Retraite : «Il faut travailler plus pour réduire les dépenses publiques», affirme Philippe Juvin
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:20OuverteRéponse directe
Rapporteur du budget. La justice met un terme à l'OMERTA sur ce qu'on appelle communément le racisme anti-blanc.
- 0:43RelanceRéponse partielle
Est-ce que ce n'est pas tout bonnement un francocide ?
- 1:17OuverteRéponse directe
Quel commentaire faire à quelque chose d'aussi épouvantable ?
- 1:48ComplaisanteRéponse directe
Et en attendant, qu'est-ce que vous dites à toutes ces personnes qui mettaient en cause d'ailleurs notre chaîne, CNews ?
- 2:29OuverteRéponse directe
Comment ? Par quels moyens ?
- 2:34RelanceRéponse directe
Mais ça, ça va prendre des années. On va sacrifier des générations.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:43Invité politiqueFait
« En tout cas, le racisme anti-blanc existe, contrairement à ce qu'un certain nombre de gens veulent nous faire croire depuis des années. »
- 0:51Invité politiqueFait
« Et quand vous attentez à la vie, à la santé ou à l'honneur de quelqu'un au motif de sa couleur de peau, qu'il soit blanc ou noir, c'est du racisme et c'est évidemment condamnable. »
- 2:41Invité politiqueFait
« Renan disait, la France n'est pas une couleur de peau, ce n'est pas une religion. La France est un principe spirituel. »
- 3:27Invité politiqueFait
« Et évidemment, encore plus, qui aurait pu penser qu'il y a quelques années que l'antisémitisme puisse devenir acceptable ? »
- 3:34Invité politiqueFait
« Il y a 20 ans, l'antisémitisme était condamnable de façon automatique, évidente. Il n'y avait même pas de discussion à avoir. »
- 6:14Invité politiqueChiffre
« On estime, Santé publique France, que les épisodes du mois de juin et début juillet ont causé 5000 morts supplémentaires par rapport à une situation normale. »
- 6:47Invité politiqueFait
« Et ce surcroît de mortalité à domicile, outre le fait qu'il est évidemment absolument désolant, est une expression, je crois, d'une évolution particulière de la société dans laquelle on ne se préoccupe pas des autres. »
- 8:38Invité politiqueFait
« Une année blanche qui consisterait simplement à dire on n'a pas de budget et on laisse faire la réévaluation automatique conduirait à une explosion des déficits, parce que pour des raisons réglementaires... »
- 8:51Invité politiqueFait
« Un certain nombre de nos dépenses sont indexées sur l'inflation. Donc, en fait, on verrait le truc s'emballer. »
- 9:34PrésentateurChiffre
« 330 milliards cette année. »
- 11:41Invité politiqueChiffre
« L'année prochaine, si on ne faisait rien, si on ne faisait rien l'année prochaine, que les gens aient les chiffres en tête, eh bien la dépense sociale augmenterait naturellement de 17 milliards. »
- 11:52Invité politiqueChiffre
« Qu'est-ce que c'est 17 milliards ? Eh bien le budget de la justice, par exemple, c'est 10 milliards à peu près. »
- 12:21Invité politiquePromesse
« il faut travailler plus, il faut travailler jusqu'à 67 ou 68 ans. »
- 13:37Invité politiquePromesse
« je vais, en tant que rapporteur général du budget, faire un amendement pour suspendre la suspension, c'est-à-dire en fait, remettre en route la réforme des retraites. »
- 17:46Invité politiqueFait
« d'ici la fin 2027, si nous ne sommes pas capables de dire voilà ce que nous allons faire de façon crédible, oui, là pour le coup, le FMI viendra. »
Temps de parole
- Philippe Juvin76 %
- Présentateur24 %
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La grande interview Europe 1 C News, Pierre De Villeneuve. Et notre invité ce matin dans la grande interview Europe 1 C News, c'est le député LR des Hauts-de-Seine et rapporteur général de la Commission des Finances. Bonjour Philippe Juvin. Bonjour. Rapporteur du budget. La justice met un terme à l'OMERTA sur ce qu'on appelle communément le racisme anti-blanc. Trois ans après le meurtre du jeune Thomas Acrépole, la juge d'instruction a intégré la circonstance aggravante que les victimes ont été agressées en novembre 2023 en raison de leur race blanche et de la rapporteur annonce à la nation française. Est-ce que ce n'est pas tout bonnement un francocide ?
