Candidature à la présidentielle, rentrée scolaire, masques... le "8h30 franceinfo" de Yannick Jadot
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Bonjour. Emmanuel Macron réunit dans une grosse demi-heure maintenant un conseil de défense à l'Elysée en lieu et place du plan de relance qui aurait dû être annoncé aujourd'hui. Est-ce qu'il a de raison de mettre la priorité sur le sanitaire plutôt que sur l'économie ? Il devrait faire les deux. Il devrait faire les deux parce qu'évidemment il y a une inquiétude par rapport à cette rentrée du point de vue sanitaire. Inquiétude que vous partagez vous ? Bien sûr. Bien sûr. Les parents sont inquiets.
Ils sont inquiets à la fois que les enfants participent potentiellement à une nouvelle propagation du virus et puis surtout les parents n'ont ras-le-bol d'avoir les enfants à la maison, de devoir à la fois faire l'enseignement. La période du confinement a été extrêmement violente. Moi j'ai aussi beaucoup d'échos de parents qui me disent les soucis psychologiques des enfants. Cette période a été extrêmement dure à la fois pour les parents et pour les enfants. Donc il faut qu'ils aillent à l'école. Donc il faut rouvrir les écoles quoi qu'il en coûte. Il faut réouvrir les écoles, pas quoi qu'il en coûte. Il faut réouvrir les écoles.
La situation apparaît gérable du point de vue de l'ouverture des écoles. En revanche, on attend. Mais est-ce qu'elle est gérée la situation ? Est-ce qu'elle est gérée ? Il y a beaucoup trop d'incertitudes aujourd'hui pour les enseignants. Il y a beaucoup trop d'incertitudes pour les collectivités qui ne savent pas comment gérer le brassage des enfants, qui ne savent pas comment gérer la cantine. Et puis moi je trouve qu'il y a eu un manque très lourd pendant ces vacances et de recrutement de personnel autour de l'éducation nationale. On aurait dû faire comme en Italie qui a recruté 80 000 personnes pour les écoles.
Sur votre plateau, j'avais demandé le fait de relancer les emplois jeunes, les emplois aidés. C'est un processus, un dispositif très connu des associations, des collectivités. Et puis on a plein de jeunes qui aujourd'hui se retrouvent à la rentrée sans boulot, sans stage, sans formation. Donc on pouvait à la fois donner du boulot à des jeunes et puis j'allais dire détendre un peu.
Mais vous savez que le gouvernement n'en veut pas Yannick Chadeau.
Mais d'ailleurs on va voir ce qui va se passer. Parce que pour l'instant on a entendu la priorité jeune. Le gouvernement n'a rien fait. Rien fait pour les jeunes à l'heure actuelle. Il ne s'agit pas de dire la seule solution ce sont les emplois aidés. Mais si on avait 200 000 jeunes qui participent d'accompagner la rentrée. Il y a des baisses de charge et Yannick Chadeau qui ont été annoncés avant l'été pour les apprentis notamment. Ça ne peut pas suffire. Vous ne pouvez pas dire qu'il n'y en a été fait non plus.
Vous voyez bien que si on avait des jeunes qui pourraient à la fois emmener les gamins au musée, emmener les gamins faire du sport, emmener les gamins dans la nature, participer à réduire le nombre d'enfants dans les classes, on pourrait avoir une rentrée qui serait à la fois une rentrée d'intelligence pour les enfants, une rentrée d'apprentissage dont on sait que les conditions vont être compliquées parce que les gamins, ça fait 6 mois qu'ils n'ont pas été à l'école. Et puis, ça aiderait les enseignants à caler les dispositifs.
Vous voulez donc 200 000 emplois jeunes là, tout de suite ? 300 000 emplois aidés.
Relancer la perspective des emplois aidés. Non, pas tous à l'école. Mais on pourra mettre un bon paquet à l'école. Il y a plein de jeunes formés qui se retrouvent sur le carreau. Avoir une mission rémunérée pour accompagner des enfants, c'est une perspective très intéressante, civique, républicaine. Est-ce qu'il faut, Yannick Jadot, que les masques soient... On va y venir au plan de relance, si vous voulez bien. Les masques à l'école, ils doivent être gratuits, oui ou non ? Oui, absolument. Payés par l'État pour tout le monde, quels que soient les revenus des parents ?
