Le déclin des insectes
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- 2:47Invité politiqueChiffre
« la biomasse des insectes diminue actuellement à un rythme de l'ordre de -2,5% par an. »
- 3:32Invité politiqueChiffre
« en 1947, il y avait – paraît-il – 6 millions d'abeilles aux États-Unis. Il n'y aurait plus que 3,5 millions d'abeilles aux États-Unis. »
- 4:16Invité politiqueChiffre
« les pays d'Europe auraient perdu 75% de leurs insectes en l'espace de 30 ans »
- 6:51Invité politiqueChiffre
« Pour 12,6%, ce sont les pesticides. Pour également 12,6%, ce sont des phénomènes de destruction de l'environnement, des contraintes écologiques. »
- 10:40Invité politiqueChiffre
« cette agriculture-là déshumanisée, industrialisée, c'est elle qui est à l'origine, si l'on regarde bien ça, de 75% des causes de la disparition des insectes sur terre. »
- 14:03Invité politiqueFait
« Europe et écologie, c'est comme l'eau et le feu, c'est comme l'huile et le vinaigre. »
- 15:21Invité politiqueFait
« le simple principe de faire fabriquer à l'autre bout du monde ce dont on a besoin est en soi un principe anti-écologique. »
Temps de parole
- François Asselineau100 %
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(Générique) Mes chers compatriotes. Une fois n'est pas coutume, je vais vous parler d'un sujet dont je parle peu, dont nous parlons d'ailleurs trop peu, et sur lequel nous allons parler bien davantage au cours des semaines et des mois qui viennent, qui sont les questions concernant l'écologie, l'environnement. Nous avons un responsable des questions d'écologie et d'environnement : Jérôme Yanez, qui est d'ailleurs en train de préparer une conférence spéciale – justement – sur les contradictions qu'il y a entre l'UE et la protection de l'environnement.
Vous savez que c'est un sujet qui nous est cher, dont j'ai déjà parlé, notamment au moment de l'élection présidentielle, mais sur lequel je voudrais insister davantage, parce que non seulement de plus en plus de Français sont à juste titre préoccupés par les évolutions en cours, mais pas seulement les Français. Ça devient une préoccupation mondiale. Ce dont je voudrais vous parler aujourd'hui, c'est de ces informations qui sont sorties il y a quelques jours, qui sont extraordinairement préoccupantes et qui découlent notamment d'une étude qui a été publiée par des experts, des scientifiques australiens, d'une étude qui s'appelle « Biological conservation » : conservation biologique.
Cette étude est une espèce de reprise, de résumé de 73 études effectuées à travers le monde sur un sujet qui peut paraître anodin mais qui ne l'est pas, qui concerne la disparition accélérée des insectes à la surface de la Terre. Je me souviens que lorsque j'étais petit, je passais régulièrement certains mois d'été de mon enfance chez mes grands-parents dans un petit village au bord de la Loire. Et l'été venu, il y avait beaucoup de papillons – mais vraiment beaucoup beaucoup de papillons – dans les jardins. Et à l'époque, les petits garçons comme moi... On avait un filet. On allait à la chasse aux papillons.
J'arrivais à reconnaître le porte-queue, l'Apollon, le bombyx, etc., des papillons de nuit, des papillons de jour, des flamboyants, des choses comme ça. Et puis petit à petit, le nombre de papillons, sans qu'on s'en rende compte, a disparu. Par exemple, dans ma maison de campagne dans la Nièvre, je me faisais cette réflexion l'été dernier. Je me suis dit : « Mais finalement, on ne voyait plus de papillons ou très très très très peu. Lorsqu'on voit un papillon, c'est extraordinaire. On voit également beaucoup moins d'insectes qu'il y avait autrefois. Lorsqu'on prenait la voiture les nuits d'été il y a encore une trentaine d'années, on avait le pare-brise qui était absolument plein...
Si on roulait la nuit avec des phares, on avait le pare-brise qui était rempli de moustiques, d'insectes de toute nature qui s'étaient écrasés sur le pare-brise. Désormais, il y en a beaucoup beaucoup moins. Alors en fait, ces constatations que l'on peut faire, que tout un chacun peut faire, elles sont confirmées par cette étude australienne qui, en fait, fait froid dans le dos. Qu'est-ce que l'on apprend avec cette étude australienne ? On apprend que la biomasse des insectes diminue actuellement à un rythme de l'ordre de -2,5% par an.
