L'invité de Bourdin Direct : Olivier Faure et Grégory Doucet - 29/06
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Vous écoutez RMC, RMC Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin.
Meneau municipal, deux invités, Olivier Faure, bonjour. Bonjour à vous, premier secrétaire du Parti Socialiste, et puis en direct de Lyon, le nouveau maire de Lyon. Enfin, pas encore élu maire, mais élu par les électeurs. Hier, choisi par les électeurs, Grégory Doucet. Grégory Doucet, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous, avec Olivier Faure. Nous sommes tous les trois, et toutes celles et ceux qui nous regardent ou nous écoutent, pour parler de ces municipales. D'abord, je voudrais avoir votre avis tous les deux sur cette abstention, 60% d'abstention. Ça veut dire 4 électeurs sur 10, au vote, aux jurnes. C'est quoi ? C'est un désastre démocratique ?
C'était Alain Duhamel qui en parlait il y a un instant, Olivier Faure. C'est un désastre démocratique ?
C'est une crise démocratique qui, malheureusement, ne se dément pas, et qui est liée, bien sûr, au fait que beaucoup de politiques qui ont jusqu'ici été accomplies ont déçu. Et donc, désormais, la question, c'est est-ce que ce bloc social-écologique qui est né hier va être en mesure de réveiller l'esprit civique et de faire en sorte que quelque chose se passe ? Et effectivement, maintenant, nous avons, nous, le devoir de nous adresser à toutes celles et celles qui n'ont pas venu hier et qui, jusqu'ici encore, boutent les urnes.
Alors, Grégory Doucet, je vais être très direct dans ma question. Est-ce que vous êtes mal élu ?
L'abstention, elle est effectivement regrettable, comme vient de le dire Olivier Faure. Et on a un besoin énorme, gigantesque, de redonner confiance dans l'action politique. C'est ce à quoi je vais m'attacher dans les prochaines années.
Donc, confiance perdue. Même analyse, confiance perdue, confiance dans les politiques. Oui, mais les électeurs nous disent, on a tout essayé. On a tout essayé.
Eh bien, la preuve que non, c'est qu'hier, on a entamé une nouvelle démarche. Et j'en veux pour preuve, y compris l'élection de Grégory Doucet, qui a un parcours qui plaide pour lui. Il a été d'abord un homme de l'humanitaire, qui s'est consacré tardivement à la vie politique et qui, maintenant, va apporter ce qu'il a fait pendant toute sa vie durant. Maintenant, voilà, il ne faut rien enchanter la vie politique. C'est difficile. C'est vrai que la vie politique, c'est aussi, au fur et à mesure, se confronter au réel. Mais justement, on peut faire changer la vie et la protéger aussi.
Alors, José, tous les deux, qui est le leader de la gauche, maintenant ? Qui posez-vous la question ? Justement, qui veut répondre ? Qui est le leader de la gauche ? C'est Europe Écologie Les Verts, ce sont les écologistes, Grégory Doucet.
Je me suis déjà exprimé sur le sujet. Je considère que l'écologie va au-delà de la gauche. Aujourd'hui, pour moi, le clivage qui fait sens en politique, c'est celui entre les terrestres et les non-terrestres. C'est-à-dire ceux qui pensent, qui croient en la nécessité de tenir compte des limites planétaires, des limites du vivant. Et ceux qui pensent qu'une croissance infinie, qu'un épuisement des ressources infini, pourrait encore être la voie. Donc, effectivement, un certain nombre d'éléments viennent aussi de la gauche. L'écologie, c'est la défense du bien commun. Et c'est en cela qu'on se rejoint avec nos partenaires de la gauche.
Grégory Doucet, l'écologie, c'est ni droite ni gauche.
J'entends ce discours chez Yannick Jadot, parfois. Ce n'est pas ni droite ni gauche. L'écologie, c'est autre chose. Elle nous propose aujourd'hui une autre lecture, un autre échiquier politique. Alors, en ces temps de recomposition politique, c'est peut-être un petit peu difficile de l'intégrer. J'en conviens, M. Bourdin. Mais aujourd'hui, l'écologie, elle redéfinit le paysage politique.
Olivier Faure, vous êtes d'accord avec cette analyse ou pas ?
Je suis d'accord pour dire qu'il y a une écologie de droite et une écologie de gauche. Ce n'est pas ce que vient de dire Grégory Doucet. C'est ce que je vous dis, moi. Ah bon, d'accord. C'est ce que je vous dis. Oui, et celle qui a gagné hier, c'est une écologie qui est ancrée, effectivement, dans un bloc social et écologique, avec la volonté à la fois de combattre l'injustice sociale et l'injustice écologique. Voilà ce qui a gagné hier. Et donc, il y a effectivement une écologie de droite aussi. Je vois ce qu'écrit la revue Limite avec cette idée d'une écologie conservatrice qui mettrait la nature au-dessus de l'homme et qui viserait simplement à une forme de planète, une musée.