En tout cas, le racisme anti-blanc existe, contrairement à ce qu'un certain nombre de gens veulent nous faire croire depuis des années. Et il n'y a pas de racisme qui soit excusable. Et quand vous attentez à la vie, à la santé ou à l'honneur de quelqu'un au motif de sa couleur de peau, qu'il soit blanc ou noir, c'est du racisme et c'est évidemment condamnable. Donc cette décision de justice, au moins, elle met les choses au clair. Oui, le racisme anti-blanc existe et c'était une plaie pour notre société.
Marie-Hélène Thoreval, la maire de Romand-sur-Isère, depuis le début, évoquait le racisme anti-blanc. Elle avait ensuite été menacée de décapitation.
Quel commentaire faire à quelque chose d'aussi épouvantable ? La France se fractionne, se divise en... Il y avait un article de presse il y a quelques années, c'était Finkielkraut qui avait écrit ça. La nation se fragmente au bénéfice des tribus. C'est-à-dire que vous avez la tribu des gens qui pensent ci, des gens qui pensent ça. La France est une nation qui s'est construite justement par l'effacement des différences. Et c'est ça que nous devons retrouver.
Nous devons le retrouver. Et en attendant, qu'est-ce que vous dites à toutes ces personnes qui disaient, qui mettaient en cause d'ailleurs notre chaîne, CNews ?
Non seulement qu'ils se sont trompés, mais qu'ils ont trompé la population. Et je ne sais pas si vous avez remarqué, ils ont trompé la population. Vous savez, ce terme racisé, on parle de population racisée, est tellement passé dans le langage commun qu'il pose un vrai problème. Ça signifie qu'il y a une forme d'acceptation, en réalité, d'une différence basée sur les couleurs de peau, à travers ceux qui prétendent d'ailleurs combattre le racisme. C'est là où est la difficulté. Il y a une inversion des choses. Donc oui, la France doit retrouver sa vocation initiale, qui est celle de l'universalisme. Comment ? Par quels moyens ? D'abord par l'éducation.
Mais ça, ça va prendre des années. On va sacrifier des générations.
Ça va prendre des années. Ça va sacrifier une génération. Mais vous savez, nous sommes déjà sacrifiés. Renan disait, la France n'est pas une couleur de peau, ce n'est pas une religion. La France est un principe spirituel. C'est le mot de Renan, grand républicain. La France est un principe spirituel. Et les Français, par-delà leurs différences, en fait, font tous partie d'un creuset. Eh bien, c'est ce creuset qu'il nous faut désormais rétablir.
Le racisme, Philippe Juvin. L'antisémitisme aussi, après l'interruption du concert par 150 militants et les fillés pro-palestiniens de la DJ Barbara Butch, parce que juive et parce que soutien de la loi Yadan. Voilà maintenant le concert d'Amir franco-israélien annulé, tout simplement par mesure de sécurité.
Qui eut cru il y a quelques années qu'un artiste ne puisse pas chanter en France du fait de ses opinions ? Et je ne parle même pas d'antisémitisme. Et évidemment, encore plus, qui aurait pu penser qu'il y a quelques années que l'antisémitisme puisse devenir acceptable ? Il y a 20 ans, l'antisémitisme était condamnable de façon automatique, évidente. Il n'y avait même pas de discussion à avoir. Mais aujourd'hui, on s'aperçoit qu'en réalité, on peut avoir la haine des Juifs et que ça peut être intellectuellement, dans certains milieux, acceptable. Ça fait partie de ces dérives absolument folles d'un pays, encore une fois, qui se fractionne.
Un des grands enjeux de l'élection présidentielle et des années à venir va être la reprise du contrôle. La reprise du contrôle pour rétablir ce pays dans lequel l'universalisme était une valeur cardinale.