Au rythme où vont les choses, il pourrait ne plus y avoir d'insectes du tout dans un siècle, sauf quelques rares espèces tout à fait nuisibles qui auraient survécu. Pour mesurer l'évolution, il faut savoir qu'en 1947, il y avait – paraît-il – 6 millions d'abeilles aux États-Unis. Il n'y aurait plus que 3,5 millions d'abeilles aux États-Unis.
Pour citer une autre donnée extrêmement impressionnante, les pays d'Europe auraient perdu 75% de leurs insectes en l'espace de 30 ans et, de proche en proche, 400 millions d'oiseaux, parce que non seulement on voit moins d'insectes et de papillons, mais on voit moins d'oiseaux aussi, puisque les insectes ont une utilité – bien entendu – dans l'ensemble de l'écosystème terrestre. Les insectes, notamment, participent à la pollinisation des fleurs. Il n'y a pas que les abeilles. Beaucoup d'insectes participent à la pollinisation des fleurs et donc participent à la création de l'alimentation humaine, pas seulement le miel.
Il y a énormément de fruits qui ne pourraient pas se développer s'il n'y avait pas cette pollinisation. Ils entrent également dans la chaîne alimentaire des reptiles. Ils entrent également dans la chaîne alimentaire des oiseaux. Et donc si les insectes diminuent à toute allure, on risque d'avoir... Et c'est le cri d'alarme que poussent beaucoup d'experts mondiaux. On risque d'avoir un basculement avec, d'un seul coup, l'effondrement brutal de ce qui reste du nombre d'insectes, du nombre d'oiseaux, mais aussi des très grandes difficultés à assurer l'alimentation de l'homme. Et puis accessoirement, la vie, c'est aussi les insectes, c'est aussi l'été venu le bourdonnement, etc.
En fait, on a désormais des campagnes qui, l'été venu, sont silencieuses. Pas toujours. Je me rappelle être allé à un été récent dans le sud de la France, du côté de Toulon. Et dans l'arrière-pays, le bruit des cigales était assourdissant. Donc il ne faut pas non plus dire que tout est terminé. Mais les évolutions sont quand même très préoccupantes. Alors ce qui est intéressant dans cette étude, également, c'est que les experts australiens sont partis à la recherche des causes de cet effondrement. Et ces causes, vous allez les voir dans ce graphique, ce cercle statistique, ce camembert – comme on dit – statistique que l'on vous met ici en plein écran. Vous voyez quoi ?
Vous voyez que la première des causes de la disparition des insectes, à hauteur de 23,9%, c'est-à-dire presque un quart des raisons qui sont invoquées, c'est l'agriculture intensive. Pour 12,6%, ce sont les pesticides. Pour également 12,6%, ce sont des phénomènes de destruction de l'environnement, des contraintes écologiques. Pour 10,7%, c'est l'urbanisation accélérée. Pour 10,1%, ce sont les engrais. Fertilisers... Le graphique est en anglais. Je l'ai trouvé sur le magazine L'Express. Alors pour 8,8%, c'est la déforestation, notamment dans certains grands pays du monde. On pense bien sûr au Brésil, mais pas seulement.
Pour 6,3%, c'est l'altération des marées et des rives, l'assèchement délibéré des marées. Pour 5%, c'est le réchauffement climatique. Pour 3,1%, ce sont les autres polluants. Et puis enfin, la fin, c'est pour des agents pathogènes : 1,9%, les feux, notamment les feux de forêts ou les feux de brousse : 1,9%, les espèces nouvelles introduites : 1,9%, et les effets génétiques pour 1,3%. Alors qu'est-ce qu'il est intéressant de remarquer dans ce camembert statistique ?
Il est intéressant de remarquer que l'agriculture intensive, les pesticides, les évolutions, les contraintes écologiques, la destruction de l'environnement, les engrais, les autres polluants découlent directement des contraintes fixées par la mondialisation des échanges, des contraintes qui découlent de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et des contraintes qui découlent des traités européens. C'est-à-dire des contraintes qui font prévaloir la loi du fric sur toute autre chose et la loi de l'hyperproductivité.
J'ai déjà eu l'occasion mille fois d'expliquer à quel point l'agriculture française est en déclin, avec ce drame quasi-quotidien de suicides d'agriculteurs, avec la disparition accélérée du nombre d'agriculteurs en France – mais pas seulement en France – au profit de méga-exploitations fondées uniquement sur l'hyper-rentabilité et la loi du profit. Or, cette hyper-rentabilité impose justement l'agriculture intensive, la destruction des haies qui, jadis, parcouraient nos campagnes, les haies qui séparaient les champs... Les haies, ce sont des merveilles, ce sont des conservatoires biologiques.
