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interviewC dans l'air· 1 juillet 2020 65 min

Edouard Philippe, l'homme qui fait rêver la droite #cdanslair - 30.06.20

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:05
Présentateur

Bonsoir à tous. Restera, restera pas. Edouard Philippe a été réélu triomphalement avec 58% des voix au Havre. Sa cote de popularité est désormais bien au-dessus de celle d'Emmanuel Macron. Alors à deux ans de la présidentielle, cette popularité pourrait-elle donner des idées au Premier ministre ? Surtout s'il venait à perdre l'hôtel Matignon au terme d'un remaniement que prépare Emmanuel Macron. Quelles sont les relations entre les deux hommes ? Comment la droite peut-elle se reconstruire ?

Et autour de quelle personnalité, trois ans après le traumatisme François Fillon, François Fillon qui vient d'être lourdement condamné dans l'affaire des emplois fictifs, à cinq ans de prison, dont deux ans fermes, et donc à deux ans de la présidentielle, la droite peut-elle se relancer, se réinventer ? Et avec qui ? Edouard Philippe est-il le problème ou la solution d'une droite déboussolée sans chef, une droite qui attend l'homme ou la femme providentielle pour reconquérir l'Elysée ? C'est le sujet de cette émission de ce « C'est dans l'air » que nous avons décidé d'intituler ce soir « Edouard Philippe, l'homme qui fait rêver la droite ».

Pour répondre à vos questions, nous avons le plaisir d'accueillir Bruno Jeudy, vous êtes rédacteur en chef au service politique de Paris Match, où vous avez signé ce papier intitulé « Conforté au Havre ». Edouard Philippe espère rester à Matignon. Cécile Cornudet, vous êtes éditorialiste politique au quotidien « Les échos ». Astrid De Villene, chef du service politique au Huffington Post, où vous avez signé ce papier municipal 2020. Les écologistes font un pas de géant historique. Et enfin, Brice Tinturier, politologue, directeur général délégué de l'Institut de sondage Ipsos, dans le journal Le Monde daté d'aujourd'hui.

Vous analysez ces municipales comme une nouvelle illustration du dégagisme en politique. Alors, en tous les cas, il y en a un qui ne le subit pas, ce dégagisme, c'est Edouard Philippe. Est-ce qu'on peut dire qu'en ce moment, tout lui est réussi, il marche sur l'eau ? Alors, je ne sais pas s'il marche sur l'eau, mais effectivement, il a énormément profité de la séquence. Et il est rare de voir non pas un Premier ministre populaire, ça, ça s'est déjà vu dans le passé. François Fillon, que vous évoquiez, était très populaire et plus populaire même que Nicolas Sarkozy.

Mais en revanche, ce qui est très rare, c'est de voir un Premier ministre qu'une majorité de Français souhaitent garder comme Premier ministre. Ça veut dire qu'y compris chez les opposants, les opposants naturels, les sympathisants PS, les sympathisants LR, eh bien vous avez une majorité ou une très forte minorité de Français qui, dans notre enquête réalisée pour la soirée électorale de dimanche, nous disent « je souhaite un remaniement, mais limité et en conservant à la tête du gouvernement Edouard Philippe ».

Au total, c'est 67% de Français qui souhaitent qu'ils restent à la tête du gouvernement et 76% qui souhaitent un remaniement, mais limité, et donc limité, qui ne touche pas la personne du Premier ministre. Alors pourquoi ? D'abord parce qu'il a profité de la séquence en s'affirmant comme étant celui qui concrètement œuvrait, dans un style qui était un style sobre, apprécié, qui donnait des éléments très précis, très concrets sur le confinement, sur le déconfinement.

Ensuite, parce qu'il réunit aussi une conjonction d'électeurs des deux bords, qui apprécient en lui, alors pour les sympathisants de droite, son tropisme de droite, et puis j'ai envie de dire que presque sémiologiquement, il incarne quelque chose qui à droite est apprécié, dans le style, dans la stature, dans la façon de faire, mais comme en même temps il est assez direct, assez simple, assez concret, il échappe au tropisme qu'on reproche souvent à gauche, à ce type de personnalité, et là aussi, au-delà du contenu de la politique, il profite de la séquence.

Tout ça fait une équation pour le Président de la République assez compliquée, puisqu'entre la réélection du Havre et cette bonne cote dans l'opinion, il est plus difficile évidemment de sortir un Premier ministre aussi populaire. Un Premier ministre populaire, c'est un problème pour le Président, Cécile Cournudet ?

3:50
Édouard Philippe

Un Président n'aime jamais beaucoup un Premier ministre qui lui fasse de l'ombre, et en fait finalement, si vous voulez, le tempérament d'Edouard Philippe a collé à la période et à l'attente. Les Français avaient peur et là, ils avaient en face de lui quelqu'un de solide, qui donnait le sentiment qu'il savait où il allait, qui ne racontait pas n'importe quoi, qui était stable. Et donc voilà, alors qu'Emmanuel Macron, alors qu'il a essayé de porter les bonnes nouvelles, il s'en sort moins bien dans l'opinion, donc c'est vrai que c'est compliqué.

4:19
Présentateur

Donc c'est son style qui plaît ? Est-ce qu'il plaît ? Alors, Brice Tinturier avait l'air de dire, il ne plaît pas qu'aux gens de droite qui sont partis d'origine. D'ailleurs, il n'est plus aujourd'hui encarté à la droite.

4:28
Édouard Philippe

Non, il est encarté non plus à La République en marche, ni l'un ni l'autre, nulle part.

4:32
Présentateur

Et il plaît aussi aux gens de gauche, donc en fait il est…

4:35
Édouard Philippe

Oui, alors c'est à double tranchant. C'est beaucoup une popularité quand même en miroir, parce qu'il a les qualités… Voilà, il a les qualités que n'a pas Emmanuel Macron et du coup, voilà, chacun trouve plus son compte, que vous soyez à gauche de La République en marche ou vers la droite. Mais le fait qu'il vienne de la droite, qu'il soit, c'est vrai, surtout fort au centre-droite, ça aussi c'est un problème pour Emmanuel Macron, parce qu'aujourd'hui, une très forte partie de son électorat, je crois que dans certains sondages, c'est 40% de ceux qui soutiennent Emmanuel Macron sont des électeurs de François Fillon du premier tour, c'est vous dire, et lui, il incarne ça.

Donc qu'est-ce qui se passe pour le socle électoral d'Emmanuel Macron si Édouard Philippe doit partir ? Mais le problème d'Emmanuel Macron aujourd'hui, c'est que, voilà, il sait aussi qu'il a intérêt à avoir un Premier ministre qui a bien géré la crise, mais il fait un peu le constat, comme beaucoup de ses prédécesseurs, au bout de trois ans, qu'il n'a pas fait tout ce qu'il voulait faire, qu'il y a des freins à son action, il n'y reste plus beaucoup de temps et maintenant il veut agir. Et dans son esprit, parce que Matignon, c'est là où se passent toutes les réunions et qu'il contrôle la machine d'État, dans son esprit, il a fini par lier Édouard Philippe avec les freins.

Il se sent empêché et pour lui, l'incarnation un petit peu de ça, c'est Édouard Philippe. Et s'il s'en sépare, moins qu'une réorientation politique, parce que, en tout cas, sur l'économie, il veut garder le même cap, c'est plutôt pour reprendre en main Matignon, la machinerie d'État, et montrer aussi son autorité. Parce que face à un Premier ministre fort qui sort comme ça, principal vainqueur pour la majorité des élections municipales, il veut montrer qu'il a encore les marges de manœuvre pour décider.

6:20
Présentateur

Pour les coups des franches, pour des mesures audacieuses. Bruno Jeudy, vous avez fait la une de Paris Match, vous avez fait une une de Paris Match récemment sur Édouard Philippe. D'abord, c'est vrai que c'est quelqu'un qu'on connaît assez peu dans sa vie privée. Et toute petite première question, est-ce qu'il s'est bien vendu, ce Paris Match avec cette une d'Édouard Philippe ? Oui, il s'est bien vendu. On était même assez surpris. Parce que c'est vrai qu'Édouard Philippe n'est pas forcément quelqu'un qu'on aurait mis à la une de Paris Match au début du mandat, en 2017.

C'est quelqu'un qui est resté quand même assez dans l'ombre du président de la République, qui prend toute la place et qui, évidemment, à l'onction du suffrage présidentiel. Mais il s'est affirmé, Boris Saint-Turiel disait, il s'est affirmé, on l'a vu dans les sondages. Et puis, on a voulu le suivre au Havre. Et puis, c'est un peu le moment Édouard Philippe qui a eu ces deux batailles, la bataille du Havre, qu'il a gagnée haut la main dimanche. Et puis là, il y a une bataille un peu plus feutrée, Cécile l'expliquait, où là, il n'y a qu'un électeur, c'est Emmanuel Macron, c'est le président de la République, qui, au terme de la Constitution, choisit celui qui va diriger le gouvernement.

Et donc, du coup, on a fait le choix d'essayer d'en savoir un peu plus sur ce personnage, finalement, qui, même s'il est Premier ministre, c'est quelqu'un qui donne très peu, on connaît très peu de choses sur lui. Et d'ailleurs, même quand on passe du temps avec lui, ce qui a été mon cas, quelqu'un qui refuse systématiquement d'ouvrir, mais alors même un centimètre qui concernerait sa vie privée, ça, c'est vraiment quelque chose. C'est probablement le seul Premier ministre qui refuse qu'on parle de sa femme. Madame, son épouse ne vient jamais à Matignon, il n'habite pas à Matignon, d'ailleurs, et elle ne participe à aucun déplacement ou à aucune cérémonie.