Ce n'est pas notre vocation. Notre vocation, c'est d'arriver à faire en sorte que les gens vivent mieux. Et pour vivre mieux, il faut vivre dans une planète qui est une planète durable, dont nous respectons les rythmes et la vie. Grégory Doucet, ça vous va ?
Je vous ai exprimé mon point de vue tout à l'heure. Il est normal qu'avec Olivier Faure, nous ayons, parce que nous avons un parcours politique différent, nous ayons aujourd'hui des lectures différentes et qu'on regarde aujourd'hui les chiquiers politiques différemment. Mais je crois véritablement que pour moi, la ligne de fracture aujourd'hui, je vous le disais tout à l'heure, elle est entre les terrestres et les non terrestres. Et qu'aujourd'hui, le paysage politique se redéfinit autour de l'écologie qui est devenue centrale.
Grégory Doucet, vous n'avez jamais été élu. Vous arrivez à la tête de Lyon, de cette grande ville. Et vous êtes d'ailleurs accompagné par Bruno Bernard, qui a gagné la métropole de Lyon. C'est très important parce que vous allez pouvoir travailler ensemble, j'imagine. pour faire quoi de Lyon et de la région lyonnaise, Grégory Doucet ?
Eh bien, pour engager Lyon et sa métropole dans la transition écologique. La transition écologique, c'est moins de pollution dans la ville, dans la métropole. On va enfin s'attaquer à ce sujet. Vous savez que Lyon est une des villes où les pics de pollution sont les plus nombreux chaque année. Donc c'est un vrai sujet. C'est une ville aussi où nous allons pouvoir travailler sur la place des enfants. Pour moi, faire de Lyon la ville des enfants, c'est fondamental. Ça veut dire débitumer les cours d'école, les végétaliser, sécuriser les abords des écoles. C'est aussi leur permettre de se déplacer en sécurité dans toute la ville. Que ça soit lorsqu'ils sont piétons, lorsqu'ils sont cyclistes.
Et je veux faire de Lyon une ville 100% marchable, 100% cyclable. Nous allons végétaliser massivement la ville. Ça veut dire des vergers municipaux, ça veut dire des forêts urbaines dans la ville. Nous allons créer un autre, un nouveau poumon vert dans cette ville de Lyon, sur la colline de Fourvière. Donc voilà, c'est un ensemble de propositions. Mais je ne vais peut-être pas toutes vous les égréner à cette heure.
Oui, Grégory Doucet. Et l'économie dans tout cela. Parce que beaucoup ont dit l'écologie est l'ennemi de l'économie. Vous n'êtes pas l'ennemi de l'économie, vous n'êtes pas l'ennemi du profit.
Alors, ce que je me suis exprimé hier soir sur le sujet, l'écologie est l'allié de l'économie. Vous savez, investir dans la rénovation thermique des bâtiments, c'est de l'emploi local. Construire des transports en commun, c'est de l'emploi local aussi. Et c'est des commandes pour nos entreprises locales. Investir sur la piétonnisation, c'est faciliter le commerce de proximité. Donc, non, l'écologie n'est pas l'ennemi de l'économie. Bien au contraire. Mais l'écologie vise à une économie responsable et vertueuse.
Responsable et vertueuse. Extension, par exemple, de l'aéroport. Ça t'exupérait.
Vous savez comme moi, Jean-Jacques Bourdin, qu'aujourd'hui, le trafic aérien est responsable en partie des émissions massives de gaz à effet de serre. Et de ce fait, contribue au réchauffement planétaire. Donc, on doit contenir, bien évidemment, le trafic aérien. Donc, nécessairement, limiter son expansion. Lyon, ville de congrès, toujours ou pas ? Lyon continuera à accueillir les congrès qui nous permettent de progresser. Vous savez, Lyon est déjà une ville qui est reconnue pour son engagement dans le domaine de la santé.
Moi, je souhaite que nous puissions continuer à attirer des professionnels de santé qui puissent venir à Lyon, échanger, construire ensemble un monde où on s'occupera encore mieux de la santé des êtres humains, des animaux et de l'ensemble de la planète.
Grégory Doucet, vous engagez ce mandat. Vous avez déjà réfléchi, évidemment, aux premières mesures que vous allez prendre. Est-ce qu'elle sera symbolique, la première décision du nouveau maire de Lyon ? Sera-t-elle symbolique ?