Mais vous savez, là où on a un souci avec ce gouvernement, à partir du moment où le masque devient obligatoire à l'école, vous avez des collectivités locales, des départements, des régions et des mairies qui sont en train de mettre en place les masques gratuits. Les départements, regardez le département de Seine-Saint-Denis. Département ô combien touché socialement, économiquement et terriblement sanitairement. Eh bien, c'est le département qui va encore prendre à sa charge les masques pour ce qui relève de la compétence du département, les collèges. Donc, on est dans une sorte d'hypocrisie absolue. Il faut que les écoles aient leur stock de masques.
Et quand les gamins arrivent à l'école, eh bien, ils ont un masque délivré par l'école, le collège ou le lycée. Le collège et le lycée étant obligatoires. Et donc, on voit bien que c'est une charge très lourde pour les familles. On a à peine une augmentation de la prime de rentrée scolaire, alors que les masques, ça peut coûter jusqu'à 200 euros pour une famille par mois. C'est un budget énorme pour beaucoup de nos concitoyens. Ça coûte 200 euros, c'est une... Mais écoutez, selon les chiffres, on a des masques aujourd'hui qui sont à... Selon les chiffres du Parisien, c'est 200 euros. C'était avant que les masques, le prix des masques baisse de moitié pendant l'été.
Ils n'ont pas encore baissé. Si, si, ils ont baissé. Ils ont acheté, vous avez constaté. Ou, malheureusement, ils sont encore à 95 centimes en vente. Ça, c'est une prime maximum. Oui, mais il y a encore des endroits où c'est ce prix-là. Pardon, Yannick Jadot, c'est un détail qui n'en est pas un. On n'a pas beaucoup acheté ces dernières semaines de masques. Je me trompe peut-être. À un euro le masque. Je parle des masques en papier. Les masques végétables. Et puis, qu'on mette en place, qu'on confirme une filière des masques en tissu.
Parce que vous avez plein d'entreprises qui, pendant le confinement, vu les erreurs de pilotage des masques par le gouvernement, se sont mis à produire des masques en tissu. Et aujourd'hui, à partir du moment où l'Asie produit beaucoup de masques jetables, ils se retrouvent sur le carreau. Donc, ayons aussi une vraie politique de relocalisation de nos emplois et de nos industries sur la production de masques jetables. Ça coûte moins cher et c'est plus écolo. Jean-François et Kili.
Oui, le propos, c'était crise sanitaire, rentrée sanitaire versus plan de relance. Vous estimez d'abord, un, cette rentrée sanitaire avec un retard de la part du gouvernement. Vous estimez qu'on...
Non, il y a une incertitude qui met les enseignants, les collectivités, les parents dans une sorte d'angoisse qui ne devrait pas avoir lieu à ce moment-là.
Et le plan de relance, vous dites quoi ?
Et le plan de relance, il faut absolument redonner une perspective à ce pays. On a potentiellement un million de chômeurs supplémentaires qui vont arriver. On ne peut pas laisser des secteurs entiers, aujourd'hui, dans la crise économique. Sachant que les écologistes ont mis une proposition sur la table. Un plan de relance à 18 milliards. 18 milliards, pas 100 milliards. Il y a beaucoup de secteurs. Mais 18 milliards sur l'écologie, 18 milliards sur l'écologie, c'est un million d'emploi. Vous devriez être à vie, Yannick Jadot. Bruno Le Maire dit, lui, sur les 100 milliards, il y en a 30, 30, 30 ans qui vont être annoncés des grands chiffres, annoncés des slogans. Il y en a toujours.