Ce sont des merveilles où il y a une diversité d'espèces – notamment d'espèces d'insectes – considérable. La destruction de ces haies pour avoir des espèces d'immenses exploitations agricoles a participé de la disparition des insectes. Vous avez également l'utilisation d'engrais ou d'autres polluants à très haute dose qui ont fait disparaître les insectes, de la même façon que l'urbanisation... C'est quoi, l'urbanisation ? C'est aussi la construction en périphérie des villes de gigantesques centres commerciaux, où l'on macadamise. Je me rappelle une statistique qui est déjà ancienne.
J'avais appris qu'il y avait – je crois – déjà à l'époque, c'était il y a au moins une vingtaine d'années, 7% ou 8% de la surface de la France qui était macadamisée. Peut-être que depuis lors, on est passés à 12% ou 13% ou 15% – je ne sais plus – de macadam. C'est-à-dire qu'évidemment, c'est au détriment de la vie animale et en particulier de la vie des insectes. Donc toutes ces raisons mises bout à bout... Je faisais ce calcul.
Si on y ajoutait toutes ces raisons qui découlent en fait directement du modèle économique imposé par les traités européens : une agriculture hyper-productiviste, une agriculture qui dame le pion, qui est en concurrence par le CETA – par exemple – avec les grandes plaines du Middle West canadien ou par le futur éventuel TAFTA avec les grandes plaines américaines. Cette agriculture-là déshumanisée, industrialisée, c'est elle qui est à l'origine, si l'on regarde bien ça, de 75% des causes de la disparition des insectes sur terre. Voilà la réalité. Et notez bien sur ce camembert statistique que ce qui est marqué au warming...
C'est-à-dire réchauffement climatique, que certains appelleraient dérèglement climatique, puisque les avis sont controversés sur cette affaire de réchauffement. Mais sur ce graphique, c'est marqué réchauffement climatique. Ça ne compte que pour 5%. Alors je ne dis pas que c'est pas un sujet en soi. C'est un sujet significatif, important. Mais quand je vois à quel point on focalise l'attention des Français, de tous les peuples du monde sur cette question climatique qui est, certes, très importante...
Mais quand je vois à quel point on laisse complètement de côté des sujets qui sont au moins aussi importants, comme celui que j'évoque aujourd'hui qui est la disparition accélérée des abeilles et plus généralement de tous les insectes... Parce que réfléchissons ensemble. Si dans 50 ans, il y a la moitié des insectes qui restent aujourd'hui qui a disparu et si dans 100 ans, il n'y a plus d'insectes du tout sauf quelques espèces totalement nuisibles, c'est comme je le disais tout à l'heure des menaces considérables sur l'alimentation humaine, sur la diversité animale.
Peut-être que nous allons continuer à voir comme on l'a vu en Europe l'effondrement par centaines de millions du nombre d'oiseaux. En fait, c'est la vie elle-même qui est attaquée. Je conclurai là-dessus : les contraintes ultraproductivistes et ultralibérales posées par les traités européens et plus généralement par la mondialisation militante imposée par l'OMC et par un certain nombre d'officines... Ces contraintes sont en train de s'attaquer à un des aspects les plus fondamentaux de la vie sur terre : la diversité des espèces, et en particulier des insectes. Ça n'est pas – pour reprendre le jargon d'aujourd'hui – soutenable.
Je voudrais donc ici m'adresser à toutes celles et à tous ceux qui nous disent : « Oh là là. Vous vous rendez compte, si on sort de l'UE... Vous êtes en dehors de l'Histoire. La loi de l'Histoire, c'est la construction européenne. C'est la mondialisation. », etc. Non ! Ce n'est pas soutenable. De la même façon que la pollution des océans par des milliards de tonnes de plastique qui sont en train d'être ingérées par des espèces halieutiques qui est en train de détruire la faune sous-marine, ça n'est pas soutenable non plus.
En réalité, c'est l'ensemble du modèle de développement économique de surconsommation imposé par les pays de l'OCDE en général et par la libre circulation des mouvements de capitaux, la maximisation du profit, les traités européens. Tout cela n'est pas soutenable. Les irresponsables dans cette affaire, ça n'est pas l'UPR. Les irresponsables, ce sont les européistes. Je voudrais ici terminer mon propos en attirant l'attention de toutes celles et tous ceux qui m'écoutent et qui ont la naïveté de voter pour EELV, Europe Écologie les Verts. Europe et écologie, c'est comme l'eau et le feu, c'est comme l'huile et le vinaigre. On ne peut pas – on ne peut pas !
