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interviewRTL — L'invité de 7h40· 24 mars 2026 10 min

Laurent Wauquiez appelle à un rassemblement à droite "d'Édouard Philippe à Sarah Knafo", qui n'est "pas une néonazie"

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Au revoir, Thomas Soto, RTL Matin. Il est 7h41, il est le président du groupe droite républicaine à l'Assemblée, il se rêve président tout court, le député LR de Haute-Loire, Laurent Wauquiez, l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL, Laurent Wauquiez.

0:12
Laurent Wauquiez

Merci de cette présentation, M. Soto. Elle est exacte ou pas ? Bah oui, elle est exacte, j'ai rien à dire. Je suis bien député de Haute-Loire, c'est votre question.

0:19
Présentateur

Un hommage national sera rendu à Lionel Jospin jeudi. Qu'avez-vous appris de Lionel Jospin dans votre vie politique, Laurent Wauquiez ?

0:26
Laurent Wauquiez

D'abord c'était un homme intègre, droit, sincère, respectable. Mais après, une fois que j'ai dit ça, je reste en profond désaccord avec ce qu'a été sa politique. Sur les 35 heures, comme ministre de l'éducation nationale, ce qui est quand même pour moi une vraie rupture quand il ne réagit pas sur la question du port du voile dans l'école. Et j'ai envie de dire, c'est bien en politique qu'on puisse estimer une personne, mais en ayant des vraies différences sur le fond.

0:51
Présentateur

Lionel Jospin qui est aussi l'homme qui n'a pas pu se qualifier pour le second tour de la présidentielle de 2002 à cause des divisions dans sa famille politique. Vous ne dites pas que ça vous pend au nez, vous ?

0:59
Laurent Wauquiez

Vous le savez, c'est mon combat, c'est précisément ce que je redoute. Ma conviction, c'est qu'à droite, s'il n'y a pas un rassemblement, dernier un candidat unique, autour des convictions de droite, c'est perdu. Et pour moi, c'est vraiment la leçon de ces municipales.

1:12
Présentateur

Un candidat unique, quel qu'il soit ?

1:15
Laurent Wauquiez

Un candidat unique ? Vous êtes tous à vouloir être le candidat unique. Non, je me l'applique à moi-même. Je ne viens pas sur votre plateau faire la promotion d'une hypothétique candidature présidentielle. Je viens ici pour dire, je me bats pour le rassemblement de la droite.

1:26
Présentateur

Et si ce n'était pas vous, pardon, mais vous seriez prêt, vous, Laurent Wauquiez, à mettre toute votre énergie au service de quelqu'un d'autre ?

1:31
Laurent Wauquiez

Bien sûr, sinon ça n'a aucun sens. L'objectif, mais pas à n'importe quel prix, c'est-à-dire, je veux être très clair, c'est pour défendre des idées de droite. Et pour moi, elle se résume assez simplement. Qu'est-ce que c'est être de droite pour ceux qui nous écoutent ? C'est moins d'impôts, moins d'immigration, pour moi, moins d'assistanat, plus d'économie sur la dépense publique, plus de sécurité, et j'ai envie de dire plus de travail. Voilà, ça c'est une plateforme de droite.

1:55
Présentateur

Mais la droite, elle va de où à où ? Parce que vous savez que la question du périmètre, elle est fondamentale aujourd'hui. On parle beaucoup de l'union des droites. Est-ce que pour vous, la victoire d'Éric Ciotti à Nice fait partie de ce que doit être l'union des droites ?

2:07
Laurent Wauquiez

Non. Pour moi, ce que je veux, c'est rassembler tous ceux qui sont à droite et se reconnaissent là-dedans. Éric Ciotti, c'est le candidat du Rassemblement National et de l'UDR. C'est l'extrême droite ? Enfin, c'est en tout cas pas la droite. Marine Le Pen, ma question, c'est pas de savoir si ils sont d'extrême droite, d'extrême gauche, de je sais pas trop quoi. Marine Le Pen, elle-même, dit qu'elle n'est pas de droite. Quand je suis à l'Assemblée Nationale, je les vois voter des augmentations d'impôts avec LF. Quand ils sont interrogés sur le fait de dire si en contrepartie du RSA, il faut plus de devoirs, ils répondent non et ils votent contre.