Toutes les semaines, on se tape des grands chiffres et des grands slogans. Quand est-ce qu'on aura des milliards sur la table ? Nous, on a un plan. 18 milliards par an sur le logement, sur le tourisme, sur la mobilité, sur l'obsolescence programmée. Ça crée, rien que dans ces secteurs-là, un million d'emplois d'ici 2022. Vous avez des artisans qui n'attendent qu'une chose, qu'on leur donne le go pour rénover nos logements. C'est 5 à 600 euros d'économie pour les familles. C'est des centaines de milliers d'emplois dans toutes nos régions. C'est économiser l'énergie. Donc le plan vert de Bruno Le Maire, il n'est pas aussi vert que le vôtre, même si on n'en connaît pas encore les détails.
Mais voilà, le problème avec ce gouvernement, c'est qu'ils font des annonces sur le vert, mais qu'on n'en voit jamais la couleur. Et que cet argent-là, y compris ce qui est promis par le gouvernement sur la transition écolo, c'est ce qui viendra d'Europe. Ce n'est pas ce que va faire le budget d'État. C'est le plan de relance européen qu'on va utiliser en partie en France. C'est le plan de relance européen qu'on va utiliser pour faire la transition écologique. Et le plan de relance, vous savez à quel point au Parlement européen, on se bat sur ce plan de relance, mais on n'est pas prêt de voir le premier euro.
Donc en fait, sur les sujets essentiels qui nous permettent de lutter contre la canicule, contre la sécheresse, contre la pollution en ville, le gouvernement procrastine, comme d'habitude, et ce sont un million d'emplois, un million d'emplois, qui ne sont pas créés dans notre pays. Fiasco écologique, fiasco économique, fiasco social. On va parler dans quelques instants, Yannick Jadot, de votre présence dans les jours qui viennent à l'université d'été de rentrée, des patrons du premier bilan des maires écologistes, qui dirigent désormais plusieurs grandes villes de France, et aussi de la chasse, puisqu'on attend une décision du gouvernement dans les jours qui viennent.
Je ne sais pas pourquoi je fais sourire Jean-François Akili, mais c'est déjà ça de pris. Il est 8h41, d'abord l'info avec Maureen Suignard, et on se retrouve juste après.
Ils sont encore 900 sur le terrain ce matin. Les pompiers dans les bouches du Rhône ont réussi à empêcher le feu de se propager davantage et de détruire plusieurs centaines de maisons, tout de même 500 hectares de pinettes parcourues entre Istres et Martigues. L'exécutif réunit des 10 heures autour d'Emmanuel Macron pour un conseil de sécurité et de défense sur le coronavirus. Ils peaufineront les protocoles sanitaires à mettre en place sur France Info. Damien Abad, le président du groupe Les Républicains à l'Assemblée Nationale, dit souhaiter la distribution gratuite des masques dans les écoles et les collèges. C'est le rôle du ministère de l'Éducation, dit-il.
Le masque qui devient obligatoire dès le collège pour cette rentrée. Le coronavirus qui se propage encore en France. 2000 nouvelles contaminations détectées hier. Pour la première fois, les autorités communiquent aussi sur le nombre de décès à domicile. 1871 personnes depuis le début de l'épidémie. Le couvre-feu brisé à Kenosha dans le Wisconsin, aux Etats-Unis. Gaz lacrymogène contre cocktail Molotov. Mouvement de colère après ce qui ressemble à une nouvelle bavure policière. Un agent qui tire à 7 reprises dans le dos. A bout portant dans le dos d'un noir américain de 29 ans. Il est en soie intensive. Sa famille appelle au calme.
Le 8.30 France Info. Marc Fauvel. Jean-François Aquili. Toujours avec Yannick Jadot et Jean-François Aquili.
Alors Yannick Jadot, Marc Fauvel, le rappelez à l'instant. Vous vous rendez à l'université d'été du MEDEF. Alors qu'Éric Piolle d'Europe Écologie Les Verts, le maire de Grenoble, s'est rendu à cette université de la France insoumise. C'est à croire qu'il y aurait presque, on va en parler, deux lignes chez Les Verts. Tiens, à propos, voici ce que disait Jean-Luc Mélenchon qui avait redit son discours à Châteauneuf-sur-Isère.
