Pierre-Yves Bournazel - L'interview Politique du 29/01/26
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:24OuverteRéponse directe
Quelle est la photographie du rapport de force selon les sondages ?
- 1:37OuverteRéponse directe
Pourquoi les sondages créent-ils de la fébrilité chez Rachida Dati ?
- 1:57OuverteRéponse directe
Quelle est votre réponse aux attaques de Rachida Dati ?
- 3:19OuverteÉludée
Pourquoi votre candidature est-elle qualifiée de "témoignage" ou de "naufrage" ?
- 4:07OuverteRéponse partielle
Le sujet du son renvoi à l'automne devant le tribunal correctionnel est-il un tabou ?
- 5:54OuverteRéponse directe
Quelles sont vos propositions pour l'accès aux soins à Paris ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:32Invité politiqueChiffre
« Emmanuel Grégoire, le candidat d'Union de la Gauche, or LFI arriverait en tête du premier tour, 32%. »
- 0:36Invité politiqueChiffre
« Deuxième, Rachida Dati, candidate de la droite, républicain modem UDI avec 28%. »
- 0:41Invité politiqueChiffre
« Et vous, vous êtes le troisième homme avec 14% devant la candidate LFI, Sofia Chikirou, 11%. »
- 4:29InvitéFait
« Elle est renvoyée du 16 au 28 septembre prochain devant le tribunal correctionnel de Paris pour des faits présumés de corruption, de trafic d'influence et d'abus de confiance. »
- 4:36InvitéChiffre
« Elle risque 10 ans d'emprisonnement et une peine d'inéligibilité. »
- 8:06InvitéPromesse
« Je veux remettre 60 000 logements sur le marché sur la prochaine mandature. »
- 8:34InvitéChiffre
« La préemption, ça coûte 250 millions d'euros par an. »
Temps de parole
- Invité68 %
- Pierre-Yves Bournazel30 %
- Présentateur2 %
≈ 0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour Pierre-Yves Bournazel, vous êtes conseiller de Paris depuis plus de 17 ans, ex-député proche d'Edouard Philippe, membre de son parti Horizon. Vous êtes également et surtout en ce moment candidat au municipal à Paris pour Horizon soutenu par Renaissance. Je rappelle que le scrutin aura lieu les 15 et 22 mars prochains. Alors d'abord une petite photographie du rapport de force. Selon un sondage IFOP paru samedi, Emmanuel Grégoire, le candidat d'Union de la Gauche, or LFI arriverait en tête du premier tour, 32%. Deuxième, Rachida Dati, candidate de la droite, républicain modem UDI avec 28%. Et vous, vous êtes le troisième homme avec 14% devant la candidate LFI, Sofia Chikirou, 11%.
Donc si le vote avait lieu aujourd'hui, vous seriez qualifié au second tour puisque je rappelle qu'il faut 10% pour passer la barre.
Oui, écoutez, c'est les sondages. Une place aujourd'hui de troisième force. Mais vous savez, moi je crois surtout à la force du vote. D'abord parce que je suis un Corrésien. Et que je me rappelle l'élection de 1995 où Édouard Balladur était à plus de 40% au premier tour et Jacques Chirac à 9%. Deux mois plus tard, Jacques Chirac a été élu président. Ce qui compte...
Donc vous y croyez ?
Bien sûr que j'y crois. Et je crois que nous sommes la solution pour faire le changement. Après 25 ans d'une même équipe, il y a besoin d'un changement à Paris. Et je crois que ce changement, on peut le choisir. La démocratie, c'est d'avoir le choix au premier tour du meilleur projet, de la meilleure ambition pour Paris, du meilleur service des Parisiens.
Alors, les sondages, vous avez raison, ce n'est pas le vote. Mais ça crée quand même un peu de fébrilité chez Rachida Dati, qui est passé deuxième quand Emmanuel Grégoire a conclu son accord de premier tour d'union avec le PCF, les communistes et les écologistes. Elle espérait, je crois, votre ralliement dès le premier tour. Pour vous, c'est non. Et elle vous a durement taclé il y a quelques jours, Rachida Dati. Je la cite. Il incarne physiquement la droite la plus bête du monde.
Qu'est-ce que vous répondez ? Écoutez, moi, je vais vous répondre que je suis un homme de principe. Et je crois qu'il y a trois principes importants dans cette campagne. Premier principe, il ne faut pas d'invective, pas d'attaque personnelle, pas de désinformation. Et je regrette que Mme Dati soit dans l'invective. Ce n'est pas une première. En 2012, dans sa propre circonscription, elle était très virulente contre François Fillon. Puis, elle a changé de punching ball. C'était Nathalie Kosciusko-Morizet, la candidate de la droite et du centre de 2014, qu'elle a fait perdre en aidant Anne Hidalgo.
