Logement : "En dix ans, on a perdu vingt-cinq mètres carrés de pouvoir d’achat" (Vincent Jeanbrun)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:00OuverteRéponse directe
On va parler du plan logement que vous avez présenté la semaine dernière avec 10 mesures phares, dont 2 millions de logements construits d'ici 2030.
- 0:40OuverteRéponse directe
Vous dites qu'en 10 ans, les Français ont perdu 25 m² de pouvoir d'achat logement. Pouvez-vous préciser ce chiffre ?
- 1:51OuverteRéponse directe
Les règles environnementales sont très exigeantes en France. Comment concilier ces normes avec la crise du logement ?
- 2:27FerméeRéponse directe
Est-ce que ce plan va remettre en cause la loi ZAN (zéro artificialisation nette) ?
- 3:38OuverteRéponse directe
Vous mentionnez la conversion des bureaux en logements. Quels outils concrets proposez-vous ?
- 4:16OuverteRéponse directe
Est-ce une bonne idée de laisser plus de temps aux propriétaires pour rénover les passoirs thermiques ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:40Locuteur 1Chiffre
« en 10 ans, on a perdu 25 m² de pouvoir d'achat. Les Français ont perdu 25 m² de pouvoir d'achat. »
- 1:14Locuteur 1Fait
« les constructions françaises sont aujourd'hui les mieux disants au monde d'un point de vue environnemental isolation. »
- 2:27Locuteur 1Fait
« le projet de loi ne remet pas en cause ce qu'on appelle la loi ZAN, zéro artificialisation nette. »
- 4:16Locuteur 1Chiffre
« on a effectivement 700000 logements qui sont classés au titre de la lettre DPE F ou G »
- 7:30Locuteur 1Fait
« on a arrêté ce qu'on appelle les monogestes, c'est-à-dire le financement d'un seul outil »
- 9:29Locuteur 1Fait
« ça fait longtemps qu'on parle quand même de transition écologique du bâtiment »
- 10:40Locuteur 1Fait
« il faut que ça rentre dans le débat désormais avec une question simple, c'est comment on préserve notre patrimoine et notre culture mais qu'on on regarde l'habitabilité des lieux »
Temps de parole
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Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
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Le grand entretient ce matin, c'est Jean Vincent Jean-Brin, pardon, ministre de la ville et du logement qui est sur ce plateau. Merci beaucoup d'être en direct. Bonjour dans la matinale de l'économie. Bonjour. On va parler déjà de ce plan logement que vous avez présenté la semaine dernière. 10 mesures phares. On va commencer par celle-ci. 2 millions de logements construits d'ici 2030. 2 millions pour répondre à une urgence. On regarde de très près en ce moment les appartements dans ce contexte de canicule. Il y a il y a une urgence très importante déjà d'offre la capacité des Français à se loger ou à se loger confortablement avec des logements de qualité notamment sur les enjeux environnementaux, des logements à proximité de l'emploi, des logements à proximité des lieux de formation. Euh
pour dire les choses simplement, en 10 ans, on a perdu 25 m² de pouvoir d'achat. Les Français ont perdu 25 m² de pouvoir d'achat. C'est énorme parce que ça signifie que potentiellement c'est un jeune étudiant qui ne peut pas faire ses études parce qu'il trouve pas se loger à côté de l'université. C'est un jeune actif qui va peut-être dormir dans sa voiture, il y en a malheureusement parce queil n'arrive pas à se loger à côté de son nouvel emploi. Tout ça, il faut qu'on le combatte et c'est la volonté du premier ministre. C'est pour ça qu'il annoncé cet objectif ambitieux. Plus de millions de logements d'ici 2030. Ils seront euh aux normes. Ça permettra aux jeunes d'être bien logés, d'être d'avoir de l'espace aussi. comment on fait pour cumuler finalement tous ces
avantages et et permettre à ce neuf de répondre vraiment au besoins actuels. Au fond, les règles sont tellement exigeantes en France que tout ce qu'on produit en uf globalement est évidemment le plus le mieux disant et d'ailleurs les constructions françaises sont aujourd'hui les mieux disants au monde d'un point de vue environnemental isolation. Il y a des pays qui viennent voir comment font les entreprises françaises en disant "Mais vous avez un temps d'avance." Donc c'est vrai que les les normes qui s'appliquent à notre bâtimentaire sont beaucoup de contraintes mais sont aussi une garantie d'un certain nombre de qualité. Même si pour être honnête, je pense que ces normes doivent aller plus loin sur le confort d'été. On voit que cette canicule, elle bat tous les records et