Entre Europe Écologie Les Verts et nous, et d'autres formations politiques, le problème ce n'est pas l'écologie. C'est les moyens de régler le problème, la différence. C'est que nous croyons à l'État, nous croyons au plan. Et bien sûr que nous discutons des contenus des politiques écologiques. Parce que nous ne croyons pas au capitalisme vert. Pas à cause du vert, mais à cause du capitalisme.
Yannick Jadot, votre cœur il est chez les insoumis ?
Non, mon cœur il est chez les écologistes depuis plus de 30 ans, donc je ne vais pas en changer. Mais vous savez, les écologistes ont une responsabilité historique dans le moment qui vient. Et peut-être une responsabilité plus forte que n'importe quelle force politique. Parce que nous sommes le mouvement qui suscite l'espoir. Suscite l'espoir d'une transformation profonde de la société. Et cette transformation, elle doit se faire avec la société. Moi, vous savez, je pense que l'État a un rôle majeur aujourd'hui dans la société, qui doit être de renforcer ses services publics, qui doit être de réguler le marché, et parfois de se substituer au marché quand ce marché fonctionne mal.
Mais je crois dans les forces vives de ce pays. Je crois dans les chercheurs. Je crois dans les entreprises. Je crois dans les salariés. Dans le libéralisme aussi ou pas ? Mais non ! Je combats le libéralisme depuis 30 ans. Jean-Luc Mélenchon m'applaudissait sur les bancs du Parlement européen quand je menais le combat et que je continuais à mener contre les accords de libre-échange. Donc, les petits slogans, les petites attaques personnelles, ce n'est pas au niveau de l'expérience politique et du talent politique de Jean-Luc Mélenchon.
Je me mets dans la tête d'un électeur qui pourrait voter pour vous et qui se demanderait, aujourd'hui, les écologistes, c'est Éric Piolle chez les Insoumis ou c'est Yannick Jadot au MEDEF ? Mais c'est ni l'un ni l'autre. C'est tout. C'est tout. Mais si vous voulez gagner... On peut faire l'alliance entre Jean-Luc Mélenchon d'un côté et Geoffroy Roux de Bézieux de l'autre. Mais le sujet, c'est qu'on est en République, on est pour le débat démocratique. Les universités d'été, vous le savez, historiquement, sont des lieux de débat avec des personnalités extérieures aux partis politiques et rassemblant des personnalités d'autres formations politiques. C'est quand même...
Le débat démocratique doit être un débat apaisé, constructif. Personne ne va résoudre tous les problèmes tout seul. Maintenant, je vais aussi, vous l'avez souligné, à l'université d'été du MEDEF, et puis dans d'autres lieux avec les associations, parce que je crois fondamentalement qu'on ne fera pas la transition écologique sans les entreprises. Mais je vais tenir un discours de vérité à l'université du MEDEF. Vous vous souvenez, le patron du MEDEF disant, oh là là, si on fait la relance, oublions les contraintes environnementales.
Je vais rappeler que les plans de relance, historiquement, qui créent le plus d'activité économique, le plus d'innovation et le plus d'emploi, ce sont les plans de relance qui sont les plus orientés vers la lutte contre le dérèglement climatique et la protection du vivant. Je vais rappeler à quel point chacun doit prendre sa part, et notamment les entreprises. Il y a des entreprises qui évoluent, et d'autres qui ne le font pas, qui bloquent le dispositif, et on a vu combien. Et ces entreprises étaient très présentes au sein du gouvernement pour obtenir des renoncements scandaleux sur l'agriculture et sur d'autres sujets. Vous pensez à quelles entreprises, pardon ?
Vous pensez à quelles entreprises, précisément ? Toutes les entreprises de l'agroalimentaire, toutes les entreprises des pesticides, qu'on réussit à revenir sur l'interdiction définitive, selon la loi, définitive selon la loi, des néonicotinoïdes, ces pesticides sur d'avelle. Sous la pression également des producteurs de betteraves qui disent, c'est qu'on a interdit ça, les producteurs, enfin c'est pas que des géants de l'agroalimentaire. Parce que vous pensez qu'il n'y a pas les pesticides derrière ? On a un secteur des betteraves.
