l'essence en Europe, elle est identique et même elle est plus violente aux Etats-Unis parce que nous, en Europe, on a un petit avantage comparatif.
C'est que quand nous achetons de l'essence, nous payons avant tout des impôts et donc les fluctuations du prix de l'essence hors taxes sont amorties par notre matelas fiscale. Aux Etats-Unis, il y a beaucoup moins d'impôts et donc la hausse des prix est beaucoup plus violente. On a passé les 3 ,50 $ le galon et pour Donald Trump qui a des élections de mid-terme dans six mois c'est là quand même un enjeu politique beaucoup plus important paradoxalement que ne l'est l'enjeu politique en Europe ou en France traditionnel sur le prix de l 'essence à la pompe.
Merci Philippe Chalmont, merci beaucoup pour votre éclairage justement sur ces questions. Sophie Briant, un dernier mot, est-ce que la France, le gouvernement doit mettre en place des aides, des mécanismes pour faire baisser les prix à la pompe et pour aider les Français face à ces hausses – Je pense que la solution ne sera absolument pas que française, et c'est tout l'intérêt des pourparlers qui auront lieu aujourd'hui même du G7 Énergie et de comment faire en sorte justement d'agir sur l'offre pour que les prix puissent se détendre comme ça vient d'être expliquer. Merci beaucoup, Sophie brillante Vivon, d'avoir été notre invité pendant cette première demi-heure.
Sophie Briante-guillemont