donc nos normes qui étaient travaillées pour penser à des moments de chaleur mais pas de calicul extrême. Je pense qu'on doit aller beaucoup plus loin notamment sur tout ce qui est protection solaire, volet, aération et cetera. Mais juste peut-être 2 millions de logements, c'est pas un chiffre qu'on a inventé comme ça dans un coin pour faire beau. On a réuni que j'appelle l'équipe de France du logement, tous les professionnels, euh le parc privé, le parc social, les constructeurs, les architectes, les aménageurs en leur disant "OK, qu'est-ce qu'il faudrait pour pouvoir répondre à la crise du logement qui frappe les Français ?" Bah, il faudrait 2 millions de logements. Super. Qu'est-ce qu'il faudrait pour réussir à atteindre cet objectif ? Et c'est là on en arrive au projet de loi
que je présente la semaine prochaine au Sénat, c'est-à-dire un texte qui va permettre la relance du logement, notamment par un choc de l'offre. Et ça, c'est évidemment le combat que je mène avec les parlementaires. Est-ce que ça va remettre en cause l'artificialisation des sols ? Parce que construire, il faut de la place. Les maires n'en ont pas forcément. Vous avez été maire vous-même. C'est c'est une vraie question qui se pose. Cette artificialisation des sols, elle date notamment de la loi climat et résilience d'il y a 5 ans. Est-ce que ça va remettre en cause ce principe là ? Non, le projet de loi ne remet pas en cause ce qu'on appelle la loi ZAN, zéro artificialisation nette. Euh c'est une loi qui est débattue euh beaucoup. Les sénateurs ont proposé une version plus
pragmatique qui s'appelle la loi trace euh qui peut-être un jour sera examinée à l'Assemblée nationale. Ce débat, il existe mais c'est pas aujourd'hui au cœur de de mon projet parce que par ailleurs, je pense que il faut qu'on continue à protéger notre souveraineté. quand on produit on protège nos espaces naturels, nos espaces agricoles, on protège aussi notre souveraineté et on voit au regard des enjeux climatiques l'importance de préserver des espaces de nature. En revanche, justement, on va accélérer ce qu'on appelle la transformation de la ville, notamment avec la conversion des zones de bureau en logement, par exemple. Il y a tout un article dans ce projet de loi qui va permettre d'accélérer ce processus. On voit aujourd'hui qu'après avoir eu des friches industrielles, on commence à
connaître des friches tercières, des zones entières de bureaux qui sont en train de se vider. Il faut qu'on l'anticipe et il y a des outils dans cette loi pour pouvoir construire mieux, plus vite et justement sur des territoires où on va transformer plus rapidement. Dans ce plan logement, il y a aussi le fait de permettre aux bailleurs de louer leur logement qui était classé F ou G, ce qu'on a appelé des passoirs thermiques, plus longtemps, le temps qu'il fasse les travaux nécessaires. Cela dit, la semaine dernière, on a quand même vu des jeunes qui vivent dans ces passoirs thermiques là, qui sont allés dormir dans les parcs parce que c'est absolument irrespirable. Est-ce que c'est une bonne idée de laisser plus de temps aux propriétaires pour faire ses travaux ? Parce que ces
locataires, ils sont en souffrance. deux choses. D'abord, je je vais vous dire, je crois que tout le monde a souffert de cette vague de chaleur et euh c'est vrai y compris de logement mieux isolés qui était justement plus des passoirs thermiques l'hiver mais qui avait pas été assez protégé sur la question du confort d'été. Et donc c'est c'est le débat serait pas le bon par rapport à l'épisode caniculaire. Tous les logements au fond neuf pas neuf anciens doivent être repensés par rapport à ces canicules extrêmes et voir comment on se protège mieux notamment du rayonnement solaire. Ça c'est un sujet. 2è sujet, on a effectivement 700000 logements qui sont classés au titre de la lettre DPE F ou G et qui normalement devraient sortir de la location. Euh l'objectif au
départ, c'était lequel ? C'était de faire en sorte que ces logements ils soient alloués ou à achetés et rénovés. Et l'incitation de départ était dire, il faut que vous puissiez rénover. Or, on voit bien que ce stock final de 700000 logements, il est pas rénové parce qu'il y a plein de difficultés. Beaucoup de ces logements, ils sont en copropriété. Quand la copropriété veut pas faire les travaux, vous n'avez pas la capacité tout seul de faire ces travaux. Je rentre pas dans le détail, mais on va lancer différents outils qui vont permettre de mieux financer les copropriétés, de les financer elles directement plutôt que les copropriétaires de façon à à mieux sollevabiliser le tout et que les banques prêtent plus facilement. Donc, on déclenche les travaux plus