Je termine juste ma phrase, Denis Jadot, sous la pression donc de certains producteurs de betteraves qui disent, on n'y arrive plus, notre production a baissé de 40 à 50%, et le résultat c'est qu'on va importer de la betterave des autres pays européens qui eux continuent à utiliser ces produits et qu'on n'aura plus d'industrie en France. Sauf que, Marc Fauvel, un, une partie des néonicotinoïdes maintenant sont interdits au niveau européen. Deuxièmement, c'est pas 40 à 50% de réduction de la production, ça c'est une blague. Troisièmement, une grande partie de notre sucre est exportée. Et qu'est-ce qu'on veut faire ?
On veut tuer toute vie sur nos terres, notamment autour de la production de betteraves. Moi je viens de la Picardie, vous savez, et de l'Aisne, grand département betteravier. L'été, les betteraves sont arrosées H24. On est en pleine sécheresse, c'est arrosé en permanence. Pas avec ces produits-là, on parle pas de ces produits-là, parce que les produits sur la betterave sont mis autour des graines et pas pulvérisés. Oui, mais c'est ça le problème. Ce problème, c'est l'or en bache qui tue toute biodiversité autour, pour être compétitif avec les Brésiliens.
Alors que la réalité de ce que nous devrions faire, si y compris Emmanuel Macron était cohérent avec son discours sur la souveraineté agricole, souveraineté alimentaire, c'est qu'on occupe nos terres avec du fourrage pour notre élevage, pour notre bétail, plutôt que d'importer le soja transgénique qui détruit l'Amazonie dans des conditions abominables, faisons du fourrage pour notre élevage, ça participera à notre souveraineté alimentaire et de la protection de l'environnement.
Yannick Jadot, il va falloir porter ce message au effort, vous dites force vive, vous dites s'ouvrir à tous, les entreprises mais aussi l'État, il va falloir l'incarner pour la présidentielle de 2022, il va falloir vous choisir un candidat, comment ça marche chez les Verts ?
C'est vous ? Non, la question ce sera, c'est les militants qui trancheront, nous on est pour un vote, vous savez, c'est aussi ce qui nous différencie probablement de Jean-Luc Mélenchon. Jean-Luc Mélenchon, on attend qu'il décide seul. Après les régionales ? Chez les écologistes, ce sont les militants qui votent. Il y a combien de militants aujourd'hui ? 10 000, on a doublé dans les deux dernières années, tant mieux. Donc ces 10 000 militants sont appelés à voter quand ? Et puis peut-être d'autres, le pôle écolo qu'on a réuni, on a rassemblé tous les écologistes.
Moi ce que je souhaite, après c'est une question de calendrier, ce que je souhaite c'est que les écologistes ne restent pas trop longtemps dans leur débat interne sur la désignation de la candidate ou du candidat parce que nous avons une responsabilité, c'est de parler aux françaises et aux français et de leur apporter des réponses. Il y a une immense scolaire dans notre pays. Oui, il y a une immense scolaire dans notre pays. Détention à tous les étages, la trouille de l'avenir, la trouille du voisin, la trouille du chômage. Et les écologistes ont la matrice, le logiciel.
Mais vous n'êtes pas le candidat naturel Yannick Jadot dans cette histoire ?
Il n'y a pas de candidat naturel, la nature se fout totalement de Yannick Jadot dans cette histoire. Mais ce que je veux dire c'est que quand on a une telle responsabilité historique, de rassembler très largement, y compris tous les humanistes, y compris toutes les forces de gauche qui s'écologisent et qu'on a la responsabilité encore une fois d'apporter des réponses concrètes aux françaises et aux français sur le climat, sur la solidarité, sur les inégalités sociales, sur la démocratie, quand on a cette responsabilité, on ne s'y prend pas au dernier moment.
Mais c'est un discours d'envie, vous en avez envie Yannick Jadot ?