Peut-être que ça ne nuit pas à sa carrière, de ne pas montrer. Absolument, c'est un choix qu'il a fait au début de sa vie politique. Donc, c'est quelqu'un qui est assez peu connu, et on s'est dit qu'il fallait le raconter un peu plus. Et notre surprise, c'est que ça a marché, comme quoi la popularité constatée dans les sondages par Brice Tinturier et ses collègues, on la retrouve à la lune de Paris Match, qui est un magazine où il n'y a pas des hommes politiques toutes les semaines en couverture. Donc, ça veut dire aussi quelque chose, ça veut dire qu'il est maintenant rentré dans le paysage des Français. Il a marqué l'opinion pendant cette période du Covid.

D'abord, les gens l'ont beaucoup vu, il faisait aussi des grosses audiences à la télé. Et puis, il y a eu ce sentiment à la fois qu'il y avait un style, il y a un style, Edouard Philippe, qui s'est imposé, moi je dirais, au début du... Au début, quand il était à Régaud Matignon, il y avait un petit côté Giscard, Raide, un peu plus sympathique. Et puis, pendant le Covid, il y a eu ce parler vrai à la Rocard. Et puis, de toute façon, les origines politiques d'Edouard Philippe, ça reste quand même la Chirac. D'ailleurs, il y a une photo qui était dimanche soir qui était assez marrante. Il avait les bras... Il est très grand et il devait les bras un peu à la Chirac.

Donc, je trouve qu'il y a une synthèse d'un homme politique qui, en ce moment, correspond peut-être à quelque chose de rassurant au moment où les Français cherchent de la protection, plus que peut-être ce que leur a offert et qu'ils ont approuvé grandement avec Emmanuel Macron. Mais aujourd'hui, c'est peut-être un peu plus le style d'Edouard Philippe qui leur convient. Et une authenticité presque physique, parce qu'il arbore sa barbe blanchie, qu'on a tous remarqué se blanchir sur sa partie gauche. Il ne cherche pas à la teindre, ne cherche pas à la maquiller ou à la raser, tout bêtement. Alors, les gens, d'abord, lui posent beaucoup la question, mais pourquoi vous ne teignez pas la barbe ?

C'est une coquetterie qui intrigue les gens. Alors, du coup, je lui ai demandé, il en a parlé un peu. Donc, il a une maladie assez banale, un vitiligo, ils le connaissent beaucoup de Français. Il dit que ce n'est pas douloureux, c'est rien de... Alors, il y a un petit fond de stress derrière ça. Mais il refuse de teindre sa barbe et il garde ce côté un peu intrigant et qui fait un peu comme ça, un côté blanc, un côté noir. Je crois que ça ne déplaît pas, en tous les cas, aux dames qu'il croisait dans la rue, parce qu'il a beaucoup de succès aussi auprès de l'agent féminine. Astrid De Vilaine, est-ce qu'il a du succès, en revanche, auprès des cadres de son ancien parti ?

On a intitulé cette émission « L'homme qui fait rêver la droite ». On a hésité à mettre un point d'interrogation. Comment il est vu ? Est-ce qu'il est attendu comme le messie à droite ? Ou est-ce qu'il est vu un peu comme le traître ? Et attention au coup de fusil, si tu reviens.

10:21
Invité

Je dirais que ça a changé au fil du début de ce quinquennat. Au début, il y a eu un vrai sentiment chez les Républicains de trahison. Et aussi, de la part de Gérald Darmanin, qui est aussi un ancien proche de Nicolas Sarkozy, qui, pour ceux qui sont restés à droite, les a trahis, ainsi qu'Édouard Philippe. Et ils ont pris une place très importante dans le gouvernement d'Édouard Philippe. Vous ne citez pas Bruno Le Maire, pardonnez-moi. Et Bruno Le Maire, bien sûr. Donc les poids lourds, finalement, de ce gouvernement étaient au début vus comme des traîtres.

Et puis au fur et à mesure que les mesures ont été prises, et des mesures plutôt à droite, qui confortaient finalement les convictions des Républicains, on les a vus un petit peu plus conciliants. Comme des taupes, presque ? Non, mais en fait, c'était difficile pour eux de trouver leur rôle au Parlement, parce qu'à chaque fois qu'ils voulaient s'opposer, parce qu'ils se disent dans l'opposition, souvent les réformes allaient dans leur sens, comme par exemple la réforme des retraites, qu'Édouard Philippe a défendue personnellement, et sur laquelle il s'est battu, notamment sur l'âge pivot, et donc la rigueur budgétaire qui plaît à la droite.

On a vu ensuite ces municipales, dimanche dernier, où les alliances ont été assez étonnantes par rapport aux alliances nationales. C'est-à-dire que les Républicains et la République en marche se sont alliés. Et en général, d'ailleurs, quand les Républicains étaient soutenus par la République en marche, ils remportaient des villes. Donc ça les met dans une situation très délicate. Édouard Philippe, donc du coup, moi je pense, peut réunir, en fait, finalement, ce qu'on pourrait appeler l'ancienne UMP, la droite d'Emmanuel Macron, le centre libéral, et la droite plus conservatrice.

On a vu, par exemple, Guillaume Larivet, qui est un député plutôt proche d'Éric Ciotti, très en pointe sur les questions de sécurité, dire dans les colonnes de Lyon Républicain, « Je suis prêt à… » enfin, qui réfléchit à rentrer au gouvernement. C'est des choses qui étaient impensables au début du quinquennat.

12:03
Présentateur

Alors, à la mairie du Havre, on va revenir largement sur les possibilités de voir Édouard Philippe, parce que je voyais déjà réagir. Juste, on va regarder d'abord ce reportage. À la mairie du Havre, Édouard Philippe s'est présenté, non pas sous l'étiquette « La République en marche », non pas sous l'étiquette « Les Républicains », mais sous l'étiquette « Divers centres ». Il a été largement réélu. Il a fait le plein, notamment à droite, avec 70% d'opinions favorables. Et bien sûr, à deux ans de la présidentielle, il suscite l'intérêt grandissant de tout un parti, toujours en quête d'un chef. Voyez ce sujet de Walid Berissoul et Benoît Thébault.

C'est un nom qui provoque toujours une petite crispation chez certains ténors de la droite.

12:46
Invité

– Et bon, Philippe qui prend la parole actuellement en direct au Havre, après sa première victoire.

12:51
Présentateur

– Ce soir-là, le Premier ministre passe une très bonne soirée. – Ici, au Havre, on est heureux, on va fêter cette victoire. – Et le patron des Républicains a du mal à cacher son exaspération. – Et s'il quittait Matignon par sa propre volonté,

13:10
Invité

est-ce que pour les Républicains, ça serait une bonne nouvelle ? Est-ce que vous seriez prêt à l'accueillir à bras ouverts pour engager les prochaines années ?

13:17
Présentateur

– Écoutez, il a fait partie des gens qui ont trahi, il a trahi sa famille politique, il a conduit une politique économique dans la continuité de celle de François Hollande, qui nous amène à l'échec. – Tout ça, c'est l'action du gouvernement. Attendez, ce n'est pas nous qui avons conduit cette politique, c'est bien lui, à l'initiative du président de la République.

13:35
Invité

– Donc apparemment, les portes ne sont pas ouvertes au cas où…

13:37
Présentateur

– Écoutez, il prendra la décision qu'il veut, c'est la décision du président de la République. – Ça peut être aussi la scène, souvenez-vous Jacques Chirac. – Oui, c'est le seul qui l'a fait. Je ne reconnais pas en Édouard Philippe, en Jacques Chirac. – Il sera content de l'apprendre ce soir en tout cas. – Un traître nommé Édouard Philippe. Une cicatrice qui gratte encore à droite, trois ans après avoir rejoint Emmanuel Macron. – Il se trouve que je suis moi-même un homme de droite. – Il est approuvé aujourd'hui par près de sept sympathisants les Républicains sur dix, selon un récent sondage. Alors, chez les députés LR, certains ne peuvent toujours pas s'empêcher d'en dire quand même du bien.

– Je sais qu'en disant ça, je vais m'exposer à quelques reproches, mais je le penserai sincèrement. Édouard Philippe a plutôt réussi depuis trois ans, là où peut-être d'autres auraient eu du mal. Il y a un noyau qui lui en veut toujours, c'est évident, je le sais, je le perçois très bien, et je le comprends en plus très très bien. Ça nous a tellement blackboulé tout ça. Mais je crois qu'une partie encore de la droite aujourd'hui considère d'une certaine façon, et c'est d'ailleurs bien notre propre difficulté, qu'il est encore un petit peu des nôtres.

– Et depuis que la cote de popularité d'Édouard Philippe a largement dépassé celle du chef de l'État, depuis que le mot présidentiable lui colle de plus en plus à la barbe, la stratégie se complique davantage sur les bancs de la droite. – Monsieur le président Abad, vous avez hier, dans une intervention tout à fait remarquable, indiqué que gouverner, c'était décider. Eh bien, j'ai décidé, et c'est comme ça que ça se passe. Le patron des députés LR confiait récemment ses états d'âme sur le cas du Premier ministre. – Protéger Philippe, c'est prendre le risque politique qu'il soit candidat un jour face à nous, sauf à considérer qu'il soit notre candidat.