Puis après, elle s'en est prise en marche à partir de 2017, en qualifiant en marche de traître de gauche et de droite. Elle est maintenant ministre d'Emmanuel Macron. Et puis, en 2022, elle soutenait Valérie Pécresse et s'en est prise publiquement dans plusieurs émissions à son directeur de campagne, M. Stéphanie, je pourrais citer plein d'autres exemples. Donc, sortons des invectives, sortons de la désinformation. Il faut mener une campagne d'idées. Donc, deuxième principe, le débat. Et je regrette là aussi que Mme Dati se refuse au débat. La démocratie, c'est le débat, c'est la contradiction, c'est la confrontation des idées et des projets.
Je porte un projet, je regrette qu'elle soit la seule candidate à refuser le débat. C'est quand même très important, le débat. Les jeux ne sont pas faits, les jeux sont très ouverts. Nous pouvons apparaître comme la solution pour réussir ce changement dans ce débat.
En tout cas, pour elle, vous n'êtes pas la solution, puisque dimanche, sur cette antenne, sur Radio-J, elle vous a durement taclé. On écoute ce petit extrait.
Aujourd'hui, par cette candidature, j'allais dire de témoignage pour ne pas dire du naufrage, parce que c'est effectivement, ça nous entraverait dans une victoire. Naufrage, c'est-à-dire Pierre-Yves Bonazel ? Non, mais ça veut dire que ces candidatures maintenues, voulues, de manière délibérée, c'est qu'il y a un choix délibéré de nous faire perdre Paris.
Candidat du naufrage, c'est du brutal quand même, ça ?
Écoutez, on est habitué, voilà. Ça flingue, ça flingue. Moi, je suis là pour être maire de Paris. Je suis là pour porter un projet, je suis là pour porter des idées, des solutions pour les Parisiens. Mettre l'efficacité et la probité à tous les étages de la ville de Paris. Il n'y a pas de candidature unique, ça n'existe pas. Madame Dati, elle ne veut pas débattre, elle voudrait être la seule candidate. Non, il y a un débat, il y a des candidats, c'est la démocratie. La Grèce antique a inventé la démocratie. Pourquoi les Parisiens n'y auraient pas de droit ?
Vous évoquez la probité. Est-ce que pour vous, le sujet du son renvoi à l'automne devant le tribunal correctionnel est un tabou ? Je crois que vous avez utilisé ce terme. C'est un souci pour vous, pour cette campagne ? Écoutez, il y a des questions qui se posent en tout cas.
Contrairement à la majorité sortante, je n'attaque pas sur les affaires. Je ne trouve pas ça digne. Madame Dati a le droit à la présomption d'innocence. Simplement, c'est vrai qu'elle est renvoyée du 16 au 28 septembre prochain devant le tribunal correctionnel de Paris pour des faits présumés de corruption, de trafic d'influence et d'abus de confiance. Elle risque 10 ans d'emprisonnement et une peine d'inéligibilité. La question que je pose, moi, c'est est-ce que les Parisiens veulent prendre ce risque pour la bonne gestion de Paris, premièrement ?
Et, deuxièmement, si elle devait être élue et ensuite, si elle devait être condamnée et qu'elle risque une peine alors d'inéligibilité, elle pourrait être déçue de son mandat et ne serait plus maire de Paris au bout de quelques mois. La question, c'est de savoir qui serait alors maire de Paris. Et je crois qu'on ne peut pas avoir un maire de Paris qui se fasse dans le dos des Parisiens. Donc, la clarté, c'est de répondre aux questions quels risques faites-vous courir et surtout, qui serait maire à votre place si vous étiez élu, si vous étiez ensuite condamné ?
Bon, dans ce contexte, on sent que ça va être compliqué de trouver un accord au deuxième tour avec Rachida Dati si la situation se présentait.
Moi, je ne suis pas dans les infectives, je ne suis pas dans les attaques personnelles, je suis dans les principes et je m'en tiens là. Je mène une campagne positive, je mène une campagne de fond. J'ai fait des propositions très fortes pour tenir nos comptes publics, des propositions très fortes pour une vraie police municipale en triplant le nombre d'agents avec une police 24h24, 7 jours sur 7 à Paris. J'ai fait des propositions pour des rues propres, pour des travaux bien gérés. J'ai fait des propositions sur les familles, sur le logement des classes moyennes. Ce projet, il est financé, c'est le projet le plus solide.