facilement. Et puis faire en sorte aussi qu'il y ait une majorité simple quand la copropriété vote pour que ceux qui ne viennent jamais en âger ne bloquent pas tous ceux qui viennent régulièrement. C'est des choses qui vont accélérer ces outils-là et donc ça devrait permettre une accélération des travaux. Et je veux le dire, on ne redonne pas un délai de location comme ça dans le vent si on veut atteindre un objectif de transformation. Donc on dit au locataire pardon, au propriétaire, vous pouvez continuer à louer. Par contre, obligation de faire les travaux là tout de suite maintenant avant même de relouer. C'est-à-dire que avant de pouvoir contracter un bail de location avec des nouveaux locataires, il faut avoir fait les devis, signer le contrat avec les entreprises et payer un
accomte. Ces trois objectifs là, c'est nouveau et c'est le pacte gagnant gagnant. C'est gagnant pour le propriétaire qui continue à percevoir un loyer, ce qui lui permettra de financer les travaux. gagnant pour le locataire qui va continuer à avoir un toit sur la tête et en plus une amélioration des conditions de vie puisque il sait que les travaux vont être faits et c'est gagnant pour l'économie française parce que c'est beaucoup de chantiers pour nos entreprises qui en ont bien besoin. Il y a une question, vous l'avez dit de budget de financement de ces rénovations pour les propriétaires et les subventions à l'isolation à la à la rénovation vont être baissées. Par exemple, la pompe à chaleur RR, celle qui permet de chauffer l'hiver et de refroidir l'été par exemple, elle est
pas subventionnée. Est-ce que ça c'est pas c'est pas un système qu'il faudrait par exemple repenser et subventionner ? Je me permets de vous dire que c'est c'est pas vrai. D'abord, il y a une amélioration sur les pompages chaleur RR donc qui fait clim effectivement l'été et chauffage l'hiver avec une un décret qui va permettre de baisser la TVA à l'achat. On l'avait déjà sur les pompes à chaleur R. Euh et là, ce sera le cas pour baisser le coût d'acquisition ces pompes à chaleur. Donc, vous voyez, on fait un geste euh là-dessus important. Euh par ailleurs, non, les financements de transformation sont toujours maintenus. Ce qu'on appelle MAP Prime Renove qui vient aider les ménages français et les copropriétés à rénover
leur logement, c'est toujours financé simplement ces derniers temps. On a arrêté ce qu'on appelle les monogestes, c'est-à-dire le financement d'un seul outil. Je change que les fenêtres, je n'isole que le toit pour financer les rénovations globales et d'ampleur avec un constat simple, c'est que quand on refait tout d'un coup, au fond, d'abord les travaux coûtent moins cher, vous mettez tout en chantier d'un coup au global et deuxièmement vous avez un résultat qui fait que pendant 30 ans, 40 ans, vous n'y revenez plus. Là où le monogeste c'est plus compliqué et surtout bah vous cassez une première fois, vous refaites les peintures puis il faudra revenir casser une deuxième fois, vous refaites les peintures. Au fond, c'est pas pertinent et surtout le risque et on l'a vu hein,
c'est que on fasse pas les travaux dans le bon ordre sur le monogeste. Au fond, on met d'abord la pompe à chaleur a RR, donc chauffage et climatisation, puis on a pas isolé les murs. Donc en fait, oui, on a un système qui est un peu plus vertueux d'ailleurs qui qui fait moins d'impact sur la planète. Par contre, la note électrique, elle est catastrophique. C'est c'est la même chose si je vous dis bah, je vous aide à changer le système de chauffage, mais j'ai pas isolé la maison. Donc en fait, on au fond, il y a une espèce de de d'escroquerie à dire "Bah, on va vous aider à changer votre système de chauffage. Ah, je vais faire des économies." Ben non, parce que vous avez pas isolé les murs. Donc, il vaut mieux être complet. Et c'est ça qu'on fait avec ma prime Renove, de la rénovation
globale. Alors, il y a ce ce ce grand plan que vous que vous présentez. Effectivement, il y a aussi quand on prend un peu de recul cette loi climat résilience dont je parlais qui a été faite il y a 5 ans qui a permis essayer d'organiser le secteur, d'isoler les logements en les notant en interdisant les locations de passoir thermique. Mais on on se rend compte que en isolant les appartements, on a créé aussi des bouilloirs thermiques. Est-ce que finalement on n pas l'impression que le gouvernement avance un petit peu pas à pas, recule et qu'il y a pas une situation avec un peu plus de hauteur de vue sur du plus long terme qui permettrait de prendre en compte tout cela et de ne pas découvrir ça. On a l'impression d'un peu d'amateurisme là-dedans. Je veux dire,