– Un danger mortel pour la droite ou bien son recours providentiel en 2022 ? Les spéculations sont venues de cette petite phrase d'Édouard Philippe en forme d'amical avertissement adressé au président. – Il sait qui je suis, ce que j'incarne, ce que je peux faire et ce que je ne peux pas faire. – Mieux vaut-il l'avoir avec lui plutôt que contre lui ? – La question se pose pour Emmanuel Macron, mais aussi à droite. D'autant qu'à deux ans de la présidentielle, elle cherche toujours son champion à contester pour l'Élysée. – Il y a en réalité un problème à droite, c'est qu'elle n'est pas incarnée depuis le départ de Nicolas Sarkozy. Voilà. Et quand ce n'est pas incarné, ça ne marche pas.

Bon, alors on va savoir si on va tricoter ou pas, pour savoir si on fait des primaires, pas des primaires, qui va venir, qui vient, est-ce qu'il a l'envie d'avoir envie ? Sarkozy nous a appris un truc, c'est que celui qui gagne, c'est celui qui a le plus envie. Pour l'instant, personne n'a envie. Est-ce que c'est Édouard Philippe qui incarne la droite ? Aujourd'hui, ce n'est pas lui qui incarne la droite. Il incarne un savoir-faire et il incarne le fait d'avoir aussi auprès de lui des ministres qui sont issus de LR et qui, visiblement, ne réussissent pas trop mal, mieux que les gens de La République en marche. Donc tout ça, ça compte.

Les jours qui viennent marqueront peut-être une étape importante dans le destin de celui qui n'a jamais officiellement été exclu du Parti des Républicains, sans pour autant avoir pris sa carte au sein du parti présidentiel. Alors, question de téléspectateurs. Édouard Philippe a-t-il encore un avenir à droite après sa trahison ? Question de Bernard dans le Pas-de-Calais, Brice Tinturier. S'il est un traître pour certains dirigeants des LR, il ne l'est pas pour l'immense majorité des sympathisants.

Dans l'enquête qu'on a réalisée, Ipsosopra Seria, ce week-end, on demandait à un moment donné à qui faites-vous le plus confiance pour tirer les enseignements de la crise actuelle et proposer les bonnes solutions. Il arrive en tête chez les Français, 10 points devant Emmanuel Macron, à 49% de confiance. Et il est en tête également chez les sympathisants LR, devant Xavier Bertrand, devant François Baroin. Donc, un traître qui plaît à ce point à ses anciennes troupes, je trouve que quand même, c'est intéressant. Ça veut dire qu'il fait peur ?

Ça veut dire qu'il a une position qui est relativement large, puisque si jamais il voulait revenir sur ses anciens bastions, peut-être que certains dirigeants s'y opposeraient, mais en tous les cas, la base est prête à l'accepter puisqu'il s'impose de plus en plus. Et je me souviens de quelques cédans l'air qu'on a fait ici il y a deux ans où certains évoquaient un homme, un Premier ministre transparent. Ce qui est extraordinaire, c'est qu'on dit aujourd'hui tout le contraire. La crise a vraiment révélé Édouard Philippe. Il a révélé à nouveau chez les sympathisants LR qui ne le connaissaient pas au début.

Il faut aussi se rappeler de ça, c'est-à-dire qu'Édouard Philippe n'existait pas dans l'opinion avant sa nomination à Matignon et même chez les sympathisants LR. Donc il a cette possibilité dans sa famille politique d'origine et puis il va au-delà de sa famille politique et chez les sympathisants LRM, il fait aussi un carton. Donc c'est quelqu'un qui, aujourd'hui, est bien positionné pour l'avenir et qui peut jouer de plusieurs leviers ou de plusieurs ressources. Alors Cécile Candudé, pourquoi ces mots très durs qu'on vient d'entendre de Christian Jacob contre Édouard Philippe ?

Est-ce que c'est parce qu'il y a une compétition pour le poste et que Christian Jacob le voit comme un concurrent ? Ou est-ce que c'est... Non, parce que décemment, l'UMP ne peut pas dire du bien, quand on est dans l'opposition, on ne peut pas dire du bien du Premier ministre à la gouvernement.

18:44
Édouard Philippe

Il a un petit peu changé Christian Jacob. Alors d'abord, il ne court pas pour lui, tout le monde le sait, il court pour François Baroin. C'est pour ça qu'il a pris la tête des Républicains en espérant que François Baroin serait le candidat de la droite et qu'il pourrait mettre la machine à son service.

18:57
Présentateur

Il y a des écuries qui pourraient...

19:00
Édouard Philippe

En tout cas, lui, il défend François Baroin. Et ce qu'il faut voir, c'est que comme l'électorat de droite effectivement pourrait attendre Édouard Philippe, lui, il a vraiment durci le ton. Pendant vraiment les premiers mois, la droite cherchait un peu son positionnement, c'est ce que disait Astrid. Et là, depuis qu'ils ont compris que peut-être il allait revenir sur le marché, entre guillemets, ils ont durci le ton. Mais la seule vraie question, c'est Édouard Philippe lui-même. Qu'est-ce que lui a envie et est prêt de jouer s'il sort du remaniement ? Lui, il s'est entièrement construit sur la loyauté.

Et tout ce qu'il a dit ces temps derniers dans Paris Match et dans les autres interviews, c'est même si Emmanuel Macron juge nécessaire que je parte pour me remplacer par quelqu'un d'autre, je serai toujours loyal. Ses proches disent qu'il sera au premier rang du premier meeting d'Emmanuel Macron en 2022. Donc, il n'est pas du tout, a priori, sur ce dispositif. Alors, avant de décider s'il allait s'en séparer, Emmanuel Macron a essayé de jauger ça. Nous, on a bien vu des proches d'Emmanuel Macron disaient « Est-ce que vous pensez qu'il est capable de jouer sa carte en 2022 ? » Et a priori, là, son entourage dit non.

Par exemple, Richard Ferrand, qui est le président de l'Assemblée, très proche d'Emmanuel Macron, dit « Je ne vois pas un baladur sommeillé en Édouard. » Donc, ils font plutôt le pari qu'il sera loyal, même s'il est remplacé.

20:26
Présentateur

– Même si on en a vu d'autres, vous parliez de baladur, on pourrait parler aussi d'Emmanuel Macron, qui finalement l'appétit venant en mangeant.

20:32
Édouard Philippe

– Disons que lui, toute son identité politique, il y a deux choses, son identité politique, c'est la loyauté, et ça apparaîtrait comme quelque chose de déloyal.

20:41
Invité

– Il est très jupéiste, de ce point de vue.

20:42
Édouard Philippe

Et aussi, il a beaucoup écrit sur le temps long en politique. Et donc, autant en 2022, moi, je pense qu'il n'ira pas contre Emmanuel Macron, en revanche, il pourrait se présenter, pourquoi pas, en 2027.

20:53
Présentateur

– La loyauté, sauf s'il est renvoyé comme un mal propre de Matignon, il pourrait du coup en nourrir une certaine rancœur et avoir un esprit de revanche. Quand est-ce qu'on saura si oui ou non ? D'ailleurs, il est conservé comme Premier ministre dans le prochain gouvernement. – Quand le président de la République le décidera, puisque la constitution, de ce point de vue-là, est assez précise. Les deux hommes se sont vus hier matin. Manifestement, ils n'ont pas eu la conversation qu'espérait Édouard Philippe.

Plusieurs, dans l'entourage d'Emmanuel Macron, Richard Ferrand en tête, ont conseillé Édouard Philippe de provoquer une discussion et d'arriver avec un projet, puisqu'il est clair que dans la tête d'Édouard Philippe, lui, veut rester à Matignon. Alors, ça, c'est le premier point. On aurait pu imaginer qu'après sa réélection au Havre, finalement, trois ans, au sommet dans les sondages, il pourrait aussi dire, j'ai fait mon temps, j'ai fait le job, et il a plutôt réussi. En tous les cas, les Français le ressentent comme ça. Mais mieux, j'allais dire, que le fait qu'il n'y ait pas d'alternative vraiment à Édouard Philippe montre qu'à quelque part, il a plutôt fermé le jeu à la concurrence.

Mais c'est le président Emmanuel Macron qui va décider. Normalement, il devrait se voir dans les jours qui viennent pour répondre à votre question. Et à mon avis, d'ici la fin de semaine, on sera, d'ici la fin de semaine, attendez, on sera, le premier ministre ira présenter la démission de son gouvernement, ensuite, le président prendra sans doute quelques heures ou quelques jours pour nommer un nouveau premier ministre, puis viendra le gouvernement... Qui pourrait être ou ne pas être Édouard Philippe ? Et si vous deviez parier quelque chose ?

Aujourd'hui, écoutez, quand j'ai commencé l'enquête pour Paris Match, j'avais vraiment le sentiment que je ne voyais pas comment Emmanuel Macron pouvait prendre un risque politique pareil de ne pas, de se séparer d'Édouard Philippe. Et puis, quand on fait le tour un peu, même si Emmanuel Macron est assez sphinx sur la question, quand on fait le tour, on voit bien qu'il y a une forte envie chez le président de bousculer la table, comme on dit, le sentiment que s'il garde Édouard Philippe, il va se retrouver dans la situation peut-être de Nicolas Sarkozy en 2010, qui ne change pas, François Fillon, deux ans avant la fin de son mandat. Qui fossilise la fin de son candidat.

Et certains disent, il prend le risque d'un ramollissement, d'une fin de campagne un peu inerte, et donc, changer les équipes. Et puis, dernier point, Christian Thurien l'a un peu évoqué, moi j'irai plus loin, je pense que ce président de la République veut être à la fois le président et le Premier ministre. Et du coup, il nommera quelqu'un qui sera un personnage plutôt de second ordre. Secrétaire général un peu, quoi. Ouais, plutôt de second ordre, pas une personnalité saillante qui permettra à Emmanuel Macron de prendre tous les risques pour réussir sa fin de mandat.