Donc pour moi, leur programme, notamment économique, n'est pas de droite. Moi, mon ambition...

2:41
Présentateur

Sur le RN, vous avez toujours été très clair. Vous les mettez pas, mais vous voulez une primaire qui irait, vous l'avez dit à plusieurs reprises, de Sarah Knafo à Gérald Darmanin. Si Éric Ciotti n'est pas de droite... Édouard Philippe ? Oui, bien sûr. Sarah Knafo ? Oui, bien sûr. Mais ce que j'essaie... Sarah Knafo, c'est l'extrême droite quand même. Reconquête, c'est l'extrême droite. Éric Zemmour, c'est l'extrême droite.

3:00
Laurent Wauquiez

M. Soto, M. Soto, honnêtement. J'aime bien quand vous me le dites comme ça gentiment. Quand on a écouté Sarah Knafo pendant la campagne de Paris, vous avez eu l'impression que vous aviez quelqu'un d'extrême droite ? Alors je sais que le sport national en France, quand on est de droite, c'est d'expliquer qu'en réalité on est fasciste. Enfin, quand même, soyons sérieux.

3:20
Présentateur

Et votre camarade Jean-François Copé ne cesse de répéter qu'elle siège avec le groupe des néo-nazis au Parlement européen. Ça, c'est quand même un marqueur. Il a tort, Jean-François Copé ?

3:28
Laurent Wauquiez

Quand j'écoute Sarah Knafo, je n'ai pas l'impression d'écouter une néo-nazie. Vous connaissez la dissimulation en politique, ça se fait beaucoup dans toutes les familles. Oui, je connais aussi la mauvaise foi en politique. Et donc moi ce que j'essaye, c'est surtout d'arrêter cette machine à perdre qui consiste à essayer d'exclure avant de rassembler. La spécialité quand même, c'est de mettre des cartons rouges avant d'essayer de composer une équipe. Là, moi, ce qui est ma conviction, c'est, prenons pour une fois dans l'autre sens. Ce que j'ai fait aujourd'hui, on commence par la plateforme. On se dit, d'accord, voilà, quelles sont les idées qu'on doit défendre en commun ?

Et ensuite, on se demande qui a envie de les porter ensemble. Quand j'écoute Édouard Philippe, je me dis que je suis capable de travailler avec lui.

4:02
Présentateur

Et vous pensez qu'il y avait une primaire Knafo-Philippe ? Vous voyez Édouard Philippe, imaginons qu'il la perde, faire campagne pour Sarah Knafo ?

4:10
Laurent Wauquiez

C'est indispensable et c'est ce que je veux essayer de faire. Sauf qu'il ne veut pas. Ce n'est pas gagné. Gabriel Attal ne veut pas. Sauf que Xavier Bertrand ne veut pas. Bah oui. Monsieur Soto, ne désespérez pas l'espérance. Bien sûr que je sais que c'est un combat. Bien sûr que ça ne va pas être facile. J'ai parfaitement conscience que ce rassemblement n'est pas gagné. Mais en sens inverse, tout ce petit monde, ils ont bien conscience qu'il n'y a aucune chance si chacun y va de son côté. Ça va être la fureur de vivre version de James Dean. Tout le monde est dans sa voiture, monsieur l'anglais.

Appuie sur l'accélérateur et espère désespérément qu'il y a quelqu'un qui tournera le volant à la dernière minute. Ça ne marchera pas. S'il y a plusieurs candidats de droite au premier tour, il n'y en aura aucun au second. Donc je vais me battre inlassablement pour essayer de dire à tout le monde, il faut se mettre ensemble, il faut discuter. On a plus en commun que ce qu'on a de différence.

4:57
Présentateur

Gérald Berman est allé un peu plus loin. Il est pour un candidat de la droite et du centre et peut-être même de la gauche républicaine. Il y a Elbrun Pivet, président de l'Assemblée, qui dit qu'il faut élargir le périmètre. Pourquoi pas jusqu'à Olivier Faure ? Vous allez jusque-là ou pas ? Non, pas du tout. Pourquoi ?