– être un militant en faveur de la défense de l'environnement, de la protection de la diversité biologique, la diversité animale en fonction de l'authenticité des terroirs qui militent pour une agriculture saine, une agriculture produite localement... On ne peut pas en conscience être pour cela et par ailleurs militer pour rester dans l'UE. Sauf bien entendu à nous faire le coup du violon habituel en disant : « Mais non. Mais nous, on est pour une autre Europe, une Europe écologiste, etc. ». Ça fait des décennies que M. Cohn-Bendit et consorts occupent le terrain sur ce thème. Ils ne changent rien à rien.
Les traités européens imposent la libre circulation des mouvements de capitaux et de marchandises, et en particulier en matière industrielle ou agricole. Ça veut dire que ce que l'on pourrait faire fabriquer et que l'on fabriquait il y a encore quelques années à 5, 10, 15 ou 50 km de l'endroit où l'on habite, désormais, de plus en plus, c'est fabriqué à 15 000 km, 20 000 km. Si c'est fabriqué en Chine, si on fait fabriquer en Chine des chaussures, des meubles, des lunettes, etc... Tout cela va venir par conteneur, par des supertankers qui vont faire le détour par le cap de Bonne-Espérance et vont peut-être faire une route qui va faire 25 000 km.
Ou alors ça va être convoyé par des avions qui vont faire des trous dans la couche d'ozone. Donc déjà, le simple principe de faire fabriquer à l'autre bout du monde ce dont on a besoin est en soi un principe anti-écologique. C'est pour ça que EELV, c'est pas possible. On ne peut pas à la fois défendre l'environnement et être en faveur d'une UE qui fait tout fabriquer à l'autre bout du monde. C'est pareil, d'ailleurs, en matière alimentaire.
Je me rappelle avoir vu lors d'un dernier salon de l'Agriculture certains agriculteurs qui m'expliquaient que sur certains étals, on voyait arriver de la viande de bœuf qui est produite au Canada avec des contraintes très inférieures aux contraintes sanitaires françaises et qui arrivent moins chères en France alors que ce sont des viandes qui, parfois, sont gavées d'OGM ou gavées de je sais pas quoi, d'hormones de croissance ou d'antibiotiques, etc., alors qu'on a des produits bien meilleurs en France qui sont produits parfois à 15 km de là mais qui sont plus chers. Donc j'insiste sur cet aspect des choses.
Nous, nous combattons le principe du libre-échange généralisé avec la planète entière. Je ne dis pas qu'il faut se refermer sur soi-même, bien entendu. D'ailleurs, la France n'a jamais été fermée sur elle-même. Mais il faut faire prévaloir un retour au bon sens et si possible privilégier les productions locales, et revenir à des modes plus respectueux de la nature, plus proches de la nature. J'ai vu avec beaucoup d'intérêt les vidéos de Lydia et Claude Bourguignon – par exemple – sur la nature des sols, comment les sols sont détruits progressivement. Parce que quand on parle des insectes, on parle aussi des vers de terre, on parle aussi des bousiers.
On parle de tous ces insectes qui contribuent en fait à la régénération des sols d'une façon naturelle et non pas de ces sols qui sont tellement gorgés maintenant de produits chimiques que, non seulement, ils sont dangereux pour la vie humaine mais ils sont en train de produire la destruction de toute la biomasse des insectes qui, à terme, peut menacer l'existence même de l'alimentation et de la vie terrestre. C'est pour ça, ici, que je m'adresse à toutes celles et tous ceux qui m'écoutent.
Si vous êtes conséquent, vous devez refuser votre suffrage à EELV et voter pour l'Union populaire républicaine qui, elle, se propose non seulement de sortir de l'UE, de l'euro et de l'OTAN, mais de rétablir les contrôles de mouvements de capitaux et de favoriser en toutes choses le développement local, les productions locales, le retour à une authenticité en matière de production agricole, la réinstallation de jeunes agriculteurs sur place, dans les campagnes, la promotion de nouvelles formes d'agriculture : agriculture bio, agriculture raisonnée, permaculture là où c'est rentable. Ça, c'est notre programme. C'est notre programme pour la France.
Et c'est notre programme pour la défense de l'environnement pour nos petits-enfants et arrière-petits-enfants. J'aurai d'ailleurs l'occasion d'en reparler puisque je serai début mars au salon de l'Agriculture où je suis d'ailleurs invité d'ores et déjà par la fédération des Chambres françaises d'agriculture qui souhaite m'entendre sur ces questions. Vive la République, vive la France, vive une France agricole comme elle l'a été depuis Jules César, vive le retour à une certaine forme de bien-être et d'authenticité. (Générique) (Générique) Ne manquez pas la prochaine allocution de François Asselineau demain soir à 20 h.
François Asselineau