Cela dit, c'est quelque chose qu'on entend de plus en plus, de fondre le poste de Premier ministre et de président, François Hollande. C'est ce que je disais, bien sûr. Tous les présidents, les deux derniers présidents ont fait le même constat. C'est en gros, la machine de l'État est à Matignon. Et à l'Élysée, on lance les impulsions, mais finalement, elles sont rediscutées derrière. Mais je crois que c'est quand même assez important ce point-là, parce qu'Emmanuel Macron, dans la situation où il est aujourd'hui, s'il ne prend pas tous les risques pour 2022, ça peut être compliqué.

Justement, on voit bien que ce poste de Premier ministre et de ce poste de président, si on parle de l'effondre, c'est parce qu'il se marche dessus. Quelle est la relation entre les deux hommes ? Je cite Nicolas Sarkozy qui disait, quand tu nommes ton Premier ministre, il te déteste au bout de six mois. On a l'impression que cette situation fait qu'on ne peut pas s'entendre avec son Premier ministre et vice-versa. Ils s'entendent mal, ces deux hommes, pour dire les choses plus longues ?

24:15
Invité

Je dirais que ça a changé pendant la crise du Covid. C'est-à-dire qu'au début, c'était très difficile pour nous médias de voir une différence entre les deux. En effet, il y avait cette loyauté chez Édouard Philippe qui paraissait vraiment sincère. En effet, il est vraiment dans la tradition d'Alain Juppé, le côté serviteur de l'État. À chaque fois que je le vois, il dit que je veux faire avancer l'État, que la République marche. Il y a vraiment ce côté serviteur. Je n'ai pas d'ambition politique. Déjà, d'être à Matignon, c'est génial. On aime beaucoup être à Matignon. Il répète ça dans l'entourage.

En revanche, pendant la crise du Covid, on a vu vraiment une différence de lignes, en tout cas de formes, entre Emmanuel Macron et Édouard Philippe, avec un Emmanuel Macron qui voulait aller vite, qui voulait annoncer les bonnes nouvelles, et Édouard Philippe qui était toujours un petit peu derrière, en train de dire « attention », et un peu le monsieur mauvaise nouvelle. Ce qui a été difficile, et pourtant, qui est maintenant conforté dans l'opinion, puisque ce rôle-là, finalement, a été accepté et très bien vu par les Français.

Et c'est fort de cette popularité-là et de cette gestion de crise qui peut se permettre de maintenant dire à Emmanuel Macron, comme on l'a vu tout à l'heure dans Paris-Normandie, « Il sait ce dont je suis capable. » Sous-entendu, je ne vais pas être l'écolo, le gauchiste de service, entre guillemets, et moi, en fait, je suis de droite, j'incarne la rigueur budgétaire, et donc je ne pourrai pas incarner le deuxième… S'il y a un vrai mouvement, un vrai changement, chez Emmanuel Macron, ce ne sera pas avec moi. Et il n'arrête pas aussi de répéter la petite musique, « Le Havre me manque, la mer me manque ».

Alors, c'était peut-être pour la campagne présidentielle, mais en attendant, ça lui donne une vraie porte de sortie. J'ajoute que s'il sort, Emmanuel Macron prend un vrai risque. C'est-à-dire que, vu la tension sociale, quand même, dans le pays, imaginons une nouvelle crise des Gilets jaunes dans un an et demi, au pire moment, avec un Édouard Philippe qui est maire du Havre, avec une nouvelle…

25:52
Présentateur

Une crise sanitaire, surtout. Par exemple,

25:54
Invité

enfin, je ne sais pas quoi, c'est vrai qu'il va apparaître comme un recours, et surtout comme la personne qui a été délaissée par Emmanuel Macron, alors que les Français le plébiscitent. Surtout pour mettre qui ? C'est ça aussi, il y a un problème de ressources humaines. Si c'est pour mettre un double d'Édouard Philippe ou une double d'Édouard Philippe, ça ne sert à rien. Si c'est pour mettre quelqu'un, comme vous le disiez, d'inconnu, on a vu quand même les dégâts avec les ministres entre guillemets qui n'imprimaient pas qu'ils étaient de la société civile. Donc là, c'est Emmanuel Macron qui est dans une impasse plus qu'Édouard Philippe.

26:20
Présentateur

Mais cette tentation qu'ont les présidents de finalement avoir un Premier ministre qui serait un collaborateur et d'incarner la double fonction, elle provient aussi du fait que la distinction entre « à moi le temps long à toi le temps court » en réalité est une fiction. Et que le président de la République aujourd'hui, est sommé de répondre à toute une série de sujets, y compris des sujets qui ne sont pas ceux de la vision de la stratégie internationale, etc. Donc il est attiré dans la soupe hexagonale. Et c'est pour ça qu'ils se disent de plus en plus « à quoi me sert mon Premier ministre ?

» Le vrai danger, je crois, par rapport à Édouard Philippe, c'est que je suis tout à fait d'accord avec ce que Cécile Cornidé disait sur la loyauté, mais on peut être aussi loyal à une ligne politique. Et si Édouard Philippe avait le sentiment que la nouvelle ligne que voulait incarner éventuellement Emmanuel Macron pour la seconde partie du quinquennat était diamétralement différente de celle que lui cherche à incarner, il a souvent assisté par exemple, et puis sur des enjeux économiques, de compétitivité, de dette, là il peut y avoir quand même des hiatus et au nom d'une loyauté à une ligne, cette fois-ci, il pourrait y avoir la possibilité d'une rivalité.

27:27
Édouard Philippe

Je dirais même qu'en ce moment, on sent que parce que c'est difficile à expliquer pour Emmanuel Macron de se séparer d'un Premier ministre si populaire, il cherche presque que ce soit Emmanuel, Édouard Philippe qui partent. Et pour moi, c'est comme ça que j'ai lu les images d'hier, où Édouard Philippe était invité à la Convention citoyenne, assis au milieu de un parmi 150, à écouter, oui, il était assez fermé, pourquoi ? Parce qu'il était un parmi d'autres, à écouter religieusement pendant des heures, enfin des heures, j'exagère, Édouard Philippe, Emmanuel Macron, parler, parler de quoi ?

Parler d'écologie, parler de 15 milliards supplémentaires, alors que déjà c'est la vache des milliards, mis dans la transition écologique, parler de pérennisation de la Convention citoyenne, lui qui est tellement attaché aux institutions, c'est comme s'il disait tu veux rester, mais regarde, si tu restes, c'est à ce prix-là, et donc il y a un rendez-vous a priori qui est calé entre demain soir pour parler de ça, et Emmanuel Macron veut venir avec ses, lui mettre les choses en main en disant, voilà, moi je ne vais pas renoncer à la dette, je ne vais pas renoncer, non, Emmanuel Macron dirait, il y aura de la dette, il n'y aura plus d'âge pivot, il y aura de l'écologie, etc.

Qu'est-ce que tu dis de ça pour un peu le pousser, lui, à prendre la décision de la séparation ?

28:45
Présentateur

Mais c'est ce que j'allais dire, parier de l'âge pivot, est-ce qu'on peut dire que le bilan quand même, enfin que Édouard Philippe est à l'origine de la taxe carbone qui a fait des gilets jaunes, de l'âge pivot qui a mis des millions de Français dans la rue, qui a fait des grèves à la SNCF, et de la limitation à 80 km heure. Est-ce que ce n'est pas une machine à mettre les gens dans la rue ? Alors la taxe carbone, c'est quand même tort partagé. C'est lui qui a refusé ? C'est surtout d'abord c'est Nicolas Hulot qui se bat pour ça. Il a refusé de l'abroger.

C'est vrai qu'il refuse de l'abroger parce qu'une fois qu'il défend, droit dans ses bottes à la Juppé, il défend, et le président lui reproche un manque de souplesse au moment où il faut l'abroger. Sur les retraites, clairement, Édouard Philippe... C'est son oeuvre, l'âge pivot. L'âge pivot, il l'a mis, c'était son marqueur de cette réforme. Un marqueur de droite. Vous repassiez les images de son installation à Matignon, il donne son identité politique. Donc oui, il y a un certain nombre d'éléments qu'on peut lui reprocher, évidemment les 80 km heure.

D'ailleurs, hier, le président a été un peu taquin, voire un peu sadique en rappelant cette mesure et c'est au nom de ça évidemment qu'il n'allait pas pour les standards. Moi, j'ai trouvé qu'hier c'était très très dur pour Édouard Philippe et j'ajouterais pour compléter ce que disait Astrid, Édouard Philippe, il dit trois choses pour pouvoir rester dans sa fonction. Un, il faut avoir évidemment la confiance du président, le soutien de la majorité et être à l'aise avec ce qu'on fait.

Et le troisième point aujourd'hui, c'est peut-être plus aussi certain au regard de ce que le président veut faire sur ce nouveau chemin et pour l'instant, le nouveau chemin, Édouard Philippe, il n'est pas entré dedans. Donc, on ne sait pas trop ce qui va se passer dans les prochaines heures mais je crois que c'est important. Après, quand même, dans son entourage, vous en avez certains qui disent, dans 2022, il ne sera pas candidat, il est construit là-dessus. Il dit même, si Juppé avait gagné la présidentielle, j'aurais été quoi ? Ministère des Transports ? Quand on est à Batillon, on ne rêve que de traverser la Seine et d'aller à la Révisée.