Est-ce que la reprise du contrôle, c'est aussi par l'intermédiaire de la loi Berger qui sera examinée en octobre prochain ?
Je ne sais pas si c'est une question de loi. Moi, je pense que c'est plutôt une question d'éducation. C'est une question d'acceptation de valeurs qui nous sont supérieures. La loi n'est qu'un des outils. Je crois vraiment que le vrai sujet, c'est l'éducation et c'est l'école.
Les incendies font rage, Philippe Juvin, dans le Var, en Gironde, en Nouvelle-Aquitaine. 43 000 personnes ont été évacuées. Vous qui êtes chef des urgences de Pompidou, l'hôpital Pompidou à Paris, dans le 15e, qui avait fait des missions militaires sur des théâtres d'opérations. Ces feux, cette lutte au quotidien avec les pompiers, ces urgentistes qui font partie justement de ces pompiers, c'est inédit. Est-ce que vous diriez qu'il y a eu de l'impréparation ou est-ce que c'est juste les facteurs actuels, sécheresse, vitesse du vent, qui font que...
D'abord, bravo aux pompiers, bravo à tous les services de secours, bravo aux agriculteurs qui apportent leurs pierres très précieuses à la lutte contre les incendies. C'est une façon de faire nation. Oui, absolument, vous avez raison. C'est parfois d'ailleurs intéressant, c'est ainsi que la nation parfois se solidifie et se cimente devant les grands périls. Est-ce un grand péril ? Oui, assurément, c'en est évidemment un. En fait, c'est l'expression qu'aujourd'hui, le pays a à faire face à des grands enjeux. Alors, on ne va pas probablement parler des enjeux budgétaires, mais il y a des enjeux de tous les jours, dont celui-ci et dont aussi celui de la vitalité de nos services publics.
La France restera puissante si elle a des services publics qui fonctionnent. On parle des services publics de secours, mais pas simplement. Mais pour que les services publics fonctionnent, il faut que nous ayons une situation budgétaire saine, ce qui n'est évidemment pas la...
On va y venir au budget, un mot, parce que c'est aussi lié aux incendies. Les températures font aussi que ces incendies font rage. La canicule, la France vient de subir plusieurs épisodes. Un autre est attendu début août. Ces fortes chaleurs ont provoqué une surmortalité importante. Est-ce que la France était suffisamment préparée, là encore ?
Pas manifestement, non. C'est vrai que nous avons désormais face à nous des épisodes caniculaires qui vont être de plus en plus importants. Et nous avons sous-estimé l'importance de ceci. On estime, Santé publique France, que les épisodes du mois de juin et début juillet ont causé 5000 morts supplémentaires par rapport à une situation normale. Et ce qui est très intéressant, malheureusement, c'est de noter que ça touche toutes les classes d'âge, alors principalement les patients âgés, mais aussi les jeunes. Et que beaucoup de ces décès sont survenus à domicile. En fait, on a beaucoup appris depuis la canicule 2003.
C'est-à-dire que dans les EHPAD, aujourd'hui, manifestement, les prises en charge sont plutôt bonnes. On prend soin des gens, on leur apporte de l'eau. En revanche, on voit un surcroît de mortalité à domicile. Et ce surcroît de mortalité à domicile, outre le fait qu'il est évidemment absolument désolant, est une expression, je crois, d'une évolution particulière de la société dans laquelle on ne se préoccupe pas des autres. D'une certaine manière, notre obligation de fraternité, qui est une obligation personnelle...
Vous voulez dire qu'on laisse mourir les anciens ?
Non, qu'on a confié notre obligation personnelle de fraternité à l'État, à la collectivité, sous forme de solidarité. En gros, je paye des impôts, donc il y a des services pour remplir cette situation. Or, les gens qui sont à domicile sont souvent des gens seuls, vous savez, la moitié... On considère que, globalement, une personne adulte sur deux vit seule dans les grandes villes, et seule, sans un deuxième adulte. Donc les gens sont seuls. Eh bien, la fraternité, ça consisterait à quoi ?