Alors, il y aura un certain nombre de mesures qui seront plus que symboliques, qui seront concrètes. Vous savez, M. Bourdin, nous sommes encore en période de crise sanitaire. On subit déjà, on voit déjà un certain nombre de conséquences. On a besoin d'agir tout de suite sur ces conséquences. C'est ça aussi, être en responsabilité. Je pense en particulier au secteur culturel qui a beaucoup souffert pendant cette période de confinement. Plus de festivals, plus de concerts, plus de représentations théâtrales. Et donc, on a beaucoup de nos structures culturelles lyonnaises qui ont souffert. Donc, j'ai déjà annoncé un fonds d'urgence de 4 millions d'euros pour leur venir en aide.
On a aussi besoin de préparer la prochaine rentrée scolaire. Des semaines de confinement ont éloigné de l'école nos enfants. On a besoin de leur redonner le goût d'être ensemble, d'apprendre ensemble, d'avoir des règles de vie communes. Donc, on va investir massivement dans des activités collectives pour la période estivale, de manière à ce que la rentrée soit mieux préparée. L'écologie, ceux-ci s'attaquaient aux questions très concrètes de la vie quotidienne des Français, vous savez.
Grégory Doucet, vous étiez sur la liste de Yannick Jadot aux Européennes en 2019. Est-ce que Yannick Jadot est le leader naturel d'Europe Ecologie Les Verts ?
On a plusieurs grandes figures aujourd'hui qui portent l'écologie, bien évidemment. Yannick Jadot en fait partie, mais on pourrait en citer d'autres. On pourrait citer Mathieu Orphelin, que j'ai accueilli à Lyon il y a quelques jours, Delphine Bateau. Je crois qu'aujourd'hui, on a un certain nombre de responsables politiques qui portent, qui sont capables de porter les couleurs de l'écologie politique, et je m'en réjouis.
Bien, merci Grégory Doucet, je vous laisse, parce que je crois savoir que vous êtes attendu sur BFM Lyon, et je suis avec Olivier Faure, vous venez d'entendre Grégory Doucet. Merci beaucoup, merci à vous. Réaction, Olivier Faure ? Non, ça vous va, ça vous le sait. Qui est le leader ? Parce que ça change la donne quand même. Cette sévictoire écologiste change la donne politiquement.
Pour la France, c'est-à-dire qu'aujourd'hui vous avez un bloc social et écologique qui a remporté de très nombreuses victoires. L'équilibre entre les uns et les autres, il est en réalité très différent de celui qu'on décrit. Mais je ne veux pas y revenir, parce que pour moi, le problème n'est pas de savoir qui a gagné plus ou moins. La réalité, c'est que les socialistes ont gagné beaucoup plus de villes que les écologistes. La réalité, c'est qu'il y a aujourd'hui une nécessité, c'est d'avancer en commun, de faire en sorte que renaisse une espérance. On le voit bien, en fait, tous ces gens qui aujourd'hui ne croient plus en la politique. Il faut donc une offre nouvelle.
Cette offre du XXIe siècle, elle doit, de mon point de vue, arriver à mêler la question sociale et la question environnementale. C'est ça, le sujet. Et comment est-ce qu'on fait face aux crises qui sont devant nous ? Il y a une crise sociale qui est devant nous, il y a une crise écologique qui est devant nous. Comment est-ce qu'on y répond ? Oui, comment est-ce qu'on y répond ?
Mais politiquement, il va bien falloir répondre aussi à la question du leadership. Oui, bien sûr. Parce que, bon, je regarde, et vous regardez les chiffres comme moi, 60% d'abstention, c'est énorme. On sait, l'élection qui rassemble les électeurs, c'est l'élection présidentielle. Celle de 2022 sera, évidemment, encore une fois, comme les précédentes, une élection peut-être surprise. Le leadership, vous êtes prêts à vous ranger derrière un candidat écologiste ? En 2022, j'ai lu ça. Je l'avais déclaré ça hier, je crois. Je vais vous répondre très directement.
La première chose, c'est d'abord revenir sur ce qu'a dit Grégoire Doucet-Linceau. Vous l'interrogiez sur les élections européennes. Oui. Les élections européennes, la réalité, c'est que les socialistes, les écologistes, les générations, le Parti communiste, étaient devant, s'ils étaient rassemblés, devant le RN et devant la République en marche. Vous avez, comme tous, constaté qu'au soir de l'élection européenne, on a consacré la victoire du RN et, comme deuxième position, la République en marche. Si nous ne voulons plus de ce duel qui nous est déjà annoncé, eh bien, nous devons nous rassembler. Et c'est en ce sens que je dis qu'il faudra un candidat unique de ce bloc social et écologique.