Sauf que, pour l'instant, lui, il est fait comme ça. En revanche, ses amis lui disent, il faut que tu seras en réserve, il faut que tu te prépares, il faut que tu songes peut-être 2027. Donc, certains évoquent une ambition présidentielle, ce qui est nouveau. Alors, Brice, je ne rêve pas, en étant à Batillon, de devenir président de la République. Prenez des gens comme Raffarin ou même Jean-Marc Ayrault. Et je pense qu'effectivement, Édouard Philippe n'est pas obnubilé, comme l'étaient certains premiers ministres, par l'ambition élysienne. La question de la cohérence et de la loyauté, pour lui, c'est quelque chose de central.

Donc, ça, ça joue et effectivement, il faudrait qu'il y ait une inflexion très, très forte de la politique économique pour qu'il se sente éventuellement libéré de sa loyauté. Voilà. Et qu'éventuellement, d'autres ambitions viennent. Mais ce qu'appréciaient les Français, c'était justement, ils avaient bien compris ça, c'était justement que ce Premier ministre n'était pas en rivalité potentielle avec le président de la République, contrairement, par exemple, à Emmanuel Valls, où très vite, les Français se sont dit à tort ou à raison, il peut y avoir du rififi entre ces deux-là. Alors, c'est un coup de tonnerre dans le monde politique français.

François Fillon, ancien Premier ministre et ancien candidat à la présidentielle, a donc été condamné hier à 50 prisons, dont deux ans fermes, pour détournement de fonds publics. C'est évidemment un coup dur aussi pour les Républicains, un coup dur qui a suscité nombre de réactions au sein du parti. Voyez ce sujet de Magali Lacroze et David Lemarchand.

32:05
Invité

Les portes de la salle d'audience s'ouvrent et c'est un ancien Premier ministre condamné pour détournement de fonds publics qui en sort. Sans un regard pour la presse, il presse le pas avec son épouse jugée complice. Deux ans de prison ferme pour François Fillon, du sursis pour Pénélope Fillon, 375 000 euros d'amende chacun. Beaucoup dans la classe politique les défendent, même à gauche, et dénoncent une politisation de la justice. Il y a eu quand même un effet de meute contre M. Fillon. Il y a eu un effet de meute et il est clair que sa liquidation politique a servi la sanction de M. Macron. L'un va avec l'autre.

32:48
Présentateur

Je pense que c'est pas sain. En tout cas, on a une magistrature, une partie,

32:51
Invité

qui a toujours été politisée. Tout a été mené à charge et un tribunal, un jugement, c'est une première instance,

32:59
Présentateur

c'est un appel, etc. Et on est au tout début. Donc, ce que je demande, moi, c'est qu'on ne condamne pas François Fillon parce qu'il faut le condamner.

33:07
Invité

Tout a commencé par une une de journal. Le canard enchaîné révèle en janvier 2017 que Pénélope Fillon aurait été rémunéré 600 000 euros comme attaché parlementaire de son mari et de son suppléant. Le parquet financier ouvre une enquête au moment où tout allait pour le mieux pour François Fillon. Élu, candidat de la droite à la primaire, sur la route de l'Elysée. Et voilà que quelques jours plus tard, une vieille interview de Pénélope Fillon sème le trouble dans la campagne. Une journaliste anglaise l'interrogeait en 2007 sur ses activités. Je n'ai jamais été l'assistante de mon mari. L'entretien deviendra une pièce maîtresse du dossier pour les enquêteurs.

François Fillon, lui, se défend et tente d'éteindre l'incendie en s'excusant.

33:57
Présentateur

En travaillant avec ma femme et mes enfants, j'ai privilégié cette collaboration de confiance qui aujourd'hui suscite la défiance. C'était une erreur. Je le regrette profondément et je présente mes excuses aux Français.

34:16
Invité

Mais pour lui, rien d'illégal. François Fillon reste candidat. Les enquêteurs remontent le temps. La collaboration entre les deux époux ne datait pas d'hier. Arnaud raconte ces deux journalistes. En 1981, il est élu député. Il utilise le service de sa femme qu'il rémunère dès 1981 pour des études dont personne n'a jamais retrouvé la trace. Et ensuite, durant les 40 années suivantes, on va s'apercevoir qu'effectivement, il va avoir recours soit au service d'un ami, Marc Ladrède-Lacharière pour salarié semble-t-il fictivement sa femme, soit à l'Assemblée nationale, soit au Sénat pour assouvir son train de vie à travers des emplois semble-t-il fictifs.

Au Trocadéro, ce jour-là, à l'image de sa campagne, la tempête s'est levée. François Fillon fait un meeting tout en combat. Dans le manoir des Fillon, les enquêteurs ont découvert des dizaines et des dizaines de cartons d'archives qui retracaient l'activité ministérielle de François Fillon. Et ce qui est intéressant, c'est ce qu'ils n'ont pas trouvé en réalité. C'est-à-dire qu'ils n'ont trouvé nulle trace d'intervention quelconque de Mme Fillon. Or, les juges soulignent dans leur ordonnance de renvoi que les Fillon avaient une habitude, c'est de tout conserver. Même des factures vieilles de 30 ans pour, je ne sais pas, chez un traiteur ou des choses comme ça, eh bien, ils conservaient tout.

Le tribunal correctionnel de Paris a tranché hier. Non, Pénélope Fillon n'a pas mérité les salaires reçus en tant qu'attaché parlementaire, disent les juges. L'avocat de François Fillon dénonce une procédure à charge. Le dossier Fillon, un problème de séparation des pouvoirs. J'ai toujours considéré qu'il n'appartenait pas à l'autorité judiciaire d'exercer un contrôle sur la manière dont les députés exerçaient leur mandat. Et je crois qu'aujourd'hui, le temps est venu qu'en effet, on s'interroge sur la manière dont ces affaires sont menées. L'ancien Premier ministre et sa femme ont fait appel du verdict. François Fillon, reste donc en liberté. Nouvel épisode attendu en 2021.

36:23
Présentateur

Alors, question téléspectateurs, qu'est-ce qui pourrait sauver Fillon en appel ? Si rien ne le sauve, d'ailleurs, Bruno Jeudy, il fait de la prison derrière les barreaux ? Alors, pour l'instant, il a interjeté appel, donc la peine est suspendue. Deux ans de prison ferme. Alors, c'est vrai qu'avec le nouvel aménagement, la loi Rachida Dati qui est réduite à un an pour l'exécution de la peine fait que potentiellement, il peut aller en prison. Maintenant, c'est le jugement en première instance.

Dans les affaires politiques, qui sont jugées de plus en plus sévèrement, on peut regarder tous les derniers procès politiques, il y a eu un changement, peut-être d'ailleurs passer d'un extrême à l'autre. Dans les années 90, personne n'était condamné ou presque. Et dans les années 2010-2020, maintenant, ils sont systématiquement condamnés et condamnés très sévèrement avec des réquisitions et des jugements très très sévères avec des mots même qui peuvent... On peut s'interroger parce qu'on est dans la morale quasiment, on n'est même plus dans la justice. On dit qu'il fait figure d'exemple et que donc, de ce point de vue, il n'avait pas à se comporter de la sorte.

Bien sûr, mais ça, c'est tout à fait acceptable. Mais il y a eu beaucoup plus que ça. L'exemplarité, c'est évidemment, pour les hommes politiques, c'est absolument pas discutable. Mais le premier jour du procès, vous avez le procureur qui dit, pour les mêmes peines, on vous aurait décapité il y a deux siècles. Donc si vous voulez, vous êtes dans un niveau d'acharnement contre les politiques aujourd'hui, mais refermons cette parenthèse. Donc le jugement au premier instant, c'est devenu un peu le jugement de l'émotion avec l'énorme pression médiatique. Et ce procès est quand même celui aussi, la conséquence de ce qui s'est passé pendant la présidentielle de 2017.

En appel, dans quelques mois, un an peut-être, il y aura deux choses. Un, les jugements en appel, on le voit, sont quand même souvent un peu plus... On est sur le droit, on est moins sur l'émotion. Et deuxièmement, vous aurez cette histoire de PNF qui, entre-temps, il y a une demande de rapport... Le parquet national financier qui s'est saisi de l'affaire et sur lesquels se pèsent des soupçons d'influence. Sur lesquels se pèsent des soupçons d'influence.

Et les conseils de François Fillon vont évidemment se servir de cet élément-là pour essayer d'élargir la défense de leurs clients en appel, sachant qu'ils ont essayé de faire repousser le jugement là, ce qui a été rejeté par la présidente du tribunal. Donc on verra. En appel, à mon avis, les choses peuvent changer. Mais clairement, sur le premier niveau de jugement, les peines sont extrêmement sévères. Peines de prison ferme et puis aussi les peines financières parce que c'est beaucoup d'argent que François Fillon va devoir payer entre le remboursement des sommes qui lui sont reprochées et la peine d'amende. Cécile Cornudé. On a revu les images de la dernière élection présidentielle.

On a l'impression que cette affaire Fillon, que la droite s'est fracassée là-dessus et qu'elle ne s'en est pas remise. Et qu'il y a toujours des rancœurs, des solides inimitiés. Non, Zé ?

39:21
Édouard Philippe

C'est sûr. Elle a eu le sentiment de s'être fait voler sa victoire. Je dirais que sur... Il n'y a pas une nostèche...

39:27
Présentateur

Je pensais à ces courants entre Fillonistes au sein de la droite. Il y avait les Fillonistes, les Antiphillonistes.