Pour baisser la mortalité, ça consisterait simplement à ce que chacun de ceux qui nous écoutent aujourd'hui, quand il fait très chaud, décide de se lever ses fesses de son canapé, sorte de chez lui, aille taper à la porte de son voisin âgé seul, en lui demandant si ça va, et lui en l'apportant de l'eau. Donc, si déjà, nous faisions tous ces gestes de fraternité, pas de solidarité, de fraternité, qui nous engagent personnellement, nous aurions moins de mortalité. En fait, il faut que les gens comprennent que cette surmortalité liée à la canicule, vous, nous engage tous individuellement. Nous avons tous une responsabilité, et chacun, nous pouvons agir. Et ça, encore une fois, la fraternité...
Pas compter uniquement sur les services publics... Absolument. Pas compter sur la solidarité, compter sur la fraternité.
C'était bien d'applaudir les soignants à 20h quand il y avait le Covid, il faut aussi participer.
Moi, je suis pour une société où l'on cède les uns les autres.
Vous êtes le rapporteur général du budget, Philippe Juvin. Va-t-il y avoir un budget en 2027 ?
Alors, je n'ai pas de boule de cristal, j'espère, parce que s'il n'y a pas de budget, je ne sais pas comment on fait pour payer les fonctionnaires, les services publics, enfin une année blanche, pour des raisons dans lesquelles on peut peut-être entrer, mais ça va prendre du temps. Une année blanche qui consisterait simplement à dire on n'a pas de budget et on laisse faire la réévaluation automatique conduirait à une explosion des déficits, parce que pour des raisons réglementaires...
Et mécaniques.
Et mécaniques. Un certain nombre de nos dépenses sont indexées sur l'inflation. Donc, en fait, on verrait le truc s'emballer. Non, nous devons évidemment avoir un budget, mais je voudrais que les Français comprennent que la question du budget, avec une dette qui nous étouffe aujourd'hui, n'est pas qu'une question budgétaire. C'est une question de souveraineté. De souveraineté. C'est-à-dire que si nous ne prenons pas les décisions nous-mêmes pour rétablir les comptes publics, d'autres les prendront.
Le FMI.
Le Fonds Monétaire International.
Qui s'était déjà manifesté il y a deux jours.
La Banque Centrale Européenne, nos partenaires. Dans un pays qui, comme c'est le cas aujourd'hui, a besoin de s'endetter, d'emprunter tous les jours, tous les jours, pour payer les fonctionnaires, pour payer les retraites, pour payer les services publics.
330 milliards cette année.
Eh bien, c'est un pays qui n'est pas souverain. Donc, la question budgétaire n'est pas qu'une question budgétaire. C'est une question de souveraineté. Voulons-nous que la France décide de son destin ? C'est ça le vrai sujet qui est sur la table politique et que les candidats, très nombreux à la présidentielle, doivent...
C'est pour ça que vous leur avez écrit, ou vous allez leur écrire un courrier en leur disant « Montrez-moi votre copie », c'est ça ?
Exactement. Je vais écrire en tant que rapporteur général du budget dès les premiers jours de juillet, alors que nous commencerons à avoir des éléments un peu durs de chiffres. Je vais leur écrire à chacun en disant « Voilà la situation, ne vous planquez pas. Ne faites pas comme si vous n'aviez pas vu. Voilà ce que les voisins ont fait pour s'en sortir. L'Espagne s'en est sortie. Au prix de grandes difficultés, mais ils y sont arrivés. Le Portugal y est arrivé, il faut regarder tout ça. Et que comptez-vous faire et qu'allez-vous faire ? Parce que je suis désormais persuadé d'une chose, et il faut que les choses soient dites.
Une fois que l'élection présidentielle aura lieu, le FMI et tous les gens qui nous regardent, qui nous prêtent de l'argent tous les jours, vont demander au nouveau président ou à la nouvelle présidente « Qu'allez-vous faire pour rétablir les comptes publics ? » Et comment allez-vous le faire ? Vous savez, Thatcher disait « Ne me dites pas ce qu'il faut faire, dites-moi comment le faire. » Et si la réponse n'est pas satisfaisante, si en fait c'est une mauvaise réponse, c'est une réponse qui se plante...