Et peu importe d'où il vient, l'essentiel, c'est de savoir où il va. Non, pas peu importe d'où il vient, Olivier Faure.
Mais s'il vient de la France insoumise, vous ne le suivrez pas, forcément.
Les insoumis ont refusé cette logique. Donc, pour l'instant, cette question ne se pose pas. Bon.
Donc, la nouvelle force, pour vous, elle est claire. Elle est écologiste et socialiste.
Pour l'instant, elle est aussi citoyenne, parce qu'il y a aussi des gens qui... Citoyennes, oui. Oui. Voilà. Et donc, ce que je souhaite, moi... Oui, en oubliant les étiquettes. ...c'est qu'on ait un candidat ou une candidate. Après tout, pourquoi pas ? Regardez toutes ces femmes qui ont gagné hier soir. Bon, pourquoi pas une femme, mais donc qui incarne ce bloc social et écologique. Voilà. Il faut arrêter de penser uniquement en termes d'appareils partisans. On est d'accord. Je sais bien que je suis un chef de parti et que ça devrait être la logique dans laquelle je suis. Ça n'est pas la mienne. Depuis deux ans, je me bats au contraire.
Pour pouvoir rassembler et faire en sorte de fédérer ces forces qui ont tellement de choses en commun et qui, jusqu'ici, se sont combattues les unes les autres et qui ont déroulé le tapis rouge sous les pieds de Marine Le Pen et d'Emmanuel Macron.
Oui, regardons quand même les résultats de ces municipales comparés à la présidentielle de 2017. Je regarde. La République en marche, échec hier. Le Rassemblement National, demi-échec. Parce qu'à part l'élection de Louis Alliou, sans étiquette RN, beaucoup d'élus perdus par le Rassemblement National a été perdus hier. Près de la moitié. Et échec pour la France Insoumise aussi. Gros échec pour la France Insoumise. C'est-à-dire, les trois candidats arrivés en tête... J'oublie François Fillon. Mais les trois candidats arrivés en tête lors de la dernière présidentielle ont connu l'échec lors de ces municipales. Ça veut dire quoi ?
Ça prouve que tout est ouvert. Ça veut dire que, tout simplement, les Françaises et les Français cherchent aujourd'hui quelle est l'offre qui correspond... Ils sont perdus ?
Sont-ils perdus ?
Ils sont perdus. Parce que les repères ont été volontairement ou avant-là vraiment brouillés. Et ça suppose aussi que, pour nous, je parle pour ma famille politique, ça suppose que nous retrouvions des valeurs et des principes qui soient suffisamment clairs pour que chacun puisse nous situer et puisse avoir envie, à nouveau, d'espérer avec nous.
Olivier Faure, Emmanuel Macron a reçu un mandat, en quelque sorte, de ses citoyens qui ont participé à la Convention citoyenne pour le climat. Il a reçu un mandat. Que doit-il en faire aujourd'hui ? Que doit-il décider ?
Qu'attendez-vous de lui, là ? Eh bien, qu'il écoute, qu'il écoute. Il nous avait dit, il y a un an, après les Gilets jaunes, il nous avait dit, il y aura un acte 2 formidable, je serai plus social. Qu'est-ce qu'on a eu ? La réforme des retraites et la réforme de l'assurance chômage. Franchement, c'était exactement l'inverse de ce qu'il fallait faire. Maintenant, il nous dit, acte 3, ça va être un acte écologique. Eh bien, banco, chiche, qu'il y aille qu'on fasse un référendum sur les principales mesures proposées par cette Convention.
Alors, référendum sur quoi ? Que demandez-vous ? Parce que ce n'est pas facile, un référendum à organiser en France. Non, il y a un nombre de mesures sur lesquelles ? Pour un changement de la Constitution ? Il faut le Parlement, il faut la réunion du Parlement. Vous le savez bien.
Mais au Parlement, nous avons déjà proposé ces changements-là. Sur notamment l'appréciation des biens communs. Nous avons aussi proposé le crime d'écocide. Crime contre l'environnement. Eh bien, nous avons, dans les deux cas, été renvoyé au plot par la majorité actuelle. Donc, nous allons voir si, d'ailleurs, il change d'avis.
Non, mais le crime d'écocide, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que si je prends l'avion pour aller à Bordeaux, je serai accusé d'écocide ? Non, mais je... Vous ne serez pas venu en prison. Non, non, mais d'accord. Non, non, mais d'accord, mais je pousse le train un peu loin. Je pousse le train un peu loin, mais c'est aussi ça. Ça va être la possibilité ? Non, ça va être quoi ? Il faut mettre des limites. Il faut mettre des limites, oui, vous avez raison.