39:31
Édouard Philippe

Je trouve que le Fillonisme, ils l'ont un peu vite laissé de côté. Aujourd'hui, quand vous regardez les réactions, à part Bruno Retailleau que vous aviez interviewé, c'est le service minimum. En disant, oui, le procès est très dur, mais c'est vraiment le service médical. Je pense qu'on ne s'en remet pas de s'être fait voler la victoire. Mais François Fillon est ce qu'il incarnait, une politique beaucoup plus dure que celle que mènent Emmanuel Macron. Or, entre-temps, il y a eu les Gilets jaunes, tout ça. On sent que la droite est complètement... a essayé d'inventer un nouveau logiciel et pas du tout nostalgique de cette droite-là.

40:08
Présentateur

Oui, Stéphane Surier. Tout à fait. Je crois qu'auprès des sympathisants aussi de la droite, l'envie, c'est de tourner une page qui a beaucoup déçu. Pendant la campagne électorale, on avait testé un certain nombre de mots pour qualifier ce qui se passait. À gauche, on vous disait que c'était de la colère qui l'emportait ou une espèce d'accusation du candidat Fillon, mais avec beaucoup de colère. À droite, massivement, alors même que la moitié des sympathisants de droite disaient que c'était un complot pour abattre notre candidat, l'immense majorité évoquait quand même de la déception et de la tristesse. Donc il y a le combat politique.

Il y a eu le sentiment pour les sympathisants de droite de se faire voler une victoire ou la chronique d'une victoire annoncée. Mais malgré tout, dans le fond, ils étaient immensément déçus, immensément tristes. Je crois que l'envie, c'est de tourner la page de souvenirs douloureux et d'essayer de passer à autre chose. Astrid De Vilaine, la droite n'a pas de chef officiel pour 2022, mais est-ce que le plus grave, c'est qu'on a l'impression qu'elle n'a même pas de programme, de ligne ? J'allais dire, est-ce que l'économie s'est fait siphonner, c'est parti chez La République En Marche et le thème de la sécurité est lui parti au Rassemblement National ?

41:12
Invité

Oui, c'est une bonne analyse, surtout que les municipales confirment ça. Par exemple, les Républicains ont perdu la ville de Perpignan qui est désormais aux mains du Rassemblement National et à l'inverse, comme on le disait tout à l'heure, sur l'économie, ils ont du mal à se positionner vis-à-vis d'un gouvernement qui fait une politique à laquelle ils n'ont pas grand-chose à redire. Mais sur François Fillon, je crois que c'est un peu plus profond quand même que le seul cas de François Fillon. C'est-à-dire que la droite et les affaires, c'est pas quelque chose non plus de totalement... Enfin, c'est quelque chose qui est assez lié.

Il y a eu le procès Belgani récemment avec de la prison à la santé. Il y a en ce moment des perquisitions à Marseille quand même, chez la candidate LR Martine Vassal. Il y a Nicolas Sarkozy sur des procurations. Il y avait peut-être des fausses... des problèmes sur le vote. Il y a Nicolas Sarkozy, un ancien président de la République, qui va avoir un procès pour corruption au mois d'octobre. Il y a eu l'affaire Big Malion. Enfin, je pense que les Français aussi, ils ont beaucoup entendu la droite et les affaires. Ça va quand même beaucoup ensemble. Et c'est difficile aussi maintenant pour eux de se refaire entre guillemets une santé sur quelque chose de plus neuf et plus transparent, etc.

Je pense aussi que la victoire des écologistes dans des grandes villes dimanche dernier ne dit pas seulement que les Français ont envie d'écologie. En tout cas, les urbains, ceux qui sont allés voter, ça dit aussi une autre façon de faire de la politique. Des gens inconnus, des gens qui viennent de la société civile, des gens qui mettent la transparence, la démocratie au premier plan de leur programme politique. C'est vrai.

42:41
Présentateur

Mais en même temps, c'est quand même la droite qui a gagné les municipales. Justement, Astrid de Villers s'est remarquée. Arithmétiquement, c'est implacable. Elle a gagné les villes moyennes, mais elle a perdu les grandes villes. Est-ce que les Républicains n'ont pas un problème, comme le disait Astrid de Villers, avec le vote des urbains, des métropoles ? Les Républicains affaiblis, sans leaders, c'est vrai. Ils ont quand même perdu leurs trois grands leaders des 20 dernières années, dans l'ordre, Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Fillon. Aujourd'hui, ils n'en ont plus, ils en attendent un.

ça reste un parti enraciné, un parti qui a encore 100 députés à l'Assemblée nationale et un parti qui a le plus grand nombre de villes de plus de 30 000 habitants. C'est vrai qu'ils ont un problème, mais qui ne date pas d'aujourd'hui. Ce problème est déjà ancien, puisque la perte de Paris, on a vu qu'avec la perte de Paris, ils perdent des pieds dans de nombreuses grandes métropoles. Et là, évidemment, parce qu'ils n'ont jamais pu reconquérir Lyon, par exemple, et là, c'est les Verts qui gagnent, et la droite a raté le coche. Et là, cette fois-ci, ils perdraient, parce qu'on va attendre vendredi pour savoir ce qui va se passer dans la salade marseillaise. S'ils vont perdre Marseille.

C'est vrai qu'ils sont chassés petit à petit des grandes métropoles, mais ça, c'est un phénomène, à mon avis, qui date d'avant 2017. C'est quelque chose, on voit bien que... En revanche, ils sont très forts sur les villes intermédiaires, les villes moyennes de provinces, où aujourd'hui, on voit bien que c'est quand même encore la droite qui, sur ces municipales... Les deux grands vainqueurs des municipales, ça reste la droite et le PS. Oui, vous voulez dire quelque chose ? Moi, j'aurais dit la droite et les écologistes, mais pour le coup... La PS, écologiste. Non, mais les LR sont forts au plan des territoires et faibles au plan national. Et c'est l'inverse de Macron.

Macron est fort au niveau national et faible sur les territoires. Mais les LR ont fait un très bon premier tour et l'ont plutôt pas trop mal confirmé au second tour. Cécile Cornudet, sur la ligne, les Républicains, est-ce que ça fosse fort quand même en se disant qu'il faut qu'on se trouve une ligne claire ? Et ce que je voulais dire, c'est est-ce que l'exemple de l'Angleterre les fait réfléchir ? On a un Boris Johnson qui a fait en sorte que la droite anglaise est beaucoup moins libérale, beaucoup plus sociale, elle est beaucoup plus conservatrice, beaucoup plus protectionniste. Elle a complètement tourné le dos au satirisme. Est-ce que ça peut inspirer la droite française ?

44:50
Édouard Philippe

Globalement, j'ai l'impression qu'ils sont moins libéraux qu'ils n'étaient en tout cas de François Fillon. Ça a commencé avec Laurent Wauquiez quand il était président du parti. Lui, il mettait beaucoup l'accent sur la sécurité et l'identité. Mais même les jeunes d'aujourd'hui, au sein des Républicains, ils sont beaucoup plus sociaux. Par exemple, là, en ce moment, ils pourraient prendre le sujet de la dette et des déficits. On voit qu'il y a des milliards qui y valent partout. Eh bien non, ils hésitent beaucoup à le faire. Ils ne sont plus sur ces terrains-là. Et puis, ils ont identifié qu'ils avaient été sans doute trop léger sur l'écologie.

Et là, il y a un peu un mea culpa depuis dimanche sur le thème. Il faut quand même qu'on se penche sur ce sujet.

45:34
Présentateur

Eh bien justement, les partis traditionnels ont perdu des bastions, comme on dit. La droite a perdu Bordeaux, elle a perdu Strasbourg, la gauche a perdu Poitiers, Lorient. Et dans ces villes, on voit apparaître une nouvelle génération de femmes et d'hommes politiques, parfois à la tête de grandes métropoles, à l'image de Lyon et de son nouveau maire, Grégory Doucet, qu'a rencontré pour nous Emilien David Arnaufora avec Mélanie Nunes.

45:56
Invité

C'est à vélo sans cravate que le nouveau maire de Lyon se rend à sa réunion de travail. Son nom était encore inconnu du grand public il y a quelques mois. C'est pourtant lui, l'écologiste qui prend les rênes de la 3e ville de France.

46:19
Présentateur

Grégory Doucet est rentré dans la cour des grands.

46:32
Invité

A 46 ans, l'ancien cadre dans l'humanitaire et militant écologiste de la première heure n'a jamais été élu. Rendez-vous pris dans un café populaire de la ville. Première réunion pour se lancer dans cette nouvelle vie.

46:45
Présentateur

Le nouveau maire

47:06
Invité

de la capitale des Gaules compte bien mener son mandat sans faste ni d'horure mais au coeur de la cité et à la vue de tous.

47:13
Présentateur

C'est aussi une façon pour moi de redonner du sens. Je ne sais pas mais en tout cas de la simplicité à l'action politique et je pense que ça on en a besoin pour justement redonner du sens redonner le goût. Donc j'espère en faisant ça contribuer à ce que demain il y ait davantage de gens qui aient confiance.

47:31
Invité

Des profils atypiques comme le sien qui ont raflé plusieurs villes en France. Des écologistes novices en politique souvent jeunes souvent des femmes. L'une des Benjamines Léonore Monconduit 30 ans nouvelle maire de Poitiers cadre dans la coopération internationale. À Strasbourg Jeanne Baséguian 39 ans juriste spécialisée en droit de l'environnement. Anne Vigneault géographe ancienne fille d'ouvrier remporte la ville de Besançon à 60 ans. Ou encore celle qui pourrait gagner dans quelques jours la mairie de Marseille Michel Rubirola 63 ans médecin généraliste dans les quartiers populaires de la cité phocéenne. Une nouvelle partition politique qui se jouera désormais à Lyon.