Qu'est-ce que c'est une mauvaise réponse ?
C'est de ne pas comprendre la gravité de la situation.
Qu'est-ce que c'est une mauvaise réponse concrètement ? On va laisser les choses telles qu'elles sont ?
Oui, on va attendre que la croissance revienne naturellement, etc. Que faut-il faire en fait ? C'est assez simple, quand vous avez un déficit, soit vous dépensez moins, donc il faut dépenser moins,
et je vais vous dire où est la dépense. On va ouvrir le capot ensemble, Philippe. Oui, exactement.
Soit vous augmentez vos recettes, et pour augmenter les recettes, il y a deux manières. Soit vous augmentez les impôts, mais ils sont déjà au maximum, donc nous n'avons plus de marge de manœuvre, il faudrait même les baisser. Soit vous produisez plus de richesses à distribuer, c'est la compétitivité des entreprises. Baisser la dépense, et dépenser mieux. Baisser la dépense, encore faut-il voir où sont les grandes dépenses.
Alors, 1 700 milliards de dépenses publiques, 1 000 milliards de dépenses sociales, 500 milliards de retraites, et 500 milliards pour le reste.
L'année prochaine, si on ne faisait rien, si on ne faisait rien l'année prochaine, que les gens aient les chiffres en tête, eh bien la dépense sociale augmenterait naturellement de 17 milliards. Qu'est-ce que c'est 17 milliards ? Eh bien le budget de la justice, par exemple, c'est 10 milliards à peu près. Donc ça signifie que l'année prochaine, l'augmentation des dépenses sociales a elle seule, l'augmentation, pas le delta, c'est 17 milliards, alors que la dépense, tous les ans de la justice, ce n'est que 10 milliards. Donc la première dépense sociale, la première dépense, c'est la dépense sociale, et parmi les dépenses sociales, c'est 1, les retraites, et 2, la santé.
Sur les retraites, qu'est-ce qu'il faut faire ? Est-ce qu'il faut les baisser ? Non, les retraites, pas extraordinairement élevées en France, il faut travailler plus, il faut travailler jusqu'à 67 ou 68 ans. Autrement dit, si vous avez, ici à ma place, demain, un invité candidat à la présidence de la République qui vous dit qu'il va baisser la dépense publique ou qu'il va rétablir les comptes publics sans toucher à la question des retraites, eh bien en fait, il se trompe ou il ment, l'un ou l'autre. Ce n'est pas possible, encore une fois, de rétablir les comptes publics et donc, vous avez bien compris, de rétablir la France dans sa souveraineté et lui garantir sa souveraineté.
pour pouvoir ensuite prendre des taux d'intérêt qui sont moindres à ce qu'on rencontre aujourd'hui.
Si on n'est pas capable de toucher à la retraite et en particulier, de travailler plus longtemps. Donc, il faut travailler jusqu'à 67 ou 68 ans. Mais en attendant,
la réforme des retraites a été suspendue. Donc, ça veut dire quoi ? Ça veut dire, le prochain candidat ou celui auquel vous allez vous adresser, il doit vous dire quoi ? Il va vous dire, la première chose que je vais faire, c'est que je vais remettre la réforme des retraites ou alors, pardonnez-moi, ou alors, il faut une autre réforme des retraites, c'est plus 64, c'est 67 ans. Qu'est-ce que vous allez lui dire ?
Mais il faut, on ne s'en sort pas sans travailler plus longtemps. Alors, vous le faites comme vous voulez et l'objectif doit être de travailler sur 67 ou 68 ans. Déjà,
la réforme actuelle qui est suspendue et non pas abrogée, je vais vous faire une annonce.
C'est un début. Dans le cadre du budget qu'on va discuter dans quelques semaines, je vais, en tant que rapporteur général du budget, faire un amendement pour suspendre la suspension, c'est-à-dire, en fait, remettre en route la réforme des retraites. Donc, avant l'élection présidentielle, bien sûr, il faudra le faire. Je ne me fais aucune illusion, il n'y aura pas de majorité et je serai assez peu suivi. Mais mon rôle, je suis payé pour vous dire la vérité. C'est trop facile de ne pas dire les choses.