Je me prépare avec une équipe compétente à assurer la gouvernance de Paris pour 6 ans.
Alors, vous avez aussi, alors que l'accès aux soins est un vrai sujet d'inquiétude pour les Parisiens, dévoilé il y a quelques jours un plan santé pour Paris avec entre autres l'ouverture de 20 centres municipaux, un dans chaque arrondissement puisque je crois que pour l'instant, il n'y en a que 7.
C'est la galère. Tous les jours, je rencontre des Parisiens qui galèrent pour l'accès aux soins. Alors, la ville de Paris peut agir évidemment beaucoup sur l'information, sur la prévention, mais peut aider et doit aider à l'installation de professionnels de santé par le foncier, par des loyers modérés. Et nous devons aider chaque Parisien, quel que soit son quartier, quelle que soit sa génération, quelle que soit sa condition sociale, à pouvoir accéder à une médecine de proximité. C'est évidemment le médecin traitant. J'ai discuté encore avec des familles hier qui me disaient qu'elles ne le trouvaient pas, ce médecin. Et c'est un vrai problème.
D'autres, c'est pour des accès à des soins dentaires. D'autres, c'est pour simplement être accompagné par une infirmière pour des soins qui ont été prodigués par un médecin. Et donc, je souhaite au plus près avoir une médecine de proximité, prendre soin de la santé de tous les Parisiens. C'est important. Il faut que la ville de Paris soit offensive. Il faut que la ville de Paris soit combative. Il faut que la ville de Paris soit un partenaire de tous les professionnels. Et par ailleurs, je souhaite aider les professionnels de santé à se loger à Paris. et je donnerai la priorité d'accès au logement social aux femmes et aux hommes qui travaillent à Paris.
Je pense notamment aux infirmières, aux aides-soignants, à tous les professionnels de santé, mais ça peut être aussi les enseignants, les policiers municipaux, et les femmes et les hommes d'ailleurs qui travaillent dans nos commerces et dans nos entreprises, qui font 1h30 de transport, aller, 1h30 de retour, qui galèrent aujourd'hui et dont on a besoin pour que Paris soit une grande capitale dynamique et attractive.
C'est vrai que la circulation est un vrai sujet dans notre capitale. Vous avez aussi dévoilé, c'était mardi, un plan famille pour enrayer, je vous cite, l'exode massif des classes moyennes et vous dites « je ne veux pas d'un Paris musée » et vous soulignez que la capitale, elle a perdu, si je ne me trompe pas, 180 000 habitants en 12 ans,
c'est ça ? Oui, 180 000 habitants de moins en 12 ans, c'est une véritable saignée. On est dans une ville chère, on n'a pas toujours tous les services qui vont avec et donc il faut prendre soin du quotidien des Parisiens. Ça commence par le logement. Je veux créer un choc d'offres. Je veux remettre 60 000 logements sur le marché sur la prochaine mandature en faisant confiance aux propriétaires. Plutôt que de les pénaliser, plutôt que de les cibler, il faut leur faire confiance. Et je leur dis « si vous remettez votre bien sur le marché principal, alors je vous baisserai la taxe foncière et je vous ferai participer au PAC 100% garantie paiement des loyers.
La ville interviendra pour sécuriser le paiement des loyers et on aura plus de logements sur le marché. » Cela sera financé comment ? Par l'arrêt de la préemption qui coûte très cher aujourd'hui. La préemption, ça coûte 250 millions d'euros par an.
La préemption pour les auditeurs, c'est le fait que la municipalité ait une priorité sur… Oui, qu'elle achète avec l'argent du confédual
au prix du marché des logements, qu'elle les transforme simplement de logements privés en logements sociaux, mais ça ne crée pas un nouveau logement. Ça participe même à la spéculation immobilière et à la hausse des prix. Je l'arrête parce que c'est inefficace et je préfère utiliser cet argent pour faire un PAC 100% garantie paiement des loyers, pour faire des nouveaux logements pour les jeunes actifs, les jeunes étudiants et les apprentis à Paris. Je préfère utiliser cet argent pour accélérer la rénovation thermique. C'est bon pour la planète et c'est bon pour le pouvoir d'achat pour baisser les factures énergétiques.