Mais ça veut dire tout simplement qu'aujourd'hui, quand vous avez des gens qui sont des prédateurs de la nature et qui préfèrent le profit à l'héritage qu'ils doivent laisser aux générations futures, effectivement, il faut des limites. Et donc, poser les choses telles qu'elles sont. Il y a aujourd'hui des gens, quand ils déforestent à outrance, quand ils sont à dévoyer ce que devrait être le progrès, eh bien, effectivement, il faut les condamner.
Bien. Le Parquis National Financier, j'avais deux questions annexes à vous poser. Le Parquis National Financier doit-il être supprimé ?
Pourquoi ?
Je ne sais pas. Moi, j'ai vu que certains le demandent.
Et notamment à gauche. Mais moi, je n'y suis pas favorable. C'est une création de sinistre mémoire, pardon. Mais ça a été créé après l'affaire Cahuzac. Triste affaire. Eh bien, nous avons créé ce Parquis National Financier pour que désormais, il y ait la possibilité pour la justice de travailler dans les meilleures conditions, y compris pour traquer celles et ceux qui, dans le monde politique ou dans le monde économique, eh bien, sont malheureusement dangereux délinquants parce qu'ils menacent notre cohésion par leur action.
Vous avez vu que la commission d'enquête parlementaire sur l'indépendance de la justice souhaitait entendre des syndicats de police, les représentants des syndicats de police. Trois syndicats sur quatre ont dit non. Est-ce que vous comprenez qu'on dise non ? Est-ce que c'est quoi ? Non, non.
Non, je ne comprends pas parce que...
C'est une insurrection policière ? C'est quoi ?
Ce n'est pas la première fois, d'ailleurs, que les syndicats de police refusent de se rendre à une convocation d'une commission d'enquête. C'était déjà arrivé en 2005. Mais je ne le comprends pas parce que, tout simplement, la police est une police républicaine et elle doit répondre devant ses propres élus. Ce n'est pas une police indépendante. Elle est, effectivement, notre police à tous et donc, chacun doit rendre des comptes devant le Parlement.
Mais la police qui va manifester, enfin, certains policiers qui vont manifester devant le Bataclan, ça vous choque ?
Non, ils ont le droit de manifester. Ils ont le droit de porter leur propre point de vue. Moi, ce que je dis simplement, c'est que tout le monde doit répondre aux parlementaires parce que nous sommes élus du peuple et que ça suppose que chacun rende des comptes au peuple français à travers ses élus.
Une dernière question, là, très marginale. Marginale, pas tant que ça. Vous connaissez les Simpsons ? Oui. Bon. Est-ce que vous savez que les personnages de couleur ne seront plus doublés par des acteurs blancs ? Vous avez vu cela ? Non, je n'en avais pas vu. Est-ce qu'on ne tombe pas, parfois, maintenant, dans l'absurde ? Franchement. Écoutez, les Simpsons sont jaunes. Donc, je ne sais pas qui on choisira pour les doubler. Oui, d'accord. Mais ça, doubler par des acteurs blancs, ça ne vous choque pas ?
Moi, ça ne me choquait pas, mais je ne voudrais pas qu'on résume le débat qui est un vrai débat. Et j'aimerais aujourd'hui revenir en reparler avec vous parce que c'est vraiment un débat... Je comprends les blessures. Quel est le débat, alors, là, aujourd'hui ?
Le vrai débat, c'est quoi ?
Le vrai débat, c'est qu'aujourd'hui, vous avez des mémoires qui sont blessées. Vous avez des gens qui sont niés dans leur identité et qu'il faut, à un moment donné, reconnaître aussi les blessures de ces gens-là. Et que, quand on a... Je sais bien, on a eu le débat sur Colbert, etc. Alors, évidemment, on se dit, mais Colbert n'a pas été que l'homme du Code noir. Mais il a été aussi l'homme du Code noir. Et je comprends que des gens qui sont obligés de passer chaque jour devant une sculpture, devant une rue, qui rend hommage à un homme qui, dans votre histoire, a été celui qui a emmené en esclavage vos arrières-grands-parents, vos aïeuses, etc. C'est compliqué.
Et donc, il faut que, dans un pays métissé comme la France, on accepte de regarder ce que chaque trace laisse comme blessure éventuelle sur les uns et sur les autres. Et donc, comment est-ce qu'on doit vivre ensemble ? C'est important, ça, vivre ensemble.
Merci, Olivier Faure. Merci d'être venu nous voir à 8h54 RMC. et BFM TV.
Olivier Faure