Vous êtes 577 à être payé pour dire la vérité.
Je vais la dire. Il se trouve que je vais la dire, moi. Et vous ne pouvez pas rétablir les comptes publics si vous ne baissez pas les dépenses et vous ne pouvez pas baisser les dépenses si vous ne travaillez pas plus longtemps. La retraite, la retraite, c'est la première dépense de l'État, enfin de l'État, c'est la première dépense publique. Après, il vous a une deuxième dépense qui est la santé et il faut évidemment poser la question des dépenses de santé.
Ça veut dire on est trop remboursé ?
Moi, je sais où me faire opérer. Vous ne savez pas. Mais surtout, moi, je sais où ne pas me faire opérer. Et vous, vous ne savez pas. Il y a aujourd'hui des endroits en France où on n'est pas bien soigné. Donc oui, je vous le dis, il y a des endroits qu'il faut probablement fermer, regrouper les moyens.
Attendez, Philippe Juin, il faut fermer quoi ? Des hôpitaux ?
Il faut probablement fermer des services ou des hôpitaux où on est mal soigné. Il y a des endroits...
Et vous allez faire, vous, une cartographie des hôpitaux où on est soigné ? Écoutez-moi bien.
Moi, je serais capable, probablement, pour un certain nombre de pathologies, mais d'ailleurs, votre médecin traitant aussi, si vous avez la chance d'en avoir un, serait capable de vous dire n'allez pas dans cet endroit. On le sait.
On le sait sans le savoir. Il y a une inégalité. Ce serait mieux d'avoir une carte en disant, là, il ne faut pas y aller.
Eh bien, regardez, rapport de la Cour des comptes sur le cancer de l'ovaire. La Cour des comptes a publié une carte de France qui indique tous les hôpitaux qui font moins de 20 actes de chirurgie de cancer de l'ovaire par an, considérant que 20 actes par an, c'est le minimum pour savoir correctement faire les choses. Eh bien, ces données sont publiques. Il faut tirer les leçons de ce que nous savons sur l'inefficacité de la dépense publique et en particulier des soins. Vous savez, De Gaulle disait dans son discours d'investiture en juin 1958 que la plus grande cause de nos épreuves, c'était l'impuissance des pouvoirs. Je crois que c'était exactement la même chose aujourd'hui.
C'est l'impuissance des pouvoirs publics à décider ce qui est bon pour la France. Pourquoi ? Parce que nous sommes englués dans des lobbies qui poussent chacun leurs intérêts, une administration qui parfois ne publie pas les décrets donc n'applique pas la loi, un pouvoir législatif qui se prend pour le pouvoir exécutif et le contraire. Cette impuissance de la puissance publique à agir, elle est la cause de tous nos mots.
Si on lit le budget à ce que vous venez de dire, ça veut dire qu'en gros, les Français payent des impôts, j'allais dire, pour rien, pas pour rien, mais pour quelque chose qui est très mal aiguillé et très mal utilisé.
Oui, je peux le dire différemment. Nous payons beaucoup d'impôts pour une efficacité assez faible, mais regardez l'école, nous payons beaucoup d'argent pour l'école. Le classement PISA, classement de la qualité de l'éducation, s'écroule chaque année
un peu plus en France. Avec les scandales qu'on a vus... Alors, peut-on s'en sortir ? La question,
c'est est-ce qu'il y a un espoir ? Oui, il y a un espoir. Regardez le Portugal. Le Portugal a mis en place des réformes, ils ont dépensé moins et mieux, et ils ont fait en sorte de réanimer la croissance et la vie immédiable. Et c'est ça que je veux dire aux Français. En fait, d'autres l'ont fait, nous pouvons le faire. La vraie question, je me répète, c'est est-ce que nous décidons nous-mêmes des mesures d'assainissement qui sont nécessaires pour le pays ou est-ce que c'est l'étranger, la Banque Centrale Européenne ou l'FMI qui va le décider pour nous ? La seule question, elle est là. Qui décide ?