5:09
Laurent Wauquiez

Parce que je veux rassembler la droite. J'essaye d'être cohérent. Parce que ce que j'ai tiré quand même comme bilan de la Macronie, c'est que quand vous mettez un petit peu de gauche, un petit peu de droite, à l'arrivée, il n'y a plus rien du tout. Et je pense que notre pays a besoin de cap clair sur les deux sujets fondamentaux face auxquels on est. Remettre du respect, de la sécurité, du régalien dans notre pays. Restaurer le rapport au travail et la reconnaissance de ceux qui se donnent du mal. Pour moi, c'est les deux sujets fondamentaux.

5:33
Présentateur

Mais est-ce que vous n'avez pas aussi besoin d'une clarification ? C'est ce que demandait ici même à votre place hier matin, Valérie Pécresse. Une clarification sur la ligne. Parce qu'on sent bien que vous n'êtes pas tous étanches de la même manière à la droite dure. Vous ne pensez pas tous pareil là-dessus ?

5:47
Laurent Wauquiez

Enfin, je le redis. Je prends une droite qui est un peu plus centriste comme Édouard Philippe. Je prends une droite qui est un peu plus dure comme Sarah Knafow. Moi, j'assume de vouloir remettre ensemble. Vous savez d'où ça allait quand c'était Nicolas Sarkozy ? On allait de Jean-Louis Borloo jusqu'à Philippe Devilliers. Et puis, on a pris l'habitude de se dire, en politique, maintenant, on ne va plus que travailler avec des clones. Si tu n'as pas exactement les mêmes idées que moi, tu m'es insupportable et je ne peux pas travailler avec toi. Je veux lutter contre ça.

La politique, c'est quand même accepter qu'il y ait du débat, qu'on ait chacun des différences, mais qu'on soit capable de travailler ensemble pour un même projet pour le pays. C'est quand même plus motivant et c'est un beau défi, c'est une belle page politique. Alors, j'ai peut-être la solution à tous vos problèmes.

6:26
Présentateur

Alors là, vous m'intéressez. Écoutez, vous avez chez LR un chef déterminé. Bruno Retailleau, qui parlait de sa candidature hier soir, c'était dans le 20h de France 2. Je suis, dans tous les cas, candidat. Je suis candidat parce que le constat... A tout, à la primaire, à 2027 directement. Mais je parle des élections présidentielles.

6:42
Laurent Wauquiez

Il a raison ou pas ? Ben non. Non, parce que l'objectif, ce n'est pas de désigner à tout prix un candidat LR qui sera à côté d'Édouard Philippe, qui sera à côté peut-être de David Lysnard, de Xavier Bertrand, de je ne sais pas trop qui. Moi, ce que je souhaite, c'est que la priorité des LR ne soit pas chaque parti, à côté de chaque parti, de désigner à tout prix son candidat à la présidentielle. Ce que je souhaite, c'est que les LR, et c'est l'appel que je fais, se fixent comme objectif d'être le moteur du rassemblement de la droite.

7:09
Présentateur

Est-ce qu'il peut être jugé parti ? Est-ce qu'il peut présider le parti aujourd'hui, sachant qu'il est ouvertement candidat et déterminé à aller jusqu'au bout ? Est-ce que ça pose un problème ?

7:17
Laurent Wauquiez

Non, il est pour moi totalement légitime. Il est président du parti. Évidemment que ça peut être un candidat à la présidentielle. Ce n'est pas ça, mon sujet. Et je fais l'effort de le dire. Mon sujet à moi, c'est plutôt, est-ce que si on fait un candidat LR à côté d'un autre candidat de droite, à côté d'un troisième candidat de droite, ça a la moindre chance ? C'est la machine à perdre.

7:34
Présentateur

Quel est le calendrier ? Qu'est-ce qu'il faut faire ? Parce que là, on s'est dit, bon, on va laisser passer les municipales. Les municipales sont passées. Il y en a qui disent, on va peut-être laisser passer l'été. Vous allez finir par laisser passer la présidentielle. C'est quoi le calendrier ?