Mais moi j'ai envie de participer à réparer ce pays. J'ai envie de lui offrir des perspectives. Vous savez l'écologie, ça n'est pas inventer la société de demain. Moi je suis, qu'est-ce qui me donne ma force, mon enthousiasme, mon envie tous les matins ? C'est que dans les quartiers, dans les associations, dans les entreprises, dans les centres de recherche, dans les collectivités, vous avez des femmes et des hommes qui aujourd'hui font la société qui va bien. Aujourd'hui font de la solidarité, prennent en compte le climat, le vivant, donnent du sens collectif.
Et bien le rôle des écologistes, c'est que tout ce qui va bien dans la société ne soit plus en marge des politiques publiques, soit au cœur des politiques publiques pour qu'on ait un beau projet partagé qui nous apaise. Il est arrivé régulièrement, Yannick Jadot, chez les écologistes, que le candidat ou la candidate le plus ou la plus populaire ne gagne pas. Quand on interroge les militants, je pense à ce qui est arrivé il y a quelques années à Nicolas Hulot. Vous êtes prêt à être celui-là ? Moi je fais confiance. Entre un écolo un peu trop libéral et un écolo pur jus, pardon pour le raccourci. La question aujourd'hui, évidemment, de l'incarnation est un moment important.
même si vous savez à quel point il faut rompre avec une forme d'exercice solitaire de l'État qu'incarne jusqu'à la caricature Emmanuel Macron entouré de technocrates. On ne peut plus être dans cette forme de démocratie qui épuise la société, la divise. À un moment donné, il y aura, oui, il y aura un nom sur le bulletin à la présidentielle. Mais ce qu'il faut aujourd'hui, c'est que les écologistes collectivement se donnent la conviction, et moi j'ai cette conviction, qu'on peut gagner, et les régionales, des régions, c'est essentiel, des départements du point de vue social, c'est essentiel.
Mais qu'on peut gagner en 2022, que les écologistes aujourd'hui, qui recomposent le paysage politique autour de leurs idées, doivent prendre et tenir fermement leur étendard pour gagner en 2022, rassembler largement et redonner un espoir à notre pays. Le fil info, et on poursuit avec vous dans un instant. Yannick Jadot, il est 8h52, Maureen Suignard.
L'origine humaine est évidente et ne fait pas de doute, affirmation à l'instant de l'officier supérieur départemental des pompiers des Bouches-du-Rhône. Un feu entre Istres et Martigues qui parcourt 500 hectares de Pinède. Il n'avance plus ce matin, 900 pompiers restent tout de même sur place. L'Allemagne déconseille à ses ressortissants de se rendre en région PACA et en Ile-de-France. Des zones à risque selon l'Allemagne, en raison du nombre élevé de contaminations au Covid-19. Les voyageurs qui reviennent de ces zones devront se soumettre à un test de dépistage et se placer en quarantaine dans l'attente du résultat.
De son côté, le gouvernement français fait sa rentrée autour de cette question du Covid-19. Sauf quels protocoles dans les entreprises, les écoles, conseils de défense et de sécurité des Deezer depuis l'Elysée. La famille d'Estelle Mouzin espère des aveux et des indications sur l'emplacement du corps de leur fille disparue en 2003. Michel Fourniret, le principal suspect dans cette affaire, auditionnée par la juge d'instruction aujourd'hui. La semaine dernière, l'ADN d'Estelle Mouzin retrouvé sur un matelas dans la maison de la sœur de Michel Fourniret. France Info Et tout est plus clair.
Le 8.30 France Info, Marc Fauvel, Jean-François Akili.
Question à Yannick Jadot, député européen Europe Écologie, Les Verts, Jean-François Akili.
Éric Dupont-Moretti est venu s'expliquer devant vos troupes, après ses propos dans une préface sur les ayatollahs de l'écologie. Vous avez dit, c'est dans l'Ebay je crois, Yannick Jadot, que le lobby de la chasse était officiellement installé à l'Elysée à Matignon. Que voulez-vous dire ?