Nous ou les autres ? Vous dites ce matin sur Europe 1 et sur CNews que le FMI est à nos portes. Donc, ce que disait Roland Lescure avant de se rétracter en réalisant la bourde qu'il avait faite ou qu'il avait parlé un peu trop vite. Oui, le FMI est à nos portes et il va faire les choses à notre place. Si le FMI débarque... Attendez, c'est simple pour les Français, c'est quoi ? C'est moins 30% sur la retraite ? Je ne sais pas. En tout cas... C'est des mesures drastiques, c'est un plan d'austérité sans le vouloir ?
Ce seront des mesures d'austérité. Vous avez une formule très, pardon, journalistique et le FMI est à nos portes. Ce qui est certain, c'est que moi, je le dis avec ma formule, d'ici la fin 2027, si nous ne sommes pas capables de dire voilà ce que nous allons faire de façon crédible, oui, là pour le coup, le FMI viendra. Pourquoi ? Ainsi que la Banque Centrale, pour une raison simple, ils n'auront pas besoin d'ailleurs de dire nous arrivons, nous serons obligés de les voir arriver. Pourquoi ? Parce que les taux auxquels la France emprunte tous les jours
3,7, 3,8
bondiront bondiront et nous ne pourrons plus faire autre chose que cette dette de s'échapper
de cette dette qui nous est touche. Le choix qu'ont les Français, Philippe Juin, il est dans les urnes. Qu'est-ce qu'on fait ? Qui désigne-t-on votre famille politique ?
Moi, j'ai un candidat qui est Bruno Retailleau.
Parce que ?
Parce que c'est un homme sérieux. Parce qu'il a une colonne vertébrale, parce qu'il sait où aller. Donc c'est pour ça que je défends Bruno Retailleau. Nous avons quelques mois devant nous pour persuader les Français que la situation est de l'ordre. En attendant, les sondages donnent Marine Le Pen
gagnante au premier et au second tour.
C'est vrai. La campagne électorale sert à cela.
S'il y a un second tour RN, LFI, qu'est-ce que vous faites ?
Nous verrons.
Vous refusez de me répondre ? Oui, pour une raison très simple. Est-ce que vous voyez une France LFI et une France RN ? Pour vous, c'est la même chose ?
Ce qui est certain, c'est que le LFI et le RN ont cette capacité que nous devons nous regarder avec attention à proposer une vision de la France. Ils ont tous les deux clairement une vision de la France. Ce n'est pas la mienne, mais on ne peut pas tirer à M. Mélenchon, on ne peut pas tirer à Mme Le Pen le fait qu'ils ont une vision. Et je dis aux candidats du Bloc Central, je leur dis à tous, n'ayez pas que des solutions techniques. Ayez une vision de la France. Quelle est la France que nous devons, entre guillemets,
proposer aux Français ? Et ça, ça va pouvoir diminuer le vote des extrêmes ?
Je pense que si demain nous sommes capables d'emmener la France et les Français vers une ambition collective, une vision, et pas des mesures techniques, oui, c'est la manière d'aborder le chemin
de la prospérité. Il nous reste 30 secondes, Philippe Juvin, la loi sur la fin de vie est passée, c'est définitif, ou est-ce que ça reviendra à un moment donné dans le débat public ?
Alors, il y a encore, d'abord, le Conseil constitutionnel. Moi, je suis très favorable à la chose suivante, c'est une loi qui n'est pas une loi de gauche et c'est pas une loi de droite, c'est une loi qui nous concerne tous individuellement. Si j'étais candidat à la présidence de la République, je ne le suis pas, je proposerais à ce que cette loi puisse être remise sur le tapis avec une proposition de référendum.
Que chaque Français nous dise, au fond, voilà, j'en veux ou je n'en veux pas, mais je vous le rappelle, et je conclue là-dessus, le vrai sujet aujourd'hui c'est la qualité des soins, je ne voudrais pas qu'un certain nombre de Français demandent l'euthanasie par défaut d'accès aux soins et en particulier aux soins palliatifs.
Merci beaucoup Philippe, je vous fais un bonne journée.
Philippe Juvin