j'ai du mal avec ce mot-là parce qu'en fait, ça fait longtemps qu'on parle quand même de transition écologique du bâtiment. Euh moi vous savez, je suis ministre du logement et il y a pas un jour, on me dit pas il y a trop de normes, il y a trop de règles, vous vous exigez trop du bâtiment et donc ça ça fait des coûts de sortie qui sont trop chers. Et puis quand d'un coup il y a un choc climatique qui fait qu'on se dit waouh les bâtiments il aurait fallu qu'ils soient encore mieux protégés, mieux isolés, on dit pourquoi vous avez pas mis plus de normes, plus de règles et plus de de contraintes. Donc il y a un juste milieu à avoir. Évidemment et je pense qu'il faut se le dire aussi avec honnêteté, cette canicule qu'on a connue, elle était dans le débat public depuis longtemps, mais
de cette intensité là avec cette force là, c'est quand même quelque chose de très nouveau. Il va falloir en tirer toutes les expériences. l'année dernière, rien en a eu. Le débat a été sur la table et ça n'a pas avancé. Rien n'a été voté. Permettez-moi juste de dire que le fait que il y ait qu'un seul pour de la planète qui soit plus chaud que nous au moment de cette canicule, on fait un événement absolument extraordinaire. De là à dire que c'est une nouveauté, non mais mais non mais c'est parce que j'ai dit, j'ai dit que les vagues de chaleur euh c'était pas une nouveauté. C dans le débat public et on commence à les voir. D'où ces fameuses normes qui existent depuis longtemps et des gouvernements qui nous ont précédé. Euh ce que ce que je veux dire par là, c'est que
maintenant il faut aussi qu'on change nos usages, nos modèles et y compris dans des secteurs qui n'étaient pas ceux du bâtiment. Je vous donne un exemple. Euh vous prenez les immeubles osmaniens à Paris ou euh dans des villes de provinces qui ont un cachet euh historique. Pendant des années, ils ont été protégés d'un point de vue architectural et bâtimentaire par des architectes des bâtiments de France à qui la seule consigne qui avait été donnée et ils l'ont appliqué avec sérieux, c'est de protéger le patrimoine et le bâtiment. Aujourd'hui, aujourd'hui je il faut que ça rentre dans le débat désormais avec une question simple, c'est comment on préserve notre patrimoine et notre culture mais qu'on on regarde l'habitabilité des lieux. Et donc pouvoir avoir des volets sur un
bâtiment, ben il faut que ce soit des volets qui ne dénaturent pas le bâtiment mais il faut des volets. Voilà, pas de volets, pas de loyer. On sait que juridiquement ça va être compliqué mais ça ça se pose effectivement sur ces bâtiments là. Alors moi je suis pas d'accord avec ça parce que encore une fois si c'était de la responsabilité unique du propriétaire mais c'est pas le cas, on vient de se le dire. C'est l'architecte des bâtiments de France qui autorise ou qui autorise pas. C'est la copropriété qui autorise ou qui autorise pas. Et donc c'est pas uniquement à la main du propriétaire. Donc donc ça faut l'assouplir. Ça c'est entre vos mains. Bah ça ça fait partie des choses que je je veux mettre en débat évidemment. C'est vrai donc des discussions qu'on
doit avoir avec les architectes des bâtiments de France. Pas être contre eux mais leur dire aidez-nous à trouver les bonnes solutions et à préserver un patrimoine tout en rendant habitable. Et puis il y a une culture et une pédagogie. [grognement] Euh pendant les premiers jours de la canicule. Parfois les les Français avaient tendance à ouvrir les fenêtres alors que justement dans ces moments-là pour que l'isolation soit efficace, il faut garder le frais à l'intérieur parce qu'une fois que vous avez fait rentrer le chaud dans un bâtiment très isolé, vous avez raison, là on crève en fait c'est c'est la chaleur n'en sort plus et donc il faut aussi culturellement on change un petit peu nos pratiques. En tout cas la mobilisation de l'état est total sur les
le secteur qui est le mien. On fait le maximum pour aller le plus loin possible et accompagner les Français face à ces canicules qui malheureusement seront de plus en plus fréquentes. Merci beaucoup Vincent Jean-Brin d'être venu ce matin dans la matinale de l'économie, ministre de la ville et du logement.
Vincent Jeanbrun