7:44
Laurent Wauquiez

Moi, ce que je veux, c'est que dès maintenant, les LR se fixent comme objectif de prendre leur bâton de pèlerin, d'aller voir toutes les grandes figures de la droite et de voir ensemble comment est-ce qu'on peut se rassembler en définissant d'abord une plateforme commune, ce que j'ai esquisse ce matin.

7:56
Présentateur

D'abord les idées, ce que vous avez dit tout à l'heure.

7:58
Laurent Wauquiez

Et ensuite, en se disant, qui est capable de les partager ensemble ? On aura un débat. Tout le monde ne sera pas d'accord. C'est normal. Mais ensuite, on fixe le champ de ceux qui veulent partager cette vision de droite et ensuite, on fait une primaire. Ça, c'est le bon raisonnement. Et mon souhait... Vous êtes toujours sur la primaire. Et mon souhait, c'est que les LR soient le moteur de ça. Et je vais même vous dire quelque chose. Je pense que si Bruno Retailleau veut gagner la présidentielle, c'est son intérêt. Parce que là, s'il y va tout seul dans son coin, il est à 7% dans les sondages. Alors que s'il fait le pari qu'avait fait François Fillon...

8:26
Présentateur

Là, il est tout seul dans son coin ?

8:28
Laurent Wauquiez

Il joue trop perso ? Non, mais 7% quand vous avez face à vous des candidats qui sont à 7...

8:32
Présentateur

Parfois, quand vous dites non, on a l'impression que vous pensez oui, mais...

8:35
Laurent Wauquiez

Non, c'est parce que... Non, j'essaie d'être le plus lucide sur le sujet. Les LR, aujourd'hui, ce n'est plus l'époque de l'UMP d'avant. Donc, penser qu'on va désigner tout seul notre candidat et que ça va marcher, ce serait une erreur. Est-ce qu'il faut être candidat avant l'été ou pas ? Le calendrier, ça devient important. Oui, le calendrier, ça devient important, mais je ne suis pas obsédé par ça. C'est-à-dire que pour moi, qu'on se donne le temps et qu'on fasse une plateforme des idées d'abord, qu'ensuite, on organise cette primaire et que tout ça se finisse d'ici à la fin de l'année, c'est un calendrier raisonnable.

Et souvenez-vous, François Fillon, à l'époque, s'il en était resté juste à se dire, à tout prix, j'y vais, quels que soient les sondages, il n'aurait même pas été candidat à la présidentielle. Il a eu le panache de se dire, je vais à la primaire, ce qui lui avait permis d'être le candidat.

9:17
Présentateur

Il y aura trois choix, visiblement, ce soir, il y a un bureau politique chez LR avec tous les responsables, vous serez 147 autour de la table, pour décider de la fameuse méthode de désignation du candidat. Il y a trois hypothèses. La primaire ouverte aux sympathisants, comme en 2016, à l'époque de François Fillon. Le vote des seuls adhérents LR ou la désignation directe du président du parti. Laquelle a votre préférence ? Je vois votre sourire sur la dernière, j'imagine que ce n'est pas la dernière, mais... C'est ce qui va vous être proposé.

9:43
Laurent Wauquiez

Pourquoi je souris ? Parce qu'aucune n'a de sens. Pourquoi ? Parce que là, on raisonne. À l'intérieur du petit parti, chacun dans sa petite boutique, à côté des autres partis de droite, pour désigner à tout prix un candidat LR qui sera en compétition avec d'autres candidats de droite, c'est la machine à perdre. Et donc, ce qu'il faut, ce n'est pas ça. Ce qu'il faut, c'est se dire, on tire la leçon des municipales. Il y a un peuple de droite qui a chaque fois plébiscité quand il y avait des candidats communs et qui a sanctionné quand c'était divisé. Le devoir de la droite, c'est d'être le moteur du rassemblement. Et les LR, c'est ça ce qu'on doit porter.

Et c'est moi, c'est cette option que je défends. C'est la seule qui a du sens. Le reste, vous l'avez vous-même énuméré. C'est des options de boutiquier. Ça ne peut pas marcher, ça.

10:22
Présentateur

Options de boutiquier ce soir, Bruno Retailleau appréciera et Gérard Larcher qui va les proposer ces options. Merci Laurent Wauquiez d'être venu sur LR. Je suis convaincu. Je suis convaincu.