Des électeurs qui se félicitent de la victoire de l'écologiste car pour eux Grégory Doucet a balayé l'ancien monde et fait chuter l'empire de Gérard Collomb. Il est resté trop longtemps. Il est resté trop longtemps. Et puis en plus regarde ce qu'il a fait là. Je laisse Lyon je pars au gouvernement je tiens pas le coup là bas je reviens à Lyon c'est pour ça qu'il est pas les Lyonnais l'ont sanctionné ça c'est sûr et certain. Il croyait qu'en revenant de Paris il allait encore retrouver sa mairie

48:49
Présentateur

et voilà c'est tout. Les Lyonnais il les a oubliés pendant quelques mois voilà c'est tout. Mais il faut qu'il tourne la page à 80 ans il peut aller prendre sa retraite.

49:00
Invité

La fin d'un système Grégory Doucet ne souhaite pas devenir un baron vert à Lyon.

49:05
Présentateur

Aujourd'hui tout le monde a envie que ça ça bouge donc est-ce que j'ai cassé les codes pas moi tout seul on est nombreux on est nombreux à s'être engagés en politique récemment regardez parmi les les nouveaux élus écologistes vous allez trouver relativement peu de vieux barons comme vous dites une démocratie vivante moderne entre guillemets c'est aussi une démocratie où peuvent émerger de nouveaux visages la démocratie n'est pas n'est pas un n'est pas un produit que certains doivent s'approprier c'est le bien commun donc vous demain présentez-vous à une élection engagez-vous tout ça c'est important on doit tous pouvoir le faire.

49:47
Invité

Un nouveau visage qui siégera officiellement dans le fauteuil de mer samedi prochain son rêve faire de Lyon un modèle de ville verte en France avec moins de voitures plus de vélos et plus de bio d'ici six ans.

50:00
Présentateur

Alors question téléspectateurs la nouvelle génération de politique sera-t-elle plus exemplaire ne serait-ce que parce que la justice se réveille et que les affaires sortent plus facilement. Brice Tinturier est-ce que vous y voyez une sorte de dégagisme dans l'arrivée de toutes ces nouvelles têtes ?

Totalement dans l'article où on rappelait en début c'est très simple il y a deux mamelles deux leviers dans ce vote écologiste il y a évidemment la préoccupation environnementale mais il y a aussi la crise politique et démocratique et les écologistes ont incarné c'est ce que vous disiez également ont incarné durant ces élections ceux de la société civile ceux qui ont un vrai travail ceux qui ne sont pas des professionnels de la politique ceux qui aussi féminisent le personnel politique et c'est une attente forte on le voyait dans votre reportage aussi l'idée d'une façon moins guindée de faire de la politique plus simple plus directe et puis souvent une co-élaboration des projets avec les citoyens eux-mêmes et ce mouvement très puissant qui a été amorcé en 2017 par Emmanuel Macron mais qui était déjà en germe auparavant il trouve une nouvelle expression à l'occasion de ces municipales et dans la figure des écologistes ce qui veut dire également que le clivage gauche-droite ne parvient pas à revenir de manière un peu hégémonique et à restructurer le système politique donc le vote écolo c'est aussi une réaction à la crise politique et démocratique et pas simplement une réaction à la crise environnementale et c'est pour ça que ceux qui en font un phénomène de bobos de grandes villes je crois n'ont vraiment pas compris l'ampleur de ce qui est à l'oeuvre à travers ce vote ça veut dire qu'Astrid De Vilaine on confie maintenant les clés de la cité non plus à des professionnels de la politique mais à alors à Lyon par exemple il faisait de l'humanitaire à Besançon c'est une géographe à Strasbourg c'est une juriste à des gens qui ont un autre métier qui vont diriger le pays le temps d'une mandature ou deux

51:45
Invité

et certains qui n'ont même aucun mandat précédent donc des entre guillemets amateurs novices ça peut donner de vos résultats ?

on va voir je pense que ça va être très intéressant à observer dans les 6 ans qui viennent j'allais dire en effet on dirait que ces personnalités-là que vous avez montrées dans le reportage ont réussi à être plus disruptives que le président de la République lui-même qu'il avait déjà été sacrément en 2017 en renouvelant l'Assemblée Nationale en la féminisant et moi qui suivais à ce moment-là le Parlement c'est vrai que c'était déjà un changement là ils les ringardisent quasiment ils ringardisent presque le président de la République en étant la vraie entre guillemets société civile alors même que depuis 3 ans les députés En Marche qui étaient issus de cette société civile ont plutôt montré qu'ils faisaient de la politique à l'ancienne en étant assez godillots en n'incarnant pas assez justement ces valeurs-là de terrain etc à tel point qu'il y a eu un autre groupe dissident à l'Assemblée Nationale qui voulait revenir un petit peu à ces origines du macronisme ce que ça va donner ça va être très intéressant du point de vue local mais c'est vrai que ce qui est impressionnant c'est que ce sont des novices alors que ce sont des villes immenses des métropoles immenses ça va être un vrai défi pour eux nous on sort un sondage YouGov demain dans le HuffPost qui est encore confidentiel mais qui montre que les Français attendent quand même de voir sur les questions économiques il y a encore des craintes sur qu'est-ce que ça va donner au niveau de la ville mais ce résultat local je pense qu'il est très intéressant mais après attention aussi sur le national c'est-à-dire qu'aujourd'hui on a une gauche quand même très divisée on a des écologistes qui ne sont pas très représentés Yannick Jadot Julien Bayou ne sont pas très connus par les Français et la gauche aujourd'hui pâtit finalement d'un manque de personnel potentiel de potentiel candidat elle le cherche toujours elle est très divisée et à l'inverse à droite vous avez comme on le disait tout à l'heure des personnalités très implantées qui sont aussi dans des territoires et qui ont plutôt un bon bilan Xavier Bertrand Valérie Pécresse Rachida Dettila qui a fait quand même une bonne campagne et qui essaye un peu cette nouvelle génération de la droite qui essaye comme on le disait tout à l'heure d'oublier les affaires et d'incarner une nouvelle génération donc ces combats-là vont être intéressants à suivre au niveau national après

53:43
Présentateur

Cécile Cornidé on se souvient quand Manuel Valls il disait attention la gauche peut disparaître en fait on a l'impression que ces grands partis qui ont structuré la politique française le parti socialiste les républicains ils ont plus de lignes plus de leaders et ils sont disruptés ubérisés

53:54
Édouard Philippe

je dirais que le parti socialiste s'en sort très bien parce que sur les villes de plus de 20 000 habitants il fait un peu moins bien que la droite mais il arrive quand même en deuxième position lui aussi il a mis en avant vraiment une nouvelle génération des personnages complètement nouveaux dans des villes qu'on va apprendre à connaître donc je pense que c'est quelque chose de plus mais il faut savoir être souple sur les étiquettes la grande leçon pour moi des municipales c'est que les Verts et l'EPS quand ils s'allient ils peuvent vraiment gagner et donc ça ça peut prospérer au niveau national s'ils arrivent à construire quelque chose et en revanche ce que ça dit aussi c'est que l'ancienne façon de faire de la politique ce que disaient les deux personnes sur Gérard Collomb qui va au gouvernement on revient les accords anti-écolo qui ont été construits au dernier moment à Lyon et ailleurs entre la droite et la République et en marche ça c'est à chaque fois retourner contre eux ça a plutôt fait un moteur pour les écolos donc toutes ces anciennes pratiques un peu politiciennes ça ça ne marche plus mais la féminisation la proximité la simplicité d'avoir connu autre chose et de savoir être souple avec les étiquettes ça peut permettre aux partis traditionnels s'ils ont ça en tête de se régénérer quand même

55:15
Présentateur

mais ce dégagisme c'est quand même un molloque qui finit par dévorer ses propres enfants parce que vous trouvez toujours une autre force politique qui va vous dégager après avoir incarné le dégagisme on est dégagé les dégagistes d'hier ont été les dégagés parce que vous vous institutionnalisez parce que la pratique politique fait que vous devenez comme les autres et du coup vous avez là c'est des écologistes les français ont cherché qui pouvait dégager cette fois-ci une partie des maires et ils ont mis ils ont plutôt touché sur les verres allez tout de suite on revient à vos questions la droite rêve d'Edouard Philippe mais lui n'en rêve pas vraiment des républicains si alors non il ne rêve pas d'un retour chez les républicains en revanche non mais est-ce que la droite rêve c'est intéressant ce que dit les spectateurs parce que beaucoup de députés de droite et même à un certain niveau disent oui moi je notamment pendant toute la période du coïs j'ai molli sur les critiques sur Edouard Philippe parce que sur le terrain on me dit vous en cherchez un candidat pour 2022 il est bien Edouard Philippe parce que la vérité c'est que aujourd'hui à peu près toutes les enquêtes le montent les trois quarts des sympathisants les républicains ont une bonne opinion et approuvent l'action d'Edouard Philippe ce qui est un niveau du jamais vu je parle sous le contrôle de Brice Tinturier pour un premier ministre qui n'est pas issu de leur camp donc là on est dans une situation qui est absolument incroyable

56:44
Édouard Philippe

d'autant que François Barroin a un peu déçu parce qu'il est quand même président de l'association des maires de France et au sein des républicains même Nicolas Sarkozy il y a un doute qui est en train de se construire sur lui pourquoi alors qu'on était en pleine crise qu'il était à la tête des maires de France qu'on ne parlait que des maires il a si peu joué la carte pour exister dans cette période

57:05
Présentateur

qui pour remplacer Edouard Philippe si Macron remanie la street de vilaine est-ce qu'il pourrait nous concocter une surprise oui