Vous savez que le lobby de la chasse a eu la peau de Nicolas Hulot, que c'est notamment suite à une réunion où le président de la République devait discuter avec Nicolas Hulot de la régulation de la chasse. Il faut savoir qu'on chasse 64 espèces. En France, c'est deux à trois fois plus que dans toute l'Europe. On chasse dans notre pays, de manière totalement illégale, des espèces protégées. Vous vous rendez compte que sur le coulisse André, par exemple, on élève, l'Europe paye des élevages pour sauvegarder l'espèce en Pologne, et en France on les tire. Vous promettez, Yannick Jadot, il n'y aurait plus de chasse, en France on parle de chasse légale, d'espèces pas protégées.
Je pense qu'il faut aller vers une sortie progressive de la chasse. La chasse ne peut pas être un loisir, la mort des animaux ne peut pas être un loisir, mais déjà, commençons par, j'allais dire, chasser de notre pays toutes les chasses illégales. Monsieur Dupond-Moretti nous a dit, moi je respecte la loi, mais vous savez, le principe de tous les gouvernements qui se sont succédés, c'est d'autoriser des dérogations aux droits européens sur la chasse, et à chaque fois, le Conseil d'État casse les dérogations. On a 13 décisions du Conseil d'État qui cassent des dérogations du gouvernement, autorisant des dérogations scandaleuses.
On a des chasses extrêmement cruelles, qui sont indignes d'une civilisation du XXIe siècle. Vous avez parlé de la chasse à la glu, dont on peut parler de la chasse à court. Sur laquelle le gouvernement doit se prononcer dans les jours suivants, ce serait un bon signal. Ce serait le minimum du minimum. Ce serait le minimum du minimum. C'est une des chasses. Les plus dégueulasses qu'on peut faire. Est-ce qu'à un moment donné, quand on a un discours sur le bien-être animal, quand on a un discours sur le respect du vivant, est-ce qu'à un moment donné, on peut arrêter des formes inacceptables de cruauté ? Et surtout, cette chasse est illégale au regard du droit européen.
Le minimum du garde des Sceaux, ça n'est pas d'écrire des préfaces anti-écolo sur un pamphlet haineux anti-écolo du patron de la Fédération de la Chasse. C'est de respecter le droit européen. Yannick Jadot, un mot sur Greta Thunberg, la militante écologiste qui, après une année passée à sillonner la planète pour parler d'écologie, va mettre fin à cette année sabbatique. Elle va retourner en cours. On l'apprend ce matin. C'est une bonne nouvelle qu'une jeune fille adolescente retourne à l'école, après tout ce que vous nous avez dit en début d'émission sur le besoin d'éducation. Où il y a une exception pour Greta Thunberg ? Non, elle est assez bien. Elle gère sa vie.
Vous savez, je pense que l'année... Greta, elle fait plus que Yannick, par exemple, en France, pour l'écologie. Elle fait plus que ? Qu'à Yannick Jadot. Chacun a sa responsabilité, mais Greta Thunberg a été un symbole extrêmement fort, mondial, mondial, qui a pointé l'irresponsabilité des gouvernements, qui a dit à quel point cette jeunesse se responsabilise, nous demande des comptes pour son avenir qui est notre destin. Donc, très bien. Mais on a eu cet été la canicule. On a eu la sécheresse. On voit les incendies un peu partout dans le monde. Est-ce qu'à un moment donné, on va se dire que nous agissons à la hauteur des défis ? C'est ce que demandent les écolos.
Et vous savez, la bonne nouvelle, c'est qu'agir à la hauteur de ces défis-là, c'est de l'innovation, c'est de la création d'emplois, c'est des entreprises sur tous nos territoires, c'est de la relocalisation industrielle, pour ne plus dépendre de la Russie pour notre gaz avec toutes les complaisances, pour ne plus dépendre de la Chine et de toutes les complaisances que l'Europe a vis-à-vis de la répression à Hong Kong et vis-à-vis des crimes contre l'humanité qui se déroulent contre les Ouïghours. Et bien sortons de cette complaisance, défendons nos valeurs.
Si en plus, ça apaise notre pays, ça le réconcilie avec la nature, entre nous, ça nous donne un beau projet d'espoir, on aura bien fait notre travail. Merci Yannick Jadot. Merci et bonne journée à vous.
Yannick Jadot