Alors, on entend bien vos propositions qui sont certes solides, mais si on raisonne en termes de vote utile, si je me mets dans la peau d'un électeur parisien qui ne veut plus du Parti Socialiste après 25 ans de règne du PS de la Noé Hidalgo, pourquoi est-ce qu'on voterait plus pour vous qui êtes à 14% que pour Rachida Dati qui est à 28% là ? Je raisonne vraiment en termes de vote utile puisque sur le papier, elle a plus de chances de l'emporter.
À ce moment-là, il fallait voter Édouard Balladur et pas Jacques Chirac. À ce moment-là, il fallait voter Philippe Seguin et pas Bertrand Delannou. À ce moment-là, il fallait voter François Fillon, Benoît Hamon et pas Emmanuel Macron. On n'est pas en sondocratie, on est en démocratie. C'est aux Parisiens qu'appartient la solution et nous voulons porter un bon projet. Il faut voter pour ses convictions au premier tour. Il faut voter pour le candidat le plus efficace, le candidat le plus honnête, le candidat le plus préparé, celui ou celle qui peut porter la vision d'avenir. Je serai un maire à temps plein. Paris, c'est le combat de ma vie.
C'est mon projet, c'est mon engagement et je me prépare depuis longtemps. J'ai une équipe solide et ces six ans, nous les ferons au service des Parisiens. Ma seule boussole, ce sera le service des Parisiens, ce sera le service de l'intérêt général.
Votre tête de liste dans le 18ème qui s'appelle Samir Belaïd, il a annoncé lundi qu'il avait porté plainte pour injure publique après avoir été la cible de propos racistes, notamment, visiblement, par une militante LR parisienne qui a été candidate en 2020 sur la liste de Rachida Dati mais aussi en 2014 qui était candidate sur votre liste.
Malheureusement, celle dame, nous la connaissons bien dans le 18ème et je crois que là, il y a des choses qui fonctionnent, on ne peut pas insulter, on ne peut pas tenir de propos racistes comme cela. Samir Belaïd est un homme qui connaît le 18ème comme sa poche. C'est un profond républicain, un universaliste qui est un militant associatif qui sera un très bon maire du 18ème arrondissement. Il a porté plainte, il a eu raison, il a tout mon soutien. Il a été insulté, menacé, il a eu des propos racistes à son endroit de la part de comptes anonymes, ce qui pose vraiment une vraie question.
Le racisme, l'antisémitisme, on le condamne offline, il doit être condamné online, c'est-à-dire que ce qui s'applique dans la vie de tous les jours doit s'appliquer aussi sur les réseaux sociaux, on ne peut pas tenir des propos comme cela.
Si on sort un petit peu de Paris, on parle beaucoup de possibles conquêtes du RN, de grandes villes, de villes moyennes à l'occasion de ce scrutin, notamment sur l'arc méditerranéen, on parle de Nice avec Éric Ciotti, Toulon, voire même Marseille. Est-ce que ça vous inquiète cette poussée du Rassemblement National ?
Bien sûr. Je combats les extrêmes, je combats l'extrémisme politique de droite et de gauche parce que cette radicalité abîme le pacte républicain et notre démocratie. Et d'ailleurs, je serai le garant des valeurs de Paris. Je me battrai contre l'extrémisme politique. Et j'ajoute d'ailleurs que mes deux concurrents principaux, M. Grégoire et Mme Dati, sont les otages de leurs extrêmes. D'un côté, on voit bien que M. Grégoire est sous la pression de Mme Chikirou. D'ailleurs, il a pris sur sa liste dès le premier tour des municipales Mme Simonnet, qui était la candidate mélenchoniste de 2020, LFI, qui faisait campagne il y a deux ans avec Jérémy Corbyn dans les rues de Paris.
Et de l'autre côté, on voit bien la pression que Mme Nafo, candidate d'Éric Zemmour de l'extrême droite, cette candidature pèse sur Mme Dati, qui a du mal à clairement établir la suite avec elle. Donc, je suis le candidat à la clarté, il faut se battre contre l'extrémisme politique, contre toutes les formes d'illibéralisme, contre toutes les attaques, contre nos fondements démocratiques, et je crois que c'est très important. Et nous avons de belles perspectives devant nous, parce que je pense qu'à Paris, on peut être un bel exemple de recul de l'extrémisme politique.
Eh bien, on va suivre bien sûr sur Radio-G cette campagne très pleine de suspense. Merci encore, Pierre-Yves Mournazel, et à très bientôt sur Radio-G. Merci.
Pierre-Yves Bournazel