57:13
Invité

il en est capable il adore ça et plus il est transgressif plus il se réinvente plus on parle plus Emmanuel Macron c'est aussi son rôle il aime bien surprendre moi je ne vais pas m'aventurer à citer des noms alors je sais bah allez-y alors non pas des noms mais pas des noms j'allais le faire quand même alors bah si alors allez-y non mais je sais que par exemple on entend beaucoup parler de Laurence Tubiana qui est la co-gouvernance qui était au conseil de gouvernance en fait de la convention climat s'il veut donner un axe voilà c'est une économie c'est une femme c'était une promesse de 2017 qui met une femme à Matignon peut-être qu'il est temps elle incarne donc cette voilà le côté société civile l'écologie ça ça pourrait être un pari après est-ce qu'elle en a envie parce qu'aujourd'hui il y a beaucoup de gens qui disent en ce moment dans la presse moi je ne veux pas moi je ne veux pas on a vu Pascal Canfin dire je ne veux pas y aller c'est un affichage ceux qui disent je ne veux pas

58:01
Présentateur

on ne connaît pas de personne qui est vraiment dignement à Matignon

58:04
Édouard Philippe

je pense qu'il y a un profil s'il se sépare d'Edouard Philippe c'est pour mettre quelqu'un de plus effacé de plus exécutant donc un profil moins important peut-être une Florence Parlier par exemple en revanche je ne crois pas à une personnalité de la société civile parce qu'il a besoin que la machine marche donc quelqu'un qui connaisse très très bien la machinerie qui a déjà été ministre donc et alors pour compenser le fait que Matignon serait peut-être plus faible il réfléchit à des grands pôles avec des ministres politiques des ministres politiques plus forts avec des administrations plus fortes

58:32
Présentateur

Edouard Philippe a-t-il l'âme écologiste Bruno Jeudy ?

Alors ça lui est beaucoup reproché justement par son passé il a travaillé chez Areva il a la réputation de ne pas avoir la fibre écolo qui est entretenue par une partie des marcheurs Pascal Canfait en tête par exemple c'est quelqu'un qui dit on ne va pas avancer en termes d'écologie si on garde Edouard Philippe et d'autres donc c'est vrai que c'est sans doute le point faible d'Edouard Philippe aujourd'hui dans une stratégie où Emmanuel Macron capable d'embrasser large mélanger de l'écologie avec un discours plus à droite il essaie on voit bien qu'il essaie de faire ça et peut-être qu'Edouard Philippe dans cette stratégie ne serait pas son meilleur son meilleur atout je doute quand même que ça me paraît un peu court pour retoquer Edouard Philippe Quelle image des électeurs de gauche ont-ils d'Edouard Philippe ?

Christian Turier Ils ont une image qui est plutôt bonne ils n'ont pas une image majoritairement bonne d'Edouard Philippe ça reste quand même celui qui incarne une politique qu'il rejette mais vous avez une forte minorité 40% environ qui ont soit une bonne opinion d'Edouard Philippe soit qui souhaitent qu'il continue à rester premier ministre et c'est ça un peu la performance Astrid De Vilaine et si Edouard Philippe était le candidat de la République en marche de la prochaine présidentielle est-ce que ce serait pas ça la vraie surprise c'est qu'Emmanuel Macron ne se représente pas ?

59:57
Invité

Moi je ne l'exclus pas je pense qu'on ne peut rien exclure enfin on ne peut rien voilà tout est possible en politique qui aurait dit qu'au début de son quinquennat François Hollande ne pourrait même pas se représenter qui aurait dit avant même son élection que François Hollande pourrait être président de la République c'était monsieur 3% donc je pense qu'il faut tout est envisageable si je pense en revanche comme on le disait qu'il n'ira pas contre Emmanuel Macron ce serait déjà une folie un suicide de politique puisqu'ils sont sur la même ligne et c'est pas du tout dans sa personnalité de faire ça si Emmanuel Macron ne pouvait pas pour n'importe quelle raison se représenter là s'il reste comme ça parce que tout peut arriver aussi pour Edouard Philippe imaginons il reste à Matignon il refait la réforme des retraites enfin voilà tout est possible mais là aujourd'hui ce serait tout à fait envisageable mais sans étiquette parce qu'il n'a pas d'étiquette Edouard Philippe

1:00:39
Présentateur

oui il y a une personnalité à droite dont on n'a pas parlé aujourd'hui qui pourrait incarner quand même ce type de confluence d'expérience politique et puis de sentiment qu'il faut autre chose et un style plus direct c'est Xavier Bertrand je crois que c'est lui qui a compris et qui cherche à être il a quitté les républicains il a quitté les républicains et il cherche à être le réceptacle de ces nouvelles formes de relations politiques attendues par les français et en même temps c'est aussi un vieux routier de la politique qui connaît son affaire et puis c'est quelqu'un qui a eu un vrai métier entre guillemets auparavant Bruno jeudi Xavier Bertrand a quitté les républicains Edouard Philippe n'a plus dans aucun parti on a presque l'impression est-ce que c'est un atout finalement autrefois il fallait absolument être dans un parti pour gagner une élection oui alors c'est vrai que ça c'est une nouvelle tendance parce qu'il y a Emmanuel Macron qui évidemment a fait le parcours que l'on sait en dehors des partis en créant sa propre sa propre écurie donc depuis il y a une sorte de mimétie chacun se dit je suis je suis ce parcours Valérie Pécresse c'est pareil d'ailleurs le nom de Valérie Pécresse fait partie aussi des noms qui tournent actuellement mais bon ça paraît un peu plus hypothétique dans la mesure où Valérie Pécresse a écrit dans un livre qu'elle ne serait pas la première ministre d'Emmanuel Macron mais elle fait partie des noms qui sont parfois avancés par certains amis du président de la République en lui disant tu cherches quelqu'un sur le créneau du centre-droit Valérie Pécresse pourquoi pas mais Valérie Pécresse aussi songe à la présidentielle un peu comme Xavier Bertrand mais en dehors des Républicains à l'intérieur des Républicains clairement c'est François Baroin mais il met du temps à se décider Que devient Laurent Wauquiez et j'ajoute est-ce qu'il rêve d'être un recours lui aussi ?

1:02:12
Édouard Philippe

Bien sûr je pense que là pour le coup on parlait de tempérament son tempérament fait qu'il ne renonce jamais mais il est dans une stratégie de reconquête par le local après je pense que l'accord avec Gérard Collomb localement lui a fait très mal C'est un peu opportuniste

1:02:28
Présentateur

d'avoir un positionnement très à droite puis de s'accorder Et puis les régionales se présentent difficilement parce que dans cette région beaucoup de villes sont passées chez les écolozistes maintenant Pourquoi les français attribuent-ils la responsabilité de tous les maux de la France à Macron plutôt qu'à Philippe ? Astrid de Villaine

1:02:44
Invité

Pour moi c'est un mystère parce qu'il y a un sondage qui est sorti récemment qui dit que la personne la mieux placée pour réinventer la France est Édouard Philippe alors même qu'il est en ce moment aux manettes donc c'est je pense son style un petit côté humour sympathique proche des gens il y a quelque chose qui plaît chez Édouard Philippe qui est presque pour moi de l'ordre du...

1:03:01
Présentateur

On l'a là ce sondage qui peut réinventer la France sondage de la tribune européenne en 1 Édouard Philippe 45% Nicolas Hulot en 2 44% Didier Raoult en 3 42% Est-ce que des personnages comme ça totalement atypiques pourraient érupter pour la présidentielle ? C'était possible

1:03:18
Édouard Philippe

effectivement mais pour répondre à la question c'est que c'est un peu le drame de notre République c'est que toute l'attente tout se focalise sur le président de la République et l'élection présidentielle au suffrage universel crée appel des hommes exceptionnels etc. crée une attente démesurée avec derrière une déception démesurée aussi

1:03:40
Présentateur

Mais c'est normal que le mécontentement aille vers le président de la République et non pas vers le Premier ministre parce que les Français ont compris que celui qui décide in fine c'est le président de la République celui qui a été élu c'est le président de la République et puis le quinquennat accéléré le temps politique Le Premier ministre il peut avoir quelques petites différences mais quand il en a trop à ce moment-là il sort et il sort sur décision du président de la République donc le vrai patron c'est le PR Edouard Philippe fait peut-être rêver la droite mais cette droite fait-elle rêver les Français ?

Aujourd'hui la droite elle n'a pas de candidat donc c'est très difficile pour elle d'apparaître crédible dans l'opinion puisqu'elle n'a pas de candidat elle n'a pas de programme donc elle est forcément en retrait par rapport à ce que tout le monde voit le match annoncé entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen c'est leur difficulté maintenant il faut toujours se méfier des duels annoncés trop tôt là on parle tout le temps d'Emmanuel Macron et Marine Le Pen c'est loin deux ans en politique c'est très long Voilà c'est sur cette réflexion que se termine cette émission merci de l'avoir suivie et d'y avoir participé demain vous retrouverez Caroline Roux pour un nouveau C'est dans l'air je précise ne ratez pas ce soir ce document exceptionnel à 20h50 avec Caroline Roux qui revient sur la crise hors normes du Covid qui a fait se confiner le monde entier un documentaire intitulé Coronavirus les leçons d'une crise inédite avec des reportages des interviews exclusives et bien sûr ce sera suivi d'un cédant l'air avec naturellement des invités pour tenter de répondre à cette question sommes-nous prêts en cas de deuxième vague avant de se quitter on regarde donc un extrait à tout de suite ?

1:05:17
Locuteur

Sous-titrage Société Radio-Canada